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 Breathe out. | Ebbe

MessageSujet : Breathe out. | Ebbe   Breathe out. | Ebbe EmptyVen 2 Nov - 0:07
Alto Sisters
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Il est de ces soirs où le Saloon n'a plus de rien d'un havre de paix après s'être drapé d'ébriété et de colère. Sur la piste, les filles défilent, une d'elle est déjà à moitié nue alors que ses seins brillent de mille paillettes. Trois fois qu'Alto est sorti de sa cachette pour recadrer des types plus énervés que la moyenne. Certains se foutent sur la tronche parce qu'aucun n'est certain de pouvoir passer la soirée avec Mariposa. Au milieu des bières et des verres vides, le blond garde un air sévère tandis que Judy n'a pas une minute à lui pour lui faire la discussion. La moitié de ses frères sont déjà saouls. Certains sont aux abonnés absents comme la plupart du temps. Il est surpris de ne pas voir Kasia et s'accorde une pause dans la réserve pour se griller une clope et boire un verre sans entendre ces fumiers se gueuler dessus et se foutre sur la tronche. Agacé, Alto prend le temps de redresser les manches de sa chemise à carreaux jusqu'à ses coudes pour respirer un peu. Son jean lui tient un peu trop chaud alors qu'il tapote du bout des doigts son front pour y chasser quelques gouttes de sueur.

Il serait incapable de dire combien de temps il est resté là, entre les conserves et les bouteilles, dans la fraîcheur agréable d'une pièce jamais chauffée, sous aucun prétexte. En quittant sa tanière, ce qu'il remarque en premier, c'est ce visage juvénile proche du bar. Ebbe semble chercher quelqu'un mais l'information peine à monter jusqu'à son cerveau. La première chose à laquelle Alto pense est Ario. L'Italien viendra lui-même lui faire la peau s'il sait que sa gamine traîne ici, au Saloon de la Casa. Le cow-boy remet en place sa ceinture tout en s'approchant de la môme. Instinctivement, le corps du blond fait barrage entre l'Italienne et les bêtes surexcitées.

Ebbe bordel mais qu'est-ce que tu fiches ici ? Bon sang de-.
Sa voix se coupe alors qu'un type le bouscule avant de réaliser qu'il vient de s'en prendre au patron des lieux. Le regard que lui échange l'inconnu est plein d'une détresse sur laquelle Alto ne s'attarde pas, absorbé par la présence de cette gosse entre ces murs. Tous ses gestes deviennent soudainement plus tendus et en alerte. S'il sent certains regards vouloir la croquer, la présence du cow-boy suffit à les mettre en garde. Qu'un seul la touche, qu'un seul ne tente ...

Le souffle coupé, le regard sérieux, Alto prend sur lui pour ne pas râler plus que ça et la mettre tout de suite dehors. Il se doute que si Ebbe est là, Ario ne doit pas être au courant, ni même Hermès et il ne sait pas si cette idée doit le réconforter ou renforcer la pression qui lui appuie sur les épaules. L'obscurité des lieux, la proximité de leurs corps et le bruit masquant leurs paroles, il est déjà pratiquement sûr que certains iront raconter des conneries le concernant. Un Sisters flirtant avec la gamine Bartolotti, cela pourrait faire la une des magasines. Ce qu'il peut en vouloir à cette gosse, là, tout de suite.


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MessageSujet : Re: Breathe out. | Ebbe   Breathe out. | Ebbe EmptySam 3 Nov - 22:21
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Breathe OutNovembre - Casa Del Papel, 23h02  - @Alto Sisters
« Casa del Capel. A vingt-trois heures. C’est calme à ces heures-là » indiquait Kasia, dans son message. Je soupirais profondément, un tantinet agacée et lassée des horaires insolites que mon amie me proposait – ou plutôt, m’imposait. Cependant qui étais-je pour la critiquer, alors que j’étais la première à imposer mes propres conditions ?

Je n’étais pas disponible entre huit heures du matin et dix-neuf heures du soir, alors que Kasia n’était clairement pas une lève-tôt et avait bien souvent son travail de nuit dans un établissement nommé « Casa Del Capel ». Autant dire, les plages horaires pour quelques rencontres urgentes étaient très limitées. Si on ajoutait le paramètre « Ario » ou « Hermès » Bartolotti, alors les plages se réduisaient considérablement.

En conclusion, il était impossible de se rencontrer avant huit heures du matin car Kasia dormait, ni en journée car j’avais mes cours et ni en début de soirée car Kasia travaillait et j’avais encore mon père sur le dos. Dès lors, la rencontre se repoussait bien souvent à vingt-trois heures, voire minuit. Qu’est-ce qui pouvait me pousser dans les pavés du Bronx à une telle heure ? Pour le business, évidemment. En plus d’être une de mes rares amies, la demoiselle avait également un petit business florissant qui profitait à mon médecin chinois – une histoire d’herbes « exotiques » à récupérer, et qui mélangées à de bons produits ne transgressaient aucune loi.

Et me voilà devant l'établissement « Casa Del Capel » et autant dire, je n’étais pas du tout à l’aise. C’était bien la première fois que je me rendais sur le lieu de travail alternatif de Kasia et je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Aussitôt les diverses histoires racontées par la demoiselle me revenaient à l’esprit : de bons clients, de mauvais clients, des soirées calmes, des soirées animées, ou encore des filles qui feraient des danses exotiques à une certaine heure. J’hésitais à entrer car j’entendais déjà les premiers beuglements d’hommes en colère.

