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 ANNIE&AALIYA » She wore a thousand faces, all to hide her own.

MessageSujet : ANNIE&AALIYA » She wore a thousand faces, all to hide her own.   Sam 10 Nov - 20:36
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Aaliya Abelson
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feat : Priyanka Chopra.
crédits : Carole71 (avatar), anaëlle (signature).
logement : The Old Lady -F2, n°803, 8ème étage. ça paye pas de mine, mais c'est son chez elle.
YOU CANNOT CATCH HER IN HER DREAMS.

She wore a thousand faces, all to hide her own.NOVEMBER 2018 - around 10 p.m
Manhattan, New-York City

En arrière-plan, trop timide, trop couvert par les rumeurs pourtant discrètes des conversations diverses, le piano pleure des notes sous la caresse des doigts magiques d’une musicienne anonyme.
Les pensées d’Aaliya s’évadent, quittent cette petite table à la nappe de nacre implacablement tirée où siègent encore deux verres d’un vin trop cher, se faufilent entre les silhouettes inconnues qui l’entourent, ignorantes et engagées dans leurs propres discussions ou réflexions, flâneries ou préoccupations. Elles s’envolent jusqu’à l’instrument à cordes qui gémit cette mélodie insaisissable et pourtant un peu familière ; elles s’échappent pour quelques précieuses secondes hors de l’étreinte impitoyable de Lola. Délicatement, ses doigts jouent avec le pendentif plongeant qui souligne son élégant décolleté –ici, il est question d’employer ses charmes à seule destination de celui qui vient de quitter la chaise face à elle (Mike), de parfaire son apparence de soin et de finesse, et non d’exposer vulgairement ses atouts pour attirer l’œil d’un client potentiel.
Aaliya aimerait que ce faste lui soit plus étranger, moins familier, mais il lui est difficile de renier huit années de vie dans un luxe sensiblement similaire à celui qu’elle ressent partout au sein de cet endroit. Dans l’atmosphère agréablement chauffée où les voix ne se font pas concurrence pour s’entendre et demeurent chuchotis intimes et secrets ; dans les tenues coquettes et délicatement dessinées que revêtissent les femmes et la classe fringante et tape-à-l’œil   dont s’habillent les hommes, montres chères au poignet et boutons de manchette délicieusement ouvragés. L’aisance avec laquelle elle évolue dans ce milieu-là a toujours plu aux rares clients qui, comme celui qui l’a invitée ce soir, préfèrent sa compagnie lors de diners –même s’ils arrivent également qu’ils en profitent en creux des draps froissés. Elle n’a pas même besoin de feindre, de rehausser le masque de Lola pour faire face à cet environnement dont tous les codes devraient la mettre profondément mal-à-l’aise tant ils s’opposent à qui elle est, à ce qu’elle est ; cela fait trop longtemps qu’elle ne s’indigne plus de certaines choses, anesthésiée, terrée derrière les sourires et les attitudes de Lola. Et parfois, cela l’effraie.
Cela la terrifie de sentir la prise doucereuse et enchanteresse de l’habitude qui semble chaque fois un peu plus étouffer ce qui reste de l’organe réfugié dans sa poitrine.
Ses pensées s’éloignent un peu plus, empruntent une pente dangereuse, dansent sur les rebords de falaises meurtrières, prêtent à se jeter dans l’océan déchainé tout en bas et s’y exploser.
Les larmes du piano deviennent douloureuses, remuent trop de sentiments à l’intérieur.
Elle s’immerge de nouveau dans le professionnalisme de Lola. Se sauve, se sauvegarde ; fuit.
Avant que la pensée d’Addison et de leur dernière rencontre dans un environnement en tous points similaire ne lui perfore le cœur.

Elle se redresse un peu, abandonne l’or plaqué du bijou sur sa peau, lisse les plis inexistants du vermeil de sa robe, s’enhardit d’un regard rapide vers le recoin où son client a disparu peu de temps plus tôt. Mais dressée au milieu des tables apprêtées et des êtres sans visages, la silhouette soulignée avec douceur par un uniforme ajusté, ce n’est pas celui qu’elle attend, qu’elle espère parce que son retour signera leurs derniers moments ensemble pour la soirée. C’est une âme blessée et farouche dont elle a tant de fois partagé les draps et le plaisir sous le masque minutieusement travaillé de la prostituée ; c’est l’une celles à qui est s’est donnée et oubliée contre quelques billets froissés, s’enveloppant de tendresse pour apaiser les fêlures dérobées, s’enivrant d’une passion qui n’était pas la sienne pour y faire écho avec une brûlante ardeur.
Annie.
Son cœur bondit, frôle dangereusement les lames acérées de ses côtes, plonge dans un malaise qui lui tord l’estomac.
Calepin de cuir coincé entre les doigts, stylo en renfort, elle qui ne fait rien d’autre que son travail (comme Aaliya, ironie cruelle et amère) et qui visiblement ne s’attendait pas à devoir l’affronter alors qu’en un sens, les rôles s’inversent presque –la blonde au service de la brune. Aaliya observe le visage de sa cliente se décomposer, ses jolis traits se confondre dans l’incompréhension et l’étonnement, impuissante face à la situation, et elle-même efface vite la surprise qui a pris possession de son expression, mais pas assez pour son client actuel qui déjà se faufile derrière Annie. Le rappel à l’ordre claque dans son esprit conditionné, sa nuque se raidit sous l’assaut inquiet de Lola dans ses pensées, et elle offre un sourire à Mike pour rattraper sa bavure. Timide soleil qui s’empare de la chair de ses lippes et qui semble satisfaire ce dernier alors qu’il prend de nouveau place en face d’elle après avoir caressé son épaule en partie nue dans un geste à l’apparence intime.
Aaliya n’est que trop consciente que ses clients ne se font pas d’illusion en se pensant uniques à ses yeux ; néanmoins, elle sait aussi à quel point il peut leur être désagréable voire blessant de constater cette fracassante réalité de leurs propres yeux. Mais il y en a un des deux qu’elle ne pourra préserver de cette vérité, et elle sait déjà que ce sera Annie.
« Bonsoir. » l’accueille-t-elle poliment, d’une voix douce mais mesurée, alors que Mike se penche sur la carte des desserts.
Son regard accroche le sien, tente de lui transmettre des excuses qu’elle ne peut formuler à haute voix. Un pardon qui est celui de Lola, même aussi un peu le sien –elle ne veut pas blesser l’autre femme.
Est-il trop naïf d’espérer qu’Annie la pense là avec un homme qui veut tout simplement lui plaire, dans le cadre d’un rendez-vous galant et non d’une prestation tarifée ?
Oh, Aali, arrête de croire aux contes de fées.
La vérité, c’est qu’elle ne peut se diviser, se faire double à leurs yeux, et que pour l’instant, l’homme qui la gratifie d’un regard séduit est son client.
« Lola, un dessert ? » lui offre-t-il naturellement.
Ses entrailles se nouent –les doutes doivent s’amenuiser dangereusement dans l’esprit d’Annie à présent. Ce prénom, accompagné du vin Italien couteux et de la richesse opulente de l’endroit, sont les termes d’une équation dont l’inconnue en est à peine une tant elle est simple à déduire. Ses prunelles se détournent, s’adoucissent contre l’expression encourageante qu’arbore Mike. Il espère un oui, elle le sent, le sait aussi d’expérience, car ce n’est pas la première fois qu’il l’arrache au bitume pour l’emmener dans ces endroits où elle n’aurait jamais pu mettre un pied autrement.
Et elle est toute disposée à le lui offrir.
« Avec plaisir, acquiesce-t-elle avec sincérité. Je prendrai les cannoli. »
Ses prunelles hésitent, voguent du visage séduisant de son client aux traits de la blonde une nouvelle fois, luttent pour ne pas s’enivrer de la tendresse qu’elles lui réservent souvent.
« La même chose, avec un café serré, s’il-vous-plait. » complète-t-il en se tournant légèrement vers Annie, lui tendant les deux menus.
Et Aaliya encaisse son impuissance à limiter les dégâts.
Désirer ne pas heurter Annie, ce n’est malheureusement pas assez pour la protéger.




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