Partagez

 ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down.

MessageSujet : ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down.   ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down. EmptyDim 18 Nov - 19:45
En ligne
Aisling Ó Luain
Aisling Ó Luain
Some days I cannot find my faith
But I just fight on.


posts : 62
points : 328
feat : Eddie Redmayne.
multis : Aaliya, Darius, Jaime & Freyja.
crédits : terpsykore (avatar), kat (signature), de Palmas (quote profil).
Âge : 34
logement : The Old Lady -F3, n°503, 5ème étage. Les couleurs de l'Irlande disséminées un peu partout, le stock de bière jamais en grève.
WHO THE FUCK TAUGHT YOU HOW TO PERSEVERE ?

ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down. Empty
God’s gonna cut you down.NOVEMBER 2018 - around  midnight
The Bronx, New-York City

That one is gonna hurt, Ace.
Les phalanges s’écrasent contre sa joue, prennent avantage du fait qu’il n’ait pas monté sa garde assez vite. Le gout métallique du sang éclate sur sa langue, la douleur qui irradie dans sa mâchoire supplante quelques instants toutes les autres alors que sa tête part brutalement sur le côté. Sa vision se noircit, son sang rugit à ses tempes ; il sent le protège-dents qui vibre désagréablement, son cœur dopé à l’adrénaline qui fracasse ses côtes à un rythme impossible. Puis ses instincts le déchirent,  guident sa fuite vers l’arrière –quelques pas ivres sur ses jambes épuisées d’avoir trop dansé. Il entend à peine le public qui s’abandonne en cris un peu plus vifs encore, les sens comme anesthésiés par les souffrances qu’il ressent un peu partout, lui rappellent qu’il est encore debout, cartographie truquée des coups encaissés, de la violence essuyée.
La pensée est furtive, traverse son esprit alors que ses talons s’encrent dans le sol, que ses prunelles se braquent sur l’adversaire qui s’approche de nouveau, revigoré par la confiance qui lui instille ces autres par leurs grondements sauvages. L’ecchymose qui déjà fleurit sur son visage va être compliquée à dissimuler, s’attirera encore les regards mécontents du patron. Mais déjà ses muscles se tendent, sa position se stabilise, son regard s’aiguise. Jouant de son équilibre, il déjoue à son tour la défense trop lente de l’autre homme, et frappe, une fois, puis deux,  remonte sa garde et s’esquive pour éviter un coup de genou malencontreux, puis revient à l’attaque.
Le carmin tâche  un peu plus les bandes qui protègent ses mains, imbibe le nacré depuis longtemps souillé par l’âpreté du bitume sur lequel ils évoluent, éclabousse son visage.
Imprègne son âme alors qu’enfin il étreint la sensation enivrante de liberté qu’il ne trouve que dans le combat.

Une main lui tend un mouchoir qu’il accepte sans réfléchir en le passant sur son visage en sueur, un remerciement au bout des lèvres, alors que ses yeux se refusent à quitter l’Irlandais qui fait une seconde fois ses comptes, l’air trop sérieux et les doigts oubliés dans la verdure froissée. L’épuisement physique mêlé à la douleur rendent Aisling de moins en moins patient, mais il s’abstient de tout commentaire en dépit des mots qui lui brûlent la langue. Cela fait des années qu’il travaille avec Darragh, assez pour savoir qu’il est assez doué en mathématiques lorsqu’il s’agit de dollars fraichement acquis au prix du sang et des gémissements, et que ce n’est qu’un prétexte pour le garder un peu plus longtemps.
« Si t’as quelque chose à dire … » tente-t-il en haussant un sourcil, alors qu’il commence lentement à reprendre contact avec le monde extérieur, sortir de la bulle duveteuse dans laquelle l’enferment ses affrontements.
Son regard scrute la foule qui avale déjà deux autres combattants un peu plus loin, jamais rassasiée, toujours insatisfaite, amas d’animaux déchainés –et encore, n’est-ce pas une insulte envers ces derniers ? Chercher Alto dans ce ramassis opaque de silhouettes excitées se pare d’une douce naïveté ; sa seule chance de le retrouver est en allant l’en extirper lui-même ou bien en attendant qu’il s’en échappe.
« Ils vont finir par être mécontents. » grogne finalement Darragh entre ses dents.
Aussitôt, les iris attentives et alertes d’Aisling vrillent ceux de l’Irlandais, bien plus sombres.
Ils savent tous deux qui sont les hommes derrière ce ils. Ceux qui recomptent les billets et encaissent les revenus générés par les paris, un peu plus hauts dans la chaine alimentaire. Le roux sent ses entrailles se crisper, l’inquiétude se faufiler en lui, l’arracher à la paix éphémère et l’ivresse  délicieuse que lui procure toujours le combat –ces sentiments qu’il vient y chercher, sciemment, et qui auraient dû le poursuivre jusqu’au petit matin, l’entrainant dans un repos satisfaisant de l’âme et du cœur.
« Tes adversaires sont trop faciles. » élabore l’autre en le voyant froncer les sourcils.
Un rire silencieux et pétri d’ironie secoue ses côtes douloureuses –un coup qu’il n’avait pas su éviter.
« Clair que je me porte comme un charme, relève-t-il en désignant son propre corps, le sarcasme ardent sur la chair de ses lèvres.
-Tu sais ce que je veux dire. Ça fait trois mois que tu es redescendu de gamme, Ace. Ils vont finir par s’agacer. »
Ça ne générait pas autant de profits –puis se battre contre réputé plus faible que soi mettait certains combattants hors-jeu rapidement, ce qui là aussi constituait un manque à gagner. Aisling serre les dents, accepte les billets tendus sans fuir le regard planté dans le sien. Ces prunelles qui l’encouragent à y réfléchir.
« J’ai juste arrêté de mettre un prix sur ma vie. » conclut-il la discussion en s’esquivant.
Lui n’a plus besoin d’autant d’argent –à vrai dire, il pourrait tout cesser sans vraiment en ressentir les conséquences financièrement. Les billets qui récompensent son sang ne sont aujourd’hui plus qu’un joli bonus.
Pas sûr que l’Irish Mob s’aligne sur ses convictions à ce niveau-là.
Glissant l’argent dans l’une des poches de son pantalon déchiré, il s’oriente naturellement vers la foule qui rugit un peu plus fort l’espace de quelques instants –coup bien placé, peut-être l’un des gladiateurs des temps modernes a-t-il goûté le béton. Mais Aisling s’en contrefiche, ignore même la douleur qui pulse dans son genou et altère sa démarche d’ordinaire si assurée en agrandissant ses foulées, alors qu’enfin, ses iris trouvent la haute silhouette du Sisters qui l’a accompagné jusque dans ces sous-terrain sordides. Plus que sa carrure bien bâtie ou sa taille (qui doivent sûrement en intimider certain.e.s), c’est la teinte claire de ses cheveux qui le détache de tout ce noir et ce gris dont les autres s’habillent et l’air se pare.
Ça le fait sourire –une espèce de rictus espiègle-, parce que l’autre homme n’aurait certainement pas laissé passer une telle réflexion si elle avait été prononcée à voix haute. Heureusement que de temps à autres, Aisling sait se taire.

La distance s’efface, il retrouve avec un mélange de soulagement et de satisfaction le confort de cette présence qui se conjugue à la sienne, familière, bienveillante –étranges sentiments au sein de ce lieu qui lui inspire normalement tout le contraire. Gratifiant l’autre homme d’un regard qui fuit vers la sortie dans une invitation silencieuse, peu concerné par le sang qui macule certainement encore un peu son visage ou les tourments qui se refusent à quitter ses traits depuis les mots de Darragh, il tend par réflexe la main vers sa veste en simili cuir que le blond a accepté de garder le temps du combat, le remercie, et s’acharne à l’enfiler en dépit de ses muscles qui protestent violemment tandis qu’ils se dirigent vers la sortie. S’il arrive à l’Irlandais de rester, aujourd’hui, ce n’est pas le cas –il n’a même qu’une hâte, c’est échapper à cette atmosphère qui respire l’écarlate et les cris, le fric et les plaintes et qui l’oppresse brutalement. Son corps se plaint vivement de ce traitement trop brutal tandis qu’inconsciemment, il accélère le pas ; il en oublie le silence qu’il impose sans empathie aucune à Alto. Mais l’air frais de la nuit qui les accueille comme de vieux habitués lui donne l’impression que des litres d’oxygène viennent d’être injectés directement dans ses poumons, alors qu’il maintient la porte un peu lourde pour le blond. Le froid lui mord la peau, ravive un peu plus les douleurs qui parsèment son corps, grignote des frissons de long de ses mains abimées qui trouvent refuge dans la chaleur factice de ses poches.
Et enfin, ses épaules se courbent et il s’appuie un peu sur son genou non blessé pour offrir une considération bien méritée à l’autre, tester quelques angles d’inclinaison qui lui arrachent des sifflements sévères. Position vulnérable qu’il n’aurait sûrement adoptée à proximité de personne d’autre que celui qui se tient à ses côtés, la confiance tissée au fil de longues années d’amitié.
« J’vais avoir l’air fin demain, à boiter avec un bleu de la taille d’une balle de baseball sur la joue. » se moque-t-il de lui-même.
Il se redresse en grimaçant, avant qu’une expression presque sereine s’invite sur ses traits tandis que ses prunelles s’égarent sur le visage durement taillé d’Alto. Il s’essaye de deviner les émotions qu’il trahit et celles qu’il tait –celles-là se comptent en plus grand nombre, Aisling le sait depuis longtemps.
« T’as jamais pensé à faire un combat ? » demande-t-il soudainement, curieux.
Ce n’est pas la première fois que cette pensée s’immisce en lui, depuis le temps qu’Alto suit ses pas lorsqu’il vient s’abimer l’âme dans le vice de ces bas-fonds là, fracasser sa violence contre celle d’un autre pour le plaisir d’un public affamé de vermeil, pour remplir les poches de certains (surtout la mob, et les siennes) et vider celles d’autres. Mêlée aux quelques démonstrations de force dont il a déjà été témoin –la Casa n’est pas aussi tranquille que son nom le laisserait penser-, l’interrogation lui apparait légitime, et pourtant, c’est la première fois qu’elle franchit ses lèvres.
Une douleur lui pique la poitrine –et celle là n’a rien à voir avec celles qui affligent sa peau et ses os. Plus insidieuse, plus significative de l’attachement qu’il porte à l’autre homme.
La vérité, c’est qu’il détesterait le voir se perdre dans ce genre de pratiques.
« Je te suis. » offre-t-il finalement avec un sourire léger, le ton complice.
Qu’ils finissent au Old Lady, dans un bar Irlandais (il peut presque goûter l’arôme riche de la Guinness sur la langue) ou mieux, au saloon, il était temps de quitter les lieux.
De laisser ses vices derrière eux.








I felt so much that I started to feel nothing.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t611-aisling-o-luain-eddie-redm
MessageSujet : Re: ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down.   ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down. EmptyLun 10 Déc - 22:23
Alto Sisters
Alto Sisters
posts : 1621
points : 2154
feat : Charlie Hunnam.
multis : Sam, Téra, Saturne, Aris, River & Timour.
crédits : chrysalis, rio.
Âge : 39
logement : Dans un petit appartement vivant et chaleureux du old lady avec Bruce, son frère.
ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down. Nddh

ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down. Empty
Il dénote au milieu de ces bêtes qui beuglent à s'en briser les cordes vocales. Alto est si droit sur ses appuis que rien ne pourrait l'ébranler. Mains dans les poches, son regard ne lâche pas un seul instant le corps d'Aisling sur le ring. Ses pupilles le dévorent avec une dureté qu'il manie depuis si longtemps qu'elle est devenue machinale comme le fait de respirer. Le cowboy se laisse porter par les cris mais sa tête reste connectée à Ace, comme s'il lui offrait par ce silence et cette concentration toute cette énergie nécessaire pour avoir le dessus et ne pas laisser la douleur avoir un quelconque droit sur son être. Les muscles crispés, le corps de l'Irlandais recouvert de coups et de sang lui rappelle par moment les bagarres générale au Saloon lorsque tout le monde est si saoul et déconnecté que cela n'étonne plus personne de se battre dans un lieu public. Le son des verres qui se cassent et l'agressivité des tables qui se retournent le hante alors que l'assemblée devient toujours plus agressive. Le monde souterrain est un univers à part entière, une part des boyaux de la ville où seuls les plus courageux descendent. Avant de connaître Aisling, Alto s'était fait la promesse de ne jamais s'y échouer mais cette tignasse rousse l'avait rendu suffisamment curieux pour le faire venir en ce lieu presque sacré. L'artère principale du monde illégal, les combats, ceux où personne n'a besoin d'être accro ou de consommer, ceux où tu te rends pour gueuler ou foutre le bordel avant de repartir. Ici, la plupart du public est masculin ; les quelques femmes sont aussi agressives que le reste de la foule. Le blond blond est tellement habitué à cet univers sombre que rien ne le décontenance. En réalité, son détachement et sa force d'esprit l'aident à ne rien ressentir lorsque Aisling se prend des coups suffisamment forts pour l'envoyer à l'hôpital. Non pas qu'il se fiche de sa santé, une part de lui s'est simplement fait à l'idée que certains hommes sont taillés pour cela.
Il est évident qu'Ace est l'un deux.
Au même titre que ses frères qu'il a cessé de surprotéger. La liberté est le premier pas vers la sécurité.

Lorsque l'Irlandais atteint son niveau, sa carcasse reprend du mouvement tandis que les autres s'écartent instinctivement pour le laisser passer. Alto ne cherche pas à faire le malin, instaure simplement par son allure ce respect avec lequel on ne tente pas de négocier. Son chapeau vissé sur la tête, la nuit lui rappelle que ses frères doivent certainement traîner dans les recoins sombres de la ville tandis que lui sort à peine de ce vaisseau de violence. Cette même violence dont il faisait preuve plus jeune et qu'il avait finalement calmé avec les années pour ne pas finir avec un second bras en moins. Il accorde à Aisling un sourire discret, observe du coin de l’œil sa stature, ses possibles blessures. S'il ne lui demande pas plus de soin que cela, c'est que les choses vont assez biens pour ne pas faire un détour dans son appartement pour le rafistoler. Tandis qu'il entame un pas plus assuré que le combattant blessé, Alto marque un temps d'arrêt, remet en place sa veste en jean avant de se tourner vers son compagnon de route. J'y pense à chaque fois que j'suis sur la paille. Note d'humour pour ne pas lui montrer que les fins de mois sont parfois inquiétantes même s'ils parviennent toujours à tenir la route. L'avantage d'être huit, l'un des Sisters parvient toujours à dépatouiller les autres tout en restant le plus possible dans la légalité. S'il rêve parfois d'une vie simple à la campagne, accompagné d'une femme et de ses enfants, Alto sait aussi qu'il ne saura jamais sacrifier sa présence ici. Ses sourcils se froncent alors qu'il se retient de fumer. Le cowboy a remarqué que ses poumons lui demandent une trêve. La toux qu'il subit ces derniers jours est une bonne raison de ne pas se descendre un paquet par soirée. Mais la Casa a besoin d'un boss en forme. J'peux pas me permettre de pas être capable de défendre les miens parce que j'me serais fait détruire là-dessous. Son regard est plus sincère que jamais lorsqu'il fixe Aisling. Dans la noirceur du Bronx, si quelqu'un venait à les défier, il aurait la force de les défendre tous les deux. Etre disponible pour ses frères, qu'ils le soient de sang ou de cœur est une règle essentielle à sa vie.

Tu m'ramènes dans un de tes bars irlandais ce soir ? Il n'a en réalité pas envie de s'occuper de la moindre responsabilités pour le moment. Pénétré dans le Saloon, c'est à nouveau endosser son rôle comme il le fait déjà à longueur de temps. Son regard lâche celui d'Aisling pour lui laisser le droit de boiter dans l'intimité alors que son cerveau lui renvoie les signaux du manque de nicotine. Une part de lui se dit que l'alcool l'aidera à passer le cap sur son envie de craquer. Là-bas, installés à un comptoir, les deux hommes pourront discuter en tête à tête, comme des amis mais surtout des frères.


(how much longer i gonna hold my breath.) she’s my other half, my flash, my blood. i would sail along her body, marry her meanders. i would be swept away transported beyond the lakes, over the forest – and nothing and no one would stop us.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down.   ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down. EmptyMer 20 Fév - 14:35
En ligne
Aisling Ó Luain
Aisling Ó Luain
Some days I cannot find my faith
But I just fight on.


posts : 62
points : 328
feat : Eddie Redmayne.
multis : Aaliya, Darius, Jaime & Freyja.
crédits : terpsykore (avatar), kat (signature), de Palmas (quote profil).
Âge : 34
logement : The Old Lady -F3, n°503, 5ème étage. Les couleurs de l'Irlande disséminées un peu partout, le stock de bière jamais en grève.
WHO THE FUCK TAUGHT YOU HOW TO PERSEVERE ?

ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down. Empty
God’s gonna cut you down.NOVEMBER 2018 - around  midnight
The Bronx, New-York City

Ce soir, la douleur qui pulse dans son corps possède une saveur différente, plus âpre et menaçante, si éloignée de l’ivresse qui se presse habituellement dans son sillage, récompense inavouable au sang qui se mêle à la sueur. Elle déterre des inquiétudes bien enfouies sous des couches d’habitudes que la routine a peu à peu accumulé au fil du temps –cela fait tellement longtemps qu’il s’égare dans ces sous-terrain dévoreurs d’âmes qu’il a oublié ce qu’était un quotidien sans eux pour ponctuer son existence. Elle inspire un souffle de vie terrifiant à des angoisses latentes, qui ne le quittent jamais complètement, lui rappellent à chaque instant qu’il ne s’appartient pas vraiment, quel sang coule dans ses veines ; ce même vermeil qui éclabousse sa peau et habille les poings de l’adversaire de gants sanglants. Des angoisses qui n’attendent rien qu’un petit moment de faiblesse, de doutes un peu trop prononcés, pour lui sauter à la gorge et l’acculer.
Face à ces démons-là, Aisling se sait seul dans l’arène, plus vulnérable qu’il ne l’aurait voulu.
Mais cela ne l’empêche pas de se raccrocher à ce regard bleu qui effleure son ombre, ce même regard qui ne flanche jamais et soutient chacun de ses mouvements au sein du cercle, ne se détourne pas de la violence qu’il inflige et de la douleur qu’il encaisse alors même qu’elle pourrait briser. Il n’y a pas d’appréhensions qui nécrosent le ciel de ces prunelles-là lorsque son rival surgit entre les silhouettes anonymes et frénétiques, affamées  de la brutalité authentique, libérée, d’un combat dépourvu de toutes règles (sauf l’interdiction de tuer). Juste de la confiance, un respect silencieux ; la promesse muette d’un appui solide quelle que soit l’issue. Une présence indéfectible et loyale à laquelle les années lui ont appris à se fier.
Et alors que leurs pas s’entremêlent sur le bitume du Bronx, sa démarche écorchée contrastant violement avec celle, si sûre, porteuse d’un danger tangible, d’Alto, une nouvelle fois, Aisling se demande si c’est ce que cela fait, d’avoir un frère pour s’enfoncer avec lui dans les entrailles crasseuses de la ville, dans la noirceur de ses propres vices. Si cette force sans bruit ni éclat mais indéniable qu’il puise dans la présence du blond -celle qui ne lui fait pas défaut lorsque ce dernier ne se dresse pas parmi les hommes et femmes sans visage mais qui pourtant s’impose en lui, monstrueuse et puissante, comme s’ils partageaient le même souffle, comme s’il n’était plus complètement orphelin au sein du cercle, lorsque l’autre homme se trouve là- s’apparente à cette union silencieuse du sang dont il a trop souvent été témoin entre les murs du saloon, entre les frères Sisters.
Lui qui ne possède pas vraiment d’éléments de comparaison dans son arsenal sait juste que quoi que leur lien soit, il lui confère cette ardeur brûlante et dévastatrice qui le relève à chaque fois et le garde irrémédiablement en vie, cette même volonté inflexible que lui insuffle la pensée des iris perle de sa sœur qui l’attendent lorsqu’il aura regagné la surface.  

Il hoche doucement la tête à l’aveu d’Alto, ne comprenant que trop cette réalité où l’argent vient à  manquer, devient fléau destructeur pour tant d’âmes venues s’échouer sur les rivages de bitume du Bronx. Cela le rappelle à l’ambigüité périlleuse de sa propre situation ; les combats qu’il a tout d’abord choisis, voie de facilité peut-être, mais terriblement fructueuse et efficace, pour rembourser les frais de l’école de Naimh, mais qu’il a tout de même continués une fois le prêt remboursé, sa sœur envolée pour des horizons bien plus enchanteurs où elle pourrait enlacer ses rêves. Ses prunelles, empreintes de respect, s’égratignent sur le visage dur du blond lorsque ce dernier mentionne son devoir vis-à-vis de la Casa –s’ériger en patron capable, en figure inébranlable-  mais surtout celui de protection envers ses frères. Veiller sur les siens. Moteur que l’Irlandais ne connait que trop bien, qu’il comprend au plus profond de sa chair –même arraché à la matrice familiale protectrice pour avoir commis le crime de naître, toute son éducation s’est articulée autour de cette entité qu’est la famille, préceptes de vie qu’il a transposé aux trois femmes qui se sont apposées en cicatrices sur son existence, en dépit du défaut du sang, qui finalement détruisait plus qu’il ne construisait dans son cas. Une l’a quittée trop vite, avant même qu’il ne puisse parfaire ses armes pour la protéger, cruellement arrachée à ses bras d’enfant par la violence incompréhensible des rues ; l’autre s’est volatilisée pour accrocher les brides d’une nouvelle existence. La dernière demeure à des milliers de kilomètres à présent, heureuse et comblée, loin de l’assaut de ténèbres qu’il a pu lui apporter en dépit de son acharnement à l’en protéger. Quelques victoires pour de nombreux échecs, mais il se rassure dans la certitude que sa sœur peut enfin déployer ses ailes, même si cela doit arriver bien loin de son regard qui n’a cherché qu’à la préserver de tout le reste, de tout ce qu’il le constitue et ne cessera jamais de respirer en lui. La déférence qu’il éprouve envers Alto et ses instincts qui le poussent à faire passer les siens avant le reste se trahit dans le sourire discret qu’il lui accorde bien plus qu’à travers n’importe quelle parole insipide qui pourrait habiller leur silence confortable.
Ces touches de bienveillance féroces que les prunelles de l’autre homme reflètent avec une sincérité brutale lui arrachent une émotion enracinée bien trop profondément dans sa poitrine.
Ce sentiment chaleureux et rassurant que quelque part, lui-même n’est pas étranger à ceux que l’autre homme appelle les siens.
Une grimace tord ses traits lorsque son genou –et surtout son état bancal- lui envoie des signaux un peu plus douloureux, et il déplace par réflexe un peu plus son poids sur son autre jambe, avant qu’un rictus satisfait n’embrasse ses lèvres abimées et que ses iris ne viennent dévorer l’asphalte, embrasées pour la proposition d’Alto.
« Avec plaisir, on n’est pas loin d’un de mes favoris en plus. »
Ce n’est pas la première fois qu’ils finiront la soirée autour d’un verre, entourés de la chaleur de murs qui crient leur dévotion à la belle Irlande –Aisling n’ignore pas que cela éloigne, le temps de quelques heures, le blond du saloon dont il est maître, de ses responsabilités mais du rôle de figure de proue qu’il doit tenir constamment. Mais c’est quelque chose qu’il respecte ; Alto demeure humain, et prendre un moment pour respirer en dehors de la spirale infernale du quotidien, qu’importe à quel point il puisse aimer sa vie, la Casa et ses frères, cela devient peut-être une nécessité de temps à autre, mais surtout, c’est un geste intelligent et stratégique.
« T’as oublié ton paquet de clopes ? » demande-t-il, plus curieux qu’autre chose, trop habitué à voir l’autre homme dégainer une cigarette dès qu’ils se retrouvent dans les rues après un combat.
C’est un choix que le boxeur qui sommeille dans les murmures de ses instincts interprète comme une prise de recul réfléchie, afin de mieux retourner au combat.
De replonger dans la bataille qu’est la vie.

L’insigne vert sur un mur de pierres anciennes annonce finalement leur lieu de retraite au détour d’une énième ruelle. Le Sláinte s’érige devant eux comme un bout d’Irlande importé, et Aisling ressent un indicible soulagement lorsqu’ils quittent enfin le froid des rues où se chuchotent des dangers silencieux pour se faire accueillir par l’ambiance chaleureuse et bruyante aux lourdes flagrances de bières des pubs traditionnels Irlandais. Il y a ce petit quelque chose dans l’atmosphère qui détend aussitôt ses muscles alors qu’il parcourt le lieu du regard, le bois qui habille l’intérieur et les nombreuses silhouettes égarées autour des tables dans un joyeux capharnaüm de discussions alors qu’un commentateur s’emporte sur l’envolée d’un joueur sur le terrain d’un match de football gaélique retransmis. Ce petit quelque chose qu’il retrouve aussi à la Casa, même si l’ambiance est sensiblement différente tout en demeurant si proche.
Une tête familière en uniforme de serveuse lui adresse un signe et un sourire tandis qu’il se rapproche instinctivement du comptoir, le blond dans son sillage. Ce n’est pas le visage dur, empreint de vécu, de Caem qu’il retrouve derrière les innombrables tireuses, mais les tâches de rousseur d’Áine et la brûlure insolente de ses longues boucles qui ne font que souligner la fougue de ses prunelles.
« Mon amoché préféré. » raille-t-elle en gaélique avec un sourire moqueur qui tait mal l’affection qu’ils échangent avec pudeur d’un regard partagé.
La retrouver lui fait plaisir –ils se connaissent depuis tant d’années qu’il a cessé de les compter, présence incontournable du paysage de son maigre entourage.
Son genou le tiraille beaucoup moins une fois qu’il s’est hissé sur l’un des hauts tabourets, et il ne peut s’empêcher de suivre le regard incisif qu’elle accorde à Alto en lui opposant un silence à la fois respectueux et un peu défiant. Menue mais étreinte d’une assurance presque impertinente, elle le considère durant quelques secondes, l’évalue silencieusement avant de lui tendre une main ferme après avoir jeté un rapide coup d’œil en direction du roux.
« Un Sisters, j’imagine ? Bienvenue en terres irlandaises, l’accueille-t-elle avec un peu plus de chaleur. Donc, c’est avec eux que tu nous trompes, en fait. » balance-t-elle d’un ton qui se veut badin mais aux intonations réprobatrices alors qu’elle dégaine des pintes gravées d’une lyre celtique.
L’accusation lui arrache un rire sincèrement amusé, qui fait gémir ses côtes un peu douloureuses.
« Je voudrais pas me justifier, mais ils servent du whisky Irlandais, et des stouts. » plaisante-t-il à moitié.
Une moue approbatrice ourle les jolies lèvres de l’Irlandaise qui considère le cowboy avec un peu plus d’estime.
« Ça ne mérite pas de s’appeler du whiskey si ce n’est pas Irlandais, souligne-t-elle avec une pointe d’arrogance, d’une voix qui ne supporterait aucune contradiction. Qu’est-ce que je t’offre, cowboy ? »
Un sourire franc habille sa familiarité pourtant teintée de respect, alors qu’elle accorde à Alto toute son attention.

La moitié d’une Guinness patiente déjà –elle connait bien trop ses habitudes- et Aisling sait que par offrir, elle n’entend pas seulement servir –l’avantage d’être de la famille, dirait-il. A vrai dire, sûrement que si Alto se retrouvait dans les quelques bars Irlandais où ils se sont déjà échoués auparavant, il aurait droit à une ou deux bières gratuites, la sympathie éprouvée pour le roux naturellement accordée à celui qui l’a quelques fois accompagné. Lorsque la barmaid les abandonne avec la promesse de revenir s’ils ont à nouveau soif et que l’autre homme se retrouve avec son verre entre les doigts, l’Irlandais lève sa Guinness à son intention avec un « sláinte » à la saveur complice.
La richesse des arômes de la bière fraîchement tirée s’apparente à un paradis bien mérité sur ses papilles.
« Aller trop souvent dans le même pub Irlandais, c’est comme un mariage implicite, Alto. Ne tombe pas dans le piège. » conseille-t-il d’un ton faussement conspirateur, les prunelles pétillant d’amusement alors qu’il les pose sur le blond.
Derrière sa silhouette, quelques hommes s’agitent au loin, invectivent le gigantesque écran plat –certainement une faute non sifflée par l’arbitre central. Dans cet univers qui joue tant sur l’amour infaillible qu’Aisling ressent pour ses origines, ses racines, Alto ne détone pas, se fond dans le décor alors que chaque aspect de son apparence hurle pourtant à une Amérique sauvage aux mœurs lointaines. Une impression que le roux ressent comme une évidence même s’il serait bien incapable de l’expliquer.
Ses émotions s’apaisent dans les iris ciel qui lui permettent à chaque seconde de s’éloigner un peu plus du combat.
« Quelles nouvelles ? » s’enquiert-il naturellement, concerné et attentif.
L’avant-combat ne leur laisse jamais assez de temps pour réellement échanger, mais l’après, lui, n’appelle qu’à ce sentiment complexe et indescriptible de fraternité qui les lie et les rapproche.









I felt so much that I started to feel nothing.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t611-aisling-o-luain-eddie-redm
MessageSujet : Re: ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down.   ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down. EmptySam 2 Mar - 1:55
Alto Sisters
Alto Sisters
posts : 1621
points : 2154
feat : Charlie Hunnam.
multis : Sam, Téra, Saturne, Aris, River & Timour.
crédits : chrysalis, rio.
Âge : 39
logement : Dans un petit appartement vivant et chaleureux du old lady avec Bruce, son frère.
ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down. Nddh

ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down. Empty
Ils quittent ensemble les rues sombres du Bronx pour se rendre vers l'un de ces bars qu'Alto ne connaît pas. Depuis qu'il est à la tête de la Casa, le reste de la ville lui semble flou et hermétique. Son Saloon est une terre qu'il quitte rarement, cowboy convoité qui s'invite uniquement lorsque lui le décide. Aisling représente un univers différent et tellement réconfortant à la fois qu'il le suit sans se poser plus de questions. Alto pose autour de lui un regard protecteur et sur la défensive. L'animal n'a pas l'habitude de quitter son quartier et ne porte aucune confiance au reste du monde. L'Arizona lui a fait comprendre que tout pouvait être un ennemie. Même son amour sans faille pour les siens est une faiblesse que n'importe qui pourrait pointer du doigt. Son sourire s'étire malgré tout sur ses lèvres lorsqu'ils entrent ensemble dans un bar chaud et irlandais du coin. L'ambiance le ramène à celle du saloon : familiale et chaleureuse. En grande partie ce pour quoi les clients reviennent mais aussi, s'y attachent. Alto observe d'un oeil distant la façon dont on l'accueille, adresse des sourires et quelques paroles qui ne se veulent pas agressives. Il fait en sortes de s'intégrer, de ne pas passer pour un sale cowboy trop fermé d'esprit. Il sait comme leur réputation peut les suivre à travers chaque quartier. Lorsque la serveuse prononce son nom de famille, il se sent immédiatement pris au piège de sa famille. Même si un Sisters ne voudrait pas se faire démasquer, chacun inspire ce petit truc qui les différencie des autres personnes du Bronx. Difficile d'expliquer, mais il y a cette énergie qu'ils portent, cette lueur dans le regard qui ne trompe personne. Je pense qu'Aisling s'est trouvé une passion pour les bisons. Qu'il ajoute, légèrement taquin pour ne pas dire tout simplement que les deux hommes sont aujourd'hui comme des frères. Alto peut bien en avoir sept autres dans sa vie, il a aussi besoin de ses liens avec Ace pour se sentir complet.

Tandis qu'il opte pour une Guinness histoire de marque le coup, le cowboy se sent irrémédiablement touché par l'accueil que lui font les irlandais qui sont pourtant loin de son univers à lui. Son regard se tourne vers Aisling à qui il ne peut que donner raison. J'ressens exactement la même chose avec la Casa. Elle prend toute la place dans ma vie si tu savais. Je suis lentement en train de me transformer en un vieil ours farouche. Je rêve même de country c'est te dire. Son sourire est tendre, légèrement dépité car bien trop réel. Alto ne pense plus à lui, n'essaie même plus de dépasser ce stade délicat qu'est devenu son quotidien. Il ne peut même pas dire qu'il est morne, non, le colosse a sans cesse quelque chose à faire sous la main mais ne pense tout simplement plus à lui. Il se sent disparaître sous son rôle de boss et de frère. La sensation n'est même pas désagréable car elle se fait petit à petit, par vague, il devient translucide, indispensable entre les murs du Saloon et inutile ailleurs.

Les nouvelles ... Alto soupire parce que ce sont finalement toujours les mêmes. Hm, disons que ça fait plus d'une semaine que le saloon vit sans bagarre. Tu crois que c'est grave ? Un brin moqueur, il pense aux cowboys qui viennent les voir et qui n'hésitent pas à se provoquer pour mettre un peu l'ambiance. Tout est tellement bordélique dans cet univers qu'il trouverait presque réconfortant l'activité  plus tranquille du bar Irlandais. Cela doit être parce qu'il n'est pas chez lui et qu'ici il n'a la responsabilité de personne. Même si les choses tournent mal, Alto n'aura qu'à regarder sans avoir à se salir les mains. Tu devrais passer nous voir un de ces soirs, les gars seront contents d'te voir. Ses frères sont comme lui et apprécient Aisling. Ils l'accueilleront avec toutes cette chaleur humaine dont ils sont capables.

Et toi, en dehors des coups de poings que tu te prends ? Il souligne en levant son bras pour caresser du bout des doigts l'arcade gonflée de son ami. Il le sait résistant à ce genre de bobos mais ne peut s'empêcher d'avoir tout de même mal pour lui. Ça rapporte bien au moins ? Alto ne lui a jamais vraiment parlé de son activité, probablement par pudeur et par respect mais ce soir, ses instincts fraternels reprennent le dessus. Alors qu'il ramène vers lui sa main, son regard se plante dans le sien. A se faire détruire, le colosse se dit que si l'argent n'est pas dans les rangs, Aisling doit alors probablement vouloir expulser un mal bien plus profond qu'il n'est même pas certain de vouloir découvrir. L'appréhension le gagne soudainement légèrement. Et s'il était passé à côté de quelque chose durant tout de temps ?


(how much longer i gonna hold my breath.) she’s my other half, my flash, my blood. i would sail along her body, marry her meanders. i would be swept away transported beyond the lakes, over the forest – and nothing and no one would stop us.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down.   ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down. Empty

Contenu sponsorisé

ALTO&AISLING » God’s gonna cut you down. Empty
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
BETON ARME :: LA VIE, LA VRAIE :: Le Bronx-
Sauter vers: