Il est frais notre poisson calendrier de l'avent ! Venez vous y inscrire !

Partagez | 

 (501) maybe just want one more try [sam]

MessageSujet : (501) maybe just want one more try [sam]   Lun 5 Nov - 3:24
En ligne
avatar
Dante Baldassare
questions in a
world of blue

posts : 142
points : 219
feat : ferran calderon
crédits : vainglorious
logement : The homewrecker, dans un des plus petits appartements, ceux au prix encore (relativement) abordable.
sexy santa

La tête basse, légèrement gêné, le voilà qui toque à la porte, en toute discrétion. Il n'avait jamais cru que ce jour viendrait, et pourtant, il s'était quand même donné la peine de tout préparer au cas où cela serait un jour nécessaire. Dante n'avait pas eu à réfléchir longtemps avant de choisir de confier son double des clés à Jephté : ne s'entendant pas particulièrement bien avec ses voisins de pallier et préférant finir sans domicile fixe que de donner un accès à sa demeure à Samaël, la seule personne de confiance qu'il semblait avoir dans son cercle de connaissances était le frère de ce dernier. Et s'il était parfaitement conscient que Jephté ne serait pas à l'abri d'une intimidation de son frère qui le contraindrait à violer l'intimité de son sanctuaire personnel, Dante lui avait fait suffisamment confiance (et disposait de bien trop peu d'alternatives) pour lui confier ce trousseau supplémentaire. De toutes manières, organisé tel qu'il l'était, il savait pertinemment qu'il n'en aurait jamais besoin : tous les matins, Dante se levait à la même heure, trainait les mêmes cinq minutes interminables au lit avant de se lever du même côté, systématiquement, de faire son sport puis d'aller se doucher, puis manger une banane, puis boire un double espresso, puis se brosser les dents, toujours dans ce même ordre. Il mettait toujours sa chaussette gauche en premier, et sa chaussure gauche en dernier, et prenait bien soin de boutonner chacun des boutons de sa chemise, même ceux de la manche, avant de la glisser sous l'étoffe de son pantalon et d'attacher sa ceinture. Il s'assurait toujours que ses clés étaient soigneusement rangées au fond de la poche droite de sa veste, pas une, pas deux mais bel et bien trois fois.

Puis, il rangeait son parapluie portable dans son cartable en cuir, s'assurait que son appartement était dans un état présentable, fermait la porte à clé et se dirigeait vers la bouche de métro la plus proche. À la fin de sa journée, son rituel était le même, dans le sens opposé : il rentrait en métro, sortait les clés de la poche droite de son manteau, déverrouillait la porte d'entrée, la fermait à clé derrière lui, entrebaîlleur inclus, puis posait son trousseau sur le buffet près de l'entrée avant d'ôter sa veste et de la poser sur le porte-manteau, puis de retirer ses chaussures, à commencer par la gauche, cette fois-ci, pour terminer par la droite. Il ne réfléchissait même plus à tous ces mécanismes, l'habitude de les vivre s'étant tant intégrée à son processus qu'elle relevait presque de l'instinct à l'heure actuelle.

Cela fait cependant deux semaines que sa routine se voit gravement menacée : cela fait maintenant deux semaines que Jephté est apparu épris de panique devant sa porte d'entrée pour lui faire part des dernières frasques de Samaël. Cela fait maintenant deux semaines que Dante a eu la plus grande frayeur de sa vie : celle d'avoir perdu la seule personne qui comptait réellement à ses yeux, et ce, pour l'éternité. Cela fait également deux semaines, maintenant, que Dante dort mal la nuit. Il s'agite et se remue dans tous les sens, criant dans son sommeil, tourmenté par des cauchemars qui le cicatrisent tout au long de la nuit. À chaque fois, le résultat est le même : un corps inanimé, ravagé par les drogues et les années, et le sien, tremblotant, impuissant, larmoyant, désespéré. Il revit la scène, encore et encore. Elle le hante dans ses cauchemars pour le suivre, jour après jour. Même éveillé, il ne parvient pas à se défaire de l'image du cadavre de Sam. Certes, Dante avait ressenti une énorme satisfaction lorsqu'il avait eu l'opportunité de le réprimander par téléphone, ce fameux soir, mais ... Depuis, un espèce de vide s'était installé à l'emplacement même où se trouvait ce qu'il croyait alors avoir perdu. Un peu comme si Sam les avait vraiment quittés pour de bon, ce soir là, l'inévitabilité déplaisante de ce jour s'étant transformée en véritable réalité.

Alors, lorsque son réveil a sonné, ce matin, et que Dante ne s'est pas levé, il était évident que sa journée serait compromise. Avec une heure de retard et la fatigue dans les yeux, il était évident qu'il n'aurait pas le temps de se préparer un double espresso, ni même un simple, et que la demi-heure qu'il consacrait généralement à ses cheveux serait passée à se préparer en toute hâte pour ne pas perdre de temps sur le reste de sa journée. Son jogging matinal se devrait d'être reporté au soir (voire, même, au lendemain matin) – mais évidemment, il a quand même trouvé le temps de mettre sa chaussette gauche en premier (bien qu'en manquant de justesse de perdre l'équilibre et de se casser une dent) et de mettre sa chaussure gauche en dernier. Au moment de claquer la porte derrière lui, Dante s'exclame avec agacement : « Cazzo ! » Il savait bien qu'il avait oublié quelque chose avant de sortir : son cartable. En fouillant dans la poche droite de sa veste, il se rend cependant également compte qu'il a oublié sa veste. Et cela veut également dire qu'il a oublié de prendre ses clés. « Cazzo, cazzo, cazzo, cazzo ... » marmonne-t-il de plus belle, avant de se résigner à aller traverser la rue pour se rendre à l'immeuble d'en face.

Un trajet d'ascenseur plus tard, le voilà devant la porte du 501. Il espère sincèrement que Jephté sera là : après tout ce trajet, la dernière chose qu'il souhaite, c'est de devoir faire recours à un serrurier.




le mystère de l'absurde,
théâtre du somptueux.


comme
la main
de midas.





Samsam a écrit:
Dante est une adolescente qui ne veut plus de leur amour, sa froideur est leur pilule du lendemain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: (501) maybe just want one more try [sam]   Lun 5 Nov - 20:11
avatar
Sam Kavanagh

posts : 614
points : 768
feat : garrett hedlund.
crédits : Hermèssito.
Âge : 34
logement : old lady.


Ces derniers temps ont été plus compliqués que les autres. Maël n'a cessé de errer entre excès et disparitions. Il y a en lui quelque chose de si éveillé qu'il est obligé de l'épuiser en se rendant à toutes sortes de fêtes pour être certain de la détruire. Chaque fois, il a la sensation que c'est la bonne, qu'il pourra se calmer dés le lendemain mais ce n'est qu'un leurre. Seul son corps perd en vitalité mais pas cette force supérieure qui le hante. Le regard sombre et vide, installé sur le canapé de son frère, Jephté lui a donné l'autorisation de camper quelques nuits chez lui en compagnie de son chat. Le silence entre ses murs lui donnent la nausée et le fait parfois partir dans des crises de panique qu'il peine à gérer. Sans compter les paroles du plus jeune qui passent en boucle dans sa tête depuis ce fameux jour où Dante était au cœur de leur discussion. Il lui arrive parfois de regretter d'avoir passé le cap, d'avoir laissé Jeph vider son sac et appuyer là où il ne fallait pas. Malgré ses nouvelles rencontres, Baldassare est son point faible, une plaie qu'il ne parvient à cicatriser malgré ses efforts non modérés d'oubli.

Vêtu du jogging d'Hermès qu'il garde pour trouver un point de repère, son corps se redresse lorsqu'on toque à la porte. Jephté lui a fait promettre de répondre à tout le monde après lui avoir fait rater à plusieurs reprises des colis. Ses pieds traînent au sol tandis que son chat le regarde de ses grands yeux bleus sans bouger du dossier du canapé. Cheveux en bataille, perdu dans un t shirt trop grand pour lui, Samaël sent son estomac remonter le long de sa gorge à la vue de Dante. Il a la sensation d'être dans un mauvais rêve et recule instinctivement d'un pas, comme s'il s'excusait d'être ici. Des flash de leur dernière entrevue lui ramène les pieds sur terre. Ce dimanche là, son ex lui avait fait comprendre qu'il ne voulait plus rien savoir de lui. Bizarrement, Maël avait accepté cette décision et n'avait même pas cherché à le recontacter là où il l'aurait harcelé par habitude.

L'Irlandais se racle la gorge, laisse la moitié de son corps derrière la porte entrouverte comme pour se protéger de lui, de sa présence trop réelle pour ne pas lui laisser des séquelles supplémentaires. Son regard ne trouve même plus le courage de chercher le sien, de savoir ce qu'il pense, d'essayer d'avoir son approbation. C'est idiot mais Sam a toujours adoré lui plaire, le voir sourire, ne pas le décevoir même s'il le faisait paradoxalement à longueur de temps. S'il avait eu l'énergie, il aurait cherché à savoir ce que Dante trouve de sa tenue, s'il le méprise de le voir comme ça ou non. Retranché dans l'appartement de Jephté, il n'y a qu'ici que Maël est certain que personne ne viendra jamais le chercher. Même son téléphone est éteint, les réseaux sociaux inaccessibles. Il a besoin de cette retraite pour reprendre du poil de la bête avant de refaire surface dans son univers noir. Il est pas là. Pas de réflexions à ce sujet là. Son frère lui a bien fait comprendre qu'il ne laisserait tomber Dante pour rien au monde, qu'il ne choisirait jamais entre eux parce que Sam est l'unique coupable de cette situation.

Tu veux que je lui fasse une commission ? Si Maël est si souple c'est qu'il le peut bien pour son frère à qui il doit la vie. Il accepte d'être rendu là, simplement au statut de pigeon entre ces deux là. Bien sûr que cela l'affecte, l'Irlandais est incapable de ne pas réagir lorsqu'il s'agit de son ex mais prendre sur lui est devenu vital. S'il continue de s'engueuler encore une fois avec Dante, il n'est plus certain de savoir contenir tout ce qui le tue à petit feu. Il en bave tellement d'être si seul que l'avoir si proche de lui est une épreuve. Maël agit comme s'il n'était pas là. Il s'imagine une énorme vitre entre eux, incassable, pas même par des bombes. Si son coeur quitte sa cage thoracique pour essayer de le casser, rien n'y fera, encore moins la persévérance qu'offre le sentiment d'abandon.



Toutes mes déclarations d'amour
arrivent soit trop tôt, soit trop tard.
Parce que je ne dis je t'aime que
pour séduire ou rassurer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t117-sam-kavanagh-garrett-hedlu
MessageSujet : Re: (501) maybe just want one more try [sam]   Mer 7 Nov - 1:38
En ligne
avatar
Dante Baldassare
questions in a
world of blue

posts : 142
points : 219
feat : ferran calderon
crédits : vainglorious
logement : The homewrecker, dans un des plus petits appartements, ceux au prix encore (relativement) abordable.
sexy santa

Lorsque la porte s'ouvre, son coeur s'arrête, un temps.







Puis, il reprend.






Lentement.






Doucement.



Puis, plus rapidement.

Avant de retrouver, peu à peu,
sa cadence naturelle.

Dante ne sait pas pourquoi la vue de Samaël chez Jephté le surprend tant. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il ne s'y attendait pas. Leur dernière conversation téléphonique fuse encore dans ses oreilles. Lui, habituellement si poli, habituellement si distingué, ne s'était pas privé de le noyer d'injures et de reproches. Il avait même eu recours à l'Italien tant la rage l'avait guidé dans ses propos. Ces mots, il ne les regrette pas : ils n'étaient pas faux, et il n'en pense pas moins. Cela ne change pas le malaise qu'il éprouve par rapport à toute cette histoire, Jephté l'ayant mis dans une situation impossible à laquelle personne n'aurait jamais dû le soumettre. Mais passons. Ses yeux fuyants se relèvent furtivement, le temps de constater que Samaël a le teint aussi frais qu'une carpe décongelée depuis une semaine et qu'il porte ... Un jogging ? Dante est persuadé qu'il lui avait fait brûler, jeter ou donner tous ceux qu'il possédait, autrefois. En avait-il dissimulé quelques uns, s'en était-il racheté depuis, avait-il emprunté celui de Jephté, celui de quelqu'un d'autre ... ? Il se secoue mentalement comme un poirier, histoire de chasser toutes ces pensées qui n'ont plus lieu d'être.

Bonjour Samaël. Tu ne ressembles à rien. remarque-t-il finalement, avec nonchalance. Ce qui est particulièrement triste, dans toute cette histoire, c'est que Dante ne cherchait même pas à être blessant : se contentant d'être honnête, ce qu'il dit, il le pense véritablement et Samaël en a parfaitement conscience. Sa gorge se noue en constatant que Maël n'ose pas soulever son regard, et encore moins l'affronter. Il semble que quelque chose a été irréversiblement brisé, depuis la dernière fois, plus encore que toutes ces années auparavant, lorsque Dante avait refusé sa bague et était parti tel un voleur, sans dire un mot. Ils s'appartenaient encore, malgré tout cela. Du moins, c'était ce que Dante s'était toujours dit, pour mieux faire passer la pilule. Mais à l'heure actuelle, que sont-ils, si ce n'est deux parfaits étrangers ?

Plus rien ne semble les unir.

Évidemment, Samaël ignore son accueil, ne prenant même pas le temps de lui dire bonjour. Jephté n'est pas là. Dante soupire. Il pourrait bien lui dire que ce n'était pas Jephté qu'il était venu chercher, mais lui, dans une tentative perverse de voir s'il n'y avait vraiment plus rien à sauver des cendres carbonisées d'une histoire qui, autrefois, il y a longtemps, leur appartenait exclusivement. Mais il se ravise. Ses yeux, toujours rivés vers ses souliers, constate qu'il serait temps d'y repasser un coup de cire tandis que la balle de baseball qu'il a l'impression d'avoir avalée lui empêche de vraiment dire grand chose. Alors il se racle la gorge, pour mieux retenter sa chance. Samaël lui avait demandé s'il voulait transmettre un message à Jephté, mais Dante secoue vigoureusement de la tête.

Ce ne sera pas nécessaire, si tout se passe comme prévu.

Sans même en demander la permission, voilà que Dante se fraye un chemin dans l'appartement, passant devant Sam comme s'il n'était même pas dans les parages. Se dirigeant vers le tiroir où il avait lui-même vu Jephté ranger ses clés, il n'y a pourtant pas si longtemps que cela, Dante commence à fouiller dedans, lentement, d'abord, puis avec un peu plus d'effort en constatant qu'il ne parvient pas à mettre la main sur le porte-clef en bois qui était pourtant attaché à son trousseau. Après une bonne minute passée à tâtonner à l'aveuglette, voilà qu'il examine attentivement les contenus du tiroir, avec assiduité. Il y voit des reçus, quelques pièces, des clefs et un carnet, des stylos aussi, un crayon à papier, un demi crayon à papier ... Mais pas de porte-clef en bois et, par extension, pas son seul moyen de rentrer chez lui. Ça, c'est plutôt embêtant.

Hmm. Curieux. contemple-t-il à voix-haute, avant de se retourner, malgré lui, vers Samaël. Il ne t'aurait pas dit où il aurait rangé mon trousseau, par hasard ? Des paroles qui semblent plutôt vagues, mais que Maël comprendrait indéniablement. Il avait l'habitude de la fâcheuse manie que le Baldassare avait de supposer que tout ce qui lui paraissait évident le serait également aux yeux des autres. Je suis assez pressé, en fait. se permet-il également d'ajouter, des fois que cela accélèrerait la mémoire de Maël. Si telle chose est encore possible.




le mystère de l'absurde,
théâtre du somptueux.


comme
la main
de midas.





Samsam a écrit:
Dante est une adolescente qui ne veut plus de leur amour, sa froideur est leur pilule du lendemain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: (501) maybe just want one more try [sam]   Mer 7 Nov - 16:39
avatar
Sam Kavanagh

posts : 614
points : 768
feat : garrett hedlund.
crédits : Hermèssito.
Âge : 34
logement : old lady.


Tu ne ressembles à rien.
S'il n'était pas certain de passer pour un type pathétique, au moins Maël est à présent fixé. Son coeur se fige instinctivement dans son corps qui subit tant bien que mal le choc de la présence de Dante dans les parages. Comme à chaque fois, l'Irlandais perd de son charisme et de sa confiance en lui. Il se laisse vider de toute son énergie rien qu'en le sentant si proche. L'Italien entre dans l'appartement de Jephté et cela ne lui vient même pas à l'esprit de l'empêcher. La conversation qu'ils ont eu avec son frère trône encore dans sa tête et l'empêche de réagir égoïstement. Il sait qu'il n'a à présent aucun droit sur eux, qu'ils ont conservé suffisamment de lien pour lui laisser le droit d'entrer sans lui demander ce qu'il fiche ici. Fatigué, Sam ferme la porte derrière eux et le suit dans le salon où il meurt déjà d'envie de s'allonger dans le canapé et regarder sous son plaid des émissions qu'il ne suit même pas. Son regard bleuté accompagne le brun sans essayer de l'aider, de poser plus de questions. Pour avoir vécu quelques temps avec lui, il sait que Baldassare n'a pas besoin qu'on l'assiste.

Ce qui le surprend par contre, c'est lorsqu'il ose le fixer avec ce regard là : cette froideur dans les pupilles qui montre qu'ils n'ont plus rien en commun, que seul un trousseau leur permet de communiquer. Sam est tellement mou contrairement à d'habitude qu'il se contente d'hausser les les épaules. Non. Jeph et lui ne communiquent pas tant que ça en réalité. En grande partie par sa faute. Il ne sait rien de la vie de son petit frère, ce qu'il fait en dehors du travail, s'il fréquente une fille ou même un garçon, quel genre de musique il aime.
Sam est tellement tourné vers lui-même que l'univers des autres ne le touche pas.

Il bosse là, je vais lui envoyer un message. Pas besoin de l'appeler, Jeph ne répondra pas mais un sms, avec un peu de chance ... suffit d'une pause entre deux maquillages pour lui répondre. A moins qu'il ne soit en silencieux. Maël compose en vitesse un message et fixe l'écran en sentant un stress monter en lui. Il se sent oppressé par son propre corps mais aussi par Dante et par tout ce que son frère lui a dit la dernière fois. Ses larmes qu'il avait versé dans ce même appartement pourraient sortir du tapis pour le narguer.
A intervalles réguliers, son regard dégringole sur l'appareil qui n'affiche pas de nouveaux messages depuis ceux qu'il a déjà ignoré.
Son téléphone devient son unique repaire, sa seule porte de sortie, l'unique preuve qu'il ne se rebelle pas. Mais au fond, l'oiseau continue de faire son nid. Ses griffes le tourmentent, creusent un peu plus son coeur alors que la présence de Dante le rend bête et muet. La dernière fois que Sam avait tenté de le faire parler, il s'était retrouvé mis à la porte comme un malpropre. Aujourd'hui, avec les informations qu'il a en plus, Maël se sent encore plus paumé.

Ses poumons bloquent une bonne respiration et ses pas le guident tant bien que mal jusqu'à son refuge. Assit sur le canapé, l'Irlandais passe le plaid sur ses jambes pour tenter de réchauffer son âme à l'agonie. Que Dante soit pressé lui importe peu finalement, Sam n'y est pour rien dans la perte de ce trousseau et se sent agressé alors qu'il ne demandait qu'à passer le reste de la journée seul. En voyant que Jeph ne répond pas, Maël reprend la parole. Tu devrais t'en aller. Là où il aurait vendu sa mère et son chat pour une seconde de plus avec lui. Ses paupières se ferment, ses yeux lui piquent alors que Sam se pince l'arrête du nez pour faire taire ce qui le perturbe à l'intérieur. Ne pas avoir Dante dans son champs de vision lui permet de garder le cap. Se remémorer son odeur, son aura, sa beauté, son intelligence, tout cela le ramène à ses échecs les plus difficiles. Va falloir te débrouiller autrement. Lui qui est pressé, comme toujours. Sam ne se souvient pas d'un Dante ayant le temps. D'un geste las, il abandonne le téléphone à côté de lui sans réaliser que son cœur brisé n'est en réalité qu'une crise d'angoisse qu'il peine à digérer et renvoyer dans son nid.
Il est tellement fatigué.



Toutes mes déclarations d'amour
arrivent soit trop tôt, soit trop tard.
Parce que je ne dis je t'aime que
pour séduire ou rassurer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t117-sam-kavanagh-garrett-hedlu
MessageSujet : Re: (501) maybe just want one more try [sam]   Mar 13 Nov - 1:29
En ligne
avatar
Dante Baldassare
questions in a
world of blue

posts : 142
points : 219
feat : ferran calderon
crédits : vainglorious
logement : The homewrecker, dans un des plus petits appartements, ceux au prix encore (relativement) abordable.
sexy santa

Difficile de savoir sur quel pied danser lorsque leur relation entière avait été plongée dans un champ de lave.

Par sa faute.

En vérité, Dante n'avait jamais voulu blesser Samaël. S'il lui avait brisé le coeur, ça n'avait pas été un choix. S'il l'avait émasculé, lors de ce dernier appel, ça n'avait pas été de gaieté de coeur. Samaël avait simplement la fâcheuse manie d'être si nocif pour tout ce qui l'entourait que les gens (Dante) se retrouvaient systématiquement (Dante) contraints de (Dante) choisir entre lui (Samaël) ou eux-mêmes (Dante). Et malgré toutes les bonnes intentions du monde, Dante n'était pas masochiste au point d'accepter que Samaël le consume à petit feu. Il avait toléré l'introduction des morsures et des menottes dans leurs moments d'intimité, il avait même accepté des choses un peu moins orthodoxes, mais ces moments s'étant déroulés dans le contexte du jeu de la séduction, les enjeux avaient toujours été moindres.

Lorsque Samaël leur avait donné une peur bleue à disparaître pendant 3 jours, Dante avait véritablement cru qu'il lui était arrivé quelque chose de grave et qu'il en avait été partiellement responsable, d'une manière ou d'une autre. Ce genre d'enjeux étaient bien trop insurmontables pour qu'il puisse même s'imaginer la possibilité de les endosser. À contre-coeur, il lui avait fallu couper tous les ponts qui les reliaient, l'un à l'autre. Il avait pourtant essayé de s'y accrocher, à chacun de ces ponts, tant bien que mal. Mais chaque nouvelle déception et chaque nouvelle frayeur les avaient tous anéantis, un à un, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus un seul. Il s'était retrouvé obligé de mettre un point final à cette histoire qui ne voulait pas réellement se terminer et pour ça, Dante avait décidé qu'il en voudrait longtemps à Samaël.

Se battant entre la rage, la rancoeur, la blessure et l'espoir (presque éteint) qui vivaient au fond de lui, tout ce qu'il parvient à partager, à l'heure actuelle, c'est son impénétrabilité. Pour ne pas changer. Merci. répond-il finalement au Texan, sans oser soutenir son regard. A-t-il peur d'y lire des choses qu'il n'est pas prêt d'entendre, ou de trahir les secrets qu'il se refuse à partager ? Cet échange de regards promet un jeu dangereux (voire, même, fatal) ce qui explique sa réticence à s'y prêter.

Un long silence s'installe alors dans la pièce.


Tic.

Tac.

Tic.

Tac.

Tic.

Tac.

Tic.

Tac.

Résonne l'horloge imaginaire qui rythme les pensées du Baldassare.

L'air est si lourd dans la pièce qu'il pourrait s'étouffer dessus et en suffoquer. Légèrement oppressé par cette situation plus que gênante, le voilà qui se met à tapoter du pied, lentement, contre le parquet.

Tap,

tap,

tap,

tap,

tap,

tap, tap, tap.

Puis, avec plus d'insistance.

tap, tap, tap, tap, tap
tap tap tap tap tap tap
tap tap tap tap tap tap
tap tap tap tap tap tap

Un rythme qui masque les battements de son coeur, tandis que les secondes défilent à une lenteur accablante.

Comme s'il n'était pas là, voilà que Maël retourne s'installer sur son canapé. En temps normal, l'italien lui ferait remarquer qu'il n'est pas bon hôte et que la moindre des choses serait de lui proposer une tasse de thé, mais ce n'est pas un temps normal. Alors que Kavanagh s'enroule confortablement dans sa couverture, Baldassare se dirige quant à lui silencieusement vers la cuisine. Il met en marche la cafetière, cherchant à profiter de l'attente ici pour rattraper le temps qu'il avait perdu en se réveillant trop tard. Lorsqu'il revient, une tasse de café à la main, les paroles de Samaël s'abattent sur lui avec tout le poids d'une reproche et d'une agression.

Tu devrais t'en aller.

Son sang italien aimerait bien la jeter sur lui, sa tasse de café bouillante. Il aimerait pouvoir jeter la céramique contre le mur, hurler, crier, lui jeter des livres à la figure et lui donner, enfin, toutes ces gifles qui s'étaient perdues, toutes ces années, et qu'il s'était toujours intérieurement promis de lui donner au moment opportun (sans qu'une telle occasion ne se présente jamais).

Mais non.

Le Dante américain, celui qu'il apprivoise depuis sa naissance sans réellement savoir d'où il vient, se contente de déposer la tasse sur la table basse, devant la télévision.

Va falloir te débrouiller autrement.

Se plantant au bout du canapé, Samaël est pour la première fois directement dans son champ de vision et Dante profite de ce moment pour enfin affronter son regard. Leurs yeux bleus se confondent, Samaël avec ses forteresses impassibles, Dante avec ses iris intenses qui témoignent de la déception qu'il ressent en ce moment précis. Il s'agit là d'un regard censé exprimer toute la détresse qu'il a toujours pu ressentir, lorsqu'il était encore avec Samaël. Il s'agit là de l'expression la plus pure de la solitude qu'il a pu ressentir, toutes ces nuits où Samaël ne répondait pas à ses appels ou où il était tellement défoncé qu'il n remarquait même plus sa présence. Il s'agit de toutes les reproches qu'il n'a jamais eu le courage de lui faire par conviction qu'elles ne résulteraient jamais en aucun changement, comme cela avait été le cas avec sa mère. Toutes ces pensées, toutes ces notions, résumées à travers un regard si furtif, se traduisaient par un poids écrasant et un regard impossible à ignorer.

C'est noté. Merci quand même. Et comme à chaque fois, Dante ne demande pas son reste. Invité à fuir, alors que tous ses instincts le poussent à rester et à adresser les non-dits évidents qui empoisonnent leurs vies depuis leur premier contact, il y a maintenant quatre ans, le voilà qui prend la porte, une nouvelle fois. La main sur la poignée, il hésite un peu avant de se retourner, une dernière fois, sans vraiment savoir pourquoi. En constatant que Samaël ne le regarde toujours pas, il soupire profondément, avant d'ouvrir la porte.




le mystère de l'absurde,
théâtre du somptueux.


comme
la main
de midas.





Samsam a écrit:
Dante est une adolescente qui ne veut plus de leur amour, sa froideur est leur pilule du lendemain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: (501) maybe just want one more try [sam]   Mar 20 Nov - 19:32
avatar
Sam Kavanagh

posts : 614
points : 768
feat : garrett hedlund.
crédits : Hermèssito.
Âge : 34
logement : old lady.


Le temps passe à une allure qu'il voudrait pouvoir contrôler, avancer vivement pour ne pas avoir à subir cet instant où Dante et lui n'ont rien à se dire. Comment peut-on traverser tant de choses, se donner à l'autre et finir comme ça ? Est-ce une fatalité propre à tous les êtres capables de s'aimer ? Il inspire, baisse la tête pour regarder ses mains sur ses genoux. Il a soudainement l'impression d'être un vieillard incapable de retenir cet homme autrefois capable de lui offrir des rayonnements autrement que par la came. Aujourd'hui, il ne lui reste finalement plus que ça : une ligne pour tenter de survivre, de pas se laisser mourir dans cet état léthargique qu'est le silence et la solitude. Tête baissée, il se comporte comme un chien que l'on vient de punir parce qu'il vient de manger une paire de chaussure ou de pisser contre le rideau. Sam réagit à peine lorsque Dante accepte de s'en aller sans lui donner un mot de plus. Pourtant, le regard qu'il lui offre alors qu'il redresse les yeux lui donne un frisson dans tout le corps. Sa cage thoracique devient aussi molle que du beurre chaud et ses organes s'embourbent dans ses sentiments.

La porte s'ouvre. Il a encore suffisamment de temps pour l'ouvrir, tant pis si Dante lui referme en plein discours, Sam a l'habitude de parler pour ne rien dire, s'adresser aux ombres dans sa tête. Au pire il souffrira de ne pas être écouté, au mieux il sera soulagé de lui avoir prononcé ces quelques mots. Impossible pour l'Irlandais de se redresser, il s'écroulerait tout de suite. Sa tête lui tourne car les mots dans sa tête forment des tourbillons qui l'empêchent de structurer sa peine. Rien n'a jamais eu de sens au fond de son corps de toute façon alors à quoi bon. Dante a l'habitude, c'est ce qu'il se dit sur le moment. Oui voilà, justement, Dante a l'habitude et en a marre.
Mais comment mettre en ordre le chaos ? Tout est trop volatile, ce serait comme vouloir apprendre la ronde à des papillons, demander à des enfants de rester calme au milieu de Disneyland.

Attends ! Quoi ? Le déluge ? Que tu deviennes un mec fréquentable ? A sa hauteur ? Un type digne alors qu'il vomissait sur ce même canapé quelques semaines plus tôt. Il se prend une masse invisible en pleine tête mais n'a pas le temps d'accuser le coup. Etre rapide, c'est tout ce qu'il lui reste. Sam se fiche de devoir parler un peu plus fort, de ne pas avoir Dante bien en face. Il se laisse aller, en sachant qu'encore une fois la manœuvre sera avortée. Dante est une adolescente qui ne veut plus de leur amour, sa froideur est leur pilule du lendemain. J'ai été con. J'ai mis longtemps à l'accepter et surtout le comprendre mais tout est de ma faute. Je le sais maintenant. Et je te demande même pas de m'excuser parce que je sais que c'est au dessus de tes capacités mais ... Il sent qu'un sanglot est sur le point de le remuer. Sam n'est rien de plus que la marionnette de ses sentiments, faible depuis toujours lorsqu'il s'agit du chagrin. J'ai perdu bien plus que toi au final et ça aussi, je suppose que c'est le juste retour des choses. Je regrette tout ce que je t'ai dit. T'es pas un connard, ni même un lâche. Je te méritais juste pas et t'as eu raison de rétablir la vérité. Ne pas chialer, non, il ne le fera pas même si sa voix tremble, qu'elle est plus grave que la normale. Je suis désolé, c'est tout ... Je pense qu'il était nécessaire que tu l'entendes un jour.
Son adieu à lui.
Accepter de ne pas être à la hauteur.
Sa hauteur.
A ses mots, Sam s'allonge sur le canapé, se tourne vers les coussins pour y plonger sa tête et ne plus faire face au reste. Il attendra que Dante soit réellement parti pour fondre en larmes, tel un môme.



Toutes mes déclarations d'amour
arrivent soit trop tôt, soit trop tard.
Parce que je ne dis je t'aime que
pour séduire ou rassurer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t117-sam-kavanagh-garrett-hedlu
MessageSujet : Re: (501) maybe just want one more try [sam]   Mer 21 Nov - 3:47
En ligne
avatar
Dante Baldassare
questions in a
world of blue

posts : 142
points : 219
feat : ferran calderon
crédits : vainglorious
logement : The homewrecker, dans un des plus petits appartements, ceux au prix encore (relativement) abordable.
sexy santa

Un pas dehors, l'autre dedans. Situé entre deux mondes, deux espaces, deux vies. Il s'apprête à franchir le seuil, définitivement. Sa vue s'embrume, sa gorge se resserre tandis que ses dents commencent à mordre dans sa lèvre, la creusant comme des dagues, lacérant l'écorce de sa peau avec une douce harmonie. Et si c'était vraiment, définitivement, absolument terminé, à présent ? Dante. Il s'était toujours conforté dans l'idée que l'échec de son histoire avec Sam reposait entièrement sur les épaules de son grand blond ténébreux. Et si la vérité avait été bien moins simple que cela ? Et s'il avait tout simplement été lâche, et baissé les bras au moment où il fallait continuer de s'accrocher, à l'instant propice où donner une chance à leur histoire aurait tout changé ? Et s'il n'avait pas fait assez d'efforts ? Et s'il n'avait pas assez donné ?

Tant de questions, tant de contradictions. Et dans toute cette affaire sordide, la seule constante, c'est qu'il finit toujours perdant. Quelle que soit l'issue, vivre sans regrets lui serait impossible. L'herbe est toujours plus verte, et Dante empoisonne le gazon sur lequel il erre, en silence. Il aimerait attribuer tout cela à sa mère. À la pourriture qui la rongeait de l'intérieure et qu'elle lui aurait malencontreusement transmise, sans que ni lui, ni elle, ne s'en rende compte, progressivement, entre le jour de sa naissance (lui) et celui de sa mère (elle). Dante adore ça, en réalité. Se dédouaner de toutes responsabilités. Rejeter la faute sur les autres. La réalité, c'est qu'il n'a pas su rester avec Samaël car il était incapable de supporter son mode de vie. Ça avait été son choix, sa décision. Pourtant, le Baldassare était monté sur ses grands chevaux et s'était permis d'agir comme si le texan avait tout orchestré. Il n'avait plus répondu aux appels, ni aux messages. Même les larmes aux yeux, adossé au mur, ou dans sa baignoire, il avait tenu bon, se cramponnant à l'appareil électronique entre ses doigts, quelques secondes, avant d'expirer suffisamment profondément pour avoir le courage nécessaire à mettre son téléphone en mode « ne pas déranger ».

Il s'était permis de lui en vouloir, il s'était autorisé la rancoeur. Celle d'un homme bafoué, humilié, délaissé. Il avait même eu la prétention de pouvoir ressentir de l'envie, de la jalousie ou de la tristesse lorsque la simple idée que Sam puisse recommencer sa vie avec autrui que lui lui aurait effleuré l'esprit. Quel capricieux, ce Dante. Obsédé par Samaël, il était incapable de ne pas l'aimer. Il se refusait de l'admettre, d'autant plus de se l'admettre. L'évidence n'en est pas moins réelle, pour autant, et gagne en pathos lorsque ses conséquences sont prises en compte. Car si Dante est incapable de ne pas aimer Samaël, il est évident que Samaël n'a pas le droit de ne pas aimer Dante. L'un et l'autre se complétant, comme le jour et la nuit, l'eau et le feu, le yin et le yang, l'homme dans la femme, à l'éveil de la lune ... L'un ne peut exister sans l'autre. Du moins, c'est ainsi que Dante envisageait la chose. Et dans son égoïsme le plus naïf et discret, cet amour éternel, cette flamme toute consumante qu'ils étaient destinés à ressentir, l'un pour l'autre, se devait de brûler à distance. Ils se devaient de s'aimer sans pouvoir s'obtenir. De se voir à travers des tranches de vies, cinq minutes par ci, une heure par là. Au même endroit sans jamais vraiment être là, ensemble sans jamais être unis. Leurs corps, assis sur la banquette d'un taxi, se touchant presque, simplement pour ne jamais avoir à se frôler.

Mais tout cela semble terminé, à présent. Et Dante s'en mordrait presque les doigts. Il s'était volontairement exilé de la vie de Samaël, l'avait provoqué, à répétition, mis à l'épreuve et mis au défi, au point de se l'aliéner. Il n'était plus le bienvenu, à présent. Dante comprend le message. Dante partira. Dante, jamais ne reviendra.

Attends !

Il manque de se manger le sol tant la surprise de ce rappel violent le ramène à lui. Si toutes les cellules de son corps l'invitent à faire volte-face pour confronter le regard de Samaël, tout ce que son cerveau lui permet, c'est de rester là, interdit, planté comme un piquet, sans bouger. Il lui tourne encore le dos, incapable de partir, incapable de rester. Entre deux mondes, entre deux vies ... Entre le Samaël qui est à lui, et celui qu'il n'aurait jamais.

Le silence oppresse. Plus que d'accoutumée, Dante a l'impression de se faire poignarder, suffoquer et noyer par celui-ci, en simultané. Un sentiment qu'il n'apprécie pas particulièrement. comme si sa bouche avait été remplie d'eau, avant qu'on ne lui verrouille les lèvres et qu'on ne plante trois couteaux dans son ventre. Des douleurs, à la fois pinçantes – et en même temps, omniprésentes. L'envie de partir est forte, mais Dante la dompte et l'apprivoise, le temps d'attendre, justement. Voir si une porte ne se rouvrirait pas. Voir si tout espoir n'est pas compris, et si la possibilité d'un renouveau n'est pas dissimulée, quelque part, tapie dans l'ombre, dans un coin de la pièce.

Malgré tout, Dante ne pouvait pas se préparer ni même s'attendre à ce que Samaël avait fini par trouver à lui dire. Interdit, le voilà, un pied dehors, un pied dedans, planté comme un imbécile à qui l'on venait d'offrir une grenade décapsulée. Incapable de savoir quoi faire de la bombe, il se retrouvera à exploser avec, lorsqu'elle détonnera. Un nouveau silence s'installe, et Dante se retrouve presque à regretter le précédent. Il s'agissait alors d'un silence, tendu, certes, mais d'un silence de possibilités. Samaël pouvait lui donner matière à l'insulter de nouveau. Il pouvait lui donner raison. Il pouvait l'inviter à rester. Il pouvait même lui faire comprendre qu'il avait changé, que tout irait bien entre eux et qu'il pouvait revenir sans craintes. Mais la magie des silences de possibilités, c'est que ces possibilités sont désirables tant qu'elles n'existent pas. Une fois le fait accompli, et le voeu concrétisé, elles perdent étrangement la plupart de leur attrait, comme si quelque chose leur avait été violemment arraché. Et la voix, brisée et anéantie de son amant d'antan, ne fait qu'accentuer la fissure qu'il ressent à l'intérieur de son coeur.

S'il y avait bien un jour pour que Dante soit reconnaissant pour quelque chose, ce serait celui-ci. Dante est reconnaissant que Samaël ne peut pas le voir, actuellement, depuis son canapé. Il est reconnaissant, également, que l'irlandais ne l'avait pas poursuivi jusqu'au seuil de la porte. Son sang italien s'éveillant dans ses veines réveillent tant de choses en lui que si Samaël avait eu l'idée de plonger ses iris abyssales dans les siennes, Dante aurait très certainement été perdu. Il lui aurait attrapé le visage pour l'embrasser, comme il en a rêvé, tant et tant de fois qu'il avait arrêté de les compter ou même d'y prêter plus d'attention que cela. Rêver de Samaël faisait partie de sa routine hebdomadaire, tout comme se brosser les dents chaque matin ou mettre sa chaussure droite avant la gauche faisait partie intégrante de sa routine. Se remémorer le goût de ses lèvres, s'imaginer une vie où ils n'auraient jamais rompu ou, tout simplement, où ils auraient pu se réconcilier, faisait partie de son quotidien. Pas un jour ne passait sans que le visage de Samaël ne vienne embrumer ses pensées. Il détestait ça. Il adorait ça. Et ça le dévorait. Succombant au chant des sirènes, il serait retombé dans la spirale infernale de cette histoire qu'il cherchait à laisser derrière lui à tout prix, sans jamais réellement avoir l'intention de s'en défaire entièrement.

Quel contradictoire, ce Dante.
Quelle aguicheuse, ce Dante.
Quel emmerdeur de première, ce Dante.

Si Samaël avait été face à lui, il l'aurait embrassé.
Il aurait écrasé ses lèvres contre les siennes, sans une hésitation, car il venait enfin d'entendre les mots qu'il avait toujours rêvé d'entendre mais qu'il ne pensait jamais pouvoir un jour réellement obtenir de la part de l'être le moins introspectif qu'il avait eu la malchance de rencontrer.

Si Samaël avait été face à lui, il aurait baissé ses remparts et largué ses amarres pour mieux redonner une chance à leur histoire.

Si Samaël avait été face à lui, il aurait pleuré, un peu.

Si Samaël avait été face à lui ...

Et seulement si.

Mais Samaël était dans son canapé, et Dante avait son temps. Le dos toujours face au salon, le visage vers l'extérieur, il prend le temps de réfléchir à la meilleure façon de procéder. Que dire ? Que faire ? Comment réagir ? Une fois n'est pas coutume : il n'en a aucune idée. Lui qui, pourtant, ne peine jamais à trouver les bons mots, se trouve entièrement au dépourvu. Et livré à la merci du hasard.

Je suis un lâche. souffle-t-il finalement. Se retournant doucement, ses yeux, intenses mais toujours aussi impassibles se logent directement dans ceux de Samaël. Leurs pupilles dilatées et leurs cornées luisantes racontent une histoire qu'ils sont les seuls à refuser d'entendre. Et pourtant ... Je n'ai jamais voulu te faire du mal. avoue-t-il finalement, baissant simultanément la tête, comme un enfant le ferait quand il refuse d'admettre qu'il a tort et qu'il n'assume pas ses propres aveux.




le mystère de l'absurde,
théâtre du somptueux.


comme
la main
de midas.





Samsam a écrit:
Dante est une adolescente qui ne veut plus de leur amour, sa froideur est leur pilule du lendemain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: (501) maybe just want one more try [sam]   Jeu 29 Nov - 0:53
avatar
Sam Kavanagh

posts : 614
points : 768
feat : garrett hedlund.
crédits : Hermèssito.
Âge : 34
logement : old lady.


Allongé dans le canapé, épuisé par le simple fait d'avoir déballé tout ce qu'il avait sur le cœur, Sam s'attend à ce que le vide le prenne en otage et le brûle jusqu'au plus profond de son être. Il est incapable de dire ce qu'il ressent réellement à cet instant parce qu'il sonne creux et que même sa respiration est un vent léger qui s'engouffre entre ses organes fait de cristal. Maël s'accorde une pause, ne bouge plus, reste prostré au milieu des coussins pour accepter d'avoir mis un point final honorable à leur histoire. La porte, il s'attend à ce qu'elle claque et le fasse sombrer plus bas que terre jusqu'à ce que Jephté rentre et accepte de le ramasser à la petite cuillère. L'Irlandais ne sait pas d'où lui vient cette force qui l'empêcher de verser des larmes.
Fin si. C'est une force que l'on nomme fatalité, une claque bien violente et tellement douloureuse qu'elle extirpe tout de toi sans une pause ni même un recul sur la situation.
Dans sa peur terrible, Sam accepte de le perdre, de le laisser s'en aller avec une part si grosse de lui qu'il faudra des années avant de sentir le vide se remplir à nouveau. C'est con mais il a envie de se foutre en l'air. Maël est comme ça, plein d'une essence autodestructrice qui pourrait le pousser au pire mais dont il ne parle plus là où il tentait le chantage affectif avec Dante par le passé.

Son coeur sursaute violemment lorsque la voix de son ex s'élève dans la pièce. Pas froide comme d'habitude. Il sent que quelque chose évolue, certainement dans le négatif, qui sait ... Sam ne se sent plus capable de faire la part des choses et enlève sa tête des oreillers. Son visage est rouge, fatigué, plein d'émotion lorsqu'il passe le revers de sa main sur ses yeux pour tenter de chasser le surplus de souffrances.
Je n'ai jamais voulu te faire du mal.
La phrase qui lui donne envie de se redresser et de se mettre à genoux devant lui, de le supplier de rester, de lui donner une seconde chance, de pleurer tellement qu'ils finiraient tous les deux par devoir appeler un plombier pour réparer la fuite. Tout un schéma détestable lui traverse le cerveau mais heureusement pour Dante, Sam est trop épuisé pour parvenir à un tel degrés de pathétisme. Il inspire, se redresse un peu plus pour se donner du temps mais aussi en accorder à l'homme  qui le déstabilise. Aucun être n'est capable d'une telle emprise sur l'âme fougueuse de Kavanagh. Baldassare est une exception qui lui a donné le plus tendre bonheur de sa vie mais aussi le chagrin le plus intense, le plus inimaginable.

Le chemin jusqu'à la porte d'entrée est plein d'embûches. Toutes les raisons de reculer et de le laisser tranquille lui traversent l'esprit. Sam sait très bien qu'il ferait mieux de rester à sa place et s'arrête même à un moment. A quoi bon plonger dans un enfer où il n'a plus sa place ? A quoi bon, juste, s'approcher de lui ? L'horreur est déjà cruelle. Un véritable monstre qui l'empêche de respirer correctement lorsque son coeur s'emballe dans sa poitrine.
Recule, Sam.
Putain recule ...
Hors de question de replonger, hors de question d'être aussi ridicule. Dante lui a déjà assez fait bouffer la poussière. Il a la sensation de revivre une énième fois leur histoire tandis qu'il attrape son bras du bout des doigts. Son geste est étrangement calme. Il n'essaie pas d'entrer dans un rapport de force. La certitude de le perdre pour de bon donne une dimension différente au monde qui l'entoure. L'adieu qui se dessine dans ses gestes se laisse entrevoir. Sam resserre légèrement son emprise, le fait pivoter pour tenter de le regarder droit dans les yeux. C'est là qu'il fait face à  un premier échec. Maël ne parvient pas à soutenir son regard et fixe son cou, remonte légèrement sur sa mâchoire aussi.

Tu m'as offert les plus belles années de ma vie. Ce qu'il trouve tragique en se rendant compte que ce sont certainement les pires pour Dante. La gorge nouée, ses yeux débordent de mélancolie alors qu'il approche lentement ses lèvres des siennes pour y déposer un baiser. Éphémère, la chaleur de sa peau parvient tout de même à le liquéfier.
Quelle douleur de le laisser partir. Quelle souffrance de rendre heureux un homme en quittant sa vie.
Son regard dégringole sur sa main. Il n'a pas encore trouvé la force de le lâcher même si son emprise ne tient à rien. Elle est seulement symbolique.



Toutes mes déclarations d'amour
arrivent soit trop tôt, soit trop tard.
Parce que je ne dis je t'aime que
pour séduire ou rassurer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t117-sam-kavanagh-garrett-hedlu
MessageSujet : Re: (501) maybe just want one more try [sam]   Sam 1 Déc - 2:33
En ligne
avatar
Dante Baldassare
questions in a
world of blue

posts : 142
points : 219
feat : ferran calderon
crédits : vainglorious
logement : The homewrecker, dans un des plus petits appartements, ceux au prix encore (relativement) abordable.
sexy santa

Sur ces mots, Dante s'en va.

Il ne se retourne plus. Il ne regarde plus derrière lui. C'est terminé. Le passé, ancré, défini, définitif, même ... est oublié. Et Dante franchit le seuil de la porte, sans la moindre hésitation, sans le moindre regret. Il a vu Samaël pour la dernière fois de sa vie et, de ce poids, le voilà enfin libéré. Il rentrera chez lui. Il se félicitera de cette victoire. Il se réveillera heureux, le lendemain, et le surlendemain, et tous les jours qui viendraient par la suite. Il retrouverait le sourire en même temps que l'amour frappera à sa porte et sa vie sera enfin heureuse, comme il le mérite. Peut être même qu'ils adopteraient un enfant. Aux noëls, il aura le luxe de pouvoir se familiariser avec la famille de son amant. Et Dante aura enfin la vie dont il a toujours rêvé, depuis son plus tendre âge et qui, à ce stade, lui est clairement due. Ils vieilliront ensemble, main dans la main, pas sans jamais se disputer, mais certainement sans jamais se perdre de vue. Inséparables, à la vie jusqu'à la mort. Voilà la vie qui l'attend. Simplement car il a enfin tourné le dos à Samaël et tiré un trait à tout jamais sur ce passage de sa vie.

...

...

...

Mais Dante ne s'en va pas. Il serait facile d'argumenter que de cette histoire, jamais il n'en sortirait. Pas indemne, en tous les cas. Il reste là, désabusé et las, confronté à son échec colossal : celui d'être incapable de préserver tout ce qui le maintient au dessus de l'eau. D'abord sa mère. Ensuite Sam. Maintenant, les fantômes de ce qu'il restait du "autrefois" avec Sam. Petit à petit, l'oxygène qui alimente sa vie s'éteint, s'oxydant ou se consumant dans les braises d'un immeuble incandescent. Dante se noie dans son propre malheur, généré par cette solitude qui lui pend aux triples et le hante comme une ombre. Partout où il se dirige, le malheur le suit. Chaque sourire lui vaut une déception ; chaque joie lui coûte un revers de la médaille bien plus brutal encore.

Lorsque Dante est tombé sous le charme de son voisin, cinq ans auparavant, rien ne pouvait l'atteindre. Il marchait sur des nuages, la vie lui souriait et, pendant un bref instant, l'illusion qu'il pourrait échapper à sa sombre destinée s'était manifestée. Mais l'éternité ne dure qu'un temps, comme on dit, et sa mère n'aurait pu trouver meilleur moment pour sombrer de l'autre côté du voile. Un enterrement à financer. Des nuits blanches passées à réfléchir à la meilleure solution pour payer ses factures. Une période interminable passée à manger des pâtes afin de pouvoir finir ses mois. Une double dose de travail, pour arrondir le tout. Et les larmes, encore et toujours ; ces larmes traitresses qui accompagnaient sa culpabilité. Son histoire éclosante avec Dan n'a même pas eu l'audace d'essayer de rivaliser avec sa souffrance : aussi rapidement que la flamme s'était allumée, voilà qu'elle s'était éteinte. Ils ne se sont jamais revu. Ils ne se sont jamais reparlé. Car Dante ne mérite pas de belles choses, et la beauté ne mérite pas Dante. Sa grand-mère l'avait pourtant mis en garde, au cours de son enfance : « Ciò che Dio dà con una mano si ritira dall'altro. » Depuis ce jour, chaque moment de joie qu'il avait pu ressentir était immédiatement enchaîné par la frayeur de l'autre revers de la balance, qui tombait systématiquement. Toujours de la pire façon qui soit, toujours au même moment.

Il semblerait donc que cela soit terriblement logique que lorsque la carrière de Dante commence enfin à voler de ses propres ailes (bien que modestes), ce passé auquel il s'accrochait tant, malgré lui, se retrouverait à s'effondrer sous ses propres yeux. Il voit déjà la scène : un Samaël qui ne l'appelle plus. Un Samaël qui ne cogne plus à sa porte, à deux, trois, quatre, parfois même cinq heures du matin, comme un bourrin, parce qu'il avait trop bu ou était trop intoxiqué. Il ne se ferait plus harceler par les enveloppes intempestives contenant une clé USB ou un DVD de ses dernières performances, que Dante n'a jamais osé visionner ni jeter à la poubelle. Il n'entendrait plus sa voix piteuse et éreintée crépiter de l'autre côté de sa boite vocale, et ne pourrait plus soupirer en les écoutant, tous ces messages, dès le réveil. Car oui, Dante les écoutait bel et bien, tous, sans exceptions. Il avait beau ne jamais y répondre, sa curiosité et son addiction (car aucun autre terme ne peut convenablement décrire sa situation) à Samaël le poussait toujours à les écouter. Pas nécessairement dans leur intégralité, ni très attentivement, mais ... Ils faisaient partie de son rituel matinal. Et quand il n'en recevait pas, il réécoutait les anciens, qu'il ne supprimait pas toujours. Juste pour pouvoir entendre le son de sa voix, encore un peu.

Alors Dante ne bouge pas. Il reste là, quelques secondes, peut être une demi-minute, même, inspirant profondément en intégrant une dernière fois ... Tout ça. Le visage apeuré et bougon de Sam, l'odeur du plâtre et les murs blancs délavés. Sa façon à lui de dire au revoir. Ça fait toujours aussi mal, malgré la maturité et l'expérience. Avec le temps, la seule chose qui change, c'est qu'on finit par accepter que les adieux seront toujours douloureux. Étrangement, cette révélation ne fait rien pour atténuer la douleur : au contraire, elle a tendance à l'amplifier.

Avec du recul, peut être aurait-il choisi de partir sans se retourner, comme dans le premier scénario. C'est ce qu'il se dira, après le fait, en tous les cas. Car ce qu'il se produit par la suite lui est bien trop douloureux.

Dans l'instant furtif, si furtif qu'un simple clin d'oeil aurait suffi pour ne pas l'apercevoir, où Dante était resté immobile entre l'intérieur et l'extérieur, voilà que Samaël se précipite vers lui d'une fougue renouvelée. Il a beau tituber, trébucher une fois, s'arrêter pour vérifier que tout va bien, puis tituber de nouveau, entendre son ancien amant se mouvoir l'immobilise davantage, sans qu'il puisse vraiment dire pourquoi. Tellement happé par le texan, l'Américain ne se rend même pas compte que ce qui le tétanise de la sorte, c'est l'espoir.

Que tout puisse redémarrer.

Au moins l'espace d'un instant.

Dante a beau lui tourner le dos, il sent sa présence lorsque Samaël entre dans sa bulle. Il sent le souffle chaud et rauque de Sam lui brûler la nuque en guise de caresses. Et ses doigts, qui effleurent timidement mais avec brutalité son bras gauche, car Sam sait que Dante n'aime pas qu'on lui touche le bras droit. Pas depuis cette cicatrice qu'il s'était fait, enfant, et qui avait cherché à marquer son esprit avant de disparaître de sa peau.

Il y met un peu de pression, le Samaël.

Dante, lui, se mord la lèvre.

Mais Sam serre de plus belle. Et Dante se déteste, et il refuse mentalement de le faire, mais son corps ne lui obéit plus et voilà qu'il se retourne. Et le pire, dans tout ça, c'est que Baldassare sait exactement ce qui l'attend. Tout simplement parce que ce moment, comme celui quelques instants plus tôt, où Sam avait enfin trouvé la lucidité pour assumer leurs divergences insurmontables, il en avait rêvé. Bien trop souvent. Bien trop longtemps. Bien trop douloureusement.

Un rêve qui, jamais, n'aurait dû se concrétiser.

Et pourtant ...

Dante est le fils de sa mère. Et celui de son père, lorsqu'on y pense bien. C'était comme pré-écrit dans ses gènes : sa faiblesse finit toujours par avoir le dessus sur lui. Il cède à ses rêves, non pas car il en a envie mais simplement car il est incapable de s'en empêcher. Simplement car l'emprise de Sam est si enivrante que de se laisser attirer une dernière fois dans sa toile d'araignée lui semble plus délicieux que de le voir s'évaporer à tout jamais.

Sa peau brûle et frissonne et gèle en même temps lorsque Sam le regarde dans les yeux, vraiment, pour la première fois depuis ... Longtemps ? Bien longtemps. Baldassare s'en souviendrait si son sang s'était autant glacé dernièrement. Sam avait toujours eu le don de pouvoir le terrasser d'un simple regard.

Envoutant.
Ensorcelant.
Enivrant.

C'était son regard qui avait eu raison de lui, toutes ces années auparavant. Dedans, Dante s'y noie autant que dans sa propre misère. Ça lui avait semblé si confortable et familier, à l'époque, qu'il avait mépris cette facilité pour une évidence. Heureusement que le temps avait eu raison de lui et de ses idées sottes.

Le regard ne dure pas longtemps. Maël se détourne, comme s'il avait vu un fantôme dans son visage. Dante en souffre, bien qu'il ne le montre pas. Malgré tous ses rêves, un jour où Sam deviendrait un inconnu qu'il connaitrait mieux que quiconque ne figurait pas sur la liste. À choisir, il s'agirait davantage à un cauchemar.

Et tombe enfin l'autre revers de la balance.

Tu m'as offert les plus belles années de ma vie.

Et si Dante s'écoutait, il fermerait déjà des yeux et préparerait ses lèvres pour Samaël. Mais Dante ne fait rien. Il ne bouge pas, il ne s'approche pas, mais ne s'éloigne pas non plus. Passager passif de cet échange, il se contente d'observer, comme un spectateur, et de subir ce que Samaël aura bien envie de lui accorder. Avec du recul, son histoire avec Samaël avait vraiment été belle. Il en a conscience. Il n'a jamais cherché à le nier, en vérité. Le rappel qui lui est donné n'était cependant pas nécessaire, et s'en retrouve presque à en être traumatique.

Dante tremble lorsqu'il voit Samaël se rapprocher de lui. Une partie de lui a envie de le devancer. Une autre a envie de hurler et de partir en courant. Elles s'annulent et il ne bouge pas. Il se contente de frémir et de vibrer avec ses sueurs froides, incapable de résister tout en étant incapable de réellement s'abandonner à l'instant présent. Mais lorsque les lèvres de Samaël s'écrasent contre les siennes, Baldassare ferme des yeux.

Le baiser ne dure pas longtemps, mais c'est suffisant pour que Dante se retrouve à détester Samaël de nouveau. Car si des mois avaient été nécessaires pour se convaincre qu'il serait préférable de passer à autre chose (et, pour être vraiment transparents, des années, même ...), ces quelques secondes avaient suffies pour déchirer toutes ses illusions et effondrer le chateau de cartes de certitudes qu'il s'était construit. En un instant, Dante revit toutes les passions qu'il a connues, depuis leur rupture. Chaque baiser, chaque caresse, chaque sourire. Chaque coup de rein. Il revit tous ces échecs à leur juste valeur, et des souvenirs qui lui avaient autrefois semblé agréables et triomphants se révèlent à présent n'avoir été, eux aussi, qu'illusions. Des terribles et cruelles illusions. Car personne d'autre n'avait jamais su lui sourire comme Sam le faisait. Et personne d'autre n'avait jamais su le caresser comme Sam le faisait. Et personne d'autre n'avait jamais su l'embrasser comme Sam le faisait. Et personne d'autre n'avait jamais su lui faire l'amour comme Sam le faisait, ou l'enlacer après le fait, pendant qu'il s'endormait, épuisé, en restant collé contre lui, comme un parasite ou un ange gardien, jusqu'à l'aube. Personne d'autre n'avait été capable d'éveiller en lui la haine, l'amour, la peur, le désir, la rancoeur, la rage, l'inquiétude et la dépendance au même degré que Sam, dans les mêmes configurations et, parfois, même, toutes en même temps. Non. Alors que Sam l'embrasse, l'évidence qu'il avait essayé d'ignorer avec entêtement revient à la surface, et voilà qu'il se noie de nouveau. Il pourrait presque en hurler.

Car il n'y a que Sam.
Et qu'il n'y a jamais eu que Sam.
Et qu'il n'y aura jamais que Sam.

Et qu'il ne peut pas y avoir de Sam.

Et la conscience de cette réalité lui est tellement douloureuse qu'il a l'impression de mourir un peu à l'intérieur. Et le pire, dans toute cette histoire, c'est que Dante profite quand même du baiser. Ses mains se perdent sur le visage de Sam et, dans la cécité qu'il s'impose en maintenant les yeux clos, voilà qu'il redessine son menton et ses joues à l'aide de ses phalanges. Ça lui semble tellement beau que ses yeux se mettent à briller légèrement, menaçant de larmoyer à tout moment sans jamais réellement concrétiser cette menace. Dante prolonge le baiser autant qu'il le peut, avant que son corps ne cède à sa raison et qu'il ne s'apprête à lâcher prise. Heureusement pour lui, Samaël le devance. Le baiser se termine.

Et juste comme ça, il a froid de nouveau.
Et là où l'amour (et, jadis, le corps) de Sam avait su le remplir, il n'y avait plus que ce vide glacial qui le ronge depuis toujours. Depuis leur rupture. Depuis avant, même. Dante a l'impression de ne plus rien ressentir, comme si une part de lui s'était éteinte pour ne jamais se rallumer. Il est enragé. Il déteste Samaël. Il le déteste car il l'aime. Il le déteste car il se déteste. À cause de Samaël. Grâce à Samaël ? Grâce à Samaël, il avait appris à aimer. À cause de Samaël, il serait incapable d'aimer de nouveau. Il le sait, depuis un moment. Une vérité qui dévore tant elle est dévastatrice. Même là, alors que son corps, vidé et inerte perd le peu de vie qui lui restait, les doigts de Sam brûlent contre sa peau. Cette parcelle de vie est si douloureuse et lancinante qu'il se dérobe sans demander son reste. Ses doigts se referment sur eux-mêmes, sa main s'éloigne de celle de Sam pour se cacher dans sa poche, tandis que le froid glacial s'empare entièrement de lui de nouveau.

La prise de conscience renouvelée de cette indolence qu'il traine derrière comme le poids d'un bagnard lui est fatale. Ses yeux se plantent avec terreur dans ceux de Sam, avant de replonger vers le sol de nouveau. Sam peut être fier de lui-même : il venait enfin et irrémédiablement de finir de le scier en deux.

Le spectacle peut désormais se terminer.




le mystère de l'absurde,
théâtre du somptueux.


comme
la main
de midas.





Samsam a écrit:
Dante est une adolescente qui ne veut plus de leur amour, sa froideur est leur pilule du lendemain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: (501) maybe just want one more try [sam]   Lun 3 Déc - 0:15
avatar
Sam Kavanagh

posts : 614
points : 768
feat : garrett hedlund.
crédits : Hermèssito.
Âge : 34
logement : old lady.


Il s'attendait à se recevoir des coups ou du moins une gifle. La trace de ses doigts contre sa joue qui lui picoterait bien dix minutes une fois que Dante claquerait la porte mais rien ne se passe.
Ou plutôt si.
Si la main de l'Italien s'attarde sur sa joue ce n'est que pour prononcer un peu plus ce baiser et lui donner plus de saveur. Maël se perd dans cet instant avec une telle intensité qu'il se sent perdre pied. Dante est un vieux rêve, perdu quelque part dans l'espace entre le firmament et des terres allogènes qu'il pensait ne jamais atteindre à nouveau. Sam se perd quelques années plus tôt lorsque que cette illusion était encore réelle et qu'il n'avait même pas conscience de combien il pouvait briller aux côtés de Baldassare. Il y avait de l'or dans son regard et sa voix n'avait pas cette fatigue qu'elle se traîne tel un boulet aujourd'hui. Les regrets remontent à la surface, ils sont si douloureux et étouffants qu'il pourrait fondre en larmes tout de suite s'il ne se concentrait pas tant sur cet échange trop bref pour lui rendre la vie. Il a la sensation d'être un vieux souffle, une histoire terminée vers laquelle on se retourne une dernière fois pour lui dire réellement au revoir. Dante n'aime pas ce que Sam lui offre à présent, le texan le remarque sans difficulté et son coeur se crispe sous sa cage thoracique. L'homme qu'il chérit de tout son être est encore amoureux de ce que Maël était. Peut-être est-il nostalgique à cet instant, suffisamment pour lui accorder un baiser sans pour autant le vouloir à nouveau dans sa vie.
Dante ne le voudra plus jamais dans son univers. Sam le sait, le comprend mais son cerveau fait barrage pour ne pas que son corps se plie de douleur face à cette vérité qui le mine plus qu'elle ne le soulage. S'il a accepté ses erreurs, mis des mots sur tout ce qu'il n'aurait jamais du causer, Maël ne se sent pas encore prêt pour se repentir de ses péchés. Il est trop maladroit, beaucoup trop dans l'attente de l'autre pour laisser cet homme le quitter sans s'écorcher un petit peu au passage. Sam se craquelle, forcément, il n'a pas d'autres choix. Son organisme ne sait pas réagir autrement que par la souffrance. L'Irlandais ne sait pas s'infliger quoi que ce soit de viable. La destruction reste son unique retranchement.

Dante ne lui parle pas, il n'en a pas besoin. Maël est connecté à lui par un lien étrange qui lui fait comprendre que leur moment à deux touche à sa fin là où il en voudrait plus, consumer la mèche jusqu'à sa dernière parcelle. Son corps réagit mal mais il se contient, recule d'abord d'un pas pour analyser la situation et comprendre qu'il n'obtiendra rien de plus qu'un regard fuyant. Ce même regard que lui offrait Dante quelques jours avant de s'en aller et dont Sam n'avait pas été suffisamment attentif pour comprendre qu'il lui donnait une dernière chance de se rattraper et de sauver leur couple.

La torture continue, toujours plus intense, toujours plus violente. Réaliser, sans cesse, que chaque détail comptait, qu'il était là, dans la même pièce ou pire encore dans ses bras et qu'il ne prenait pas en compte les signaux de Dante. Sam ne s'était pas fait plaquer par sms comme il le croyait cinq minutes plus tôt encore. Non, l'italien l'avait quitté bien avant de lui écrire ce message. Ce n'était pas un coup de tête, pas un signe de lâcheté. Seul Maël n'avait pas été assez fort et compréhensif pour voir plus loin que le bout de son nez et le voilà qui en paie le prix le plus fort aujourd'hui. Une véritable claque, à te décoller l'âme, à te faire un mal de chien alors que tu te dois de garder la tête bien droite.

Soudain, il pense à nouveau ce pourquoi Dante était là. Les clés. Sans elles, ils ne se seraient même pas croisés aujourd'hui. Sans elles, Sam n'aurait jamais eu le droit de vider son sac, lui déballer tout ce qui moisissait en lui depuis des jours sans pouvoir le cracher à qui que ce soit. Les clés, ces héroïnes silencieuses, l'objet de leur délivrance mais aussi la raison de ce baiser. Tu oublies quelque chose. Sa voix est toujours si basse. Elle n'en mène pas large même si elle commence à reprendre en puissance alors que Sam fouille un tiroir que Dante n'a pas eu l'idée de chercher. Le minuscule meuble dans l'entrée renferme le trousseau dont son ex parle car Jeph lui a fait promettre de ne jamais y toucher pour ne pas pénétrer dans l'appartement de Dante pendant son absence. Samaël y a songé plus d'une fois mais décevoir son frère aurait tout simplement terminé de l'achever. Lorsqu'il attrape les morceaux de feraille et qu'il retourne vers l'entrée, son épaule se cale contre l'encadrement de la porte pour lui tendre. Dans son regard, c'est évident qu'une flamme renaît, celle d'une puissance et d'une fierté malsaine reprenant le dessus. Difficile pour Maël de refouler au plus profond de lui des démons obsédés par le brun. Il ne cesse de sentir leurs griffes, grimper en lui, lacérer son âme pour atteindre le plus haut niveau de ses doutes et de ses peurs.

Au milieu de ce champs de bataille qu'a laissé le baiser échangé avec Dante, une sensation grisante le prend aux tripes alors que ses doigts attrapent délicatement sa main chaude pour y déposer au creux de celle-ci ses clés. Je ne veux pas te retarder. Il le lui a dit, qu'il n'avait pas le temps, le lui a fait comprendre le plus directement possible. Alors, lorsque ses pupilles bleutées se plantent dans celles de l'Italien, il y a en lui une victoire vibrante. Le retenir entre ses murs par la force des choses n'était qu'un piège, une façon désespérée de l'atteindre et l'acculer au plus sombre recoin de leurs souvenirs.
Jamais Sam ne le laissera indemne de leur histoire.
Jamais.
Dante n'avait pas à faire l'erreur de le quitter, qu'importe ses raisons et ses douleurs. Celles de Maël priment sur toutes.
Si Dante était son rêve, Maël reste son cauchemar.



Toutes mes déclarations d'amour
arrivent soit trop tôt, soit trop tard.
Parce que je ne dis je t'aime que
pour séduire ou rassurer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t117-sam-kavanagh-garrett-hedlu
MessageSujet : Re: (501) maybe just want one more try [sam]   

Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
BETON ARME :: LA VIE, LA VRAIE :: The Old Lady :: Les Appartements-
Sauter vers: