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 #602 The show must go on (Ebbe)

MessageSujet : #602 The show must go on (Ebbe)   #602 The show must go on (Ebbe) EmptyMar 13 Nov - 0:50
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Hermès Bartolotti
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Quelques semaines avant la timeline actuelle, fin octobre

Il lui a promis par SMS, d’être là, lorsqu’elle rentrerait des cours, histoire qu’ils puissent discuter. Il a bien senti, son regard réprobateur, lorsqu’elle a posé ses yeux sur ses ecchymoses, ces traces de coups, violents, bien trop visibles. Avant qu’il ne vienne vivre ici, il aurait accordé peu d’intérêt à son envie de s’expliquer, prétextant qu’il aurait eu mieux à faire, ce qui n’aurait pas été totalement faux, pour peu qu’il ait dû être de garde. Mais en cette fin d’après midi, il est prêt à faire cet effort là. Il apprend, chaque jour un peu plus, à connaître Ebbe, à se rapprocher d’elle, réalisant que sur certains aspect de sa personnalité, elle lui ressemble énormément. Il ne serait même pas étonné que sa propre fille, pour peu qu’il ait des enfants un jour, lui ressemble. Plus discrète que l’adolescent qu’il était, bien moins turbulente, mais affirmé, intelligente et observatrice.

Assis à la table de la cuisine, il remue son café à l’aide d’une petite cuillère. Peu de temps après que Samaël soit parti, le laissant troublé d’un baiser intense et appuyé, il est allé prendre une douche, avant de se recoucher. Le besoin de se reposer davantage que sa courte nuit. De rester allonger pour supporter la douleur de ses blessures. Mais cette douleur là, physique, il l’oubli, en fixant le noir de son café, avant de porter la tasse à ses lèvres pour en savourer une gorgée. D’ordinaire, d’ici quelques heures, il devrait être au Moine à trafiquer diverses choses, ou même à opérer, mais il a décidé de passer son tour pour cette nuit, trop affligé de ses blessures, surtout de ses cotes fêlées qui sont, en vérité, les plus handicapantes.

Son smartphone posé sur la table, il parcoure quelques SMS en envoi un ou deux à son frère ainé, avant de relever les yeux vers la porte d’entrée en l’entendant s’ouvrir, puis se refermer. Se dessine enfin la silhouette d’Ebbe, qui dépose ses affaires et s’approche de lui. « Je t’avais dis que je serai là » En levant les yeux vers elle et son regard légèrement surprit. Pour sur qu’elle a dû douter de la véracité de sa promesse à l’attendre sagement pour s’expliquer avec elle. « Merci pour ton accueil de Samaël, ce matin » Avoue t-il, sincèrement. Il ne savait pas trop à quoi s’attendre, en l’amenant au milieu des jumelles, lui qui ne présente jamais personne, qui n’introduit jamais aucune brebis égarée dans la tanière des loups Bartolotti. C’était un peu un test, finalement. Mais avec le recul, il se dit qu’il a fait le bon choix. Que oui, s’il devait penser à présenter quelqu’un à sa famille, Samaël lui aurait traversé l’esprit. Certainement pas pour son choix de carrière, qui dérange les moeurs, mais pour la façon dont il a tout quitté pour s’occuper de lui, la veille au soir. Une chose qu’Hermès n’est pas prêt d’oublier, même si sa fierté le fera paraître détaché, puisque c’est son mode de fonctionnement. Mimer un réel détachement, qui est loin d’être toujours sincère et véritable.

« Ça a été les cours ? » Demande t-il innocemment, comme si son visage n’affichait pas un oeil au beurre noir et une arcade fracassée, tout juste cachée par un pansement, après qu’il se soit lui même fait deux points de suture, devant le miroir de la salle de bain, histoire de. Vêtu d’un sweat et d’un jogging, ses vêtements ont au moins le mérite de cacher le reste des traces violacées parsemant son corps abîmé.  


Je t’admire comme une merveille. Tu es ma force et mon soleil. Lorsqu’arrive l’hiver, je me réchauffe sous tes rayons.
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MessageSujet : Re: #602 The show must go on (Ebbe)   #602 The show must go on (Ebbe) EmptyDim 25 Nov - 0:51
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The show must go onOctobre - après 18h - @Hermès Bartolotti
Un étrange souvenir me revint en mémoire. Il datait de l’époque où mon oncle n’était encore qu’un étudiant – ou interne, je ne pourrais plus le dire. Il avait loué un petit studio – ou appartement – pour se rapprocher de son lieu d’étude – ou l’hôpital. Ma grand-mère – alias, sa maman – lui rendait assez souvent visite pour renflouer le frigo ou encore s’assurer que son fils était en bonne santé. Si jamais on était sous sa garde, à contre cœur, elle nous emmenait avec. Je souriais au souvenir de son expression dès qu’elle se rendait compte que ma jumelle et moi allions l’accompagner : désespérée. Il faut dire, nous avions le talent de perturber une pièce entière à nous deux et il n’était pas rare que notre oncle quitte ses bouquins pour venir rire avec nous. Enfin, surtout avec Giulia. J’étais toujours en retrait, observant avec curiosité ces deux êtres hilares.

- Les filles, ne dérangez surtout pas votre oncle ! Il est très occupé avec ses études ou son travail ! Restez sagement assise devant la télévision, et au lit à dix-neuf heures. , nous répétait-elle inlassablement.

« Si jamais ».
Voilà une phrase redondante. Aussi loin dont je me souvienne, l’incertitude m’accompagnait à chacun de mes pas lorsque je me dirigeais vers un lieu familier : la maison de ma tante maternelle, l’appartement de ma grand-mère sévère ou celle – plus chaleureuse – de ma tante paternelle, le studio étudiant ou l’appartement huppé de mon oncle – avant qu’il n’emménage avec nous – ou encore la « maison », celle dans laquelle je vivais actuellement avec ma jumelle, mon père et mon oncle. Qu’importe où je vivais ou où j’étais trimballée avec ma jumelle, une seule et même question revenait constamment : est-ce que quelqu’un attendait derrière cette porte close ?

Par exemple, dans ce souvenir, la petite fille que j'étais se posait cette question : Lorsque nous ouvrirons cette porte, est-ce le silence ou l’odeur du café fort qui allait nous accueillir ? Dans le premier cas, il n’y aurait personne – soit il étudiait, soit il était de garde. Dans le second cas, nous serons accueilli par le sourire rayonnant de notre oncle – quoique, les yeux cernés.

Malgré les années, aujourd'hui ne faisait pas exception. Cette question revenait toujours : est-ce que quelqu’un attendait derrière cette porte close ? Certes, mon oncle avait promis par SMS mais je n’excluais pas que de plus urgente affaire pourrait requérir sa présence, des affaires plus urgente que moi, petite nièce qui s’était soudainement prise de cette lubie de vouloir parler avec cet homme.

Comme un rituel, je restais plantée devant cette porte une petite minute, tentant de percevoir à travers la porte un quelconque bruit. Vaine tentative car le bâtiment avait été rénové habilement. Les appartements étaient insonorisés. Alors, j’inspire et je finis par ouvrir cette redoutée porte. Aussitôt, une forte odeur de café vient effleurer mes narines et une voix familière résonna dans cette pièce d’ordinaire silencieuse.

Il était là. J’étais pantoise de surprise, incapable de bouger de prime abord, fixant cet homme. Un court instant, j’ai cru voir cet étudiant de médecine. Malheureusement, ses yeux n’étaient plus cernés par la fatigue, mais par la violence. Il était plus pitoyable que ce matin, mais je me retenais de le dire. Je doutais que cela fasse plaisir ou que ce soit une bonne idée pour introduire la conversation.

- Merci, répondis-je simplement, me débarrassant de mon manteau, me dirigeant ensuite vers ma chambre pour déposer mon sac pour enfin revenir avec ma trousse de soins. J’entendais ce qu’il disait, entre temps. Préviens-nous quand tu invites des amis, la prochaine fois, afin de mieux l’accueillir. J’ai l’impression … qu’on l’a effrayé, glissais-je.

J’aurais peut-être dû me taire, ce matin, comme tant d’autres matins, comme avec tant d’autres personnes. J’ai l’impression de faire moins de mal en étant muette qu’en étant bavarde.

- Un jour comme un autre.

J’ai eu droit à des cours chiants comme intéressants, j’ai eu à supporter des camarades de classe immatures – le fait d’être la plus vieille de sa classe n’aidait pas, certes – ou encore à ignorer quelques remarques salaces de certains – qui s’amusaient à comparer Giulia et moi.

- Et toi, ta journée ?


Sans tarder, je farfouille à l’intérieur de cette trousse hétéroclite, constituée uniquement de produits que je considérais utiles et efficaces soit obtenus dans la pharmacie du coin, soit offerts par mon mentor chinois, soit fabriqués par mes soins. Aujourd’hui, je portais mon dévolu sur un pot métallique neutre – une pommade cicatrisante faite maison. Elle n’était composée que de produits naturels ou d’agents actifs, sans aucun risque pour l’homme. Un produit qui avait plu considérablement aux rares qui l’avaient utilisé mais que je ne produisais pas sur demande, bénévolement. Le pot valait à lui seul presque cinquante dollars – seulement le coût.

Oh, il existait des pommades bien moins chères sur le marché et de grands groupes que j’admirais ou que j’appréciais particulièrement. Malheureusement, après une recherche approfondie, aucune ne me convenait. Il semblerait que l’économie et le profit primaient pour ces pommades or, quand il était question de santé ou de produits chimiques, je n’optais que pour la qualité. Alors, j’avais fait ma propre pommade avec des ingrédients de qualité. Cinquante dollars le pot certes, mais j’ai dépensé l’équivalent en amont pour quelques tests. Autant dire, je ne sors mes produits qu’en cas de grandes nécessités.

- C’est une pommade que j’ai faite. Elle va permettre une plus rapide cicatrisation. Je te rassure, uniquement avec des produits certifiés sans danger pour l’homme, testés cliniquement par de grands groupes et, surtout, totalement naturel. Il y a deux produits de synthèse mais uniquement pour la conservation ou la consistance, expliquais-je. La chimie était sûrement le seul domaine pour lequel je pouvais être bavarde. Dis-moi si tu as mal ailleurs.

Avec douceur, mais la main ferme et précise, j’enlève le pansement et dépose la crème avec un coton-tige. L’hygiène était primordiale et je refusais tout contact direct entre mon pot et l’épiderme d’un humain. C’était un coton-tige qui était trempé. Et s’il fallait rajouter de la crème, alors je jetais le premier coton-tige et plongeais un second dans la texture crémeuse.

- D’ailleurs, dis-moi en plus sur Samaël. Je n’ai pas souvenir d’avoir entendu son prénom avant. Je suppose qu’il ne travaille pas pour toi ou pour papa. Tu l’as rencontré récemment ou c’est une connaissance de longue date ? Je me pose la question parce que je le vois la première fois, pile quand tu reviens … dans cet état.  






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MessageSujet : Re: #602 The show must go on (Ebbe)   #602 The show must go on (Ebbe) EmptyMar 4 Déc - 12:49
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Elle reste planté là, probablement surprise de voir qu’il s’est souvenu de leur petit rendez-vous et qu’il a fait en sorte d’y être. Hermès est un électron libre pour beaucoup de choses, mais ce matin là, il a bien compris qu’il devait ça à sa nièce. Que si son frère lui avait fait ce coup-là, il voudrait savoir, lui aussi, s’expliquer avec lui. Alors oui, de toute façon, incapable de bouger pour aller bien loin, il a fait en sorte d’être présent. Il fixe Ebbe qui enfin, sort de son silence en réalisant qu’il ne compte aller nulle part. Qu’il est là pour discuter avec elle. Un sourire en coin se dessine sur ses lèvres, lorsqu’elle parle de la scène de ce matin. « Je l’aurais bien fait, mais c’était pas du tout prévu de base » Explique t-il, sa tasse de café entre les doigts, ne s’occupant plus de son portable posé à côté. « Je ne pense pas que vous l’ayez effrayé, il était juste pas trop préparé à rencontrer la famiglia » Avoue t-il, son accent reprenant le dessus à l’évocation de ce terme. Oui, pour sur, Maël n’était pas prêt à ça. Surtout que les deux ne font que renouer depuis quelques semaines, un peu timidement, sagement. Loin de leurs drames habituels. Là juste l’un pour l’autre.

