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 Marché de Noël sous pluie [Bo]

MessageSujet : Marché de Noël sous pluie [Bo]   Lun 3 Déc - 0:14
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Ebbe Bartolotti
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Marché de Noël sous pluieDécembre - 18h47 - @Bo Burns


La mort est une chose curieuse. On ne sait pas ce que l’on pleurs exactement. Est-ce que nous sommes profondément triste de perdre cette personne à tout jamais ? Ou alors, sommes-nous désemparés face à la solitude qui nous étreint, et qui est impossible à combler tant l’être était unique, et irremplaçable ? Ou plutôt, faisions-nous le deuil d’une mémoire perdue, celle qui était là pour compléter la nôtre ou pour la raviver ou pour la maintenir en vie ?

Et puis, la mort état curieuse également par sa brutalité mais, à bien réfléchir, cela n’était pas étonnant. Venir à la vie était synonyme de souffrance pour autrui – notre génitrice, en l’occurrence – alors pourquoi la mort ne le serait-il pas ? Toujours est-il que lorsque nous nous lions à l’autre, nous oublions cette souffrance et cette brutalité. Nous pensons naïvement l’éternité acquise. Sauf que la mort nous rappelle notre mortalité en nous arrachant l’autre.

On pourrait dire qu’aussitôt, notre esprit est conscient de la chose. Nullement. Nous prenons un temps considérable à comprendre que notre tiroir de souvenirs avec cette personne ne sera plus ouvert pour être rempli, que l’encre ne sera pas rafraîchir au détour d’une conversation autour d’un café. Qu’un beau jour, ce tiroir allait définitivement se refermer. Ce n’est qu’à cet instant qu’on se rend compte de l’horreur de la mort.

Alors, je repose la question : pourquoi pleurons-nous, quand la personne meurt et même après ? Et si nous ne pleurons pas, que cela signifie-t-il ? Est-ce que cela voulait dire que je suis un monstre, sans aucun cœur ? Car je n’arrivais pas à la pleurer. Car je me refusais de voir la réalité. Pourtant, mes pas me le rappellent constamment, en me guidant tout naturellement vers les lieux où un ou plusieurs souvenirs étaient inscrits et lesquels je foulais aujourd’hui seule.

Son rire, sa chaleur, sa lumière, tous ces éléments manquaient.

Mon téléphone sonne. Une fois. Deux fois. Trois fois. Quatre fois. Je me décide à raccrocher. Je reconnaissais la voix. Elle m’invitait à faire un tour au marché de Noël, à s’engraisser, à s’enivrer de vin et de bonne humeur. Je dis « oui » mais sans vraiment m’entendre. Ce n’était pas la première fois. Un mois où je n’étais que l’ombre de moi-même, à suivre le courant, à ne plus me questionner.

Je fais demi-tour et me dirige vers le marché de Noël. J’entendais les rires, croyant même l’entendre un moment – mais l’espoir ne dura qu’une courte seconde, avant de me rendre compte que ce n’était qu’une touriste de passage –. De bonnes odeurs effleurèrent mes narines, me rappelant subitement que j’avais faim, que mon estomac criait famine. Une famine volontaire : elle me rappelait à la réalité, et m’aidait à penser à autre chose un court instant. Ce n’était pas sain, mais je m’en fichais. Ce n’était pas normal, mais qui pouvait bien être là pour vérifier mon alimentation – maman n’était pas là, papa travaillait à des heures décalées et ma petite sœur croyait à mes petits mensonges.

J’allais manger aujourd’hui. Je devais. Je sentais bien avoir dépassé une limite que je n’aurais pas due. Mais je peux attendre encore un tout petit peu. Ce n’est pas poli de manger avant les autres.





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MessageSujet : Re: Marché de Noël sous pluie [Bo]   Dim 16 Déc - 18:53
Bo Burns
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“marché de noël” & 3 décembre 18
Décembre. Fin d’année, cadeaux cachés. Quand tu t’affales sur le canapé du salon, papa et ta sœur s’disputent pour les guirlandes, engueulade annuelle à laquelle tu ne prends plus part. Flemme de faire le sapin, c’est ton excuse, la vérité c’est que tu n’as plus le gout de rien, juste un sentiment de tout pourrir, de tout détruire. Faut pas abimer les décorations de noël. Y’a plus que ça qui brille. Tu laisses ton regard terne aller vers ta mère. Ta mère en fauteuil qui les regarde se mouver autour de ce foutu sapin artificiel, plongé dans une enfance de noël, alors qu’elle, elle ne peut pas bouger. Elle ne peut plus bouger. Vos regards se croisent, tu lui souris. T’as mal.
Foutue vie.
« Bobby, tu veux quoi comme gâteau pour ton anniversaire ? » la voix douce de maman, tout son amour qui dégoulinent de ses lèvres, et t’as envie de te tirer une balle, pourquoi ça fait si mal ? Tu regardes ailleurs, hausse les épaules, « J’sais pas, un gâteau au chocolat ? », elle hoche la tête, programme déjà de le faire en cachette, et puis ça y est on t’entend plus. Bobby, il est silencieux depuis deux ans, il accepte toujours pas sa maman en fauteuil roulant, c’est dure pour lui, c’est sa maman chérie, maintenant elle ne peut plus vivre comme avant, maintenant elle semble plus fatiguée, plus usée des mois qui passent, d’l’ascenseur en panne, des escaliers inévitables. C’est touchant comme ce fils aime sa mère, à toujours venir l’aider, venir la porter.
Tout ce spectacle si loin de la réalité.
Bo, il a juste pas envie d’être là. Il assume pas tout ça, toutes les fêlures sur les murs, sur eux, sur les albums photo. Tout ça à cause de toi. Parce que les gens ne savent pas que toute cette crasse elle vient de toi. Que le problème c’est toi. Maman regarde papa construire le sapin et chaque année c’est pareil, chaque année elle voudrait se lever pour venir l’embrasser. Mais elle peut plus faire ce geste anodin, et c’est toi qu’il faut remercier !
« J’sors dehors », d’un coup tu te lèves, d’un coup tu pars, cœur est trop lourd, cervelle veut faire un tour. Voir comme il est fait froid dehors, peut-être que si tu te tiens assez loin d’eux, tout ira mieux. Toi, t’es pas un fils exemplaire. Tu descends les escaliers à une vitesse folle, tu veux peut-être tomber, venir t’éclater la gueule sur une marche dégueulassée, perde connaissance, tout effacer. C’est dur d’être le méchant, encore plus dur d’être le faux gentil.

Y’a un marché de noël. Parait que c’est beau, parait que ça fait sourire. T’appelles. Une, deux, trois fois, ça décroche pas, alors tu rappelles. Ebbe. Ebbe qui ne se doute pas non plus de la merde que tu es, du diable à qui elle est en train de parler. Ils partiront tous quand la vérité fera tout exploser, ils te renieront sans regret. C’est ce que tu mérites, tu le sais. Mais t’as toujours été égoïste, à penser à ta gueule en premier. Arrivé sur les lieux, elle est déjà là, dans ses pensées, à regarder les guirlandes briller sous le ciel gris, tu viens lui cacher les yeux, la tirer en arrière, « oh-oh-oh ! », que t’imites d’une voix rauque, nulle, jeu d’acteur pourri avant de la relâcher, un sourire juste pour qu’elle pense que tu vas bien, comme toujours, qu’inconsciemment, elle ne se doute de rien. « Prête à s’enivrer ? », tu la saisies par les épaules, l’emmène vers le stand d’alcool où y’a du vin chaud. Se saouler la gueule pour aller mieux. Pas l’âge recommandé c’est vrai, mais la jeunesse a le gout de l’illégalité et vous deux de la connerie. « Si l’gars veut pas nous donner du vin, on fait genre qu’on est grave tristes parce qu’on voulait fêter nos un an d’amour passionné, ok ? », que tu la briefes, complice.
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MessageSujet : Re: Marché de Noël sous pluie [Bo]   Mer 26 Déc - 18:05
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Marché de Noël sous pluieDécembre - 18h47 - @Bo Burns



Bo, Judy et moi formions un trio d’amis atypiques. Chacun avait son cercle d’amis et ces cercles étaient indépendants des uns et des autres. Nous frôlions le cercle de l’autre mais sans jamais en faire partie. Par exemple, je sais que Judy aime traîner avec des jeunes populaires – un cercle auquel il a tenté de m’initier à quelques reprises, mais sans succès à ce jour – et que Bo reste pudique vis-à-vis de ses autres relations – et je ne le force nullement à se confesser. Moi-même restait vague, sans pour autant me braquer si la question était posée par l’un ou l’autre. Je pouvais parler de ce Chrétien sévère de la cinquantaine qui tenait un bar dans un coin du Bronx, de ce snob qui se défonçait avec des herbes exotiques dans son appartement huppé avec quelques potes à lui, d’un autre actuellement en prison pour deal ou encore un clochard que je croisais fréquemment. Des détails que j’occultais avec de vagues descriptions : propriétaire d’un bar, un hippie huppé, un pote en taule et un clochard sympa.

Cependant, qu’importe nos cercles, il n’était pas rare d’échouer sur l’un ou l’autre. Un trio étrange, mais un trio inséparable. Nous n’avions pas besoin d’un appel par jour pour savoir que nous pouvions compter sur l’autre. Un mois pourrait s’écouler sans un appel ou un message, un simple coup de fil rétablissait la relation comme au premier jour. Une relation qui ne changeait pas.

