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 #602 Il faut que je rentre à la maison. J’ai hâte de voir la maison de qui ça va être !(Ebbe)

MessageSujet : #602 Il faut que je rentre à la maison. J’ai hâte de voir la maison de qui ça va être !(Ebbe)   Jeu 29 Nov - 20:32
Cosme Salander
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Tu titubes difficilement d'un endroit à l'autre. Tes jambes te portent encore, c'est bon signe. Tu n'as pas oublié comment marcher. Tu peux pas en dire autant de ton nom. Tu le retrouverais plus entre tous les verres qui s'entassent dans ton foie. Il doit être midi ou plus tard. Tu vois les gens qui s'agglutinent dans les restaurants et te compliquent le passage comme si ils voulaient voir le bon équilibriste que tu es. Tu ne leur feras pas le plaisir de tomber. Tu apprécies bien trop tous ces regards admiratifs qui se posent sur toi et la voie royale qu'il commence à ouvrir sur ton passage. Tu te bernes de belles illusions mais tu as bien trop bu pour remarquer la réalité. T'as même plus assez de concentration en stock pour apercevoir leurs mines dégoutées et les nez qui se fronce derrière l'odeur amer d'alcool que tu dégages. Tu préfères être un héros qu'un minable dont on envie pas le sort. Tu marches comme un prince jusqu'à l'immeuble. Le fond d'une bouteille, emballé dans un sac plastique, encore à la main. T'arrives pas vraiment à viser la serrure pour rentrer. Cette foutu porte à coutume de se foutre de ta gueule quand tu reviens à pas d'heure. C'est un peu comme si le serrurier attendait que tu sortes pour venir perturber ta tranquillité. Alors, tu attends. Tu attends longtemps qu'un autre daigne ouvrir cette porte pour toi. Cet autre, qui se dévoue, te réveille par ses plaintes alors que tu dormais déjà à moitié contre l'entrée et qu'il a faillit se faire écraser par ton poids. T'as même pas la force de lui répondre quand tu vois encore toutes les marches jusqu'à la gloire qu'il te reste à grimper. Pourquoi il n'existe aucun bouton qu'on tournerait pour changer l'appartement du premier en celui du propriétaire trop pressé de rentrer chez lui ? Tu t'agrippes à la rampe, ou plutôt tu t'y tires péniblement. Chaque marche semble un peu plus haute. T'as de quoi te distraire pourtant, tu reconnais à peine les murs. Une farce du peintre qui travaille en partenariat avec le serrurier probablement. T'as l'impression de gravir une montagne. A chaque fois que tu veux monter seul, tu tangues un peu à gauche, un peu à droite et tu finis par faire trois pas en arrière. Une horrible danse qui s'arrête quelques instants où tu décides de t'asseoir pour finir ta bouteille.

L'ascension recommence, tu tangues encore un peu et tu finis par arriver à ton étage. Du moins t'as décidé que ça l'était. Il te reste plus qu'à trouver la porte de ton appartement. A la troisième porte, tu sors ta clé après avoir fouillé quelques minutes. Tu la glisses dans la serrure après plusieurs tentatives infructueuses. Tu jures. La porte refuse ton passe alors tu continues ta route, ça doit être la prochaine. Et tu réessaies encore et encore jusqu'à en avoir marre. Tu t'es cogné dans trop de porte, t'as traverser trop de couloir. T'as décidés que celle-ci était la bonne. Les derniers chiffres trop flous te paraissent corrects. Ce sera donc celle-là et pas une autre. Tu glisses ta clé dans la porte qui semble l'accepter à moitié. T'as beau insister, elle ne veut pas l'avaler plus profondément. Tu la ressors enragé, le désespoir s'emparant de toute sa violence de tes entrailles. Tu l'entoures de ton poing avant de frapper nerveusement dans cette foutue porte qui se fout de ta gueule. Il faut faire quoi pour que ta clé rentre enfin ? Tu respires un grand coup avant de retenter ta chance : tu remets ta clé, tu essaies de la rentrer d'une autre façon, tu joues avec la clinche, tu essaies de donner un petit coup d'épaule en espérant la débloquer... Et tu finis par la retirer en gueulant un : "sale pute !" bien trop compréhensible malgré ton état. Cette fois, tu offres un coup de pied à celle qui est bien trop vicieuse pour toi. Avant de finir par y plaquer ton dos. Si ça continue ainsi tu dormiras devant la porte comme un super héros sans pouvoir, un prince qui a perdu son château. T'attends encore qu'un miracle se produise mais t'attends pas bien longtemps cette fois. Tu sens que la sournoise cède enfin. Tu te retournes la joie au coeur, elle a eût pitié de toi. Mais ta joie ne dure pas, ton coeur s'arrête de battre l'espace d'une seconde, tu ne t'attendais pas à ça. Il y a quelqu'un derrière la porte. T'aurais trouvé ça moins absurde si elle s'était ouverte magiquement.

Cette personne te dit vaguement quelque chose. Tu sens un souvenir peiné à s'allumer. Il suffirait que tu dormes un peu afin de pousser l'interrupteur. Alors tu oublies l'idée de savoir qui a bien pu s'infiltrer chez toi ou même qui a changé à ce point la décoration. Tu te dis qu'une bonne fée s'est enfin intéressée à ton cas. T'aurais juste un point à revoir avec elle : t'as le mal de mer et elle a oublié amarrer ton appartement. Tu poses une main sur l'épaule de l'intruse, laissant y poser une partie de ton poids pour stabiliser un peu ta vision.

"Hey..." Tu cherches son nom mais il a dû s'enfuir avec le tien dans un endroit scellé pour le moment. L'effort dure deux secondes à peine avant que tu ne te décides sur l'appellation à lui donner. "Sélina."

C'est le premier nom de voleuse qui t'es venu, celui de Catwoman. Tes classiques sont gravés dans ta mémoire peu importe le nombre de verres que tu ingurgites. Tu viens l'emprisonner contre ton torse en passant tes bras autour de son corps qui semble si fragile. Tu te portes à peine sur tes jambes, ayant préféré t'offrir un reposoir bien plus jeune que toi.

"Ca f'sait longtemps. Qu'est-ce tu fais chez moi? "

Tu te souviens plus de combien de temps, t'es même pas sûr de savoir si c'est elle qui ravive ton souvenir ou sa chevelure rousse. A moins que ce soit simplement la scène qui doit t'es familière. T'as pas envie de le savoir. Tu te contentes juste de la serrer un peu plus fort contre toi, de la laisser un peu plus te porter alors que tu presses ta bouteille de verre contre son dos. Tu te préoccupes pas de savoir si l'odeur d'alcool qui a imprégné ton t-shirt trop large la dérange.
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MessageSujet : Re: #602 Il faut que je rentre à la maison. J’ai hâte de voir la maison de qui ça va être !(Ebbe)   Dim 2 Déc - 23:31
Ebbe Bartolotti
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Il faut que je rentre à la maison. j’ai hâte de voir la maison de qui ça va êtreDécembre - 12:25 - Appartement Bartolotti - @Cosme Salander
Malgré la merveilleuse isolation de l’immeuble, il était impossible de ne pas entendre le boucan qui régnait dans le couloir commun. Naïvement, on pense immédiatement à ces aspirants pompiers qui récoltent des fonds pour une quelconque cause ou aux témoins de Jéhovas qui viennent prêcher une parole à laquelle je n’y croyais guère. Quoique. Les récents événements m’avaient poussé à chercher refuge là où je ne pensais pas mettre pied très longtemps. Je me surprenais à apprécier fuir la réalité, ou la lucidité, moi qui aimais garder mes pieds sur terre. Cependant, qui étais-je, sans elle, sans cette moitié, sans cette grande amie ?

Une pensée à nouveau interrompue par le même boucan. J’ai fini par comprendre que je n’avais pas affaire à un petit pompier ou à une jésuite mais clairement à un abruti – un homme suffisamment stupide pour faire du tapage à la porte d’un Bartolotti. D’ordinaire, j’ignorerai ce genre de cas désespérés, attendant qu’ils se cassent – ou en appelant mon père, en dernier recours. Cependant, rien n’était plus ordinaire pour moi et je n’hésitais pas à saisir chaque opportunité qui m’oblige à penser à autre chose, qui m’incite à ne pas fuir la réalité.

Un petit coup d’œil dans le cœur de bœuf, et je ne vois qu’une touche de cheveux noirs. Taser à la main, j’inspire un grand coup et finis par ouvrir la porte. Un court instant, le silence s’installe entre cet inconnu et moi. Nous nous dévisagions. Nos regards indiquaient clairement que l’un comme l’autre a la sensation d’un « déjà-vu », que nous nous connaissions – dans cette vie, ou une autre. Et finalement, je m’en rappelle.

C’était le type qui me passait ses craies pour que je dessine avec lui, lorsque j’étais en primaire. Un type à l’imagination débordante, et plutôt bon vivant. J’avais un meilleur souvenir de lui. Ce ne sont pas seulement les années qui se sont imprimées sur ses traits, mais également autre chose que je ne connaissais que trop bien : le malheur, la déchéance, l’abandon. Il était à la dérive. Toujours est-il que voilà une bonne dizaine d’années que je ne lui parlais plus, que je ne le croisais que de temps en temps dans la rue…

La surprise est telle que je réagis à peine lorsqu’il prend appuie sur moi, pour trouver un semblant d’équilibre. Je soupire, habituée aux haleines d’alcools ou aux poids inconscients et trop lourds pour mon petit gabarit. Alors, en étouffant mille et une jurons, je l’avance jusqu’à la salle de bain. Une progression interrompue par le besoin d’un câlin du gars, qui pense que je suis Sélina. Je ne cherche nullement à le contredire : avez-vous déjà essayé de raisonner un type bourré ? Sachez une chose : c’est impossible. Soit on partage l’euphorie, soit on subit.

- Je t’attendais, maugréais-je, reprenant la lente progression.

Aussitôt, je l’engouffre dans la baignoire, m’assure d’éloigner la bouteille de lui et l’asperge sans aucune pitié un jet d’eau tiède, tout en m’éloignant avec le pommeau de douche. Je n’avais nulle envie d’être un dégât collatéral d’un type en état d’ivresse. Si j’avais la force de mon père, ou de mon oncle, j’aurais tout simplement saisi sa nuque et forcé à subir dix bonnes minutes un jet d’eau glacée.

- Tu t’appelles comment ? demandais-je.

Je ne me rappelais plus exactement du prénom mais, avant tout, c’était pour voir s’il avait repris ses esprits, suffisamment du moins pour m’écouter, me comprendre et me répondre. Aussi incroyable que vrai, ce processus n'est pas simple ou acquis. Il est très complexe. L’alcool ne le met que davantage en avant.  

Pourquoi est-ce que je prenais la peine de l'aider au lieu de le renvoyer à la rue, comme je le prévoyais initialement ? Je ne saurais dire. Je le connaissais, j'en gardais de bons souvenirs et c'est peut-être ces derniers qui le sauvaient à cet instant-ci.



† Et ceux qui dansaient furent considérés comme fous par ceux qui ne pouvaient entendre la musique.  Friedrich Nietzsche
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MessageSujet : Re: #602 Il faut que je rentre à la maison. J’ai hâte de voir la maison de qui ça va être !(Ebbe)   Jeu 6 Déc - 21:20
Cosme Salander
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T’as l’envie de rire qui vient te démanger en voyant la surprise sur son visage. T’as l’impression qu’elle aussi aurait été plus à l’aise de ne voir que du vide plutôt que ta présence sur son paillasson.  T’évites pourtant d’émettre le moindre son, la peur que le mal de mer finisse par te rendre malade alors tu t’accroches à ce que tu peux, une gamine qui cache bien sa force. Elle t’attire à l’intérieur quand tu ressembles à un vieux grincheux agrippé à son déambulatoire ou plutôt à son scout trop énervant. Le couloir te semble sans fin, tes yeux continuellement fixé sur sa chevelure, alors que t’imagine l’appartement s’envoler grâce à un millier de ballon gonflé à l’hélium. En milieu d’ascension, ton cœur gonfle à cause du manque de cette femme décédée que tu n’as jamais connu et tu enlaces cette seule personne qui te raccroche à la civilisation.  Une occasion de plus d’évaluer sa musculature.

« T’pas trop attendu, j’espère. »

Si tu t’inquiètes de son ennuie, tu te dis qu’elle n’a pas dû voir l’heure passer. Elle a réussis à pousser les murs et dégager au moins une allée pour passer à deux. Ça tient du miracle. Elle est impressionnante ta scout. Presque autant que d’arriver à te faire entrer naïvement dans la baignoire. Tu t’en rends compte trop tard alors que ta deuxième jambe s’est levée aussi maladroitement que la première pour enfin te reposer complètement, assis. Tu peux pas t’empêcher de la fixer, essayant de trouver d’où elle vient. Comment a-t-elle franchi la barrière de ton monde  pour te donner cette impression de la connaitre. T’arrête d’y réfléchir en devinant enfin ses intentions, elle a déjà le pommeau en main alors que tu tentes un désespéré :

« Il y a d’autre… »

Elle te ferme le caquet au premier jet. Tu essaies de fuir, tu tentes de te relever pour éviter son assaut. Terrible échec quand tu t’aperçois que tu retombes bien rapidement sur tes fesses. Tu ne peux t’empêcher de jurer de façon incompréhensible. Elle arrête de t’asperger et tu regardes, tel un chien battu, l’enfant sadique. Il y a cette question qui claque en plus pour essayer de te ramener à la réalité en essuyant les verres de trop. Tu sais pas quoi lui dire, maintenant que tu n’as plus le droit de t’en servir de reposoir et qu’elle te fait subir un tel supplice. Ton cerveau n’est pas prêt à raisonner avec réalisme.

« J'ai tellement changé depuis ce matin que je ne saurais plus dire qui je suis… »

T’es digne d’un acteur, bien plus proche du chapelier fou au vu de ta dégaine que de celle d’Alice. Ta phrase est accompagnée de gestes surfaits qui n’ont que trop peu de sens avec ton discours. T’as détachés chacun des mots avec un accent bien trop distingué pour les bas quartiers.  Tu fuis comme tu peux, t’enfonces encore un peu ce qu’elle veut faire ressortir de pire mais tes yeux croissent son arme. Ton cerveau se met à tourner à cent à l’heure, t’as d’autre citation en tout genre qui te passe à l’esprit. Rien d’utile. Tu brasses mais il n’y a rien. Jusqu’à ce que l’ampoule au-dessus de ta tête s’allume. Tu t’accroche au bord de la baignoire pour te mettre à genou, la pointant du doigt.

« Je me souviens ! De toi ! Je me souviens … »

Tu le cries comme si tu venais de trouver la solution pour tous les plus grands problèmes du monde. T’essaies surtout de grappiller les secondes, le temps que les mots retrouvent le bon chemin. Tu sors un peu plus les bras de la baignoire pour lui montrer la taille qu’elle devait avoir quand tu l’as rencontrée, laissant l’eau se déverser au sol dans un bruit léger.

«  T’étais pas plus grande que ça. Tu savais pas rêver plus loin que les molécules ! Tu voulais être médecin ! »

Et si tu ne te souviens plus de son nom, tu te rappelles très bien l’avoir surnommé docteur Alchemy, sans jamais lui dire que tu la comparais à un vilan de comics, pour ses capacités à retenir des formules qui te semblaient ridiculement complexe et inutiles.  Tu espères qu’elle arrive à s’évader plus facilement aujourd’hui.
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MessageSujet : Re: #602 Il faut que je rentre à la maison. J’ai hâte de voir la maison de qui ça va être !(Ebbe)   Dim 9 Déc - 11:17
Ebbe Bartolotti
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Il faut que je rentre à la maison. j’ai hâte de voir la maison de qui ça va êtreDécembre - 12:25 - Appartement Bartolotti - @Cosme Salander
- J'ai tellement changé depuis ce matin que je ne saurais plus dire qui je suis…

Je ne le laisse pas terminer sa phrase que je balance un nouveau jet d’eau. Je n’avais aucune pitié ou scrupule pour les types bourrés et surtout ceux qui échouaient dans notre appartement. Il fallait qu’il décuve, avant que quiconque ne passe le pas de la porte, mon père, mon oncle, ma jumelle ou ma tante. Il sera bien plus difficile de justifier la présence d’un type de la trentaine ici, s’il ne savait pas aligner deux mots correctement.