Je relis le message de l’amie : « c’est calme à ces heures-là ». J’avais subitement des doutes et commençais sincèrement à m'interroger sur la notion de calme de chacune. Je l’appelle : impossible de la joindre. J’étais tentée de patienter dehors mais entre la pluie qui se transformait en averse ou encore les regards curieux et vitreux peu rassurants lancés par les quelques courageux fumeurs postés à l’extérieur, je me disais que l’intérieur était peut-être une meilleure option – se poser dans un coin, à l’abri des regards et des attentions. Un projet qui tombe bien vite à l’eau dès que je pousse les portes.

J’avais la sensation de faire un véritable bond dans le temps. Entre le décor western, les hommes qui crient et beuglent, et les demoiselles pailletées et nues dans des tenues extravagantes … C’était tout, sauf le Bronx ici. Je restais bien cinq minutes, à regarder tout ça avec de gros yeux, avant que le client suivant ne me pousse par mégarde. Ce contact a été comme un choc électrique et sans plus tarder, je m’avance vers le bar, la tête tournée à l’opposé de la scène. Je devais sûrement offrir un drôle de spectacle pour ceux qui connaissaient mon père ou passer pour une hypocrite de première : mon geste était trop pudique quand on savait tous que les Bartolotti se payaient bien des choses sur le dos de prostitués du « Moine ».

Sans tarder, j’envoie un message furax à Kasia : « AMENES TOI ! Trop de monde. C’est de la folie ici ! ».

Je sens soudainement un autre corps, trop proche de moi. J’inspire profondément, et m’arme de ce regard dur que j’offre à tous les imprudents qui osaient s’imaginer avoir une seule chance avec moi. Un masque qui se décompose quand je reconnais les traits de l’inconnu : le mec à la prothèse ! Oui, avec recul, je me suis rendue compte que je ne connaissais pas son identité. Un masque qui se recompose pourtant : je n’aime pas du tout son ton. J’aurais bien voulu répliquer avec cette traditionnelle phrase « tu n’es pas mon père, dégage ». Cependant, je ravale le tout. A vivre avec deux hommes aux idées bien arrêtées et qui ne connaissaient pas la notion de douceur, j’avais appris très vite qu’il était plus gagnant de faire preuve davantage de diplomatie et de fermeté, plutôt que vulgarité et d’audace.

- Salut. J’attends une amie qui travaille ici, elle s’appelle Kasia. Elle doit me donner quelque chose, c’est assez urgent. Dès que je la récupère, je me casse, expliquais-je. Je peux attendre dehors, si je gêne.

Entre avoir droit à la longue litanie moralisatrice d’un type qui pissait sur les murs, et braver la pluie – et risquer un joli rhume au lendemain –, étrangement j’optais pour la seconde option. Je regarde encore un peu autour et me rends compte que les regards ont changé, ou encore que mes voisins de bar avaient subitement disparu. Ce type attirait l’attention sur lui. Sur nous. Tout ce que je détestais en somme.

- C'est bon, j'ai compris. Je vais attendre dehors, conclus-je, subitement mal à l’aise tantôt par cette attention, tantôt par cette proximité.





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MessageSujet : Re: Breathe out. | Ebbe   Breathe out. | Ebbe EmptyDim 4 Nov - 17:50
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Avoir une Bartolotti entre les murs du Saloon le met dans un état de colère qu'il peine à contrôler. S'il se bat déjà contre les démons de ses frères, une part de lui sait que des emmerdes de plus avec la famille ne ferait qu'en rajouter une couche sur les Sisters. Ce ne sont pas seulement des cow-boys qui se la ramènent un peu trop souvent. Non, Alto sait mieux que personne que ce sont des chiens fous, que le regard du plus vieux n'est pas seulement une façade  mais qu'il cache derrière lui des crimes si sombres qu'une vie ne suffirait pas à tous les énumérer. Sans compter Gabriel dont la folie terminera par ne plus être contenue ici, qu'elle dépassera la porte d'entrée et crachera sa bile sur toute la ville. Cette gamine finalement, le T Rex n'en a rien à foutre mais il pense à tout ce que cela peut éveiller. Alors, il hésite un instant à appeler son père tout de suite pour mettre les choses au clair, le prévenir que son trésor se trouve dans un endroit qui ne lui correspond mais le regard que lui offre Ebbe ne fait que renforcer le sien. Qu'une gosse lui parle sur ce ton a le don de tendre un peu plus ses nerfs. Lui qui met un point d'honneur à respecter le monde qui les entoure sent une colère naître doucement dans ses tripes. Pourtant, Alto restera calme, c'est devenu sa force la plus redoutable : ne pas perdre son sang-froid.

Alors qu'elle s'apprête à attendre sur le trottoir là où les pires types fument leurs clopes, Alto la retient de sa main. Sa prise est solide, il n'en a rien à foutre de la marquer, de l'énerver encore plus. Ici, il est le maître des lieux, hors de question de laisser une gamine foutre le bordel par sa seule présence. Tu vas commencer par baisser d'un ton, hm ? Pas de négociations possibles là-dessus. Si Alto ne sait pas toujours bien s'y prendre avec les ados, celle là a le don de le déséquilibrer plus que la normale. Il se souvient un instant de son départ précipité en bas de l'immeuble, de ce regard perdu qu'elle lui avait offert comme s'il venait de foutre le feu à quelque chose d'important. Une poutre ou un mur porteur, pour le peu qu'il en sait. Les pensées sont des maisons qui s'effondrent au moindre affront, il en sait quelque chose.