- Ciao Bo, ca va ? , répondis-je tout simplement, ayant reconnu sans aucune peine la voix de mon ami. Je le laisse m’entraîner vers un stand et cache mon malaise avec un sourire faible. Ce dont j’aurais besoin était de la nourriture solide, et nullement du vin chaud. Un sourire qui se perdit à la dernière réplique de Bo. Quoi ? Je refuse un quelconque baiser ou pelotage …

Judy ou Bo ne connaissaient pas la notion de retenue ou de danger. Dans leur monde, mon père n’était pas une terreur mafieuse violente et sans concession, capable de briser quiconque poserait un petit doigt sur ses précieuses filles. Dans leur monde, tout était encore possible et sans conséquence désastreuse pour l’entourage. Et surtout, dans leur monde, un baiser n’était qu’une banalité.

- Et pourquoi pas une sœur en phase terminale ? Soufflais-je à son oreille.

Nous pourrions aussi bien jouer à la comédie du couple ou du frère et de la sœur, pour la simple raison que nous nous connaissions suffisamment. Nous pourrions souligner des détails chez l’autre, consciemment ou inconsciemment, ou l’embêter habilement au dépend de l’autre. Comment chatouiller ? Comment perturber ? Comment indigner ? Comment taquiner ? Après dix années d’amitié, ces choses-là n’avaient « presque » plus aucun secret.

Plus la file se réduisait ; et plus je voyais ce qui était offert. Sans plus tarder, et comme une gamin, je tire sur la manche de Bo pour qu’il se mette à mon niveau.

- Je veux aussi un hot-dog, en indiquant l’objet de mes désirs du doigt. Je n’ai rien mangé, en sachant qu’on allait se goinfrer, mentis-je habilement.






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MessageSujet : Re: Marché de Noël sous pluie [Bo]   Dim 27 Jan - 19:18
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Ebbe, sûrement la seule que tu n’as pas bousillé. La seule qu’a résisté, la seule qui t’as pas fait planter les nerfs. C’est comme un miracle, et lorsque tu la croises, c’est presque naturellement que tu souris. Presque. Parce qu’autour d’elle en lumière, intouchable, y’a toujours ta vie qui pue l’enfer. Sombre. Triste. Et y'a ton sourire qui cache tout ça, tes yeux qui brillent de fausses étincelles laissent croire que tout va bien, que tout va toujours bien chez toi. Y’a qu’a voir ton feed insta, t’as plein d’amis, t’as plein de like. Ta vie ne peut qu’être bien. « ça va super et toi ? »,
Oui Bo, il va toujours bien.

Tu entoures ses épaules de ton bras, un poil protecteur, un poil possessif. Tu la traites comme ta petite sœur, tu dis rien mais le premier qui lève la main, le premier qui la traites de putain, tu lui casses la gueule. T’as jamais cherché les mots, les mots personne les comprend, personne veut les entendre. Tu frappes simplement, installes une terreur à deux balles. Sorte de survie. Ici c’est l’Bronx, c’est pas la vie. Tu lui proposes une idée, un plan pour une connerie, mais tout de suite elle s’imagine devoir jouer le rôle pour décrocher un oscar, et tu fronces les sourcils, limite dégoutté, jamais t’embrasserais ta sœur wesh ! « Eurk Ebbe ! Jamais d’la vie ! », c’était évident pour toi, mais en même temps tu triches, t’es le seul à savoir qu’tu l’appelles petite sœur dans ta tête muette.
A son idée, tu tournes la tête vers elle, « pas con… Et c’est toi ma sœur c’est ça ? Avoue t’aimerais trop en vrai » que tu te moques, pudique stupide. T’aimes mieux cette idée à vrai dire, après tout tu sais mieux jouer le grand frère, même si c’est un peu bancal, étouffant, même si c’est toujours un peu envahissant. Parce que t'as jamais su jouer le petit copain. T’as toujours fait mille dommages collatéraux. C’est comme ça,
Tu sais pas aimer comme il faut.
Tu penches ton oreille vers elle quand elle tire sur ta manche, exige un hot-dog et ça te fait sourire, « à vos ordres princesse », que tu insistes, le ton rieur. Quand c’est à votre tour, tu commandes d’abord son hot-dog, à sa place, elle a pas envie de parler la belle. Elle fait la muette. Et toi, tu as le visage triste. Tu demandes pour le vin, forcément il refuse, tu hoches la tête, comme dépité, à lancer un regard à Ebbe comme désolé, à dire tant pis, elle pourra jamais boire ce fameux vin chaud de noël parce que sûrement que l’année prochaine, elle sera plus là. Plus là avec toi. Morte, loin de tes bras.
« Bon tenez », les deux verres de vins servis devant votre comédie, le vendeur mis agacé, mis concerné. On y croit à ton jeu d’acteur, t’en ferais presque pleurer la vieille de derrière. « Merci beaucoup… », comme un pauvre devant le centime, tu prends les verres de vin une fois que tu l’as payé, le verre de la demoiselle qu’il offre par pitié. Ebbe prend son hot-dog et vous partez vite parce que déjà, tu pars dans un fou rire. « Comme on l'a baisé ! »
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