- Je me souviens ! De toi ! Je me souviens …

J’écoute, quoique le pommeau en l’air, prête à l’arroser s’il osait encore raconter une bêtise. Une précaution inutile, apparemment, car il retrouvait enfin ses esprits. Je me mords légèrement la lèvre inférieure. Il savait que je voulais être médecin – l’un des rares, à vrai dire. Sûrement un secret que j’avais partagé dans ma naïveté et insouciance de cette époque.

- Je ne veux plus l’être, mentis-je, déposant le pommeau à sa place initiale et passant un bras dans le dos du brun pour l’aider à se relever. Je l’emmène jusqu’à la cuvette des toilettes – couvercle fermé – , l’y dépose et ne tarde pas à me saisir d’un balais et d’un sceau. Il fallait maintenant nettoyer toute cette flotte causée par nous deux. Tu habites dans l’immeuble ?

Je n’étais pas une voisine extrêmement sociale ou présente – fuyant les rares soirées entre voisins, ou laissant plutôt ma jumelle gérer les voisins du palier et leurs besoins –, alors autant dire, je ne savais pas du tout qui vivait ou qui ne vivait pas là. Je lui lance un regard en biais.

- Nous sommes au Homewrecker, au sixième étage, appartement 602
, ajoutais-je.

Il devait encore être dans la lune, à essayer de rassembler le peu de lucidité que l’alcool a bien voulu épargner. Cependant, il fallait m’expliquer quel train de vie il pouvait mener pour être déjà à terre en plein midi. Tout naturellement et au vu de l’entreprise familiale, je pensais immédiatement à la prostitution : un travail de nuit, dégradant pour beaucoup, qui nécessitait sa dose de liqueurs pour tenir le coup… Aussitôt, je me mords la lèvre : je saute trop vite en conclusion. Je laisse l’idée de côté, préférant me concentrer à l’instant présent.

Entre deux coups de balais, je profite pour récupérer une serviette propre et la lui balancer pour qu’il se sèche un peu – je refuse qu’il inonde les pièces principales, en plus.

- Je vais préparer du café après. Nous avons du café italien : noir et fort.

Ma voix était autoritaire et stricte, qui indiquait clairement qu’aucune négociation n’était possible. Je ne lui donnais pas le choix, je ne me contentais que de lui donner que quelques éléments sur la suite du programme imposé pour le bien de tous. Lui, pour retrouver ses esprits, et moi, pour tenir debout malgré mon manque de sommeil suite à de longues nuits d’insomnies.




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MessageSujet : Re: #602 Il faut que je rentre à la maison. J’ai hâte de voir la maison de qui ça va être !(Ebbe)   Dim 9 Déc - 18:50
Cosme Salander
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Tu fais l’effort de répondre à ton bourreau, même si ce n’est pas la réponse qu’elle attendait et te voilà remercier par un nouveau jet d’eau qui te fait l’insulter dans ta barbe.  Elle a beau être jeune, ça ne l’empêche pas d’être traité en adulte responsable que tu aimerais voir agoniser. T’aurais préféré qu’elle oublie cette idée de te noyer pour sauver le semblant de souvenir qui ressurgit de façon violente. Ca semble la convaincre pour te laisser en paix. Tu ne t’es pas trompé de gamine alors que tu aurais facilement pu le faire au vu des années qui vous séparent ce passé bien plus heureux. Elle décide cependant rapidement de gâcher le peu de sobriété que tu récupères. Elle a abandonné… Ton regard curieux se pose sur elle, tu essaies de déceler sans succès le mensonge. Il te suffit de quelques secondes pour remplacer ce sentiment par une colère risible. En une simple phrase, elle a réussis à te mettre de mauvais poil au point que tu évites l’aide qu’elle veut t’offrir pour te sortir de cette attrape nigaude. Tu préfères vivre dangereuse et éviter de justesse de tomber plutôt qu’accepter l’aide d’une lâche qui abandonne ses rêves. Tu te traine jusqu’à la cuvette sur laquelle tu t’installes avant de ramener tes pieds au plus près de tes fesses. Tu poses ton menton au-dessus de tes genoux, un regard de feu toujours posé sur la jeune fille que tu ne quittes pas une seconde du regard. Tu gardes le silence à sa question, cherchant encore une réponse à celle que tu te poses. Tu n’écoutes qu’à moitié les informations qu’elle t’offre. L’essuie posé négligemment sur tes épaules après avoir frotter tes cheveux.

«  T’es une idiote ! »

Ca sort avec rancune alors qu’elle s’occupe de nettoyer tes dégâts. Elle n’avait pas le droit d’abandonner ses rêves  ce moment précis. Un rêve, ça ne s’abandonne pas. Au pire des cas, ça se laisse de côté, le temps de trouver le moyen d’y arriver ou ça se fait arracher  mais ça ne s’abandonne pas. Tu te lèves, arrivant péniblement au chambranle. Tu ne veux pas qu’elle t’attaque aussi violemment que ses tentatives précédentes.

