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 Wish that you were here. | Aaliya

MessageSujet : Wish that you were here. | Aaliya    Wish that you were here. | Aaliya  EmptySam 27 Oct - 0:54
Alto Sisters
Alto Sisters
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Âge : 39
logement : Dans un petit appartement vivant et chaleureux du old lady avec Bruce, son frère.
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L'appartement vidé de ses frères a une allure si calme qu'il s'y sent mal à l'aise. Cash chante et gratte sa guitare à travers les pièces tandis qu'il termine quelques préparations pour le repas du soir. Son téléphone a déjà sonné quelques fois depuis qu'il les a foutu dehors. Angus avait oublié quelque chose à l'appartement, Alto avait tellement la colère contre lui qu'il lui a balancé sa veste et son paquet de clopes par la fenêtre. Certain qu'en rentrant dans la nuit, son frère viendra le réveiller pour tenter de lui arracher des excuses. Le second appel était de Bruce, bizarrement il est toujours plus concilient avec lui. Alto a râlé un bon moment avant de savoir trouver les mots pour calmer ses crises d'angoisse et le faire tenir quelques heures loin de l'appartement. Le dernier signe de vie lui vient à présent de Gabriel qui lui envoie une photo de la fille qu'il est certainement en train de draguer. Cela fait sourire le cowboy lorsqu'il lui répond d'un simple smiley avant de se rendre dans la salle de bains pour voir à quoi il ressemble.

Le blond commence par se raser un peu la barbe avant d'aller sous la douche en vitesse et se vêtir d'un simple jogging et d'un t shirt vieux comme le monde. Avec Aaliya il a au moins cette chance de pouvoir être lui-même sans qu'elle ne le juge. Dans un dernier élan de motivation, Sisters range les affaires de ses frères qui traînent un peu partout dans le salon pour les balancer dans une de leur chambre et s'assurer que tout est en place. Une nana chez eux, ce n'est pas chose rare mais généralement, elles ont tout juste le temps de voir leur canapé qu'elles se retrouvent déjà dans leur lit pour une nuit charnelle. Aaliya est une exception qu'Alto protège avec férocité. Il est un lion plein de bonnes intentions lorsqu'il la voit. Les regards noirs qu'il lance à ses frères lorsqu'ils osent la fixer avec trop d'insistance suffisent à les calmer. Non pas qu'il soit possessif mais le cowboy met un point d'honneur au respect et dieu sait que sa famille en est dépourvu. Ce sont des bêtes qui ne réfléchissent plus lorsqu'une fille un peu trop jolie est dans leur champs de vision. Si Alto en est épargné, c'est qu'il n'a jamais été le plus doué avec elles. Bien sûr qu'il les charme mais il termine toujours par revenir en arrière juste pour être certain de préserver sa solitude.

Cette fois pourtant, c'est de lui que vient la fin du silence, cet appel qu'il lui a donné pour l'inviter à passer la soirée avec lui. Alto n'est généralement pas ce genre de type à demander la présence des autres lorsqu'ils ne viennent pas d'eux-mêmes mais le lien qu'il entretient avec Aaliya laisse entrevoir des failles. Sa présence fait tomber des barrières même s'il ne se l'avoue qu'à moitié. En sa compagnie, le cowboy reste le même, un brin sur la réserve et parfois négligent avec ses sentiments mais c'est aussi sa façon à lui de lui prouver qu'il est là pour elle. Ne pas trop s'attacher, c'est savoir garder une distance qui lui permettra de préserver une vision juste des choses.
A trop laisser le coeur parler, on devient forcément con. Son père le lui disait souvent, surtout lorsqu'il s'engueulait avec leur mère et qu'Alto le suivait jusqu'au fin fond de la campagne pour l'écouter ruminer. Jamais il n'aurait su se détacher d'elle pourtant. Il avait beau jouer de sa fierté, en mourant, leur mère a aussi emporté avec elle la raison de vivre de leur père.
Peut-être est-ce aussi pour cela qu'aujourd'hui Alto monte des remparts si solides contre le monde extérieur.

En l'entendant toquer à la porte, Alto quitte la cuisine pour aller l'ouvrir. Un léger sourire se dessine sur ses lèvres. Hey. Avant de se décaler du cadran pour la laisser entrer dans son appartement puant la clope malgré les fenêtres qu'il a laissé ouvertes de longues heures pour tenter de chasser l'odeur du tabac froid. Sa large stature suit celle d'Aaliya jusqu'au salon où des verres et quelques bouteilles les attendent, avec ou sans alcool. Il ne sait jamais ce qu'elle préfère boire même depuis le temps. Vazy installe-toi. Alors que lui prend place sur le rocking chair vieux comme le monde de la famille. Lui aussi vient d'Arizona, tous les gosses avaient fait un caprice pour le ramener ici dans le Bronx. La chaise craque sous son poids alors qu'il plante son regard vers son amie, juste le temps pour lui de vérifier si tout va bien -physiquement-. Pas de trace sur son visage, pas de signe de violence à son égard. Aucun type à qui il voudrait potentiellement refaire le portrait. Alto n'a jamais vu pire terre que cette ville pour maltraiter les femmes. Dans leur petite bourgade, elles étaient si bien traitées qu'aucun homme ne savait vivre sans elles. Ça fait un bout d'temps que t'es plus passé au Saloon. Une façon détournée de lui dire qu'il était inquiet, de lui faire remarquer qu'elle manque au milieu des visages de toutes ces brutes. T'as raté Jerry au micro la dernière fois. Il chantait walk the line. Accompagné d'un rire. Le vieux Jerry qui tombe un peu trop dans la bibine ces derniers temps depuis que sa femme l'a quitté. Un bon bougre capable de tout un tas de conneries lorsqu'il est saoul. Aaliya et Alto ont déjà eu quelques conversations avec lui sur ses théories concernant la vie après la mort ; toutes aussi farfelues les unes que les autres.


(how much longer i gonna hold my breath.) she’s my other half, my flash, my blood. i would sail along her body, marry her meanders. i would be swept away transported beyond the lakes, over the forest – and nothing and no one would stop us.
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MessageSujet : Re: Wish that you were here. | Aaliya    Wish that you were here. | Aaliya  EmptySam 10 Nov - 20:44
Aaliya Abelson
Aaliya Abelson
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Wish that you were here.OCTOBER 2018
The Old Lady, New-York City

Dans la petite pièce réservée aux employés, Aaliya ferme son sac à la hâte avant de s’emparer de son trench-coat sombre, impatiente et le cœur léger, l’esprit déjà ailleurs, tourné vers des heures meilleures. Son regard dévie un instant sur la table où s’amoncelle quelques sacs à mains, une théière entourée d’un florilège de tasses de toutes les couleurs et tailles accompagnées de sachets de thé. Et sa paire de gants qui traine non loin. Elle s’en saisit rapidement pour les enfiler en se promettant de ne plus les laisser sortir de ses poches (où ils devraient être, en temps normal) et attrape son sac à la volée, ses pas la guidant promptement vers la sortie. Dans son empressement, elle manque de percuter l’une de ses collègues  qui se faufile par l’encadrement de la porte ouverte, et s’excuse aussitôt.
« Wow, hey, tu vas où comme ça ? » rit Clara en promenant un regard intrigué sur la tenue de la brune –comme si cela allait l’aider à répondre à sa question.
Elle n’a pas pris le temps de se changer –elle le fera chez elle, si elle ne prend pas trop de retard, ce qui n’est pas gagné si elle en croit les aiguilles de sa montre auxquelles ses yeux ne cessent de revenir. Répondant vaguement, elle s’empresse de saluer sa collègue avec l’idée de s’esquiver au plus vite vers la bouche de métro la plus proche, modérant sa hâte lorsqu’elle passe le bureau du patron. Et elle ne peut s’empêcher de lui adresser un dernier signe de main enjoué lorsque l’autre femme lui lance que son rendez-vous doit être sacrément important, parce qu’elle ne l’a jamais vu sourire ainsi. Aussi librement.
Si elle savait à quel point elle a raison.
Et le sourire d’Aaliya ne la quitte pas tout au long du trajet, insensible à l’ambiance morose et triste qui hante des transports en commun, les rues grouillant de monde.

Une douche, un jean et un chemisier enfilés plus tard –tenue confortable qui jure presque avec les talons vermeils qui ne savent quitter ses pieds-, elle redescend les escaliers qu’elle a monté à peine une demi-heure plus tôt, son trench plié dans les bras, un Tupperware par-dessus. Elle sent les pointes encore un peu humides de ses cheveux piquer ses reins mais déjà elle parvient au bon étage. Eprise d’une joie innocente, insouciante, d’une impatience ingénue, elle n’a franchement pas envie de retarder les retrouvailles pour une histoire de cheveux tressés. Equilibre fragile du maintien des apparences si importantes au travail (quand elle sert les clients tout comme lorsqu’elle vend ses charmes sur les trottoirs tristes, affamés de larmes) et ailleurs, et qui pourtant perdent tout leur sens dans certains regards. Dans ceux d’Alto, surtout. Elle ne peut s’empêcher d’y prêter un soin particulier, un peu par envie, surtout par besoin –les habits, le maquillage, tout n’est qu’un déguisement de plus pour parfaire le personnage- lorsqu’elle pose un pied dehors. C’est comme un réflexe ; une habitude si profondément ancrée qu’elle peine férocement à s’en détacher, même lorsqu’il s’agit de choses banales comme faire les courses par exemple, où il est pourtant clair que personne n’y fera attention. Ces retrouvailles n’y dérogent malheureusement pas, et rendent la manœuvre d’autant plus complexe et sournoise qu’elle sait bien le climat de confiance et de décontraction qui s’étend naturellement entre eux, comme s’il avait toujours été là. Elle ne doit certainement pas lui apparaître dans les vêtements dont elle se pare comme d’une armure une fois que la nuit enveloppe les trottoirs, elle ne peut pas non plus prendre la tendance complètement inverse ; la logique voudrait qu’elle n’y réfléchisse pas, mais la réalité exigeante se trouve être bien différente. Et la réalité, c’est qu’elle n’a pas à plaire ce soir, et pourtant, elle ne peut combattre le besoin de bien paraître, de s’accorder aux circonstances, à cette première fois où elle est invitée dans l’appartement qu’Alto partage avec ses frères. Soignée mais décontractée ; élégante mais pas trop. Juste naturelle –et c’est le plus compliqué, dans le fond.
Et c’est peut-être un peu pour toutes ces raisons qu’elle renonce à nouer ses cheveux –ça, et sa hâte  brûlante de le retrouver. Cela ne fait que trop longtemps qu’elle ne s’est pas rendue à la Casa, habituel théâtre de leurs retrouvailles, et si l’atmosphère si particulière de l’endroit lui manque, sa chaleur et ses habitués, son éternelle cacophonie de rires et de voix, de musique country et des notes plus sensuelles qui embellissent les danseuses, c’est surtout pour lui qu’elle y vient. Et c’est pour lui qu’elle y revient. Alors cet appel, quelques jours plus tôt, c’était une opportunité qu’elle n’allait pas manquer. Elle s’était arrangée avec ses collègues pour inter-changer leurs services, avait cuisiné la veille en rentrant tard dans la nuit, réticente à venir sans rien apporter en dépit de son invitation à ne le pas le faire. Juste portée par le sentiment si enivrant de vivre qu’il savait lui insuffler par sa seule présence, qu’elle soit aussi tangible que lorsqu’ils se trouvaient tous deux de chaque côté du comptoir du saloon à échanger paroles ou silences confortables, ou bien plus évasive, à travers un appel ou un message. Et elle n’a pas envie de creuser le pourquoi du comment, de se torturer pour essayer de saisir les raisons derrière les sentiments qui étreignent ses lèvres en un sourire solaire lorsque la porte s’ouvre sur la haute silhouette d’Alto, lorsqu’elle retrouve la douceur de sa présence, son charisme mêlant si étroitement un calme olympien et la certitude implacable qu’il couve une violence bien à lui.
« Hey, ça fait plaisir de te voir. » le salue-t-elle avec chaleur, le regard enlaçant aussitôt le sien.
Ses premiers pas à l’intérieur se parent d’une lenteur curieuse alors qu’elle promène ses prunelles partout, comme pour s’imprégner de l’atmosphère, se familiariser avec l’endroit marqué de la présence d’Alto et de ceux de son sang, qui lui rappelle de façon diffuse le saloon. Ses iris glissent sur le bois des meubles parés de rares cadres photo, s’esquivent sur la table encombrée de quelques bouteilles, effleurent le cuir un peu usé des canapés.
« J’ai apporté le dessert. » émet-elle d’un ton léger, presque complice.
L’odeur de tabac froid lui heurte les sens, indéniablement présente –elle sait qu’elle finira par ne plus la sentir, ce n’est qu’une question d’habitude- et se calant sur l’ombre de sa présence qu’elle sent dans son dos, elle prend place à son invitation, abandonnant son long manteau sur le dossier du canapé avec son sac à main, puis posant le gâteau sur la table.
« Merci. »
Elle ne peut contrôler le sourire un peu attendri qui étire ses lippes lorsqu’elle le voit préférer le confort du rocking-chair qui grince un peu, comme sorti d’un autre monde, volé à une autre époque. Puis elle sent ses prunelles si bleues qui la détaillent –mais ce n’est pas ces regards sales auxquels elle est bien plus habituée, ou ceux dégueulant de pitié, ces regards qu’elle se doit d’encaisser sans rien ressentir (ou presque). C’est plus protecteur, bienveillant ; inquiet aussi, un peu. A la recherche de signes qu’il ne trouvera pas ce soir, les ecchymoses bien cachés au creux de l’âme avec les cicatrices tailladées par les mains innombrables qui s’approprient sa chair pour une nuit et la marquent pour la vie. Elle lui adresse un regard serti d’un sourire plus timide qui se veut rassurant, puis la culpabilité s’immisce sur ses traits lorsqu’il mentionne les longues semaines passées sans une visite, qu’il apaise pourtant d’une touchante anecdote et d’un rire sincère. Des notes qui sonnent justes, vraies, et qui lui ont bien trop manqué.
Alto est brut d’authenticité ; c’est quelque chose qu’elle a toujours ressenti comme étant intimement sécurisant, qu’elle retrouve en touches plus ou moins discrètes dans ces endroits qu’il a su transformer par sa présence –le saloon, cet appartement.
« Ça devait être quelque chose, concède-t-elle de bon cœur, regrettant de ne pas avoir été là pour assister aux performances du vieux Jerry, comme ils le surnomment souvent. Je me souviendrai longtemps de sa version bien à lui de When the man comes around. » ajoute-t-elle, la voix éprise d’une douce nostalgie.
Paroles légèrement modifiées sous l’effet enivrant de l’alcool un soir d’Avril, ce chef-d’œuvre avait connu des jours meilleurs entre les lèvres du vieil homme au caractère un peu bourru mais si attachant.
« Sa femme n’est pas revenue ? » s’enquiert-elle par réflexe.
Prendre des nouvelles des habitués, c’est un peu sa façon de rattraper le temps perdu, le temps qui s’est envolé, faufilé entre leurs doigts, échappé, disparu. Le temps qu’elle sait si précieux, et pourtant trop souvent négligé.  La Casa occupe une place centrale dans le quotidien d’Alto –et autour d’elle, c’est toute sa famille (ou presque, elle n’en sait pas plus) qui gravite-, et quelque part, s’inquiéter du sort du saloon, c’est un peu s’inquiéter pour eux, pour lui.
« Les affaires vont bien ? »

Son dos s’appuie un peu plus confortablement contre le dossier, et ses muscles se détendent peu à peu, oublient la journée de travail éreintante qui lui alourdit les jambes. Mais il y a ce besoin qui lui dévore les entrailles, qui s’immisce dans les mailles de son esprit, guide ses prunelles contre celles, si claires, de l’homme pour les enlacer avec douceur –celui de lui expliquer son absence. Il n’y a jamais eu de promesses de garder contact, de pacte pour sceller des retrouvailles régulières. Il n’y a jamais eu que la danse de ses allées et venues aléatoires au saloon pour les réunir ; parfois le hasard de rencontres en dehors des murs protecteurs et familiers. De la même façon qu’il ne lui dira sûrement pas qu’elle lui a manqué (elle ose penser que c’est ce qu’elle a entendu, derrière ses mots, dissimulés dans leurs secrets), il ne se prononcera pas non plus sur les inquiétudes que son silence a pu susciter. Ce sont des mots qu’Aaliya ne s’attend pas à percevoir sauf peut-être derrière d’autres, et elle n’en ressent aucune déception ; elle les accepte ainsi, à présent familière avec cette touchante pudeur qui le caractérise. Ce sont des mots qu’elle pense un peu trop souvent quand le temps se distend entre les moments où ils se retrouvent, quand le quotidien lui laisse un répit pour songer, quand la nuit se referme sur son corps qui chavire au gré des inspirations de la vie et qu’elle se surprend à rêver.
Elle s’est promis, en posant un pied à New-York, de ne plus s’attacher, de ne plus jamais avoir besoin d’un autre.
Alto constitue l’incarnation même de son échec fracassant –et pourtant, elle ose croire, espérer, qu’elle ne le regrettera pas. Pas avec lui.
Pas alors qu’il est sûrement le seul être avec lequel elle sent assez en confiance pour abaisser sa garde, abandonner les sourires qui dissimulent de plus en plus mal ses ombres. Dans cette vie qui perd trop souvent de son sens à ses yeux perdus.
« Je pense partir quelques jours à Louisville, en Décembre si possible, avance-t-elle en se redressant, mains nouées sur ses genoux serrés l’un contre l’autre. C’est pour ça que je ne suis pas passée dernièrement, j’ai cumulé les heures supp’ pour mettre de côté. »
Cela fait un moment qu’elle nourrit ce projet –retourner sur les terres de son enfance, rendre visite à la tombe de sa mère. Le danger demeure, mais après trois ans, elle se risque à penser qu’ils ont d’autres chats à fouetter que surveiller une pierre tombale ou le quartier où elle est née. La peur l’a trop longtemps retenue entre ses chaines acides, soumise à l’immobilité ; il est plus que temps qu’elle dise au revoir à celle qui a tout sacrifié pour pouvoir l’amener au monde. Ses doigts s’emparent d’une bière fraîche qu’elle crochète pour la tendre à Alto, reconnaissant une de celles qu’il se sert souvent derrière le comptoir de la Casa.  
« C’est toujours lorsqu’on s’éloigne qu’on se rend compte à quel point quelque chose ou quelqu’un peut nous manquer, poursuit-elle un peu plus timidement, alors qu’elle s’empare d’une autre bière et d’un sirop aux fruits qui traine non loin, s’autorisant ce mélange considéré par beaucoup comme blasphématoire en sa présence. Alors je pense que la prochaine fois, je ne manquerai pas Jerry au micro. »
Elle viendra plus souvent –parce qu’il lui manque.
La vérité se pare rarement de simplicité lui semble-t-il, mais cette fois-ci, c’est le cas. Et elle n’a plus peur de le penser, elle ne craint plus de ressentir cette petite chaleur déstabilisante mais si attirante : c’est un bonheur éphémère mais intense et réel qu’elle étreint du bout des doigts chaque fois qu’elle ressent sa présence dans sa vie.
Ces moments, écrins fragiles de jolis souvenirs, auxquels elle se raccroche quand elle est submergée par la sensation de perdre pieds.







Sometimes, I think you run away just so someone will come looking for you.
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MessageSujet : Re: Wish that you were here. | Aaliya    Wish that you were here. | Aaliya  EmptyJeu 29 Nov - 14:31
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Le son du rocking-chair, la chaleur de l'appartement, son odeur de clope et de plats qui mijote encore sur le feu lui donnent la sensation de retourner dans cette maison qu'ils avaient abandonné après la mort de leurs parents. C'est ainsi que huit orphelins s'étaient retrouvés dans la violence du Bronx après avoir côtoyé celle bien plus brute et sauvage de l'Arizona. Il se souvient encore de cette sensation étrange de vivre dans une comédie alors qu'à l'époque déjà, les Sisters étaient considérés comme des guignols. Au final, même aujourd'hui, les acteurs ne sont pas eux. C'est justement parce qu'ils sont si connectés à la réalité et proches de leur environnement qu'on les considère si mal. Difficile pour des personnes n'ayant jamais rien connu d'autre que le béton de se connecter à leur essence la plus profonde. Il est persuadé que des fils invisibles nous relient tous à la terre et que ceux de New-York n'ont seulement jamais su traverser l'épaisse couche des routes et des trottoirs. La maison de son enfance était faite de bois, un magnifique chalet perdu dans l'immensité des montagnes et de la nature. Le sol était fait de terre, tellement poussiéreux que leurs fringues et leurs cheveux en étaient toujours recouverts d'une fine couche. La paume de sa main caresse délicatement le bois du siège qui balance encore un peu alors que son regard reste planté sur Aaliya sans trouver la force de s'en détacher tout de suite. La revoir après ces jours de silence l'aide à se remémorer leurs soirées passées ensemble mais aussi le caractère différent de celle-ci. La douceur de la brune l'apaise et lui fait relâcher la pression. Les nœuds de son corps bien noués lâchent un peu de leur pression sur ses organes tandis qu'il attrape la bière dans un sourire. Merci. Pour le dessert aussi alors qu'il lui avait demandé de ne rien ramener. Bizarrement, une part de lui se doutait qu'elle céderait à la tentation de ne pas venir les mains vides par peur d'abuser de son hospitalité qu'il lui avait proposé avec une douceur évidente.