Vu l'heure qu'il est, Kasia se ramènera pas ici. Elle doit être en train d'se faire sauter.
Les Sisters passent avant tout pour cette gamine qui sait les charmer avec ses grands yeux de biche et ses formes à se damner. Si Alto ne s'est jamais perdu dans ce jeu là il sait que Kasia est aussi un serpent qui ne pense qu'à elle. Qu'Ebbe l'attende ici n'a aucune valeur si l'un de ses frères a décidé de la garder dans ses draps. Bartolotti ne fait pas le poids face à l'appel de la chair auquel elle répond sans jamais se défiler. Enfin, ses doigts relâchent le bras trop fin de la gamine tandis qu'il se recule d'un pas. La musique se calme un instant tandis que la pièce est plongée dans l'obscurité la plus totale. Le colibris doit bientôt entrer en scène. Les notes de piano masquent le bruit de ses pas sur le plancher. Lorsque les néons se rallument, le visage de poupée de la gosse blonde enivre toute la salle. Alto n'existe soudainement plus, tout comme Ebbe. Toujours en alerte, le cow-boy garde tout de même un œil sur l'italienne.


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MessageSujet : Re: Breathe out. | Ebbe   Breathe out. | Ebbe EmptyMar 6 Nov - 23:22
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Breathe OutNovembre - Casa Del Papel, 23h02  - @Alto Sisters
L’ordre aboyé par ce colosse de chair ne m’effrayait nullement et pourtant, je baissais avec précaution le regard et habillais mes traits avec un air d’agneau effrayé. A ce jour, personne n’avait réellement décerné l’hypocrisie qui se cachait derrière ce geste car, contrairement à Giulia, je ne me dévoilais jamais entièrement à autrui et surtout pas aux hommes qui avaient clairement une ascendance physique sur moi. Je maintenais ce masque angélique et tendre que beaucoup me prêtait depuis que j’étais enfant, depuis que Giulia était née. Dès lors, comment devenir la supercherie si on n’offre que du mensonge et des illusions ?

Les femmes de la famille savent, et mon père et mon oncle ont comme des doutes. A l’image d’Hansel et Gretel, ces membres sont ces miettes de pain laissées derrière, et qui guident tout droit au lieu sûr, à la maison, là où il n’y a nul besoin de faux-semblant et où tous les masquent peuvent tomber. Et cet homme, bien qu’il prétende être une connaissance à mon père, ne faisait pas partie de ce cercle fermé. Dès lors, je n’allais lui offrir que ce qu’il désirait : un rôle, et plus précisément celui de l’obéissance.

- Je suis désolée … Je ne voulais pas paraître brutale.


Ce n’était là qu’un demi-mensonge. Je n’étais pas vraiment désolée, mais effectivement, je ne voulais pas être brutale. Comment était-il possible de concilier ces deux phrases ? Je ne peux pas être désolée d’avoir haussé le ton, car le lieu invitait à hurler avec sa musique et son brouhaha. En somme, j’avais à être « brutale » malgré moi. Cependant, je n’étais pas stupide au point de révéler cette théorie. D’une, je me risquais une fessée – au sens figuré, je suppose – et de deux, cet homme devait être un habitué des lieux – si habitué, qu’il a dû en devenir un tantinet sourd.

- Vu l'heure qu'il est, Kasia se ramènera pas ici. Elle doit être en train d'se faire sauter.

Cette évocation me déstabilise un tantinet, une sale habitude que j’étais incapable de déchiffrer. Entre les histoires – vraies, ou fausses – racontées par ma jumelle, par mes amis et par les médias, et surtout au vu de mon âge, je ne devrais pas rougir légèrement à la moindre évocation de cet acte. Et pourtant, je réagissais. Certains riraient sous cape, en prétendant que c’est la pudeur virginale. D’autres lanceraient que des regards plein de sous-entendus, convaincus que ce rouge n’était qu’une invitation pour découvrir de long en large leur anatomie. Personnellement, je ne croyais à aucune théorie. J’étais gênée car ma première pensée, lorsque le sujet est évoqué, est la suivante : commettent-ils l’erreur de leur vie ?

Pourquoi m’inquiéterais-je, alors que ce n’est ni ma vie, ni mon corps ? Je ne pourrais pas le dire. J’y pense, malgré moi. Je pense à toutes ces grossesses indésirées dues à une mauvaise contraception ou à l’ignorance, et je repense aussitôt à mon enfance solitaire et adolescence solitaire. Il était difficile d’être une mère célibataire, mais il était encore plus difficile d’être une enfant ballotée entre deux navires imposants qui semblaient ne se rencontrer que pour se frapper et se faire du mal.

- Tu connais Kasia ? Une question que je regrette aussitôt. Il devait être un amant, parmi d’autres. Ces fameux amants que la brune se prêtait.

Brutalement, la pièce se plonge dans le noir, m’arrachant à mes pensées. Elles ne tardent pas à revenir, éclairant la scène qui se compose maintenant d’un piano et d’une jolie blonde, les deux prêts à entamer un spectacle. Si beaucoup de femmes admireraient, ou jalouseraient, celle qui tape sur le plancher à l’heure actuelle, pour ma part, j’étais à peine touchée. Avec Giulia, j’avais bien vite été lassée de me comparer à elle ou à d’autre : je savais qui j’étais, et qu’elle était ma place. Et celle-ci était dans l’anonymat, celui procurait par les jolies demoiselles comme elle. Loin d’être gênée, j’étais à nouveau dans mon élément, ignorée de la majorité et perdue dans quelques zones d’ombre de ce monde.