« T’as un problème au cerveau ? Pourquoi t’as changé d’avis ? Tu connaissais plus de formules qu’un sorcier. Tu m’as fait comprendre ce qui clochait dans mes personnages… »

Tu te souviens que la regarder dessiner à la craie ces trucs irréaliste de livre de science t’ont permis de corriger des personnages pas totalement humain, tu te souviens de ce génie fou.

«  T’es une menteuse ou une imbécile. »

La gêne d’insulter avec un calme glaçant celle qui a la folie de t’accueillir chez elle ne te trouvera pas aujourd'hui. Au contraire, tu te permets même de quitter la pièce encore assez mouillé pour qu’elle puisse te suivre à la trace. Il faut dire que t’arrives pas bien loin, tu te prends les pieds dans le premier meuble croisé pour t’étaler de tout ton long. Tu marmonnes ta frustration alors que tu essaies de te rassoir tant bien que mal.  

« Je te parle pas à toi ! »

 C’est le premier truc qui sort de tes lèvres quand tu remarques des pieds à proximité. Tu viens de décider de lui faire la gueule jusqu'à ce qu’elle change d’avis. Tu attends qu’elle te le dise assez sincèrement pour que tu puisses y croire. Il faut dire que tu n’as rien de mieux à faire que être assis dans un appartement inconnu, pour faire changer une personne à qui tu ne parles plus depuis des années. Pour toi, il ne devrait pas y avoir d’obstacle infranchissable pour une si jeune personne.
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MessageSujet : Re: #602 Il faut que je rentre à la maison. J’ai hâte de voir la maison de qui ça va être !(Ebbe)   Mar 18 Déc - 0:04
Ebbe Bartolotti
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Il faut que je rentre à la maison. j’ai hâte de voir la maison de qui ça va êtreDécembre - 12:25 - Appartement Bartolotti - @Cosme Salander
Je n’aimais absolument pas le ton qu’employait ce type mais je prenais mon mal en patience, rejetant ma fureur sur la pauvre serpillère et l’innocent carrelage de la salle de bain. Les hommes pouvaient rire que les tâches ménagères étaient travail de femme mais, dans ces situations, je me disais que de telles tâches ne leur feraient pas de mal. Au lieu de chercher querelle ailleurs, ils n’ont qu’à faire la guerre aux sales tâches ou aux microbes microscopiques. Une maison propre était une victoire.

- HEY ! PAS LE SALON ! hurlais-je, lorsque je le vis sortir encore assez trempé.

Ce con se cogne, en plus. J’entends un autre bruit sourd. Au sol, je vois la croix initialement clouée au mur qui était maintenant à terre. Cassée. Je soupire. Il me fallait à tout prix remplacer cet objet par un autre, similaire, avant que ma grand-mère ne s’en rend compte ou tante Alba. Elles étaient assez croyantes – une croyance que je ne partageais pas forcément.

Il se rassit – enfin – et j’en profite pour me retourner à la salle de bain pour me saisir d’une grande serviette que je déploie sous sa chaise. Je désirais éviter d’avoir à refaire tout le ménage de l’appartement, et perdre un précieux temps à oublier toutes ces merdes ou à réviser une année qui me semblait subitement désuet de tout intérêt.

- On en parle après le café fort, soupirais-je, me dirigeant tout droit vers la cafetière qui était déjà tout programmée pour offrir le plus fort café possible. Un café comme je les aime pour tenir la tête encore droite pour les prochaines heures de révision.

Je pose une tasse en face de l’autre, et pose enfin mon popotin sur une chaise disponible. Sans plus tarder, je trempe mes lèvres dans le liquide noir brûlant et commence à siroter avec un plaisir à peine caché. Tous les joints de ce monde n’apportaient clairement pas le même bonheur qu’un excellent café, quand tout allait mal, quand tout n’était que de la merde à l’état pur.

- T’as un problème au cerveau ? Pourquoi t’as changé d’avis ?


J’ai envie de lui répondre la chose suivante : Parce que je suis une fille du Bronx, je suis Italienne et enfin, et surtout, mon père est associé à la criminalité selon les rumeurs. Qui voudrait de moi, comme médecin ? Ou tout simplement comme élève ? Laisses-moi te dire : personne. Il faut voir la vérité en face. Enfin, qui me laissera y aller ? Tina aimait sa famille mais les derniers déboires de ses fils ne l’avaient pas vraiment aidé. Elle ne désirait plus les hautes études pour nous – de peur qu’on flanche, à notre tour, à l’image d’un de ses fils – et elle ne voulait pas non plus que nous fréquentions trop longtemps le même cercle masculin que notre père – par peur que nous épousions un truand. Dans le meilleur des mondes, je serais institutrice à la maternelle – ou primaire – et je rencontrerai un autre fonctionnaire – employé au bureau – et nous ferons une vie paisible. Une vie calme. Une vie tout simplement impossible. Aucun homme, ou femme, sain d’esprit n’entrera au sein des Bartolotti de son plein gré, et se bercer de vivre dans la légalité ou suivre constamment un code de moral.

- Je ne sais pas. On grandit, on change
, la vérité était que je ne savais pas du tout pourquoi je m’entêtais à cacher tout ça. Est-ce que j’étais prête à assumer le rêve ? Ou alors était-ce les prémices d’un futur abandon ? Et toi, t’en es où ?  Bourré à midi … le prix de ton succès ?

Ou de son insuccès ? Une chanson de Greenday me venait en tête : boulevard of Broken Dreams. Le Bronx en était l’illustration parfaite au quotidien. On rêvait, on tentait et on s’écrasait lourdement.

- Je suppose que le Bronx n’est pas le bon endroit pour rêver.



[/b]


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MessageSujet : Re: #602 Il faut que je rentre à la maison. J’ai hâte de voir la maison de qui ça va être !(Ebbe)   Ven 21 Déc - 12:21
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On ne t’avait pas prévenu que sa capacité scientifique avait évolué au point de modifier ses cordes vocales de façon si gutturale. Elle peut dorénavant prévoir les malheurs telle une banshee qui sent la mort arriver. Du moins, tu as immédiatement trouvé ton excuse si la casse t’est incombée en plus de ta propre chute. Tout es sa faute et uniquement sienne. Même si par la même occasion, tu décides enfin de t’asseoir. Il faut croire que tout a un prix. T’oses même plus la contrarier avec sa mauvaise idée de breuvage caféine, elle t’a promis de ne pas te laisser dans le noir. Tu ne la lâches pas du regard, étudiant le moindre de ses gestes. Si il y a bien une chose que tu n’arrives pas à imaginer clairement dans la vie, c’est l’abandon d’un rêve. Peu importe que cela concerne ton hôte mystère ou une toute autre personne,  tu ne peux voir ça autrement que comme de la lâcheté, une solution de facilité. Les rêves d’enfant ne meurent pas, on les enfuit juste un peu plus profondément parce qu’on ne veut pas les assumer. Tu viens enrouler tes doigts autour de la tasse quand elle atterri devant toi. T’es bien trop accroché à ses lèvres pour voir ce que tu fais.

Grandir… Si tu en connais la définition dans ce contexte, il te semble mal utilisé. T’as l’impression que tu pourrais sortir la même chose pour te voiler la face sur tes décisions. Tu réfléchis à ce qui pourrait l’avoir mener à changer et ce qui aurait pu la pousser à rester la même. Tu cherches à savoir si cette réponse te convainc réellement mais elle te coupe dans ta réflexion. Tu ne réfléchis pas quand tu lui offre un petit sourire moqueur et que les mots sortent aussi frustrants que son explication :

« J’ai grandi, j’ai changé. »

Avec les fêtes qui approchent tu pourrais presque lui dire que tu es le fantôme des Noëls futurs qui vient lui montrer sa lente autodestruction si elle abandonne ce qui la rend heureuse. Tu portes la tasse à tes lèvres pour prendre une gorgé qui te fait grimacer de dégoût. Tu avais oublié que tu n’aimais pas le café, encore moins quand il est aussi fort.  Tant pis, il servira au moins à te réchauffer légèrement.

« C’est pas le Bronx, le problème, c’est nous. »

La remarque est peut-être trop réaliste même si elle peut paraître défaitiste. Tu as toujours vécu dans le même quartier et ça ne t’as pas empêché de garder précieusement tes rêves sous ton oreiller. C’est ta faute si le monde s’est écroulé sous tes pieds, c’est toi qui l’as écrasé. Tes yeux se sont décrochés de ta cible pour se poser sur la table. T’as l’impression qu’en une fois, son regard pèse une tonne et que tu n’as plus ta place sur cette chaise. T’es à la recherche de l’explication qui arrive à te mettre mal à l’aise sans même être prononcée.

«  J’ai fais de mauvais choix… » Tu fais tourner distraitement ta tasse entre tes doigts, canalisant péniblement ce que tu ne voudrais pas énoncer. « Je sais à peine finir un croquis sans lâcher mon crayon. Je dois m’y prendre à trois fois pour avoir un tracé correct... Ca me sert plus à rien d’être sobre. »

T’avoue le tout à demi voix pour éviter que le surplus d’émotion ne crée un raz-de-marée que tu n’arriverais pas à gérer. Ta gorge serré trahit déjà le mal que t’as à assumer. T’es un peu plus mal à l’aise, maintenant qu’elle connait une partie de la vérité. Tu disparaîtrais bien sous son plancher pour être certain de ne pas devoir l’affronter.

« T’es plus une gamine, et alors ? Qu’est-ce qui t’empêche de rêver ? T’étais pas comme les autres gamins qui rêvent de devenir vétérinaire alors qu’ils ont jamais vu d’autres animaux que le chien du voisin. »

T’as plus la même assurance folle qui t’étreignais quand elle t’as avoué son rêve abandonné. T’en as cependant assez pour oser relever la tête et chercher une explication qui ne sera pas la tienne, même si elle ne te permet pas de te raccrocher au passé.

« Le meilleur endroit pour rêver, c’est celui où tu es. Tu vas finir folle si t' enfermes tes rêves. »

Ca tu peux le lui affirmer avec certitude, il n’y a pas plus grande folie que celle d’arrêter de rêver. Elle finira comme toi, enfermé dans son auto destruction à petit feu. Tu te souviens d’une gamine plutôt sympa à qui tu ne pourrais pas souhaiter le même sort.
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MessageSujet : Re: #602 Il faut que je rentre à la maison. J’ai hâte de voir la maison de qui ça va être !(Ebbe)   Dim 6 Jan - 22:05
Ebbe Bartolotti
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Le ton moqueur de mon invité ne m’échappait pas, et pourtant je n’en laissais rien paraître. Je feignais à la perfection l’indifférence, donnant l’impression que mon cœur était fait de pierre ou de glace ou encore que mon jugement cartésien prenait sans aucune pitié le pas sur les émotions humaines. Pourtant, feindre était une illusion qui cachait habilement la vérité : il était blessant, inconsciemment, à balancer mes propres mensonges. Quelque chose en moi m’ordonnait de montrer cette colère naissante et pourtant, je maintenais mon visage aussi fermé et aussi lisse que les premiers instants de notre rencontre. J’étais tout simplement incapable d’exprimer mes émotions, du moins aussi naturellement que mon interlocuteur.

Il me parlait sans aucun détour ou filtre de ses problèmes. Apparemment, suite à de mauvais choix, il ne serait plus capable de dessiner – techniquement parlant. Sans aucune surprise, cette déclaration attise ma curiosité. Mes yeux se dirigent naturellement vers ses mains, cherchant à distinguer ce petit détail hors-norme, ce détail qui rend cette main différente d’une main commune. D’une main saine.

- Les rêves d’enfant grandissent, et s’adaptent à la réalité. Comme nous. Je n’enferme rien. J’adapte, indiquais-je tout en me relevant pour m’approcher doucement de lui. Je crève d’envie de me lever, de saisir sa main et de l’étudier sous toutes les coutures. Une folle envie que je bride, pour ne pas donner de faux espoirs à ce type. Les études de médecine coûtent chères. Soit je dois convaincre une banque de me faire un prêt, soit je dois obtenir une bourse d’études.

Mon père paiera. Il serait même plus que ravi que sa fille fasse des études aussi prestigieuses. Malheureusement, je ne désirais pas que « cet » argent paie ce diplôme. Un argent obtenu d’une façon peu honorable, un argent qui ne pouvait attirer que les ennuis. S’il y avait bien une chose que je retenais de tous ces sermons auxquels j’ai assisté avec ma grand-mère, c’est que le Mal attirait le Mal, et le Bien attirait le Bien. Je n’étais pas naïve au point de croire qu’en restant loin des affaires de la famille, je suis à l’abri de tout. Cependant, je tenais encore à protéger quelques éléments de mon existence de cette corruption. Je ne désirais pas que ma vie soit comme un tuyau rouillé, de bout en bout. Il me fallait du métal sain, pour tenir debout quand tout partira en vrille. Quand tout tombera, pièce par pièce, avec le temps.

- Je ne suis pas sûre de comprendre pour ta main. Que lui est-il arrivé exactement ? Quel traitement as-tu suivi pour remédier au « problème » ? Et quelle est ton activité principale, maintenant ?

Je ramène le sujet à « lui ». A cet inconnu. Petite, je le surnommais « monsieur aux crais ». Un surnom qui me faisait penser à d’autres, comme « monsieur à la prothèse ». Un petit sourire finit par effleurer mes lèvres : décidément, je n’avais absolument aucune imagination. Et surtout, j’étais inconsciente et folle : j’avais invité un type dont je n’avais plus souvenir de son prénom. Un type qui n’était plus du tout l’homme de mes souvenirs.


† Et ceux qui dansaient furent considérés comme fous par ceux qui ne pouvaient entendre la musique.  Friedrich Nietzsche
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MessageSujet : Re: #602 Il faut que je rentre à la maison. J’ai hâte de voir la maison de qui ça va être !(Ebbe)   Sam 12 Jan - 16:15
Cosme Salander
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Grandir, s’adapter, changer,… Tu as l’impression que ces mots dits existent sans exister. Tu ne te sens pas concerné par eux. T’es plus du genre à régresser en t’attachant un peu plus fort à tes rêves de gosse toujours aussi inadaptés à la réalité. C’est elle qui tient le discours d’adulte alors que vous devez bien avoir dix ans d’écart et aujourd’hui c’est elle qui arriverait à faire remettre en question tes décisions. Elle te donne envie de retrouver une bouteille plus remplies que celle que tu lui as abandonné, ne serait-ce que pour un verre ou deux.  Tes vêtements encore trop mouillés se feraient oubliés au même titre que ta conscience qui cherche à retrouver la lumière. Tu ne peux pas céder à la facilité alors tu te concentres sur ses gestes en te demandant ce qui t’as pris de débarquer comme une fleur chez elle, de parler de toi et de lui faire la morale.

« Si c’est ce que tu veux vraiment, fonce. Tu risquerais de trop transformé en adaptant. »

Tu n’es pas bon pour convaincre les gens d’éviter les regrets. Tu ne la connais pas assez pour savoir ce qui la poussera dans la bonne voie. T’es bien trop maladroit pour que ça ne fasse pas l’effet inverse. Et puis t’as peur des mots qui suivent mais t’as pas la force de quitter ton tabouret.  Comment a-t-elle fait pour devenir aussi adulte et s’inquiéter des problèmes d’un inconnu ? Peut-être qu’elle a raison, elle se trompe de voie. Elle devrait devenir psy pour les âmes perdues. Ton manque d’’envie de tout lui raconter se ressent dans cette façon que tu as de jouer avec ta tasse. Il ne faudrait pas trop en dire et il ne faut pas lui laisser trop d’interrogation. Probablement que dans un autre contexte, t’aurais sûrement lâché un sourire à cette façon qu’elle a de parler de ta main comme si elle avait une conscience propre et qui te fait penser à la famille Adams.

