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 HELIOS&AISLING » And maybe if I just drink half, I'll be half-buzzed, for half of the time ; who's the mastermind behind that little line ?

MessageSujet : HELIOS&AISLING » And maybe if I just drink half, I'll be half-buzzed, for half of the time ; who's the mastermind behind that little line ?    Sam 8 Déc - 14:20
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Aisling Ó Luain
Une plume qui s'étouffe dans le goudron.

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feat : Eddie Redmayne.
crédits : dandelion (avatar), anaëlle (signature).
Âge : 34
logement : The Old Lady -F3, n°503, 5ème étage. Les couleurs de l'Irlande disséminées un peu partout, le stock de bière jamais en grève.
WHO THE FUCK TAUGHT YOU HOW TO PERSEVERE ?

Who's the mastermind behind that little line? DECEMBER 2018 – around 3 a.m.
The Bronx, New-York City

La Guinness a fini par noyer ses derniers neurones.
C’est la conclusion à laquelle parvient difficilement Aisling alors qu’il s’enfonce dans la cage d’escaliers du Old Lady, pas peu fier d’avoir survécu à l’épreuve de l’ouverture de la porte (quelle idée de mettre des marches devant ce perron aussi ?!). Agrippé à la rambarde comme un noyé à sa bouée parce qu’il sent son équilibre aussi vacillant que des feuilles mortes baladées par la fureur du vent d’automne, il gravit marche après marche avec la lenteur d’un condamné que l’on traine vers la chaise électrique. Ses pensées tournoient dans son crâne, insalissables et sans grand sens, de temps à autres assez claires pour qu’il perçoive encore les raisons qui l’ont guidé jusqu’à l’ivresse ce soir, entouré d’une joyeuse bande d’Irlandais déchainés, whiskey et bières tout droit importés de leur beau pays coulant à flot, délicieuses fées venues butiner les esprits et les entrainer dans une danse interminable que les corps regretteront le lendemain lorsque le mal de tête et l’envie irrépressible de rendre le contenu de l’estomac vide frapperont à la porte de leur conscience.
Le roux déteste, méprise ces moments de lucidité devenus de plus en plus rares au fil de sa longue soirée. Ils lui donnent envie de prendre un autre verre –celui de trop, certainement-, dans l’espoir vain que la brûlure de l’alcool remplace l’étreinte glaciale qui s’exerce autour de son cœur atrophié, ou font crépiter le besoin de frapper quelque chose d’inerte avec ses poings. Cela fait étinceler la colère insatiable au creux de ses entrailles, trop empêtrée dans le désespoir pour le maintenir debout ce soir. Boire n’a jamais rien résolu –et Aisling n’aime pas boire lorsqu’il se sent aussi tourmenté, même si l’alcool semble toujours révéler ses côtés les plus joyeux et embraser son amour pour la vie.
La vérité, c’est qu’il est mauvais lorsqu’il s’agit d’avoir l’alcool triste.
Ses phalanges peinent à le redresser contre le mur qui respire la javel ou quelque chose de tout aussi fort (sûrement devait-il y avoir quelques graffitis à cet endroit un ou deux jours plus tôt, il ne saurait dire, ça tourne trop là-haut). Elles agrippent de nouveau le cylindre fer rassurant qui le mènera au prochain étage, alors que son regard tente de se fixer sur le sommet pour ne pas se perdre sur ses pieds malhabiles. Les traits ravagés d’Isaac s’imposent une nouvelle fois derrière ses paupières fatiguées, se brouillent et se floutent pour se muer  en la bouille adorable de sa sœur la dernière fois qu’il l’a vue sur Skype, il y a à peine trois jours.
Le sentiment de solitude qui le guette depuis des semaines –le départ de Naimh, le retour du militaire- lui retourne l’estomac et s’attaque sauvagement à son cœur vulnérable.
Tout sauf le silence de l’appartement. C’est la seule prière qu’il parvient à formuler au sein du chaos de ses pensées.
Et c’est en partie pour cette raison qu’il se retrouve à frapper doucement (il l’espère) contre la porte d’Hélios, à trois heures de matin, un samedi soir.
Hélios et ses grands sourires offerts sans contreparties, désintéressés, bienveillants.
Hélios et son canapé confortable (assez pour accueillir son corps fracassé par les combats, parfois) sur lequel il a déjà passé bien trop de nuits –d’ailleurs, il avait fait une pause, ces temps-ci.
Hélios et sa présence.
Solide. Tangible. Solaire et pourtant triste.

Il manque de s’étaler à l’intérieur quand enfin le battant contre lequel il s’est appuyé (faute de mieux) s’anime, se rattrape de justesse à la poignée avec un juron en gaélique sur les lèvres. Puis il relève un regard embrumé sur l’hôte de son refuge pour la soirée.
Un semblant de chaleur lui électrise quelque chose à l’intérieur –sa poitrine, son estomac qui tangue, impossible à dire. Il sait juste qu’il ne regrette pas d’être là.
« Salut. »
Prononcé avec  normalité, banalité, comme s’il était tout à fait décent qu’il frappe à sa porte à cette heure plus qu’avancée de la nuit, visiblement enivré (et triste, en plus de ça).
Ce ne serait pas la première fois.
Malheureusement pas la dernière non plus si Hélios n’apprend pas à lui claquer la porte au nez.
« T’aurais un peu de place sur ton canapé ? » demande-t-il presque trop poliment en tentant de glisser un regard vers l’intérieur sans trop perturber son équilibre bancal, par-dessus l’épaule de l’autre homme.
Restes tenaces d’une éducation où on lui a appris à ne pas s’imposer chez les gens.
Même si c’est précisément ce qu’il est en train de faire, alors qu’il tente un sourire ensoleillé à l’adresse du plus vieux. Comme si ce dernier, avec son caractère si intrinsèquement généreux, allait le laisser dehors, sans réelles défenses, à la merci de n’importe qui et n’importe quoi.
A la merci de son propre cœur malade, surtout.




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