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 je me perds encore mais j’ai le goût du large. (aisling)

MessageSujet : je me perds encore mais j’ai le goût du large. (aisling)   je me perds encore mais j’ai le goût du large. (aisling) EmptyDim 2 Déc - 0:34
Lilija Ausra
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je me perds encore mais j’ai le goût du large


here comes the sun, here comes the sun, and i say it’s all right. little darling, it’s been a long cold lonely winter; little darling, it feels like years since it’s been here. here comes the sun, here comes the sun and i say it’s all right. little darling, the smile’s returning to the faces; little darling, it seems like years since it’s been here. here comes the sun, here comes the sun, and i say it’s all right.


« Aisling ? Vous voudrez bien passer à mon bureau après votre service ? J’aimerais que nous nous parlions, tous les deux. » La voix avait été ferme mais teintée de douceur. Un reste de bienveillance que Lilija puisa au creux de sa poitrine aride et asséchée. Elle appréciait pourtant Aisling – elle appréciait davantage son travail au sein de son entreprise d’escorts. Elle voyait son regard professionnel et surtout attentif sur ses filles. Ses pupilles. Elle avait hésité à lui faire confiance de prime abord ; elle avait éprouvé des regrets de l’avoir embauché la première fois qu’elle l’avait vu arriver à l’hôtel avec le visage tuméfié. Mais Aisling avait gagné sa confiance – autant que la blonde pouvait se le permettre en tout cas.
Alors malgré ses inquiétudes et ses réticences, elle avait gardé Aisling depuis tous ces mois. Elle avait gardé Aisling comme ange gardien de ses filles. Ce n’était qu’un emploi à mi-temps et il n’était pas présent tous les soirs dans l’établissement mais son Cerbère, comme Lilija aimait à l’appeler, faisait son travail comme il lui était demandé. Ce soir, ça faisait déjà plusieurs mois qu’il travaillait pour elle et la femme désirait savoir comment il se sentait ici. S’il était satisfait de sa position, de ses heures. Si elle pouvait continuer de continuer sur lui pour les mois à venir.

Lilija s’installa à son bureau, soupirant alors qu’elle laissait aller sa tête contre le dossier de son fauteuil en cuir. Hier soir elle avait eu sa sœur au téléphone et sa voix lui avait semblé éteinte. Nerveuse. Elle lui avait pourtant soutenu que les affaires là-bas marchaient bien mais Lilija ne la croyait pas. Elle avait appris à ne plus croire en sa sœur – plus depuis qu’elle l’avait vue pour la première fois les bras piqués d’héroïne. Une nouvelle fois, elle se demanda si elle avait véritablement bien fait de laisser son entreprise à sa sœur. Elle avait pensé qu’un peu de stabilité et surtout des responsabilités aideraient sa jeune cadette à garder le cap sans elle. Peut-être Lilija aurait-elle dû la garder près d’elle pour pouvoir veiller sur elle. Pour pouvoir avoir un œil sur elle.
La blonde pressa les paupières un instant. Elle se sentit soudainement lasse. Fatiguée. Comme si le poids qui affaissait ses épaules depuis toutes ces années s’alourdissait un peu plus encore. Son dos se courbait, ployant sous les souvenirs, les regrets. Les erreurs. Les souvenirs semblaient affluer, s’écraser contre la digue de ses protections.
La gorge sèche, elle se sentit serrer les poings juste avant que quelques coups ne soient frappés à sa porte qui était restée ouverte. Déjà ? Elle n’avait pas eu conscience de s’être perdue ainsi dans le temps. « Entrez Aisling, elle lâcha rapidement. » Lilija s’en voulut de s’être laissée surprendre ainsi. Elle s’en voulut d’avoir lâché prise alors qu’elle se forçait à toujours être en contrôle, à chaque instant. D’une main gracile, elle lui indiqua le fauteuil dans lequel s’assoir. « Installez-vous. Si je désirais discuter avec vous, c’était pour faire un peu le point maintenant que vous vous êtes bien intégré à l’entreprise. Je tenais à savoir comment vous vous sentiez ici, si vous étiez satisfait de votre position au sein du réseau. Le nombre d’heures correspond-il à vos attentes ? » Quelque part, Lilija espérait que Aisling lui réponde non. Elle espérait qu’il lui donne une raison de pouvoir l’embaucher de manière plus permanente, plutôt que de l’avoir un soir sur deux. Son business s’étendait et elle avait besoin de s’entourer de gens en qui elle pouvait avoir confiance. Et le jeune homme en faisait partie, d’une certaine manière.


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MessageSujet : Re: je me perds encore mais j’ai le goût du large. (aisling)   je me perds encore mais j’ai le goût du large. (aisling) EmptySam 16 Mar - 19:24
Aisling Ó Luain
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Je me perds encore mais j’ai le goût du large.DECEMBER 2018
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Lorsque la voix de Lilija envahit son espace, Aisling ne détourne que quelques secondes son attention, intrigué, pour lui signifier poliment son accord –son aura écrasante, qui inspire un respect proche de l’admiration, envoûte et souffle un danger bien présent, lui inspire toujours ses plus belles manières. Puis il retourne à son poste de surveillance, alerte mais pas tendu comme il peut l’être lorsqu’il se trouve à l’affut du danger. Son état est plus intermédiaire, voyage  dans un paysage de gris. Pourtant, il sait qu’à la moindre alarme, tous ses muscles se banderont comme au sein du cercle de combats, alors qu’il fera machinalement jouer son poids sur ses pieds, prêt à danser s’il le faut.
Généralement, il n’a pas à en venir jusque-là –et heureusement-, en dépit de l’envie qui lui bousille les poings –rien qu’un regard apeuré ou le dessin d’un coup tatoué sur ces femmes qui se vendent peut le faire vriller, et contenir sa violence s’apparente à emprisonner un animal enragé.
Certes, il n’affiche pas la carrure impressionnante de l’autre colosse qui garde les filles de la blonde et les protège. Il ne peut se vanter d’avoir les épaules bien bâties et les bras imposants, d’insuffler, par sa seule présence physique, un semblant de peur dans les esprits de ceux qui viennent butiner les fleurs de Lilija. Mais le danger repose ailleurs en ce qui le concerne, guette dans la rapidité fracassante de ses réactions, les réflexes acquis après des années de boxe et d’affrontements clandestins, se dissimule dans les menaces explicites de ses regards qui parfois cisaillent ses mots. Les moins stupides comprennent vite la sauvagerie qui paraisse dans ses muscles, qui étincèle dans son regard.
Sinon, que ferait-il là, au juste ?

Un semblant de crainte, impossible à réprimer, l’éprend brutalement lorsque son service prend fin, qu’il veille à ce que sa relève soit assurée, et qu’il se dirige finalement entre les murs à la décoration épurée pour rejoindre le bureau de sa patronne. Un étrange sourire, un peu amusé, ironique, gagne ses lèvres alors qu’il remarque une nouvelle fois avec quelle aisance ils ont transposé leur relation initiale pour en faire ce qu’elle est aujourd’hui : en un sens, il lui rend toujours un service, et elle le paye pour cela, échange aux fondations de leur rencontre dans la boutique de fleurs où il travaille en journée. Mais les règles ont bien évolué, le paysage a connu un drastique changement.
Cela le laisse toujours un peu dans le flou, quant à ce qu’il pense vraiment de ce job, de cet endroit.
De Lilija.
Une voix claire répond à ses coups discrets sur la porte du bureau, il y pénètre sans se sentir mal-à-l’aise ou écrasé par la présence de la blonde qui se respire partout dans cet espace. Confiant mais pas irrespectueux. Ses iris effleurent les coins et reliefs de l’endroit, avant de se poser avec franchise contre les traits aux expressions si contrôlées de la blonde, affrontant la glace du regard qu’elle appose sur son ombre. La beauté qui embellit son visage, marque sa peau pâle et semble devenir de plus en plus magnétique alors que le temps dessine déjà quelques rides au coin de ses yeux acérés, a ce quelque chose d’envoutant et dangereux à la fois. Parfois, il se demande si elle en use pour parvenir à faire tomber les filles qu’elle engage dans ses filets. Combien se sont laissées charmer par les jolis mots entre les lèvres tendres, l’air angélique derrière la dureté qui semble incrustée sur ses traits ? Combien ont succombé, sans vraiment comprendre ce qui allait leur arriver ?
Puis il se rappelle qu’au fond, tout cela n’est que le fruit de ses propres préjugés, de sa méfiance aussi –il ne connait rien de ses méthodes de recrutement, même s’il ne peut se fier aux airs que les filles elles-mêmes arborent en grandes comédiennes.
C’est troublant, cette façon sensiblement similaire qu’ils ont de dissimuler le danger qui les caractérise.
Il s’assoit rapidement en reconnaissant son appétit pour l’efficacité et le peu de temps qu’elle accorde aux paroles sans importance, attentif, curieux de connaître les raisons qui motivent cette conversation en tête-à-tête. L’aspect presque familier des choses lui feraient presque oublier qu’il travaille à la frontière de la légalité depuis qu’elle lui a confié cet emploi –cela sonnerait presque comme un échange de routine entre manager et employé.
Si le mot réseau ne le rappelait pas à la réalité.
« Je suis bien là où je suis. » prononce-t-il néanmoins avec prudence, après un court moment de réflexion.
Elle n’est pas n’importe qui –et ça, Aisling l’a bien compris.
S’il n’a jamais été bien doué pour manipuler les mots, il sait que la franchise est ce qu’il peut lui offrir de mieux, tout comme elle lui évitera de se retrouver dans une position qu’il jugerait non enviable.
« C’est un travail qui me correspond bien, et j’espère que vous en êtes satisfaite. » avance-t-il posément, en trouvant son regard.
Elle n’aurait certainement pas hésité à lui signifier le contraire autrement.
D’ailleurs, elle n’a pas retenu ses mots lorsqu’il est venu pour la première fois le visage encore coloré par la violence d’un autre.
« Concernant le nombre d’heures, je pense qu’il serait peut-être intéressant que je prolonge mes nuits. J’aimerais le faire, si c’est possible, explicite-t-il en tentant de mettre en mots une idée qui le taraude depuis quelques temps déjà. A vrai dire, cela dépend surtout de vos besoins. »
Moins de temps pour dormir mais un peu plus d’argent « légalement » acquis, surtout que le magasin de fleurs ouvre relativement tard. C’est un rythme qu’il pense pouvoir tenir, alors il espère que cela puisse également lui rendre service, que cette proposition lui soit assez avantageuse pour qu’elle accepte.









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MessageSujet : Re: je me perds encore mais j’ai le goût du large. (aisling)   je me perds encore mais j’ai le goût du large. (aisling) EmptyDim 31 Mar - 10:32
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Il y avait cette aura de tranquillité et de force qui émanait de Aisling que Lilija appréciait grandement. C’était probablement une des raisons qui avait poussé la blonde à l’engager pour garder en sécurité chaque fille de son réseau. Parfois, elle voyait bien les éclats de la violence qui venaient foudroyer ses pupilles ; elle voyait également ce vide au fond des iris. Un vide qu’elle ne connaissait que trop bien pour ressentir le même. Pour en ressentir les affres sur son âme fatiguée.
Quelquefois, elle se demandait ce qui avait pu creuser ce trou béant à l’intérieur de lui. Quelquefois, elle tentait de sonder son esprit pour en comprendre les méandres. C’était instinctif, comme une protection. Aisling était au contact de ses filles et ses filles étaient précieuses à ses yeux. La Lituanienne devait être certaine de pouvoir lui faire confiance, certaine de pouvoir lui confier la sécurité de ses filles. Avec le temps, elle avait appris à se reposer sur lui, à ne pas partir le soir avec la crainte au ventre qu’il ne leur arrive quoique ce soit. Mais restait une sorte de méfiance, restait une petite voix qui lui susurrait souvent de ne jamais baisser sa garde.
De ne jamais totalement faire confiance.
« J’en suis très satisfaite, elle commenta avec un fin sourire poli et maîtrisé. Vous le sauriez si tel n’était pas le cas. » Lilija n’était pas femme à mâcher ses mots. Et parce qu’elle savait toujours ce qu’elle désirait, parce qu’elle ne supportait pas les écarts et ne pardonnait pas les erreurs, elle tenait chacun et chacun de ses employé.es d’une main de fer dans un gant de faux velours. Si elle savait se montrer magnanime et compréhensive, la blonde n’en restait pas moins ferme et surtout intransigeante avec les personnes qui l’entouraient. Et plus ces personnes étaient importantes, moins elle acceptait les erreurs.
Une fois, une seule, le roux lui avait montré une autre facette de sa personnalité qui lui avait déplu. Une fois. Juste une seule. Et Lilija n’avait pas caché sa déception et sa colère face à ce visage tuméfié, coloré de violence et de haine. Elle avait accordé à son employé une seconde chance parce qu’il avait toujours fait preuve avant cela d’une fiabilité sans pareille. Et depuis, la femme pouvait s’enorgueillir de ses qualités de garde du corps et d’ange gardien pour ses filles.

Lilija se sentit sourire de satisfaction lorsqu’il émit l’idée de rallonger ses services. C’était exactement ce qu’elle avait espéré de lui -et comme à chaque fois qu’elle obtenait ce qu’elle désirait, elle sentait comme un frisson délicieux lui parcourir la peau. « Je suis heureuse que vous le proposiez de vous-même, Aisling, elle lâcha, car c’est exactement la raison pour laquelle je vous ai demandé de venir ici aujourd’hui. »
La blonde s’enfonça dans le dossier de son fauteuil, sentant sa colonne vertébrale et les muscles de son dos se détendre. « J’aimerais pouvoir prolonger vos services, effectivement. Ce ne serait pas un temps plein, mais vous feriez plus d’heures ici, à l’hôtel. » Elle croisa les doigts sur ses jambes croisées. C’était une décision à laquelle elle avait beaucoup réfléchi, une décision dont elle avait longuement discuté avec son autre ange gardien. Il n’avait pas tari d’éloges sur le travail de Aisling, et elle avait été plus que satisfaite de tous les rapports qu’elle obtenait régulièrement. « Maintenant je sais également que vous travaillez dans un magasin de fleurs et il est bien évidemment hors de question que vous bâcliez l’un ou l’autre de vos emplois alors je voudrais discuter avec vous de comment vous pourriez vous organiser pour tenir le rythme si vous vous en sentez capable. » La blonde se sentit froncer légèrement les sourcils. « Vous avez fait un travail exemplaire jusqu’ici, je me sentirais bien déçue si cela devait changer, termina-t-elle avec sérieux. Alors j’attends que vous soyez parfaitement honnête et que vous réfléchissiez bien avant de prendre une telle décision. » Elle n’aurait aucun problème à ce qu’elle refuse même si elle s’en sentirait contrariée malgré tout. Elle préférait encore s’arranger d’une autre façon plutôt que le rouquin se surestime et mette en danger ses filles.



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MessageSujet : Re: je me perds encore mais j’ai le goût du large. (aisling)   je me perds encore mais j’ai le goût du large. (aisling) EmptyJeu 25 Avr - 16:51
Aisling Ó Luain
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Il doit lutter contre le sourire étreint de satisfaction qui se débat sur ses lèvres lorsqu’elle souligne que son travail lui convient –il ne voudrait pas lui paraitre suffisant, et s’efforce d’adopter l’attitude la plus professionnelle et respectueuse sans délaisser sa prudence naturelle, un équilibre dont il n’a pas l’habitude mais qu’il maintient scrupuleusement. Les mots caressent son estime et embrasent quelques étincelles de contentement réfugiées au creux de sa poitrine. Il ne doute pas une seconde qu’elle n’aurait en rien gardé pour elle ses remarques s’il avait fait quelque chose qui lui avait déplu ou s’il ne s’était pas montré à la hauteur de ses attentes d’une façon générale. L’exigence implacable de Lilija est connue de tous parmi ceux qu’elle emploie ; cela ne le gêne pas, au contraire, elle ne s’en cache pas, pose très clairement ses règles et ses attentes. C’est quelque chose qu’il apprécie chez elle, une des raisons pour lesquelles il apprécie travailler à l’hôtel : sa position et ses devoirs y sont clairement définis. Il admire la façon subtile avec laquelle elle leur insuffle assez de confiance pour leur donner envie de la satisfaire –et cela peut s’avérer très gratifiant, comme il l’expérimente en cet instant.
La satisfaction du travail mené à bien, quelque chose qu’il ne goûte pas souvent, et qui prend une signification autre en cet instant, alors qu’elle laisse entendre qu’elle désire, tout comme lui, qu’il rallonge ses horaires. Par réflexe, il se redresse un peu plus, sans quitter son visage aux émotions calmes du regard, et il l’écoute avec la plus grande attention, s’attache à décortiquer chaque mot qui se fond sur les lèvres de sa patronne. Cela fait un moment qu’il y réfléchit, mais voir cette possibilité se concrétiser, la sentir prendre vie sous les effleurements des paroles posées de Lilija, le force à plus de retenue et de prudence également.
Il sait à qui il à affaire –ou plutôt, il croit savoir, et cette certitude qui peu à peu s’est modelée en lui, au fil des mois passés à la rembourser puis à travailler pour elle, l’enjoint à modérer l’entrain qui claque dans ses veines. Le danger qui se dissimule derrière les traits durs à la beauté enivrante, la voix aux intonations incisives et graves, cet empire qu’elle a façonné de ses mains sans que jamais le sang ne vienne éclabousser l’ivoire de sa peau, est d’une subtilité retorse et vicieuse. Ce n’est pas ses poings qu’il lui faut craindre (elle ne s’abaisserait jamais à une telle démonstration de violence) mais son esprit brillant, l’influence qu’elle a construite comme un virtuose tissant une œuvre musicale des caresses délicates de son archet sur les cordes de son instrument.
Toujours se méfier des êtres qui lui offrent ce qu’il désire –même si ce n’est pas sans contrepartie (ce qui le met un peu plus à l’aise, toujours).
« C’est une éventualité que je mûris depuis un certain moment, lui avoue-t-il posément, sérieux. Cela m’a permis de réfléchir à comment partager équitablement mon temps entre mes responsabilités ici et au magasin de fleurs, et le repos nécessaire pour tenir le rythme. »
Il prend une inspiration un peu plus profonde.
Celle qui vient chercher l’oxygène jusqu’aux tréfonds de ses poumons pour l’expulser dans tout son corps prêt au combat.
« J’ai discuté de mes horaires avec mon patron, et il semble enclin à les décaler certains jours tant que je rattrape les heures le reste du temps, et que je reste disponible lors des périodes de gros rush, l’informe-t-il. Néanmoins, j’aimerais d’abord discuter avec vous de ces nouveaux horaires et  des nouvelles responsabilités qui les accompagnent, s’il y en a. »
La négociation commence là –et ce n’est qu’une autre sorte de bataille.








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