« Je suis barman. » Ton travail est moins pénible à énoncer que le reste, même si  le ton est un peu trop sec. Le mot est à peine assez grand pour dissimuler le surplus que comprend ton contrat.  Mais si tu retardes aussi futilement le moment que tu redoutes, tu ne peux le nier complétement. Elle s’en rendrait facilement compte. « De la kiné pour les doigts cassés, une opération pour un nerf, de l’acupuncture, des trucs de grand-mère. »

T’énumères ce qui te passe par l’esprit, t’essaies de te souvenir les méthodes désespérées que t’as utilisé. Comme si un une astuce trouvé sur internet aurait plus d’impact que l’avis d’un médecin qui n’a pas directement vu la lésion du nerf. T’as bien souvent eu l’impression qu’il aurait été plus simple de construire une machine à remonter le temps plutôt que retrouver toute la capacité de ta main. Et puis ce que tu ne dis pas, c’est que tu as sûrement essayé de redessiner un peu trop tôt. T’as été trop pressé pour respecter tous les délais. C’était pas totalement ta faute quant on sait que tu n’avais que deux options : dessiner ou finir en coma éthylique. T’aurais sûrement fini la tête dans le mur si tu avais dû attendre plus longtemps. Tu n’as pas envie qu’elle puisse avoir accès à toutes les émotions qui se bouscule sur ton visage. Elle est assez proche pour ne pas en rater une miette mais elle est surtout assez proche pour que tu puisses venir la serrer contre toi sans bouger de ton siège. T’en profites pour venir lui murmurer une promesse dont personne ne doit connaitre l'existence.

« Si tu n’obtiens pas de bourse… Trouve-toi un job,  je t’aiderai à payer. »

Retourner la conversation vers elle ou ta folie. T’es des plus sérieux. Il ne te manquait que quelques verres dans le sang pour être déjà en train de revendre une partie de ta collection de comics et de goodies pour lui ouvrir un compte d’étude. T’es peut-être un peu trop attaché aux rêves et si tu ne peux pas t’accrocher au tien, autant investir dans celui d’autres, qui promettent bien plus. Ton appartement a beau ne pas ressembler à grand chose avec ton besoin d'accumuler les collections mais il doit valoir bien plus que la plupart des autres.
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MessageSujet : Re: #602 Il faut que je rentre à la maison. J’ai hâte de voir la maison de qui ça va être !(Ebbe)   Sam 26 Jan - 19:31
Ebbe Bartolotti
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- Si tu n’obtiens pas de bourse… Trouve-toi un job,  je t’aiderai à payer.

La proposition me surprend considérablement, suffisamment pour que j’arrête de siroter mon café chéri. Une proposition qui me rappelait enfin la raison pour laquelle ce type avait réussi à se faire une place dans mes souvenirs : il était irréel. Il défiait toutes les lois instaurées par ce monde et par la société tantôt par ses paroles, tantôt par ses gestes, et narguait le temps lui-même en restant figé à l’époque qu’il désirait.

- Tu ne comprends pas. Je veux obtenir quelque chose, avec mes efforts. Je ne veux pas dépendre de quiconque. Si je le voulais, mon père serait plus qu’heureux de payer.

Mon père guette chaque occasion possible pour se rapprocher de moi, pour m’offrir le meilleur, pour m’arracher un sourire, ou encore pour calmer cette vieille rancune persistante. J’avais été en colère bien longtemps à son égard mais celle-ci s’était éteinte, et je n’en gardais que quelques cendres amères. Je ne doutais pas qu’avec le temps, ces dernières se feront aussi emporter.

Cependant, de cette vieille époque, j’avais gardé cette habitude de me débrouiller toute seule, de grandir plus vite que les autres et de faire preuve de maturité. Pour certaines, cette indépendance était une forme d’émancipation féminine. Pour moi, c’était mon bouclier contre le monde et ses injustices, ses coups de chances et ses coups durs mais également contre les affaires douteuses de mon père.

Je ne suis pas naïve au point de croire que je vais échapper aux affaires de la famille toute mon existence mais j’aime penser que j’en serais préserver une bonne partie de ma vie. Et cette assurance, je la dois à cette fameuse indépendance, à ce besoin de tout faire soi-même, de régler les problèmes soi-même.

- Prends soin de toi, plutôt. Il doit exister une solution, quelque part.

Il n’y avait pas mal sans un bien. Pas de poison sans un anti-poison. Pas d’ombre sans lumière. La seule chose que l’homme ne peut pas contrôler est le temps et les ravages de ce dernier sur le corps, ou sur la matière. Les idées les plus folles peuvent circuler, par la télé, par les rêveurs – entre les robots et les mémoires enregistrées – mais rien n’est immuable au temps. Nous pouvons passer de cent ans à mille ans, mais la finalité est la même : le temps sera toujours vainqueur, car rien ne le touche.

- Je connais un médecin chinois. Très doué, mais un peu cher. Il peut peut-être apporter une autre alternative.

Je me relève pour aller farfouiller dans mon sac. J’en sors la carte de visite et la glisse à coté de la tasse de mon invité. Certes, il était peut-être indiscret voire indélicat de tendre la carte de visite de son employeur, mais c’était plus fort que moi. D’une, j’adhérais aux idées de médecines alternatives. Et de deux, plus mon mentor aura de cas à soigner et plus je pourrais apprendre. Enfin, qui sait, à terme, je pourrais récupérer ce cabinet voire sa clientèle….

- Barman…

Barman, le mauvais plan si on a une main défoncée. Une conclusion que je ne partage pas à voix hautes.


† Et ceux qui dansaient furent considérés comme fous par ceux qui ne pouvaient entendre la musique.  Friedrich Nietzsche
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MessageSujet : Re: #602 Il faut que je rentre à la maison. J’ai hâte de voir la maison de qui ça va être !(Ebbe)   

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