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 AAREN&AISLING » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.

MessageSujet : AAREN&AISLING » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 4 Nov - 19:10
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Aisling Ó Luain
Une plume qui s'étouffe dans le goudron.

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logement : The Old Lady -F3, n°503, 5ème étage. Les couleurs de l'Irlande disséminées un peu partout, le stock de bière jamais en grève.
WHO THE FUCK TAUGHT YOU HOW TO PERSEVERE ?

Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.NOVEMBER 2018 - around 8 p.m
The Bronx, New-York City

Le cuir percute le cuir.
Claquements qui meurent en un battement de cil ou agonisent en longs gémissements, rythmés par le souffle qui souffre au gouffre des lèvres asséchées, cadencés par les frémissements des pointes sur le sol du ring, danse perpétuelle qui pousse le corps vers le contact puis le repousse pour construire une défense, parer un assaut, préparer la prochaine offensive. Combat mental entre la fatigue qui déchire les muscles crispés, harassés, s'insinue dans l'esprit dont l'attention finit par faiblir, et les yeux qui tentent de suivre chaque mouvement, de traquer chaque rapprochement, d'anticiper l'inclination du corps envers une direction ou une parade, une attaque ou une feinte. Mélodie de sons familiers, alors que la voix basse et autoritaire du professeur s'immisce entre les étreintes d'une violence relative, se mêle aux embrassades des gants aux couleurs écarlates ; lui qui encaisse les coups portés pour mieux les enseigner à son élève, commente chaque action, chaque décision, corrige posture et intentions, égratigne l'ego pour mieux le forger.
Depuis l’un des bancs qui encerclent le ring, dos courbé vers l’avant et coudes repliés posés sur ses genoux, Aisling observe maitre et élève évoluer ensemble, se donner la réplique, les pensées égarées dans des temps lointains où lui-même se tenait entre les cordes et qu’un vieil Irlandais tentait de lui faire rentrer quelques bases de boxe dans le crâne. Entre ses mains soigneusement bandées, prêtes pour l’affrontement, les clés de la salle passent d’un doigt à l’autre dans une chorégraphie à laquelle il ne prête guère attention, les breloques qui les accompagnent glissant puis frappant ses phalanges à intervalles réguliers. La nostalgie est étrangement savoureuse contre sa langue, réminiscences écorchées par le temps d’une adolescence compliquée où il pouvait, entre ces murs qu’il ne connaissait que trop bien, être enfin un gosse insouciant, un gamin un peu trop têtu qui se donnait à un sport qu’il appréciait, qui s’adonnait à une pratique qui lui apportait un certain équilibre. Il avait sué et saigné sur ce ring, accusé les coups et encaissé les réprimandes trop rarement interrompues par des compliments. Et il avait appris. Tellement.
Aujourd’hui, l'Irlandais d'une autre époque qui lui avait confié les armes pour pouvoir grandir et s’améliorer n’est plus là, remplacé par des figures plus jeunes, qui perpétuent son héritage avec une passion sensiblement similaire, brûlante et généreuse.
Aujourd’hui, Aisling n’enfile plus le dossard de l’élève, et rend bien plus de coups en dehors du ring qu’à l’intérieur de la prison des cordes –et il se demande, un instant, ce que l’homme dont l’ombre plane sur l’endroit en penserait. Sûrement pas grand-chose de bien. Il peut presque l’entendre le qualifier d’idiot, percevoir les échos des réprimandes en gaélique écharper sa voix tuée par les trop nombreuses cigarettes fumées. Déçu, certainement, de le voir plonger à chaque combat offert à la rue un peu plus profondément dans ses propres ombres, étreindre un peu plus fermement ses démons.
Un sentiment que le roux n’a pas l’habitude de susciter chez d’autres –ils ne sont pas nombreux à lui être assez proches pour pouvoir nourrir de la déception à son égard.

Les planches de bois inconfortables gémissent sous le poids d’un autre conjugué au sien, et c’est ce qui l’arrache à l’étreinte exigeante de ses pensées de plus en plus sombres. Aussitôt, il se redresse et son regard quitte les deux corps qui évoluent ensemble, se braque sur l’homme qui vient de prendre place à ses côtés, à une distance assez raisonnable pour ne pas le crisper. Ses prunelles se heurtent contre les reliefs des traits fatigués, empreints d’un entrelacs impossible à décrire de douceur et de tourments, de celui qu’il attend depuis une petite vingtaine de minutes. Son partenaire entre les cordes vibrantes –et jamais ailleurs, relation protégée de la crasse des bas-fonds dans lesquels il s’oublie si souvent.
Son ersatz presque tangible de liberté.
Aaren.
Un sourire sincère et tâché de légèreté effleure ses lèvres, gagne ses prunelles qui s’égarent sans crainte dans les lacs glacés du blond.
« Hey Aaren. » le salue-t-il avec ce qui ressemble sensiblement à un ton chaleureux, son accent Irlandais écharpant familièrement chaque syllabe prononcée.
Il lui tend une main amicale en guise de salutation, satisfait de le savoir là, impatient à la perspective de ce qui les attend. Ce partage un peu particulier dont il a autant besoin que des cris qui accompagnent chacune de ses frappes au sein du cercle de combats illégaux, du sang qui éclabousse ses poings et déchire son épiderme sous l’assaut d’une violence qui pourrait, à chaque instant, le mener au trépas.
Entre eux, aucun billet pour récompenser le carmin versé, les douleurs encaissées, les cris ravalés avec rage. Aucun public déchainé, avide d’écarlate éparpillé sur les peaux mêlées dans l’affrontement et sur le bitume suintant une violence débridée et un désespoir à peine camouflé. Aucun corps pour les garder prisonniers de leur champ de bataille personnel. Aucun appel pour transcender l’esprit et galvaniser, inspirer les instincts primaires des bêtes qui seraient prêtes à aller jusqu’à tuer –se battre pour écraser l’autre, se battre pour faire mal, faire mal pour faire mal.
« Besoin d’aide pour les bandes de protection ? » propose-t-il naturellement voyant l’autre homme les dégainer, repoussant le sac qui les sépare (le sien) au sol.
Non, il n’y a rien de tout cela entre eux –et c’est justement ce qui rend ce qu’ils partagent ensemble si particulier, si unique au cœur de l’Irlandais. C’est ce qui nourrit la bête affamée qui sommeille dans ses veines ; c’est ce qu’il le fait toujours regarder vers leurs prochaines retrouvailles à chaque fois qu’ils se quittent, éreintés mais étrangement rassasiés. La violence d’Aaren contre la sienne, entre les cordes épuisées, selon les règles tacites de tout donner sans pour autant franchir la limite, ce sont des fracas dont il a bien trop besoin –et il ressent, quelque part, intimement, que ce besoin, ils le partagent.
Une étreinte qu’il désire, à chaque fois, retrouver.
Le cuir cesse d’embrasser le cuir non loin d’eux ; le regard d’Aisling se fait plus intense dans celui de son partenaire.
C’est au tour de leurs phalanges de chanter.




--- unstoppable
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