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 Wish that you were here. | Aaliya

MessageSujet : Wish that you were here. | Aaliya    Sam 27 Oct - 0:54
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Alto Sisters
c'est bien les hommes ça, toujours
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L'appartement vidé de ses frères a une allure si calme qu'il s'y sent mal à l'aise. Cash chante et gratte sa guitare à travers les pièces tandis qu'il termine quelques préparations pour le repas du soir. Son téléphone a déjà sonné quelques fois depuis qu'il les a foutu dehors. Angus avait oublié quelque chose à l'appartement, Alto avait tellement la colère contre lui qu'il lui a balancé sa veste et son paquet de clopes par la fenêtre. Certain qu'en rentrant dans la nuit, son frère viendra le réveiller pour tenter de lui arracher des excuses. Le second appel était de Bruce, bizarrement il est toujours plus concilient avec lui. Alto a râlé un bon moment avant de savoir trouver les mots pour calmer ses crises d'angoisse et le faire tenir quelques heures loin de l'appartement. Le dernier signe de vie lui vient à présent de Gabriel qui lui envoie une photo de la fille qu'il est certainement en train de draguer. Cela fait sourire le cowboy lorsqu'il lui répond d'un simple smiley avant de se rendre dans la salle de bains pour voir à quoi il ressemble.

Le blond commence par se raser un peu la barbe avant d'aller sous la douche en vitesse et se vêtir d'un simple jogging et d'un t shirt vieux comme le monde. Avec Aaliya il a au moins cette chance de pouvoir être lui-même sans qu'elle ne le juge. Dans un dernier élan de motivation, Sisters range les affaires de ses frères qui traînent un peu partout dans le salon pour les balancer dans une de leur chambre et s'assurer que tout est en place. Une nana chez eux, ce n'est pas chose rare mais généralement, elles ont tout juste le temps de voir leur canapé qu'elles se retrouvent déjà dans leur lit pour une nuit charnelle. Aaliya est une exception qu'Alto protège avec férocité. Il est un lion plein de bonnes intentions lorsqu'il la voit. Les regards noirs qu'il lance à ses frères lorsqu'ils osent la fixer avec trop d'insistance suffisent à les calmer. Non pas qu'il soit possessif mais le cowboy met un point d'honneur au respect et dieu sait que sa famille en est dépourvu. Ce sont des bêtes qui ne réfléchissent plus lorsqu'une fille un peu trop jolie est dans leur champs de vision. Si Alto en est épargné, c'est qu'il n'a jamais été le plus doué avec elles. Bien sûr qu'il les charme mais il termine toujours par revenir en arrière juste pour être certain de préserver sa solitude.

Cette fois pourtant, c'est de lui que vient la fin du silence, cet appel qu'il lui a donné pour l'inviter à passer la soirée avec lui. Alto n'est généralement pas ce genre de type à demander la présence des autres lorsqu'ils ne viennent pas d'eux-mêmes mais le lien qu'il entretient avec Aaliya laisse entrevoir des failles. Sa présence fait tomber des barrières même s'il ne se l'avoue qu'à moitié. En sa compagnie, le cowboy reste le même, un brin sur la réserve et parfois négligent avec ses sentiments mais c'est aussi sa façon à lui de lui prouver qu'il est là pour elle. Ne pas trop s'attacher, c'est savoir garder une distance qui lui permettra de préserver une vision juste des choses.
A trop laisser le coeur parler, on devient forcément con. Son père le lui disait souvent, surtout lorsqu'il s'engueulait avec leur mère et qu'Alto le suivait jusqu'au fin fond de la campagne pour l'écouter ruminer. Jamais il n'aurait su se détacher d'elle pourtant. Il avait beau jouer de sa fierté, en mourant, leur mère a aussi emporté avec elle la raison de vivre de leur père.
Peut-être est-ce aussi pour cela qu'aujourd'hui Alto monte des remparts si solides contre le monde extérieur.

En l'entendant toquer à la porte, Alto quitte la cuisine pour aller l'ouvrir. Un léger sourire se dessine sur ses lèvres. Hey. Avant de se décaler du cadran pour la laisser entrer dans son appartement puant la clope malgré les fenêtres qu'il a laissé ouvertes de longues heures pour tenter de chasser l'odeur du tabac froid. Sa large stature suit celle d'Aaliya jusqu'au salon où des verres et quelques bouteilles les attendent, avec ou sans alcool. Il ne sait jamais ce qu'elle préfère boire même depuis le temps. Vazy installe-toi. Alors que lui prend place sur le rocking chair vieux comme le monde de la famille. Lui aussi vient d'Arizona, tous les gosses avaient fait un caprice pour le ramener ici dans le Bronx. La chaise craque sous son poids alors qu'il plante son regard vers son amie, juste le temps pour lui de vérifier si tout va bien -physiquement-. Pas de trace sur son visage, pas de signe de violence à son égard. Aucun type à qui il voudrait potentiellement refaire le portrait. Alto n'a jamais vu pire terre que cette ville pour maltraiter les femmes. Dans leur petite bourgade, elles étaient si bien traitées qu'aucun homme ne savait vivre sans elles. Ça fait un bout d'temps que t'es plus passé au Saloon. Une façon détournée de lui dire qu'il était inquiet, de lui faire remarquer qu'elle manque au milieu des visages de toutes ces brutes. T'as raté Jerry au micro la dernière fois. Il chantait walk the line. Accompagné d'un rire. Le vieux Jerry qui tombe un peu trop dans la bibine ces derniers temps depuis que sa femme l'a quitté. Un bon bougre capable de tout un tas de conneries lorsqu'il est saoul. Aaliya et Alto ont déjà eu quelques conversations avec lui sur ses théories concernant la vie après la mort ; toutes aussi farfelues les unes que les autres.


he's a badass with a good heart.
SOFT, BUT STRONG. UNAPOLOGETIC AND HONEST. HE'S THE TYPE OF MAN YOU GO TO WAR BESIDE -
not against.


quand t'acceptes pas de renoncer à tes origines de cow-boy:
 
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MessageSujet : Re: Wish that you were here. | Aaliya    Sam 10 Nov - 20:44
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Aaliya Abelson
She wore a thousand faces all to hide her own.

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logement : The Old Lady -F2, n°803, 8ème étage. ça paye pas de mine, mais c'est son chez elle.
YOU CANNOT CATCH HER IN HER DREAMS.

Wish that you were here.OCTOBER 2018
The Old Lady, New-York City

Dans la petite pièce réservée aux employés, Aaliya ferme son sac à la hâte avant de s’emparer de son trench-coat sombre, impatiente et le cœur léger, l’esprit déjà ailleurs, tourné vers des heures meilleures. Son regard dévie un instant sur la table où s’amoncelle quelques sacs à mains, une théière entourée d’un florilège de tasses de toutes les couleurs et tailles accompagnées de sachets de thé. Et sa paire de gants qui traine non loin. Elle s’en saisit rapidement pour les enfiler en se promettant de ne plus les laisser sortir de ses poches (où ils devraient être, en temps normal) et attrape son sac à la volée, ses pas la guidant promptement vers la sortie. Dans son empressement, elle manque de percuter l’une de ses collègues  qui se faufile par l’encadrement de la porte ouverte, et s’excuse aussitôt.
« Wow, hey, tu vas où comme ça ? » rit Clara en promenant un regard intrigué sur la tenue de la brune –comme si cela allait l’aider à répondre à sa question.
Elle n’a pas pris le temps de se changer –elle le fera chez elle, si elle ne prend pas trop de retard, ce qui n’est pas gagné si elle en croit les aiguilles de sa montre auxquelles ses yeux ne cessent de revenir. Répondant vaguement, elle s’empresse de saluer sa collègue avec l’idée de s’esquiver au plus vite vers la bouche de métro la plus proche, modérant sa hâte lorsqu’elle passe le bureau du patron. Et elle ne peut s’empêcher de lui adresser un dernier signe de main enjoué lorsque l’autre femme lui lance que son rendez-vous doit être sacrément important, parce qu’elle ne l’a jamais vu sourire ainsi. Aussi librement.
Si elle savait à quel point elle a raison.
Et le sourire d’Aaliya ne la quitte pas tout au long du trajet, insensible à l’ambiance morose et triste qui hante des transports en commun, les rues grouillant de monde.

Une douche, un jean et un chemisier enfilés plus tard –tenue confortable qui jure presque avec les talons vermeils qui ne savent quitter ses pieds-, elle redescend les escaliers qu’elle a monté à peine une demi-heure plus tôt, son trench plié dans les bras, un Tupperware par-dessus. Elle sent les pointes encore un peu humides de ses cheveux piquer ses reins mais déjà elle parvient au bon étage. Eprise d’une joie innocente, insouciante, d’une impatience ingénue, elle n’a franchement pas envie de retarder les retrouvailles pour une histoire de cheveux tressés. Equilibre fragile du maintien des apparences si importantes au travail (quand elle sert les clients tout comme lorsqu’elle vend ses charmes sur les trottoirs tristes, affamés de larmes) et ailleurs, et qui pourtant perdent tout leur sens dans certains regards. Dans ceux d’Alto, surtout. Elle ne peut s’empêcher d’y prêter un soin particulier, un peu par envie, surtout par besoin –les habits, le maquillage, tout n’est qu’un déguisement de plus pour parfaire le personnage- lorsqu’elle pose un pied dehors. C’est comme un réflexe ; une habitude si profondément ancrée qu’elle peine férocement à s’en détacher, même lorsqu’il s’agit de choses banales comme faire les courses par exemple, où il est pourtant clair que personne n’y fera attention. Ces retrouvailles n’y dérogent malheureusement pas, et rendent la manœuvre d’autant plus complexe et sournoise qu’elle sait bien le climat de confiance et de décontraction qui s’étend naturellement entre eux, comme s’il avait toujours été là. Elle ne doit certainement pas lui apparaître dans les vêtements dont elle se pare comme d’une armure une fois que la nuit enveloppe les trottoirs, elle ne peut pas non plus prendre la tendance complètement inverse ; la logique voudrait qu’elle n’y réfléchisse pas, mais la réalité exigeante se trouve être bien différente. Et la réalité, c’est qu’elle n’a pas à plaire ce soir, et pourtant, elle ne peut combattre le besoin de bien paraître, de s’accorder aux circonstances, à cette première fois où elle est invitée dans l’appartement qu’Alto partage avec ses frères. Soignée mais décontractée ; élégante mais pas trop. Juste naturelle –et c’est le plus compliqué, dans le fond.
Et c’est peut-être un peu pour toutes ces raisons qu’elle renonce à nouer ses cheveux –ça, et sa hâte  brûlante de le retrouver. Cela ne fait que trop longtemps qu’elle ne s’est pas rendue à la Casa, habituel théâtre de leurs retrouvailles, et si l’atmosphère si particulière de l’endroit lui manque, sa chaleur et ses habitués, son éternelle cacophonie de rires et de voix, de musique country et des notes plus sensuelles qui embellissent les danseuses, c’est surtout pour lui qu’elle y vient. Et c’est pour lui qu’elle y revient. Alors cet appel, quelques jours plus tôt, c’était une opportunité qu’elle n’allait pas manquer. Elle s’était arrangée avec ses collègues pour inter-changer leurs services, avait cuisiné la veille en rentrant tard dans la nuit, réticente à venir sans rien apporter en dépit de son invitation à ne le pas le faire. Juste portée par le sentiment si enivrant de vivre qu’il savait lui insuffler par sa seule présence, qu’elle soit aussi tangible que lorsqu’ils se trouvaient tous deux de chaque côté du comptoir du saloon à échanger paroles ou silences confortables, ou bien plus évasive, à travers un appel ou un message. Et elle n’a pas envie de creuser le pourquoi du comment, de se torturer pour essayer de saisir les raisons derrière les sentiments qui étreignent ses lèvres en un sourire solaire lorsque la porte s’ouvre sur la haute silhouette d’Alto, lorsqu’elle retrouve la douceur de sa présence, son charisme mêlant si étroitement un calme olympien et la certitude implacable qu’il couve une violence bien à lui.
« Hey, ça fait plaisir de te voir. » le salue-t-elle avec chaleur, le regard enlaçant aussitôt le sien.
Ses premiers pas à l’intérieur se parent d’une lenteur curieuse alors qu’elle promène ses prunelles partout, comme pour s’imprégner de l’atmosphère, se familiariser avec l’endroit marqué de la présence d’Alto et de ceux de son sang, qui lui rappelle de façon diffuse le saloon. Ses iris glissent sur le bois des meubles parés de rares cadres photo, s’esquivent sur la table encombrée de quelques bouteilles, effleurent le cuir un peu usé des canapés.
« J’ai apporté le dessert. » émet-elle d’un ton léger, presque complice.
L’odeur de tabac froid lui heurte les sens, indéniablement présente –elle sait qu’elle finira par ne plus la sentir, ce n’est qu’une question d’habitude- et se calant sur l’ombre de sa présence qu’elle sent dans son dos, elle prend place à son invitation, abandonnant son long manteau sur le dossier du canapé avec son sac à main, puis posant le gâteau sur la table.
« Merci. »
Elle ne peut contrôler le sourire un peu attendri qui étire ses lippes lorsqu’elle le voit préférer le confort du rocking-chair qui grince un peu, comme sorti d’un autre monde, volé à une autre époque. Puis elle sent ses prunelles si bleues qui la détaillent –mais ce n’est pas ces regards sales auxquels elle est bien plus habituée, ou ceux dégueulant de pitié, ces regards qu’elle se doit d’encaisser sans rien ressentir (ou presque). C’est plus protecteur, bienveillant ; inquiet aussi, un peu. A la recherche de signes qu’il ne trouvera pas ce soir, les ecchymoses bien cachés au creux de l’âme avec les cicatrices tailladées par les mains innombrables qui s’approprient sa chair pour une nuit et la marquent pour la vie. Elle lui adresse un regard serti d’un sourire plus timide qui se veut rassurant, puis la culpabilité s’immisce sur ses traits lorsqu’il mentionne les longues semaines passées sans une visite, qu’il apaise pourtant d’une touchante anecdote et d’un rire sincère. Des notes qui sonnent justes, vraies, et qui lui ont bien trop manqué.
Alto est brut d’authenticité ; c’est quelque chose qu’elle a toujours ressenti comme étant intimement sécurisant, qu’elle retrouve en touches plus ou moins discrètes dans ces endroits qu’il a su transformer par sa présence –le saloon, cet appartement.
« Ça devait être quelque chose, concède-t-elle de bon cœur, regrettant de ne pas avoir été là pour assister aux performances du vieux Jerry, comme ils le surnomment souvent. Je me souviendrai longtemps de sa version bien à lui de When the man comes around. » ajoute-t-elle, la voix éprise d’une douce nostalgie.
Paroles légèrement modifiées sous l’effet enivrant de l’alcool un soir d’Avril, ce chef-d’œuvre avait connu des jours meilleurs entre les lèvres du vieil homme au caractère un peu bourru mais si attachant.
« Sa femme n’est pas revenue ? » s’enquiert-elle par réflexe.
Prendre des nouvelles des habitués, c’est un peu sa façon de rattraper le temps perdu, le temps qui s’est envolé, faufilé entre leurs doigts, échappé, disparu. Le temps qu’elle sait si précieux, et pourtant trop souvent négligé.  La Casa occupe une place centrale dans le quotidien d’Alto –et autour d’elle, c’est toute sa famille (ou presque, elle n’en sait pas plus) qui gravite-, et quelque part, s’inquiéter du sort du saloon, c’est un peu s’inquiéter pour eux, pour lui.
« Les affaires vont bien ? »

Son dos s’appuie un peu plus confortablement contre le dossier, et ses muscles se détendent peu à peu, oublient la journée de travail éreintante qui lui alourdit les jambes. Mais il y a ce besoin qui lui dévore les entrailles, qui s’immisce dans les mailles de son esprit, guide ses prunelles contre celles, si claires, de l’homme pour les enlacer avec douceur –celui de lui expliquer son absence. Il n’y a jamais eu de promesses de garder contact, de pacte pour sceller des retrouvailles régulières. Il n’y a jamais eu que la danse de ses allées et venues aléatoires au saloon pour les réunir ; parfois le hasard de rencontres en dehors des murs protecteurs et familiers. De la même façon qu’il ne lui dira sûrement pas qu’elle lui a manqué (elle ose penser que c’est ce qu’elle a entendu, derrière ses mots, dissimulés dans leurs secrets), il ne se prononcera pas non plus sur les inquiétudes que son silence a pu susciter. Ce sont des mots qu’Aaliya ne s’attend pas à percevoir sauf peut-être derrière d’autres, et elle n’en ressent aucune déception ; elle les accepte ainsi, à présent familière avec cette touchante pudeur qui le caractérise. Ce sont des mots qu’elle pense un peu trop souvent quand le temps se distend entre les moments où ils se retrouvent, quand le quotidien lui laisse un répit pour songer, quand la nuit se referme sur son corps qui chavire au gré des inspirations de la vie et qu’elle se surprend à rêver.
Elle s’est promis, en posant un pied à New-York, de ne plus s’attacher, de ne plus jamais avoir besoin d’un autre.
Alto constitue l’incarnation même de son échec fracassant –et pourtant, elle ose croire, espérer, qu’elle ne le regrettera pas. Pas avec lui.
Pas alors qu’il est sûrement le seul être avec lequel elle sent assez en confiance pour abaisser sa garde, abandonner les sourires qui dissimulent de plus en plus mal ses ombres. Dans cette vie qui perd trop souvent de son sens à ses yeux perdus.
« Je pense partir quelques jours à Louisville, en Décembre si possible, avance-t-elle en se redressant, mains nouées sur ses genoux serrés l’un contre l’autre. C’est pour ça que je ne suis pas passée dernièrement, j’ai cumulé les heures supp’ pour mettre de côté. »
Cela fait un moment qu’elle nourrit ce projet –retourner sur les terres de son enfance, rendre visite à la tombe de sa mère. Le danger demeure, mais après trois ans, elle se risque à penser qu’ils ont d’autres chats à fouetter que surveiller une pierre tombale ou le quartier où elle est née. La peur l’a trop longtemps retenue entre ses chaines acides, soumise à l’immobilité ; il est plus que temps qu’elle dise au revoir à celle qui a tout sacrifié pour pouvoir l’amener au monde. Ses doigts s’emparent d’une bière fraîche qu’elle crochète pour la tendre à Alto, reconnaissant une de celles qu’il se sert souvent derrière le comptoir de la Casa.  
« C’est toujours lorsqu’on s’éloigne qu’on se rend compte à quel point quelque chose ou quelqu’un peut nous manquer, poursuit-elle un peu plus timidement, alors qu’elle s’empare d’une autre bière et d’un sirop aux fruits qui traine non loin, s’autorisant ce mélange considéré par beaucoup comme blasphématoire en sa présence. Alors je pense que la prochaine fois, je ne manquerai pas Jerry au micro. »
Elle viendra plus souvent –parce qu’il lui manque.
La vérité se pare rarement de simplicité lui semble-t-il, mais cette fois-ci, c’est le cas. Et elle n’a plus peur de le penser, elle ne craint plus de ressentir cette petite chaleur déstabilisante mais si attirante : c’est un bonheur éphémère mais intense et réel qu’elle étreint du bout des doigts chaque fois qu’elle ressent sa présence dans sa vie.
Ces moments, écrins fragiles de jolis souvenirs, auxquels elle se raccroche quand elle est submergée par la sensation de perdre pieds.





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MessageSujet : Re: Wish that you were here. | Aaliya    Jeu 29 Nov - 14:31
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Le son du rocking-chair, la chaleur de l'appartement, son odeur de clope et de plats qui mijote encore sur le feu lui donnent la sensation de retourner dans cette maison qu'ils avaient abandonné après la mort de leurs parents. C'est ainsi que huit orphelins s'étaient retrouvés dans la violence du Bronx après avoir côtoyé celle bien plus brute et sauvage de l'Arizona. Il se souvient encore de cette sensation étrange de vivre dans une comédie alors qu'à l'époque déjà, les Sisters étaient considérés comme des guignols. Au final, même aujourd'hui, les acteurs ne sont pas eux. C'est justement parce qu'ils sont si connectés à la réalité et proches de leur environnement qu'on les considère si mal. Difficile pour des personnes n'ayant jamais rien connu d'autre que le béton de se connecter à leur essence la plus profonde. Il est persuadé que des fils invisibles nous relient tous à la terre et que ceux de New-York n'ont seulement jamais su traverser l'épaisse couche des routes et des trottoirs. La maison de son enfance était faite de bois, un magnifique chalet perdu dans l'immensité des montagnes et de la nature. Le sol était fait de terre, tellement poussiéreux que leurs fringues et leurs cheveux en étaient toujours recouverts d'une fine couche. La paume de sa main caresse délicatement le bois du siège qui balance encore un peu alors que son regard reste planté sur Aaliya sans trouver la force de s'en détacher tout de suite. La revoir après ces jours de silence l'aide à se remémorer leurs soirées passées ensemble mais aussi le caractère différent de celle-ci. La douceur de la brune l'apaise et lui fait relâcher la pression. Les nœuds de son corps bien noués lâchent un peu de leur pression sur ses organes tandis qu'il attrape la bière dans un sourire. Merci. Pour le dessert aussi alors qu'il lui avait demandé de ne rien ramener. Bizarrement, une part de lui se doutait qu'elle céderait à la tentation de ne pas venir les mains vides par peur d'abuser de son hospitalité qu'il lui avait proposé avec une douceur évidente.

L'univers du Saloon reste omniprésent car c'est lui qui les a vu naître et prendre en ampleur à chaque visite d'Aaliya entre les cow-boys de la Casa. Son sourire prend un peu plus de douceur sur ses lèvres alors que Jerry ne cesse de traverser son esprit et qu'une part de sa compassion s'en éveille. Cela fait si longtemps que ce type vient chaque semaine les voir qu'il est impossible pour Alto d'y rester insensible. Sa femme, il ne la connaît pas mais pourrait la décrire aux simples récits de son époux. Une grande brune au regard tendre, une excellente cuisinière mais aussi danseuse, une muse de caractère, teintée d'une telle rancœur que le fait qu'elle ne revienne pas semble logique. Je ne pense pas qu'elle reviendra. Jerry a merdé. Qu'il souffle, un peu dépité, profondément déçu pour Jerry qui reste un bon bougre malgré ses nombreux défauts. Quelque part, Alto ne peut s'empêcher de croire qu'il le mérite mais ne peut qu'être de son côté. Après une gorgée de sa bière, Alto redresse son regard sur Aaliya et hausse les épaules. Oh tu sais ... La routine. Gabriel a encore fait des siennes c'te semaine. Parfois j'me dis qu'il finira en taule. Gabriel, son frère le plus fougueux, sa corde sensible. Depuis le temps, même les bagarres les plus violentes restent un quotidien qu'il côtoie et qui ne marque plus son esprit. La seule chose qui le laisse sur le qui-vive reste les filles à qui il tient beaucoup trop pour les laisser se faire avoir par un des clients. Le cow-boy campe sur ses positions malgré l'acception. Une part de lui attend simplement que les choses terminent mal, sachant que concilier clientèle du saloon à celle des filles est une risque à prendre pouvant causer double perte. Pourtant, malgré ses réticences, le respect qu'il porte pour ses frères prime sur tout le reste, quitte à sacrifier le bonheur de quelques danseuses qui de toute façon iraient se prostituer ailleurs, la protection des Sisters en moins.

Oh, Louisville. T'as un programme prévu une fois là-bas ? Sa voix s'égare instinctivement tandis qu'il redresse légèrement son torse pour mieux la fixer, lui faire face mais surtout l'écouter attentivement. La tendresse qui se dégage de cet instant le fait flotter et éloigne les dernières pensées négatives accumulées au cours de la journée. Forcément, Alto ne peut s'empêcher de s'inquiéter pour elle même s'il refoule au plus profond de lui ce besoin de protection qu'il a développé au fil des années, en grande partie pour ses frères. Il se souvient encore de sa crise de colère lorsque Gabriel avait terminé dans un centre pour jeunes difficiles et toute l'énergie qu'il avait mis dans sa vie pour en vouloir à son oncle et sa tante. Aujourd'hui encore, c'est pour cela qu'il lui arrive d'être en froid avec eux ; difficile pour un homme comme Alto de pardonner des personnes coupables de la séparation d'un des Sisters. Les huit hommes sont une unité, une fusion pleine d'agitation à  laquelle il ne faut surtout pas intervenir sous peine de voir leur équilibre se casser la figure en un rien de temps. J'suis certain qu'il sera content de t'offrir sa belle voix. Tu lui as tapé dans l’œil. Adressé d'un sourire taquin lorsqu'on sait qu'Aaliya ne laisse personne indifférent au Saloon quand celle-ci s'y rend. Prudent, il ramène ses doigts à sa bouche, se ronge légèrement l'ongle du pouce avant de revenir sur cette histoire de départ en Décembre. Tu comptes partir seule ? A moins qu'un ami ne l'accompagne ? Ou bien un proche ? La laisser s'en aller comme ça, seule, lui procure une sensation étrange dans le cœur, comme s'il échouait soudainement à son rôle. Il sait déjà qu'il sera le premier à lui envoyer un message pour savoir si le voyage s'est bien passé, si elle est bien arrivée aussi. Sa large stature se redresse finalement pour se dégourdir les jambes, ne pas laisser paraître ce besoin presque fraternel de prendre soin d'elle et se diriger dans la cuisine pour en revenir avec un plat d'amuse-bouche tout en déposant au passage le dessert dans la cuisine. Tiens, j'avais oublié. Et de le poser sur la table basse. Si t'as besoin d'un coup de main quand t'es pas là, pour ton appart ou ton courrier, fin j'suis là quoi. Hésite pas. Avant de reprendre sa place mais aussi sa bière et lui adresser un regard complice malgré ses sourcils froncés et son visage toujours un peu fermé.


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