J’étais persuadée qu’il en était de même pour l’homme à la prothèse. Au final, il était un homme comme un autre, en somme un être stupide qui ne voyait pas ce qui se cachait derrière ces néons et ces paillettes et qui pardonnerait bien toutes les mauvaises choses que cette poupée. La beauté est toujours pardonnée.

Une théorie qui a également ses exceptions, et à mon grand désarroi, il semblerait que ma barrière humaine en fasse partie. Il n’était pas détendu comme les autres, et son regard n’était pas tourné exclusivement vers la poupée dansante – mais partagée entre elle et moi. Il me mettait mal à l’aise, mais je n’étais pas encore effrayée. Pourtant, je jouais la carte de la pauvre fillette qui se donne du courage, qui réduit cette distance maladroitement et qui se met sur la pointe des pieds pour susurrer quelques mots hachés – par la musique – à l’oreille du blond.

- Je n’ai rien à faire ici, si Kasia ne vient pas. Il faut que je parte avant qu’il ne fasse vraiment tard
, lui soufflais-je, le fixant quelques secondes avec mes grands yeux bleus avant de les baisser à nouveau.

Surtout, avant qu’Ario Bartolotti ne franchisse le seuil de l’appartement.




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MessageSujet : Re: Breathe out. | Ebbe   Breathe out. | Ebbe EmptyJeu 8 Nov - 16:44
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Il ne sait pas ce qu'Ebbe fout là réellement, si elle le mène en bateau ou non et une part de lui ne peut s'empêcher de n'en avoir rien à faire. En réalité, Alto est plutôt du genre détaché, s'il garde un œil sur elle, c'est avant tout pour ses frères. Non pas qu'il veuille absolument qu'elle termine dans de mauvais draps mais cela ne le regarde pas. Peut-être est-elle au final comme toutes les gosses de son âge : à la recherche d'un mec suffisamment con pour se la faire. Bien longtemps qu'Alto a lâché ce côté là de sa nature. Bien sûr qu'il estime les femmes, qu'il est le premier à s'énerver contre la Mariposa mais il sait aussi que ce sont des garces qui peuvent te broyer le cœur comme si ce n'était que de la purée. S'il garde la distance, c'est que trop d'entre elles ont emporté avec elles une part de lui. Ces parts de lui qui le rendent aussi froid et distant envers le reste du monde. Impossible de savoir ce à quoi il pense réellement derrière ses airs froids et ses ordres. Difficile de se dire que le cow-boy était autrefois un gamin obligé de se mettre en avant et de foutre sur la gueule de ses frères pour ne pas se faire bouffer. Son handicap l'a rendu fort au point de lui enlever quelques morceaux essentiels à son développement. Son retranchement est tel qu'à bientôt quarante ans, Alto est bien loin du schéma conventionnel de l'homme avec une famille. Il sait à présent qu'il n'aura jamais la chance de border qui que ce soit le soir, de porter toute son attention sur un petit être qui lui donnerait une raison de plus de vivre. Alors, là, cette nuit, pour la première fois, il accepte de se mettre à la place d'Ario et d'être de son côté. Il ne voudrait pas que sa fille traîne dans un tel endroit à une heure si tardive. Il retournerait toute la ville pour la retrouver et la ramener dans sa chambre quitte à se faire haïr d'elle.

Tout l'monde connaît Kasia. Au delà des apparences et des rumeurs, Alto n'est pas un vieux pervers posant ses mains sur elle. Cette gamine restera sous son aile aussi longtemps qu'elle le désirera. Kasia peut bien l'agacer, elle est aussi l'une des rares à ramollir un peu la carapace qui l'empêche trop souvent de communiquer. Plongé dans son silence, il hausse les épaules lorsque Ebbe se rapproche de lui pour lui dire qu'elle doit partir. J'te montre pas la sortie. Qu'il souffle, détaché mais aussi soulagé de savoir qu'elle part enfin de là. Ses épaules se détendent un peu alors que le Colibri sur les planches attire son attention. Son regard reste posé sur les mains qui se dirigent vers elle pour être persuadé que personne ne lui cause trop d'ennuis. Les pupilles accrochées à la scène, son visage se tourne brutalement vers des cris rauques en direction de l'entrée. Alto pousse sans ménagement les types qui beuglent. Une bagarre, le cow-boy le sait car elles se déroulent toutes de la même façon. Angus est déjà sur place lorsque le blond arrive à leur niveau pour leur donner un coup de main. Une table est par terre, au milieu de quelques chapeaux et foulards mais ce qui attire son regard est le visage d'Ebbe. Il remarque sans mal qu'elle saigne du nez. Est-ce qu'elle s'en est chopée une ? Balançant le type dans la foule et demandant à Angus de garder un œil sur la salle, Alto attrape sans plus de ménagement la gamine pour la pousser sur le trottoir. Les types n'ont pas besoin d'un regard pour éteindre leurs clopes au sol et rentrer à l'intérieur pour leur foutre la paix.

Alto pourrait la sermonner mais l'unique chose qu'il se contente de faire se résume à lui tendre un mouchoir en papier. Il n'a rien à lui dire, l'a déjà prévenu que le Saloon est un monde à part où les bagarres sont monnaie courante. Une fois enragé, les types ne font pas attention à qui ils blessent sur leur passage. A ce stade, il est à présent certain d'avoir son con de père sur le dos mais sa fatigue le pousse à n'en avoir plus rien à foutre. La Casa del Capel est un espèce d'univers où toutes les gosses se ramènent dans l'unique but d'en revenir avec des cicatrices. Ebbe n'échappe finalement pas à la règle.


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MessageSujet : Re: Breathe out. | Ebbe   Breathe out. | Ebbe EmptyDim 11 Nov - 22:03
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Breathe OutNovembre - Casa Del Papel, 23h02  - @Alto Sisters
- J'te montre pas la sortie.
- Bonne soirée.


Un échange simple et court, comme lors de notre première rencontre, mais qui semblait déjà être de trop au vu de nos caractères respectifs. Je ne me tarde guère sur cette analyse, préférant fuir ce maudit lieu et l’homme à la prothèse. Je me faufile entre ces corps solides – ou éméchés –, entrapercevant enfin la porte – et sentant déjà quelques petits courants d’air, dues aux entrées et aux sorties. Un fin sourire s’étire sur mes lèvres et, inconsciemment, je retiens mon souffle – prête à relâcher le tout dans un soupir de soulagement une fois dehors, à l’air libre.

Doux rêve qui fut bien vite rattrapé par la réalité de la situation : un Saloon, ou cabaret, avec des hommes surexcités tantôt par la boisson, tantôt par la demoiselle, tantôt par les jeux et tantôt par la journée. Deux grosses voix – une dispute, il semblerait – attire mon attention et je retourne légèrement ma tête, à temps – ou mégarde, on ne peut pas dire – pour voir un coude venir à la rencontre de mon nez. Je dirige aussitôt et instinctivement ma main à ce nez, anticipant l'écoulement chaud et coulant ainsi que la douleur. Une anticipation inutile car subitement c’est un corps entier qui me heurte. Je tombe, avec la table d'à côté.

Légèrement sonnée, je vois malgré tout une silhouette connue approcher. « Merde, tout, sauf lui » fut ma toute première pensée. Dans ma hâte, je tente de me relever, posant mes mains à plat sur le sol pour me donner une petite pulsion. Mauvaise décision, encore : la main gauche se crispe subitement et m’arrache même un « aïe ». Pourquoi avais-je mal ? Je n’avais guère le temps de m’y pencher, car me voilà traînée de force à l’extérieur.

Je profite d’un court instant pour être de dos, loin de tous les regards indiscrets – dont celui de l’homme à la prothèse – pour jeter un coup d’œil à la main gauche. Je vois deux ou trois petits morceaux de verre et un liquide jaunâtre là où je n’étais pas inondée de sang. « Merde, merde, merde ! » fut une autre pensée. J’inspire, et expire, plonge la main blessée dans le sweater bleu foncé – que l’on peut confondre à du noir au vu de l’heure avancée de la soirée – et récupère le mouchoir de l’autre. Par cordialité, je pose ce bout de tissus sur le nez – mais persuadée que cela ne servait à rien, et que j’aurais besoin de bien plus pour arrêter le saignement, et surtout empêcher un quelconque gonflement. Si je pourrais expliquer l’état de ma main à mon entourage – un petit accident domestique inventé de toute pièce – la tâche sera clairement plus délicate s’il était question d’un pif bleu.

- Ce n’est rien. Il m’a juste légèrement cogné, par accident
, dis-je, sentant bien que j’avais subitement une légère voix nasillarde. Mon père n’en saura rien.

Cet homme n’était pas en faute, et je n’avais pas à être ici. En somme, un mensonge – ou secret – qui profitait à nous deux. Si jamais j’avais la stupidité de tout révéler, nous serions tous les deux perdants. Ario Bartolotti ne connaissait que le blanc et le noir, et non le gris. Or, je n’évoluais que dans ce monde – ou plutôt, entre deux-mondes.

- Est-ce que … Tu peux me prêter un peu d’argent, pour me payer un taxi ? Comme dix dollars. Je ne pense pas que traîner le nez comme ça va m’aider, au Bronx.

J’avais assez pour faire le trajet jusqu’au Homewrecker, mais nullement pour aller voir ce médecin chinois que je côtoyais et que j’allais réveiller ce soir pour qu’il me soigne proprement cette main. Pourquoi lui ? Les hôpitaux me considéraient mineure encore et appelaient aussitôt un membre de famille, ce qui n’était pas le cas de cet homme. Il me connaissait, je le connaissais.

- Je repaierai demain même. Je déposerai dans une boîte aux lettres, si vous en avez, dis-je, consciente petit à petit que ce type travaillait ici. Et Saloon me rappelait un autre nom : Sisters.


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MessageSujet : Re: Breathe out. | Ebbe   Breathe out. | Ebbe EmptyDim 25 Nov - 23:26
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Une fois dehors, Alto se décharge de toutes responsabilités la concernant. Si elle était une gamine du genre de Kasia, peut-être aurait-il fait l'effort de la raccompagner ou de l'embarquer dans l'arrière boutique pour la rafistoler au milieu des verres et des bouteilles d'alcool mais le fait qu'Ebbe soit une Bartolotti change la donne. Hors de question qu'il perde son temps avec une gamine qui pourrait mettre à mal l'équilibre fragile de deux familles influentes dans le Bronx : une par sa puissance, l'autre par son nombre et son état d'excitation générale. Le menton redressé, il la prend de haut lorsqu'elle lui demande du fric et observe son nez d'un froncement de sourcils. Ses yeux dévient sur l'entrée du Saloon où il fixe à travers la vitre la foule mais aussi l'un de ses frères qu'il sent prêt à exploser à tout moment. Impossible pour Alto de quitter les lieux parce qu'il sait que la bagarre de ce soir n'était rien en comparaison à ce que peut donner un Sisters.

J'vais aller taper dans la caisse, attends ici, j'reviens dans deux minutes. Mensonge qu'il balance à la va-vite : Alto n'a aucune envie de lui refiler le moindre dollar et entre dans le saloon en sachant pertinemment qu'il ne reviendra pas voir la gamine de la soirée. Elle pourrait mourir de froid sur le trottoir que cela ne lui ferait rien mais termine tout de même par attraper Rio au vol. Son petit frère, le plus jeune de tous mais aussi le plus calme. Celui en qui il peut avoir confiance malgré leur passé tourmenté dont chacun garde des séquelles aujourd'hui. Difficile pour un type comme Alto de regarder le responsable de la mort de sa mère droit dans les yeux mais le temps et la maturité l'ont aidé à renouer avec un môme qui n'y est finalement pour rien. Sa main serre brutalement la chemise de Rio au niveau de son épaule pour le forcer à le regarder. Son regard bleuté atteint le plus jeune et le sonde quelques secondes, le temps pour lui de voir s'il a beaucoup picolé ou non. Chez le gamin, facile de se rendre compte lorsqu'il est saoul. En l'occurrence, son taux d'alcoolémie semble suffisamment bas pour ne pas le rendre con. Si tu peux tenir debout alors tu peux conduire, du moins c'est ainsi que se passe la logique d'un cowboy même si Alto reste persuadé qu'un cheval manque cruellement à leur quotidien. Il se souvient de son père, rentrant saoul du saloon et s'effondrant du haut de sa jument comme un sac de patates. Là au moins, aucun risque de se faire sucrer son permis.

Pose pas de questions. Une gamine s'est chopée une torgnole ce s'rait rien que tu la ramènes chez elle. J'te paie double. Elle t'attend devant. Le fric, l'unique façon de le convaincre sans que Rio ne lui demande plus d'explications. Alto le relâche brutalement alors que son regard cherche son autre frère qu'il sent toujours aussi tendu. T'as d'la chance, elle est plutôt pas mal. Avant de lui donner une tape virile et un peu trop brute dans l'épaule. Peut-être un peu trop intelligente pour un gars pas futé comme Rio mais il évite de le préciser.


(how much longer i gonna hold my breath.) she’s my other half, my flash, my blood. i would sail along her body, marry her meanders. i would be swept away transported beyond the lakes, over the forest – and nothing and no one would stop us.
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MessageSujet : Re: Breathe out. | Ebbe   Breathe out. | Ebbe EmptyMar 18 Déc - 17:50
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Un sourire étire les lèvres de Rio lorsqu’il entend un coup de feu retentir derrière lui. C’est monnaie courante au Saloon, leur façon à eux de faire taire le tumulte de la troisième bagarre qui éclate le début de la soirée et qui doit empêcher un de ses frères agacé d’entendre ses commandes. Penché par-dessus une table qu’il nettoie avec distraction, le cowboy se redresse lorsque les doigts qu’il devine à la poigne être ceux d’Alto agrippent l’étoffe de sa chemise. Lorsque le meneur des Sisters vous met la met dessus, la meilleure chose à faire est de retenir son souffle en espérant qu’il n’ait rien à vous reprocher et Rio n’a rien fait à sa connaissance qui puisse le pousser à s’attirer les foudres du plus âgé. Silencieux, le plus jeune laisse son aîné le jauger sans poser des questions. Il écoute attentivement sa requête jusqu’à ce qu’un bref regard à travers la vitrine sale du Saloon lui suffise à identifier la gamine en question. Les yeux rivés sur la jeune Bartolotti, Rio secoue négativement la tête pour refuser l’augmentation de salaire proposée par Alto. Il n’a jamais eu besoin de se faire payer pour rendre service à un de ses frères, ce n’est pas aujourd’hui que ça allait commencer. C’est bon, je la connais. Il ne précise pas dans quelle mesure, exagère volontairement en espérant que l’information remontera jusqu’aux oreilles de ses autres frangins et qu’il gagnera peut-être quelques jours de répit pendant lesquels il ne charrieront pas le rejeton de la nichée Sisters au sujet de son succès à l’état mort auprès de la gente féminine.

Sans plus attendre, Rio se démet de ses fonctions de serveur pour la soirée et disparait dans la réserve pour enfiler une veste molletonnée et se préparer à affronter la morsure du froid automnal. Il attrape au passage une bière au frigo et se dirige vers le trottoir où patiente Ebbe dont la beauté n’est en rien altérée par le coup qu’elle vient de se ramasser. Ton père a oublié de te prévenir à ce sujet ? En référence à leur dernière entrevue où elle avait fait allusion à une discussion qu’elle avait eue avec son paternel concernant la fratrie Sisters et leurs mœurs plutôt rustiques. Dans un sourire attachant, il lui tend la bouteille glacée qu’il a emporté avec lui en pensant que ça pourrait peut-être l’aider à anesthésier un peu la douleur mais aussi à atténuer le gonflement. Tiens. Pour ton nez. Il précise, avant qu’elle ne s’imagine qu’il est l’un de ces détraqués sexuels qui saoule ses victimes pour les plier à ses désirs.  Fais-moi confiance, j’sais de quoi je parle. Qu’il ajoute en désignant la patate qui lui servait de nez depuis que ses frères avaient décidé de s’improviser médecins clandestins en lui remettant correctement en place sans passer par la case hôpital.  Tu vas expliquer ça comment ? Il se doute bien que vendre sa présence au saloon alors qu’elle n’était sûrement pas supposée y être n’est pas une option envisageable. Pas plus que rejeter la faute sur un pauvre innocent en sachant qu’il risquait de passer un sale moment, son père n’ayant pas d’autres réponses aux agressions extérieures que la menace et la violence. Il attend donc sa réponse, curieux de voir quel éclair de génie allait la sortir de ce mauvais pas.



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MessageSujet : Re: Breathe out. | Ebbe   Breathe out. | Ebbe EmptyMer 26 Déc - 21:22
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Breathe OutNovembre - Casa Del capel, 23h02  - @Rio Sisters
La figure qui apparaît soudainement me laisse littéralement sans voix. Je m’étais attendue à revoir l’homme à la prothèse, avec dix dollars en main, tendu avec une mine renfrognée et d’ours mal léché. A sa place, c’est une figure amicale, chaleureuse et familière qui apparaît , avec une bière froide dans sa main :  Rio Sisters. Un faible sourire s’étire sur mes lèvres à sa première tirade et un plus large lui est offerte quand il est question de nez.

- Merci, répondis-je en saisissant la bouteille de ma main valide et en la posant sur mon nez douloureux. Il s’est passé quoi à ton nez, exactement ?

Du coin de l’œil, je regarde encore l’entrée de l’établissement, cherchant à savoir si l’autre homme allait se présenter avec les fameux dix dollars. Au bout de quelques minutes, j’en conclus que non. Soit il m’avait abandonné à mon sort, soit il m’avait tout simplement confié à un autre. Etre baladée d’une main à l’autre, d’une maison à l’autre, ce n’était nullement nouveau pour moi.

Cependant la présence de Rio me confirmait la chose suivante : j’étais en face du fameux Saloon des Sisters, et je n’étais pas particulièrement à mon aise. Si mon père connaissait cette fratrie, alors cela signifiait que lui ou ses « amis » pouvaient y traîner. En somme, je ne devais pas m’éterniser plus longtemps. Je fis quelques pas, et remarqua que Rio suivait. J’avais donc été confié à un autre. Au moins, cet « autre » était sympathique.

Je suis subitement gênée. Je craignais de le mettre dans une situation délicate. Je pourrais le laisser là, ou le traîner contre son gré. Ou je pourrais jouer carte sur table. J’optais pour ce dernier choix. Il y avait le droit.

- Je pourrais expliquer un nez bleu. Je pourrais expliquer une main bandée. Mais les deux ensemble, c’est difficile…

J’extirpe finalement la main sanguinolente où était plantée les trois petits morceaux de verres, lançant un regard coupable à Rio. Allait-il invoquer les mille saints ou paniquer ?

- Je suis ouverte à toute proposition. Mais je ne vais pas rentrer chez moi immédiatement. Je vais voir un médecin que je connais, et qui me nettoiera tout ça sans avoir à prévenir mes parents. Il est à trente minutes à pied, à dix minutes en voiture.

Implicitement, je lui donnais le choix. J’espérais sincèrement qu’il allait opter pour la voiture, étant prête ce soir à suivre un demi-inconnu. Un espoir que je n’allais pas imposer : Chacun avait ses propres difficultés ou besoins ou moyens.

- Tu vas m’accompagner ?

J’étais une fille du Bronx, obligée à être plus intelligente que l’autre. J’étais une Italienne qui aimait son indépendance. J’étais une Bartolotti, que l’on protégeait, ou qu’on accompagnait. Mais je n’étais jamais celle qui quémande ces choses-là. Je les obtiens, petit à petit, à force de patience et d’effort. Il pouvait m’accompagner, comme ne pas le faire. Sa décision ne changera en rien la mienne, et je n’aurais pas moins – ou plus – peur d’affronter ces rues que je connaissais que trop bien.

S’il fallait une image, je dirais que Rio était la cerise sur le gâteau.





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MessageSujet : Re: Breathe out. | Ebbe   Breathe out. | Ebbe EmptyLun 7 Jan - 21:21
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Subitement, Rio se rappelle du refus qu'il avait essuyé la dernière fois qu'il lui avait proposé de monter en voiture avec lui. Il était en train de réfléchir à un moyen efficace de la raccompagner sans avoir à lui forcer la main et passer pour un lourdaud de première catégorie lorsque la question d'Ebbe lui décroche un sourire amusé. Les soirées à la Casa tournent si souvent au vinaigre qu’il ne se rappelle même plus avec exactitude qui était à l’origine de cette défiguration qui lui avait valu quelques brimades de la part de ses aînés tout au long de sa vie. Je me suis pas baissé au bon moment. C’est que Rio a toujours eu une garde déplorable et récoltait généralement plus de coup qu’il n’en distribuait mais ça l’a jamais empêché de toujours retourner au coeur des querelles tête baissée. Il se gratte le crâne avec concentration lorsqu’Ebbe lui fait un bref état des choses. Ca dépend, tu leur as dit que t’étais où ? Il en a monté un paquet d’autres avant, des excuses pour échapper aux foudres de sa tante lorsqu’il revenait tout cabossé des soirées fiasco dans lesquelles l’entraînaient ses frères. Il est prêt à l’aider, montrer sa bonne volonté même s’il se doute que l’Italienne brille déjà dans l'art de la tromperie au point de duper le père Bartolotti, sans quoi elle ne serait probablement pas en train de vagabonder au Saloon à une heure aussi critique.

Mentalement, Rio épluche les directives d’Alto et ne se rappelle à aucun moment l’avoir entendu spécifier que le trajet jusqu’à chez elle devait être direct. Lui, il s’en fiche pas mal de faire un arrêt intermédiaire si ça peut bien lui faire plaisir, il a toute la nuit devant lui. Quelques mètres plus loin, il s’arrête à côté de la voiture qu’il a emprunté à son oncle, une oldsmobile si vieille que c’est à se demander comment toutes les pièces tiennent encore toutes ensemble alors qu’on la croirait prête à tomber en ruines à la moindre petite secousse. S’il ouvre la portière côté passager, ce n’est pas parce qu’il est frappé par un élan de galanterie foudroyant mais bien pour dégager la banquette du bordel qui y traîne pour lui faire une petite place à l’intérieur. Il l’invite à s’y installer  d’un geste de la main alors qu’il contourne le véhicule pour monter à son tour côté conducteur. Le chauffage est cassé seulement mais y a des plaids à l’arrière si t’as froid. Ainsi que des oreillers, le tacot faisant office de dortoir ambulant pour ses frères qui y passaient fréquemment quelques heures pour décuver avant de reprendre la route en moto. Sans même penser au caractère déplacé que pourrait avoir son geste, Rio prend appui sur sa cuisse pour se pencher par-dessus elle et se mettre à farfouiller dans la boîte à gants jusqu’à en sortir une trousse de secours très sommaire. Il se redresse alors pour lui tendre sa main, paume face au ciel. Montre voir ta main, on peut peut-être lui mâcher un peu le travail à ton marabout. Le cowboy n’a absolument aucune idée de l’identité du médecin en question mais il se met à sa place et se dit qu’il ne serait pas forcément des plus enthousiaste à l’idée de recevoir une visite surprise en pleine nuit pour rafistoler une main, aussi Bartolotti soit-elle.



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MessageSujet : Re: Breathe out. | Ebbe   Breathe out. | Ebbe EmptySam 26 Jan - 17:12
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Lorsque je vis le carrosse vers lequel Rio se dirigeait, je regrettais subitement ma proposition implicite de faire le trajet en voiture. Si certains verraient dans cette vieille carcasse une belle voiture – brillante et vrombissante – avec un peu de lustres et de bricolages, pour ma part je ne voyais qu’un engin qui avait du passer très difficilement le contrôle technique obligatoire. Par ailleurs, est-ce que ce « truc » avait le droit de rouler sur les routes américaines ?

Mon regret fut total lorsque je vis l’intérieur – à se demander si la voiture ne servait pas de bennes à ordure de temps à autre. J’avais subitement un peu de pitié pour ce bien inanimé. Il méritait un meilleur traitement, ou alors un meilleur propriétaire. Je repensais aux hommes de ma famille. Même les plus « bordéliques » savaient garder un semblant d’ordre dans leur voiture.

Je profitais que Rio fasse le tour de la bagnole pour réfléchir sincèrement à une quelconque excuse pour continuer la route à pied. Malheureusement, aucune brillante idée ne me vient à l’esprit et c’est à contre cœur que je mets pied « dedans ». Plongée dans mon étude approfondi de cet environnement inattendu – cherchant à identifier chaque élément de ce bazar -, je remarque à peine le mouvement de Rio.

Le contact inattendu eut l’effet d’un électrochoc. Le corps crispé et paralysé, je fixais bizarrement Le Brun. Sauf que lui, il ne me regarde pas, trop occupé à trifouiller dans la boites à gant. Finalement le contact se rompt, il reprend sa place. Je peux à nouveau respirer et surtout penser. Il venait de me rappeler, inconsciemment, qu’il était un homme bien bâtit et fort et que je n’étais qu’une gamine faible. Et nous étions coincés dans une bagnole. Un scénario qui ne me plaisait pas, et qui me mettait sincèrement mal à l’aise.

- Montre voir ta main, on peut peut-être lui mâcher un peu le travail à ton marabout.

Je le fixe, une seconde fois. Puis je balade mon regard à l’intérieur, cherchant un accoudoir qui pourrait servir de substitue à cette main. Malheureusement, je n’en voyais aucun. Ces modèles ne devaient pas en être dotés, venant d’une époque où l’homme découvrait à peine la notion de confort. Ce second contact semblait inévitable. Était-il possible de refuser, sans paraître bizarre ou sans instaurer un stupide malaise qui ne doit exister que dans ma tête ?

Mon regard se pose à nouveau sur son visage. Je cherchais un quelconque élément pour me mettre un peu en confiance. Je remarque qu’il a un visage aux traits doux. Je me rappelle aussi du timbre de sa voix : rassurante. Il n’avait pas cet aura intimidante des hommes de mon entourage – ou du type à la prothèse. Il n’avait pas cette voix faussement suave que les mecs du lycée adoptaient pour charmer, pour tromper et pour piéger. En bref, il était différent. Il avait ce « truc » qui poussait à se mettre en confiance. Sauf que ce « truc » marchait pour les autres. Pas pour moi. J’étais incapable de faire confiance à quiconque. Seule Giulia pouvait se tarder à ce jour d’avoir ma confiance la plus totale.

Je me rends compte que cette longue hésitation avait assez duré, du moins suffisamment pour qu’elle ne passe pas inaperçue. Il était peut-être temps que je dise quelque chose. Ou que je fasse quelque chose. La seconde option s’impose, une option qui m’épargnait d’avoir à dire la vérité, ou d’avoir à mentir.

Je tends finalement ma main et la dépose sur sa paume.

- A cette heure-ci, soit je suis chez moi, soit à la bibliothèque, soit chez ma tante, répondis-je, fuyant son regard. Il devait sûrement me trouver bizarre. Ce n’était pas plus mal, peut-être sera-t-il pressé de se débarrasser de moi...


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