Il est frais notre poisson calendrier de l'avent ! Venez vous y inscrire !

Partagez | 

 Vie de Chyènes + Gally & Maddy

MessageSujet : Vie de Chyènes + Gally & Maddy   Dim 18 Nov - 13:32
avatar
Maddy Leone
posts : 16
points : 87
feat : Daisy Ridley
crédits : delreys.


Ils disent vie de chienne mais Maddy, elle préfère dire vie de hyène. Le regard envoûtant, la rage aux dents placée comme une esquisse tirée jusqu'au oreille, l'hypocrisie des âmes bariolées ou déchirées. Puis il y a le terrain. Ce n'est pas patauger dans des flacs d'eau sur le bitume, non. C'est  traverser le seul sans croiser la moindre peine ou empathie. Prier le ciel pour ne pas tomber sur cette dune, avoir la force d'avancer plus qu'errer. Il n'y a pas à dire, Maddy était est  hyène plus que chienne. Selon sa théorie, il y a tout type de hyène dans tout type de décor. A Manhattan, on peut croiser les hyènes stratégiques, les hyènes voraces, les hyènes ambitieuses, les hyènes patientes et même des hyènes gentilles. Comme à Brooklyn, comme à  Chicago, Vancouver, Paris, Rome, Naples… Pour être une bonne hyène, il fallait être tous ces monstres à la fois. Au Bronx, c'est différent.  Outre celles qu'on croise sur les trottoirs, les vies de chienne s'incarnent dans la couleur des briques et l'état des poubelles. L'insalubrité reflète les coeurs et Maddy en ligne de front l'a vu des centaines de fois. A la question « d'où tu viens ?' » Ses patients blessés par balle, par arme blanche, par baston, par suicide, par overdose, par  d'autres doses répondent « Bronx bruh' ».  Ce n'est évidemment pas tous les cas, on serait étonnés de savoir le nombre d'accidents de travail sur Wall Street venant de la même catégorie… Le haut du panier ressemble énormément à son bas, il n'y a que des hyènes ou il n'y a que des rats.

Maddy, dans sa vie de hyène, elle n''a pas trop le temps de perdre son temps. Les tics tacs valent de l'or et on sonne le glas de la fin toujours trop tôt pour qu'on puisse se rendre compte qu'il était trop tard. C'est la première leçon qu'on apprend quand on voit les rythmes cardiaques se freiner. Maddy elle n'a vraiment pas le temps là. Être la meilleure chirurgienne de la ville demande des sacrifices, être celle de l'état en demandera d'autres et celle du pays, encore… C'est une boucle sans fin, celle de l'argent sans coeur et sans odeur, celle de la reconnaissance sans renaissance et sans ardeur, celle de l'existence sans couleur… Alors quand Maddy se ramène chez sa sœur avec une bouteille de vin rouge, un pack de bières et des pizzas surgelés, elle a l'impression que le temps s'arrête.  Maddy elle a de nouveau dix huit piges, la tête vierge des coups de pute, c'est une fleur avec sa tige. Pas de cut violent, pas de brume. Juste l'écume et l'amour vacillant.  Malgré  l'impression adolescente, Maddy reste Maddy et Maddy débarque en taxi au pied de l'immeuble miteux de the Old Lady. Cela fait déjà plusieurs semaines qu'elle le voit mais elle est toujours aussi écoeurée à la vue du design bâclé et des quelques graffiti rafistolés. Elle ne s'y connaît pas en architecture mais l'allure de tout le quartier la réconforte dans l'idée que c'est une bien belle connerie. Mettre Gally dans un endroit aussi malfamé, c'est la jeter dans la gueule du loup. Sa sœur une mauvaise fréquentation ? Absolument pas. Elle a encore des allures de brebis apeurée et ce, malgré ses talents.  Et cet aura de fêlure rend Gally hyène calme et pas forcément pure. Elle croise quelques visages dans les marches mais elle ne leur prête aucun regard. Elle admire le carrelage irrégulier sous sa pair de bottines - sans marque.   Elle ne porte rien de valeur, même pas ses cartes de crédit. Que ses boucles d'oreilles et quelques dollars pour le taxi.Accroché à sa taille, son bipeur gris.  Sur le pallier de la porte, elle triture nerveusement la boucle dorée de son lobe gauche.  Le stress avant de voir Gally est similaire à celui qu'elle vit avant d'entrer au bloc. C'est le trac du comédien qui rentre du scène, le mal de celui qui a peur de faire le mal. Tragédie ou -et- ironie.  Puis Maddy toque deux coups sobres, comme les verres qu'elle a bu avant de partir. Deux verres de martini bus à l'appartement, seule. Savourés à l'arrache.

