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 SIAM&AISLING » Let it hurt, until it can’t hurt anymore.

MessageSujet : SIAM&AISLING » Let it hurt, until it can’t hurt anymore.   Dim 18 Nov - 19:39
Aisling Ó Luain
Aisling Ó Luain
Une plume qui s'étouffe dans le goudron.

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WHO THE FUCK TAUGHT YOU HOW TO PERSEVERE ?

Let it hurt, until it can’t hurt anymore.NOVEMBER 2018 - around 2 a.m
The Bronx, New-York City

Le trottoir l’accueille comme un vieil ami –familier, presque chaleureux- et le froid l’agresse aussitôt, vorace et sans pitié.
Derrière lui, les portes du bus grincent et se referment, le moteur gronde un dernier au-revoir alors que les odeurs de pots d’échappement lui piquent les sens. Enfonçant ses mains dans le cocon de ses poches, Aisling le regarde s’éloigner sans vraiment le voir, silhouette de taule qui traverse ombres et lumière au gré des lampadaires perchés sur la route. Les pensées lointaines, insaisissables, il le remarque à peine disparaître à l’angle d’une énième avenue. Chaque cellule de son corps embrasse l’atmosphère un peu particulière du Bronx en ces heures tardives ; chaque parcelle de son âme retrouve avec un entremêlement étroit de soulagement et de satisfaction ces terres qui l’ont vue s’épanouir, qui l’imprègnent si profondément qu’elles sont devenues une part de son identité. Ses muscles se détendent complètement, abandonnent les longues heures à se tenir alerte, à l’affut du moindre problème au sein de l’hôtel étoilé où il travaille parfois, et enfin se meuvent, l’emportent vers des horizons qu’il connait si bien.
Des rues qu’il a tant parcourues étant gosse –et aujourd’hui encore, lorsqu’il ressent l’envie et le besoin de s’y perdre, de s’y égarer. La musique de ses pas qui heurtent le bitume assoiffé de larmes, gorgé d’histoires et de vie, demeure lointaine mais caressante, alors qu’il se laisse guider où le chaos de ses songes le mènera. Prisonnier de sa petite bulle de calme et pourtant attentif à ce qui se passe autour de lui –un instinct qui ne connait jamais le sommeil, exigence constante d’un esprit conditionné par le danger-, l’impression de naviguer en un troublant entre eux l’enivre doucement. Les sons lui parviennent, parfois sans vraiment de sens, parfois trop familiers ou identifiables, se conjuguent avec des silhouettes qui évoluent dans les méandres de l’obscurité créée par des puits de lumière parsemés ça et là dont tous semblent se cacher, comme s’il était plus rassurant de leur préférer l’ardeur doucereuse et envoutante des ombres. Apprendre à écouter sans trop observer, c’est une attitude qu’Aisling a vite comprise et apprise étant plus jeune, afin de ne pas s’attirer d’ennuis.
Et des ennuis, il n’en cherche pas, ce soir. Ses poings rassasiés par son dernier combat quelques jours plus tôt, sa colère assouvie par la violence qu’il a infligée et encaissée, alors que certaines ecchymoses parfois se rappellent à son bon souvenir et qu’il doit en affronter une peinte sur sa joue gauche chaque matin, heureusement un peu éteinte, atténuée. Les couleurs vertes et insignes à la lyre celtique qui habillent certains des bars bruyants à proximité desquels il passe sans ralentir ne l’attirent pas plus, le laissent dans une indifférence presque effrayante. Le goût d’Irlande qu’ils lui promettent en chansons, en liqueurs savoureuses et ambiances chaleureuses, cette saveur qu’il adore lui semble plus difficile à ressentir ces derniers temps, plus évanescente, jamais aussi réelle que dans les rêves qu’il ne fait plus depuis bien des années.
Alors il erre.
Perdu en lui-même, mais jamais silhouette égarée.

L’air devient un peu plus frais, plus sauvage. L’Hutchinson River danse non loin, océan de liquide noir dans la pénombre. Les quais sont un peu plus déserts que les rues, mais au milieu des rares silhouettes silencieuses qu’il croise, il y en a une qui accroche ses prunelles, les retient, les capture. Une silhouette qu’il connait bien plus ainsi effleurée et redessinées par le regard de la Lune et le manteau sombre de la nuit, ces derniers temps. Une présence dont les émotions font parfois écho aux siennes lorsqu’il vient mêler ses pas aux siens.
« Siam. »
Le prénom s’envole dans un murmure, un secret que la nuit leur ravit, qu’ils lui laissent. C’est une invitation et une inquiétude tout à la fois, parce qu’il n’aimerait pas s’imposer –ce n’est pas la première fois qu’ils se retrouvent à marcher côte à côte sans réel but dans le dédale des rues du Bronx, qu’ils échangent ou se contentent de silences étrangement confortables, mais pour autant, Aisling tient à respecter l’éventuel désir de l’autre homme de demeurer seul.
Lui ne se fourvoie plus depuis longtemps sur les raisons qui l’amènent à préférer la  présence de Siam à une solitude dans laquelle il s’immergeait pourtant avec soulagement et bien-être quelques temps plus tôt. Un brin d’inquiétude qu’il ne peut s’empêcher de ressentir pour celui qui a été un ami pour sa sœur ; l’impression d’un peu la retrouver à travers lui, même s’ils ne pourraient certainement être plus opposés. Et ces touches de familiarité qui l’attirent irrésistiblement, à chaque fois, inexorablement.
L’impression déstabilisante et violente de retrouver un peu de ses propres ténèbres en Siam.




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MessageSujet : Re: SIAM&AISLING » Let it hurt, until it can’t hurt anymore.   Sam 1 Déc - 19:19
Siam Romaldi
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minuit sonne de son glas lent et froid quand tu passes le pas de la porte. les douze coups et une porte qui se referme te ramenant non pas à la maison mais sur ton échappatoire familier. les semaines sont devenus des mois et on éloignés les nuits de douces chaleurs qu'apportait l'été. ces nuits où tu te laissais emporter sans risque de mourir d’hypothermie non désirée. non désirée ? tu sais très vers quoi fileraient les pensées si tu venais à mourir. mais les pensées, mort tu n'aurais plus à t'en soucier. minuit, ils dormaient presque tout, ou du moins le salon ne souffrait d'aucune activité. une soirée à parler, un film à suivre sans tellement écouter c'est beau de se tromper. ils sont pas dupe Siam, quand tu te retranches derrière le silence et que même le cynisme devient plus assez défensive. ils sont pas dupe quand tu les laisses aller se coucher, comme si toi t'étais sur le point de les imiter. ils sont pas dupe, autant que toi tu ne l'es pas quand tu vois le noir de la chambre de Lola, qu'elle feint le sommeil alors que tu occupes son échappatoire dans le salon. personne n'est dupe dans ce royaume du paraître, du sourire et des espoirs qu'on piétinent sans vouloir voir mourir. toujours le même refrain. alors t'as finis par enfiler un pull et prendre ton éternel cuir, des clopes et abandonner ton téléphone portable pour retrouver ta bulle solitaire. lui abandonner ce canapé qu'elle attend comme refuge, lui laisser le salon sans ta présence. t'esquiver, t'as apprit si bien à le faire. depuis le temps.
dehors il fait frais, il fait froid. mais c'est supportable alors que tu te laisses attirer par les ombres de la nuit. c'est comme un pantin qui suivrait une corde délaissé, attendant de voir la fin, pensant y avoir un trésor. ll n'y en a pas Siam tu le sais. la vie c'est avancé jusqu'au prochain obstacle, le franchir si on est assez fort, si on ne tombe pas assez bas; puis aller au suivant. toujours le même chemin, t'as finit par arrêter de vraiment lutter. abandonner ? t'es incapable de t'y résigner, malgré tout ce qui continue d'arriver, malgré ces conneries t'es incapable de tout lâcher. l'instinct de survit qui tient aux tripes et que tu voudrais arrêter. tu marches quelques kilomètres, avec le temps comme indice absent, et la lune comme phare. les étoiles comme compagnie se taisent comme toujours; le silence de la ville. bruit de voiture et grondement qui ne dort jamais, ronronnement pollué d'une ville qui survit elle aussi. les quais amènent un nouveau son plus apaisant, les clapotements de l'eau sombres qui dort plus bas. Siam. les étoiles ont parlés ? jolie bulle qui éclate, avec délicatesse et finesse. tu te rends compte à cet instant précis que tu n'étais plus très présent, au moment où tes pensées percutent la réalité tu saisis que t'étais absent. l'atterrissage est loin d'être aussi brutal que tu l'aurais pensé, sans doute amortit par la douceur d'une voix que tu as finit par connaître bien mieux. sans doute adoucit par une présence d'un calme qui a finit par t'être familier. et tes yeux viennent à la rencontre de ce corps plus grand et plus mince que toi, de cette tête familière qui te ramène au temps d'autrefois. d'avant. Aisling... ta voix comme rouillée par le froid qui l'a endormie, ça gratte dans ta gorge alors que tes pupilles rencontres celles beaucoup trop clairs d'un frère laissé derrière. d'un frère à ton image, d'un homme façonné par l'abandon comme tu le ressens par vague quand il se tient devant toi. et les désastres de la maladie s'éloignent pour venir ramener par vagues les souvenirs d'enfant, les souvenirs de sa sœur. puis de la tienne. Aisling, se pouvoir d'éloigner ta réalité pour ramener tes autres pensées. je suis donc pas le seul a préférer le froid de la nuit plutôt que l'absence du sommeil. il y a tes lèvres froides qui viennent lentement s'étirer, pas assez pour susciter la joie, juste assez pour dépasser l'absence d'émotion. juste assez. il a l'air fatigué mais t'as remarqué qu'il avait toujours cet air là; comme incrusté dans son visage, juste quelques part. tu continues d'avancer, une nouvelle bulle semblant commencer à renaître pour vous englober. tu sais pas trop si tu dois parler, peut-être lui demander des nouvelles, tu ne sais jamais trop Siam. alors dans l'instant qui suit tu te contentes d'avancer et profiter de sa présence. un temps.


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MessageSujet : Re: SIAM&AISLING » Let it hurt, until it can’t hurt anymore.   Mer 19 Déc - 23:39
Aisling Ó Luain
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The Bronx, New-York City

Leurs deux solitudes qui se fracassent l’une contre l’autre dans les ténèbres qui étouffent le Bronx, c’est un son auquel Aisling s’est peu à peu habitué, au fil des rencontres parsemant leurs vies, éparpillées dans le temps. La nuit s’immisce entre leurs deux silhouettes abandonnées à la houle dangereuse de leurs pensées pour mieux les réunir, se refermer sur leurs carcasses en amante presque douce, attentionnée. Troublant envoutement qui se meurt avec l’aube d’un nouveau jour, lorsque le Soleil s’apprête à embraser l’obscurité pour y chasser les spectres lointains des étoiles et de leur lumière froide, et qu’ils se séparent, le cœur usé et les pieds meurtris, mais les tumultes de l’esprit un peu rassasiés par la présence de l’autre.
Aisling n’a jamais vraiment cherché plus loin que l’apaisement étrange que les silences et les mots de l’autre homme lui soufflent à l’âme. Peut-être parce qu’il ne s’en inquiète pas, qu’il préfère agripper et savourer ces instants éphémères qui lui apportent un certain bien-être; peut-être parce qu’il éprouve une confiance en l’autre qui l’aide à se sentir à l’aise, détendu, qui libère son crâne de la prison de ses instincts de préservation, et lui permet d’apprécier réellement sa compagnie. De la même manière qu’il sait que les blessures qu’il offre au bitume sale et familier demeurent un secret entre la rue et lui, il est intimement conscient que tout ce qu’il pourra confier ou trahir en présence de Siam ne survivra à la venue de l’aurore.
Sûrement que la pénombre striée par les quelques vulnérables rayons de lumière des lampadaires au loin et les éclats tranchants des étoiles qui s’emmêlent dans la noirceur de la voute céleste aide un peu. Rassure les palpitants éprouvés, fatigués ; camoufle les émotions que les traits livrent avec une douloureuse sincérité.
Un sourie se faufile sur ses lèvres alors que son propre prénom résonne dans le vide qui les entoure, dans la voix bousillée du plus jeune. Franc, sans artifice, ni brûlure.
Siam l’accepte à ses côtés et leurs pas dansent à nouveau ensemble, se font échos sur le grain du l’asphalte abimé par tant de rêves éclatés et de larmes pleurées.

Il y a tant de fantômes qui envahissent l’air glacial lorsque leurs regards s’enlacent, étreinte aussi furtive que le soupir des vagues qui viennent embrasser les quais sous leurs pieds. Ceux de Siam, ceux d’Aisling ; certains en commun et d’autres qui continuent d’échapper à la connaissance de l’autre, vivants et morts qui se sourient. Ils s’installent là, prennent leurs aises sans jamais que leur souffle ne pèse trop sur leurs nuques courbées, présences immatérielles et pourtant acceptées. Et avec eux, les émotions qu’ils trainent dans leur sillage, souvent douloureuses, mais dont la faim insatiable semble calmée dans l’étrange communion qu’ils partagent.
La pertinence de la remarque du brun lui arrache un sourire teinté d’une douce ironie, d’une silencieuse complicité, alors qu’à nouveau, ses prunelles s’emparent de la silhouette solide qui évolue à ses côtés, comme invincible dans l’étreinte de la nuit.
Aisling sait bien que ce n’est qu’une impression, qu’un leurre dans le fond ; derrière les apparences inébranlables, il sent l’odeur de la poussière, les ruines qui peu à peu s’écroulent, il sait que la maladie a tenté de revendiquer l’âme de Siam, et l’a finalement dévorée en lui offrant la vie, revers cruel de la médaille.
« Faut croire qu’on préfère le froid aux échos de nos pensées qui tournent dans le vide. »
Rien de pire qu’un esprit qui ne connait pas le répit lorsque le sommeil ne vient pas. Les heures se muent en éternités alors que les pensées s’enlisent dans les réflexions qui n’apportent souvent que plus de peine ou d’angoisses.  
Les traits fracassés d’avoir trop éprouvé de l’autre homme lui renvoient sa propre fatigue en pleine figure, les tourments qui s’y égarent lui rappellent les siens. D’aussi loin qu’il se souvienne, il n’a jamais observé un réel bonheur embraser les lippes et les yeux éteints de Siam –il ne l’a pas côtoyé énormément, mais il soupçonne sa sœur de s’être acharnée encore et encore à y faire pétiller un peu de vie (si elle n’a pas réussi, d’autres l’ont certainement fait, il ose y croire), il se dit surtout que pour se battre contre les attaques vicieuses de son propre corps, il faut aimer l’existence plus que tout le reste.
La désirer avec une ardeur qui lui semble avoir déserté Siam.
« Naimh m’a demandé de tes nouvelles. » laisse-t-il échapper d’un timbre posé, respirant profondément la fraicheur de l’air qui valse au-dessus de l’eau.
Inutile de préciser qu’il a dû mentir –ni même qu’elle ne l’a pas vraiment cru, alors qu’il essayait de teinter la vérité de quelques gouttes de mensonges pour que cela n’inspire pas trop ses suspicions.
« J’ai toujours pensé que c’était mon rôle de la préserver, mais je crois qu’elle nous connait un peu trop tous les deux pour se laisser avoir. » reconnait-il, le timbre enrayé par une émotion craquelée, mélange de peine et de fierté.
Un soupir lui ébranle la poitrine, alors que l’eau continue de danser, à quelques pas d’eux. Immuable.
« T’as pas l’air de quelqu’un qui va bien. » relève-t-il simplement, conscient qu’il acceptera tout ce que Siam voudra bien lui offrir pour réponse –un geste, une parole, un silence.
Sans jugement, sans accusation. Sans curiosité. Sans insistance.
Juste un peu d’inquiétude et un fantôme de sourire pour adoucir les fracas de vérité que ses mots ne peuvent dissimuler.





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MessageSujet : Re: SIAM&AISLING » Let it hurt, until it can’t hurt anymore.   Dim 23 Déc - 15:28
Siam Romaldi
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tu te croyais seul pour la nuit. tu te voulais loin du monde dans un cocon où t'exclus tout le monde Siam. rectification, depuis des semaines tu ne le quittes pas; tu rejettes la moindre aide et les moindres paroles. tu te fais ton propre geôlier vers une rédemption dont tu ne veux pas. à quoi bon te pardonner ? tu ne l'as certes pas tuer, mais tu vies avec sa mort dans ta poitrine. tu vis et chaque battement te rappelles que c'est à cause de lui. tu ne veux pas du grâce à lui, ton deuil non terminé t'empêche de le remercier. égoïste Gabriel, égoïste moitié qui t'a fait don de ce cadeau empoisonné. tu t'y étais fait à cette vie, à ces bips réguliers, aux machines souvent accrochés à ta poitrine, à l'oxygène contre tes narines. tu t'étais fait à cette échéance qui grandissait et ton nom sur une liste à rallonge qui jamais ne montait. tu t'étais fait à tout Siam parce qu'il t'y aidait. sa mort ce n'est pas ton monde qui s'écroule, mais sa mort et son cœur dans ta poitrine c'est comme une pancarte "voleur" en lettre rouge. alors tu t'es éclipsé, d'abord une nuit. puis deux. dans le ciel noir t'as retrouvé des échos de tes peurs, tu as préférés mettre de la distance avec tes pas. marcher, regarder le monde endormit, faire quelques chose de tes nuits. tout plutôt que d'attendre entre des draps froissé une aube qui ne viendra pas. marcheur solitaire, sa présence met à mal toute tes envies. vient se greffer au programme sans même que tu viennes à protester. avec un naturel étrange à expliquer, ta nuit solitaire, se transforme en marche salutaire. Faut croire qu’on préfère le froid aux échos de nos pensées qui tournent dans le vide. Aisling il met des mots là où chez toi il n'y a que des brouillons incohérents. soupire qui s'échappe avec un nuage de fumée, sa silhouette se lie à la tienne pour avancer. le froid, le noir, la solitude, la ville endormie. les piétons que vous croiserez ce soir seront rares, ils fuiront le froid hivernal vers un sommeil plein d'ivresse, ils quitteront des soirées endiablés, l'esprit apaisé par des rires qui les suivront tout le chemin. ça viendra troubler le silence de vos pas, un temps; avant de s'évanouir loin derrière vous. on préfèrait n'importe quoi plutôt que de tourner fous avec des pensées qui ne mènent à rien. tu sais que tu parles pour deux. suffit de regarder dans le fond de ses yeux. peut-être pas ce soir, peut-être pas maintenant, pupille cachés au monde par l'obscurité qui règnent, tu ne verrait rien. mais il suffirait que d'un instant de lumière, des phrases d'une voiture étrangère, et ça glisserait à la surface. Aisling et ses yeux trop éteint, Aisling et ses yeux plissé par un poids qu'on ne peut pas vraiment nommé. peut-être qu'à force de devoir trop supporter ce propre reflet dans le miroir, t'as finit par retrouver bien trop vite cette familiarité qu'il a de le fond des yeux.
Naimh m’a demandé de tes nouvelles. dans un brûlant nouveau de nostalgie, le prénom de ce visage lumineux vient détourner ton attention. comme une piqure qui te rappelle qu'encore une fois quelque chose manque. ça commence à faire beaucoup de prénoms. et pourtant celui là par moment tu luttes pour ne pas prendre un billet, vaincre la distance. si facile à faire quand on le compare au reste. mais tu le fais pas. pourquoi ? tu te drapes dans des excuses stupides, ne pas vouloir l'entendre papillonner autour de toi, elle à l'espoir aussi démesuré que ton cynisme. et pourtant tu ne peux réprimé cette rancœur stupide d'enfant abimé. ne pas pouvoir étouffé le détail flagrant de son absence à ton réveil. de son absence depuis longtemps, de son silence quand dans ta tête tu hurlais contre la terre et que dans et poitrine il battait pour te faire vivre. Naimh, son absence qui te donne envie de ne plus t'éloigner de ce frère délaissé. lui à la silhouette décharné qui marche à quelques centimètres. lui et ses regards, lui l'inconnu qui continue d'être là. c'est stupide de lui en vouloir Siam, tu le sais, alors tu dis rien. mais dans chacun de ses mots, c'est d'Aisling dont tu te sens maintenant si proche. sans paroles; et malgré tout ces sentiments pour une Naimh éloigné de vous. aujourd'hui encore tu l'aimes cette fille, cette amie, mais avec une distance que t'arrives pas à oublier. J’ai toujours pensé que c’était mon rôle de la préserver, mais je crois qu’elle nous connait un peu trop tous les deux pour se laisser avoir. t'aimerais lui donner tort autant que de ne pas entendre sa voix trahir un mélange de sentiment. c'est sans doute ça qui te pousse à sortir du silence, à laisser tes pensées sombrer vers une Naimh au regard transperçant, au regard qui sait tout. trop vous connaître, tu ne peux lui donner tort.c'est elle qui nous préserve malgré ce qu'on pense pouvoir lui dire... ou lui cacher. tu te souviens de sa lutte acharné pour égayer tes journées, tu te souviens de ses émotions trop vive, de ses attentions trop positives, et toi qui luttait contre elle. tu ne connaissais que si peu son frère, il était dehors, tu étais dans une chambre stérilisée. et pourtant à travers les mots de Naimh, t'as toujours compris, que malgré tout, elle avait un truc de plus. elle était tellement peu amochée de l'intérieur.
T’as pas l’air de quelqu’un qui va bien.sa voix vibre encore une fois. peut-être celle de trop ? ou alors dans un succès divin : celle qu'il faut. Aisling, il ne se fait pas l'accusé, Aisling il ne se fait ni juge, ni juré, sa voix ne vient pas embrasser l'air d'un jugement. ni même envelopper ta personne dans un besoin de réparer, consolider, recoller, apaiser. Aisling il observe, il pose son index dessus avec une grande délicatesse mais aucune douceur. comme toi, mais sans l'aigreur. les yeux qui dévient, le sourire qui s'étire dans un "vraiment" ironique, Siam le cynique. et dans l'instant ça se brise un temps, le sourire qui déraille, le rideau qui craquèle, dans l'obscurité y'a comme une faille. le ciel remplit d'astres lumineux qui s'ouvre et t'engouffre. sceau glaçant d'un sentiment qui te prend. l'âme qui vrille, ça t'prend aux tripes ce tremblement, comme un écho d'un gars qui ressent pour de vrai. peut-être parce qu'il a raison. j'suis désolé Gabriel, j'te promet que j'ai essayé il se trompe Aisling, c'est pas juste l'absence d'un air. Siam tu vas pas bien. Siam tu suffoque. Siam dans un monde qu'on t'offre, t'as la gorge nouée à chaque respiration. mais tu peux pas te plaindre, mais tu dois pas te plaindre. l'impression d'être un gosse égoïste, de pas savourer ta chance. t'aimerais revenir vingt ans en arrière, quand tu tenais à peine sur tes jambes. quand ses doigts féminin passaient dans tes cheveux de bambin, que tes sanglots n'avaient pas besoin d'être retenu, que tes paupières avaient pas besoin de ciller plus fort pour ravaler les larmes. mais qui pourrait bien te consoler Siam, qui voudrait sécher tes larmes et consoler tes sanglots quand on parle d'un garçon sous terre et d'un nouveau cœur prospère. je vais pas bien, je crève de chagrin, je crève de douleur, je crève que mon corps dise que lui il va bien. silence. si c'était le contraire toi et moi ne serions pas dehors la nuit. souffle doucement audible, chuchotement qui se voudrait plus facile. les doigts qui viennent balayer tes cheveux trop long en arrière. couple de silhouette sombre qui vadrouille la nuit. l'air devient dur à avaler, comme si il ne voulait pas passer ta gorge. tu ne vas pas bien, et Aisling il ne va pas mieux. duo bancal.


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