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 Vie de Chyènes + Gally & Maddy

MessageSujet : Vie de Chyènes + Gally & Maddy   Vie de Chyènes + Gally & Maddy EmptyDim 18 Nov - 13:32
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Ils disent vie de chienne mais Maddy, elle préfère dire vie de hyène. Le regard envoûtant, la rage aux dents placée comme une esquisse tirée jusqu'au oreille, l'hypocrisie des âmes bariolées ou déchirées. Puis il y a le terrain. Ce n'est pas patauger dans des flacs d'eau sur le bitume, non. C'est  traverser le seul sans croiser la moindre peine ou empathie. Prier le ciel pour ne pas tomber sur cette dune, avoir la force d'avancer plus qu'errer. Il n'y a pas à dire, Maddy était est  hyène plus que chienne. Selon sa théorie, il y a tout type de hyène dans tout type de décor. A Manhattan, on peut croiser les hyènes stratégiques, les hyènes voraces, les hyènes ambitieuses, les hyènes patientes et même des hyènes gentilles. Comme à Brooklyn, comme à  Chicago, Vancouver, Paris, Rome, Naples… Pour être une bonne hyène, il fallait être tous ces monstres à la fois. Au Bronx, c'est différent.  Outre celles qu'on croise sur les trottoirs, les vies de chienne s'incarnent dans la couleur des briques et l'état des poubelles. L'insalubrité reflète les coeurs et Maddy en ligne de front l'a vu des centaines de fois. A la question « d'où tu viens ?' » Ses patients blessés par balle, par arme blanche, par baston, par suicide, par overdose, par  d'autres doses répondent « Bronx bruh' ».  Ce n'est évidemment pas tous les cas, on serait étonnés de savoir le nombre d'accidents de travail sur Wall Street venant de la même catégorie… Le haut du panier ressemble énormément à son bas, il n'y a que des hyènes ou il n'y a que des rats.

Maddy, dans sa vie de hyène, elle n''a pas trop le temps de perdre son temps. Les tics tacs valent de l'or et on sonne le glas de la fin toujours trop tôt pour qu'on puisse se rendre compte qu'il était trop tard. C'est la première leçon qu'on apprend quand on voit les rythmes cardiaques se freiner. Maddy elle n'a vraiment pas le temps là. Être la meilleure chirurgienne de la ville demande des sacrifices, être celle de l'état en demandera d'autres et celle du pays, encore… C'est une boucle sans fin, celle de l'argent sans coeur et sans odeur, celle de la reconnaissance sans renaissance et sans ardeur, celle de l'existence sans couleur… Alors quand Maddy se ramène chez sa sœur avec une bouteille de vin rouge, un pack de bières et des pizzas surgelés, elle a l'impression que le temps s'arrête.  Maddy elle a de nouveau dix huit piges, la tête vierge des coups de pute, c'est une fleur avec sa tige. Pas de cut violent, pas de brume. Juste l'écume et l'amour vacillant.  Malgré  l'impression adolescente, Maddy reste Maddy et Maddy débarque en taxi au pied de l'immeuble miteux de the Old Lady. Cela fait déjà plusieurs semaines qu'elle le voit mais elle est toujours aussi écoeurée à la vue du design bâclé et des quelques graffiti rafistolés. Elle ne s'y connaît pas en architecture mais l'allure de tout le quartier la réconforte dans l'idée que c'est une bien belle connerie. Mettre Gally dans un endroit aussi malfamé, c'est la jeter dans la gueule du loup. Sa sœur une mauvaise fréquentation ? Absolument pas. Elle a encore des allures de brebis apeurée et ce, malgré ses talents.  Et cet aura de fêlure rend Gally hyène calme et pas forcément pure. Elle croise quelques visages dans les marches mais elle ne leur prête aucun regard. Elle admire le carrelage irrégulier sous sa pair de bottines - sans marque.   Elle ne porte rien de valeur, même pas ses cartes de crédit. Que ses boucles d'oreilles et quelques dollars pour le taxi.Accroché à sa taille, son bipeur gris.  Sur le pallier de la porte, elle triture nerveusement la boucle dorée de son lobe gauche.  Le stress avant de voir Gally est similaire à celui qu'elle vit avant d'entrer au bloc. C'est le trac du comédien qui rentre du scène, le mal de celui qui a peur de faire le mal. Tragédie ou -et- ironie.  Puis Maddy toque deux coups sobres, comme les verres qu'elle a bu avant de partir. Deux verres de martini bus à l'appartement, seule. Savourés à l'arrache.

Salut.

Son visage est froid malgré l'engouement à la voir.  C'est quelque part entre le plaisir, la corvée et le devoir.   Gally est là avec son regard un peu hagard, c'est à cause de l'ecchymose qui lui sert de cocar. Avant de reconnaître la fille qui incarne sa copie, la médecin voit les imperfection.

Ca part bien. Mieux que la dernière fois. Ca te fait mal ?


Oui la dernière fois, c'était il y a dix jours et c'était bien violet sombre. Maddy dirait que c'était une couleur pruneau.  Analytiquement, elle scrute la pièce. Elle veut y déceler des indices sur Gally, sur son état et ses améliorations parce qu'elle ne pourra pas la prendre en charge éternellement, parce qu'elle s'inquiète à la manière d'une maman, parce qu'elle veut voir si sa sœur s'en sort un peu ou si elle s'apprête à revenir beaucoup. Quand la rancune la ronge, quand les larmes la menacent ou quand les pourquoi insomniaques la guettent, elle aime voir Gally comme un oiseau un peu fougueux qui cherchait à prendre son envol sans vraiment y être arrivé. Ce qu'elle essaye de comprendre et d'imager, c'est que c'est dans la nature de Gally et qu'elle doit l'accepter comme elle est. C'est loin d'être gagné  parce que Maddy était très attachée. Cette déception qui ankylose ses tourments lui rappelle cette leçon ; celui qui est capable de t'abandonner une fois est capable de d'abandonner deux fois. Elle aimerait se brancher sur les ondes de l'attache, de l'amour, du lien. Comme un disque qui se répète qui s'entête à tue-tête pour l'éternité. Mais avec Gally, Maddy craint que ça ne soit que Radio Velcro. On se prend par la main, on s'aime, comme un Hit plus qu'un classique. Ca va durer quelques semaines puis ça se détachera en s'arrachant, une nouvelle fois à ses dépens.  
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MessageSujet : Re: Vie de Chyènes + Gally & Maddy   Vie de Chyènes + Gally & Maddy EmptyLun 19 Nov - 21:46
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vie de chyènes
maddy & gally


Tu tires une dernière taffe. Dernier spliff. Dernière vague. Dernier ring. Enfer sale. Quartier pourri. Les poches sans les thunes. Les mioches dans les rues. T’attises le feu et t’éteins ta clope. Tu fumes les cieux et tu jauges le peuple. Tu claques la fenêtre. Secret mal-être. Maddy doit pas savoir que tu fumes Gally. Maddy.
T’es en peignoir. Regard fermoir. Mèches mouillées ; pour une fois sans sueur. Peau lavée ; pour une fois sans saveur. T’attrapes la brosse le dentifrice. Tout. Tout effacer. Tout oublier. Tout enlever. Tout supprimer. A tout jamais. La tombe sans gravure. Marmot sans murmures. Tu reposes la brosse à dent. Tu serres les dents. Les mirettes levées devant le miroir sans teint ; mauvais teint. Trop pâle trop violacée. Trop profanée. Trop lacérée. Tu fixes le reflet de la fausse poupée. Yeux refermés. Front tempéré. Mâchoire invétérée. Nœud décousu par ces doigts bien calmes ; tissu qui tombe sans un vacarme. Épaules nues. Tu regardes tes hématomes tes plaies tes blessures. Les mains s’adossent sur la céramique. Les lèvres livrent un souffle cynique. Les joues rougies par l’eau trop chaude ; trop chaude qui ruissellent sur le corps. Les joues tendues affaiblies par l’eau qui coule encore. T’observes tes courbes en tord. Toi une femme, Gally ? Sérieux ? les muscles sont là. Les seins sont las. Les hanches dérapent. Le temps délave. T’as une cicatrice dans ce coin. T’as une autre marque plus loin. Une des mains se la joue vétéran. Soldat raffiné sur le carrare balafré. Elle longe les lignes sur cette peau des formes reflets abstraits. Maladroite. Pas très droite. Pas trop plate. Mais pas trop femme. Gamine sans feu sans flammes. Qui porte trop d’armes. Trop d’états d’âmes. Trop de brutes infâmes. Et puis t’as froid. C’est l’hiver déjà. Et la Old Lady laisse valser le fracas des sales nuits. Le froid des vagues brasiers d’un baiser glacier fuit. Il fuit. Et t’as la chair qui crie. Chair de poule. Poison fourbe. Ça va, te plains pas, tu pourrais être dehors à faire la manche entre une pute et un trafiquant. Train de vie flippant. Tu brosses tes cheveux t’enfiles tes fringues ; t’es vide t’es dingue. T’as une robe sur le corps ; laine chaude qui ronge qui dévore. Elle est verte sombre et entête les gens qui la fixent trop. Qui la regardent poison. Qui te rongent dans l’ombre. Mauvaises ondes. Tu noues les collants à ces jambes et tu gardes tes Nike abattues. T’es battue t’as battue. Toujours avec ces pompes. Bonnes ondes. Aura fécond. Chance en tréfonds. Veine des bas-fonds. T’allumes ces led multicolores. T’allumes cette flammes inodores. Deux bougies sur cette table. Dans la pénombre deux nouvelles âmes. T’as fait un effort. Tu t’assoies et t’attends. Devant les lettres oubliées d’un réveil latent. Écriture sans grand talent ; pour un homme sans grand galant. Ben Brody. Lettre pour lui. Lettre sans lui. Pour lui dire tout ce que t’as à dire. Sauf que tu te maudis. Tu balances les gribouillis sous des papiers oublis. Commode garnie. Cent factures sans ratures.
Et les coups tonnent.

« Salut. » Maddy est là au pas de ce palier ; ce palier à toi gravé par la sœur allier. Elle va bien, tu crois qu’elle va bien. Mais avec Maddy on est jamais certain. Fourbe spectre cachant le malhonnête. Qui dit vrai des deux Leone. elle regarde ton coquard sans regarder ta robe. Elle regarde le mauvais sans regarder la Gally galon d'or. Elle regarde la vérité sans regarder les efforts. Qui dit vrai des deux Leone. Qui dit vrai. Qui le saura jamais. Elle va bien Maddy ; aussi bien que sa copie noircie. Tachetée de violine. « Ca part bien. Mieux que la dernière fois. Ça te fait mal ? » elle jette son dévolu sur l’appartement. Elle n’y trouvera rien de méchant. Pas de clopes bazardées de l’étage au sol froid qui appartient aux putains. Pas de faits mesquins qui pourraient tromper l’air innocent.

« Moins que de te voir. » sans rire. Sans sourire. Ni même sans soupir. Tu laisses l’écart à la porte et tu tournes les épaules. « C’est une blague, hein. » t’ôses à peine lâcher le hoquet. Et tu demandes pardon des perles sacrées avant qu’elle te maudisse sept fois d’affilé. Si ce n'est déjà fait. Tu voulais t’apaiser gally. Bien joué. tu te morfonds dans le canapé. Cuisses serrées. Pensées délabrées. « Ça passera. Comme toutes les blessures que j’ai eu avant. » télé éclairée. Programmes de merde. À faire distraire à peine un cancéreux lunaire. Tu trouves une chaîne de classiques. Musique soudaine qui fera sans doute frémir maddy. Tu te dandines. Le cœur jubile. T’as tout gâché. T’es pas douée. Faut que vous buviez.
Frigo. Alcool. Bouteille. Goulot.
« Tu veux une bière ? » Cling. Fracas abusif. Fracas festif. Leone maladives.

EXORDIUM.


Je sais pas si je la crois, et je m'y noie.
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MessageSujet : Re: Vie de Chyènes + Gally & Maddy   Vie de Chyènes + Gally & Maddy EmptyMer 21 Nov - 14:11
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En cherchant les failles, Maddy oublie l'émail.  Elle scrute l'état de l'appartement mais elle oublie de voir sa sœur véritablement. En fait, quand elle se présente à elle, Maddy ne remarque pas la robe de Gally. A dire vrai elle la trouve un peu de mauvais goût, elle préfère voir ses nouveaux coups portés au visage.  Elle réduit à néant les efforts de l'enfant. Elle guette le défaut  dans l'appart puis l'imperfection  de l'image. Elle est comme ça Maddy, un peu mère et un peu autoritaire. Elle dépose les pizzas et les bouteilles sur la table avant de commencer à retirer son manteau, cette chair qui lui a coûté un bras mais qui lui donne l'allure d'une actrice des années divas. Elle s'arrête net dans son geste aux quelques mots tranchant de Gally. Maddy lui ferait plus mal que ses conneries au visage. Pris comme un pic en plein coeur, Maddy se déraidit, pour ôter entièrement son vêtement. C'est une blague mais Maddy elle est un peu premier degré par moment . Elle finit par sourire, montrer un peu ses dents. Elle reconnait l'humour alors elle ajoute :

- Ca sera toujours moins que ton départ.

Ses talons claquent le planché, elle saisit la bouteille de rouge ponctué d'un « C'est une blague. » Ses traits s'adoucissent. Maddy rejoint Gally qui a le nez plongé dans le frigo. Elle cherche le tir-bouchon et faute de ne pas avoir de verre à pied, elle prend une tasse. Ces tasses où Maddy peut verser la moitié de la bouteille, elle les adore.  Elle fait un non de la tête quand sa sœur lui propose une bière. Elle fait partie de ceux qui préfèrent le vin râpeux, acide, fruité… cette liqueur plate à cette gnôle gazeuse. La levure fait grossir bien que la bière soit composée à 90 % d'eau. Il y a d'autres raisons qui la poussent à savourer le vin à la place du reste des spiritueux, mais elle ne s'en souvient plus.  Elle galère à ôter le liège mais le bruit sec de la pression approuve son exploit.  

Depuis leurs retrouvailles, à chaque fois qu'elle voit sa sœur abîmée, Maddy se demande si c'est par la boxe ou par autre chose. C'est une question qu'elle se pose implicitement à la vue des coups puis après une courte analyse, elle sait que c'est la boxe. Gally dégage ce truc, dans l'allure ou sur la peau, de gamine qui se bat dans les cours de récré. L'éternelle frappe inutile, l'éternelle blessure facile. Maddy n'a jamais compris pourquoi et elle ne le comprendra sans doute jamais. A l'époque elle lui avait conseillé de trouver un travail stable ou du moins, un travail sain. Mais Gally entêtait à continuer pour ensuite abandonner.  La musique s'élève, Gally se dandine et s'improvise ballerine timide. En guise de réponse, Maddy boit un peu en grimaçant. Ce n'est pas tant le choix de la musique, c'est l'envie suggérée de Gally à vouloir danser. La néo new-yorkaise n'en a pas le coeur. La weed prise plus tôt a fait taire ses douleurs, l'a apaisée et dégourdie. Sans vraiment planer, elle veut juste se poser. Pour danser, elle serait en club au Chelsea pour voir se mouver les enfants artistes et ou les parents économistes.  Elle y serait aller pour passer son temps à voir défiler les limousines chromées avec une clope au bec.  Maddy n'y pense plus que ça, parce que mine de rien, Maddy préfère quand même se trouver dans le trou du cul de la ville avec sa sœur. Elle ne le sait pas vraiment, c'est inconscient. En filigrane, la rancune s'estompe pour faire place à une froideur étrange. Maddy se sent pas à l'aise, elle préfère la solitude au malaise. Elle ne peut pas pardonner mais elle ne peut pas prétendre à la normalité. Les distances demeurent et font office de frontières entre les deux sœurs. On estime les remparts proches de celles de la muraille de Chine ou du poids d'Atlas sur son échine. Le réconfort, ce sont ses sens qui le lui procurent. Voir Gally, sentir Gally, entendre Gally, écouter Gally. La complexité cérébrale et l'émoi cardiaque viscéral sont pourris par les psychostimulants et par la nostalgie. Ca rend Maddy très laide mais la tristesse n'a jamais rendu qui que ce soit d'éclatant.
Elle s'affale dans le canapé avec tout le poids de la fatigue que lui offre ses incalculables heures de travail.

Je crois que ça me manque de pas te voir te battre sur un ring.

On peut lui reprocher ou la vénérer de camoufler son venin et peut l'admirer d'exprimer ses  souhaits. Un soutien ? On n'en sait rien. Maddy elle est peut-être du genre à tirer satisfaction quand Gally se bouffe le béton.  Peut-être qu'elle veut la voir se prendre les coups qu'elle s'était interdite de lui  donner. Peut-être qu'elle veut sentir le parfum du « c'était mieux avant ». Maddy reste mystérieuse sur tous les fronts.  
Elle rit un peu et ça n'a rien à voir avec le rire de hyène, cristallin mais pute. Elle se surprend elle-même à se confesser de la sorte.  

Ouais, je t'assure. Ca me manque.

Les dernières fois où elles se sont vus, Maddy  restait un peu de marbre et quand elle parlait, c'était plus de son travail actuel. La tension réside dans une volonté à ne pas parler des cinq années d'absence à croire qu'elles n'avaient jamais exister. Maddy ne veut pas parler de ses coups à elle et aussi du grand contre-coup.  Elle abordait Gally non pas comme sa sœur, ni comme une amie d'enfance. Juste un individu qu'elle côtoie parce qu'elle en a pas le choix. Beaucoup trouveront la démarche putride mais en réalité, c'est une très grande preuve de lâcheté. C'est toujours plus facile de repartir à zéro et d'ignorer les maux.  

Tu tapes quoi et où ?
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MessageSujet : Re: Vie de Chyènes + Gally & Maddy   Vie de Chyènes + Gally & Maddy EmptyJeu 22 Nov - 1:18
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maddy & gally


Gueule feutrée gueule ankylosée. Gueule anesthésiée du mordant de Maddy. Flemme ; le regard frêle t’admires Maddy. Cœur sans chaîne d’une vie sans veine tu fixes Maddy. Elle a toujours été plus belle ; plus ferme. Plus fermée aussi. C’est ce qui fonde la vénusté. Vénus bohème sans attirail sans attrait au portail de verre glacé. Maddy puissance tranquille errance paisible ; toujours ces quelques grammes au coin d’une bouche fébrile. C’est Maddy ; c’est l’art amnésie. Qui fait oublier à ces putains de vilaines catégories ; à quelle point elles se trouvent belle. A quel point elles sont vaines. Vénus bohème ouais. Ben l’aurait trouvée muse à l’italienne elle aussi ? Ben aurait-il au moins osé la toucher aussi ? Ben aurait-il osé l’approcher aussi ? Muse si faible face à cette jumelle si ferme. Peut-être dure avec elle. Peut-être trop dure avec elle.
Gueule calfeutrée ; gueule infectée. Gueule châtiée du blâmant de Maddy. Maddy réplique. Maddy rapplique. Fierté ironique. Fierté iconique. Maddy mémorable. Maddy inconfortable. Mais toi t’admires Maddy. Comme cette gamine Gally. Comme cette enfant décatie. Trop fanée. Violet délavé. Maddy a l’art de la bourgeoisie citadine. Maddy a l’art de faire taire ses victimes. Elle crève l’écran, elle crève l’écran et toi Gal tu crèves qui tu crèves quoi ? Tu crèves rien. Tu crèves le chagrin. Chagrin crevant deux sœurs au levant du matin. Gamines sottes perdues sans jugeote. Gamines folles déchues dans l'alcool. Maddy n’a pas ri. Mais Maddy a souri. Maddy a blagué elle aussi. Maddy pose deux trois choses. Choses futiles qui rappelleront toujours qu’elles-mêmes ne sont que deux choses. Choses d’amour façonnées. Choses de haines désamorcées. Choses de peine embastionnées. Des choses pourtant qui s’aiment comme elles ne s’aiment. Qui bataillent à chacune des maudites guerres. Guerres poisons qui les détruisent guerres passion qui les unissent. Des guerres. Comme il en est des milles. Des milliards. Des poussières de dollars. Sang poison sang pillard. Éventré sur le billard. A quoi bon ? Mais Maddy Leone est là ce soir. T’avales trois gorgées alors qu’elle approche le vin raffiné comme elle peut l’être. Ravalée comme son paraître. Tu pourrais toi aussi Gally crever l’écran comme cette sorella magie ? T’en doutes. T’es floue.
Gueule claquée gueule flattée. Gueule effacée du flagrant de Maddy. Envie maladive qui te ronge quand tu songes à la beauté des ondes. L’élégance suinte sur Maddy. L’air chic d’enivrance pleut et lui brille. Elle brille de l’Italie de Mangano, de Loren ou de Bellucci. Tu l’envies. Tu l’envies. Jusqu’à ce qu’elle parle et ce qu’elle te dise.

« Je crois que ça me manque de pas te voir me battre sur un ring. » le regard pétille alors qu’elle jubile du vin qui la saisit. Et pourtant cette sœur t’admire. Cette sœur t’admire. Alors que tu ne t’admires. Qu’est-ce que tu vaux Gally ? T’en vaux la peine de tous ces maux ? Marquée à vif. Les mirettes se plissent et le corps se déplie. Le sourire se fisse. Se forge comme l’esprit qui dormait encore. Maddy se délivre des maillons qui la lie aux néants démons. L’honnête fait des ravages aux cœurs mal lotis. L’honneur fait des ravages aux sœurs mal blotties. « Ouais, je t’assure. Ça me manque. » Elle est là. Assise prête de toi. Si tu te concentres t’entendrais son pénible battement. T’as envie de t’approcher lentement. De poser ton crâne contre l’épaule. T’as envie tu la frôles. Mais tu te rappelles une chose. Les roses ont des épines Gally. Et ces épines font du mal ; plus terribles qu’un cri. Alors tu te redresses. Tu regardes les pixels. Et tu bois et tu broies tes fantômes ailes. T’en oublies que Maddy vient de rire. T’en oublies que Maddy qui rit te fait rire. Bienveillance éternelle fiévreuse maternelle. Tendresse temporelle. « Tu tapes quoi et où ? » Les yeux détournent. Et ils croisent un moment ceux de celle qui te tourne. Elle te tourne la tête et t’envoûte d’un honnête malhonnête. Elle te tourne avec ; et t’enterres au coin de sa tête. Sa tête à elle. La même que la tienne. Juste un peu plus remplie. Tu te vois dans le reflet de l’écran quand il fait le noir un instant. T’es jolie tu peux l’être. Tes mèches ondulent leurs hanches au naturel quand le naturel les assèche. Et puis la musique revient. Elle revient et tu te retiens. De chialer encore. De chialer alors. De chialer à tord. Mais cette fois sans tord. Cette fois en or. Cette fois pour la spontanée sublimité qui vient d’échapper à ces lèvres trop serrées. Lèvres torsadées filtrant trop souvent ce que le corps ressent. Ouvre-toi Maddy. Pitié ouvre-toi plus souvent. S’il-te-plaît. Mais tu te retiens encore. Encore ces larmes ravalées. Sois forte Gally, tu t’es donné tant de mal. La robe les bougies la fumée les lettres le vacarme. Tout. Et tout peut s’écrouler. Danger exténué.

« La dernière que j’ai fracassée s’appelait Inaya, enfin je crois. C’était une afro, et ça se voyait qu’elle était pauvre. Je parle pas comme moi ou tous ceux d’ici, genre vraiment. C’était triste t’aurais vu sa gueule quand j’ai eu tout ce fric. » tu feins tu nies comme si vous étiez deux amies. Deux amies dans un bar sans anémie. Sans faux ressentis. Animosité animale ferveur effroyable. Tout feindre pour le bonheur qui se fraie ce chemin aux vils écailles. T’avales une autre gorgée. Et la bière est vidée. « Elle devait se battre pour sa famiglia, peut-être même pour ses bambini. Il fallait voir ce regard Maddy. Era qualcosa. » tu te rappelles cette peau d’ébène mise à terre ; chant frivole d’un KO sous les huées qui rigole. Baise-là Gally ! Ils te crient. Ils te hurlent. Ils te fument. « Tu sais c’est dur parfois. Quand tu gagnes les sponsors hurlent juste parce que tu leur rapporte du fric. Et ton adversaire pleure parce qu’il repartira pauvre. T’es que du bétail. C’est pas un art. Non è una vita. Non è il moi sogno. » T’espères plus que ce bétail. T’espères plus que cette marmaille. T’espères et pourtant tu te perds. Tu perpétues tu t’acharnes et tu te tues. Coquard lilas coquard percé. Ange gueule de bois. T’observes Maddy. Et elle te regarde aussi. Tu l’aimes malgré ce qu’elle t’a fait. Elle t’aime malgré ce que tu lui as fait. C’est un non-dit ; mais c’est vrai. Tu le sais. Et pourtant tu sais pas grand-chose de vrai. Tu te lèves ; tu cherches une autre bière. Tu la décapsules tu mets les autres au frais et tu fais chauffer le four. Tu te tournes. Maddy dans le canapé. La télé. Les bougies allumées. Parfum ambré. Parfum cannelle safran. Méditerranée exaltante. Mer assoiffante. Soirée désaltérante. On serait bien là une cinquantaine d’années. Affalées dans ce vieux canapé. Il perdrait de son ressort avec le temps et la télé sauterait aussi ; mais putain on serait bien là ouais. « Je me bats dans le coin, pas loin. Et je trouve mes matchs grâce aux organisateurs. On a tous une côte. On a tous notre prix. Moi je vise toujours les plus forts pour gagner toujours plus. Pour essayer de bien vivre. Per me. E anche per te. » t’approches un peu d’elle. Et la magie d’une sorcière agit dans ton air. Embué embaumé embrumé, air infesté. Air infecté. Bowie passe à la télé, pas la même chanson que le jour J. Mais l’âme en a quand même envie. Bowie passe vous rythmer. Bowie passe vous trancher. Il ôte vos voiles et cloue vos âmes. Corps infâmes chœurs instables. Sainteté d’une pureté de retrouver la jumelle abandonnée. Retrouver et jamais non jamais Gally ne plus jamais quitter. Maddy. Ta vie tes poumons ta chair frissons sincères. Tu deviendras la guerrière. « Balla con me, Maddy ! E dimentica le nostre vite un po. » tu lui ôtes la tasse des mains. Et tu lui tends ta main à toi. N’aies plus peur Maddy. N’aies plus peur car je deviendrai la fille que je dois être. Il est temps que t’agisses mais la tu veux danser avec elle et tu veux pas être. « J'aimerais vraiment que tu viennes me voir boxer Maddy. » Tu souris. Comme avant.

Simples choses.
Futilités.
Bravoure mutilée.
Orgueil subjugué.
Et pourtant amitié désavouée.
Amour à peine voilé.
Paix partagée.
Due sorelle.
Encore et encore.


Simples choses ouais.

EXORDIUM.


Je sais pas si je la crois, et je m'y noie.
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MessageSujet : Re: Vie de Chyènes + Gally & Maddy   Vie de Chyènes + Gally & Maddy EmptyMer 12 Déc - 14:02
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Maddy, elle est l'exemple même de l'enveloppe implacable qui dissimule la douleur inimaginable. C'est un savoureux mélange malsain qu'on adore dans notre siècle. On adore capter derrière un prestige, les onces de mystères scellés à son propre vestige. On cherche la destruction derrière toute forme de création. C'est comme cette envie palpable d'éclater le château de sable du gamin du coin, c'est pas bien mais c'est inné. Ce vestige, ces maux, chez Maddy comme chez d'autres, on le sent à la manière du vent : on a pas besoin de le voir pour savoir qu'il existe. Cette femme laisse cet aura indélébile comme s'il s'agit là de quelques gouttes d'eau mais en réalité, ça marque. Des fois elle se dit qu'elle n'en joue pas assez. Dans cette jungle new-yorkaise, dans ces tribus mondaines, elle aurait pu laisser son emprunte à la manière des grands. Cette bonne figure, une règle du jeu de cette cours de récré qu'on appelle société, Maddy aura it voulu l'abandonner sur le pallier de chez Gally à la manière d'un vêtement. C'est pas un simple comportement, ça s'encrasse dans les entrailles, dans l'esprit et dans le coeur, ça n'a rien d'un jeu d'enfant. Pourtant elle réussit à lutter un peu et le vin en est sa première arme. Ce n'est pas un cri d'amour, ni de la curiosité quand elle déclare que les combats de sa sœur lui manquent, quand elle s'inquiète du qui ou du lieu. Elle écoute son double, les yeux rivés sur cet encre rouge entre ses mains, toujours un peu incapable de la regarder droit dans les yeux. Son sourire en coin de bouche est sincère et Dieu seul sait à quel point c'est difficile de lui arracher une esquisse de la gueule. Mais l'esprit un peu embrumé par les fumées précédentes et la gnôle ardente, elle conclue que les Leone ont une entreprise fructueuse. L'une casse des mâchoires et l'autre les répare. On dirait les rotules du système américain. Plus tu suceras Ronald Macdonald et plus tu auras besoin de diététiciens, de médecins et de profs de sports. Plus tu te casseras la gueule et plus tu viendras à l'hôpital.

Sans juger ou apprécier, Maddy n'a pas d'affinités avec l'univers de sa sœur. Insalubrité, loubards, billets verts, sueur et fumées. De tous les endroits de la terre, Maddy ne cherche pas le malfamé. Le sang lui parle mais le sang déversée par accident. Le sang qui rend l'humain impuissant, celui qui nous rappelle « oh mon dieu, je suis fait de chair, je ne suis pas éternel, quelques coups de plus et j'ai le pied dans une tombe... ». Ce sang là est pur et rend la chirurgienne Madonna. Savoir que des femmes et des hommes se battent par appât du gain, pour sauver une famiglia, ça donne la gerbe à la néo-new-yorkaise. Et ce qui l'horripile encore plus, c'est que ce truc illégal semble plus organisé que les jeux olympiques. Maddy en fronce les sourcils d'ailleurs. Des organisateurs d'accord… mais des sponsors ? Ca veut dire qu'il y a des entreprises qui financent cette hémoglobine gaspillée. Elle aurait voulu avoir de la condescendance pour sa sœur mais elle en est pas capable. Elle préfère ça au rien. Ce qui la chagrine en revanche, c'est cette sensation que Gally a réussi à reprendre sa vie comme si de rien était. Outre la rancune à son égard et les droites encaissées de son plein gré, il y a quelque chose qui la perturbe sans trop pouvoir mettre le doigt dessus. Maddy ne saurait définir la forme d'injustice qui transpire de ses paroles. Dans les faits, elle demeure contente des activités de sa sœur. Ca les rend implicitement sereines sans en rendre une plus reine que l'autre. Elle tente de faire abstraction de ces quelques mots italiens, elle les accepte comme des éternuements échappés donc comme des « à tes souhaits ».

Bowie pénètre dans ce petit foyer. La demande de Gally l'arrache de ses maigres pensées. Elle boit goulûment le reste de sa tasse avant qu'on lui en sépare. Les paupières un peu lourdes, elle mime un non de la tête. Comment lui dire qu'elle n'aime pas danser. C'est rappeler à un corps endolori qu'il existe et qu'il vit. Maddy s'oublie en tant que chair, c'est un cerveau qui fume avant tout. Elle ne peut refuser cette main tendue même si l'idée se formule. Elle dégage cette mèche qui s'est échappée de son oreille et mouve ses épaules de manière piteuse. Elle rit un peu de ce ridicule et pense au nombre incalculable de fois où on l'a implorée de danser et où elle a su se désister. Elle piétine sans avoir le choix de regarder ailleurs que vers Gally. Ses membres semblent toujours aussi enchaînés mais elle paraît détendue… Un peu. Ce un peu, c'est un peu plus que la dernière fois et c'est un peu moins que la prochaine fois. Cette danse est à Maddy ce que la robe est à Gally : un effort pour l'autre, un trac atténué, une mise à nue pour deux faces écorchées. Bowie parle pour eux deux mais ces bouches dressées inquiètent Maddy. Elle aurait voulu combler cet instant avec des médiocrités. Je ne savais pas que t'aimais Bowie, je ne savais pas que tu dansais, je ne savais pas… Elle l'aurait encore frappé à coup de rappels sur cette étrangeté. Finalement elle ne connaît pas tant sa sœur. Et ces questions songées en sont la preuve. Pourtant Maddy se dit qu'elles ont vécu beaucoup de temps ensemble avant de se réduire indécemment en cendre. Brooklyn et ses jam-sessions improvisés, ses parts de pizza gigantesques pour deux dollars, les problèmes de plomberie, les tags multicolores, les camés zombis dans les cages d'escaliers et les soirées au club du coin ou au club de boxe. Maddy en a vu des matchs en étant au premier rang. Gally était sa première patiente mais Maddy était peut-être sa première fan. Quoique, il y en a un qui admire la boxeuse plus que la jumelle.
La chanson s'apprête à tirer sa révérence. Sentant le déclin, Maddy s'arrête pour se servir un autre verre de vin et sortir une autre bière. Elle pré-chauffe le four en tournant quelques boutants de la machine.

J'ai pas dansé depuis très longtemps.

Elle a conscience d'avoir eu l'air d'un pantin à qui on venait de donner la vie. C'était Pinocchio avec les ficelles. Puis elle se remémore.

Je crois que… Ouais je crois que la dernière fois que j'ai dansé c'était avec toi, Ben et ses potes. Je sais pas si tu te souviens, c'était aussi l'une de mes premières grosses gueules de bois.

Le souvenir est chaleureux mais flou. Ce bar dansant et ses lumières tricolores, cet intérieur enfumé, ces visages en sueur, ce son saturé mais ces sourires sincères. Ces rires muets, le comptoir collant d'alcool renversé, ces verres brisés, les danses bon enfant, les étreintes trop mêlés et les toilettes à gerber. Maddy n'aurait pas pu rentrer chez elle si Gally n'était pas là.

Sur le chemin du retour, je vous demandais de vous arrêter toutes les dix minutes et du coup il nous a fallu plus de deux heures pour rentrer. Ben il en avait tellement marre, qu'il était prêt à payer le taxi.

Images retrouvés et images pré-fabriqués. Le souvenir est un instant qui se révèle être la somme des dits et des vus. Qui lui avait dit ça, Ben ou Gally ? Elle avait de toute façon black out une partie du retour. Elle omet de préciser que c'était peut-être l'une des plus belles soirées de sa vie, sans doute car elles étaient habitées par ce sentiment de triomphe et qu'elles arboraient des figures conquérantes.

J'aimerai bien retourner dans ce bar.

Elle boit une gorgée avant d'enfourner la margarita. La pizza est tellement maigre et moche qu'elle insulterait l'Italie entière.

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MessageSujet : Re: Vie de Chyènes + Gally & Maddy   Vie de Chyènes + Gally & Maddy EmptyDim 16 Déc - 2:38
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maddy & gally


Les deux cœurs battent. Parfois au même rythme souvent écarlates. Les deux corps se battent. Parfois au même rythme souvent acariâtres. Deux visages luttent ; ombre d'un doute ombre d'un rire mais jamais dupes. Deux têtes pensent. Deux têtes chassent. Deux têtes dansent. Deux têtes clamsent. Concert loufoque. Chœur désinvolte. Elles sont sans les mêmes manies ; mais putain qu'elles sont en harmonie. Une magie un destin une folie un dessein. Elles se cachent un tel dessin. Elles se voilent volage dans leurs bassins. Nuées nocturnes qui rappellent qu'elles sont deux dans la danse. En guise de fond ; un opéra qui flanchent. Les mauvaises notes se succèdent ; et les mauvaises filles elles cèdent. Elles cèdent à la fièvre de ces pas maudits qu'elles opèrent. Elles cèdent à l'algèbre d'une chimie qui s'empare d'elles.
Elles sont deux ; deux cœurs deux corps deux visages deux têtes. Deux. Ouais elles sont deux.
Une guerre mal engagée qui peine sans relâche. Une mode envisagée qui veine entache. Elle se tâche elle se fâche. Elle lasse. Et pourtant elle intrigue ; et pourtant c'est futile. Choses qui déplaisent à ces humeurs avariées. Flingue qui dégaine à ces émois trop variés. Si elles dansaient sur un piano de noir de blanc. Si elles étaient sur ces tableaux de peintres d'argents. Portraits faux qui mentirait qu'elles ne seraient sur la même touche. Une note noire. Une note blanche. Qui fondent pourtant ce beau mélange. Si dégoûtantes et si envoûtantes. Elles charment des larmes qui désarment si déroutantes. Faux semblant. Amour prenant. Amour poignant. Amour cinglant. Théorème sans réponse sans x sans y pour y répondre.
Et pourtant.
Elles sont deux. Ouais bordel elles sont deux. Maddy et Gally. Deux bêtes sans domestique. Que faire sans l’origami. Magie qui les plie qui les déplie à l'infini. Jusqu'à former ce doux signe. Pure de beauté. Preux de bonté. Pourtant si brut. Peint dans une seule teinte. Peint dans une hâte.
C'est ce qu'elles ont. C'est ce qu'elle sont. Peu de couleurs sur la palette. Peu de bagages sinon des miettes. Ce qu'elles picorent ce qui obsède tant leurs mirettes.
Éphémères maintenant et pourtant elles sont éternelles. Diamants désintègres ; anges aux ailes ternes. Elles sont éternelles elles gravent le temps. Elles gravent ces vents. Tempêtes sur ces perles d’iode sur ces merveille des aubes. Aubes éternelles ; heures intemporelles. Heurts invaincus qui ont vaincus ces hommes abattus.


Et Maddy tourne Maddy bat le temps. Elle grave ces vents. Tempêtes ouragans. Et toi tu tournes. Tu luttes contre ce temps ces vents qui t’emportent te tuent t’avortent. Monde poisseux de gens miteux. Maddy elle danse et tu sais que ça dérange. Maddy elle fait non poupée de cire sans ailes d’ange. Maddy elle danse elle fait la mou elle se balance. A peine le corps se lâche pour une sœur jumelle. Pour le fruit de ses peines de ses vaines guerres maternelles. Vaines pertes infidèles. Une qui fuit une qui se perd une qui prend la fuite quand l’autre se perd. Mourantes d’une fièvre d’un manque. Perdantes d’une quête haletante. Sans fin bordel qu’elle s’achèvera jamais cette plainte teintée d’absinthe à oublier à s’oublier. À tout jamais. Et pour toujours. Pour toujours inachevées elles dansent inavouées elles tanguent désapprouvées elles flanchent. Elles dansent elle danse tu danses et vous dansez. Fin ballet sans gourmet. Brutes comme vous l’étiez. Brutes comme vous resterez. Rester à vif plaie décousue arrachée esseulée corrompue. Rester à vif somnolence qui déchire passée le minuit révolu. Minutes irrésolues et Bowie insalubre.
Vous dansez vous êtes pas dedans et pourtant Maddy elle rit Maddy l’instant. Rire ou pleurer peut-être ; ou rire et s’amuser peut-être. Ça reste Maddy cette sœur sans synchro que tu cerneras jamais. Bizarre non singulière comme l’Italie les fait. L’Italie fabrique d’idylles insoupçonnés surprenant blasés parfois blasant. Maddy elle rit et ça te rappelle quand t’es nerveuse Gally. Maddy elle rit et ça te rappelle quand t’es anxieuse Gally. T’es heureuse amoureuse peut-être de ces perles souvenances à guérir ou à périr. T’es heureuse haineuse peut-être de ces ensembles peu prometteurs à frémir ou à mourir. L’enjeu est de taille le bluff est affable. Toi t’en es capable. Peut-être. Mais Maddy ne s’est jamais ouverte. Pas à ce point pas depuis des années peut-être. Les jambes elles se frôlent elles te rappellent que vous venez du même endroit de Naples polychrome ; de ces Leone monotones. Deux atomes négatifs liés par les hémoglobines. Deux embryons fébriles infertiles indociles. Capables de tout sans amour. Incapables d’aimer sans bravoure. Et les jambes elles se frôlent ouais pour la première danse depuis des siècles tensions. Depuis le début de cette terre depuis ce Bronx qui désaltère ces putes et ces clandestins avortons.
Et puis l’image s’arrête là couleurs atténuantes. Musique assoiffante. Et Maddy fuyante. Et toi tu dis rien tu t’assois sur ce canapé qui n’a rien des belles soies. Et toi tu dis rien car ça ne te déçoit. Maddy a fait l’effort sans retord sans accords sans faux raccords. A froid elles tournaient à froid elles chantaient. Elles chantaient leurs silhouettes décharnées. Elles chantaient ce silence que Bowie sait combler. T’es heureuse Gally ouais car t’aurais jamais parié sur ce tour de bluff. Maddy qui danse Maddy qui danse avec toi putain. Alors tu bois ta bière et puis tu dis plus rien. T’es heureuse et ce sourire affreux qui s’enchaîne dans ces joues et tu dis rien. T’es heureuse. Et l’honneur te ronge cette vague âme en flammes. Passé vacarme va au diable.

« J’ai pas dansé depuis très longtemps. » elle avoue. Elle avoue et recrache la bravoure. Ouais amour sans bravoure. Phrase aveux sentence des dieux. Et tu sais ce que ça veut dire. T’as les larmes aux yeux et ce sourire. T’as la lumière aux yeux et le soleil des cieux. Tu chiales d’aimer cette chair similaire ; tu chiales d’aimer cette femme sincère. Tu chiales d’aimer à cœur ouvert. Elle t’opère Gally elle t’opère sans cette chimie sans ce métal qui relie les organes. Elles t’opèrent sans ses gants qui vous séparent. Elle opère ce cœur sans trancher le carrare. « Je crois que… Ouais je crois que la dernière fois que j'ai dansé c'était avec toi, Ben et ses potes. Je sais pas si tu te souviens, c'était aussi l'une de mes premières grosses gueules de bois. » Bpm absent volage encens. La salive remonte et redescend. Bang. Ahurissant. Tout est blanc. Ben. T’as mal au ventre et tu te laisses couler aux abîmes. Tu te laisses crever dans l’acide. Le crâne rencontre ce coussin. Les mirettes vacillent déclin. Tu respires.
Et tu respires.
T’as l’allergie à cet empire.
Emprise qui parcourt ces hanches ces épaules et qui remonte à ces seins ces lèvres ces mains ce corps péché qui se tait. Péché qui te nourrit spectre hanté. Hantise au parfum d’acmé. Hantise à crever à gerber sinon juste à gober. À gober et ne rien dire. Jamais Gally. « Sur le chemin du retour, je vous demandais de vous arrêter toutes les dix minutes et du coup il nous a fallu plus de deux heures pour rentrer. Ben il en avait tellement marre, qu'il était prêt à payer le taxi. » Maddy bouge derrière dans la cuisine et toi tu respires. Maddy met les pizzas à cuire et toi tu respires. Maddy touche à l’alcool abrasif et toi tu respires. Inspire. Expire. Et les larmes te brûlent maintenant. Et les larmes poisons maintenant. Électrochoc. Bordel réanime-toi Gally avant qu’elle revienne. Tu te rappelles cette soirée. Tu rappelles ce que c’était. Tu te rappelles ce visage ce timbre ces mains ces touchers. Tu te rappelles ce que c’était mais tu veux oublier pitié oublier. « J’aimerais bien retourner dans ce bar. » Électrochoc. Tu te redresses. Debout vie sans altesse.

« NO ! Non possiamo ! » et t’as hurlé. T’as crié. Tu baisses les yeux cette robe de condamnée bout de viande à balancer. Tu frottes tes yeux carmin yeux brasiers. « Pardon. » tu dis plus bas. Silence et puis trépas. T’avances vers elle. T’envoies valser le bordel sur le plan de travail ça claque par terre et ça s’éclate. Crier rugir t’as peur Gally la peur que suinte la peau les os ces reflets écarlates.
Courir.
Courir.
Brasier. Gorge brasier corps violé.
Flammes.
Terreur qui désarme.

Tu fouilles tes placards. T’es sure d’en avoir. Là quelque part pas loin putain. Le bout des doigts qui tremble qui irrite. Le calme qui te déshérite. T’évites Maddy t’évites ces soucis. T’évites le vide aussi. Et les sens se dilatent tu les touches enfin. Verres à shots. Que la folie ressorte. « J’ai besoin de boire comme les grands. Comme toi. » Frigo qui claque ; cuisine en vrac. Évite Maddy évite Maddy. Liqueur d’ivresse tu remplis le verre. Tu le vides cul sec. Et là t’en remplis deux pour elle et toi ; forte tête. T’en vides un ; cul sec. Cul sec.
Ivresse tremplin. Sans lendemain. Ivresse qui craint. Quartier à plaindre. Des gens bizarres. Partout partout des gens bizarres. Des idées noires. Des envies brouillards. Et Ben Brody.
Alors tu remplis une troisième fois le verre.
Mais tu t’arrêtes.
Le décor dans ta tête prend l’air.
Et tu t’arrêtes.
La carcasse penchée sur cette cuisine bataille. La carcasse fatiguée de ces bagarres. « J’aimerais bien que tu prononces plus jamais son nom Maddy, s’il-te-plaît. » tu chuchotes et le sol danse comme ces deux Leone juste avant. Tout est allé vite ; trop vite sans maître du temps. « J’ai un truc à te dire. » T’avales ta salive mais déjà t’as plus les idées claires. T’es brute tu sais plus quoi dire alors tu crèves ce sincère. « La nuit où on était à l’hôpital je venais de me faire frapper dans la rue. Et j’étais dans la rue car je fuyais Ben. » Mais ces relents t’achèvent. Ils viennent de loin. Trop loin. Plus loin. Des étoiles qui valent rien. Poussière animale. Cancer anormal. Ouais t’en crèves encore et t’en crèveras alors.
T’en as déjà crevé.
Tu chiales amère blessée.
Dire la vérité vilaine vérité.
Et tu fond dans les bras de cette sœur délaissée. « Il m’a fait beaucoup de mal. Beaucoup trop mal Maddy. » Hurlement et larmes mélange qui cogne presque autant que ces deux shots. Larmes et tremblements mélange qui te colle comme ces mômes qui sanglotent. Elle sanglotent pour un rien. Mais ça c’est pas rien.

EXORDIUM.


Je sais pas si je la crois, et je m'y noie.
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MessageSujet : Re: Vie de Chyènes + Gally & Maddy   Vie de Chyènes + Gally & Maddy EmptyMar 8 Jan - 11:48
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Maddy elle fait deux points à la manière d'une suture de chair entre elle et sa sœur. Evoquer le passé ne le ravive pas. D'ailleurs, il dessine la nostalgie et les remords à l'encre de chine. Cette nuit safari aux couleurs de la sueur ou du bonheur, à tituber entre deux lampadaires, à voir le mirage d'un revolver, se prendre pour les reines du poker, les reines de la East Coast en Eden, la liqueur qui bourre les veines, le bleu pleurnichard des sirènes et ces sourires qui les rendaient sereines pour finir par voir et vivre sous l'ivresse des enfers en pratiquant des ctrl+haine.

If you say run, I'll run with you.
If you say hide, we'll hide.
Because my love for you would break my heart in two.