Salut.

Son visage est froid malgré l'engouement à la voir.  C'est quelque part entre le plaisir, la corvée et le devoir.   Gally est là avec son regard un peu hagard, c'est à cause de l'ecchymose qui lui sert de cocar. Avant de reconnaître la fille qui incarne sa copie, la médecin voit les imperfection.

Ca part bien. Mieux que la dernière fois. Ca te fait mal ?


Oui la dernière fois, c'était il y a dix jours et c'était bien violet sombre. Maddy dirait que c'était une couleur pruneau.  Analytiquement, elle scrute la pièce. Elle veut y déceler des indices sur Gally, sur son état et ses améliorations parce qu'elle ne pourra pas la prendre en charge éternellement, parce qu'elle s'inquiète à la manière d'une maman, parce qu'elle veut voir si sa sœur s'en sort un peu ou si elle s'apprête à revenir beaucoup. Quand la rancune la ronge, quand les larmes la menacent ou quand les pourquoi insomniaques la guettent, elle aime voir Gally comme un oiseau un peu fougueux qui cherchait à prendre son envol sans vraiment y être arrivé. Ce qu'elle essaye de comprendre et d'imager, c'est que c'est dans la nature de Gally et qu'elle doit l'accepter comme elle est. C'est loin d'être gagné  parce que Maddy était très attachée. Cette déception qui ankylose ses tourments lui rappelle cette leçon ; celui qui est capable de t'abandonner une fois est capable de d'abandonner deux fois. Elle aimerait se brancher sur les ondes de l'attache, de l'amour, du lien. Comme un disque qui se répète qui s'entête à tue-tête pour l'éternité. Mais avec Gally, Maddy craint que ça ne soit que Radio Velcro. On se prend par la main, on s'aime, comme un Hit plus qu'un classique. Ca va durer quelques semaines puis ça se détachera en s'arrachant, une nouvelle fois à ses dépens.  
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: Vie de Chyènes + Gally & Maddy   Lun 19 Nov - 21:46
avatar
Gally Leone

posts : 273
points : 404
feat : daisy ridley
crédits : tweek (ava)
Âge : 25
logement : the old lady #504



vie de chyènes
maddy & gally


Tu tires une dernière taffe. Dernier spliff. Dernière vague. Dernier ring. Enfer sale. Quartier pourri. Les poches sans les thunes. Les mioches dans les rues. T’attises le feu et t’éteins ta clope. Tu fumes les cieux et tu jauges le peuple. Tu claques la fenêtre. Secret mal-être. Maddy doit pas savoir que tu fumes Gally. Maddy.
T’es en peignoir. Regard fermoir. Mèches mouillées ; pour une fois sans sueur. Peau lavée ; pour une fois sans saveur. T’attrapes la brosse le dentifrice. Tout. Tout effacer. Tout oublier. Tout enlever. Tout supprimer. A tout jamais. La tombe sans gravure. Marmot sans murmures. Tu reposes la brosse à dent. Tu serres les dents. Les mirettes levées devant le miroir sans teint ; mauvais teint. Trop pâle trop violacée. Trop profanée. Trop lacérée. Tu fixes le reflet de la fausse poupée. Yeux refermés. Front tempéré. Mâchoire invétérée. Nœud décousu par ces doigts bien calmes ; tissu qui tombe sans un vacarme. Épaules nues. Tu regardes tes hématomes tes plaies tes blessures. Les mains s’adossent sur la céramique. Les lèvres livrent un souffle cynique. Les joues rougies par l’eau trop chaude ; trop chaude qui ruissellent sur le corps. Les joues tendues affaiblies par l’eau qui coule encore. T’observes tes courbes en tord. Toi une femme, Gally ? Sérieux ? les muscles sont là. Les seins sont las. Les hanches dérapent. Le temps délave. T’as une cicatrice dans ce coin. T’as une autre marque plus loin. Une des mains se la joue vétéran. Soldat raffiné sur le carrare balafré. Elle longe les lignes sur cette peau des formes reflets abstraits. Maladroite. Pas très droite. Pas trop plate. Mais pas trop femme. Gamine sans feu sans flammes. Qui porte trop d’armes. Trop d’états d’âmes. Trop de brutes infâmes. Et puis t’as froid. C’est l’hiver déjà. Et la Old Lady laisse valser le fracas des sales nuits. Le froid des vagues brasiers d’un baiser glacier fuit. Il fuit. Et t’as la chair qui crie. Chair de poule. Poison fourbe. Ça va, te plains pas, tu pourrais être dehors à faire la manche entre une pute et un trafiquant. Train de vie flippant. Tu brosses tes cheveux t’enfiles tes fringues ; t’es vide t’es dingue. T’as une robe sur le corps ; laine chaude qui ronge qui dévore. Elle est verte sombre et entête les gens qui la fixent trop. Qui la regardent poison. Qui te rongent dans l’ombre. Mauvaises ondes. Tu noues les collants à ces jambes et tu gardes tes Nike abattues. T’es battue t’as battue. Toujours avec ces pompes. Bonnes ondes. Aura fécond. Chance en tréfonds. Veine des bas-fonds. T’allumes ces led multicolores. T’allumes cette flammes inodores. Deux bougies sur cette table. Dans la pénombre deux nouvelles âmes. T’as fait un effort. Tu t’assoies et t’attends. Devant les lettres oubliées d’un réveil latent. Écriture sans grand talent ; pour un homme sans grand galant. Ben Brody. Lettre pour lui. Lettre sans lui. Pour lui dire tout ce que t’as à dire. Sauf que tu te maudis. Tu balances les gribouillis sous des papiers oublis. Commode garnie. Cent factures sans ratures.
Et les coups tonnent.

« Salut. » Maddy est là au pas de ce palier ; ce palier à toi gravé par la sœur allier. Elle va bien, tu crois qu’elle va bien. Mais avec Maddy on est jamais certain. Fourbe spectre cachant le malhonnête. Qui dit vrai des deux Leone. elle regarde ton coquard sans regarder ta robe. Elle regarde le mauvais sans regarder la Gally galon d'or. Elle regarde la vérité sans regarder les efforts. Qui dit vrai des deux Leone. Qui dit vrai. Qui le saura jamais. Elle va bien Maddy ; aussi bien que sa copie noircie. Tachetée de violine. « Ca part bien. Mieux que la dernière fois. Ça te fait mal ? » elle jette son dévolu sur l’appartement. Elle n’y trouvera rien de méchant. Pas de clopes bazardées de l’étage au sol froid qui appartient aux putains. Pas de faits mesquins qui pourraient tromper l’air innocent.

« Moins que de te voir. » sans rire. Sans sourire. Ni même sans soupir. Tu laisses l’écart à la porte et tu tournes les épaules. « C’est une blague, hein. » t’ôses à peine lâcher le hoquet. Et tu demandes pardon des perles sacrées avant qu’elle te maudisse sept fois d’affilé. Si ce n'est déjà fait. Tu voulais t’apaiser gally. Bien joué. tu te morfonds dans le canapé. Cuisses serrées. Pensées délabrées. « Ça passera. Comme toutes les blessures que j’ai eu avant. » télé éclairée. Programmes de merde. À faire distraire à peine un cancéreux lunaire. Tu trouves une chaîne de classiques. Musique soudaine qui fera sans doute frémir maddy. Tu te dandines. Le cœur jubile. T’as tout gâché. T’es pas douée. Faut que vous buviez.
Frigo. Alcool. Bouteille. Goulot.
« Tu veux une bière ? » Cling. Fracas abusif. Fracas festif. Leone maladives.

EXORDIUM.


Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, quand tout est noir, quand tout est noir. Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, j'fais que douter d'moi quand tout est


bleu noir
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t370-gally-leone-daisy-ridley
MessageSujet : Re: Vie de Chyènes + Gally & Maddy   Mer 21 Nov - 14:11
avatar
Maddy Leone
posts : 16
points : 87
feat : Daisy Ridley
crédits : delreys.


En cherchant les failles, Maddy oublie l'émail.  Elle scrute l'état de l'appartement mais elle oublie de voir sa sœur véritablement. En fait, quand elle se présente à elle, Maddy ne remarque pas la robe de Gally. A dire vrai elle la trouve un peu de mauvais goût, elle préfère voir ses nouveaux coups portés au visage.  Elle réduit à néant les efforts de l'enfant. Elle guette le défaut  dans l'appart puis l'imperfection  de l'image. Elle est comme ça Maddy, un peu mère et un peu autoritaire. Elle dépose les pizzas et les bouteilles sur la table avant de commencer à retirer son manteau, cette chair qui lui a coûté un bras mais qui lui donne l'allure d'une actrice des années divas. Elle s'arrête net dans son geste aux quelques mots tranchant de Gally. Maddy lui ferait plus mal que ses conneries au visage. Pris comme un pic en plein coeur, Maddy se déraidit, pour ôter entièrement son vêtement. C'est une blague mais Maddy elle est un peu premier degré par moment . Elle finit par sourire, montrer un peu ses dents. Elle reconnait l'humour alors elle ajoute :

- Ca sera toujours moins que ton départ.

Ses talons claquent le planché, elle saisit la bouteille de rouge ponctué d'un « C'est une blague. » Ses traits s'adoucissent. Maddy rejoint Gally qui a le nez plongé dans le frigo. Elle cherche le tir-bouchon et faute de ne pas avoir de verre à pied, elle prend une tasse. Ces tasses où Maddy peut verser la moitié de la bouteille, elle les adore.  Elle fait un non de la tête quand sa sœur lui propose une bière. Elle fait partie de ceux qui préfèrent le vin râpeux, acide, fruité… cette liqueur plate à cette gnôle gazeuse. La levure fait grossir bien que la bière soit composée à 90 % d'eau. Il y a d'autres raisons qui la poussent à savourer le vin à la place du reste des spiritueux, mais elle ne s'en souvient plus.  Elle galère à ôter le liège mais le bruit sec de la pression approuve son exploit.  

Depuis leurs retrouvailles, à chaque fois qu'elle voit sa sœur abîmée, Maddy se demande si c'est par la boxe ou par autre chose. C'est une question qu'elle se pose implicitement à la vue des coups puis après une courte analyse, elle sait que c'est la boxe. Gally dégage ce truc, dans l'allure ou sur la peau, de gamine qui se bat dans les cours de récré. L'éternelle frappe inutile, l'éternelle blessure facile. Maddy n'a jamais compris pourquoi et elle ne le comprendra sans doute jamais. A l'époque elle lui avait conseillé de trouver un travail stable ou du moins, un travail sain. Mais Gally entêtait à continuer pour ensuite abandonner.  La musique s'élève, Gally se dandine et s'improvise ballerine timide. En guise de réponse, Maddy boit un peu en grimaçant. Ce n'est pas tant le choix de la musique, c'est l'envie suggérée de Gally à vouloir danser. La néo new-yorkaise n'en a pas le coeur. La weed prise plus tôt a fait taire ses douleurs, l'a apaisée et dégourdie. Sans vraiment planer, elle veut juste se poser. Pour danser, elle serait en club au Chelsea pour voir se mouver les enfants artistes et ou les parents économistes.  Elle y serait aller pour passer son temps à voir défiler les limousines chromées avec une clope au bec.  Maddy n'y pense plus que ça, parce que mine de rien, Maddy préfère quand même se trouver dans le trou du cul de la ville avec sa sœur. Elle ne le sait pas vraiment, c'est inconscient. En filigrane, la rancune s'estompe pour faire place à une froideur étrange. Maddy se sent pas à l'aise, elle préfère la solitude au malaise. Elle ne peut pas pardonner mais elle ne peut pas prétendre à la normalité. Les distances demeurent et font office de frontières entre les deux sœurs. On estime les remparts proches de celles de la muraille de Chine ou du poids d'Atlas sur son échine. Le réconfort, ce sont ses sens qui le lui procurent. Voir Gally, sentir Gally, entendre Gally, écouter Gally. La complexité cérébrale et l'émoi cardiaque viscéral sont pourris par les psychostimulants et par la nostalgie. Ca rend Maddy très laide mais la tristesse n'a jamais rendu qui que ce soit d'éclatant.
Elle s'affale dans le canapé avec tout le poids de la fatigue que lui offre ses incalculables heures de travail.

Je crois que ça me manque de pas te voir te battre sur un ring.

On peut lui reprocher ou la vénérer de camoufler son venin et peut l'admirer d'exprimer ses  souhaits. Un soutien ? On n'en sait rien. Maddy elle est peut-être du genre à tirer satisfaction quand Gally se bouffe le béton.  Peut-être qu'elle veut la voir se prendre les coups qu'elle s'était interdite de lui  donner. Peut-être qu'elle veut sentir le parfum du « c'était mieux avant ». Maddy reste mystérieuse sur tous les fronts.  
Elle rit un peu et ça n'a rien à voir avec le rire de hyène, cristallin mais pute. Elle se surprend elle-même à se confesser de la sorte.  

Ouais, je t'assure. Ca me manque.

Les dernières fois où elles se sont vus, Maddy  restait un peu de marbre et quand elle parlait, c'était plus de son travail actuel. La tension réside dans une volonté à ne pas parler des cinq années d'absence à croire qu'elles n'avaient jamais exister. Maddy ne veut pas parler de ses coups à elle et aussi du grand contre-coup.  Elle abordait Gally non pas comme sa sœur, ni comme une amie d'enfance. Juste un individu qu'elle côtoie parce qu'elle en a pas le choix. Beaucoup trouveront la démarche putride mais en réalité, c'est une très grande preuve de lâcheté. C'est toujours plus facile de repartir à zéro et d'ignorer les maux.  

Tu tapes quoi et où ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: Vie de Chyènes + Gally & Maddy   Jeu 22 Nov - 1:18
avatar
Gally Leone

posts : 273
points : 404
feat : daisy ridley
crédits : tweek (ava)
Âge : 25
logement : the old lady #504



vie de chyènes
maddy & gally


Gueule feutrée gueule ankylosée. Gueule anesthésiée du mordant de Maddy. Flemme ; le regard frêle t’admires Maddy. Cœur sans chaîne d’une vie sans veine tu fixes Maddy. Elle a toujours été plus belle ; plus ferme. Plus fermée aussi. C’est ce qui fonde la vénusté. Vénus bohème sans attirail sans attrait au portail de verre glacé. Maddy puissance tranquille errance paisible ; toujours ces quelques grammes au coin d’une bouche fébrile. C’est Maddy ; c’est l’art amnésie. Qui fait oublier à ces putains de vilaines catégories ; à quelle point elles se trouvent belle. A quel point elles sont vaines. Vénus bohème ouais. Ben l’aurait trouvée muse à l’italienne elle aussi ? Ben aurait-il au moins osé la toucher aussi ? Ben aurait-il osé l’approcher aussi ? Muse si faible face à cette jumelle si ferme. Peut-être dure avec elle. Peut-être trop dure avec elle.
Gueule calfeutrée ; gueule infectée. Gueule châtiée du blâmant de Maddy. Maddy réplique. Maddy rapplique. Fierté ironique. Fierté iconique. Maddy mémorable. Maddy inconfortable. Mais toi t’admires Maddy. Comme cette gamine Gally. Comme cette enfant décatie. Trop fanée. Violet délavé. Maddy a l’art de la bourgeoisie citadine. Maddy a l’art de faire taire ses victimes. Elle crève l’écran, elle crève l’écran et toi Gal tu crèves qui tu crèves quoi ? Tu crèves rien. Tu crèves le chagrin. Chagrin crevant deux sœurs au levant du matin. Gamines sottes perdues sans jugeote. Gamines folles déchues dans l'alcool. Maddy n’a pas ri. Mais Maddy a souri. Maddy a blagué elle aussi. Maddy pose deux trois choses. Choses futiles qui rappelleront toujours qu’elles-mêmes ne sont que deux choses. Choses d’amour façonnées. Choses de haines désamorcées. Choses de peine embastionnées. Des choses pourtant qui s’aiment comme elles ne s’aiment. Qui bataillent à chacune des maudites guerres. Guerres poisons qui les détruisent guerres passion qui les unissent. Des guerres. Comme il en est des milles. Des milliards. Des poussières de dollars. Sang poison sang pillard. Éventré sur le billard. A quoi bon ? Mais Maddy Leone est là ce soir. T’avales trois gorgées alors qu’elle approche le vin raffiné comme elle peut l’être. Ravalée comme son paraître. Tu pourrais toi aussi Gally crever l’écran comme cette sorella magie ? T’en doutes. T’es floue.
Gueule claquée gueule flattée. Gueule effacée du flagrant de Maddy. Envie maladive qui te ronge quand tu songes à la beauté des ondes. L’élégance suinte sur Maddy. L’air chic d’enivrance pleut et lui brille. Elle brille de l’Italie de Mangano, de Loren ou de Bellucci. Tu l’envies. Tu l’envies. Jusqu’à ce qu’elle parle et ce qu’elle te dise.

« Je crois que ça me manque de pas te voir me battre sur un ring. » le regard pétille alors qu’elle jubile du vin qui la saisit. Et pourtant cette sœur t’admire. Cette sœur t’admire. Alors que tu ne t’admires. Qu’est-ce que tu vaux Gally ? T’en vaux la peine de tous ces maux ? Marquée à vif. Les mirettes se plissent et le corps se déplie. Le sourire se fisse. Se forge comme l’esprit qui dormait encore. Maddy se délivre des maillons qui la lie aux néants démons. L’honnête fait des ravages aux cœurs mal lotis. L’honneur fait des ravages aux sœurs mal blotties. « Ouais, je t’assure. Ça me manque. » Elle est là. Assise prête de toi. Si tu te concentres t’entendrais son pénible battement. T’as envie de t’approcher lentement. De poser ton crâne contre l’épaule. T’as envie tu la frôles. Mais tu te rappelles une chose. Les roses ont des épines Gally. Et ces épines font du mal ; plus terribles qu’un cri. Alors tu te redresses. Tu regardes les pixels. Et tu bois et tu broies tes fantômes ailes. T’en oublies que Maddy vient de rire. T’en oublies que Maddy qui rit te fait rire. Bienveillance éternelle fiévreuse maternelle. Tendresse temporelle. « Tu tapes quoi et où ? » Les yeux détournent. Et ils croisent un moment ceux de celle qui te tourne. Elle te tourne la tête et t’envoûte d’un honnête malhonnête. Elle te tourne avec ; et t’enterres au coin de sa tête. Sa tête à elle. La même que la tienne. Juste un peu plus remplie. Tu te vois dans le reflet de l’écran quand il fait le noir un instant. T’es jolie tu peux l’être. Tes mèches ondulent leurs hanches au naturel quand le naturel les assèche. Et puis la musique revient. Elle revient et tu te retiens. De chialer encore. De chialer alors. De chialer à tord. Mais cette fois sans tord. Cette fois en or. Cette fois pour la spontanée sublimité qui vient d’échapper à ces lèvres trop serrées. Lèvres torsadées filtrant trop souvent ce que le corps ressent. Ouvre-toi Maddy. Pitié ouvre-toi plus souvent. S’il-te-plaît. Mais tu te retiens encore. Encore ces larmes ravalées. Sois forte Gally, tu t’es donné tant de mal. La robe les bougies la fumée les lettres le vacarme. Tout. Et tout peut s’écrouler. Danger exténué.

« La dernière que j’ai fracassée s’appelait Inaya, enfin je crois. C’était une afro, et ça se voyait qu’elle était pauvre. Je parle pas comme moi ou tous ceux d’ici, genre vraiment. C’était triste t’aurais vu sa gueule quand j’ai eu tout ce fric. » tu feins tu nies comme si vous étiez deux amies. Deux amies dans un bar sans anémie. Sans faux ressentis. Animosité animale ferveur effroyable. Tout feindre pour le bonheur qui se fraie ce chemin aux vils écailles. T’avales une autre gorgée. Et la bière est vidée. « Elle devait se battre pour sa famiglia, peut-être même pour ses bambini. Il fallait voir ce regard Maddy. Era qualcosa. » tu te rappelles cette peau d’ébène mise à terre ; chant frivole d’un KO sous les huées qui rigole. Baise-là Gally ! Ils te crient. Ils te hurlent. Ils te fument. « Tu sais c’est dur parfois. Quand tu gagnes les sponsors hurlent juste parce que tu leur rapporte du fric. Et ton adversaire pleure parce qu’il repartira pauvre. T’es que du bétail. C’est pas un art. Non è una vita. Non è il moi sogno. » T’espères plus que ce bétail. T’espères plus que cette marmaille. T’espères et pourtant tu te perds. Tu perpétues tu t’acharnes et tu te tues. Coquard lilas coquard percé. Ange gueule de bois. T’observes Maddy. Et elle te regarde aussi. Tu l’aimes malgré ce qu’elle t’a fait. Elle t’aime malgré ce que tu lui as fait. C’est un non-dit ; mais c’est vrai. Tu le sais. Et pourtant tu sais pas grand-chose de vrai. Tu te lèves ; tu cherches une autre bière. Tu la décapsules tu mets les autres au frais et tu fais chauffer le four. Tu te tournes. Maddy dans le canapé. La télé. Les bougies allumées. Parfum ambré. Parfum cannelle safran. Méditerranée exaltante. Mer assoiffante. Soirée désaltérante. On serait bien là une cinquantaine d’années. Affalées dans ce vieux canapé. Il perdrait de son ressort avec le temps et la télé sauterait aussi ; mais putain on serait bien là ouais. « Je me bats dans le coin, pas loin. Et je trouve mes matchs grâce aux organisateurs. On a tous une côte. On a tous notre prix. Moi je vise toujours les plus forts pour gagner toujours plus. Pour essayer de bien vivre. Per me. E anche per te. » t’approches un peu d’elle. Et la magie d’une sorcière agit dans ton air. Embué embaumé embrumé, air infesté. Air infecté. Bowie passe à la télé, pas la même chanson que le jour J. Mais l’âme en a quand même envie. Bowie passe vous rythmer. Bowie passe vous trancher. Il ôte vos voiles et cloue vos âmes. Corps infâmes chœurs instables. Sainteté d’une pureté de retrouver la jumelle abandonnée. Retrouver et jamais non jamais Gally ne plus jamais quitter. Maddy. Ta vie tes poumons ta chair frissons sincères. Tu deviendras la guerrière. « Balla con me, Maddy ! E dimentica le nostre vite un po. » tu lui ôtes la tasse des mains. Et tu lui tends ta main à toi. N’aies plus peur Maddy. N’aies plus peur car je deviendrai la fille que je dois être. Il est temps que t’agisses mais la tu veux danser avec elle et tu veux pas être. « J'aimerais vraiment que tu viennes me voir boxer Maddy. » Tu souris. Comme avant.

Simples choses.
Futilités.
Bravoure mutilée.
Orgueil subjugué.
Et pourtant amitié désavouée.
Amour à peine voilé.
Paix partagée.
Due sorelle.
Encore et encore.


Simples choses ouais.

EXORDIUM.


Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, quand tout est noir, quand tout est noir. Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, j'fais que douter d'moi quand tout est


bleu noir
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t370-gally-leone-daisy-ridley
MessageSujet : Re: Vie de Chyènes + Gally & Maddy   Hier à 14:02
avatar
Maddy Leone
posts : 16
points : 87
feat : Daisy Ridley
crédits : delreys.


Maddy, elle est l'exemple même de l'enveloppe implacable qui dissimule la douleur inimaginable. C'est un savoureux mélange malsain qu'on adore dans notre siècle. On adore capter derrière un prestige, les onces de mystères scellés à son propre vestige. On cherche la destruction derrière toute forme de création. C'est comme cette envie palpable d'éclater le château de sable du gamin du coin, c'est pas bien mais c'est inné. Ce vestige, ces maux, chez Maddy comme chez d'autres, on le sent à la manière du vent : on a pas besoin de le voir pour savoir qu'il existe. Cette femme laisse cet aura indélébile comme s'il s'agit là de quelques gouttes d'eau mais en réalité, ça marque. Des fois elle se dit qu'elle n'en joue pas assez. Dans cette jungle new-yorkaise, dans ces tribus mondaines, elle aurait pu laisser son emprunte à la manière des grands. Cette bonne figure, une règle du jeu de cette cours de récré qu'on appelle société, Maddy aura it voulu l'abandonner sur le pallier de chez Gally à la manière d'un vêtement. C'est pas un simple comportement, ça s'encrasse dans les entrailles, dans l'esprit et dans le coeur, ça n'a rien d'un jeu d'enfant. Pourtant elle réussit à lutter un peu et le vin en est sa première arme. Ce n'est pas un cri d'amour, ni de la curiosité quand elle déclare que les combats de sa sœur lui manquent, quand elle s'inquiète du qui ou du lieu. Elle écoute son double, les yeux rivés sur cet encre rouge entre ses mains, toujours un peu incapable de la regarder droit dans les yeux. Son sourire en coin de bouche est sincère et Dieu seul sait à quel point c'est difficile de lui arracher une esquisse de la gueule. Mais l'esprit un peu embrumé par les fumées précédentes et la gnôle ardente, elle conclue que les Leone ont une entreprise fructueuse. L'une casse des mâchoires et l'autre les répare. On dirait les rotules du système américain. Plus tu suceras Ronald Macdonald et plus tu auras besoin de diététiciens, de médecins et de profs de sports. Plus tu te casseras la gueule et plus tu viendras à l'hôpital.

Sans juger ou apprécier, Maddy n'a pas d'affinités avec l'univers de sa sœur. Insalubrité, loubards, billets verts, sueur et fumées. De tous les endroits de la terre, Maddy ne cherche pas le malfamé. Le sang lui parle mais le sang déversée par accident. Le sang qui rend l'humain impuissant, celui qui nous rappelle « oh mon dieu, je suis fait de chair, je ne suis pas éternel, quelques coups de plus et j'ai le pied dans une tombe... ». Ce sang là est pur et rend la chirurgienne Madonna. Savoir que des femmes et des hommes se battent par appât du gain, pour sauver une famiglia, ça donne la gerbe à la néo-new-yorkaise. Et ce qui l'horripile encore plus, c'est que ce truc illégal semble plus organisé que les jeux olympiques. Maddy en fronce les sourcils d'ailleurs. Des organisateurs d'accord… mais des sponsors ? Ca veut dire qu'il y a des entreprises qui financent cette hémoglobine gaspillée. Elle aurait voulu avoir de la condescendance pour sa sœur mais elle en est pas capable. Elle préfère ça au rien. Ce qui la chagrine en revanche, c'est cette sensation que Gally a réussi à reprendre sa vie comme si de rien était. Outre la rancune à son égard et les droites encaissées de son plein gré, il y a quelque chose qui la perturbe sans trop pouvoir mettre le doigt dessus. Maddy ne saurait définir la forme d'injustice qui transpire de ses paroles. Dans les faits, elle demeure contente des activités de sa sœur. Ca les rend implicitement sereines sans en rendre une plus reine que l'autre. Elle tente de faire abstraction de ces quelques mots italiens, elle les accepte comme des éternuements échappés donc comme des « à tes souhaits ».

Bowie pénètre dans ce petit foyer. La demande de Gally l'arrache de ses maigres pensées. Elle boit goulûment le reste de sa tasse avant qu'on lui en sépare. Les paupières un peu lourdes, elle mime un non de la tête. Comment lui dire qu'elle n'aime pas danser. C'est rappeler à un corps endolori qu'il existe et qu'il vit. Maddy s'oublie en tant que chair, c'est un cerveau qui fume avant tout. Elle ne peut refuser cette main tendue même si l'idée se formule. Elle dégage cette mèche qui s'est échappée de son oreille et mouve ses épaules de manière piteuse. Elle rit un peu de ce ridicule et pense au nombre incalculable de fois où on l'a implorée de danser et où elle a su se désister. Elle piétine sans avoir le choix de regarder ailleurs que vers Gally. Ses membres semblent toujours aussi enchaînés mais elle paraît détendue… Un peu. Ce un peu, c'est un peu plus que la dernière fois et c'est un peu moins que la prochaine fois. Cette danse est à Maddy ce que la robe est à Gally : un effort pour l'autre, un trac atténué, une mise à nue pour deux faces écorchées. Bowie parle pour eux deux mais ces bouches dressées inquiètent Maddy. Elle aurait voulu combler cet instant avec des médiocrités. Je ne savais pas que t'aimais Bowie, je ne savais pas que tu dansais, je ne savais pas… Elle l'aurait encore frappé à coup de rappels sur cette étrangeté. Finalement elle ne connaît pas tant sa sœur. Et ces questions songées en sont la preuve. Pourtant Maddy se dit qu'elles ont vécu beaucoup de temps ensemble avant de se réduire indécemment en cendre. Brooklyn et ses jam-sessions improvisés, ses parts de pizza gigantesques pour deux dollars, les problèmes de plomberie, les tags multicolores, les camés zombis dans les cages d'escaliers et les soirées au club du coin ou au club de boxe. Maddy en a vu des matchs en étant au premier rang. Gally était sa première patiente mais Maddy était peut-être sa première fan. Quoique, il y en a un qui admire la boxeuse plus que la jumelle.
La chanson s'apprête à tirer sa révérence. Sentant le déclin, Maddy s'arrête pour se servir un autre verre de vin et sortir une autre bière. Elle pré-chauffe le four en tournant quelques boutants de la machine.

J'ai pas dansé depuis très longtemps.

Elle a conscience d'avoir eu l'air d'un pantin à qui on venait de donner la vie. C'était Pinocchio avec les ficelles. Puis elle se remémore.

Je crois que… Ouais je crois que la dernière fois que j'ai dansé c'était avec toi, Ben et ses potes. Je sais pas si tu te souviens, c'était aussi l'une de mes premières grosses gueules de bois.

Le souvenir est chaleureux mais flou. Ce bar dansant et ses lumières tricolores, cet intérieur enfumé, ces visages en sueur, ce son saturé mais ces sourires sincères. Ces rires muets, le comptoir collant d'alcool renversé, ces verres brisés, les danses bon enfant, les étreintes trop mêlés et les toilettes à gerber. Maddy n'aurait pas pu rentrer chez elle si Gally n'était pas là.

Sur le chemin du retour, je vous demandais de vous arrêter toutes les dix minutes et du coup il nous a fallu plus de deux heures pour rentrer. Ben il en avait tellement marre, qu'il était prêt à payer le taxi.

Images retrouvés et images pré-fabriqués. Le souvenir est un instant qui se révèle être la somme des dits et des vus. Qui lui avait dit ça, Ben ou Gally ? Elle avait de toute façon black out une partie du retour. Elle omet de préciser que c'était peut-être l'une des plus belles soirées de sa vie, sans doute car elles étaient habitées par ce sentiment de triomphe et qu'elles arboraient des figures conquérantes.

J'aimerai bien retourner dans ce bar.

Elle boit une gorgée avant d'enfourner la margarita. La pizza est tellement maigre et moche qu'elle insulterait l'Italie entière.



« J'dis pas que je suis une mauvaise chirurgienne. J'dis juste que c'est courageux de votre part de confier votre vie entre les mains d'une cocaïnomane. » MADDY LEONE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: Vie de Chyènes + Gally & Maddy   

Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Montbard : insolite et nains de jardins
» MADDYLICIOUS????
» Démaquillant
» Maj : 13/04 : ajouts !
» Ma salle de bains est au régime! (minimalisme à la salle de bain)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
BETON ARME :: LA VIE, LA VRAIE :: The Old Lady :: Les Appartements-
Sauter vers: