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Aisling Ó Luain
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La Guinness a fini par noyer ses derniers neurones.
C’est la conclusion à laquelle parvient difficilement Aisling alors qu’il s’enfonce dans la cage d’escaliers du Old Lady, pas peu fier d’avoir survécu à l’épreuve de l’ouverture de la porte (quelle idée de mettre des marches devant ce perron aussi ?!). Agrippé à la rambarde comme un noyé à sa bouée parce qu’il sent son équilibre aussi vacillant que des feuilles mortes baladées par la fureur du vent d’automne, il gravit marche après marche avec la lenteur d’un condamné que l’on traine vers la chaise électrique. Ses pensées tournoient dans son crâne, insalissables et sans grand sens, de temps à autres assez claires pour qu’il perçoive encore les raisons qui l’ont guidé jusqu’à l’ivresse ce soir, entouré d’une joyeuse bande d’Irlandais déchainés, whiskey et bières tout droit importés de leur beau pays coulant à flot, délicieuses fées venues butiner les esprits et les entrainer dans une danse interminable que les corps regretteront le lendemain lorsque le mal de tête et l’envie irrépressible de rendre le contenu de l’estomac vide frapperont à la porte de leur conscience.
Le roux déteste, méprise ces moments de lucidité devenus de plus en plus rares au fil de sa longue soirée. Ils lui donnent envie de prendre un autre verre –celui de trop, certainement-, dans l’espoir vain que la brûlure de l’alcool remplace l’étreinte glaciale qui s’exerce autour de son cœur atrophié, ou font crépiter le besoin de frapper quelque chose d’inerte avec ses poings. Cela fait étinceler la colère insatiable au creux de ses entrailles, trop empêtrée dans le désespoir pour le maintenir debout ce soir. Boire n’a jamais rien résolu –et Aisling n’aime pas boire lorsqu’il se sent aussi tourmenté, même si l’alcool semble toujours révéler ses côtés les plus joyeux et embraser son amour pour la vie.
La vérité, c’est qu’il est mauvais lorsqu’il s’agit d’avoir l’alcool triste.
Ses phalanges peinent à le redresser contre le mur qui respire la javel ou quelque chose de tout aussi fort (sûrement devait-il y avoir quelques graffitis à cet endroit un ou deux jours plus tôt, il ne saurait dire, ça tourne trop là-haut). Elles agrippent de nouveau le cylindre fer rassurant qui le mènera au prochain étage, alors que son regard tente de se fixer sur le sommet pour ne pas se perdre sur ses pieds malhabiles. Les traits ravagés d’Isaac s’imposent une nouvelle fois derrière ses paupières fatiguées, se brouillent et se floutent pour se muer  en la bouille adorable de sa sœur la dernière fois qu’il l’a vue sur Skype, il y a à peine trois jours.
Le sentiment de solitude qui le guette depuis des semaines –le départ de Naimh, le retour du militaire- lui retourne l’estomac et s’attaque sauvagement à son cœur vulnérable.
Tout sauf le silence de l’appartement. C’est la seule prière qu’il parvient à formuler au sein du chaos de ses pensées.
Et c’est en partie pour cette raison qu’il se retrouve à frapper doucement (il l’espère) contre la porte d’Hélios, à trois heures de matin, un samedi soir.
Hélios et ses grands sourires offerts sans contreparties, désintéressés, bienveillants.
Hélios et son canapé confortable (assez pour accueillir son corps fracassé par les combats, parfois) sur lequel il a déjà passé bien trop de nuits –d’ailleurs, il avait fait une pause, ces temps-ci.
Hélios et sa présence.
Solide. Tangible. Solaire et pourtant triste.

Il manque de s’étaler à l’intérieur quand enfin le battant contre lequel il s’est appuyé (faute de mieux) s’anime, se rattrape de justesse à la poignée avec un juron en gaélique sur les lèvres. Puis il relève un regard embrumé sur l’hôte de son refuge pour la soirée.
Un semblant de chaleur lui électrise quelque chose à l’intérieur –sa poitrine, son estomac qui tangue, impossible à dire. Il sait juste qu’il ne regrette pas d’être là.
« Salut. »
Prononcé avec  normalité, banalité, comme s’il était tout à fait décent qu’il frappe à sa porte à cette heure plus qu’avancée de la nuit, visiblement enivré (et triste, en plus de ça).
Ce ne serait pas la première fois.
Malheureusement pas la dernière non plus si Hélios n’apprend pas à lui claquer la porte au nez.
« T’aurais un peu de place sur ton canapé ? » demande-t-il presque trop poliment en tentant de glisser un regard vers l’intérieur sans trop perturber son équilibre bancal, par-dessus l’épaule de l’autre homme.
Restes tenaces d’une éducation où on lui a appris à ne pas s’imposer chez les gens.
Même si c’est précisément ce qu’il est en train de faire, alors qu’il tente un sourire ensoleillé à l’adresse du plus vieux. Comme si ce dernier, avec son caractère si intrinsèquement généreux, allait le laisser dehors, sans réelles défenses, à la merci de n’importe qui et n’importe quoi.
A la merci de son propre cœur malade, surtout.








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Hélios Ninos
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Cela fait déjà un moment que l’idée de cette soirée bouillonne en eux. Depuis leur rencontre fortuite au centre de réinsertion, où ils s’étaient tous deux portés volontaires pour la décoration du sapin de Noël, ils n’avaient cessé d’ajouter dans leur chaudron toutes sortes d’ingrédients à haute émotion : de l’intérêt, de la sympathie, une pincée de peur et une bonne dose de désir – le tout laissé à petit feu. Soumis à la loi de l'attraction, le mélange chimique grandissait, débordait et menaçait d’exploser. Afin d'éviter une catastrophe, une prise de décision s'imposait quant à leur relation : il fallait choisir entre bien faire les choses ou tout faire foirer.
Ainsi donc, ce fut un verre dans ce bar dont elle lui avait tant parlé, ce « microcosme de paix, comme un îlot où le temps s’arrête au milieu d’un océan de guerre ». Cette phrase avait impressionné Hélios – le bar lui avait plu d’emblée, mais plus encore, la fille s’était soudainement imposée dans sa vie et avait teinté ses journées d’une attente savoureuse. Lorsqu’il pensait à elle, il avait cette pulsation au ventre, qu’on appelle communément « papillons », et que lui comparait plutôt à une révolution intestinale.
Le bar était à la hauteur de ses attentes – Tania aussi. Tania était même au-dessus du bar, et largement. Tania avait de l’esprit et de la classe, elle était drôle, belle et avait un soupçon de sensualité, ni trop effacé ni trop exacerbé, qui faisait davantage tourner la tête d’Hélios que leurs pintes de bière. Une soirée parfaite sous tous les points, une relation qui lui donnait déjà le vertige, et Tania bien décidée à voir cette magnifique carte du monde accrochée au mur de son salon, et dont Hélios lui avait tant parlé… qu’est-ce qui pouvait potentiellement mal tourner ?

Tania a les lèvres douces et sucrées, mais elle se consume d’une passion qui leur brûle la peau. Si la fougue de la jeune femme le surprend tout d’abord, Hélios se reprend vite. C’est à celui ou celle qui sera le plus démonstratif. La température est brutalement montée, le corsage a été dégrafé, les chemises arrachées des dos perlant de désir.
Il est trois heures. Il est tard. Il y a un instant encore, la pensée du sommeil s’immisçait à l’esprit épuisé d’Hélios. Cette journée, déjà longue et éreintante, avait été ponctuée par deux visites chez les Perez, dont le petit garçon, Juan, souffrait dangereusement de la fièvre. Une famille d’émigrés comme elle avait tout intérêt à mourir en silence, réalité affreuse qu’Hélios ne pouvait ni cautionner ni tolérer. Il avait fait des pieds et des mains pour trouver les antibiotiques nécessaires et autres médicaments pour soulager les symptômes, mais il craignait qu’une hospitalisation ne soit absolument nécessaire. La vision du petit corps recroquevillé sur lui-même, comme déjà à moitié mort, avait retourné le cœur du médecin. Il ne s’était jamais fait à la souffrance, et encore moins à celle des enfants.
Si la présence de Tania l’avait éloigné de ces pensées obscures, les coups à sa porte ramenèrent les inquiétudes dans son cœur. Brutalement, l’image des Perez se fraya un chemin et ni les caresses ni les yeux implorant de Tania ne l’en sauvèrent. « Pardonne-moi, je crois que c’est vraiment important », dit-il, soudain foudroyé par le sérieux. Voyant cet air, la jeune femme revient sur terre en même temps que lui.
Le brusque retour à la réalité, l’ascenseur émotionnel, cette douche froide épouvantable font légèrement trembler les mains d’Hélios. Lorsqu’il s’empare de son téléphone, ses paumes sont moites. Le désir s’est mélangé à l’inquiétude, et le mélange lui donne des sueurs froides. Il n’a manqué aucun appel des Perez. Pas même un message. Au moins, il est rassuré là-dessus.
Il enfile sa chemise et renferme son pantalon, tandis qu’il explique l’urgence à Tania. Elle le couve d’un regard calme, lui sourit et s’enfonce sous les couvertures en le rassurant. Son humanité lui plaît. Elle lui trouve un petit air d’héros.

« J’arrive ! », lance-t-il, presque à mi-voix, soucieux de ses voisins. Il tourne la clef dans la serrure et tire la porte d’un coup. Une masse vaguement humaine tombe vers lui, se rattrape, se recule. Le cœur d’Hélios fait un bond, se retourne, se fige. Lorsqu’il aperçoit son ami, il est à la fois soulagé et contrarié, ce qui peint une expression étrange sur sa physionomie.
Aisling, encore Aisling. Depuis combien de temps ne l’avait-il pas vu ? Depuis la dernière fois. La même dernière fois. Lui, ivre et triste, s’écroulant sur son canapé et disparaissant le lendemain. Parfois, Hélios se demande s’il ne confond pas son appartement avec une chambre d’hôtel.
Une place sur son canapé ?
Encore. Hélios pince les lèvres. L’irritation sied tellement mal à son visage qu’on la reconnaît mal. Il soupire et cela ressemble à un souffle inquiet. Ses yeux vont chercher la porte de sa chambre, dans le fond du salon. Ce n’est pas le moment, Aisling. Il suffit juste de le dire. Honnêtement. Après tout, il n’est pas un hypocrite, n’est-ce pas ?
Le canapé est pris. Mais c’est faux. Quoi, il refuserait l’hospitalité à ami dans le besoin au profit d’une baise dans ses draps ? Non, cela ne lui ressemble pas, il est au-dessus de ça.
« Bien sûr, entre, Aisling. » Il s’écarte pour le laisser clopiner jusqu’au saint graal : un vieux divan, dur mais solide, un peu étroit mais bon pour la colonne vertébrale. Sur la table basse, son verre et celui de Tania sont restés entamés – ils ne les ont pas finis.
A croire qu’ils n’auront rien fini, ce soir.


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Demain, il culpabilisera sûrement un peu d’avoir une nouvelle fois abusé de l’hospitalité (et surtout de la gentillesse infaillible) d’Hélios. Culpabilité assez puissante pour le sortir de sa torpeur et l’arracher au confort du canapé où il aura échoué, en dépit d’un mal de crâne à (presque) en maudire la Guinness, avant que l’autre homme ne soit levé. Culpabilité qui lui fera oublier les remerciements qu’il n’a que de trop rares fois répétés une fois l’aube d’un nouveau jour venue, et la sobriété pour seule compagne fantôme.
Mais pour l’instant, il se trouve là, incertain sur ses grandes jambes incapables de lui offrir un équilibre correct, les instincts anesthésiés et le cœur comme un boulet trop lourd qui lui emprisonne les chevilles, à quémander un bout de canapé, un petit espace dans l’intimité de l’ancien médecin, parce qu’il se sent incapable d’encaisser sa propre solitude et qu’il ne sait juste pas où aller. Enfin, ce n’est pas réellement qu’il se sait pas où aller (ou que l’alcool qui lui embrase les veines a atteint son cerveau à ce point-là) ; c’est plutôt qu’il n’a pas envie d’être ailleurs que dans cet appartement à l’atmosphère grisante de chaleur et de vie, en compagnie d’un ami –même silencieux, même endormi. L’expression qu’affiche Hélios alors qu’il le considère à sa porte en silence est un mélange étrange d’émotions qu’Aisling peine à comprendre, la faute à la liqueur qui noie ce genre de préoccupations dans l’oubli et s’accorde à ses envies qui lui soufflent que l’autre homme acceptera sa venue, qu’importe à quel point sa visite improvisée le gêne ou l’agace. A vrai dire, le plus vieux lui a trop souvent ouvert sa porte pour que l’inconscient imbibé d’alcool du roux se souvienne encore d’autre chose, en dépit de la demande qu’il profère malgré tout, le regard certainement plus implorant qu’il ne l’aurait voulu (sobre) et le sourire relevé, charmant, comme pour convaincre son interlocuteur qu’il n’est pas si mal que ça, qu’il sera discret et qu’il repartira avant même qu’il ne se souvienne de sa présence (si seulement cela pouvait se passer ainsi).

La voix douce l’invite, cède, et l’Irlandais obtempère sans patienter, peu sûr de sa capacité à se maintenir debout sans réel soutien physique encore plus longtemps, encore moins enclin à poursuivre ce semblant de conversation entre le couloir froid et l’intérieur.
« Merci. » prononce-t-il avec sincérité, l’une de ses mains agrippant l’épaule d’Hélios dans un geste amical tandis qu’il se glisse dans son appartement.
Ses pas maladroits le conduisent sans hésitation vers son point de chute préféré, guidés par l’instinct inébranlable de l’habitude –il faut dire que ce chemin, il l’a effectué dans tous les états possibles, le corps perclus de douleurs, l’esprit bien plus embrumé que maintenant, trop rarement sobre et bien-portant. Il parvient néanmoins à faire l’effort de se vautrer dans le canapé en gardant une position assise, qu’importe à quel point l’accoudoir appelle son crâne à un repos qu’il estime en toute objectivité bien mérité. Son regard se promène sur la silhouette d’Hélios, vogue sur la carte du monde gigantesque où il cherche par réflexe l’Irlande (difficile à voir, à cette distance), peine à se concentrer sur quoi que ce soit, et tombe finalement sur les deux verres entamés. Ses pensées sautent d’un sujet à l’autre sans grande logique alors qu’il s’empare d’une coupe par réflexe, penchant le nez à l’intérieur pour tenter d’en deviner le contenu –c’est la flagrance capiteuse du vin qui agresse ses sens, le pousse aussi à éloigner l’effronté d’un mouvement presque trop rapide, froncement de sourcils et légère grimace d’inconfort à l’appui. Il le repose avec une délicatesse exagérée à côté de son conjoint, avant que ses neurones enivrés ne finissent par faire un minimum sens de ce que ses yeux perçoivent.
Deux verres, Ace.
« Tu as passé la soirée avec quelqu’un ? » s’entend-t-il murmurer, ses intonations curieuses encore plus écharpées par son accent qu’habituellement.
Prenant place un peu plus confortablement, son regard tente pourtant de garder le cap, de trouver celui, autrefois si chaleureux, d’Hélios, et qui ce soir lui semble un peu plus lointain.
Peut-être que ce sont juste ses pensées qui s’emmêlent un peu trop.
Ses pensées dont une idée finit par cisailler brutalement l’ivresse, alors qu’il se tend, jette un regard un peu plus alerte autour de lui, à la recherche du propriétaire du second verre. Par réflexe, il lutte contre ses muscles épuisés pour se redresser un peu, adopter une position plus décente, restes tenaces d’une éducation bien ancrée en lui alors qu’il passe une main dans ses cheveux puis sur son visage dans l’espoir vain de remettre un peu sa tête à l’endroit, de paraitre plus sobre qu’il ne l’est. En d’autres endroits, il n’en aurait eu rien à faire, mais il n’est pas chez lui ou entouré d’Irlandais à moitié ivres qui le connaissent pour la plupart depuis qu’il sait aligner trois mots, et même si l’environnement lui demeure familier, cela reste le foyer d’Hélios. Et si ce dernier est habitué à le voir ainsi, sûrement que son invité ne doit pas s’attendre à cela du tout ; Aisling commence à comprendre que par respect pour son ami, il ne devrait effectivement pas être là.
« Elle est toujours là ? » s’enquiert-il, incertain de la marche à suivre alors qu’il considère l’autre homme.
Cela devient compliqué de rester concentré mais il s’acharne, quand bien même son corps n’aspire qu’à trouver l’étreinte du canapé et s’oublier dans le sommeil.
« Ou il ? » marmonne-t-il plus fort qu’il ne l’aurait voulu, brutalement inspiré par le souvenir du sourire d’Isaac qui s’invite dans son crâne pour le fuir tout aussi tôt.
Et ne laisser que gravas et tristesse dans son sillage, fugitif coupable. Fuite à laquelle Aisling lui-même a une nouvelle fois succombé ce soir, alors même qu’il reproche ce comportement à son ancien amant.
Qu’il se retrouve chez Hélios, à espérer bêtement que ce dernier voudra bien le retrouver.








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Aisling n’est ni le premier ni le dernier à trouver dans l’appartement d’Hélios un sanctuaire. Ces murs, c’est un temple de paix et de sécurité, l’arche qui sauvera ses passagers du déluge, avec une porte toujours ouverte pour les amis et close pour ceux qui les tourmentent. Le cliquetis de la serrure scelle le destin de l’Irlandais, tandis qu’il se traîne, tout tremblant, vers le divan. Instantanément, il a l’air soulagé. C’est la force de ce canapé magique (la force de n’importe quel canapé, peut-être, lorsque l’alcool fait de la gravité un adversaire de taille).
Les yeux d’Aisling se posent sur l’immense carte du monde. Vu son état, il se croit peut-être déjà rentré chez lui, par la seule puissance de son imagination. Si seulement toutes ces courbes avaient le pouvoir d’emporter ailleurs quiconque les regarde, Hélios ne serait plus ici. Où partirait-il, d’abord ? C’est plus fort que lui, la pensée s’impose à son esprit sans la moindre pitié : Londres. Londres, bien sûr, pour espérer y croiser Achille. Après tout, après la carte magique, tous les rêves sont permis – il lui suffirait de réclamer au destin une rencontre fortuite, et voilà que, au croisement de Chester Street et Wilton Mews, il lui tomberait simplement dans les bras. Hélios ? – Achille ? – Achille ? – Hélios ? – Ce n’est pas croyable ! Et voilà qu’ils repartent, tout joyeux, pour un déjeuner au cœur de la capitale. Il lui conterait l’incroyable aventure de la carte, et Achille finirait par y croire. Mais avant, il lui faudrait une preuve, lui aussi voudrait effectuer un voyage. Très bien, où veux-tu aller ? – Partout, avec toi. Et ainsi commencerait leur périple ; et ainsi, Achille ne disparaître plus jamais dans cette conserve volante qui le ramène chaque mois en Angleterre.
Arrête, Hélios, arrête. Ridicules, ridicules fantasmes d’un cœur dégénéré. Un cœur bon à jeter à la poubelle, à donner aux chiens, à lancer contre le mur. Aisling étudie le contenu du verre, Hélios passe sa main gelée sur son visage. Pourquoi a-t-il si froid, tout d’un coup ? Il referme tant bien que mal sa chemise, mais les boutons glissent entre ses doigts et il doit s’y reprendre une seconde fois en constatant qu’il a décalé leur ordre.

La soirée avec quelqu’un ? Est-ce qu’il a passé la soirée avec quelqu’un ? Cela lui semble-t-il si difficile à croire ? L’irritation lui agrippe le ventre et remonte, comme une araignée, le long de son estomac. Il la sent, tapie derrière ses côtes, à remuer vicieusement et à le chatouiller de l’intérieur. Pourquoi la présence d’Aisling le met-il dans cet état ? Ce n’est pas à cause de Tania. Elle, elle comprendra. Ils se reverront plus tard. Et d’ailleurs, Hélios lui proposera de rester pour la nuit, et il se fera pardonner au petit matin, lorsqu’Aisling sera partit comme un fantôme, comme un ingrat, comme un voleur.
Il passe une nouvelle fois sa main sur son visage. Aisling n’est qu’un parmi tant d’autres. Les corps égarés débarquent à la pelle, à toutes heures, pour chercher la main d’or de leur ami. Aisling n’est qu’une brebis parmi tant d’autres. Il est de celles qui viennent, qui prennent et qui repartent – et c’est ainsi, et tout va bien. Hélios sait donner sans réclamer. Il aime donner.
Il est naïf. Gratuit. Parfois idiot.
Il vaut ce qu’on lui prend.
Hélios se tient dans l’ombre, derrière le canapé, là où Aisling ne le voit pas. Si Tania n’est pas le problème, et si Aisling n’est qu’un parmi tant d’autres, pourquoi est-ce que la générosité illimitée d’Hélios prend à ce point la grosse tête ? Pourquoi ces coups au bas du ventre ? Pourquoi cette araignée répugnante qui remonte dans sa gorge ? Son cœur se contracte, il est épuisé. Brutalement, la colère inonde sa poitrine.
Parasite. Arrête, Hélios, arrête. Tu n’es qu’un enfant. Les caprices n’ont plus la place dans la vie d’un homme. C’est la fatigue des derniers jours, c’est l’heure tardive, c’est juste une nuit un peu plus sombre. Mauvaise heure, mauvais battement de cœur. Et cette chevelure de feu qui se redresse.

Il a froid, maintenant. Des frissons lui lèchent la peau, comme des glaçons se glissant par ses pores. C’est qu’il doit tomber malade. Il ne la pas senti venir, la grippe saisonnière. Il est sur le point d’enfiler sa veste, lorsque les deux questions viennent lui trancher le diaphragme. L’araignée lui chatouille la glotte. D’un pas lent et pesant, Hélios s’avance vers la table basse. Il prend son verre, et, d’une gorgée, avale la bête qui menace de s’évader. Hélios connaît le poids des mots. Il sait que ceux-là doivent rester dans leur cage.
« Oui, elle est toujours là. », dit-il d’un ton si contrôlé qu’il en paraît vaguement humain. La voix qui s’échappe de ses lèvres n’est pas celle d’Hélios. Son regard érafle Aisling et semble laisser, dans son sillage, une vilaine cicatrice.
Hélios repose doucement le verre sur la table. Le claquement du verre émet un son qui lui fait mal aux dents. Enfin, il prend une grande inspiration, si grande que ses poumons semblent prêts à exploser, et expire un souffle de dragon. Hélios est mauvais acteur dans la vie. Ses yeux ne font pas semblant. Mais heureusement pour lui, ceux d’Aisling ne doivent plus voir grand-chose.
« As-tu besoin de quelque chose ? Je vais t’apporter de l’eau. Et une couverture. » Les quelques rayons d'un sourire se battent sur son visage. Son regard se pose partout où n’est pas celui d’Aisling.
Un parmi tant d’autres, et le seul à lui donner mal au ventre. Pourquoi ?


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Ses instincts le chatouillent lorsqu’il ressent vaguement la présence d’Hélios dans son dos. Mais leur prise est glissante sur son esprit enivré, des doigts enduits d’huile qui ne cessent de déraper sur les aspérités de ses pensées, le long de ses muscles alanguis. Ils manquent leur cible, rendus muets et impotents par la confiance que la proximité de son ami lui souffle au cœur, quitte à le faire tanguer et chavirer un peu plus sur les flots déchainés de ses émotions, par l’alcool qui tue toute tentative de communication. Aisling est rarement aussi vulnérable qu’en cet instant, et le fait qu’il choisisse Hélios –comme il aurait pu vouloir d’Alto à ses côtés- en dit bien trop sur la place que ce dernier occupe dans sa vie et son cœur, même si ce dernier n’en devine certainement pas la moitié. Comment le pourrait-il, étant donné les circonstances tristement répétitives qui les réunissent à chaque fois, et l’attitude du roux à son égard qui ne laisse pas filtrer grand-chose de ce qu’il éprouve en dehors de ce que la douleur ou l’ivresse l’autorisent à trahir ?
L’air plus sombre qu’affiche le médecin pour toute réponse à sa question ébranle les mécanismes ébréchés de son empathie noyée dans la liqueur, et il se demande un instant s’il l’a heurté ou mis en colère. Sa question ne contenait aucune malice, juste de la curiosité, mais peut-il encore se fier à sa voix en ce moment, à ses lèvres et sa langue qui ourlent des mots que son cerveau leur envoie sans filtre ni grande réflexion a priori ? De toutes les nuits où il s’est retrouvé échoué sur le canapé d’Hélios –et il y en a eu bien plus qu’il ne saurait en compter-, c’est la première où ils ne se retrouvent pas seuls entre ces murs, où l’Irlandais se faufile dans son intimité alors que son ami la partage déjà pour la soirée. Au fond, cela ne surprend pas Aisling ; s’il croyait au destin ou qu’importe le nom que d’autres lui donnent aujourd’hui, il aurait affirmé que c’était écrit quelque part, voué à arriver, en quelques sortes. Parce que lui s’invite toujours à l’improviste, ce qui rend toute tentative de l’autre homme caduque dès lors qu’il aimerait préparer ses visites ou s’assurer qu’il soit libre. Mais surtout, parce qu’Hélios attire les regards (et l’Irlandais se compte dans le lot, coupable de cette déviance qu’il ne sait pleinement accepter) et plus certainement encore les cœurs d’autrui, charmés par son attachante personnalité, sa touchante et vibrante humanité. Alors cela ne l’étonne pas, qu’une âme soit venue cueillir la chaleur d’Hélios ce soir, se blottisse entre les draps qui portent son odeur et attende peut-être son retour dans la chambre qui ont abrité leurs ébats avant de reposer tranquillement entre ses bras.
Ce qu’il comprend moins, c’est la générosité qui a poussé son ami à lui ouvrir une nouvelle fois sa porte alors que la nuit demeurait encore jeune de belles et enivrantes promesses.

Et malgré lui, son imagination s’emballe, trébuche dans les tiraillements d’une solitude qu’il a de nouveau tentée de noyer ce soir, dans les affres d’une absence qu’il porte depuis trop longtemps au cœur –et qui, depuis le mois dernier, le rappelle à une souffrance qu’il pensait avoir laissée derrière lui. Les longs cheveux blonds éparpillés qu’il dessine sur l’oreiller s’assombrissent et bouclent entre les doigts d’Hélios ; les courbes voluptueuses qui paressent sous les draps froissés puis s’entortillent autour de l’autre homme deviennent celles d’un autre, indéniablement masculin. Entremêlement de réalité, de fantasmes et de souvenirs qui lui laissent le cœur en sang et les sens en feu. Dérapage de ses pensées qu’il tente de taire et dissimuler, aidé par le ton catégorique de l’autre homme qui confirme qu’une femme patiente dans son lit. Le propriétaire du second verre enfin dévoilé à mi-mot, tandis qu’Aisling suit la course brutale du vin entre les lippes du médecin et ressent, pour la toute première fois, l’envie irrationnelle et si étrangère de s’échapper poindre en sa poitrine.
Illusion motivée par l’alcool ou logique de sentiments qui lui tournent la tête ce soir, il n’en sait rien, n’est pas sûr de vouloir le savoir en réalité.
L’expression fermée d’Hélios le heurte alors même que ses mots et son sourire l’embrassent et le réconfortent, désaccord d’émotions que l’Irlandais est trop en peine de comprendre, les réactions et l’esprit guidés par les égarements sauvages de la fée verte.
« Nan, ne t’inquiète pas. » parvient-il à marmonner, sans s’attarder sur le non-sens de ses mots.
N’est-il pas trop tard pour lui demander de ne pas s’inquiéter ?
Sa main se tend vers son hôte dans un sursaut brutal, et à défaut de capturer le regard qui semble lui échapper obstinément, il se déséquilibre et lutte contre la gravité pour s’emparer de l’avant-bras du médecin. Le retenir.
Ses phalanges abimées se fondent dans le tissu de sa manche.
« Tu préfères pas que j’y aille ? »
Honnêteté qui habille ses mots sans y inviter le moindre reproche ; lui n’est pas certain de ce qu’il veut, mais il accorde bien plus d’importance au choix d’Hélios, qui s’érige comme une ancre physique et tangible en ces instants troublés par une fragile lucidité.
Aisling ne désire pas le voir (le sentir) s’éloigner, pour un verre d’eau ou une couverture, pour rejoindre celle qui doit se languir de lui. Il ne s’attarde pas à tenter de chercher un sens à cette envie qui s’impose un peu plus violement ce soir parmi tant d’autres comme celui-ci, l’accepte juste pour ce qu’elle est, les préoccupations et les doutes consumés par la brûlure de l’alcool.
« Reste ? » demande-t-il du bout des lèvres, en raffermissant un peu sa prise.
Ses prunelles, lorsqu’elles éraflent le visage du médecin, n’implorent pas, leur désespoir camouflé derrière l’assurance audacieuse que l’alcool lui inspire en même temps qu’il danse dans son crâne et lui retourne l’estomac.
Il n’a pas besoin de ces murs rassurants, de ce canapé confortable qui a déjà de trop nombreuses fois recueilli son âme fracassée.
Il a besoin d’Hélios.








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L’araignée est toujours là, à remuer au fond de sa gorge. Hélios sent ses pattes poilues glisser sur les parois de son œsophage. S’il ne la crache pas, elle finira par y pondre ses œufs et il se retrouvera avec une colonie de mauvaises paroles. D’abord, elles descendront. Ce sera soit l’estomac, soit les poumons. Ulcère ou pneumonie. Cancer, si vraiment elles s’attachent trop. Hélios ne connaît que trop bien le pouvoir infernal de la somatisation. Des gens meurent tous les jours à cause de quelque chose qu’on leur a dit ou, justement, de cette chose qu’ils n’ont pas dite, eux. L’être humain est bien fait. Mais si on ne comprend pas son fonctionnement et qu’on fait dérailler la machine, alors c’est l’accident assuré. On perd des wagons, en route. On finit par se retrouver avec le seul chef de file, jusqu’à ce que lui-même rentre droit dans un mur. Et après, il ne reste plus rien. Le conducteur est mort sur le coup et il n’y a plus personne dans le train. La carcasse de ferraille va rester là, sur le côté du chemin, jusqu’à ce que les charognes viennent se servir dans ses entrailles. Comment leur en vouloir ? S’il y a encore quelque chose de bon à prendre, autant l'avoir pour soi. Elles ne peuvent plus rien, pour elle, pour lui.
Il n’est pas simplement question d’Aisling. Son comportement n’aurait jamais blessé Hélios s’il n’y avait pas quelque chose de plus grand, derrière. Son ombre n’est pas si grande. Elle en abrite d’autres dans ses contours, qui n’ont rien avoir avec lui.
Hélios finit par fuir le regard du jeune homme. Il ne parvient pas à faire face à ces préoccupations. C’est trop semblable à ce qu’il ressent, lorsqu’il vient de quitter Achille. D’abord – juste avant de dire au revoir – il est parfaitement heureux. L’entrevue l’a empli d’énergie ; il sent la joie rayonner en lui et alors, il est ce soleil, à la fois sublime et tyrannique, qui règne dans le ciel en imposant sa lumière au monde entier. Tout va bien. Puis, Achille part. Il ne se retourne que rarement pour lui faire un dernier geste de la main. Hélios le regarde s’éloigner, le suit du regard. Il a encore le sourire. Il l’a encore à ses lèvres, quand son cousin disparaît dans la bouche du métro. Et soudain, sans prévenir, froide et sombre, la solitude lui tombe dessus. Un épais couvercle de nuages vient cacher son cœur et seuls quelques rayons parviennent à traverser ce rideau de doutes et d’illusions.
C’est toujours la même histoire, toujours.
Dès lors, il a une crampe au moral. Elle dure plusieurs jours et ne peut être brisée que par un SMS d’Achille – lui, écrivant qu’il est bien arrivé, par exemple (il fait souvent cela : envoyer une photo de lui en train de faire la grimace à l’aéroport de Londres, avec un poème ridiculement drôle qu’il a composé lors du vol). Alors, Hélios sourit et la tension est balayée. Rien d’autre.

Mais Achille, c’est Achille. Hélios ne manque jamais d’excuses pour s’expliquer son état. Une grande affection pour son cousin, par exemple, un retour nostalgique à la famille éloignée qu’il regrette de connaître si peu – l’idée qu’il n’a aucun souvenir d’Achille avec Simon ou Laura, surtout. Achille ne le renvoie que peu à son passé. C’est également lui qui l’a aidé à remonter la pente, lorsqu’il s’est si vilainement égaré dans les abysses du Bronx. Lui qui a veillé sur lui.
Tout s’explique.
Le problème, c’est qu’il n’a pas d’excuse, pour Aisling. Aisling n’est ni son phare, ni son espoir, ni véritablement son ami. Ils ne partagent que son canapé ensemble, et parfois – c’est vrai – de très belles conversations, sur les sentiers vertigineux de l’ivresse. Ils ont beaucoup ri – c’est vrai. Il y a eu aussi eu de l’inquiétude – c’est vrai. Rien de plus, rien de moins qu’avec un autre.
Alors, pourquoi cette rancune ? Pourquoi ce sentiment amer sur la langue, pourquoi cette araignée logée au creux de sa gorge ? Pourquoi Hélios n’est-il plus Hélios, lorsqu’Aisling claque la porte, au petit matin ?
Il est triste et jaloux. Il aimerait le voir rester. Il aimerait pouvoir le faire rester – mais il n’a rien pour le retenir.
Pas comme cette main qui s’accroche à son avant-bras. Au même instant, Hélios serre le poing. Tu préfères pas que j’y aille ? Il baisse les yeux. Son visage est fermé. Voilà que maintenant, c’est à lui de faire un choix. C’est lui ou Tania, c’est cela ? C’est quand quelque chose d’autre entre en jeu – et quelque chose de potentiellement plus précieux, de surcroît – qu’il faut saisir cette chance empoisonnée ? Aisling ne lui rapportera pas de réconfort. Il s’installera dans son être pour la nuit et, une fois parti, ne laissera dans son sillage qu’un miel bon à attirer les guêpes.
Et cependant – pense Hélios – comment peut-il se débarrasser du nid, s’il passe son temps à fuir ses occupants ? Il est grand temps de faire face à cette gêne terrible et l’arracher, une bonne fois pour toute.
« Non, jamais, répond t-il avec une nuance sombre dans la voix, je t’ai dit que ma porte te serait toujours ouverte. » Les doigts d’Aisling ne sont pas fébriles. Il a la poigne, même ivre, même éclaté en mille morceaux. Ses yeux cherchent ceux d’Hélios – eux non plus ne tremblent pas. Aisling a la force et l’avantage que donnent l’alcool. Il a l’audace. Et demain, il aura toutes les excuses du monde.
« D’accord. » Le titan a cédé. Il pense à Tania, qui l’attend patiemment dans sa chambre – elle, qu’il a laissé dans l’incompréhension la plus totale – mais vient tout de même s’asseoir à côté du roux. Hélios est fatigué. Sur les nerfs. Sa respiration est légèrement plus rapide que d’habitude. « Tout va bien ? », demande-t-il, sans le regarder. « Rien de cassé ? Besoin de parler ? Je suis là, maintenant. »
Le choix est fait.


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Il le retient.
Il le retient –et ne peut s’empêcher de songer une nouvelle fois à Isaac, parce qu’il n’a pas su le faire pour lui.
Il le retient, parce que c’est tout ce qui fait sens dans l’incandescence de l’instant, dans son cerveau soumis aux chants de la fée Guinness, pour son cœur malade d’une solitude qu’il subit plus qu’il ne l’a choisie. Le temps de quelques frêles secondes, alors que le regard comme assombri d’Hélios (ce n’est sûrement que le manque de luminosité qui se joue de lui) le percute, la crainte de le voir se dérober lui fracasse la poitrine. Elle s’empare si brutalement de son palpitant qu’il le sent gémir -lui si silencieux d’habitude, si détaché, où sont partis ces temps où cet organe pourri par ce sang qu’il déteste ne craignait rien et se riait de tout ?
Oh, mais ces temps-là n’ont jamais existé, Ace, voyons.
Même l’alcool ne peut nourrir ces illusions là, les construire pour mieux les dissiper le lendemain. Trop intimement étrangères à ce qui fait Aisling, ce qui le constitue.
La fêlure est là, si visible dans son regard que le médecin ne peut sûrement que contempler ce vide qui l’habite, le gangrène petit à petit. Fracture si tangible que la conscience de se retrouver terriblement  vulnérable devant l’autre homme parvient à se frayer un douloureux chemin dans son esprit embué, enivré. La terreur qui se meut dans son sillage lui retourne l’estomac, prédateur patientant dans l’ombre pour se jeter sur sa proie inoffensive et l’égorger.
Hélios pourrait le briser là, d’un mot, d’un seul geste.
Aisling ne se souviendra certainement de rien du tout ; ce serait si facile, presque silencieux, sans cris ni éclats.
Reculer, ce n’est pas grand-chose, ce n’est rien à vrai dire –et pourtant, cela constitue tout le monde de possibilités de l’Irlandais en cet instant, sentir Hélios s’évader ou rester à ses côtés.

L’urgence qui coule dans ses veines le pousse à raffermir l’étreinte qu’il maintient sur la manche de l’autre homme, à formuler une demande qu’il appuie d’un regard un peu plus vif, qui trahit à la fois ses craintes féroces et ses envies volages –ses doigts ne tremblent plus, semblent à nouveau étreints de cette vigueur qui les rend habituellement si redoutables au combat. L’affirmation de son ami concernant sa porte toujours ouverte perd tout son poids et se dépouille de son sens dans les ravages de l’alcool, sous l’assaut des griffes de la peur qui se plantent dans sa poitrine, mordent dans son cœur. Le roux n’y songe même plus, assourdi par les détonations qui lui mitraillent les côtes, retenu par les seules prunelles du brun. Il ne pense plus à celle qui attend l’autre homme entre les draps éclaboussés des passions charnelles de leur union ; il ne se souvient même plus pourquoi il lui demandait à mi-mot de le mettre dehors, incapable de comprendre pourquoi il le souhaiterait ici, pathétique et ivre, alors que bien meilleure compagnie l’attend.
Le soulagement inonde sa cage thoracique et apaise ses traits dès qu’Hélios abdique et cède, décide de rester.
S’il était sobre, Aisling se serait certainement détesté de ressentir cela, de se montrer si faible mais aussi de profiter ainsi de la gentillesse viscérale du médecin alors qu’il est bien trop fermement cousu à son cœur pour que ce dernier ne se sente pas coupable de le laisser.
Hélios se souviendra de tout quand lui ne pourra accuser que les trous noirs au sein d’une mémoire fragilisée.
« Merci. »
La gratitude transcende sa voix, adoucit son regard qui se brode de tendresse contre le visage fatigué de l’autre homme alors que ce dernier s’installe à ses côtés. Insensible à ce qui tourmente son hôte, il s’installe un peu plus confortablement dans le canapé, se rapprochant inconsciemment du médecin dans le processus –la chaleur que dégage son corps (et son âme) l’attire inexorablement.
Sa tête bascule sur le dossier et ses prunelles fixent sans vraiment le voir le plafond aux teintes immaculées. La sollicitude qui gorge les mots d’Hélios le caresse et le réconforte, même perturbée par cette retenue et ces sentiments plus sombres qu’il ne sait effleurer, sur lesquels il ne parvient pas à s’attarder –trop ivre et trop triste pour cela.
S’il va bien ?
Rien qu’un instant, la voix un peu plus grave et teintées d’émotions douloureuses d’Isaac se superpose à celle du médecin. Aisling la chasse presque avec colère.
« Je sais plus comment mentir quand on me pose cette question. » avoue-t-il brutalement, alors que ses paupières se ferment un peu plus longtemps.
Il esquisse un signe de négation, et regrette autour le mouvement qui ajoute des tours en plus au carrousel furieux qui tournoie dans son crâne.
« Je ne me suis pas battu, répond-il par réflexe, parce que la plupart des nuits qu’il a passé entre ces murs succédaient à un combat de rue. J’aurais peut-être dû. » achève-t-il dans un ricanement amer, qui s’éteint trop vite.
L’ivresse du combat aurait été préférable à celle qui assiège ses sens et ensorcèle ses pensées aussi volatiles que la fumée. La douleur physique libératrice, et bien meilleure que le mal qui lui tourmente le cœur.
Je suis là, maintenant.
Les prunelles d’Aisling tombe sur Hélios, alors qu’il cale sa joue contre le canapé pour supporter le poids de son crâne. Epuisées et pourtant encore empreintes d’une intensité qui puise ses forces dans l’alcool mais aussi les émotions devenues ouragans à l’intérieur de sa poitrine. Le médecin ne lui accorde pas un regard, tiraillé par une tension que même le roux parvient à toucher du bout des doigts –et il le fait, ses phalanges étreignant l’épaule de l‘autre homme pour attirer son attention sur lui, et pas ses mots.
« Tu mens. »
Ce n’est même pas une accusation –Aisling n’a plus assez de force pour la colère, le ressentiment, la rancœur, ces sentiments-là qui ont déjà tout consumé en lui.
« T’as l’air d’aller bien. C’est un mensonge, ça aussi ? »
Hélios n’est pas vraiment là. Il est ailleurs, et à vrai dire, une part d’Aisling espère presque que ce soit le cas. Un ailleurs où il est plus heureux.
Peut-être quelque part en lui-même ou bien contre la poitrine de cette femme qui se repose dans une pièce de l’appartement.








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Hélios fixe Aisling, mais son regard est lointain. Derrière la vitre de ses prunelles semble grandir la tempête de l’inquiétude. Il pense – et cette pensée est comme un amas de poussière que la force de l’orage transforme en gravier – à cette jeune femme qui l’attend dans sa chambre. Il l’a fait attendre injustement – et non seulement son attitude est injuste, mais elle lui fait également manquer à une de ses valeurs fondamentales : le respect.
Quelle sera la réaction de Tania lorsque, exaspérée par son impatience, elle apparaîtra dans l’encadrement de la porte ? Sera-t-elle fâchée, ou inquiète ? Elle pensera peut-être qu’Hélios s’est dégonflé ou qu’il lui a fait un mauvais coup, qu’il est comme les autres hommes, et qu’on ne peut pas compter sur lui. Ou, peut-être, viendra-t-elle en voulant lui prêter main forte, comprenant que le silence dans lequel il l’a laissée ne pouvait être causé que par une situation d’urgence. Elle le jugera, probablement. Son imagination s’emballera dans des théories farfelues, car c’est un mécanisme qu’on ne peut pas freiner, dans ces moments-là. Laissez une personne toute enflammée se refroidir seule dans un lit, et vous verrez à quel point ses pensées font des étincelles. C’est normal, quand on a perdu une chaleur qui était sur le point de se consumer. C’est une forme de revanche de la nature sur le hasard.
Hélios fixe Aisling, mais son regard est lointain. Pourtant, il semble tout à fait à l’écoute ; ses yeux sont alertes et il cligne à peine des paupières, comme si voir disparaître l’autre homme ne serait-ce qu’une fraction de seconde lui était insupportable. D’abord, cette main qui l’a retenu. Puis, ce merci. Il suffit d’un geste et d’un mot pour qu’Hélios soit vaincu.
Il a toujours été si faible face aux êtres humains qui avaient besoin de lui.

« Alors, ne mens pas. », répond t-il, du tac-au-tac. Une réponse simple à un problème très simple, pense Hélios. Lui, n’est pas un menteur, c’est un acte qui le répugne presqu’autant que celui de la sauvagerie – pourtant, il en a usé à outrance et en use encore parfois, lorsque les circonstances le demandent. Il a passé des mois et des mois à mentir à tout le monde, juste après la mort de Simon. Sa voix, ses gestes, ses paroles, ses sourires, ses bonjour, ses au revoir, ses mercis, ses de rien, et sa vie, et tout son être, n’étaient que la tromperie d’un comédien désespéré. Hélios était passé maître dans l’art de mentir au point de s’en faire peur. Le soir, lorsqu’il se regardait dans la glace, il pouvait presque se persuader lui-même de l’illusion. Le comble de toute cette mascarade, c’est que personne n’y croyait vraiment. C’était un confort nécessaire à leur existence, une manière pour eux de mieux vivre le deuil d’Hélios. Ils se disaient : il est fort, il s’en sortira. Il n’y avait même pas d’aide à fournir, car il n’en voulait pas. Dès que le père Ninos mettait le nez dehors, on s’inclinait face à sa douleur confinée dans la chambre forte de sa poitrine, et on passait son chemin. C’était plus simple.
« Tu n’es pas obligé de me mentir, à moi, Aisling, ajoute Hélios avec beaucoup de calme et de sérieux. Tu ne m’as jamais dit pourquoi tu te battais comme un sauvage. Je me souviens de… » Il grimace et son regard est éjecté de celui d’Aisling. Hélios a une crampe au moral, depuis son arrivée. Il n’a pas envie de repenser à ces moments. « J’ai arrêté de me battre quand j’ai compris que le combat ne se passait pas à l’extérieur, mais à l’intérieur. » Et, en disant cela, il pose doucement la main sur sa propre poitrine.

Tu mens. Il sourit. Un sourire qui lui échappe, rejeté à la surface par une sorte de rire-sanglot, un hybride sortit des abysses de sa poitrine. Les doigts d’Aisling volent vers son épaule et l’étreignent. Le geste lui fait relever les yeux et ils se plantent dans ceux de leur invité avec une énergie étrange. Qui est-il, pour le traiter de menteur ? Qui est-il, pour voir au travers de son masque ?
Et d’ailleurs, que peut-il bien voir ? Il ne sait rien de lui. Hélios n’est même pas certain de lui avoir dit un jour, pour la mort de son fils. Aisling ne sait rien de lui, alors comment pourrait-il voir ce démon terrible qui dort au fond de son être ? A-t-il assez d’expérience avec les dragons pour les reconnaître, même temporairement apaisés, lovés autour des cœurs de leurs victimes ? Hélios est mécontent de cette remarque et de cette question. Il a horreur quand quelqu’un pose le doigt sur l’un de ses problèmes, quel qu’il soit. C’est à lui d’aider les autres, d’écouter leurs problèmes et de veiller sur eux, et lorsqu’il est question de travailler sur ses travers à lui, alors c’est l’irritation assurée...
Comme s’il n’avait aucun défaut, ni faille.
« Je vais bien, répond Hélios avec une sorte de colère contenue dans la voix, je n’ai pas le choix, que d’aller bien. Je ne veux pas aller mal, alors je vais bien, c’est aussi simple que cela. » A la seule pensée de cette période terrible, à errer dans les bas-fonds du Bronx et à se perdre nuit après nuit, il sent ses entrailles trembler. Il a tellement honte de cette mauvaise passe. Si Hélios est allé se pourrir dans des bars miteux et des arènes de combats, c’était pour préserver Helen et Laura de sa détresse. Mais au final, tout ce qu’il a réussi à faire, c’est de les abandonner.
Il n’y avait eu aucune bonne solution, à ce moment-là, seulement la moins pire.
« Dis-moi ce qui ne va pas, Aisling. », demande Hélios de sa voix aigüe et cassée. Il veut savoir. Il veut savoir quel est sa peine pour mieux se soustraire à la sienne.


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Ne mens pas.
Cela sonne si simplement entre les lèvres d’Hélios, comme s’il avait juste à arrêter, et dire la vérité. Peut-être que c’est aussi aisé que ça, dans le fond. Peut-être que cela pourrait devenir aussi naturel que frapper lorsqu’il se retrouve enfermé au sein du cercle, plus prisonnier de lui-même que de l’argent qu’il récolte ou la douleur qu’il savoure sur sa peau. Mais cela lui est devenu si spontané, de se cacher, de se protéger. De s’isoler derrière un sourire ou des émotions en partie feintes. Et plus il s’y abandonne, moins il y pense. Fermer les yeux des autres quant à son état, c’est s’assurer que les siens en fassent de même –finalement, c’est avant tout pour se mentir à lui-même.
Bien sûr que les mots du médecin le font rire. Ça remonte depuis son ventre malmené par l’overdose de bière, crisse entre ses poumons qui manquant d’air, érafle sa trachée et s’évade brutalement entre ses lèvres. Une détonation de sincérité qui altère brusquement l’air, née quelque part dans l’ivresse mais enflammée par un amusement plus sombre, une énième moquerie envers lui-même. Les notes s’envolent et s’embrasent, délaissent leur costume d’ironie pour étaler leur désespoir.
Et ce rire s’éteint aussi brutalement qu’il a ébranlé son être, se meurt dans les éclats de son regard un peu moins maladroit lorsqu’il se réfugie dans celui d’Hélios. Ce dernier ne fait que souligner une vérité inscrite au fer rouge sur les entrailles du roux –il sait qu’il peut lui faire confiance, qu’il n’a pas à prétendre (plus ou moins) comme il le fait avec tant d’autres. Mais ces chaines qui le retiennent ne sont pas juste dues à sa crainte viscérale de paraitre trop vulnérable (ne l‘est-il pas déjà trop face à son ami ?). Le métal qui compose leurs maillons est imprégné de longues années de silence, d’intériorisation, de protection, de préservation. Des mécanismes de défense sur lesquels Aisling n’a même plus la main, qui fonctionnent au-delà de son contrôle la plupart du temps, s’inscrivent sur des réflexes qu’il ne sait plus taire, qu’il peine à réprimer.
Il s’efforce de suivre le cheminement des paroles d’Hélios, mais la concentration lui échappe parfois –surtout quand l’autre homme se détourne de lui, lui arrache le calme rassurant de ses prunelles (Aisling ne fait sûrement que l’imaginer, mais il se plait à y croire, à s’y rattacher). Ses mots le renvoient à leurs toutes premières rencontres, au sein du cercle de combat. Et ils trouvent un écho étrange en son cœur ivre et affamé, son esprit malade, lacèrent des pensées latentes, des vérités inavouables. Le combat est intérieur, le médecin a raison. Cela fait des années qu’Aisling l’a compris –mais peut-être que les paroles de son ami vont plus loin que cette réalité qu’elles effleurent et mettent soudainement en lumière.
Des années qu’il abat ses poings et ses émotions sur les autres parce qu’il ne sait comment faire autrement. Parce qu’il n’a jamais appris à faire autrement. Parce qu’il en a besoin.
« Et comment tu te bats, à l’intérieur ? demande-t-il, presque trop calme, toute énergie anesthésiée par la liqueur qui se languit dans ses veines. Comment tu te bats, contre ton cœur, contre tes pensées ? Contre ce que tu ressens ou ne ressens pas, contre toi-même ? »
Pourquoi tu vois toujours tout à travers le combat et la violence, Ace ?

Le sourire qu’esquisse Hélios pour toute réponse à sa constatation fatiguée le brûle, effraie ses doigts qui ne s’attardent pas sur son épaule. Il secoue quelque chose à l’intérieur de lui -dans sa poitrine, ou au creux de son estomac, comme un instinct endormi qui se débat furieusement, Aisling ne sait plus vraiment, alors qu’il contemple les ombres envahir le visage de son ami, gangréner la bienveillance qui anime ses traits attirants et d’ordinaire gorgés d’une chaleur humaine qui irradie, va creuser jusqu’au fond des âmes pour y déterrer les plus beaux trésors. Le regard qui se visse dans le sien maquille un peu les effluves de l’alcool dans son cerveau, et au travers du voile épais dont l’ivresse a enveloppé ses prunelles, il perçoit ce sentiment étrange d’avoir frôlé, sans le vouloir, quelque chose qu’il n’aurait pas dû toucher en l’autre homme. La voix d’Hélios tranche l’air, presque impérieuse, assène ses vérités sans détours, et l’Irlandais ne peut que l’observer, encore trop amorphe mais malgré tout un peu surpris.
« D’accord, souffle-t-il doucement. Il y a de grandes chances que je ne me souvienne de rien demain, c’est bête. J’aurais bien voulu savoir comment tu fais, pour décider d’aller bien. »
Il passe un bras par-dessus le dossier du canapé pour s’y stabiliser, remonte ses genoux sur ce dernier afin de pouvoir appuyer plus confortablement son flanc tout contre. Sa tête tourne tellement ; est-ce toujours la Guinness ou bien ses pensées, devenues folles, qui trébuchent sur ses émotions en friche ?
Ce qui ne va pas ?
« Moi. »
Réponse aux apparences simples mais au fond bien plus complexe.
« J’me rends compte que finalement, je ne suis pas si différent des gens auxquels je ne veux pas ressembler. Ils finiront par gagner, et le pire, c’est que je suis encore assez stupide pour espérer que non. Ils me boufferont, et quand ils auront fini de me digérer, il restera plus rien. »
Ils. Son père, son frère, sa famille ; la mafia.
Ça n’a certainement pas beaucoup de sens pour l’autre homme, mais les mots coulent sur sa langue, s’évadent, se dérobent à ses pensées. Oubliés demain, alors à quoi bon ?
« Qui sait, dans cinq ans, j’aurai peut-être enfin arrêté de me battre, sourit-il, incisif et résigné. Je dirigerai les cercles au lieu de m’y perdre. Pas sûr que ce soit l’amélioration dont tu parlais. »
Ses paupières s’abaissent un peu plus longtemps, terriblement lourdes (il est si fatigué), mais lorsqu’il les ouvre à nouveau, ses prunelles restent étrangement alertes, désespérément arrimées à celles d’Hélios.
Elles le supplient doucement de ne pas les lâcher, le lâcher.
« Tu te battais pour quoi, toi ? »
Sa joue se repose un peu plus fermement contre son bras replié, alors qu’un frisson désagréable fracasse sa peau.
Le froid, peut-être.
Ou bien les yeux d’Hélios, qui le pénètrent jusqu’à l’âme.








I felt so much that I started to feel nothing.
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Hélios Ninos
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Il rit, et Hélios rit avec lui. Il aurait pu hausser les sourcils, l’air de dire : « il n’y a rien de drôle », faire la moue et se vexer, gronder, crier et enfin le jeter dehors pour cette insolence infantile, mais Hélios rit, il rit avec lui. Pourquoi voudrait-il se battre avec lui, maintenant ? Il n’y a rien à gagner. Aisling n’est pas son adversaire – il ne l’a jamais été. Ne pas mentir, voilà une idée saugrenue, ils ont bien raison d’en rire ! Qui pourrait ne pas mentir ? Qui le voudrait ? C’est le meilleur bouclier qui soit, la meilleure arme, le plus ingénieux des tours de passe-passe. Un faux sourire vaut une armée entière, une bonne parole tire mille dollars au moins futé. Il y a un Art du mensonge qu’on perfectionne bien malgré nous, et il est aussi doux et fatal qu’une drogue : qui l’essaie une fois ne s’en passe plus.
Mais comme pour toute faiblesse, il existe un remède. N’importe quelle peur peut être vaincue par le courage – voilà ce qu’Hélios voudrait dire à Aisling. Lui dire qu’il est simplement mort de peur et qu’il se bat dans le vide. Il l’écoute attentivement, mais sans le regarder. Sa respiration est profonde et calme. Il se dit qu’il aurait dû faire psychologue et qu’il a peut-être manqué sa vocation, après tout – petite voix cynique qu’il ne connaît que trop bien et qu’il refoule constamment au fond de lui-même. « Il n’y a qu’un seul moyen… » Mais comment le lui dire ? « Travailler sur soi » ne sont pas des termes qui parleraient à Ace, du moins, Hélios le croit. Il ne peut pas non plus l’envoyer faire une thérapie, car il ne fait pas partie de ceux qui parlent d’eux. Les gens d’ici, Hélios l’a bien compris, ne s’arrêtent pas dans les cabinets des psychologues. La plupart d’entre eux ne savent même pas qu’ils peuvent s’en sortir – ils pensent qu’ils sont condamnés, que la vie n’a rien à leur donner et que toute l’injustice du monde s’est retournée contre eux… Alors que ce sont eux qui frappent le monde à grands coups de poings.
En prenant une grande inspiration, Hélios regarde derrière lui. La jeune femme qui l’attend dans sa chambre ne tardera pas à se lasser ; à l’heure qu’il est, elle doit déjà s’être rhabillée et peser le pour et le contre pour savoir si elle doit rester encore ou non. Quant à Hélios, il a déjà pris sa décision – en témoigne son soupir à peine perceptible, lorsqu’il se détourne de la porte pour revenir face à Aisling. A présent, il est de nouveau là, à lui. Son regard est solide, puissant et inébranlable, et perce celui de l’irlandais pour emprisonner ses prunelles dans les siennes. « En fait, une fois que tu comprends que tu te bats contre des fantômes, tu arrêtes de te battre. On ne se bat jamais, jamais contre soi, Aisling. D’abord, il faut comprendre ce qu’il se passe et mettre des mots dessus, faire remonter à la surface ces choses qui te font si peur. Tu crois qu’il va falloir les terrasser, qu’il va falloir les cogner ? Non. La première chose, c’est d’y faire face et de les voir. Ensuite, il faut les accepter. Après, il faut les prendre dans ses bras. » Il essaie d’être persuasif, davantage par son regard que par ses mots. Il veut qu’Aisling voit en lui, qu’il s’aperçoive qu’il dit la vérité – et plus encore, qu’il est la vérité vivante. « Tout va mieux le jour où on se laisse une chance, ou on décide de faire la plus grande des alliances : celle avec soi-même. Mais pour cela, il faut se retrouver. » Un silence passe, puis Hélios se repose lourdement dans le sofa. Sa tête est renversée en arrière et ses yeux fixent le plafond. Il dit : « Je crois en la magie, voilà comment je fais. La magie qui est en moi. Je crois en moi. » Même si, certains jours, il a honte de se sentir fort alors que Simon n’est plus là.

La tête toujours calée contre le canapé, Hélios écoute. Il ne comprend pas tout, mais il lit entre les lignes, car il a l’habitude de le faire. L’important du message passe ; il fronce les sourcils. Visiblement, Aisling a des problèmes plus gros qu’il ne l’aurait pensé. « Tu es aigri. », tranche-t-il à son tour, impitoyable. Ses lèvres sont tordues en une grimace amère, et il continue à fixer devant lui. « Ne vois-tu pas à quel point tu es merveilleux, Aisling ? Enfin, je ne sais pas... ça crève les yeux, pourtant... » Un silence poursuit ses mots, et durant ce temps, Hélios entend les battements de son cœur au fond de ses oreilles. Tous les Hommes sont beaux et merveilleux, mais ils veulent à tout prix se prouver le contraire. Hélios a trop d’espoir pour tout le monde et il ne cessera jamais d’en avoir, car il a vu renaître le pire de l’humain plus d’une fois et devenir un véritable être de lumière. Personne n’est condamné à moins qu’il se condamne, voilà ce qu’il en pense.
Enfin, il tourne sa tête sur le côté. Lui aussi est fatigué, ses yeux sont cernés et ses paupières sont lourdes. Il regarde Aisling comme du fond d’un nuage de brume, mais pourtant, il lui apparaît clairement. « Je me battais pour me faire du mal, parce que j’étais en colère contre moi-même et contre tout le monde. J’estimais que j’avais le droit, que j’avais tous les droits, même, parce que j’avais vécu quelque chose qu’on ne peut pas vivre. C’était comme retrouver un certain pouvoir sur ma vie… » Hélios aime dominer, ce n’est rien de nouveau – il a toujours été le leader des foules. Peut-être que s’il avait été moins bon, il aurait pu basculer, à ce moment-là.
Et peut-être que c’est lui qui dirigerait les cercles, aujourd’hui...


But I being poor
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