Oh Bowie, entre ce que Maddy pense et ce que Maddy dit. Entre ce que Gally danse et ce que Gally rit. Entre ces faux semblants détendus par la tise, Maddy ne se doute un seul instant que du père ou du fils, elle prierait le Saint Esprit au coeur du Bronx qu'au pied de Pise. Elle pivote et subit le spectacle alarmé d'une sœur qui a été visée par des intentions mal avisées. Larmoyante d'avoir été la risée durant cette nuit où tout a freeze sous le scalpel et le nez de la chirurgienne en crise. Gally agonise et Maddy reste sans voix. Ce spectacle qu'implore les Dieux, c'est encore la recherche de la gnôle qui rend Gally presque folle sous le regard embrumée de son portrait tout craché. Elle s'agite, crépite, en brasier sur le point de mourir d'abandon. La lame avait bien fait saigner mais Maddy ne sait d'où vient le tranchant aiguisé. Si évoquer le moindre souvenir met sa jumelle dans un état catastrophique, autant éviter de prendre ses aises au risque de signer le malaise. Mais là, c'est l'état d'urgence hystérique, c'est plus qu'un coup de blues, c'est le fruit d'une crise de panic. Les mains de Gally se déchaînent sur le moindre objet innocent. Les tasses ou les courriers, c'est le vacarme abusé, le mal être déchargé sur cet endroit précaire et sauveur. Le pire, c'est que Maddy est en statut de spectateur. Quoi faire, quoi dire. Debout près du four, le tic tac de la minuterie pas loin de finir son tour, un verre à la main, les yeux qui valsent sur cette sœur si émotive et expressive. Elle l'ignore, elles s'ignorent. Maddy est devenu fantôme. Encore une fois, elle a la sensation qu'elle n'existe plus ou qu'elle n'existe pas. Elle doute un millième de secondes des intentions de sa sœur. Ca a l'air sincère mais tout cet alcool, tous ces shots annoncés sonnent mise en scène et Maddy ça la gène. La gnôle, ça donne du courage là où y en a pas. Et la fille tout se qu'elle se dit c'est que son double lui fait pas très confiance pour parler franchement. Pourtant la dernière laisse traîner le doute. «  J'ai besoin de boire comme les grands. » Mais Gally, t'as 25 ans. Puis elle lui tend une liqueur pur mais Maddy a toujours son vin et tant qu'elle ne comprendra le fiasco, elle ne le boira pas. Alors ce shot là, il finit seul trône sur la table. L'équation demi bouteille dans l'estomac, pét' dans les poumons et chaos sous les yeux, ça lui fout la gerbe. Elle supportera pas la vodka.

Le problème s'appelle Ben et ça n'alerte pas plus que ça la sœur. Ce qui l'inquiète, c'est cette difficulté à dire les choses. Ca suggère une mauvaise scène un peu sale. C'est pas Ben qui l'a plantée de ce qu'il s'en dit. D'un côté, c'est déjà ça mais de l'autre, c'est autre chose. Maddy a envie de lui ordonner de cracher le morceau mais elle n'a pas envie de la forcer non plus. Alors elle tire la chaise devant elle.

Viens t'asseoir.

C'est un « tu vas tout m'expliquer » à la Madonna. Puis elle lui tend la main car elle craint que Gally s'écroule sur le sol. Elle s'allume une cigarette avant de l'imiter. Le silence plane un peu. L'une revit les scènes, pèse ses mots ou subit les effets ravageurs de trois verres enfilés. L'autre ne veut pas être intrusive mais tout c'bordel mériterait des explications.

T'as pas à te mettre dans des états pareils pour un vieux gars comme Ben.

Maddy n'a pas conscience de l'ampleur du problème. Un problème qui rend blême. Cet incontrôlable conduite, elle finit par penser que c'est le fruit d'un gros chagrin de coeur.
Elle tire sur sa cigarette pour formuler ses pensées.

Il t'a plaqué, O.K mais c'est rien, tu trouveras un autre mec.

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MessageSujet : Re: Vie de Chyènes + Gally & Maddy   Vie de Chyènes + Gally & Maddy EmptyJeu 17 Jan - 1:39
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Yeux qui flinguent le temps qui tangue et ces maudits qui se balancent dans la scène. Tempes qui grincent cours du temps et ces maudits maux qui t’entêtent. Alors les terres succombent et c’est tes pieds qui perdent la tête. Crâne allongé au sol scalpé ; ville de lumières effrayées qui tentent de s’échapper. Tant d’enchantement qui te ruinent ; les souvenirs les devenirs sans avenir. Crever dans cette pièce qui schlingue les aveux inavoués. Crever dans cet appart inachevé. Silhouette en suspens et vagues en trans. Dérision d’un parallèle en déraison. Brute incertaine comme des mensonges sur ces lèvres italiennes ; comme le sucre acerbe de l’alcool qui colle à l’haleine. Fièvre guérison pour abattre ces mauvaises cartes. Fièvre angoisse passion pour flinguer ces mauvais actes.
Un shot et l’oubli.
Un shot et la folie.
Un shot et l’insomnie.

Et des cauchemars plein la tête. Plein la tête. Plein la tête. Ces voix en boucle qui bouclent la boucle aux pensées troubles. Et puis ces voix qui bouclent la boucle en boucle ; et ces pensées troubles. Mauvais sens à l’ouïe mollasse. Mauvais sens à la vue rapace.
Et des cauchemars pleins la tête.
Et la tête et les cauchemars et Maddy et le brouillard. Étendard inouï qui perdure dans l’art travesti des soulards. Alcooliques sur un trottoir. Alcooliques qui fouillent ces ordures. Alcooliques eux-mêmes des ordures.
Et puis tu chiales.
Et tu chiales ouais tu chiales et la carcasse déballe. Tu dévales. Âme instable coup fatal. Cette nuit sale et tout déraille ; et tout déraille. Et tu dérailles. Comme des truands en cavale. La pute le bandit et l’argent sale. La vie ici la vie là-bas la vie d’autrui la vie c’est ça.
La vie c’est lâche la vie c’est tâche. La vie c’est vache. Et le temps passe plus elle entache plus elle enterre plus elle menace. Et elle t’observe et elle t’absorbe et elle t’attire dans son orbe. Orbite céleste fondée d’altesse ; jute un caniveau crade et glauque comme chacun en possède maudit idylle. Juste un abysse sale et loufoque comme ces chiens de la ville. Mauvais présages qui gaspillent à coup de flaques. Flaques de sang de salive d’arrogant. La vie répugnante que tout le monde cache. La vie derrière le cash. La vie en cash. Roulette russe où aucune balle n’est la bonne. Sauf une. Maddy.
Et puis tu chiales. L’infâme qui coule de l’hémoglobine. L’affable qui saoule qui brûle la rétine. Souvenirs brume souvenirs spectres souvenirs fument souvenir d’être. Et tu chiales. Et le sol danse si ce n’est plus toi qui danse. Et le sol change car jamais toi tu changes. Paupières qui se plissent gouttes d’eau iodée qui glissent. La fuite de la raison porte un nom. Gally.

« Viens t’asseoir. » Maddy dit alors tu le fais. Et le corps sans sa grâce s’écroule fatigué. Défaite aux vapeurs saoules défaite des liqueurs houles. Et puis l’odeur. Le tabac amateur des narines en pesanteur. En griller une putain en griller une putain. Le silence tu l’entends à peine. Tu sens la clope de ta sœur et tu sens le schnaps dans tes veines. Vision à l’arrache qui suit plus tes pensées depuis un quart d’heure. « T’as pas à te mettre dans des états pareils pour un vieux gars comme Ben. » Silence en latence et ardeur qui palpite trop. Trop fort trop lourd trop gros. « Il t’a plaquée, O.K mais c’est rien, tu trouveras un autre mec. »

« Non, Maddy. » t’es plus calme plus sage plus éparpillée trop perdue pour hurler. Et pourtant tu brûles ; et le corps continue de hurler. Des poèmes phantasmes qui fument cet esprit de damnée. Des syllabes infâmes qui chantent dans ces poings profanés. « Non, Maddy. » tu répètes plus doucement. Tu renifles ; disgrâce dans un monde de pétasses aux sourcils dégelasses. Mais toi t’es là mascara jusqu'aux cernes et morve jusqu’aux lèvres. T’attrapes une feuille de sopalin et tu répares cette gueule délavée. Tristesse hardiesse maladresse abusée. Abusive abusée. Ouais. tu te retournes et tu respires quand tu regardes ton sosie. Elle donne cet air léger Maddy. Quand elle est là Maddy. « Tu ne comprends pas. C’est quelque chose qui me brûle de l’intérieur. Je te le cache depuis trop longtemps, mais ça fait partie de moi, ça en fait tant partie que je ne peux plus vivre sans en souffrir. » t’espères que ton anglais suit ; qu’il suit ce que le regard ne suit plus. Ne suit plus ne suit pas n’a jamais suivi. Tu renifles encore. T’essayes d’oublier sa clope et tu te décides alors. Je suis désolée. Désolée Maddy d’être si dure si compliquée si illisible. Un puzzle sans fin où plus aucune pièce ne correspond un puzzle aux réponses invisibles. Une putain de mélodie sans l’accord une putain de folie sans raccord. Une putain de sœur mal aimée mal aimante fuyante fuguante fumante. Esquintée esquintante.
Échiquier sans son roi. Royauté sans sa reine.
Perdonami Maddy. perdonami per essere quello che sono. Questa sorella orribile. Mi vergogno Maddy.
Perdonami. « Tu devrais t’asseoir toi aussi. » tu lui dis sans lueur à lui verser. Sans ampleur à déballer. Et puis tu retrouves la commode. Là où toute la scène a commencé. La blague de mauvais goût. La danse sans a-coups. La fuite sans atout. Et Bowie. Et le vin et la bière et les pizzas sans l’odeur d’Italie. Tu fouilles sous ces dossiers. Et puis le papier ivoire est froissé. Alors tu t’assois auprès d’elle. Et tu commences à lire.
La musique en fond oubliée.
Maddy qui fume.
Et la boule au ventre angoissé.
Et les pupilles qui ne suivent plus.
Tu bafouilles.

« Ben Brody.

Je n’ai jamais su comment commencer cette lettre, ni même la finir. J’en ai écrit des dizaines et je les ai jetées à la poubelle. Peut-être que celle-ci y passera aussi. Peut-être aussi que tu n’en liras jamais aucune.
Ce que j’ai à te dire ne tient qu’en peu de mots et pourtant c’est une tonne de mots que je voudrais écrire sur cette feuille, si seulement je savais bien les aligner.
Tu as détruit ma vie, ma dignité, tu as détruit la confiance que j’avais en moi. Tu as détruit tant de choses que je pense, sont impossibles à reconstruire. Peut-être un jour. Mais y contribueras-tu ?
Je ne sais pas quoi faire, ni même quoi en penser. Tu sais, c’est très dure. D’être une femme aussi forte sur un ring et pourtant si faible dans cette vie. C’est dure aussi de perdre face à un ennemi qu’on aurait jamais pensé en devenir un un jour. Je te dois tout, Ben. Je te dois ma gloire, je te dois mes rêves, je te dois tous ces combats, gagnés ou perdus. Tous ces combats le visage en sang au sol, et tous ces combats le bras levé par l’arbitre.
Je pense que tu m’as toujours aimée. Je pense que j’ai toujours été assez bête pour ne pas le remarquer. Et pourtant, ce n’est pas beau. Il n’y rien de beau à briser la femme qu’on aime. Rien de beau dans ce que tu as fait. Tu es monstrueux. Tu es odieux. Je te déteste.
Je te déteste et pourtant je t’ai apprécié. Je t’ai apprécié quand tu as réalisé mon voeux le plus cher. Quand tu m’as portée dans tes bras après ma première médaille en or. Je t’ai même apprécié quand tu as été le seul à m’offrir un abris dans cette ville.
Quand je t’ai revu, alcoolique, drogué, sans amis, sans vie, sans plus la rage au ventre, j’ai voulu comprendre que tout ça c’était depuis que j’étais partie. Que tu m’avais balancée avec mon poignet broyé. J’ai voulu croire que tu avais à la fois perdu la femme que tu aimais, mais aussi ton champion. J’aurais voulu t’aimer aussi Ben, mais je ne pouvais pas. Je n’ai jamais pu. Et jamais je ne pourrai. Je pourrai peut-être vomir sur tes vêtements sales que tu traînes sur toi depuis cinq ans. Mais jamais je ne t’aimerai. Jamais. Et ça ne changera jamais.
Je me sens sale, je me sens conne aussi. Conne d’avoir voulu aider cet homme qui a brisé ma vie il y a cinq ans. Conne d’avoir voulu aider cet homme foutu en l’air par sa propre faute. J’ai été conne. Je le reconnais. J’ai voulu être là pour toi, et je comprends tellement pourquoi personne n’a voulu prendre cette place.
Tu m’as humiliée. Tu m’as ruinée. Tu as sali la seule chose qui me restait. Mon corps. T’as sali mon corps Ben, et ce corps n’est plus le mien désormais. Mais il n’est pas le tien non plus. Il ne l’a jamais été. Même ce soir-là, où tu puais l’alcool et que tu forçais. Que tu me forçais.
Tu m’as violée Ben. Tu as violé ma vie. Tu as violé mon honneur. J’espère que tu comprends cette phrase. J’espère que tu comprends l’ampleur de tes actes. J’espère que tu comprends que c’est mal. J’espère que tu comprends que je n’étais pas à toi, même si tu me voulais. J’étais libre, et tu m’as condamnée. »


Tu lèves les yeux vers Maddy. Et puis tu dis « La lettre s’arrête ici. »

EXORDIUM.


Je sais pas si je la crois, et je m'y noie.
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MessageSujet : Re: Vie de Chyènes + Gally & Maddy   Vie de Chyènes + Gally & Maddy EmptyMar 22 Jan - 22:04
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Maddy obtempère. Adossée contre le plan de travail, la clope pincée entre un index et un majeur, elle finit par écouter sa sœur et s’installe près d’elle. Instinctivement son coude se plie sur la table et instinctivement, elle se masse la tempe car tout ce chaos l’accable. Cet angoisse annoncé, ça la tue et ça la craint. Comment dire, il y a ces crises puis ce truc cerné comme quelque chose de brûlant, indomptable et d’indélébile. Un tombeau plein de mépris pour cette Rambo qui n’a pas de prix. Maddy grince un peu des dents, elle est dans une posture en dent de scie. Un coup Gally lui en dit trop, un coup elle lui en dit pas assez. Pas assez de mystère pour beaucoup trop de secrets. La seule hypothèse de Maddy se tue et se jette comme un déchet qu’on éjecte de la fenêtre d’une bagnole. Sauf que voilà, il n’y a que les plaies qu’on rafistole.
Gally disparaît un instant interminable pour Maddy. Elle revient pour s’asseoir à ses côtés, pour élever la voix sans écho mais avec fracas. Les mots s’effilochent et se dénudent pour laisser une sœur désarmée et l’autre alarmée. L’urgentiste mâchouille l’intérieur de sa joue et tient une boucle d’oreille de ses doigts libres. Elle n’entend plus la musique car les chansons s’évaporent. Elle n’entend plus le four car ces pizzas sont encore indolores. La télévision perd de son Technicolor et les larmes sur sa joue menacent à tout moment d’éclore.
Mais les lèvres de Maddy s’assèchent. D’un coup, il fait excessivement chaud. Ça doit être la température du Drame ou la sensation de l’avœu. Elle tire sur sa clope en attendant le dénouement. Du début jusqu’à la fin, elle n’aime pas ce qu’elle entend. Entre les lignes c’est une forme de dépendance à cet homme que Gally révèle. Elle ne lui doit rien en réalité. Il y a l’homme idéalisé, l’homme maître de sa désillusion, l’homme amoureux, l’homme sans réciprocité, juste l’homme dans tous ses états et tous ses éclats. C’est une longue lettre, une trop longue lettre pour être considéré comme lettre. C’est les élucubrations sensées d’un coeur trop esseulé et Maddy s’en veut un peu. Plus elle entend plus elle culpabilise, plus elle décortique et plus ça devient caustique. Elle s’en veut d’avoir soigner deux ou trois centaines de corps entre la nuit où elle a récupéré sa sœur et ce jour aux nouvelles mœurs. Maddy écrase son mégot et cligne plusieurs fois les yeux avant de déglutir. La lettre se termine là, OK. Et on fait quoi après ? Gally pose ses yeux sur sa sœur, une sœur qui fixe le vide car elle est incapable de voir s’abattre toute sa fragilité intérieure. Maddy est forte pour une ou pour deux mais pas quand il s’agit des échecs de l’une ou de l’autre. Elle boit la liqueur servie plus tôt tandis que le silence plane. Il n'y a pas que pour Gally, que la liqueur sert de courage. C'est devenue un bordel immense dans sa petite cervelle de camée. Un brouillard opaque emplie d'informations, embelli d'honnêteté qui dessine une bouée. La Madonne n'a pas été et ne le sera peut-être jamais. Ses émotions se muent en une rage étonnante. Habituellement son envie de meurtre, Maddy le doit à la high de sa poudre. Là elle est juste sous herbe. Ses synapses se collisionnent dans un capharnaüm immense.

Je vais lui couper les couilles au scalpel à ce fils de pute.

Même cette scène ne lui procure aucune sérénité. Il faut qu'elle se voit faire péter la porte, mettre le feu à ses affaires, le menacer avec un flingue pour qu'il se mette nu. Ecorcher sa peau d'enculé de macho de pervers narcissique de mes deux. Lui coller une balle entre les jambes, planter une lame dans sa chair, l'ébouillanter, la chaise électrique, l'enterrer vivant dans le parc pour gamins, sortir ses entrailles à vif… Enfin elle se calme pour plonger son iris brune dans celle de Gally. Elle lui dit un peu « Pourquoi tu me l'as pas dit plus tôt ? » et beaucoup désolé. Un pardon qui ne franchira pas ses lèvres. Elle l'aurait su, elle l'aurait forcé à faire un test gynécologique à l'hosto puis l'aurait accompagné chez les flics pour déposer une plainte. C'est le genre de trucs qui arrive aux autres, jamais aux siens. Maddy elle en a vu des meufs revenir des enfers, plus en sang qu'en chair, de Wall street à l'autoroute la plus proche. Du petit bar de bouffons au palace cinq étoiles. A chaque fois, elle a un peu la rage dans son austérité de la blouse blanche. La société a mal et se gangrène d'une fausse vraie éducation. Les femmes, on leur apprend à être mère ou salope. Sage et jolie ou sale et polie. Aucune mère n'apprend à sa fille, aucune professeur n'apprend à son élève, aucun homme n'apprend à son épouse les règles du jeu suivant : si tu quittes la maison, tu peux te faire violer. Vu comme ça, la vie pour une fille c'est l'aventure qui ne vaut pas le coup alors les filles restent chez elles. Le mythe de la femme au foyer est plus enracinée qu'on ne puisse l'imaginer. Elle aime les mecs. Elle les aime quand ils sont cons parce qu'elle est conne elle aussi. Mais qui veulent-ils duper quand ils développent une fusée pour aller dans l'espace au lieu de créer des armes de self-défenses pour les femmes. C'est sûr, c'est plus facile de former un homme à mourir que former une femme à vivre.

C'est pas de ta faute Gally. Ca ne le sera jamais.

C'est encore avec un ton autoritaire et maternelle que Maddy lui dit ça. Mais c'est sans fourberie. Les filles qui ne parlent pas de ça, ça la tue. Et on serait surpris de savoir le nombre de meufs qu'on ramasse et qui vive ce cauchemar. Puis on dit aussi que celles à qui ça arrive, elles ont pas de chance. Rappelant, au passage, que les autres doivent se sentir chanceuses. Ce n'est pas normal.
Ce qui n'est pas normal aussi, c'est toute cette violence que Gally s'inflige à propos de son corps. Une caboche qui prend des coups tous les jours depuis des années, une caboche qui a les pensées qui fusent.

Tu lui dois rien, ni ta gloire, ni tes combats, ni rien du tout.


Et il n'a rien détruit. Ni ton corps, ni ta hargne, ni ta confiance.

Est-ce que tu veux venir à l'hôpital avec moi demain ?


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MessageSujet : Re: Vie de Chyènes + Gally & Maddy   Vie de Chyènes + Gally & Maddy EmptyVen 25 Jan - 13:02
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maddy & gally


Astre écarlate de plein fouet. Il te brûle il immole immoral infecté. Infestées sont les larmes. Sont ces armes à peines lancées. Boom. Propulsée. Mime étrange agacé. Pourquoi Gally faut toujours que tu chiales. Ça brûle ouais ça crame même. Et pourtant tu chiales tu grognes chimère affable. Gosse incapable. Soumission peinée d'attention ; et ça te flingue. Boom. Deuxième virage et tu te perds à fond. Il est cruel manque d'affection. Il est cruel quête de frisson. Deuxième affront. Tu peux être pire. Tu peux être une nuit un loup une fatigue. Tu la ferais chialer pour ce corps fêlé. Le soupir ; il bluffe. La colère ; il bluffe. Ils crient et ils bluffent. T'en mets ta putain de main à couper Gally. Et pourtant t'en sais rien Gally. Tout ce que tu sais c'est cette main ces as ces roi qui déliassent les corps les cœurs les fois. Pas de parloir pas de loi. Pas de paroles pas d'effroi.
Juste toi.
Toi et elle.
Pas de Ben.
Coup de poker.
Et boom.
Troisième visage ; et t'as les traits sauvages. Mirage de cette dispersée mirage sans trop d'illusions. Peine sans peur d'allusions. Poupée face au bouffon qui l'a blâmée. Qui perdra cette manche. Ben Brody vas en enfer. Sang Leone qui s'y tâche. Sang Leone qui tâche et s’entache et rend tâche et rend lâche. Indélébile rature indocile. Insensible Maddy indicible.
Coup de frein à cette âme.
Et la respiration s’arrête. Sans lendemain Gally sans foutu lendemain.

« Je vais lui couper les couilles au scalpel à ce fils de pute. » T'as envie de lui dire comme le soleil veut brûler la peau le ciel et la terre. T'as envie de lui dire bordel comme ce putain veut vendre sa chair. Dis-le Gally. Ça ne prendra que deux secondes. Dis-le Gally. Formulation céleste sous tes ondes. Ondes de choc. T’as jamais pensé à ce qu’il y aurait après cette lettre. Ces mots gravés avec maladresse. Ces fleurs fanées qui empestent. Ces chœurs mal accordés qui infectent. Ces clébards qui chialent et qui infestent. Ruelles sales putes abordables. Et puis ces hommes qui s’acharnent. Sans foi sans loi sans roi ni reine en ébats. Alors tu penses à ces deux corbeilles pleines de mots en vrac ; pleines de sens en vrac ; pleines d’essences en vrac. Et plus rien. Plus rien dans ce crâne plus rien dans ces mains. Plus rien. Plus rien. On sauve pas les angoisses enterrées. On les enterre. Et on vit avec à l’acmé. On passe l’existence à déraciner la déraison condamnée ; celle des âmes d’enfants damnés. Ce qu’on est. Ce qu’on naît. Des pourritures qui se décomposent jusqu’à l’os. Des molosses caillés agonisant accouchés d’un démon aux yeux de fée sans carrosse. « C’est pas de ta faute Gally. Ça ne le sera jamais. » et puis t’observes Maddy. Pour la première fois t’observes Maddy. La première fois depuis les mots dits ; depuis les non-dits. Depuis la fatigue et depuis le souffle soumis. Depuis l’insomnie. Depuis l’amnésie.

Solo Maddy.

Juste Maddy. Elle qui tait les folies. Elle qui noie les ennuis. Elles qui flingue le temps et la nuit. Là ; las. La chaise en vieux bois où elle ternit. La table aux émois qui craint ces tempêtes affaiblis. Le sol en lino pourri. Et puis ces airs qui transpercent ces têtes pleines de vilaines envies. Et puis le fumet qui s’échappe de cette clope flambée. Et puis ces mêmes lèvres qui brûlent le poison convoité. Les poussières qui valsent avec l’air à la lumière tamisée. Crue amère Maddy elle crame l’espace comme elle crame la cigarette allumée. Allumée comme ces putes infectes. Mais Maddy a pas leurs putain de paillettes. T’as envie de prendre une photo d’elle. Mais t’oses pas. T’as envie de t’approcher d’elle. Mais t’oses pas. Capture ce putain de moment Gally. Ce putain de moment. Celui où Maddy flingue tout encore. Le visage en suspend et la clope en névrose. Le cosmos en osmose. Attentat de la matière. Boom. Attentat des artères. Boom. Mais Maddy elle a peur. Alors t’as peur. Et puis tu trembles. Et la frayeur qui baise l’instant. Le souffle rugit maintenant. Bercée marmot glacée. Bercer l’esprit aliéné. Alors ; le cœur bat. Le nez frémit. Le cerveau aux émois. Et le corps bondit ; toujours. Toujours. Toujours. Toujours ; même quand l’abysse vient du ciel. Et frôle les oreilles. Ces reflets assassins qui fondent dans tes prunelles. Dans les pleurs qui s’invitent à ta chair ; à tes heurts. Vers ton essence de gosse qui s’apitoie. Tu chiales une deuxième fois. Le râle désespéré qui crève au désastre inespéré. Le sanglot se débat et t’abat ; il frappe la gorge. Point sensible. Talon d’Achille.

« Est-ce que tu veux venir à l’hôpital avec moi demain ? » elle demande. La lettre entre les doigts n’est plus qu’un brouillon dégelasse. Bristol à l’arrache. Tu fais non de la tête. No Madonna. No. Non ricorda quei vecchi demoni. Non scava i sepolti. Non è rimasto nulla nient'altro che cicatrici. Tu fais juste non. Et tu reposes le papier sur la table. Tu serres les poings t’es affable. Putain d’incapable.

« Mi dispiace... Mi dispiace davvero che hai una sorella come me. » t’as les mirettes qui s’inclinent le menton indocile. Un bras qui rassure l’autre aux cris tactiles. T’as toujours ce corps dans les étoiles. Le cerveau miroir. Et tu broies du noir tu vois du noir. Les lèvres sont mordues par ces chicots. Chicots qui crèvent de laisser franchir le tabac chaud. Oublie ça. Oublie ça cazzo di merda. « Je ne sais pas quoi dire. Alors ressers-toi un verre si tu veux. » les pas animent le corps l’esprit les péchés irrévolus. Les pas font les cent pas absolus. Tu tournes comme ça tourne dans ta tête. Tu tournes tu tournes et puis tu brûles t’es bête. T’es bête putain bête ouais. Les ongles façonnent enfin le cuir du sac. Il a pris un coup ici ; et là aussi. Des cicatrices comme les tiennes fossiles. Les doigts caressent la souplesse sans tiède sans humide juste le brut que t’admires. Et tu tournes autour du sac à ton tour. Avant d’y foutre ton coup. Et puis l'essoufflement d’un corps en décadence. Et puis le crade et puis l’absence. « Je me demande comment aimer mon corps à nouveau. Tu sais, on a jamais parlé d’amour ni rien… mais je me demande comment je pourrais me donner à quelqu’un à nouveau. » tu souffles l’angoisse masqué à la sœur démasquée. Un deuxième coup. Mais la vérité c’est que tu vois à peine ce que tu frappes ; où ? Où putain Gally ? Où vivre où survivre ? Où avec trois grammes dans le sang et trois litres de chiale sur la gueule. Vilains sens mauvais encens. Claque à la gueule. Je dois faire quoi Maddy putain ? Aide-moi. Aide-moi. Aide-moi. Et puis les doigts claquent un par un. Et puis ils filent un par un. Et puis ces bras se délient. Et s’arrondissent autour du sac. La tête contre le cuir qui claque. Et tu respires. Les paupières closes. L’obscur qui défile. Et puis tu files. Le cerveau à l’infini qui fuit la pièce alourdie. K.O. Gally. « Tu es la seule personne au courant pour Ben. Peut-être car j’estime que tu es la seule personne qui peut en avoir quelque chose à foutre, c’est comme ça qu’on dit en anglais non ? Je peux pas penser que ce n’est pas ma faute. C’est moi qui suis allée le voir. C’est moi qui suis restée. Tu sais, c’est moi qui a cherché. » Les yeux s’ouvrent à peine ; et tes yeux verts sont post mortem. « Je m’en veux d’être partie en catimini Maddy. Ce sont pas des manières. Et si je peux me faire pardonner un jour devant toi et le seigneur, je serai peut-être heureuse. » Les mains caressent une dernière fois la matière tendre. Que t’aime battre et défendre. L’alcool fait dire les vérités comme les marmots qui mentent jamais. Tu t’en veux peut-être. T’aurais pas aimé que ce soit aussi simple sorti de tes lèvres. Pas aussi simple pour elle. T’aimerais lui faire payer à elle aussi. Comment lui dire putain. Comment lui dire que tu lui en veux aussi. De t’avoir laissée seule dans cette ville. Seule face à Ben Brody. Et puis t’avances vers elle.

Ce soir, la rancune n’est plus.
Ce soir, l’amertume n’est plus.
Neptune et Saturne.

« Ti amo Madonna. » ce n’est plus qu’un soupir dans cette pièce vide des émotions subtiles. Tu lui fais face. Vous faîtes exactement la même taille. Pas le même air pas le même teint pas la même coupe pas le même vin. Alors tes mains sont douces et lui tiennent les épaules ; et la ramènent à ton corps. Je t’aime Maddy. Je t’aime malgré tes mépris malgré tes fatigues malgré tes soupirs et tes silences. Je t’aime. Et puis ton crâne lourd et fou se love dans le creux ; là sous le menton de ta soeur ; périlleux. « Je t’aime. J’ai tellement de galères, t’imagines pas, mais tant que t’es là je me sens intouchable. » Maddy ne se bat pas. Mais Maddy elle abat.

EXORDIUM.


Je sais pas si je la crois, et je m'y noie.
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