« J’me suis essentiellement reposé » Déclare Hermès lorsqu’Ebbe le questionne sur sa journée. C’est qu’il ne comptait pas vraiment faire autre chose. Ou plutôt, si, il avait bien d’autres envies, mais son corps lui a fait comprendre que non, il n’est pas en état de bouger outre mesure. Il regarde sa nièce farfouiller dans sa trousse de soin, comme lui possède un sac avec de quoi réparer les blessés. Il ne dit rien, se contente de la laisser faire, alors qu’elle s’approche de lui pour lui appliquer une pommade en lui expliquant son utilité. « Vas-y je te laisse faire » Parce qu’il sait que la jeune femme se passionne pour la chimie autant que la médecine, en tout cas, de ce qu’il a pu comprendre et observer. Il est toujours perplexe face à ce qu’il ne connait pas en matière de soins, mais se dit que de toute façon en cet instant, il n’a rien à perdre, vu comme son corps est meurtri par les coups de la veille.

Ses prunelles ébènes sur posent sur le visage de sa nièce qui s’applique à lui mettre la crème, avec un coton tige. « Tu as de bons réflexes » Souligne t-il, en voyant qu’elle songe aux normes d’hygiène, même basiques. La texture froide de la crème lui fait du bien. Hermès sait pertinemment qu’il fait peur à voir. C’est peut être pour cela que Samaël lui est venu en aide, en quelque sorte, la veille au soir. D’ailleurs, les questions ne tardent pas à fuser, sur l’irlandais. L’italien sait bien qu’à un moment ou à un autre, il devrait parler de lui, surtout au vu de leur proximité durant le petit déjeuner. Autant que le fait qu’il ait été là, alors qu’Hermès n’amène jamais personne chez les Bartolotti. « On se connait depuis un bail avec Sam, de quand je vivais encore à Manhattan. Il ne travaille pas pour nous non, on s’est connu dans des soirées, à l’époque, puis on a bien accrochés » Avoue Hermès, en haussant les épaules pour appuyer sur l’évidence. Oui, ils se sont bien entendus, se sont rapidement confiés l’un à l’autre. Entre deux verres d’alcool ou rail de coke. Mais ça, il ne le mentionnera pas. « Il n’est pour rien dans mon état, c’est juste un truc qui a mal tourné. Au contraire, je rentrais quand Maël est venu à moi parce qu’il était à une soirée dans le coin, il a insisté pour m’accompagner et s’occuper de moi » Et ça, Hermès n’est pas prêt de l’oublier, en étant encore surpris. Tout aussi surpris que le baiser passionné qu’ils ont échangés, juste avant que l’irlandais ne quitte les lieux. « Puis, il a passé la nuit ici, vu qu’il était déjà tard » La nuit, ici, tout contre lui, qui ne s’en est pas plaint. « Tu n’as pas à te méfier de lui, au contraire. Je me serai débrouillé tout seul, mais le fait qu’il était là m’a bien aidé » Avoue t-il, bien trop conscient de la chose.


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MessageSujet : Re: #602 The show must go on (Ebbe)   #602 The show must go on (Ebbe) EmptyDim 9 Déc - 0:54
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The show must go onOctobre - après 18h - @Hermès Bartolotti
Je ne juge pas et je ne commente pas la journée de mon oncle, et optais pour un silence religieux. D’une, il était mon ainé et je n’avais pas vraiment de droit sur lui. De deux, si j’ouvrais ma bouche, je doutais que quelque chose de politiquement correct puisse en ressortir. Je me contentais donc d’appliquer avec précaution la crème, tout en l’écoutant, tantôt à me complimenter sur mes réflexes – que j’avais appris de lui, initialement, lorsqu’il soignait quelques personnes de la famille –, tantôt à me raconter sa rencontre avec Sam ou la raison de sa présence ici.

A la fin de sa tirade, je le scrutais d’un regard critique. Ce regard qui m’avait valu quelques fessées ou réprimandes de la part de ma grand-mère, qui le considérait comme un mauvais don qui risquait de me mettre dans de beaux draps. En effet, au Bronx, il n’est jamais bon de voir ce qu’il ne faut pas voir, ou de déceler ce qu’il ne faut pas déceler. Aujourd’hui, et à cet instant, j’essayais de comprendre si l’homme aux yeux verts me mentait ou s’il dissimulait des choses. J’optais pour le second point. Il avait ce même petit truc que mon père, ce truc qui me dit clairement s’il y a des non-dits ou des mensonges dans les paroles prononçaient.

Cependant, l’un comme l’autre, je ne faisais pas de cas. Le mensonge ne restait jamais à l’ombre et éclatait un beau jour et quand aux informations manquantes, elles venaient compléter les premières assez vite en raison des circonstances. Alors, je n’insiste pas en demandant quel genre de soirée, ou encore quel genre d’amitié entretenaient-ils pour passer une nuit complète dans la chambre. J’optais pour le silence encore.

Je finis cette petite séance en soufflant un tantinet sur l’arcade pour que la crème excédante s’assimile plus vite et n’oblige pas le futur et propre pansement à se décoller.

- C’est quoi le truc qui a mal tourné ? finis-je par demander, la voix sûre alors que la vérité était tout autre.

La peur m’étreignait, remontait la bile, nouait mon petit estomac et m’offrait quelques sueurs froides. J’avais peur qu’il confirme mes doutes, ceux qui se sont formés suite à ma conversation avec un type à la prothèse, un type qui pensait que j’étais l’apprentie médecin de mon oncle, un type qui avait clairement sous-entendu qu’il pratiquait malgré la radiation de l’ordre. Connaissant la famille et sa culture, je pariais peu sur une activité illégale charitable comme soigner quelques pauvres âmes sans sécurité sociale privée. J’optais davantage sur un trafic de médicaments, ou d’organes. Deux possibilités qui ne me plaisaient nullement : le premier faisait écho à ma connerie d’il y a quatre ans, et le second me dégoutait considérablement. Je mangeais déjà assez peu en sachant que le salaire qui entrait dans la maison venait d’une maison de passe. Si un trafic qui incluait des cadavres s’ajoutait aux revenus de la maison, je risquais d’opter sincèrement pour une grève de la faim.

- Un truc qui a rapport avec tes talents de médecin ?






