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 (#204) blues -lola

MessageSujet : (#204) blues -lola   Mer 7 Nov - 20:25
Siam Romaldi
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la lune a percé, les nuages allant-venant continuent leur chemin à l'identique de l'aiguille qui court et court sur le cadran. la lune a percé, la fin de journée a sonné, depuis longtemps oublié dans des tourments qu'on créé pour ne pas songer. fauteur de trouble qui fuit la route, enfant fuyant qui tarde le soir; tu empreintes de nombreux visages ce soir, puis tous ceux d'avant. on ne va pas mentir si le ciel obscure reprend ses droits bien plus tôt avec l'hiver arrivant, rien ne rallonge l'heure à laquelle tu fermes aux passants la boutique qui n'accueille plus personne. à cette heure là tout le monde rentre, s'en va dîner, s'en va danser; et toi tu traines le pas. ta seule amie pour ce soir c'est ton éternelle clope qui te tient compagnie, et le silence. le silence qui t'enveloppe quand tu longes le trottoir, quand les voitures passent indifférente et que la vie suit son court. toujours pareil, le même chemin qui ne dur pas, tes pieds qui le connaissent par cœur et ton esprit ailleurs. c'est pas qui tu n'as pas envie de rentrer, t'as juste aucune envie d'encore te tourmenter.

tu sais pas quoi faire ce soir, pas de personnes à aller voir, pas de bar à rejoindre avec des étrangers rencontrés ci et là. t'as rien à faire et t'es même pas sur de trouver quelqu'un à l'appartement. à vivre avec autant de gens les uns sur les autres, t'es pourtant jamais certain de savoir où est qui. rituel continuel. la porte de l'immeuble s'ouvre et tu prends les escaliers, tout pour reculer le moment. le ventre qui se sert, le palpitant qui s'accélère. t'aimerais qu'il arrête un instant, que son cœur se calme. pas le tien, c'est jamais le tien. même sensation de nausée à la vue de la porte. t'es pas le bienvenu de ta propre décision. tu mets tes pensées et ressentis sur pause, t'es pathétique Siam. alors tu envoies valser le malaise, t'ouvres la porte et tu lui refermes au nez; le laissant sur le paillasson. tu sais si bien faire. pas un bruit, il fait sombre mais pas noir. pas la preuve d'une quelconque compagnie pour autant. t'avances du couloir au salon, demi tour au détour de l'ombre de sa silhouette. puis il y a ses yeux sur toi, déjà trop tard; alors tu t'arrêtes dans ta fuite. merde.. soupire inaudible, tu ranges tes cheveux en arrière. ombre d'elle même, fantôme de la pièce, tu te rends compte que le malaise vient de glisser sous la porte et qu'il a quitté le paillasson. y'a ton visage qui se ferme, et tu te dis que t'aurais pas du jeter la fin de ta clope avant de monter. t'es toute seule à l'appart ? ça fait des jours que tu lui as pas parlé. des semaines, des mois que tout est brisé. tu pensais plus tomber sur Med qui bosse jamais. t'espères même encore le voir débarquer et mettre fin à ce tête à tête qu'elle ne souhaite pas. elle ne veut pas te voir. elle ne veut plus te voir. elle ne veut ni entendre ta voix, ni sentir ta présence, tout plutôt que de voir pulser le cœur de son héro dans tes veines. elle a pas besoin de le dire Lola, ce regard que tu lis chez elle, c'est le même que ton reflet. voleur.


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MessageSujet : Re: (#204) blues -lola   Lun 12 Nov - 10:44
Lola Sorensen
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Le réveil sonne. Une fois. Deux fois. Trois fois. T’as envie de vomir rien qu’à l’idée de te lever. De retrouver ces livres que Gaby aimaient tant. Et toi. Plantée au milieu comme une conne. A pas savoir quoi faire de tous ces bouquins. De tous ces gens qui te sourient comme si de rien était. Mais y’a rien. Pour eux. C’est pas leur monde qui s’écroule avec son absence. C’est rien. Rien d’autre qu’une vieille habitude qui s’efface avec le temps. Le gentil garçon de la librairie est parti. C’est tout. Il est pas mort. Il est parti. Peut-être qu’ils regrettent parfois son sourire. Probablement à peine. C’est rien pour eux. C’est tout pour toi. C’est le monde qui s’écroule à tes pieds. C’est l’envie d’te lever qu’est parti avec lui. L’envie d’aller quelque part. Peut-être pas très loin. Mais y aller quand même. Le coeur léger et plein d’entrain. Simplement parce que, dans tous les cas, peut importe le résultat, vous marchiez dans les mêmes pas. Mais ils sont plus là. Ces pas qu’il incrustait dans le sol juste devant toi. Ces pas que tu pouvais simplement suivre pour y laisse toi aussi ta trace, juste par dessus la sienne. Plus de pas. Plus de Lola. T’attrapes ton téléphone pour envoyer un message à ton boss. Votre boss. T’es malade. Tu pourras pas venir aujourd’hui. C’est pratiquement pas un mensonge. T’es malade de son absence. T’as presque pas dormi de la nuit. C’est comme ça depuis des semaines. Y’a comme un gouffre sous tes yeux. C’est pas trop joli. Tes yeux rouges et tes cernes noires.

Les heures passent sans que tu fasses grand chose. Les autres partent au travail et toi, tu restes là. Blottie sous un plaid sur le canapé. Là. Avec son coussin dans les bras. Mais à force de le sentir, son odeur est partie, remplacée par la tienne. C’est pourtant pas ton genre. De rester à rien faire. T’as toujours détesté ça. Mais là … C’est comme si t’avais la force de rien. Juste de rester plantée là, devant un film à la télé. Pendant des heures. Tu manges de la merde. Des popcorn et des bonbons. Tu t’es même pas lavée. Même pas changée. T’es encore dans ton petit shorty avec un sweet. Mélange étrange. Aussi étrange que toi. Tu sais même pas l’heure qu’il est quand tu te lèves enfin. Pour aller faire des pates. Y’a encore personne qu’est rentré. Enfin. Personne avant la porte qui s’ouvre pour laisser passer Siam. Tu t’figes. Le coeur explose. Tu l’regardes dans la pénombre. La. Sans rien dire. Qu’est ce qu’on dit dans ces moments là ? Tu bug un instant. Ca défile dans ta tête. Pourquoi t’es là ? Question conne. Il est chez lui. Comme toi. Bordel. Ca fait des jours et des jours que tu t’es pas retrouvé en face de lui. A devoir parler. Autre chose que ‘hey…’. Peut-être que tu devrais juste dire ‘hey’ et t’enfuir vers la cuisine. Mais voila qu’il commence les questions. Il a l’air meilleur que toi aux small talks… « Hum… Ouais… » T’as l’impression que ça suffit pas. Que tu devrais rajouter quelque chose. « Fin… Maintenant y’a toi quoi… » Super rajout. Terrible. D’une intelligence sans fail. Tu fais pitié sérieux. Tu passes la main dans tes cheveux en bordel. Comme si ça pouvait changer quelque chose à ta dégaine. « T’as l’air d’aller bien » Y’a quelque chose de terriblement pas naturel dans tes mots. Presque comme une accusation. T’as l’air d’aller bien contrairement à lui. Ou même à toi. On dirait presque que ça t’fait rien. Qu’il soit plus là. Tu l’penses pas. Enfin. Probablement pas. T’en sais rien. Mais ce que tu sais, c’est que tu veux pas y penser.
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MessageSujet : Re: (#204) blues -lola   Lun 12 Nov - 19:18
Siam Romaldi
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amusement de la vie, divertissement du destin. on glisse sur la scène deux protagonistes à l'agonie. tortionnaire des évènements, coïncidences agaçantes qui viennent entacher tes décennies. des jours, peut-être même à compter en semaine ces têtes à têtes fuit comme des lâches. de simples mots échangés sous le regard de d'autres bien trop dépassés. des "merci", des "s'te plaît" quand vient l'heure du repas et que tout le monde se côtoie. c'est devenu rare car tu fuies, c'est devenu rare car elle aussi. Siam tu te souviens seulement de la dernière fois que tes yeux on percuté ses prunelles ou ça aussi ça à sombré dans l'oublie des jours qui se sont écoulés ? placardé sur la liste des accusés, c'est plus sur ce banc mais sur celui des coupables que tu t'es toi même installé. et elle, si faible, et elle fantomatique. tu l'entends le vrai fantôme hurler dans ta tête. jamais il ne l'aurais toléré. mais Gab' fermes là, c'est toi qui l'a décidé. et Gab' s'te plait laisse ton cœur s'arrêter. clic clac. un clic de l'horloge, une claque dans l'visage. Hum… Ouais… en plus de ses mots, elle en a aussi perdu l'habitude de se foutre des fringues sur le dos. les phrases en entières refusés en punition. il y a eut d'abord leur absence en chambre blanche. l'un confiné dans un box réfrigéré, l'autre confiné dans un deuil dont t'étais pas invité. elle veut fuir, alors tu rajoutes rien, suffit d'à peine voir sa tête. son teint blanc, ses cernes rouges, et les yeux t'en sais trop rien, ton regard se détourne avant même de t'y attarder. lâche Siam, sale lâche. t'es certain qu'il te détesterait. Fin… Maintenant y’a toi quoi… le retour de sa voix te désarçonne, t'étonne. et toi dont les pensées avaient déjà fuit vers ta chambre, tu t'arrêtes au salon sans pour autant plus de réaction. les doigts sur ton cuir, tu en tires les manches, retirant le vêtement. ouais, maintenant à toi Siam, quoi. seulement toi. pas le bon toi de l'ancien duo, tu le sais. toujours pareil. ironie qui glisse sur ta langue, tu jettes ton cuir sur la banquette, récupérant au passage tes clopes. il y a toi, toujours toi dans l'entourage. si seulement c'était la seule gifle infligée avec sa voix. si seulement, bordel c'était pas Lola. T’as l’air d’aller bien "aller bien" "avoir l'air" toi et ton corps de mort vivant. elle parle pour rien, elle frappe l'air de rien. stupeur, y'a les tripes qui se tournent, et son palpitant qui s'indigne. le sien, jamais plus le tien. derrière le visage fatigué de ton travail, de ta semaine, de ces mois et de la vie; derrière les mèches qui viennent toujours devant les yeux, y'a ces derniers qui se relèvent sur elle. l'air qui devient invivable. vas-y Gab' arrête ton coeur maintenant, entends la. elle est malade Lola, malade de son absence, malade d'un mal qui ne guérit pas, malade de manque. ça se voit partout, dans l'air, sur son corps, sur son visage. toi  on dirait pas... tu répliques sans un mot plus loin que l'autre, le noir comme seul tonalité. c'est un peu un comble pour une fille qu'est pas censé ressentir la douleur... ça sort et dans tes souvenirs y'a Gabriel qui voudrait te frapper, d'être aussi con, d'être toi. parce que souvent tu réalises même plus, peut-être que déjà avant tu te perdais, qu'il restait bien le seul à encore te faire remonter dans les ressentit. tu traverses le salon, passant à côté d'elle. suffisamment pour encore une fois te rendre compte que tu l'as fuit depuis longtemps, que t'as même oublié à quoi pouvait ressembler son visage vu de près, ou même son parfum. mais bon, ce ne sont que des airs... personne est dans la tête de l'autre. tu sors une clope, tu vas à la cuisine. t'es méchant et tu sais même plus t'en rendre compte. tu te haïs tellement que parfois c'est elle que tu haïs. elle qui n'y est pour rien, elle la délaissée. et ça te prend d'un seul coup, l'envie de faire demi tour, t'excuser, dire que de tout ça y'avait rien de pensé. Gabriel, arrêtes de le faire fonctionner.


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MessageSujet : Re: (#204) blues -lola   Sam 24 Nov - 14:37
Lola Sorensen
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Y’a comme une brume de malaise tout autour de vous. Une brume de malaise sur un océan de regrets. Tu sais pas quoi lui dire. Au fond, t’as jamais vraiment su. Parce que tout ce qui vous a toujours lié, c’est Gabriel. Et sans lui, vous êtes juste là. Comme deux cons. Infoutu d’tenir debout. Deux pieds d’un tabouret qui se pète la gueule. Pourtant, il a raison. En un sens, il a toujours été là. Peut être que c’est pour ça que ça brule autant à l’intérieur. Ce rappel constant de ce qui manque. Tu l’observes s’éloigner un peu. Balancer sa veste sur le sofa.

Y’a l’rire qui s’élève. Amer. T’as envie d’le frapper. Pour oser parler de ton absence de douleur quand il a jamais rien compris. Personne a jamais rien compris. Même toi tu comprends pas. Y’a la colère qui gronde. T’as envie d’lui hurler que lui il va la sentir la douleur. Quand tu lui foutras ton poing dans la gueule. Pour qu’il arrête de parler. Parce qu’il a pas l’droit d’parler. Pas de ça. Pas du vide immense de son absence. T’écoutes même pas ses mots quand il passe à coté d’toi. Y’a que les mots qui sortent. Aiguisée comme une lame de couteau. Et tu frappes. D’un coup sec et rapide. « Et toi c’est un peu un comble qu’t’ai l’coeur qui bat » Tu regrettes tes mots avant même qu’ils sortent de ta bouche. Acide. Ca te ressemble pas. Cette méchanceté impossible à réprimer. Mais ça hurle tellement à l’intérieur. Tu sais plus comment faire taire les cris du coeur. Gabriel t’aurait insulté pour avoir osé. Pour dire quelque chose comme ça. A lui. Surtout à lui. Parce que la vérité, c’est qu’il aurait choisi d’lui donner son coeur s’il avait pu. Siam, c’était un peu sa moitié. L’ombre de sa lumière. L’un, indissociable de l’autre. Tu passes tes mains sur tes yeux. Putain. Qu’est ce que tu fous ? Hein ? Tu sers les poings. Fort. Tes ongles s’enfonces dans ta peau. Tu voudrais tellement pouvoir faire fuir la douleur de son absence comme ça. Pouvoir avoir mal. Mal ailleurs qu’au creux du coeur. Il sait pas lui. Ce que ça fait. Il réalise pas. Parce qu’il la connait la douleur. Peut-être plus que les autres. Ils ont tous appris à la maitriser. Tant bien que mal. Mais toi. Toi, tu t’es pris une tempête dans la gueule. T’es noyée sous les emotions. Coincée par le poids de son absence au fond de l’océan. Et chaque respiration te rapproche de la fin.
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MessageSujet : Re: (#204) blues -lola   Dim 25 Nov - 22:11
Siam Romaldi
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vous ne devriez plus vivre sous le même toit. deux âmes trop effritées qui ne peuvent pas se supporter. dans la perte il y a ceux qui se soutiennent, qui sont rendu plus fort par les actes passés, et y'a ceux qui se déchirent. vous n'avez jamais été pré-destinés pour faire partit des premiers. vous êtes les mauvais dans la loterie de la chance universelle, on vous a oublié à la naissance vous les mal lotis. vous étiez même pas pré-destinés à vous soutenir avant, elle était pré-destiné pour Gabriel. dès le début tu l'as bien vu, sa manière de le regarder, de sourire, de tout voir par lui, de tout faire pour lui. Lola elle souffrait pas, mais si elle avait pu elle aurait souffert le martyr pour ton meilleur ami. depuis le début tu l'as vu. et t'en as passé du temps à l'observer, sa manière d'éloigner ses cheveux de son visage quand elle observait son héro de loin. sa manière de sourire quand il entrait dans la pièce, leur manière qu'ils avaient de se chercher du regard quand ils étaient dans la même pièce, sans se parler, juste vérifier. alors t'aurais pas du rester, tu le savais dès que le sujet "sortie d'hôpital" a été abordé; tu savais que tu devais te tirer. mais t'es faible Siam, ancré dans tes habitudes, dans ces âmes maladives avec qui tu t'es lié... alors t'as serré les dents. alors t'as entouré ce cœur intrus d'une multitude de remparts, de douves et autres pièges impossibles à pénétrer. tu pensais que seul le premier regard serait dur. que de voir son regard quand elle croiserait le tien trop en vie, sa douleur serait juste ça le plus difficile. mais la suite n'avait rien à envier au début. c'est le matin quand tu te lèves, quand tu dois affronter ton reflet dans le miroir, quand tu te douches et que tes doigts passent juste sous ta poitrine, quand tu dois enlever tes vêtements le soir, quand tu dois sortir de ta chambre, quand tu dois la voir errer, quand tu dois croiser son regard. vous ne devriez pas vivre sous le même toi. encore moins vous faire face. Et toi c’est un peu un comble qu’t’ai l’coeur qui bat. tout les mots si bas prononcés à haute et intelligible voix. la honte qui tord les boyaux, retourne les tripes. la culpabilité qui bouffe la chair. le dégout de soi, de toi, d'elle aussi. la faute à qui... souffle barbare qui s'éclipse de tes lèvres. retour en arrière, tour sur toi même; elle et son visage meurtrit. tu sais qu'elle s'en veut, Siam tu connais beaucoup trop ce visage. tu devrais laisser passer, tu devrais juste suivre tes pulsions. mais consoler, c'était ses attributions à lui. c'était son rôle, le sien. pas toi. un pas en avant, les pupilles d'un marron trop sombre qui en deviennent presque noires. je n'ai pas besoin de toi pour me le rappeler... t'étais même pas fichu d'être là la première fois. tu lui rappelles en ravivant pour tout les deux le souvenir cuisant de l'hôpital. de ton réveil en salle post opératoire, de ces nouvelles d'un cœur à surveiller, puis de son absence à lui, et des visages meurtrit. puis de son absence à elle, elle qui a jamais eut le courage de venir te l'apprendre d'elle-même. Lola sans crainte, devenu Lola fuyante. et vous te faites vomir avec ces conneries. t'as envie de t'excuser, lui dire que t'en dors pas la nuit. que tu lui demandes pardon d'encore exister, de vivre avec le cœur de son bien aimée, t'as envie qu'elle aille mieux sa Lola. parce que tu sais qu'il le voudrait... mais quand tu la regardes avec ses yeux noyés par trop d'émotions, tu sais plus très bien quel coeur se perd le plus.


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MessageSujet : Re: (#204) blues -lola   Dim 25 Nov - 22:58
Lola Sorensen
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T’oses même plus lever les yeux vers lui. Y’a ce mélange de haine et de honte qui te fait bruler les yeux. Qui te donne envie de tout casser. Encore et encore. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien. Rien que l’absence de tout. De lui. De toi. De vous. Est ce que c’est ça la douleur ? L’envie de hurler de toute tes forces. De crier jusqu’à t’en péter la voix. Jusqu’à ce que le monde soit sourd. Tu sers les poings encore plus fort. Comme si ça pouvait faire quelque chose. Comme si t’allais finir par la ressentir cette foutue douleur. Comme si elle allait pouvoir remplir le vide. Si seulement il pouvait être rempli. « Jt’emmerde » Les mots sortent tout seuls. Parce qu’il y a rien de constructif à dire. Parce que t’étais pas là et que t’avais tord. Parce que tu préférais crever que d’entendre le bip régulier de son coeur qui battait plus pour toi. Tu sers les dents. T’essayes de former une réponse. Pour te dédouaner. Pour lui renvoyer dans la gueule que c’est sa faute. Que c’est pas toi. Non. C’est pas toi. Il avait qu’à pas lui prendre son coeur. Il avait qu’à pas mourir. Il avait pas… Et puis tu lèves les yeux. Tu croises son regard. C’est presque comme si tu pouvais comprendre la douleur rien qu’en regardant le creux de ses yeux. Peut être que c’est pour ça que tu l’évites autant. Pas pour tous les souvenirs. Mais pour ce miroir qu’il te renvoie. Pour l’absence que tu vois dans ses yeux. Et y’a tout qui s’mélange à l’intérieur. La colère. Le ressentiment. La solitude. L’incompréhension. La tristesse. Ce putain d’énorme tsunami qui vient déferler sur tes cotes. Qui vient tout emporter. Tout ce que t’essayais de garder tant bien que mal debout. Plutôt mal que bien. Tu l’emmerdes ! Tu l’emmerdes avec son regard qui pue la douleur ! T’as pas besoin d’ça toi ! T’as déjà la tienne à gérer. Toi qu’a jamais su faire face à ça. Comprendre ce truc qui serre la poitrine. Qui t’empêche de respirer. Qui t’donne envie d’hurler. T’as pas besoin d’la sienne. De sa putain de culpabilité. T’as envie d’être égoïste ! T’as envie d’gueuler que c’est sa faute. Que sans lui, Gaby serait toujours là. Et tant pis si c’est faux. Et tant pis si c’est con.

Et sans savoir pourquoi, tu viens t’blottir contre lui. Brusquement. Peut-être même un peu trop fort. Son dos se cogne salement contre le bord du plan de travail. T’y fais pas vraiment attention. Tu fais jamais vraiment assez attention à la douleur des autres. Tu sers son teeshirt entre ton poing. Y abandonnant un peu de ton sang. « J’te déteste putain ! » Tu sais même pas comment tu arrives à articuler des mots. Là. Entre le cocktail d’émotion qui semble t’envahir avec une brutalité sans faille. Tu laches son teeshirt pour donner un coup sur son torse. Pour dissimuler le sanglot qui ne cherche qu’à s’échapper. « C’est pas juste ! » C’est pas juste qu’il soit mort. Lui. Lui parmi tous les autres. Il était le dernier qui devait partir. Le meilleur d’entre vous. De loin. Ca aurait du être toi avant. Egoïste impulsive.
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MessageSujet : Re: (#204) blues -lola   Sam 15 Déc - 15:01
Siam Romaldi
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son regard tu le perds. à l'instar de sa considération comme ami quand y'a des mois t'as ouvert les yeux dans une pièce désaffecté. seul Siam, t'étais seul. puis il y a eut un bip trop calme, trop serein, pas le bip d'un cœur qui souffre le martyr; puis il y a les effets de tiraillements, le corps endommagé d'une chirurgie imposante et transformante. seul jusqu'à ce qu'ils arrivent, les infirmières, puis des parents. des parents aimant, des parents vivants, des parents au visage apaisé d'un fils qui vivra encore quelques temps. puis les vrais visages, ceux qui se forcent à être bienveillant, ceux qui sont soulagés mais sur qui reposent un lourd secret. les faits révélés, l'envie de crever. et leurs absences, son absence. son abandon à lui. sa trahison à elle. elle baisse les yeux dans l'instant mais y'a des mois déjà qu'elle a baissé les bras. pour toi. pour toute cette histoire qi ne rime à rien. tu voudrais la détester cette Lola qui n'a rien fait, celle qui aurait du faire arrêter la chirurgie, celle qui aurait du hurler pour les stopper. te laisser crever plutôt que de vous faire vous détester. tu voudrais la haïr mais la seule personne que tu détestes c'est ton reflet dans le miroir. c'est le fait de la voir le soir si triste, de savoir que durant la nuit il ne viendra pas la consoler. il ne viendra plus jamais la consoler. jamais plus il viendra te forcer à aller calmer le jeu quand tu lâches des commentaires qui la blesse; jamais il viendra prendre ta défense tard le soir en lui expliquant à elle comment tu es toi. Gabriel il est partit, et avec lui cette zone tampon qui permettait de bien respirer en sa présence. tu le faisais pour lui; mais maintenant c'est pour qui ? Jt’emmerde ouais tout le monde t'emmerde Siam, avec ta gueule toujours grognon, avec tes demis mots, avec ta franchise à casser des gueules. t'étais pas le bon partit dans votre duo qui n'est plus. la preuve, elle l'a choisi lui.

et tu l'vois pas venir, ce retournement de dédain à colère. sa peine qui se transforme un instant en haine. l'impact qui te fais reculer, la douleur dans le bas du dos quand le meuble vient s'y incruster. et Lola qui s'incruste contre ton torse sans prévention. ce cœur qui n'est pas le tien qui s'emballe et manque de battement, se reprend en mode chaos. adrénaline en réponse à la douleur ? où cette chimie de cet organe qui a trop longtemps battu pour elle dans le corps d'un autre. Gaby arrêtes ça. Siam t'es incapable sur l'instant de voir les choses venir, incapable de réagir sous cette impulsion qui ne caractérise ni elle, ni toi. J’te déteste putain ! arrêtes.. "arrêtes de faire ça, de dire ça, de penser ça. arrêtes car y'a pas besoin, j'suis déjà là pour clamer tout ça. " le coup par tout seul, si franc, si peu douleur, et pourtant beaucoup trop puissant. parce que si la cicatrice avec le temps à guérit le reste n'est qu'un feu vif de d'émotion. de douleur. t'as envie d'lui demander de frapper plus fort, d'faire plus mal encore, d'casser ces os qui protège ce bien qui ne t'appartient pas. de virer ce fragment qui lui appartient à elle, qui bat pour elle. que tu ne veux pas sentir battre en toi pour elle. C’est pas juste ! et tu dois répondre quoi à ça Siam. sa putain de vérité, tu l'sais bien qu'elle le dira jamais mais qu'elle aurait voulu qu'il garde son coeur et que toi tu continues à juste être branché. ou juste être enterré, qu'elle aurait voulu continuer de se noyer dans son regard. parce que toi dans le coin, ou toi enterré, elle l'aurait qu'à peine remarqué. tu le sais bien, mais tu décides de rien ressentir, tu connais ça Siam.
et cette fois-ci sans vraiment vouloir t'expliquer, y'a tes bras qui passent dans son dos, pour l'attraper, pour la faire arrêter de vouloir te frapper; tu voudrais bien faire plus pour t'excuser mais franchement y'a aucune carte d'excuse pour "désolé que ton mec soit mort. désolé de vivre avec le cœur de Gabriel". y'a rien qu'est juste. il était malade à en crever d'puis des années... y'a jamais rien eut de juste Lola. ta voix elle est dure, ta voix elle est basse, parce que la vérité fait mal, parce que les mots qui sont toujours tue sont douloureux. parce que t'essayes de trouver un équilibre entre ton absence de compassion et sa présence qui rend ton rythme cardiaque merdique. tu le sais bien que Lola elle ressent rien qui fasse mal, que les petits traces de sang sur ton tee-shirt blanc sont sans douleur pour elle. tu sais bien que tout cette merde qui la remplie depuis des semaines c'est ingérable. alors t'es pas con Siam, tu mets de côté un instant cette guerre invisible. tu jettes aux oubliettes un temps le fait que jamais t'as signé pour devoir la consoler, pour devoir la garder dans tes bras serrés et sentir ses sanglots qui se bloquent dans sa poitrine. c'est pas toi qui devrait la garder dans tes bras à contenir sa peine et attendre que ça passe. c'était pas toi.


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MessageSujet : Re: (#204) blues -lola   Sam 22 Déc - 22:42
Lola Sorensen
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Arrête. Arrête d’hurler autant. Arrête de faire la conne. Arrête de l’haïr de vivre alors que lui n’est plus. Arrête de plus savoir comment continuer sans lui. Arrête de l’frapper pour rien. Arrête d’avoir envie de t’écrouler. Arrête de vouloir récupérer son coeur pour le garder pour toi. Arrête d’avoir les larmes aux yeux. Arrête d’osciller entre colère brulante et désespoir écrasant. « …On est tous malade… » Tu l’souffles doucement. Le désespoir au bout des lèvres. Vous êtes tous malades. Pourtant, c’est lui qui est parti. Lui qui donnait toujours autant. Il parait que les meilleurs partent les premiers. Le proverbe se valide trop à ton gout. T’aurais voulu donner tord au monde. A tous ces mots idiots. Tu fermes les yeux un instant. Pour tenter de retenir les larmes. Tu devrais pas te laisser aller. Surtout pas face à lui. Tu devrais te reculer. Prendre tes distances. De lui. De tout à le monde. Peut-être que tu ferais mieux de partir. Quitter tous ces endroits qui te font penser à lui. Toutes ces personnes qui savent. Qui le connaissaient trop. Pourtant, tu restes là. Juste un instant. Tu restes là, à écouter les battements de son coeur. Ca semble tellement normal.

Ca te frappe brutalement. L’étrangeté de la situation. Toi, sur le point de pleurer. Dans les bras de Siam. A baisser tes barrières le temps d’un instant. Et t’as honte. Honte de te laisser aller. A montrer tes faiblesses. Surtout à lui. Lui qui ne bronche pas. Comme d’habitude. C’est comme si rien ne le touchait. Comme si son absence ne faisait rien. C’est juste lui et son cynisme. A croire que cette fois ci, il te bat. Tu te recules un peu brutalement. Petit rire nerveux. Tu essuies tes yeux rapidement, tentant de reprendre une contenance. Tu passes la main dans tes cheveux. Pour faire quelque chose. Pour pas juste restée plantée là comme une conne. « … Désolée » Tu t’retournes. Pour partir. Pour échapper à cette situation trop bizarre. A cette impression d’échec que tu détestes. Pourquoi tu l’as enlacé ? Pour retrouver une partie de ton Gaby ? Parce que t’es seule comme jamais ? Parce que tu sais juste foutrement pas quoi faire ? Et ça défile dans ta tête. Toutes ces questions à la con.
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MessageSujet : Re: (#204) blues -lola   Dim 23 Déc - 15:59
Siam Romaldi
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…On est tous malade… tu l'entends pas à peine et ça vous renvoie à cette hôpital décentralisé. à vous tous dans un appartement, et des médicaments à ne plus savoir ce que c'est. ici difficile d'oublier ce qui se trame; mais vous n'avez jamais fait en sorte de le faire. lucide sur chacun, quitte à être morbide, qui à déranger les esprits; tout plutôt que de se voiler la face ou arrêter de vivre. t'étais comme eux avant. peut-être un peu moins, mais toujours plus que maintenant. dans ce genre de pensées, tu finis par la sentir faire un bond en arrière, s'éloigner avec une certaine brutalité. tu sais pas si c'était mal, ou si c'était elle. ou toi, de toute manière t'as jamais su faire. avec personne, ça commencera sans doute pas avec Lola. … Désolée volte face et elle disparait. l'air redevient respirable avec son parfum qui s'est incrusté sur tes vêtements un temps. désolé de quoi ? d'être toujours là avec son chagrin qui ne l'a quitte pas? de te détester? de te rappeler chaque jour l'imposteur que tu es ? ton cœur se calme peu à peu alors que tes esprits reviennent. que ta franchise et ton incapacité à laisser les choses passée sous silence. t'es pas Gabriel, il préservait les gens, dans tout ces sentiments il était incapable de beaucoup de chose. tu l'aimais mais...
tu finis par retourner au salon. désolé de quoi Lola ? tu demandes avec un voix presque grinçante, sans lever le ton. t'es désolée d'être triste ? désolée qu'on soit tous malade ? ... t'es pas malade, t'as pas de stupide date d'expiration au dessus de la tête. tu sais très bien que Gabriel présent, il t'aurait arrêté, qu'il aurait pas voulut que tu continues, qu'il ne voulait jamais la blesser. tu ressens rien et alors ? t'es malade, mais tu vas crever ? ... parce que dans le calendrier des dates possibles de mort dans cet appartement je savais pas que t'étais dessus. c'est salement méchant. t'es salement méchant, dans le catalogue des vérités à énoncer tu pioches sans t'arrêter. on est tous malade , c'est censé vouloir dire justifier que c'est pas juste qu'il soit plus là ? ... il était malade, bien plus que tout le monde, tu le savais depuis le début. tu sais pas pourquoi tu lui en veux, sans doute que tout à l'heure tu te haïras pour tout ça. c'est même que trop certain; mais t'es pas Gabriel, t'as jamais été capable de lui mentir "pour son bien". t'es malade Lola, comme tout le monde ici... mais t'es pas un décompte au dessus de la tête, on savait tous ce qui se passait pour lui. toi aussi. tu finis par dire bien plus bas, bien plus calme. parce que tu les comprends pas. parce que t'en veux à ton meilleur pote de l'avoir toujours trop protéger, d'avoir à ce point tout fat pour pas la blesser parce qu'elle s'en rendait pas compte. de s'être proclamé protecteur de ses douleurs qu'elle ressentait pas. de n'avoir rien fait pour lui faire comprendre qu'elle finirait seul. et ça te tue sur l'instant. parce qu'il est plus là. et qu'il vous laisse là, égoïste qu'il est, avec son cœur dans ta poitrine, et son absence dans son cœur à elle. si t'es incapable de me supporter à cause de ça, change au moins pour les autres. ils y sont pour rien, eux. c'est risible, le grand Siam premier du cynisme qui se met à défendre de grandes causes pour les autres. pathétiques. fermes la Gabriel, je suis pas son mec. moi j'ai jamais mentit juste pour la protéger. pas mon rôle tu sais que t'aurais du calmer les choses; mais ce soir c'est un besoin impossible de tout mettre à plat. comme si son absence à lui permettait une franchise qu'il t'aurait censurer. il était on héro, mais Gabriel il était pas si parfait, ça tu le sais.


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MessageSujet : Re: (#204) blues -lola   Mar 25 Déc - 21:58
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Tu sais pas ce que tu fais. N’importe quoi la moitié du temps. Mais il a toujours été là pour te contenir. Pour t’empêcher de faire des trucs idiots. Ou t’empêcher de trop crier quand ça en valait pas la peine. Te calmer quand t’avais l’impression d’être invincible. Tu disparais de la cuisine. Tu voudrais disparaitre de l’appartement pendant un temps. Mais tu saurais pas où aller. Chez tes parents ? Tu pourrais plus supporter leurs regards inquiets. Non. C’est ici chez toi. C’est eux ta famille. Même si t’as envie d’les tuer des fois. Tu soupires en allant récupérer ton plaid pour aller te réfugier dans ta chambre. Mais il débarque encore. Les armes à la main. Le coeur en colère. Tu t’retournes vers lui. Et la bataille reprend. Sauvage. « J’ai pas de date d’expiration au dessus de ma tête ?!! » T’es une putain de bombe nucléaire qui explose. Ça te rend folle. Toutes ces conneries qu’il débite. Tu ressens pas la douleur. Ça veut pas dire que tu ressens rien. Et encore moins que tu vas pas crever. Un coup d’poignard dans l’coeur te tuera autant que lui. Et ça t’agaces qu’il le réalise pas. Qu’après toutes ces années, ils pensent encore que ne pas ressentir la douleur est une bonne chose. Une bénédiction. Qu’il aille se faire foutre. « Aux dernières nouvelles, mon mec t’a retiré ta putain de date d’expiration et moi j’ai toujours espérance de vie qui dépasse pas 30 ans ! » Y’a du ressentiment dans tes mots. C’est comme si il disait que t’avais pas ta place ici. Que parce que t’as pas mal quand on te brule, tu devrais pas être mêlé à ceux qui souffrent tous les jours de crever un peu plus chaque heure de la journée.

« Et alors ?!! J’le savais donc c’est pas grave ?! Oh bah oui, tu l’savais qu’il allait crever, pourquoi tu pleures ?! IL ETAIT PAS CENSE CREVER MAINTENANT OK ?! » Pas avant toi ! C’était écrit sur les papiers. Son espérance de vie aurait du être plus longue que la tienne. 47 ans contre 30. T’aurais du perdre en premier ! T’aurais pas du ressentir son absence. T’es tellement égoïste. Tellement. Evidemment que t’aurais préféré qu’il la ressente pas. Cette … douleur ? Mais peut-être qu’il aurait pu y faire mieux face ? Parce que tu sais pas gérer ça toi. Tu connais pas tout ça. Tu sers les dents. Il était pas censé partir aussi vite. T’aurais du avoir le temps de t’y préparer. Ca a été trop vite. Il allait pas si mal. Si ? Pas plus mal que d’habitude. Il avait pas l’air d’être sur le point d’y passer.

« J’te supporte pas parce que t’es un sale connard ! » C’est pas vrai. C’est un poil exagéré. Siam et toi, ça a jamais été l’grand amour. Il grognait et tu grognais en retour. Et puis Gaby faisait le tampon. Aujourd’hui, y’a plus que des grognements et de l’incompréhension. Siam, c’est pas un connard. Il dit juste les choses. Toutes ces choses que Gaby disait pas vraiment. Pour te protéger ou pour le protéger. Pour calmer les choses probablement.
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MessageSujet : Re: (#204) blues -lola   Mar 25 Déc - 22:43
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ça part trop loin tu le sais bien. dans chacune de tes paroles y'a une culpabilité qui se plante pour après, pour plus tard. parce que tu dis les choses mais que t'as plus Gabriel pour te temporiser. y'a plus vos longues conversations tard le soir pour te rendre moins morose; plus personne pour écouter tes confessions noires d'horreurs, ton dégoût ou ton désespoir, y'a plus personne qui vient juste s'asseoir à côté de toi; avec un seul mot et beaucoup de silence. lui mort, aux yeux du monde tu restes le Siam malheureux, celui qui n'a jamais été en bonne santé. il a emporté avec lui les anecdotes d'un Siam plus léger, d'un Siam qui en soirée faisait le clown et faisait marrer. tu te souviens que parfois vous en parliez, qu'il en parlait; même aux gars quand il évoquait vos souvenirs; et que personne disaient rien sur ce Siam inconnu. mais lui perdu, qui pourra te le ramener ? alors tu es ce gars sans filtre; comme si le petit ange sur ton épaule avait disparut. et la zone tampon entre toi et Lola disparait.
il te la laissé sur les bras sa dulcinée. c'était pas ton problème, tu devais juste la tolérer; tu devais juste l'apprécier... et maintenant t'as ce sentiment atroce qui te bouffe les tripes. cette culpabilité qui te pousse à devoir la récupérer. tu te portais très bien à la voir de loin, ne pas t'occuper de son bonheur ça t'allait très bien. c'était mieux comme ça. et aujourd'hui tu ne fais rien comme il le ferait. Gabriel il en gardait beaucoup trop, et toi t'en gardes si peu de ce qui doit se dire. tu balances à la gueule des gens des vérités qu'on ne veut pas murmurer. tu te drapes dans un cynisme transparent pour voilé l'horrible vérité. t'es faux Siam, dans tes pensées, dans tes mots.  si franc avec tous et si menteur avec toi. en dire autant sans dire sur toi. Aux dernières nouvelles, mon mec t’a retiré ta putain de date d’expiration et moi j’ai toujours espérance de vie qui dépasse pas 30 ans ! dans ta gueule la gifle se fait brûlante, et ses mots explosent une vérité que tu méconnaissais. ça résonne encore une fois, Lola tu ne l'as connais pas. Lola elle n'a jamais été à toi. elle était à lui, elle était pour lui. totalement et entièrement. Et alors ?!! J’le savais donc c’est pas grave ?! Oh bah oui, tu l’savais qu’il allait crever, pourquoi tu pleures ?! IL ETAIT PAS CENSE CREVER MAINTENANT OK ?! quoi répondre à ça ? que dire à ce cris du cœur et à son état de détresse ? dans chacune de tes veines ça hurle la même chose Siam. partout dans tes tripes ça saigne les mêmes mots.

J’te supporte pas parce que t’es un sale connard ! derrière tes cheveux qui tombent t'encaisse sans même sourciller, sans t'en soucier. alors qu'elle arrive très bien à remettre les choses à leur place. c'est pas si nouveau, cette vérité cinglante. peut-être que c'est pour ça que Gabriel et Lola ça coulait de source, parce que Gabriel a toujours été doux, prévenant, beaucoup trop avenant. tu sais qu'elle a raison, que ton cynisme horripilant et son coeur dans ton corps font de toi le pire connard à ses yeux. tu t'y es résolu. Parce que tu penses être plus supportable ? tu récupères ton paquet de clope avant de planter tes pupilles dans les siennes. ralentit Gabriel, c'est plus ton coeur c'est le mien, empêche le de s'emballer. à nous imposer chaque jour le même spectacle ? il manque à tout le monde, t'es pas la seule à avoir perdu quelque chose. ... j'étais un connard dès le jour où tu m'as vu, Gabriel voulait que tu t'y fasse à ça. c'est plus cynique c'est mesquin. et ça te fait faire marche arrière dans un soupire qui te coupe vaguement la respiration. séquelle si peu important d'un cœur qu autre fois n'allait pas si bien pour les autres organes. ça passera ils t'ont dit. tu t'en veux d'être passé de ses larmes à sa haine, de sa colère à sa détresse. tu t'en veux parce qu'elle était tout pour lui et que tu dois pas la traiter comme ça. tu t'en veux parce que t'aimes pas la pousser à ça. ça l'aurait foutu hors de lui qu'on finisse comme ça. on vit dans le même appartement, faudra bien trouver le moyen de continuer comme avant même si je suis peut-être un connard et qu'il est plus là pour te donner des raisons de me supporter. c'est pas si doux, c'est trop réaliste, trop terre à terre. toi aussi tu ne voudrais pas toujours l'avoir ici, toi aussi t'as pas toujours voulu l'avoir ici tu te souviens. tu secoues vaguement la tête comme si tu finissais par quitter le ring, et tu vas te planquer à la cuisine. t'allumer une clope récupérer de quoi boire, essayer d'occuper ton cerveau pour manger plutôt que d'y penser.


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