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 Histoire d'un refuge ft Lilija Ausra

MessageSujet : Histoire d'un refuge ft Lilija Ausra   Lun 26 Nov - 11:57
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Lukas Taifer
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Histoire d'un refuge@Lilija Ausra
Il dévalait les escaliers, pieds nus, vêtu simplement d'une robe verte. Son cœur battait à toute vitesse, ses cheveux étaient en batailles,  son œil droit le lançait, sa lèvre saignait et ses bras étaient couverts de coupures. Dans l'immeuble personne ne lui prêtait attention, ni même au cri du quatrième étage d'un homme ivre. Lukas avait prit la fuite, il essayait de mettre le plus de distance possible entre lui et son père, espérant qu'il n'est pas l'idée de le suivre. Il était essoufflé, manqua plusieurs fois de tomber des marches qui glissaient sous ses pieds. Il ne prêta aucun regard à la concierge quand il traversa l'entrée et sortie comme si l'immeuble expulser un corps étranger. Jusqu'à présent il n'entendait que le battement affolé de son cœur, mais une fois dans la rue, le bruit de celle-ci le ramena doucement dans le Bronx.

Sa mère était partie chez sa sœur pour une semaine et ce n'était que le premier soir. Celui du début du week-end. Il ne pouvait pas rentrer chez lui, c'était trop dangereux. Il aurait aimé qu'elle reste à la maison avec lui, mais il ne pouvait pas l'enchaîné, elle avait le droit de retrouver la famille. Lukas se laissa tomber au sol, éclatant en sanglot. Il pleurait de peur, de soulagement, d'angoisse. Il ne pouvait rien dire à sa mère, mais cela ne pouvait pas continuer : il ne pouvait plus vivre dans la peur à chaque fois qu'elle le laisser avec son père. Cet homme qui le haïssait, cet homme qui défoulait sa colère contre lui, par la violence, quand sa femme n'était pas là pour protéger l'être abjecte qu'ils avaient mis au monde. Seulement il était incapable de faire autrement, il voulait se prendre un appartement, mais il ne voulait pas s'éloigner de sa mère. Il était dépendant d'elle. Accepterait-elle même un jour de le voir prendre son envole loin d'elle ?

Tant bien que mal il se redressa, il ne pouvait pas rester sous la pluie devant son immeuble. Il fallait qu'il bouge, mettre encore de la distance entre lui et le diable. Il avait aussi envie de boire, encore et encore, mais il n'avait rien prit : ni téléphone, ni clés, ni portefeuille, pas même ses cigarettes. Il était sorti dès qu'il avait vu une ouverture pour fuir les coups et les bouteilles de verre. Si son corps le lançait de douleur, il ne se rendait pas compte des dégâts. Le problème était qu'il s'y était habitué depuis le collège. Prendre des coups étaient devenus ordinaire pour lui.

Lukas traversa la rue, faisant face à l'insultant jumeaux de sa propre maison. Il était propre, il brillait, mais il était grossier : il dénotait dans le quartier, il était habité par des gens aussi désespérés que lui, mais dont l'illusion de bonheur comptait plus que tout. Cependant, l'endroit serait une bonne planque. Jamais son père ne viendrait le chercher là ; ils n'y connaissaient personne. C'était d'ailleurs le problème, comment entrer ? Il n'espérait pas attirer la bonté du concierge qui paraissait bien trop propre sur lui pour prendre en pitié une jeune femme mal en point. Alors il commença à sonner à tous les appartements, espérant tomber sur une bonne âme. La plus part raccrochait sans même l'écouter. Il perdait espoir et il commençait à sentir le froid s'infiltrer en lui.

Il tenta un nouveau nom, la sonnerie raisonna, une voix féminine répondit et Lukas commença le monologue qu'il avait préparé au fils de ses essais.

« - Pardon, je ne voulais pas vous déranger, mais j'ai oublié mes clés et je n'ai personne qui peut m'ouvrir. Est-ce que... » Puis il jeta tout son beau discours en l'air, éclatant à nouveau en sanglot bruyant. « Merde ! Pardon. Je... Je suis de l'immeuble d'en face. Je suis à la rue et il faut que je me cache. » Il avait craqué, le mensonge n'avait pas fonctionné jusque là alors autant être honnête. .


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MessageSujet : Re: Histoire d'un refuge ft Lilija Ausra   Jeu 29 Nov - 11:49
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Lilija Ausra
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une histoire de refuge




Lilija profitait d’une soirée calme et silencieuse pour se plonger dans un ouvrage dont elle venait juste de faire l’acquisition au détour d’une brocante de quartier tout en profitant des notes tumultueuses d’un Chopin qu’elle connaissait par cœur. C’était toujours agréable pour elle de pouvoir simplement se prélasser dans son appartement sans avoir à diriger un business quel qu’il soit. La journée avait été longue ; son esprit avait été tiraillé de tous les côtés. Et le visage bien trop familier d’une brunette avait hanté ses pensées, malgré ses efforts pour ne pas se laisser emporter par les vagues glaciales des souvenirs. Quand la blonde relut la même phrase pour la troisième fois, elle s’entendit soupirer de frustration avant de refermer son livre, les vieilles pages jaunies claquant dans un son mat les unes contre les autres. Pourquoi avait-il fallu qu’elle aille à ce café ? Pourquoi avait-il fallu qu’elle lise ce fichu dossier ? Pourquoi avait-il fallu qu’elle se jette dans la gueule du loup, tête la première sans penser à tout ce que cela impliquerait ? Pour elle, pour sa Lola. Pour son pauvre cœur fatigué et harassé. Lilija avait peur. Elle avait peur que son quotidien s’en retrouve chamboulé. Elle avait peur que son avenir n’en devienne fluctuant et incertain. Tout aurait dû être plus simple. Elle n’aurait pas dû être aussi faible, aussi vulnérable. Lola était son passé. Elle avait tourné la page. Pas vrai ?

La sonnette typique de la porte en bas de l’immeuble empêcha la femme de répondre à cette question bien trop troublante. Peut-être n’était-elle pas prête à trouver la réponse à cette question – ou bien peut-être l’avait-elle déjà mais Lilija refusait de se l’admettre. Quand elle décrocha le combiné, sa voix eut un son un peu plus rauque qu’à l’habitude alors qu’elle laissait échapper un « Oui ? » poli et courtois. Elle ne voulut pas montrer son agacement d’être interrompue dans ses pensées ; elle ne voulut pas montrer son soulagement d’avoir été tirée de ses réflexions. De l’autre côté, la voix est faible, tremblante. Lilija sentit même l’accent de la peur et du désespoir derrière la mélodie chantante. Étonnement, il y eut un remous dans son estomac. La voix lui rappelait celle de sa sœur, celle qu’elle a entendu tant de fois alors que la chair de sa chair la suppliait de l’aider à sortir, de l’emmener loin de cet hôpital dans lequel elle se sentait prisonnière. « Montez, septième étage, s’entendit-elle répondre finalement, presque doucement. » Son index appuya sur la touche et raccrocha. Lilija déverrouilla sa porte d’entrée, la laissa entrouverte. Après une hésitation, elle éteignit son gramophone et le silence fut un peu comme un coup de poing dans le ventre. Elle s’apprêtait à aller à la cuisine pour sortir deux tasses à thé quand on toqua timidement. « Entrez. Vous voudrez bien refermer la porte derrière vous, s’il vous plaît ? » Sur la gazinière, la blonde plaça sa bouilloire remplie d’eau et revint vers l’entrée de son appartement. « Je fais du thé, est-ce que ça vous conviendra ? Vous pouvez vous installer au salon, n’hésitez pas à vous mettre à l’aise, elle proposa avec un sourire. » Lilija ne demanda pas tout de suite si son invitée avait besoin qu’elle appelle les autorités ; elle ne demanda pas tout de suite comment elle allait. Elle lui laissa le temps de reprendre sa respiration, de se remettre de ses émotions. Il y avait encore une brillance désespérée au fond des prunelles glacées.



CODE  ϟ VOCIVUS


one song, glory. one song before i go.


MERRY XMAS :
 
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MessageSujet : Re: Histoire d'un refuge ft Lilija Ausra   Dim 2 Déc - 0:43
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Lukas Taifer
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Histoire d'un refuge@Lilija Ausra
La voix avait accepté. Il ne s'y était pas attendu. Sans qu'il ne s'en rende compte les larmes s'étaient stoppées. Même s'il ne connaissait rien de cette femme, il ressentait son accueil comme une bulle d'air et il s'y accrocha afin de ne pas se noyer dans la peur. Sans perdre une seconde, Lukas poussa la lourde porte et s'engouffra dans l'ascenseur. Il n'y avait pas d'odeur, pas de crépitement, il était propre. Bien trop propre pour lui : son reflet le faisait grimacer, il prenait enfin conscience de son état. Pourquoi sa mère avait-elle dû partir ? Pourquoi n'était-il pas capable de faire autrement que de recevoir les coups ? Avant qu'il ne puisse se perdre, le tintement caractéristique des ascenseurs lui indiqua qu'il était arrivé.

Il marchait sans trop savoir vers quelle porte se diriger, son hôte ne lui avait pas précisé quel numéro. Quand il aperçut une porte entre-ouverte il se dit qu'il devait tenter sa chance et qu'au pire, il pourrait toujours errer dans les couloirs en attendant de trouver une autre solution. Au moins il était inaccessible à son père. C'était le plus important. Son cœur continuait à battre à ses tempes. Tout semblait déformé par le son de la peur qui le rongeait. Alors une fois devant la porte, Lukas toqua timidement et c'est avec soulagement qu'il entra et ferma la porte comme on le lui avait demandé. Sa voix fut faible et cassée quand il accepta la thé. En réalité il aurait bien envie d'une bouteille de whisky ou bien de vodka pour noyer sa peur qui menacer de l'entraîner dans ses profondeurs, mais il ne se voyait pas faire cette demande à peine arrivé. Il le ferait probablement plus tard, quand il ne pourra plus le supporter.

En rejoignant le salon il pouvait sentir une douce chaleur émanait de l'appartement. Ce n'était pas comme chez lui, ce n'était pas empli de tension, de gaz prêt à exploser. La peur, l'angoisse, les cris et les larmes ne suintaient pas à travers tous les murs. Il y avait quelques choses de rassurant. Il baladait son regard dans la pièce sans vraiment savoir où se poser, ni quoi faire. Se mettre à l'aise était impossible pour lui, il craignait que le moindre mouvement brise la paix du lieu. Pourtant, quand ses yeux tombèrent sur le gramophone et le vinyle de Chopin, il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire et prendre l'audace de mettre l'appareil en route. Les notes qui s’envolaient dans la pièce l’enveloppaient de douceur, il pouvait sentir les bras rassurant de sa mère l'étreindre. Il pouvait presque entendre sa voix lui dire que tout allait bien, qu'il n'avait plus rien à craindre. Il se laissa tomber à genoux sur le sol, serrant son corps dans ses bras dans une veine tentative de trouver du réconfort.

« - Merci. »

Sans vraiment savoir à qui il le disait, sans savoir si son hôte était présente, Lukas répétait ce simple mot de sa voix abîmée par les pleures.


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MessageSujet : Re: Histoire d'un refuge ft Lilija Ausra   

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