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MessageSujet : Re: #602 The show must go on (Ebbe)   #602 The show must go on (Ebbe) EmptyLun 17 Déc - 19:26
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Il ne sait même pas pourquoi il se confie, Hermès. La vérité est qu’il ne doit rien à Ebbe. Elle reste sa nièce, une jeune nièce. Même s’il l’estime beaucoup, sa vie personnelle reste la sienne. Certes, elle a bien accueilli Samaël ce matin là et il lui en est grandement reconnaissant. Il ne voulait pas faire fuir l’irlandais. Mais au delà de ça, le voilà qui fronce les sourcils aux questions de la jeune femme. Il ne lui dit pas tout, volontairement. Il ne lui dit pas tout, parce qu’elle n’a pas à savoir. Autant parce que ce sont ses affaires, que pour sa propre sécurité. La mafia et ses activités, il préfère qu’Ebbe en reste loin. Du moins, en quelque sorte puisque le fait de vivre avec son père la rapproche de toutes les emmerdes leur collants aux basques. Mais qu’importe, Hermès estime qu’il n’a pas à lui offrir toute la vérité. Elle est jeune, elle ne bosse pas pour eux, elle ne désire pas s’y impliquer, alors à quoi bon. « Ce ne sont pas tes affaires Ebbe. Il vaut mieux pour toi que tu ignores certaines choses » Lance t-il, un peu comme un avertissement. Il ne veut pas qu’elle fouine de trop et qu’elle se mette en danger de ce fait. Il le sait, si elle commence à mettre son nez dans leur affaire, Ario n’en sera que plus énervé.

Pourtant, alors qu’il s’apprête à simplement à éloper cette conversation, sa nièce renchérit d’une question qui déclenche une réelle surprise sur le visage d’Hermès. Il sent bien qu’elle en sait plus que ce qu’elle ose demander et s’interroge quant au comment elle a obtenu ses informations. Il grince des dents, durci son regard et ses traits. « De quoi tu parles ? Qu’est ce que tu ne me dis pas ? » Contrairement à son frère, Hermès reste assis à sa place et ne se montre pas violent ou brusque, à la saisir par le bras. Il ne fonctionne pas comme ça, même si la colère danse dans son regard autant que dans ses tripes. Il se contient, pour le moment. Mais même si jamais il ne lèvera la main sur sa nièce, sur aucune femme, d’ailleurs, il n’en demeure pas moins tendu.

« J’sais pas ce qu’on a dit ou ce qu’on t’a mis dans le crâne, mais t’as intérêt à être honnête avec moi. Je garde tes secrets et je continuerai de le faire, sauf si tu te mets à me mentir ou à fouiner là où tu ne devrais pas » Renchérit-il, plus menaçant cette fois. Elle n’aura peut être pas peur de lui, mais elle aura peur de son père et de ses réactions, s’il apprenait certaines choses qu’Hermès sait. Tout ce qu’il veut, c’est qu’elle reste à sa place, loin de ses affaires et de ses trafics. Il estime Ebbe, veut faire partie de sa vie autant que de lui apprendre ce qu’il connait et a expérimenté en médecine, sauf si elle tente de le court-circuiter ou alors, se met à le juger. Comme beaucoup le font déjà. Les jugements et regards dédaigneux ferment totalement Hermès, le font fuir, aussi. Sur la défensive autant que dans la méfiance. Drapé dans sa froideur.  


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The show must go onOctobre - après 18h - @Hermès Bartolotti
Je ne craignais pas la colère d’un membre de la famille Bartolotti. Ni les aboiements ou démonstration de force de mon père, ni le regard noir de mon oncle, ni le silence de mauvais augure de ma tante et encore moins les menaces vaines de ma grand-mère. Ce n’était que du bruit – ou de la poudre aux yeux -  pour nous impressionner, pour nous maintenir sur une voie. Ma jumelle et moi le savions. Entourées de gamins abusés et désabusés par leur famille, nous avions vite compris la différence entre une famille toxique, une famille violente ou une famille aimante. La nôtre pourrait se parer d’adjectif comme « toxique » du coté maternel, ou « aimante » du coté paternel, mais nullement de violente – du moins à l’égard des uns et des autres, entre membres.

- J’sais pas ce qu’on a dit ou ce qu’on t’a mis dans le crâne, mais t’as intérêt à être honnête avec moi. Je garde tes secrets et je continuerai de le faire, sauf si tu te mets à me mentir ou à fouiner là où tu ne devrais pas.

Le ton était menaçant et pourtant, ce n’était pas la raison de cette peur soudaine qui venait de naître au creux de mon estomac et qui n’allait pas tarder à danser au fond de mes prunelles – une fois la surprise passée. Ce sont ses propos qui éveillèrent ce désagréable sentiment en moi. La peur de décevoir mon père. Ma mère. Ma tante, ou encore ma grand-mère. Je ne craignais pas la colère d’un Bartolotti, mais je craignais sa déception à mon égard. Je me braque. Tout naturellement. Gamine retranchée, animal coincée … je cherchais un échappatoire subitement. De lui. De mon bourreau.

- J’ai dit à quelqu’un que j’aidais un médecin. Il a pensé à toi immédiatement, en disant que la relève était assurée. Sauf que tu es radié de l’ordre, et que tu n’as plus le droit de pratiquer. Si tu pratiques encore, tu risques d’avoir de très gros ennuis.

Mon ton était froid et neutre. Je décrivais cette scène comme si je récitais une poésie apprise par cœur. Je n’énonçais que des faits, laissant de côté toute émotion ou ressenti. Mon oncle venait de prouver qu’il n’était pas ce que je pensais qu’il était – un ami qui saura garder mes secrets – et dès lors, je prenais grand soin de choisir les bons mots. La suite, je ne savais pas comment l’exprimer.

Que fais-tu pour être couvert de blessures et de bleus ?
Est-ce dangereux pour toi, pour papa, pour tante Alba, pour ma sœur ?
Au prix de qui – ou de quoi – amenez-vous le pain à cette table ?
Voici les questions qui me brûlaient les lèvres, mais que je me refusais de prononcer.

- J’ai appris ce que papa faisait à l’école, quand j’avais seize ans. Une mère d’un camarade était employée et un frère d’un autre camarade avait été client. Ils n’ont pas hésité à me dire leur quatre vérités en face. Apparemment, je vais aussi apprendre ce que tu fais, par les autres. Ou peut-être que ca sera un flic, pour annoncer une arrestation. Ou un appel de l’hôpital, pour dire que tu es …

J’avais conclu ma tirade, mais avec un ton plus agressif que je ne le voulais.

- J’ai compris ma leçon zio. Je ne te demanderai plus rien. Absolument plus rien. Je ne vais plus t’embêter. Je te le promets.

j’avais été idiote de croire, un court instant, d’avoir droit à une conversation franche et sincère. Le mensonge était la base de cette famille, après tout.





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Si Hermès est aussi véhément, c’est parce qu’il sait qu’il se doit de protéger Ebbe et son innocence. Peut être l’est elle moins qu’il le pense, quand bien même, il ne peut pas s’empêcher de se montrer un peu hostile. Lorsqu’elle réplique qu’il peut avoir de gros ennuies, c’est un sourire un peu sarcastique, qui se dessine au coin de ses lèvres. « Sans blague » Lâche t-il, entre ses dents, là encore relativement condescendant. Bien sur que tout ça, il le sait déjà. Il sait à quoi il s’expose, tout comme il sait les risque encourus, ou encore tout ce qu’il pourrait perdre, qui tient encore debout, de façon plus ou moins bancale. La prison. Ça, ça le changerait complètement, il el sait. Ça causerait certainement sa perte, aussi, lui déjà si renfermé et détruit. Torturé par ses propres démons. Mais toutes ces suppositions, il ne veut pas y penser. C’est pour cela qu’il vit au jour le jour, qu’il se préoccupe rarement du lendemain.

Elle renchérit, pourtant, sa chère nièce. Il est toujours braqué, lui, du haut de ses blessures et de son visage aux traces violacées. Qu’importe, il n’en démord pas, même si cette fois-ci, elle aligne quelques arguments qui le font réfléchir. Evidemment que certaines choses se savent, dans le Bronx, dans le milieu du crime et de la pègre. Les truands se connaissent entre eux, se rendent des services ou au contraire, se tire dans les pattes. Les Bartolotti font partie de ce rouage bien huilé, du coup, lui aussi. « Arrête de penser direct à ce genre de conneries » Se faire arrêter, finir mal, même si c’est pourtant ce qui lui pend au nez. « On a toujours été prudents chez nous et tu le sais ou du moins, tu l’as su, de tout ce qu’on a pu te raconter. Bien sur que tu sais que les activités familiales sont loin d’être toutes réglo, je ne vais pas te dire le connaître et tenter de te mentir à ce point, ça ne servirait à rien » Relance t-fil finalement, en la fixant du regard. Elle qui promet de ne plus rien dire, de ne plus rien demander. Il peut lire une certaine peine dans son regard. Déçue. De lui, de la famille, de tout le monde. De tout ce qui se trame entre ces murs et qui se murmurent sur les lèvres. Giulia ne juge pas, Giulia ne questionne pas, mais Ebbe se rapproche plus d’Hermès et de sa morale. De ces choses là qui font qu’il est dans cet état actuellement, parce qu’il n’a pas voulu épouser toutes les frasques du crime. Toutes les directives familiales, celles de son frère.

« Je ne peux pas exactement te dire ce que je fais ou je ne fais pas. Si je décide ça, c’est pour te protéger Ebbe. T’es pas décidé à rejoindre ce monde là. Tu veux en sortir, comme moi à ton âge. J’espère juste que contrairement à moi, les activités de la famille ne te rattraperont pas à un moment » Lance t-il, le regard gorgé d’une émotion nouvelle. Il le pense réellement. Ses anciens amis l’ont incité à la coke, un collègue de promotion aussi. Tous étaient là pour lui dire que ça l’aiderait à tenir le coup, à se donner davantage, qu’il pourrait avoir sa foutue promotion. Il a endormi sa méfiance et laissé libre cours à ses vieux souvenirs d’enfance où il jouait au con, à croire ses potes qui avaient, comme lui, pris quinze ans dans la tronche.


Je t’admire comme une merveille. Tu es ma force et mon soleil. Lorsqu’arrive l’hiver, je me réchauffe sous tes rayons.
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MessageSujet : Re: #602 The show must go on (Ebbe)   #602 The show must go on (Ebbe) EmptyDim 20 Jan - 19:13
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J’écoutais d’une oreille discrète mon oncle. Aucune phrase ne sonnait vraie à mes oreilles, et aucune ne faisait écho à mes propres pensées. Comme le reste de la famille, il s’était faite une image de moi sans me connaître. Il transposait ses propres aspirations passées – et non atteintes – sur moi, idéalisant mon avenir, ignorant mon passé et lissant mon présent. Oh très cher oncle, si seulement tu voyais la réalité de notre univers, tu comprendrais à quel point tu te trompes et à quel point tu n’as toujours pas tiré de leçons de tes erreurs passées.

Tu te leurres, en pensant naïvement que nous couver d’ignorance, de silence et mensonges peut nous protéger. Tu nous aimes, tu nous chéris et tu nous considères comme une partie de toi. Tu n’es pas un père, mais tu peux être considéré comme un en l’absence de ton frère. Sauf qu’en dehors de mon père, ma tante, oncle Leon, grand-mère et toi, qui se préoccupe sincèrement de nous ? L’extérieur n’a pas peur de balancer à notre face la vérité, à ébranler nos plus profondes convictions et à mettre à l’épreuve notre morale et notre fidélité. Ce silence que tu nous imposes – que la famille impose – est à mon sens un plus grand mal. Vous ne nous préparez à rien. Absolument à rien. Je l’ai compris quand tu étais loin, quand papa était en prison, quand maman n’était pas là… La pitié n’existe qu’au sein de la famille.

Tu te trompes si tu penses me réconforter en prétendant que les membres de la famille savent être prudents. Les hommes avant vous aussi prétendaient être intouchables, se reposant sur une puissance acquise illégalement et avec la force. Suite à une erreur, leur empire est tombé au plus bas et les femmes ont dû essuyer les conséquences de leurs bêtises pendant qu’ils étaient en prison, en cavale … Aujourd’hui, ils n’en restent qu’une poignée. On pourrait croire que papa a appris des erreurs passées mais j’en doute. Papa est violent, entêté, ambitieux et fier. Il est capable d’agir sur un coup de sang. Et aujourd’hui, tu prouves que tu n’es pas plus capable d’anticiper le danger, et de savoir l’éviter intelligemment. La preuve tu es couvert de bleus et de pansements et tu bouges difficilement. Peut-être que respirer te fait mal également, mais tu le caches, tu te tais.

Enfin, et plus important très cher l’oncle, tu es bouffé par tes propres illusions. Tu n’as toujours pas appris de tes erreurs passées. Il est naïf de croire que les affaires de la famille ne rattraperont pas ma jumelle ou moi, que nous pouvons prétendre à une existence légale et honorable. Avec le temps, et en observant mon entourage, j’ai perdu tout espoir d’un « bel avenir ». Je n’y crois pas, et je m’y suis résolue avec le temps. Tante Alba est une croyante convaincue et une femme d’une douceur indéniable. Rien ne la prédestinait à toucher de près ou de loin aux affaires de la famille. Aujourd’hui, elle est comptable de l’entreprise,  à commettre sûrement quelques délits fiscaux. Oncle Leon a pu entrer dans la police malgré son nom. Il aurait pu saisir cette opportunité pour quitter le Bronx, pour devenir un inspecteur honorable. Aujourd’hui, et sans l’ombre d’un petit doute, je suis persuadée qu’il aide, à sa façon, la famille et qu’il met donc sa carrière entière en danger. Et toi, oncle Hermès, ton retour ne prouve qu’une chose : on ne peut pas vivre seul, et on ne peut pas côtoyer sa famille sans chercher à l’aider. Cette vie à laquelle tu as aspiré, et à laquelle tu me prédestines ne peut se réaliser que si je vous abandonne pour toujours.

Or, je me refuse d’abandonner les miens. Alors je le sais que le moment viendra où je ne pourrais plus fuir et où vous ne pourrez plus vous terrer dans le silence. Si je peux aider papa, si je peux protéger Giulia ou vous, je le ferais sans une once d’hésitation, en tuant toute morale ou culpabilité. Je n’espère qu’une chose : que ces affaires viendront réclamer ma loyauté qu’une fois un diplôme en poche, celui de médecin, capable de sauver des vies ou de s’assurer que papa mourra vieux, et non d’une balle dans quelques années.

- Tu sais donc ce que je veux, ou ce que je ne veux pas alors qu’on n’en a jamais parlé. Tu es fort, dis donc. L’ironie était perceptible, et je m’en fichais.

Tu te trompes tellement, Zio. Je ne peux pas vouloir la même chose que toi, car nous avons deux vies différentes. Tes parents étaient avec toi de leur vivant. Ma mère m’a abandonné et mon père m’a récupéré. Toi, tu avais cette certitude que ta famille sera toujours là. Moi, je vis avec la certitude de finir orpheline du jour ou lendemain. Toi, tu avais le droit de rêver. Moi, par la force des choses, j’ai appris qu’il n’existe pas de bel avenir, et que rien n’est acquis ou perdu à vie. Chaque jour, c’est un jeu de poker: on sort les bonnes cartes ou les mauvaises, ou encore on arrive à anticiper le bluff de l’autre ou pas. Toi, tu ne t’es pas suffisamment préparé ou encore méfié de quelque chose. Ou quelqu’un. Et aujourd’hui, tu es brisé.

Je suis toujours murée dans mon silence. Qu’est-ce que je veux ? « Ce que je veux, c’est que vous rentriez à la maison tous les soirs. Sains et saufs. Je m’en fiche du reste ». Je ne sais pas pourquoi cette phrase refusait de sortir. Étais-Je déçue? Est-ce que je cherchais encore à cacher mes émotions pour ne pas inquiéter, pour prétendre que tout va bien, que je ne meurs pas d’inquiétudes tous les jours?

- Laisse tomber. Reposes-toi. C’est ce que tu veux, et ce dont tu as besoin.

Prétendre savoir pour l’autre. Je peux tout autant jouer à ce jeu. Sauf que contrairement à lui, c’était évident ce dont il avait besoin maintenant. Beaucoup d’anti-douleurs, et de repos.


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MessageSujet : Re: #602 The show must go on (Ebbe)   #602 The show must go on (Ebbe) EmptyLun 28 Jan - 15:27
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Il parle avec les relents de son passé et de ses propres aspirations, du moins à une époque. Possiblement encore aujourd’hui. Lui même sait qu’il ne tournera jamais le dos à sa famille, mais il était heureux loin de la mafia et de ses activités. Il était heureux à vivre de sa vocation et de sa passion. Bien sur, il a aidé Ario, une fois ou deux, même juste pour soigner un type, alors qu’il était encore à l’hôpital et que sa voiture de sport jurait dans le décor du Bronx. Chez les italiens, la famille est une valeur essentielle. Possiblement la plus importante. Au delà des relations amoureuses, des vocations professionnelles, de tout le reste. Si la famille appelle, l’on se doit de répondre et d’être présent. Surtout qu’il le sait, ce sont les activités lucratives et illégales des siens qui ont payé ses études, trop chères. Hors de prix. S’il a réussi, c’est aussi grâce à cet argent fraichement blanchi. « Non, je ne sais pas. Je ne suis pas dans ta tête. Je présume simplement par rapport à ce que j’ai pu ressentir à une période de ma vie » Lance t-il en guise d’explication. « Je ne sais pas ce que tu veux Ebbe, parce que tu n’en parles jamais. Tu juges tout le monde ici mais finalement, on en sait pas vraiment ce que tu veux, toi » C’est l’impression qu’il en a, depuis longtemps. Giulia a de nombreux vices, mais s’il y a bien une certitude, c’est ce qu’elle souhaite, à terme. S’impliquer corps et âme dans les affaires familiales.

« Je ne te dis pas de tourner le dos à la famille, parce que c’est impossible et impensable, mais… » Il s’énerve un peu, cherche ses mots un instant. « Mais j’étais heureux à l’hôpital, loin de toutes l’illégalité des affaires familiales. J’étais bien, j’ai merdé, ça c’est autre chose. Mais si je te dis tout ça, c’est parce que je pense que c’est ce que tu veux, aussi. Ne pas être plongé corps et âme dans toutes nos activités actuelles, je me trompe ? » Demande t-il, peut être un peu agressivement, mais il veut la pousser à s’exprimer parce qu’elle ne le fait jamais. Ebbe est parfois particulièrement frustrante. Elle évolue ici à demi fantôme, à demi mère pleine de jugements. On ne sait jamais réellement à quoi se fier. Si Hermès est là, ce soir, à s’expliquer face à elle, c’est qu’il estime, qu’il voit son potentiel, qu’il l’aime comme une membre de sa famille mais que profondément, il a besoin qu’elle lui parle. À lui, peut être plus qu’à un autre. Parce qu’il est la neutralité face à Ario, même s’il n’a pas la douceur d’Alba. Sa vie est chaotique, mais certainement exemple de ce qu’il ne faut pas faire, ou au contraire faire. Il ne sait même pas ce qu’elle veut exactement, mais aimerait le découvrir. La mentoré s’il le faut, avec ses bons côtés. Ceux qui n’ont pas été annihilés par la drogue.

Il finit par soupirer lorsqu’elle renchérit. « Oué, j’compte bien faire ça » Déclare t-il, un peu amer de cette conversation et des trop nombreux silences, comme des très nombreuses présomptions. La plupart du temps, il ne sait juste pas comment se comporter face à Ebbe. Quoi dire, quoi faire, comment la rassurer ou au contraire, la pousser dans es retranchements. Comment l’énerver, la pousser à avouer, à s’exprimer. Quitte à ce qu’elle martèle son torse de poing, juste pour laisser s’exprimer la colère ou la frustration. Ce qu’il veut, c’est qu’ils puissent être proches, au lieu de passer leur temps à s’ignorer ou se bouffer le nez. Oui, c’est ça qu’il veut. Profondément. « Vas-y, je te libère » Lâche t-il finalement, un peu abattu. Bien trop conscient que cette conversation ne mènera à rien.


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MessageSujet : Re: #602 The show must go on (Ebbe)   #602 The show must go on (Ebbe) EmptyDim 24 Fév - 23:45
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- Tu juges tout le monde ici mais finalement, on en sait pas vraiment ce que tu veux, toi.

Cette phrase était la goutte d’eau en trop, celle qui fait déborder un vase déjà trop plein difficile à contenir. L’eau ne se contente pas de se déverser tel un raz-de-marée en moi, mais éclate au passage le vase.  Les barrières construites avec le temps se brisent une à une, les illusions dont je m’étais bercée s’effacent impitoyablement et, dans le sillon de ces eaux furieuses, il ne reste plus que des bouts de verre plantés un peu partout. Des bouts de verre qui s’enfoncent que plus profondément lorsque j’entends le soupire de mon oncle ou encore lorsque je vois son visage désemparé. Enfin, le silence s’installe, celui que j’attends depuis le début.

Malheureusement, je suis incapable de bouger, plongée dans de vieux souvenirs désagréables. La dernière fois que j’avais exprimé des désirs ou des doutes, c’était à maman. Elle avait adopté exactement ces traits alarmants, et avait aussi lâché son soupir. Puis, elle s’était dirigée vers notre chambre et en était ressortie une vingtaine de minutes plus tard avec une valise. Une heure plus tard, nous étions au pas de la porte de papa, abandonnées à ses bons soins. Est-ce qu’une dispute avait éclaté ? Je ne m’en souviens pas. Je me rappelle juste d’avoir longuement fixé le dos de maman, dans le fol espoir qu’elle allait se retourner, revenir vers nous, nous prendre par la main et nous emmener avec elle.

Elle n’était pas revenue. Elle était partie.

- Pourquoi penses-tu que je vous juge ?  

Ma voix était faible et tremblante, un son qui mêlait étrangement la colère, la peur et l’incompréhension.

J’étais en colère qu’il pense que je les juge car ce n’est pas le cas. C’était totalement faux, et erroné, une mauvaise interprétation de mes regards ou de mes silences. Oui, je les fixais avec un regard interrogateur ou critiques dès qu’ils quittaient l’appartement mais parce que je suis avant tout inquiète pour eux. Oui, je mange peu car je ne comprends toujours pas pourquoi tant de danger dans leur vie professionnelle quand un emploi plus banal et plus simple peut apporter autant de nourriture à table, payer l’essence ou le loyer ? Une question qui me hante chaque jour. Une question qui éveille en moi une forme de culpabilité : sommes-nous une des raisons pour laquelle papa s’échine dans cet « emploi » ? Si oui… alors il aurait mieux valu qu’on ne soit jamais nées.

J’étais également effrayée vis-à-vis de ce nouveau silence. Qu’importe que je parle, ou que je ne parle pas, il semblerait que je ne sois douée que pour décevoir les personnes auxquelles j’y tiens, à ne jamais réellement saisir leur besoin. J’aimais penser que je m’adapte à l’autre mais j’avais tout faux. Je ne m’adaptais pas, je passais à côté. Et les gens ne s’embêtent pas de personnes comme moi, qui sont incapables de comprendre ou d’être suffisamment empathique.

- Je suis désolée. Pour tout.


Je suis désolée d’être une plaie, mais quand on l’est pour sa propre mère, difficile d’être autre chose pour autrui je suppose. Je suis aussi désolée d’être incapable de m’exprimer, mais n ne me l’a pas appris.

- Tout ce que je veux, c’est être …. C’est vous savoir heureux, et en bonne santé. Ne pense pas à moi, je me débrouille.

J’inspire un bol d’air dans mes poumons, racle ma gorge et glisse aussi discrètement la paume de ma main près d’un œil – celle où la larme menace dangereusement. Non, tout ce que je veux c’est être avec la famille mais j’ai peur de le dire. J’ai peur de lire ce que je ne veux pas sur vos traits. L’indifférence, la déception ou la gêne d’être liée à un poids mort pour quelques années encore. Car, c’est tout ce que je voyais chez maman d’aussi loin que je me souviens.

- Je vais préparer des pâtes bolognaises pour ce soir.


Je me lève, déambule jusqu’à la cuisine et prends un oignon que je découpe en fine lamelle. Les larmes coulent, tantôt à cause du légume, tantôt à cause des émotions. J’avais encore échoué. J’étais encore un « truc » qui donne plus mal au crâne qu’autre chose.


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MessageSujet : Re: #602 The show must go on (Ebbe)   #602 The show must go on (Ebbe) EmptyDim 17 Mar - 13:26
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Hermès réalise soudain qu’il a peut être été un peu dur, alors qu’il l’observe se renfermer, baisser les yeux, un peu fébrile. Il réalise qu’elle n’est qu’une adolescente et cet instant précis lui confirme la chose pour lui faire comprendre qu’elle a encore tant à apprendre. Giulia est plus sure d’elle, plus affirmée, plus présente et impliqué, là où Ebbe doute et s’éloigne. Il sait que leur famille est loin d’être la plus fonctionnelle, la plus parfaite, la plus aimante, mais les valeurs qui les rattachent les uns aux autres primes sur tout le reste. Hermès est prêt à se mettre en danger pour les siens, à braver ses interdits et sa morale. Il est prêt à prendre une balle et bien qu’il n’ait guère l’envie de mourir, il sait qu’il pourrait le faire, pour l’un des siens. S’il peut sauver un de ses proches, il le fera, au péril de sa propre vie. Cela vaut également pour Samaël, qui s’ancre davantage dans son quotidien, à mesure que les semaines défilent.

L’ex chirurgien se frotte le menton, alors qu’Ebbe s’excuse, s’éloigne. Elle ne veut pas qu’on pense à elle, elle ne veut pas être un poids, c’est ce qu’il sent, c’est ce qui transparait dans ses mots qu’elle n’exprime pas complètement. Hermès a apprit à lire entre les lignes, parce que lui même est encore souvent à l’image d’Ebbe. Renfermé sur lui même, replié sur ses défauts et toute la déception qui émane de lui et qu’il a offert à sa famille. À sa mère qui a toujours du mal à le regarder pleinement dans les yeux et à l’accepter. À Ario qui ressent bien trop souvent l’envie de lui en coller une. Leone qui lui est rentré dedans. Il n’y a qu’Alba qui a été là pour le ramasser à la petite cuillère alors que dans son loft presque vide, à l’époque, il n’était plus qu’une loque humaine, sac d’alcool et de drogue. Cocktail explosif.

Hermès finit donc par se lever gagne la cuisine où Ebbe s’affaire déjà à préparer le repas du soir, bien en avance. Repas auquel il assistera, sans avoir à se défiler. Il n’est bon à rien dans cet état de toute façon, le corps trop endolori par ses conneries et les coups qu’il a encaissé. Il s’approche de la frêle silhouette de la jeune femme dont il sent émaner une profonde tristesse. Il pose doucement sa large main sur son épaule, alors que sa voix se veut plus apaisé. « Je suis désolé, je crois que j’ai été un peu dur avec toi » Avoue t-il, bien trop conscient qu’elle est encore dans prémisses d’une vie adulte qui ne sera jamais tendre avec elle. Jamais tendre avec aucun des Bartolotti, rien qu’au vu de leur nom, au delà de leurs choix. « Je veux juste que… » Il s’apprête à renchérir, mais imagine aisément que ce n’est pas une bonne idée de relancer un dialogue qui de toute évidence, s’est avéré douloureux pour elle, autant que pour lui. Possiblement parce qu’il est plus agressif, en temps normal, à cause de cette dépression qu’il refuse d’admettre et aujourd’hui, des coups qui cognent sur tout son corps pour lui faire mal un peu plus fort. « Viens par là » Il ne lui laisse pas vraiment le choix alors qu’il l’aide à se tourner, lui faire face, lui et son imposante stature, plusieurs têtes de plus qu’elle, tandis qu’il vient l’enlacer. Il la serre contre lui, une main contre ses cheveux, l’arrière de son crâne, l’autre autour d’elle. « Je veux juste que tu sois heureuse et que tu aies tout ce que tu mérites » Avoue t-il. Hermès est capable d’une profonde tendresse lorsqu’il le veut, surtout face à sa famille, avec laquelle il n’a aucune réelle crainte de se montrer ainsi, plus vulnérable et doux. Le milieu du crime incite à être froid, calculateur et détaché de tout, mais Hermès n’en reste pas moins humain et impliqué. Un grand coeur et des valeurs assumées. Il aime Ebbe, comme il aime ses frères et soeurs et aujourd’hui, il sent que ce dont elle a besoin, c’est d’un soutien. D’un peu de tendresse au milieu d’un monde qui l’a ballotte d’un côté puis de l’autre. Chancelante au milieu de l’illégalité qui l’entoure.


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MessageSujet : Re: #602 The show must go on (Ebbe)   #602 The show must go on (Ebbe) EmptyLun 15 Avr - 23:40
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Je ne croyais pas aux histoires qui finissent par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Mes parents m’avaient prouvé à mainte reprise – par leurs engueulades, par leurs chamailleries, par leurs erreurs de jeunesse – que l’homme était imparfait par nature, et qu’il était créée pour apporter autant de plaisir que de douleur. Nous ne pouvions pas avoir l’un, sans l’autre. Cependant, il était possible de s’isoler et ainsi ne pas souffrir plus que de raison, plus qu’un cœur ne peut supporter.

Une partie me susurrait que cette existence solitaire était mauvaise, et que je passais à côté de bien des choses. Une autre voix me rassurait : je ne souffrirais plus, comme « avant », et que je devenais que plus forte.

Deux petites voix qui se taisaient subitement, étouffées par cette chaleur humaine inattendue et inconnue – il y a bien longtemps que nous n’avions pas autant parlé avec mon oncle. Un court instant, il me donne envie de croire à ses belles paroles – mais sincères, et prononcées sans aucunes intentions cachées –, que je mérite un bonheur simple et éternel et que cette douce chaleur sera toujours là pour me protéger, contre tous, contre toutes les douleurs.

Sauf que la réalité me rattrape, celle d’une mère qui a abandonné sa progéniture – alors que sa chaleur et son amour étaient bien plus forts que ceux de mon oncle - et celle d’un père qui vit une vie trop dangereuse et dont la protection comme l’amour pourraient faire défaut d’un instant à l’autre. Oncle Hermès ne sera pas éternel : soit il succombera à ses penchants les plus sombres, soit il se sera lassé de nous et il fera sa vie – encore, et loin de nous. Ma jumelle et moi n’étions qu’une figure de passage – sûrement, c’est ce qu’une petite voix me susurrait, celle qui me disait que je devais être forte et être capable de tout gérer toute seule, comme une grande.

Et pourtant, je me décide à serrer cette figure « passagère », j’accepte d’être un caprice temporaire dont il se débarrassera. Comme Athéna l’a fait, comme d’autres « camarades » l’avaient fait dès qu’ils avaient compris dans quoi papa baignait, et comme d’autres après lui feront. Un contact qui était doux et amer à la fois, mêlant désagréablement l’agréable à la future nostalgie que je sentirais – quand il ne sera plus là.

- Je le serais, si vous l’êtes tous, répondis-je avec douceur. Il y a bien longtemps que j’avais abandonné l’idée d’un bonheur traditionnel. Voir toutes les figures réunies de temps en temps, c’était tout ce que je pouvais souhaiter.

La paume de ma main frotte légèrement le dos de mon oncle, geste apaisant mais également geste légèrement inquisiteur – cherchant à savoir s’il était davantage mal au point qu’il ne me le disait. Je sentais les micro-soubresauts que ses muscles ou nerfs offraient au fil de mes gestes et j’abandonne mon inquisition. Il avait besoin de repos. Il était temps de briser cette bulle chaleureuse, et hors du temps.

- Reposes-toi, maintenant. Je dois vraiment préparer les pâtes, car je ne veux pas faire face à un papa affamé.

Je m’écarte, et mets ainsi fin à cet étrange interlude où je me refusais à rêver d’un avenir radieux mais où j’avais envie d’y croire précisément. Petit à petit, je retrouvais mes sens – ou plutôt, ces derniers s’endormaient à nouveau, s’enfonçant dans une inertie à laquelle je les avais habitués depuis quelques années.  Les choses allaient redevenir normales, n’est-ce pas ? Une certitude qui, étrangement, sonnait faux. Quelque chose s’était brisée, mais je ne saurais dire si c’était en mal ou en bien.


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