Partagez | 

 HELIOS&AISLING » And maybe if I just drink half, I'll be half-buzzed, for half of the time ; who's the mastermind behind that little line ?

MessageSujet : HELIOS&AISLING » And maybe if I just drink half, I'll be half-buzzed, for half of the time ; who's the mastermind behind that little line ?    Sam 8 Déc - 14:20
Aisling Ó Luain
Aisling Ó Luain
Une plume qui s'étouffe dans le goudron.

posts : 31
points : 143
feat : Eddie Redmayne.
multis : Aaliya & Freyja.
crédits : Valtersen (avatar), anaëlle (signature), de Palmas (quote profil).
Âge : 34
logement : The Old Lady -F3, n°503, 5ème étage. Les couleurs de l'Irlande disséminées un peu partout, le stock de bière jamais en grève.
WHO THE FUCK TAUGHT YOU HOW TO PERSEVERE ?

Who's the mastermind behind that little line? DECEMBER 2018 – around 3 a.m.
The Bronx, New-York City

La Guinness a fini par noyer ses derniers neurones.
C’est la conclusion à laquelle parvient difficilement Aisling alors qu’il s’enfonce dans la cage d’escaliers du Old Lady, pas peu fier d’avoir survécu à l’épreuve de l’ouverture de la porte (quelle idée de mettre des marches devant ce perron aussi ?!). Agrippé à la rambarde comme un noyé à sa bouée parce qu’il sent son équilibre aussi vacillant que des feuilles mortes baladées par la fureur du vent d’automne, il gravit marche après marche avec la lenteur d’un condamné que l’on traine vers la chaise électrique. Ses pensées tournoient dans son crâne, insalissables et sans grand sens, de temps à autres assez claires pour qu’il perçoive encore les raisons qui l’ont guidé jusqu’à l’ivresse ce soir, entouré d’une joyeuse bande d’Irlandais déchainés, whiskey et bières tout droit importés de leur beau pays coulant à flot, délicieuses fées venues butiner les esprits et les entrainer dans une danse interminable que les corps regretteront le lendemain lorsque le mal de tête et l’envie irrépressible de rendre le contenu de l’estomac vide frapperont à la porte de leur conscience.
Le roux déteste, méprise ces moments de lucidité devenus de plus en plus rares au fil de sa longue soirée. Ils lui donnent envie de prendre un autre verre –celui de trop, certainement-, dans l’espoir vain que la brûlure de l’alcool remplace l’étreinte glaciale qui s’exerce autour de son cœur atrophié, ou font crépiter le besoin de frapper quelque chose d’inerte avec ses poings. Cela fait étinceler la colère insatiable au creux de ses entrailles, trop empêtrée dans le désespoir pour le maintenir debout ce soir. Boire n’a jamais rien résolu –et Aisling n’aime pas boire lorsqu’il se sent aussi tourmenté, même si l’alcool semble toujours révéler ses côtés les plus joyeux et embraser son amour pour la vie.
La vérité, c’est qu’il est mauvais lorsqu’il s’agit d’avoir l’alcool triste.
Ses phalanges peinent à le redresser contre le mur qui respire la javel ou quelque chose de tout aussi fort (sûrement devait-il y avoir quelques graffitis à cet endroit un ou deux jours plus tôt, il ne saurait dire, ça tourne trop là-haut). Elles agrippent de nouveau le cylindre fer rassurant qui le mènera au prochain étage, alors que son regard tente de se fixer sur le sommet pour ne pas se perdre sur ses pieds malhabiles. Les traits ravagés d’Isaac s’imposent une nouvelle fois derrière ses paupières fatiguées, se brouillent et se floutent pour se muer  en la bouille adorable de sa sœur la dernière fois qu’il l’a vue sur Skype, il y a à peine trois jours.
Le sentiment de solitude qui le guette depuis des semaines –le départ de Naimh, le retour du militaire- lui retourne l’estomac et s’attaque sauvagement à son cœur vulnérable.
Tout sauf le silence de l’appartement. C’est la seule prière qu’il parvient à formuler au sein du chaos de ses pensées.
Et c’est en partie pour cette raison qu’il se retrouve à frapper doucement (il l’espère) contre la porte d’Hélios, à trois heures de matin, un samedi soir.
Hélios et ses grands sourires offerts sans contreparties, désintéressés, bienveillants.
Hélios et son canapé confortable (assez pour accueillir son corps fracassé par les combats, parfois) sur lequel il a déjà passé bien trop de nuits –d’ailleurs, il avait fait une pause, ces temps-ci.
Hélios et sa présence.
Solide. Tangible. Solaire et pourtant triste.