L'univers du Saloon reste omniprésent car c'est lui qui les a vu naître et prendre en ampleur à chaque visite d'Aaliya entre les cow-boys de la Casa. Son sourire prend un peu plus de douceur sur ses lèvres alors que Jerry ne cesse de traverser son esprit et qu'une part de sa compassion s'en éveille. Cela fait si longtemps que ce type vient chaque semaine les voir qu'il est impossible pour Alto d'y rester insensible. Sa femme, il ne la connaît pas mais pourrait la décrire aux simples récits de son époux. Une grande brune au regard tendre, une excellente cuisinière mais aussi danseuse, une muse de caractère, teintée d'une telle rancœur que le fait qu'elle ne revienne pas semble logique. Je ne pense pas qu'elle reviendra. Jerry a merdé. Qu'il souffle, un peu dépité, profondément déçu pour Jerry qui reste un bon bougre malgré ses nombreux défauts. Quelque part, Alto ne peut s'empêcher de croire qu'il le mérite mais ne peut qu'être de son côté. Après une gorgée de sa bière, Alto redresse son regard sur Aaliya et hausse les épaules. Oh tu sais ... La routine. Gabriel a encore fait des siennes c'te semaine. Parfois j'me dis qu'il finira en taule. Gabriel, son frère le plus fougueux, sa corde sensible. Depuis le temps, même les bagarres les plus violentes restent un quotidien qu'il côtoie et qui ne marque plus son esprit. La seule chose qui le laisse sur le qui-vive reste les filles à qui il tient beaucoup trop pour les laisser se faire avoir par un des clients. Le cow-boy campe sur ses positions malgré l'acception. Une part de lui attend simplement que les choses terminent mal, sachant que concilier clientèle du saloon à celle des filles est une risque à prendre pouvant causer double perte. Pourtant, malgré ses réticences, le respect qu'il porte pour ses frères prime sur tout le reste, quitte à sacrifier le bonheur de quelques danseuses qui de toute façon iraient se prostituer ailleurs, la protection des Sisters en moins.

Oh, Louisville. T'as un programme prévu une fois là-bas ? Sa voix s'égare instinctivement tandis qu'il redresse légèrement son torse pour mieux la fixer, lui faire face mais surtout l'écouter attentivement. La tendresse qui se dégage de cet instant le fait flotter et éloigne les dernières pensées négatives accumulées au cours de la journée. Forcément, Alto ne peut s'empêcher de s'inquiéter pour elle même s'il refoule au plus profond de lui ce besoin de protection qu'il a développé au fil des années, en grande partie pour ses frères. Il se souvient encore de sa crise de colère lorsque Gabriel avait terminé dans un centre pour jeunes difficiles et toute l'énergie qu'il avait mis dans sa vie pour en vouloir à son oncle et sa tante. Aujourd'hui encore, c'est pour cela qu'il lui arrive d'être en froid avec eux ; difficile pour un homme comme Alto de pardonner des personnes coupables de la séparation d'un des Sisters. Les huit hommes sont une unité, une fusion pleine d'agitation à  laquelle il ne faut surtout pas intervenir sous peine de voir leur équilibre se casser la figure en un rien de temps. J'suis certain qu'il sera content de t'offrir sa belle voix. Tu lui as tapé dans l’œil. Adressé d'un sourire taquin lorsqu'on sait qu'Aaliya ne laisse personne indifférent au Saloon quand celle-ci s'y rend. Prudent, il ramène ses doigts à sa bouche, se ronge légèrement l'ongle du pouce avant de revenir sur cette histoire de départ en Décembre. Tu comptes partir seule ? A moins qu'un ami ne l'accompagne ? Ou bien un proche ? La laisser s'en aller comme ça, seule, lui procure une sensation étrange dans le cœur, comme s'il échouait soudainement à son rôle. Il sait déjà qu'il sera le premier à lui envoyer un message pour savoir si le voyage s'est bien passé, si elle est bien arrivée aussi. Sa large stature se redresse finalement pour se dégourdir les jambes, ne pas laisser paraître ce besoin presque fraternel de prendre soin d'elle et se diriger dans la cuisine pour en revenir avec un plat d'amuse-bouche tout en déposant au passage le dessert dans la cuisine. Tiens, j'avais oublié. Et de le poser sur la table basse. Si t'as besoin d'un coup de main quand t'es pas là, pour ton appart ou ton courrier, fin j'suis là quoi. Hésite pas. Avant de reprendre sa place mais aussi sa bière et lui adresser un regard complice malgré ses sourcils froncés et son visage toujours un peu fermé.


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MessageSujet : Re: Wish that you were here. | Aaliya    Wish that you were here. | Aaliya  EmptyDim 23 Déc - 11:09
Aaliya Abelson
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Wish that you were here.OCTOBER 2018
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Le sentiment de sécurité qui l’étreint dès qu’elle passe la porte est d’une tendresse incomparable contre son âme abimée. Il l’enveloppe avec la douceur chaleureuse d’un feu de cheminée ronronnant dans le silence de l’hiver ; il l’enlace dans un geste si attentionné que cela lui évoque le souvenir lointain des bras aimants de sa mère qui serrait son corps d’enfant contre le sien pour la rassurer après un cauchemar particulièrement effrayant. Absolu, presque souverain. Etranger à la moindre forme de violence, familier des rouages sensibles de ses instincts, il s’éveille au sein de sa poitrine pour disperser ses rayons partout en elle, atteindre avec précautions chaque cellule de son corps, chaque recoin de son esprit. Il ne s’impose pas, ne la déstabilise pas, se déploie juste et la possède avec le naturel d’une habitude qui n’en est pas une, dans le fond –parce qu’il n’y a rien de familier dans son quotidien désarticulé, dans sa vie disloquée. Tissé dans les innombrables retrouvailles qui ont précédé celles-ci, brodé dans les paroles, les rires et les regards partagés, la dentelle délicate et pourtant solide d’une amitié qui lui est si précieuse, il prend juste vie alors chacun de ses sens reconnait et apprivoise les sensations douces qui les caressent. Suturé à la chair de son palpitant, il ne cède rien et pourtant apaise sans combattre, sans lever les armes pour assurer sa survie.
Ce ne sont pas tous ces éléments qui lui rappellent le saloon et son atmosphère chaleureuse, gardienne de tant de jolis souvenirs, qui lui inspire cette émotion irrépressible. C’est juste Alto, sa proximité apaisante, si paisible, ses prunelles au ciel si clair.
Aaliya n’a jamais vraiment su si ce ressenti d’une douceur presque envoutante avait toujours été là, fragile et vulnérable puis de plus en plus puissant, prenant timidement avantage de ses vulnérabilités lorsqu’elle avait rencontré le blond –perdue dans une ville qui lui était inconnue, sans passé ni avenir, sans protection et potentiellement recherchée, traquée. Sentiment qui s’était sûrement dissimulé dans le sillage de la confiance qu’elle éprouve, qui n’avait fait que croître alors qu’ils apprenaient à se connaître. Elle avait appris à se méfier d’elle-même, des faiblesses de son cœur surtout –trop d’erreurs, trop de blessures récoltées parce qu’elle avait décidé de se fier aux mauvaises personnes. Mais Alto avait déjoué sa garde avant même qu’elle songe à se défendre.
Sauf que là où d’autres s’étaient appliqués, consciemment ou non, mais avec une minutie douloureuse, à lui faire regretter et payer ce manque terrible de précautions, à la faire rebrousser  chemin dans les méandres cruels de sa défiance, lui n’avait pas levé les armes. Il n’avait pas piétiné sa dignité sans égards, mis à feu et à sang l’organe réfugié, recroquevillé derrière les remparts protecteurs, ces barricades destinées à briser les ennemis mais trop souvent trompées par les masques amicaux des loups affamés.
Il s’était juste assis contre les murs branlants, drapé dans sa pudeur et sa bienveillance, sa poignante authenticité, fidèle à lui-même et à sa touchante humanité.

Le sourire empreint d’une douceur nostalgique qui vogue sur les lèvres d’Alto à la mention du vieux Jerry, témoin discret d’une compassion qui la touche à chaque fois, inspire celui qui se dessine inexorablement sur ses propres lippes. L’homme est l’un des êtres qu’elle associe souvent à leurs moments à la Casa, et sa pensée réveille tant de souvenirs teintés de partage et de rires que lorsqu’ils s’emparent de sa poitrine, la sensation ne la surprend qu’à peine. Instinctivement, elle ne peut s’empêcher de l’interroger à propos de ce personnage un peu rustique, si terre-à-terre et pourtant capable d’une imagination débordante lorsqu’il s’agit de parler de spiritualité, dont la voix rocailleuse, elle l’espère, accompagne encore bien des soirées d’Alto au saloon. La dureté des traits du blond s’altère un peu, son timbre un brin désemparé trahit de façon bien plus saisissante que ses mots le peu d’espoir qu’il nourrit de voir cet habitué retrouver les bras de sa femme. Partagée entre une peine diffuse à la nouvelle et la tendresse qu’elle ne peut s’empêcher d’éprouver pour son ami comme pour le pauvre Jerry au cœur abandonné, délaissé par l’être aimé, elle lui accorde un regard bercé de quelques espoirs bien présents.
« Elle m’est toujours apparue comme une femme entière et fière lorsqu’il nous en parlait. Mais on ne peut pas effacer autant d’années passées à vivre ensemble et s’aimer facilement, même s’il l’a profondément blessée. Elle ne lui reviendra peut-être pas, mais elle pourrait trouver la force de le pardonner. » envisage-t-elle d’un ton doux mais étrangement sûr.
Le pardon. Quelque chose que les cœurs savent offrir en dépit des pluies de blessures infligées –elle n’en a que trop fait l’expérience, et c’est peut-être pour cette raison que les mots s’impriment sur la chair de ses lèvres avec réalisme, et non les illusions d’espoirs fous et inatteignables. Le plus complexe et éprouvant demeure de se pardonner à soi-même, elle en reste intimement persuadée.
Son regard ploie sous une vague d’inquiétude lorsqu’Alto mentionne la routine au saloon, le timbre presque détaché qui se craquèle sensiblement lorsqu’il évoque les frasques de son frère Gabriel. C’est presque imperceptible, mais elle le connait un peu trop pour se laisser avoir par ce qui sonne un peu comme de la résignation –mais surtout, elle a de nombreuses fois ressenti la force de l’affection qui lie les frères Sisters. Peut-être parce qu’elle a petit à petit appris à voir au-delà de la pudeur d’Alto qui en révèle si peu sur ce qu’il peut ressentir –que ce soit par son langage corporel ou ses mots- et qu’en développant cette sensibilité particulière vis-à-vis de lui, cela lui a révélé l’évidence de l’amour qu’il nourrit envers chaque membre de sa fratrie. En les observant évoluer ensemble depuis le comptoir de la Casa, la brune se souvient s’être parfois demandé ce que cela faisait, d’être ainsi entouré par ceux de son sang, d’avoir dans sa vie ces personnes sur qui l’on peut compter et qui comptent tout autant sur vous, elle qui n’a jamais connu que l’amour d’une mère –et c’est déjà tant, elle a fini par le comprendre-, sa vision de la famille à jamais façonnée à travers ce prisme. Les responsabilités, l’affection ; la présence aussi. La solidité des liens du sang. Inconsciemment, Aaliya se redresse un peu, se penche légèrement dans sa direction, regrette de ne pas être plus proche pour tenter de lui communiquer un peu de réconfort à travers un geste –alors à défaut, elle essaye de lui offrir un peu de sa douceur en l’enlaçant de son regard. Elle se rappelle de Gabriel, de l’ardeur farouche de ses regards, de l’impétuosité de sa verve et de son attitude lorsque l’alcool faisait loi. La fougue de la vie cristallisée en un seul être ; c’est l’impression qu’il lui renvoie à chaque fois qu’elle le croise au saloon,  sentiment qui évoluerait sûrement si elle osait apprendre à le connaître.
Difficile d’ignorer les préoccupations qui se dissimulent derrière ces quelques mots, cette hypothèse d’un atterrissage en prison si le frère ne s’apaise pas un peu.
« Tu l’as peut-être déjà fait, suppose-t-elle timidement, peu désireuse de s’immiscer entre les deux frères ou de prétendre qu’elle sait mieux que lui comment il faudrait réagir alors que ce n’est pas le cas, mais elle se retrouve incapable de le laisser seul face à cette perspective douloureuse qu’il semble envisager comme une potentielle réalité, mais peut-être que tu pourrais lui en parler ? Il ne se rend peut-être pas bien compte de la gravité que peuvent avoir les conséquences de ses actes. »
Elle ne connait pas vraiment Gabriel, ne sait pas si Alto serait le plus à même, parmi ses frères, de l’atteindre ; elle ne peut se contenter que d’hypothèses pour essayer de lui faire entrevoir un début de solution, impuissante à apaiser ce qui le préoccupe.
C’est un peu la rançon de l’amour : cette inquiétude pour les autres qui demeure et finit par creuser les sillons des tourments sur le myocarde.
Dans la douceur du moment, elle apaise un peu les affres de sa propre culpabilité en lui révélant les raisons de ses absences répétées, et l’inquiétude mêlée de surprise qui se révèle à peine derrière la dureté des traits du cowboy lui arrache un sourire bienveillant et tendre, si spontané qu’il embrase ses iris. Les motivations qui la poussent à retourner sur les terres de son enfance ne résonnent pas du chant de l’allégresse. Elle n’y retourne pas pour y passer quelques jours de vacances, pourtant, le sentiment qui lui mord le cœur à chaque fois qu’elle y songe a une saveur aigre-douce. L’impatience qui s’entredéchire avec l’angoisse de retrouver ces lieux qu’elle a laissés derrière elle, où vivent encore tant de ses plus beaux souvenirs ; la tristesse qui se dispute violement avec la joie d’embrasser à nouveau ses racines.
Emotions qui s’emmêlent, que son expression trahit avec violence sous l’attention caressante du regard ciel posé sur elle –une sincérité qu’elle n’est habituée à offrir à aucun autre que lui.
« C’est là où j’ai grandi, précise-t-elle doucement, malgré tout consciente des vérités qu’elle doit  manipuler pour ne pas heurter l’intégrité de l’identité qu’elle a adoptée, mais comme toujours encouragée, en sa présence, à lui offrir ce qui se rapproche le plus de la réalité –née à L.A. annonce son permis, cela n’implique pas d’y avoir vécu jusqu’à son arrivée à NYC. Ma mère repose là-bas, et cela fait longtemps que je ne l’ai pas visitée… »
La douleur, devenue un peu plus ténue avec les années, mais bien trop familière avec la culpabilité étouffante, lui étrangle la gorge. Elle n’a jamais rendu hommage à sa mère sur sa sépulture, mais lui expliquer cela entrainerait bien d’autres questions auxquelles elle ne peut répondre et aussi égoïste que cela soit, elle n’a pas envie de lui mentir plus qu’elle ne le fait déjà.
« J’irai certainement voir quelques courses à Churchill Downs, qui est un hippodrome magnifique, concède-t-elle avec un sourire pétillant d’émotions plus joyeuses, et visiter quelques anciens amis. Peut-être faire une balade à cheval dans mon ancien club si c’est possible, puis il sera déjà temps de rentrer. Tu es déjà allé dans le Kentucky ? »
S’ils viennent tous deux d’un état dont l’histoire est liée, d’une façon ou d’une autre, aux chevaux, Alto vient de terres plus sauvages et arides, capables d’offrir autant qu’elles peuvent prendre.
C’est un point commun presque insignifiant de leurs histoires qui l’a toujours touchée.
Les mots taquins mais si complices font naître un rire sur ses lèvres qui voyage jusque dans ses yeux, puis elle esquisse une moue tendre à la pensée d’un Jerry chantant à nouveau Cash pour embellir un peu plus leurs soirées au Saloon.
« Il sait comment y faire avec les femmes. » reconnait-elle d’un ton léger en portant sa bière artisanalement aromatisée à ses lippes.
La question qu’il lui offre ensuite parvient encore à la surprendre –l’inquiétude qui s’y dissimule l’ébranle toujours, avec le temps, elle pourrait s’y être habituée en sa présence, mais elle peine encore à y croire. A prendre mesure de la façon dont il fracasse sa solitude de sa simple présence dans vie, incarnation de l’une des relations les plus saines qu’elle ait eues depuis bien longtemps.
« Je pense oui. » acquiesce-t-elle, un peu pensive et incertaine, parce qu’elle a malgré tout envisagé d’autres possibilités concernant cette petite escapade.
Parfois, certains aspects de cette amitié lui échappent, noyés dans les faux-semblants qui ont été et sont encore en partie son quotidien. Si cela fait un moment qu’elle a compris et accepté l’intensité avec laquelle il compte pour elle, cela la bouleverse toujours un peu d’en percevoir la timide réciprocité dans l’attitude d’Alto à son égard. Une part d’elle ne désire pas s’y habituer –ce chamboulement qui murmure de belles émotions à son cœur en dépit de leur violence la rappelle à une humanité qui lui semble de plus en plus immatérielle entre ses doigts.

Alors qu’il s’esquive vers la cuisine, elle se demande un instant si elle devrait lui confier son projet initial, qui était de lui proposer de l’accompagner. C’était prendre le risque que son véritable prénom se retrouve lâché dans une conversation à un moment ou un autre –ou qu’une connaissance de la famille évoque son départ précipité, son absence convertie en années, même à l’enterrement de sa mère. Elle ne désire pas exposer Alto aux dangers de ces révélations criblées de ressentiments et de rancœurs, de culpabilité et d’incompréhension, autant parce qu’elle préférerait l’en protéger que préserver ce qu’ils partagent.
Mais il est le premier –et le seul, avec Elinor, qu’elle ne voit plus aujourd’hui- avec qui elle aurait aimé partagé ce road-trip down memory lane.
« Respire Alto, le taquine-t-elle gentiment lorsqu’il rapporte les amuse-bouches, on n’est pas sur Dinner Takes All. »
Ses mots emplis d’une poignante attention la font sourire de nouveau, lèvres éprises de douceur en miroir au regard chaleureux qu’il lui accorde et qu’elle lui rend avec plaisir.
« C’est gentil, merci, prononce-t-elle, les mots un peu plus timides mais éclatants de vérité qui trahissent un peu trop la façon dont il la touche,l’atteint, sans même certainement s’en rendre compte. A vrai dire, poursuit-elle après un court silence, je pensais te proposer de m’accompagner. Je sais que tu as beaucoup de responsabilités ici, que je te demande ça un peu tard ; il y a également ton anniversaire début Décembre, mais j’envisageais de partir après bien sûr, la date n’est pas vraiment fixée, et… Enfin, voilà, s’arrête-t-elle, maladroite, avant que son sourire ne se meurt un peu sur ses lèvres, son regard brûlant d’affection arrimé au bleu des prunelles du blond. Ça me ferait plaisir que tu viennes, mais je comprendrais que tu ne puisses pas. »
Bien sûr que cela la toucherait beaucoup qu’il l’accompagne –une part inavouable d’elle craint profondément ce retour, et elle sait que sa présence la rassurerait, même si ce n’est qu’une raison bien fragile par rapport à celles qui motivent son envie de l’avoir à ses côtés pour ces quelques jours loin de New-York.
Loin des clients et du bitume assoiffé de larmes, de cette misère qui étouffe les rues.
Mais cela signifie aussi loin du saloon et de son ambiance importée de l’ouest américain, loin du reste des Sisters, pour lui.







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MessageSujet : Re: Wish that you were here. | Aaliya    Wish that you were here. | Aaliya  EmptyDim 30 Déc - 23:36
Alto Sisters
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Alto est bien trop protecteur envers ceux qu'il aime pour laisser partir Aaliya sans se poser de questions. La jeune femme est un de ses points faibles, une continuation de son âme qui lui apporte tellement de sentiments positifs qu'il sait déjà que la savoir loin de lui le poussera à l'inquiétude. Même s'ils ne se voient pas tous les jours, qu'il leur arrive parfois de laisser de nombreux jours sous silence, être séparé d'elle par autre chose que le Bronx l'empêche d'être réellement heureux de la voir prendre une pause loin de ces rues sales et insignifiantes. Il écoute alors malgré les inquiétudes de son cœur solide les paroles de son amie, la ville de son enfance, sa mère, le sourire et la tendresse qui se dégage de ses mots mais aussi cette pointe, légèrement mélancolique, propre à toutes nostalgies. Il lui adresse un sourire, se calme un peu à sa taquinerie et reprend correctement place dans son siège en prenant soin de ne pas fumer une énième clope. Alto tente tant bien que mal de calmer la cadence, d'occuper ses cinq doigts par autre chose qu'un bâton de nicotine.

Imaginer Aaliya dans son élément, perchée sur un cheval le temps d'une balade est une vision qui l'apaise. Dans une autre vie, il se dit qu'ils pourraient certainement être deux cavaliers traversant les paysages et les horizons. Il la voit facilement, porter un chapeau, les cheveux au vent dans une chemise en flanelle comme lui le faisait lorsqu'il était adolescent et que sa mère était en tête de troupe. Leurs dimanches en famille se ressemblaient souvent, sentaient la bête mais dégageaient aussi un élan de chaleur familiale qui lui manque parfois aujourd'hui. Si ses frères sont rayonnants, il reste des manques que l'on ne peut combler. Le sourire de leur mère était d'une tendresse que rien ne peut remplacer. Le coeur tremblant de souvenirs, Alto lui adresse un sourire, ne pense même plus à boire ou se goinfrer comme il le fait lorsque le temps ne passe pas assez vite. Aaliya le berce de sentiments tendres capables de réduire légèrement ses mauvaises habitudes. Elle reste dans ce milieu hostile l'une de ses rares amies, certainement la seule lorsqu'il y pense. Aisling est déjà à un autre niveau parce qu'il est un homme et que cela éveille chez Alto des sentiments qui le forgent à rester fort en toutes circonstances. Leur lien est plus subtil. Les Sisters sont les premiers à ignorer son attachement pour la jeune-femme et cet instinct de protection qu'elle éveille chez lui.

J'ai pas vu grand chose dans ma vie finalement. Qu'il souligne. Ses parents et sa famille en général étaient très attachés à l'Arizona et plus particulièrement la petite ville dans laquelle ils progressaient. Ce n'était pas seulement leur vie qui se concentrait là-bas mais aussi leur passé, toutes leurs racines, leur amour, leur futur jusqu'à leur tombe. Alto et ses frères ne sont que des orphelins dans le Bronx, tout leur héritage reste combiné sur une terre qu'ils ne fouleront certainement plus jamais malgré leur désir commun d'y retourner tôt au tard. Ses responsabilités au Saloon prennent aujourd'hui beaucoup de place dans le quotidien d'Alto pour pouvoir s'en détacher réellement, quitte à passer à côté de tout, quitte à s'oublier, laisser pour cet établissement ce qui le construirait réellement. Le cowboy est coincé dans un schéma de violence qui lui correspond autant qu'il le rebute. S'il n'était pas si féroce, certainement qu'Alto aurait aujourd'hui sa famille et une vie paisible. Peut-être aussi comprendrait-il petit à petit qu'il n'est pas fait pour cela : un quotidien simple, loin de la noirceur du Bronx et des magouilles. Peut-être en viendrait-il à en vouloir à sa femme et ses enfants de lui avoir imposés des chaînes. Peut-être serait-il simplement heureux. Tu sais ce qu'on dit des cowboys, ils n'voient pas plus loin que leur monture. Eux qui n'en ont même plus à l'heure actuelle. Le Bronx ne lui offre pas comme l'Arizona la possibilité de se perdre dans de grands étendus de nature. Le béton l'étouffe, lui salit les poumons mais aussi le crâne. Il a parfois la sensation de devenir aussi froid que les immeubles tagués tout autour d'eux. Pourtant, ce soir, dans le regard d'Aaliya subsiste une lueur plus douce.

Je crois que si je ne prends pas rapidement un break je vais finir par perdre les pédales. Il dit cela pour la rassurer sur ses responsabilités au saloon mais aussi pour Gabriel. Ne pas le voir de quelques temps, être loin de lui l'aiderait à se remettre un peu sur ses jambes, ne pas plonger dans des inquiétudes sans fond à son sujet. Quelque part, Alto sait très bien que toutes les discussions ou coups de poings dans la tête ne suffiront pas à calmer les nerfs de son frère. S'il ne le dit pas à Aaliya, ce doit être pour éviter de la blesser, de lui faire croire qu'il la pense trop naïve. Enchaîner sur leur possible départ lui donne du baume au cœur alors qu'il plante ses pupilles bienveillantes sur elle. Ça me ferait plaisir de t'accompagner. Dans un sourire calme, loin de la bête que les cowboys peuvent connaître concernant Alto. Surtout si tu me promets une balade à cheval. La dernière fois que j'en ai fait ... j'pense que ça date d'un festival country dont je sais plus le nom. Le bal des pseudo cowboys. Vieille habitude de cowboy de trouver les autres toujours moins biens que soi. Entretenir la fibre western est une longue entreprise que chacun prend très à cœur.

Non sérieusement. J'pense que le saloon devrait pouvoir se passer de ma présence ici. Il marque une pause, boit une gorgée d'alcool avant de reprendre, plus sérieux et enjoué. Je te suis. Alto se sent prêt à la suivre, affronter les souvenirs de sa mère, le regard de ses amis, l'engouement des courses, la tendresse d'une balade à cheval, de nouveaux échanges autour d'un verre ou deux sans l'emprunte sale du Bronx sur leur âme. Il y a d'autres choses que je dois savoir concernant ce retour aux sources ? Aucun Homme ne retourne au creux de ses souvenirs sans arrières pensées. Du moins, c'est ce qu'il croit.


(how much longer i gonna hold my breath.) she’s my other half, my flash, my blood. i would sail along her body, marry her meanders. i would be swept away transported beyond the lakes, over the forest – and nothing and no one would stop us.
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MessageSujet : Re: Wish that you were here. | Aaliya    Wish that you were here. | Aaliya  EmptyJeu 25 Avr - 16:56
Aaliya Abelson
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Wish that you were here.OCTOBER 2018
The Old Lady, New-York City

Ce voyage, cela fait des mois qu’elle l’envisage un peu plus sérieusement, mais des années qu’elle en rêve. Songe qui n’a jamais cessé de la hanter (la tourmenter) alors que les années sous l’égide de la CIA s’accumulaient dangereusement, alors qu’elle se sentait peu à peu couler, disparaitre derrière les yeux d’une autre. Les souvenirs qu’elle n’arrivait plus à retenir contre son cœur, les visages qui se ternissaient dans sa mémoire, s’effaçaient petit à petit comme des photos jaunies et cornées sous les assauts impitoyables du temps et de la distance. Les moments de douceur partagés avec Lilija, mais surtout ceux plein de tendresse et de bonheur qu’elle préservait de sa mère, et qui prenaient l’eau, se noyaient lentement dans un oubli terrifiant. Son sourire usé mais toujours solaire (le même qu’Aaliya) ; son visage un peu fatigué par la maladie mais la force écrasante qui sommeillait dans ses prunelles forêt. Les notes de sa voix brodée d’affection. Ses préférences parmi les épices importées d’Inde, sa façon de manifester son mécontentement en plissant les yeux, les lueurs d’inquiétude qui se refusaient à déserter ses iris dès qu’elle la voyait monter à cheval. Sa détermination inébranlable. L’étreinte chaleureuse et réconfortante de sa présence. Réminiscences qui cédaient sous le poids du silence, se débattaient furieusement pour demeurer, nourries à grandes doses d’amour mais aussi d’espoirs (puis de désespoir) et de culpabilité.
La brune se raccroche aux sentiments doux qui imprègnent le ciel des prunelles d’Alto pour ne pas sombrer dans les obscurités douloureuses de la mélancolie. Ses doigts se portent par réflexe sur son avant-bras, le tissu clair de son chemisier qui tente de dissimuler l’encre sur sa peau, les prénoms et les événements qui se taisent derrière les lignes et déliés colorés –autant de tatouages qui murmurent son histoire. Son sourire se fait plus tendre mais s’éprend également d’une force tiraillée de nostalgie quand il laisse entendre qu’il n’a pas beaucoup voyagé (sa référence aux cowboys lui donne envie de lui confier qu’elle aurait tout donné pour cette vie-là –un cheval, un stetson et les étendues arides d’une Arizona sauvage), avant que les alizées de l’inquiétude n’embrassent à nouveau sa poitrine lorsqu’il lui avoue penser qu’une pause lui serait peut-être nécessaire. Il lui semble un peu plus vieux soudainement, alors même qu’il se tient toujours aussi solide et inébranlable sous ses yeux, que sa voix se veut pourtant rassurante ; c’est un épuisement insidieux et complexe qui s’insinue entre les intonations graves de son timbre, murmures d’une âme sur laquelle pèsent peut-être un peu trop de tourments.
Fuir n’a rien d’une solution –Aaliya s’y connait bien, en fuite, et elle sait que ce qui harasse le cowboy courra toujours plus vite que lui- mais s’autoriser un moment pour souffler, loin de tout ce qui le rattache à ses frères et au saloon, peut-être que cela l’aidera à se ressourcer un peu, consolider ses résistances. Et cela la motive un peu plus à s’exposer à un potentiel refus lorsqu’elle lui propose de l’accompagner sur les terres de sa ville natale. Elle espère qu’il accepte, même s’il existe un nombre important de raisons qui pourraient le retenir ici ; elle a envie qu’il vienne, pour lui, pour elle, pour découvrir autre chose que ces plaines stériles de bitume qui finiront certainement par tout leur arracher. Elle ne désire personne d’autre à ses côtés pour ce voyage qu’elle pressent riche en émotions –qu’elles soient belles et radieuses comme plus tristes et douloureuses-, qu’elle appréhende autant qu’elle le veut. Elle se sent un peu plus courageuse lorsqu’il se trouve tout près  (ou moins lâche, c’est sûrement cela), lorsqu’elle se sent exister dans son regard clair, sous la caresse chaleureuse de son amitié. Il n’en a certainement pas conscience (comment pourrait-il, alors qu’il ne sait pas grand-chose des circonstances qui l’ont menée jusqu’à New-York, ou même de sa vie avant cela, alors qu’elle n’a partagé que le plus beau avec lui ?), mais il lui inspire un sentiment de sécurité qui la rend plus assurée, repousse les craintes qui l’enferment trop souvent, et enraye les mécanismes internes qui finissent toujours par la faire décamper.
Lorsqu’elle se laisse aller à la bienveillance réconfortante qui berce le bleu de ses prunelles, elle se met bêtement à espérer qu’il dise oui –son cœur s’emballe, ses iris se font un peu plus intenses contre celles du blond. Espoirs qu’il embrase de quelques mots et aussitôt, c’est un véritable soleil qui s’éprend des lèvres d’Aaliya, transforme tout son visage de ses rayons éclatants.
« Je me doutais que c’était un argument qui pouvait te faire flancher, plaisante-t-elle avec légèreté et un rire sincère lorsqu’il mentionne la balade à cheval. Il faudrait que je t’emmène au centre où je monte, une prochaine fois, reprend-t-elle, un peu plus sérieuse. Pas sûre qu’ils te laissent monter si tu n’as qu’un stetson sur la tête, mais il y a des coins intéressants à découvrir en balades, qu’on ne soupçonnerait pas à une heure à peine d’ici. »  
Elle peine à imaginer une vie où les chevaux ne tiennent pas au minimum un rôle secondaire. Leur contact et leur présence dans son existence est un besoin constant –elle n’a pas forcément besoin de monter pour être heureuse, juste leur proximité suffit à son cœur passionné.
Cela lui rappelle les récits d’Alto sur la place que ces animaux tenaient dans sa vie et celles de ses frères avant qu’ils ne quittent leurs terres. Les longues heures à échanger à ce propos. Une existence peut-être pas moins douce que celle qu’il a aujourd’hui, mais bien plus proche de ses racines et de ce qui le constitue.
« Merci. »

Son ton respire du plaisir et de la joie qui lui bouleversent le cœur, alors qu’elle porte une nouvelle fois sa bière à ses lèvres. Son sourire chatoie sur ses lippes, ne se ternit pas, même lorsqu’Alto lui demande s’il devrait savoir autre chose à propos de cette escapade dont la réalité devient de plus en plus concrète. Des choses à savoir, il y en a tellement et si peu à la fois, tant qu’elle se doit de cacher, de modifier, et tout autant qu’elle peut lui révéler. Un équilibre frêle dont elle ne peut négliger la précarité, même emportée par le sentiment de bien-être qui grignote à chaque seconde un peu plus ses entrailles.
Avec lui, il lui est toujours trop aisé d’oublier qu’elle n’est qu’un mensonge aux souffles épuisés.
« Il se peut que je profite de ta présence pour faire un peu de rangement dans les affaires que j’ai gardées de ma mère, avoue-t-elle d’une voix hésitant entre amusement et tendre nostalgie. Je n’ai jamais vraiment eu le courage de m’y mettre véritablement avant de partir pour New-York. »
Seule au milieu des souvenirs de sa mère, elle sait qu’elle se serait écroulée –elle se pense trop fragile pour y faire face sans un soutien solide même des années après, parce que les remords, eux, n’ont jamais cessé de tourmenter son cœur (peut-être qu’elle aurait tenu, mais elle n’y croit pas).
Ses sourcils se froncent alors qu’une idée lui traverse brutalement l’esprit.
« On pourrait en faire une espèce de road-trip, réfléchit-elle alors que son enthousiasme reprend tendrement le dessus. Il y a une douzaine d’heures de route. Ça nous ferait voir un peu du pays en passant. Ou c’est trop ambitieux ? » tempère-t-elle en offrant à Alto un regard pétillant.
Un détour vers Philadelphie, un stop à Cincinnati –et pas la même route pour rentrer, ou pas tout à fait. Faire des heures au volant une occasion de découvrir d’autres lieux, de mener leur monture plus loin, alors que Cash résonnerait dans l’habitacle et les accompagnerait jusqu’à leur destination finale.
L’amitié d’Alto lui inspire des rêves qu’elle n’aurait osé broder autour d’aucun autre lien que celui qui les lie.




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