Il manque de s’étaler à l’intérieur quand enfin le battant contre lequel il s’est appuyé (faute de mieux) s’anime, se rattrape de justesse à la poignée avec un juron en gaélique sur les lèvres. Puis il relève un regard embrumé sur l’hôte de son refuge pour la soirée.
Un semblant de chaleur lui électrise quelque chose à l’intérieur –sa poitrine, son estomac qui tangue, impossible à dire. Il sait juste qu’il ne regrette pas d’être là.
« Salut. »
Prononcé avec  normalité, banalité, comme s’il était tout à fait décent qu’il frappe à sa porte à cette heure plus qu’avancée de la nuit, visiblement enivré (et triste, en plus de ça).
Ce ne serait pas la première fois.
Malheureusement pas la dernière non plus si Hélios n’apprend pas à lui claquer la porte au nez.
« T’aurais un peu de place sur ton canapé ? » demande-t-il presque trop poliment en tentant de glisser un regard vers l’intérieur sans trop perturber son équilibre bancal, par-dessus l’épaule de l’autre homme.
Restes tenaces d’une éducation où on lui a appris à ne pas s’imposer chez les gens.
Même si c’est précisément ce qu’il est en train de faire, alors qu’il tente un sourire ensoleillé à l’adresse du plus vieux. Comme si ce dernier, avec son caractère si intrinsèquement généreux, allait le laisser dehors, sans réelles défenses, à la merci de n’importe qui et n’importe quoi.
A la merci de son propre cœur malade, surtout.




--- unstoppable
With every ounce of my blood, with every breath in my lungs...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t611-aisling-o-luain-eddie-redm
MessageSujet : Re: HELIOS&AISLING » And maybe if I just drink half, I'll be half-buzzed, for half of the time ; who's the mastermind behind that little line ?    Sam 15 Déc - 19:12
Hélios Ninos
Hélios Ninos

Ἥλιος
« THE GOOD GUY »

posts : 197
points : 284
feat : rufus sewell
multis : joseph, le méchant lézard (compte principal).
crédits : av: dante le magnifik; sign: kataii, tyler; profil: mark harrison.
Âge : 43
logement : the old lady – #305.

Cela fait déjà un moment que l’idée de cette soirée bouillonne en eux. Depuis leur rencontre fortuite au centre de réinsertion, où ils s’étaient tous deux portés volontaires pour la décoration du sapin de Noël, ils n’avaient cessé d’ajouter dans leur chaudron toutes sortes d’ingrédients à haute émotion : de l’intérêt, de la sympathie, une pincée de peur et une bonne dose de désir – le tout laissé à petit feu. Soumis à la loi de l'attraction, le mélange chimique grandissait, débordait et menaçait d’exploser. Afin d'éviter une catastrophe, une prise de décision s'imposait quant à leur relation : il fallait choisir entre bien faire les choses ou tout faire foirer.
Ainsi donc, ce fut un verre dans ce bar dont elle lui avait tant parlé, ce « microcosme de paix, comme un îlot où le temps s’arrête au milieu d’un océan de guerre ». Cette phrase avait impressionné Hélios – le bar lui avait plu d’emblée, mais plus encore, la fille s’était soudainement imposée dans sa vie et avait teinté ses journées d’une attente savoureuse. Lorsqu’il pensait à elle, il avait cette pulsation au ventre, qu’on appelle communément « papillons », et que lui comparait plutôt à une révolution intestinale.
Le bar était à la hauteur de ses attentes – Tania aussi. Tania était même au-dessus du bar, et largement. Tania avait de l’esprit et de la classe, elle était drôle, belle et avait un soupçon de sensualité, ni trop effacé ni trop exacerbé, qui faisait davantage tourner la tête d’Hélios que leurs pintes de bière. Une soirée parfaite sous tous les points, une relation qui lui donnait déjà le vertige, et Tania bien décidée à voir cette magnifique carte du monde accrochée au mur de son salon, et dont Hélios lui avait tant parlé… qu’est-ce qui pouvait potentiellement mal tourner ?

Tania a les lèvres douces et sucrées, mais elle se consume d’une passion qui leur brûle la peau. Si la fougue de la jeune femme le surprend tout d’abord, Hélios se reprend vite. C’est à celui ou celle qui sera le plus démonstratif. La température est brutalement montée, le corsage a été dégrafé, les chemises arrachées des dos perlant de désir.
Il est trois heures. Il est tard. Il y a un instant encore, la pensée du sommeil s’immisçait à l’esprit épuisé d’Hélios. Cette journée, déjà longue et éreintante, avait été ponctuée par deux visites chez les Perez, dont le petit garçon, Juan, souffrait dangereusement de la fièvre. Une famille d’émigrés comme elle avait tout intérêt à mourir en silence, réalité affreuse qu’Hélios ne pouvait ni cautionner ni tolérer. Il avait fait des pieds et des mains pour trouver les antibiotiques nécessaires et autres médicaments pour soulager les symptômes, mais il craignait qu’une hospitalisation ne soit absolument nécessaire. La vision du petit corps recroquevillé sur lui-même, comme déjà à moitié mort, avait retourné le cœur du médecin. Il ne s’était jamais fait à la souffrance, et encore moins à celle des enfants.
Si la présence de Tania l’avait éloigné de ces pensées obscures, les coups à sa porte ramenèrent les inquiétudes dans son cœur. Brutalement, l’image des Perez se fraya un chemin et ni les caresses ni les yeux implorant de Tania ne l’en sauvèrent. « Pardonne-moi, je crois que c’est vraiment important », dit-il, soudain foudroyé par le sérieux. Voyant cet air, la jeune femme revient sur terre en même temps que lui.
Le brusque retour à la réalité, l’ascenseur émotionnel, cette douche froide épouvantable font légèrement trembler les mains d’Hélios. Lorsqu’il s’empare de son téléphone, ses paumes sont moites. Le désir s’est mélangé à l’inquiétude, et le mélange lui donne des sueurs froides. Il n’a manqué aucun appel des Perez. Pas même un message. Au moins, il est rassuré là-dessus.
Il enfile sa chemise et renferme son pantalon, tandis qu’il explique l’urgence à Tania. Elle le couve d’un regard calme, lui sourit et s’enfonce sous les couvertures en le rassurant. Son humanité lui plaît. Elle lui trouve un petit air d’héros.

« J’arrive ! », lance-t-il, presque à mi-voix, soucieux de ses voisins. Il tourne la clef dans la serrure et tire la porte d’un coup. Une masse vaguement humaine tombe vers lui, se rattrape, se recule. Le cœur d’Hélios fait un bond, se retourne, se fige. Lorsqu’il aperçoit son ami, il est à la fois soulagé et contrarié, ce qui peint une expression étrange sur sa physionomie.
Aisling, encore Aisling. Depuis combien de temps ne l’avait-il pas vu ? Depuis la dernière fois. La même dernière fois. Lui, ivre et triste, s’écroulant sur son canapé et disparaissant le lendemain. Parfois, Hélios se demande s’il ne confond pas son appartement avec une chambre d’hôtel.
Une place sur son canapé ?
Encore. Hélios pince les lèvres. L’irritation sied tellement mal à son visage qu’on la reconnaît mal. Il soupire et cela ressemble à un souffle inquiet. Ses yeux vont chercher la porte de sa chambre, dans le fond du salon. Ce n’est pas le moment, Aisling. Il suffit juste de le dire. Honnêtement. Après tout, il n’est pas un hypocrite, n’est-ce pas ?
Le canapé est pris. Mais c’est faux. Quoi, il refuserait l’hospitalité à ami dans le besoin au profit d’une baise dans ses draps ? Non, cela ne lui ressemble pas, il est au-dessus de ça.
« Bien sûr, entre, Aisling. » Il s’écarte pour le laisser clopiner jusqu’au saint graal : un vieux divan, dur mais solide, un peu étroit mais bon pour la colonne vertébrale. Sur la table basse, son verre et celui de Tania sont restés entamés – ils ne les ont pas finis.
A croire qu’ils n’auront rien fini, ce soir.


But I being poor
have only my dreams



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t747-helios-ninos-rufus-sewell#
MessageSujet : Re: HELIOS&AISLING » And maybe if I just drink half, I'll be half-buzzed, for half of the time ; who's the mastermind behind that little line ?    Mer 19 Déc - 23:41
Aisling Ó Luain
Aisling Ó Luain
Une plume qui s'étouffe dans le goudron.

posts : 31
points : 143
feat : Eddie Redmayne.
multis : Aaliya & Freyja.
crédits : Valtersen (avatar), anaëlle (signature), de Palmas (quote profil).
Âge : 34
logement : The Old Lady -F3, n°503, 5ème étage. Les couleurs de l'Irlande disséminées un peu partout, le stock de bière jamais en grève.
WHO THE FUCK TAUGHT YOU HOW TO PERSEVERE ?

Who's the mastermind behind that little line? DECEMBER 2018 – around 3 a.m.
The Bronx, New-York City

Demain, il culpabilisera sûrement un peu d’avoir une nouvelle fois abusé de l’hospitalité (et surtout de la gentillesse infaillible) d’Hélios. Culpabilité assez puissante pour le sortir de sa torpeur et l’arracher au confort du canapé où il aura échoué, en dépit d’un mal de crâne à (presque) en maudire la Guinness, avant que l’autre homme ne soit levé. Culpabilité qui lui fera oublier les remerciements qu’il n’a que de trop rares fois répétés une fois l’aube d’un nouveau jour venue, et la sobriété pour seule compagne fantôme.
Mais pour l’instant, il se trouve là, incertain sur ses grandes jambes incapables de lui offrir un équilibre correct, les instincts anesthésiés et le cœur comme un boulet trop lourd qui lui emprisonne les chevilles, à quémander un bout de canapé, un petit espace dans l’intimité de l’ancien médecin, parce qu’il se sent incapable d’encaisser sa propre solitude et qu’il ne sait juste pas où aller. Enfin, ce n’est pas réellement qu’il se sait pas où aller (ou que l’alcool qui lui embrase les veines a atteint son cerveau à ce point-là) ; c’est plutôt qu’il n’a pas envie d’être ailleurs que dans cet appartement à l’atmosphère grisante de chaleur et de vie, en compagnie d’un ami –même silencieux, même endormi. L’expression qu’affiche Hélios alors qu’il le considère à sa porte en silence est un mélange étrange d’émotions qu’Aisling peine à comprendre, la faute à la liqueur qui noie ce genre de préoccupations dans l’oubli et s’accorde à ses envies qui lui soufflent que l’autre homme acceptera sa venue, qu’importe à quel point sa visite improvisée le gêne ou l’agace. A vrai dire, le plus vieux lui a trop souvent ouvert sa porte pour que l’inconscient imbibé d’alcool du roux se souvienne encore d’autre chose, en dépit de la demande qu’il profère malgré tout, le regard certainement plus implorant qu’il ne l’aurait voulu (sobre) et le sourire relevé, charmant, comme pour convaincre son interlocuteur qu’il n’est pas si mal que ça, qu’il sera discret et qu’il repartira avant même qu’il ne se souvienne de sa présence (si seulement cela pouvait se passer ainsi).

La voix douce l’invite, cède, et l’Irlandais obtempère sans patienter, peu sûr de sa capacité à se maintenir debout sans réel soutien physique encore plus longtemps, encore moins enclin à poursuivre ce semblant de conversation entre le couloir froid et l’intérieur.
« Merci. » prononce-t-il avec sincérité, l’une de ses mains agrippant l’épaule d’Hélios dans un geste amical tandis qu’il se glisse dans son appartement.
Ses pas maladroits le conduisent sans hésitation vers son point de chute préféré, guidés par l’instinct inébranlable de l’habitude –il faut dire que ce chemin, il l’a effectué dans tous les états possibles, le corps perclus de douleurs, l’esprit bien plus embrumé que maintenant, trop rarement sobre et bien-portant. Il parvient néanmoins à faire l’effort de se vautrer dans le canapé en gardant une position assise, qu’importe à quel point l’accoudoir appelle son crâne à un repos qu’il estime en toute objectivité bien mérité. Son regard se promène sur la silhouette d’Hélios, vogue sur la carte du monde gigantesque où il cherche par réflexe l’Irlande (difficile à voir, à cette distance), peine à se concentrer sur quoi que ce soit, et tombe finalement sur les deux verres entamés. Ses pensées sautent d’un sujet à l’autre sans grande logique alors qu’il s’empare d’une coupe par réflexe, penchant le nez à l’intérieur pour tenter d’en deviner le contenu –c’est la flagrance capiteuse du vin qui agresse ses sens, le pousse aussi à éloigner l’effronté d’un mouvement presque trop rapide, froncement de sourcils et légère grimace d’inconfort à l’appui. Il le repose avec une délicatesse exagérée à côté de son conjoint, avant que ses neurones enivrés ne finissent par faire un minimum sens de ce que ses yeux perçoivent.
Deux verres, Ace.
« Tu as passé la soirée avec quelqu’un ? » s’entend-t-il murmurer, ses intonations curieuses encore plus écharpées par son accent qu’habituellement.
Prenant place un peu plus confortablement, son regard tente pourtant de garder le cap, de trouver celui, autrefois si chaleureux, d’Hélios, et qui ce soir lui semble un peu plus lointain.
Peut-être que ce sont juste ses pensées qui s’emmêlent un peu trop.
Ses pensées dont une idée finit par cisailler brutalement l’ivresse, alors qu’il se tend, jette un regard un peu plus alerte autour de lui, à la recherche du propriétaire du second verre. Par réflexe, il lutte contre ses muscles épuisés pour se redresser un peu, adopter une position plus décente, restes tenaces d’une éducation bien ancrée en lui alors qu’il passe une main dans ses cheveux puis sur son visage dans l’espoir vain de remettre un peu sa tête à l’endroit, de paraitre plus sobre qu’il ne l’est. En d’autres endroits, il n’en aurait eu rien à faire, mais il n’est pas chez lui ou entouré d’Irlandais à moitié ivres qui le connaissent pour la plupart depuis qu’il sait aligner trois mots, et même si l’environnement lui demeure familier, cela reste le foyer d’Hélios. Et si ce dernier est habitué à le voir ainsi, sûrement que son invité ne doit pas s’attendre à cela du tout ; Aisling commence à comprendre que par respect pour son ami, il ne devrait effectivement pas être là.
« Elle est toujours là ? » s’enquiert-il, incertain de la marche à suivre alors qu’il considère l’autre homme.
Cela devient compliqué de rester concentré mais il s’acharne, quand bien même son corps n’aspire qu’à trouver l’étreinte du canapé et s’oublier dans le sommeil.
« Ou il ? » marmonne-t-il plus fort qu’il ne l’aurait voulu, brutalement inspiré par le souvenir du sourire d’Isaac qui s’invite dans son crâne pour le fuir tout aussi tôt.
Et ne laisser que gravas et tristesse dans son sillage, fugitif coupable. Fuite à laquelle Aisling lui-même a une nouvelle fois succombé ce soir, alors même qu’il reproche ce comportement à son ancien amant.
Qu’il se retrouve chez Hélios, à espérer bêtement que ce dernier voudra bien le retrouver.




--- unstoppable
With every ounce of my blood, with every breath in my lungs...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t611-aisling-o-luain-eddie-redm
MessageSujet : Re: HELIOS&AISLING » And maybe if I just drink half, I'll be half-buzzed, for half of the time ; who's the mastermind behind that little line ?    Jeu 20 Déc - 13:27
Hélios Ninos
Hélios Ninos

Ἥλιος
« THE GOOD GUY »

posts : 197
points : 284
feat : rufus sewell
multis : joseph, le méchant lézard (compte principal).
crédits : av: dante le magnifik; sign: kataii, tyler; profil: mark harrison.
Âge : 43
logement : the old lady – #305.

Aisling n’est ni le premier ni le dernier à trouver dans l’appartement d’Hélios un sanctuaire. Ces murs, c’est un temple de paix et de sécurité, l’arche qui sauvera ses passagers du déluge, avec une porte toujours ouverte pour les amis et close pour ceux qui les tourmentent. Le cliquetis de la serrure scelle le destin de l’Irlandais, tandis qu’il se traîne, tout tremblant, vers le divan. Instantanément, il a l’air soulagé. C’est la force de ce canapé magique (la force de n’importe quel canapé, peut-être, lorsque l’alcool fait de la gravité un adversaire de taille).
Les yeux d’Aisling se posent sur l’immense carte du monde. Vu son état, il se croit peut-être déjà rentré chez lui, par la seule puissance de son imagination. Si seulement toutes ces courbes avaient le pouvoir d’emporter ailleurs quiconque les regarde, Hélios ne serait plus ici. Où partirait-il, d’abord ? C’est plus fort que lui, la pensée s’impose à son esprit sans la moindre pitié : Londres. Londres, bien sûr, pour espérer y croiser Achille. Après tout, après la carte magique, tous les rêves sont permis – il lui suffirait de réclamer au destin une rencontre fortuite, et voilà que, au croisement de Chester Street et Wilton Mews, il lui tomberait simplement dans les bras. Hélios ? – Achille ? – Achille ? – Hélios ? – Ce n’est pas croyable ! Et voilà qu’ils repartent, tout joyeux, pour un déjeuner au cœur de la capitale. Il lui conterait l’incroyable aventure de la carte, et Achille finirait par y croire. Mais avant, il lui faudrait une preuve, lui aussi voudrait effectuer un voyage. Très bien, où veux-tu aller ? – Partout, avec toi. Et ainsi commencerait leur périple ; et ainsi, Achille ne disparaître plus jamais dans cette conserve volante qui le ramène chaque mois en Angleterre.
Arrête, Hélios, arrête. Ridicules, ridicules fantasmes d’un cœur dégénéré. Un cœur bon à jeter à la poubelle, à donner aux chiens, à lancer contre le mur. Aisling étudie le contenu du verre, Hélios passe sa main gelée sur son visage. Pourquoi a-t-il si froid, tout d’un coup ? Il referme tant bien que mal sa chemise, mais les boutons glissent entre ses doigts et il doit s’y reprendre une seconde fois en constatant qu’il a décalé leur ordre.

La soirée avec quelqu’un ? Est-ce qu’il a passé la soirée avec quelqu’un ? Cela lui semble-t-il si difficile à croire ? L’irritation lui agrippe le ventre et remonte, comme une araignée, le long de son estomac. Il la sent, tapie derrière ses côtes, à remuer vicieusement et à le chatouiller de l’intérieur. Pourquoi la présence d’Aisling le met-il dans cet état ? Ce n’est pas à cause de Tania. Elle, elle comprendra. Ils se reverront plus tard. Et d’ailleurs, Hélios lui proposera de rester pour la nuit, et il se fera pardonner au petit matin, lorsqu’Aisling sera partit comme un fantôme, comme un ingrat, comme un voleur.
Il passe une nouvelle fois sa main sur son visage. Aisling n’est qu’un parmi tant d’autres. Les corps égarés débarquent à la pelle, à toutes heures, pour chercher la main d’or de leur ami. Aisling n’est qu’une brebis parmi tant d’autres. Il est de celles qui viennent, qui prennent et qui repartent – et c’est ainsi, et tout va bien. Hélios sait donner sans réclamer. Il aime donner.
Il est naïf. Gratuit. Parfois idiot.
Il vaut ce qu’on lui prend.
Hélios se tient dans l’ombre, derrière le canapé, là où Aisling ne le voit pas. Si Tania n’est pas le problème, et si Aisling n’est qu’un parmi tant d’autres, pourquoi est-ce que la générosité illimitée d’Hélios prend à ce point la grosse tête ? Pourquoi ces coups au bas du ventre ? Pourquoi cette araignée répugnante qui remonte dans sa gorge ? Son cœur se contracte, il est épuisé. Brutalement, la colère inonde sa poitrine.
Parasite. Arrête, Hélios, arrête. Tu n’es qu’un enfant. Les caprices n’ont plus la place dans la vie d’un homme. C’est la fatigue des derniers jours, c’est l’heure tardive, c’est juste une nuit un peu plus sombre. Mauvaise heure, mauvais battement de cœur. Et cette chevelure de feu qui se redresse.

Il a froid, maintenant. Des frissons lui lèchent la peau, comme des glaçons se glissant par ses pores. C’est qu’il doit tomber malade. Il ne la pas senti venir, la grippe saisonnière. Il est sur le point d’enfiler sa veste, lorsque les deux questions viennent lui trancher le diaphragme. L’araignée lui chatouille la glotte. D’un pas lent et pesant, Hélios s’avance vers la table basse. Il prend son verre, et, d’une gorgée, avale la bête qui menace de s’évader. Hélios connaît le poids des mots. Il sait que ceux-là doivent rester dans leur cage.
« Oui, elle est toujours là. », dit-il d’un ton si contrôlé qu’il en paraît vaguement humain. La voix qui s’échappe de ses lèvres n’est pas celle d’Hélios. Son regard érafle Aisling et semble laisser, dans son sillage, une vilaine cicatrice.
Hélios repose doucement le verre sur la table. Le claquement du verre émet un son qui lui fait mal aux dents. Enfin, il prend une grande inspiration, si grande que ses poumons semblent prêts à exploser, et expire un souffle de dragon. Hélios est mauvais acteur dans la vie. Ses yeux ne font pas semblant. Mais heureusement pour lui, ceux d’Aisling ne doivent plus voir grand-chose.
« As-tu besoin de quelque chose ? Je vais t’apporter de l’eau. Et une couverture. » Les quelques rayons d'un sourire se battent sur son visage. Son regard se pose partout où n’est pas celui d’Aisling.
Un parmi tant d’autres, et le seul à lui donner mal au ventre. Pourquoi ?


But I being poor
have only my dreams



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t747-helios-ninos-rufus-sewell#
MessageSujet : Re: HELIOS&AISLING » And maybe if I just drink half, I'll be half-buzzed, for half of the time ; who's the mastermind behind that little line ?    

Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Château de Falaise du 10 au 12 août 2012
» Avantime Hélios Dci 2003
» Blocage du port de Zeebrugge en mai 1940
» waterline
» Recherche des Verre Long Drink F913

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
BETON ARME :: LA VIE, LA VRAIE :: The Old Lady :: Les Appartements-
Sauter vers: