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 Set fire to the rain. [ Joan

MessageSujet : Set fire to the rain. [ Joan   Sam 27 Oct - 1:19
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Alto Sisters
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Le Saloon. Ce zoo bordélique où les rires gras des types se mélangent aux musiques country qui s'enchaînent les unes après les autres. Quelques couples sur la piste de danse, l'atmosphère tamisée, Alto garde comme à son habitude un œil sur Judy pour vérifier que personne ne l'emmerde durant les services. Lui reste planqué derrière son bar pour avoir une vue complète sur la salle. Chapeau sur la tête, ce qui l'arrache à sa contemplation est la voix d'un type plus haute que les autres. L'agacement qui se dégage de son timbre est évident et Alto fronce les sourcils. Ce qu'il y voit ne l'étonne pas plus que ça. Joan. Bière à la main, le cowboy assiste à la scène en espérant que celle-ci se calme. Impossible de comprendre à travers le brouahah ce que cette hystérique raconte mais le regard du type sonne l'alerte. Le corps d'Alto entre dans une phase de protection qui le pousse à quitter sa cachette pour traverser les tables. Les regards se posent instinctivement sur lui parce que tout le monde ici sait que lorsque le boss montre le bout de son nez, c'est que les choses ne tournent pas rond. Ou du moins pas à son goût. Dans sa veste en jean, la barbe mal entretenue de trop de jours, son visage est plus dur que la moyenne lorsqu'il arrive au niveau de Joan qui se fiche totalement de savoir qu'elle pourrait avoir Sisters à dos.

Sa large main se pose sur l'épaule de la brune qui pèse un poids plume. Il n'a pas grande difficulté à la ramener contre lui pour l'empêcher de continuer son cinéma. C'est bon j'm'en occupe. Le gars insiste, lui lance encore un regard, traite de salope Joan tandis que les pupilles d'Alto se vident petit à petit de leur patience. Ses doigts resserrent leur prise sur son corps frêle pour éviter d'attraper son colt et partir en vrille trop vite. J'te conseille vraiment de t'en aller si t'as pas envie de passer les mois qui suivent à bouffer de la soupe. Qu'importe que l'inconnu soit plus grand qu'Alto. Il a déjà fait face à bien pire que lui et ne se démontera pas. Agacé de devoir intervenir pour Joan comme si c'était encore une môme, le cowboy termine par l'attraper par le col pour la ramener avec lui jusqu'au bar où personne ne les emmerdera. Son regard, dur et autoritaire la défie d'oser quoi que ce soit à son encontre. Et même s'il la sait plus hargneuse que la normale, ce soir il n'est pas décidé à lui laisser passer le moindre écart. C'est quoi ton nouveau délire ? De t'faire cogner ? Lui qui ne supporte pas ça, qu'on lève la main sur une femme ressent un courant électrique le prendre aux tripes. Si ce connard ne l'avait ne serait-ce qu'effleurer, Alto n'aurait pas hésité à lui foutre son flingue contre la tempe. Joan peut-être la pire des fouines, elle n'en reste pas moins une créature qui lui tient à cœur même si cela l'arrangerait de moins la voir dans le coin. Il est doué pour faire mine de ne rien mais la savoir proche de lui si souvent le rend parfois amer, peu enclin à la supporter. Tu f'rais mieux d'aller chez les Italiens si c'est le cas. On est pas des tordus dans l'coin. S'en suit un silence froid avant d'en retourner à ses commandes pour ne pas ressentir les effets nocifs de la présence de Joan dans les parages.


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MessageSujet : Re: Set fire to the rain. [ Joan   Sam 27 Oct - 1:46
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Joan Carter
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Set fire to the rain
Cette main sur son épaule, elle l’attendait presque. Elle sait qu’il ne rôde jamais loin, qu’elle gueule trop fort et de manière trop virulente pour que la moitié de la salle n’ait pas commencé à tourner leurs regards curieux vers l’étrange duo. Elle sait aussi pertinemment que l’idiot en face d’elle fait trois fois son poids et deux fois sa taille, mais ça, ça lui passe par-dessus la tête : le jour où elle s’arrêtera aux apparences n’est pas encore arrivé.
Alors quand elle entend sa voix grave derrière elle, elle s’échauffe un peu plus, se sentant soutenue, davantage en sécurité même si ce mot reste encore à définir la concernant.
- Ouais viens, on s’le marave à deux !!
L’autre en face d’elle roule des yeux avant de reporter son attention sur Alto – parce que cette voix-là n’appartient qu’à lui. Mais elle refuse de le regarder, de se retourner, de lui donner raison comme à chaque fois : elle n’en a rien à faire de jouer aux princesses en détresse, il y a des circonstances qui justifient l’oubli des paillettes et l’appel du sang. Et elle n’a jamais été du genre à se dégonfler : ce n’est pas dans la nature des créatures du Bronx d’ailleurs, c’est sans doute ce qui pousse Sisters à la coincer contre lui pour mieux la retenir et l’empêcher de sauter au cou du type. Il le menace mais sa voix s’adresse autant à elle qu’à son ennemi du moment : elle devrait réfléchir, se calmer mais ça l’excite encore plus, puce prête à piquer jusqu’à l’os pour calmer sa rage.
Alors elle se retrouve avec son poing à lui agrippant ses vêtements à elle, sa force l’embarquant loin de l’arène de combat et sa voix qui s’élève comme à chaque fois, prête à sermonner.
Elle prend une grande inspiration, relève enfin un regard agressif vers lui et ouvre la bouche… avant de la refermer. Il est des regards qui trahissent bien plus de violence que n’importe quelle insulte : le sien creusait déjà la tombe d’Alto. Dans un silence qui ne lui ressemblait pas.
Furieuse elle attrape un tabouret et y pose ses fesses, affichant une moue exaspérée : elle n’aime pas être traitée comme une gamine mais force est de constater qu’elle agit toujours comme tel. Pas volontairement d’ailleurs : elle n’a jamais appris à grandir correctement, c’est tout. Elle ne sait pas qu’il y a d’autres façons de faire comprendre ses désaccords : gueuler, rouspéter et pétarader lui correspondait davantage. D’autant que c’était un langage compris de tous à travers le Bronx.
Le regard toujours brûlant, elle pose ses coudes sur le comptoir, le laisse débiter ses sermons et s’avachit avec l’élégance d’un pachyderme. Il a la force, son saloon, l’autorité et les biceps d’un camionneur, Alto, alors il ne peut pas comprendre. Il ne comprendra jamais ce que c’était que d’être une brindille quand on croyait pouvoir devenir un chêne…  Et de rester coincé dans ce corps-là.
- Naaaan, t’as raison.
Sa voix nasillarde s’élève, rompt le silence froid qu’il tente vainement d’instaurer entre eux. Il la connait pourtant, il sait qu’elle est incapable de la fermer plus de cinq minutes.
- La prochaine fois, j’me laisse marcher d’ssus et j’joue à la carpette devant les armoires à glaces : avec un peu de chance, ils auront pitié et viendront plus m’chercher !
Sur ce coup-là, c’était elle qui l’avait totalement cherché et elle avait pris un malin plaisir à le provoquer, mais elle se garderait bien de le lui avouer : Alto avait toujours été pointilleux sur les détails.
- Du coup, j’accepte un verre en guise de dédommagement : tu viens d’me faire perdre un client là quand même. Donc dégaine ton meilleur whisky, Sisters.





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MessageSujet : Re: Set fire to the rain. [ Joan   Dim 28 Oct - 23:30
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Joan dégage cette énergie qui le met hors de lui parce qu'il est tout le contraire. Alto est plus farouche, moins enclin à montrer qu'il existe alors qu'elle passe son temps à gueuler pour montrer qu'elle est là. Certainement que sa voix compense sa petite taille et sa carrure minuscule. S'il est si énervé et froid envers elle, c'est qu'il supporte mal de savoir qu'elle puisse se mettre en danger pour si peu. Impossible pour lui d'être sans cesse derrière elle non seulement parce qu'il a d'autres chats à fouetter mais aussi car elle l'enverrait probablement se faire foutre. Son regard se plante en sa direction lorsqu'elle prend place sur un tabouret en le défiant de continuer à la prendre de haut. Bah ouais, p't'être bien que tu d'vrais apprendre à fermer ta gueule. Qu'il grogne dans sa barbe de plusieurs jours tout en lui avouant que oui, il préférerait largement la voir se soumettre et se taire plutôt que continuer dans ses conneries. Pourtant, malgré sa colère et ce qui le ronge, Alto accepte de lui servir un verre. Joan passe tellement de temps dans le coin qu'elle fait aujourd'hui parti des meubles. Un sourcil redressé, le blond laisse Judy aux commandes pour se consacrer à la brune. La bête prend appui contre le plan de travail tout en la fixant. Là, il enlève son chapeau pour ne plus se cacher dessous et le pose à côté de lui.

Ecoute, j'sais pas ce que tu branles et j'en ai rien à foutre mais à partir de maintenant, tu règles tes histoires hors d'ces murs sinon t'en verras plus jamais la couleur. Sa voix est grave mais pas agressive. Il est rare d'entendre Alto gueuler et hausser le ton. Il est plutôt du genre à toujours rester dans ce calme quasi olympien. Surtout lorsqu'il s'agit de Joan, cette vipère pour qui il avait su tomber quelques barrières pour mieux les reconstruire. Plus solides cette fois, presque infranchissables pour l'empêcher de le rendre plus con que la moyenne. Le cowboy a bien vu comme ses frères pouvaient devenir des abrutis pour une paire de seins. Une veine que celle qui lui fait face soit plus proche du mec que de la sirène. Ses pupilles brunes contre celles d'Alto, plus claires, il reprend la parole. J'vais m'en griller un, tu suis ? Un coup de menton en direction de l'étage où des histoires plus crades s'y passent. C'est là-haut que le cowboy se rend pour fumer lorsque les températures sont trop froides dehors. Sa large carrure n'attend pas sa réponse et prend les escaliers en bois. En haut, des chambres vides les attendent, il entre dans une au hasard alors qu'en bas les danseuses déchaînent les types en soulevant leurs jupes. Alto s'installe sur une chaise, tourne le regard vers Joan en occultant avec minutie les cachotteries qui les reliaient par le passé. Le blond se concentre sur son cigare, crapote un peu pour l'allumer tandis qu'une épaisse fumée s'en dégage. L'odeur embaume vite toute la chambre pour effacer les saveurs de sexe qu'elle dégage.
Les poumons plein de fumée crasseuse, Alto réalise que cela fait une éternité qu'ils ne se sont plus retrouvés en tête à tête, comme si l'un et l'autre évitaient ce moment.


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MessageSujet : Re: Set fire to the rain. [ Joan   Dim 4 Nov - 20:36
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Joan Carter
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Set fire to the rain
Fermer sa gueule, c’est pas dans ses cordes. C’est pas dans sa nature, celle qui exige qu’elle explose à chaque contrariété, qu’elle fasse savoir au monde entier ce qui ne va pas dans sa vie en miettes : elle balance les superficialités dans l’espoir un peu débile qu’un jour, quelqu’un ira voir plus profond, qu’on plongera jusqu’à ce désespoir sans fin qui habille son âme. Mais jusqu’à présent, la superficialité leur avait suffi, ils en entendaient assez de toute évidence alors elle continuait, juste pour les emmerder, pour les faire réagir. Pour se foutre un peu de leur gueule aussi, à sa façon.
Alors il ronchonne et elle, elle continue sur son envolée – tout sauf lyrique – de client perdu, de whisky gagné, de temps gâché. Elle est bien partie, elle pourrait ronchonner toute la nuit – toute la vie – mais Alto a l’art et la manière de lui clouer le bec. Pas avec ses discours parce qu’elle les prend par-dessus la jambe et n’en tient pas compte, mais par sa manière de bouger, de lui proposer de la suivre, de monter comme si c’était naturel d’aller s’enfermer là-haut pour fumer. De s’isoler, eux deux.
Y a son cœur qui bat, l’adrénaline qui monte et l’envie de s’enfuir aussi, de se rendre là où il ne sera pas, juste pour le plaisir égoïste de le maudire d’être absent. Mais l’appel des sirènes est le plus fort, elle cède : instinctivement elle se lève et le suit, sans dire un mot. Juste un soupir, un ricanement sans forme ni fond et ses pas qui font grincer le plancher des marches.
Elle n’est à l’aise quand il s’engouffre dans cette chambre avec elle, comme si de rien n’était. Comme si tout était normal. Elle aurait préféré être dehors mais lui, il a ses habitudes. La porte se referme et l’odeur inhabituelle la prend à la gorge : celle de la luxure, du plaisir, de tout ce qu’elle ne connaît plus depuis longtemps. C’est comme un manège détraqué, ça lui colle la nausée de retrouver ce parfum-là en compagnie d’Alto, mais elle le cache comme elle peut. Par fierté. Par bêtise. Et parce qu’elle n’a aucune envie de laisser le passé revenir bouffer son présent, déjà si amoché.
Alors elle garde la tête haute, l’œil vif et elle s’avance dans la pièce où la fumée de son cigare finit bientôt par éclipser les souvenirs dangereux et la laisse enfin respirer en paix. Elle n’avait pas choisi de place mais elle sait comment s’imposer sans qu’on le remarque, trouver son endroit comme une évidence : en quelques pas, elle est à côté de la chaise d’Alto, elle lui vole son cigare à même ses lèvres et le porte à sa bouche à elle. Le goût âcre du tabac lui fait oublier ses démons et elle se redresse, expirant un long souffle embué de fumée, détendant ce petit corps rendu nerveux par la confrontation et sa présence à lui, trop proche. Trop mâle quand elle ne sait encore que griffer et mordre en retour.
Debout devant lui, elle fume. Sans espoir de lui rendre ce cigare : au premier geste qu’il tente pour le reprendre, elle esquive gracieusement – furtive et subtile, elle échappe à sa grande patte pour aller s’asseoir sur l’angle du lit. Laissant les dernières effluves luxurieuses qui s’échappent des draps lui rappeler la dangerosité de cet homme-là, dans une pièce aussi petite, avec une détraquée comme elle.
- D’habitude, on fume dehors. C’est mieux.
Ses yeux l’observent, l’auscultent avec la précision chirurgienne d’une scientifique face à une nouvelle espèce d’insecte rare – ou dangereux.
- Ca évite les tentations. Ce genre de choses…
Haussement d’épaules, petit ricanement désabusé qui lui échappe. Elle tire une nouvelle latte avant d’enchaîner, trop vite, sans souffle, sans joie :
- Enfin avec moi, c’est sûr, les tentations tu peux être tranquille. J’suis pas tentée et j’suis pas tentable.
Mais y a l’orgueil qui revient, ou la tentative pitoyable d’oublier ces relents pathétiques alors elle reprend, sans lui laisser le temps de parler :
- Enfin j’dis ça, mais j’aurai fait un carton aux Maripodas….posas… poras…. Bref, j’aurai fait une très bonne pute !





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MessageSujet : Re: Set fire to the rain. [ Joan   Lun 5 Nov - 0:03
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Joan lui rappelle de mauvais souvenirs, lorsqu'il était encore faible et esclave de ses instincts. Lorsqu'ils étaient jeunes -surtout elle-, Alto s'était laissé avoir par ses yeux sombres et ses cheveux bruns. Elle avait quelque chose, elle l'a certainement toujours d'ailleurs mais il fait en sorte de rien voir, d'être aveugle, complètement con, un peu paumé sur sa chaise derrière l'épaisse fumée de son cigare. Y a quelque chose d'agréable qui subsiste malgré tout. Tu sais l'idée que ce lien, cette chose étrange qui les relie sera là tant que le passé existera toujours. Les séquelles, même minimes, ont leur place. Il sent les siennes, la plus profonde, une plaie de silence. Le même qu'il avait utilité pour lui dire que c'était terminé entre eux, qu'il ne voulait plus rien, même plus prononcer son prénom. Et aujourd'hui il trouve ironique de la ramener ici, dans une chambre où ils ne baiseront certainement jamais.
Jamais.
Tu peux pas trouver mieux pour les définir. Leurs sentiments ont touché à leur fin lorsque la raison s'est immiscée là-dedans pour foutre le bordel.

La chance qu'a Alto, c'est d'être suffisamment solide pour ne pas se laisser aller au désespoir. Bien sûr que ça pique mais le cow-boy fait pas la grimace. Il hausse les épaules, semble rire à sa remarque. Il trouve ça pitoyable de la mépriser et de se sentir aussi attaché à ce que Joan représente. Alors rends-moi ce cigare si t'es pas tentable. Sa grosse main l'approche mais elle refuse de lui passer, tire dessus, le nargue. Lui reste là, sur son rocking chair, l'air fatigué mais toujours sévère. Pour rien au monde il lâcherait sa garde.

Toi ? Une bonne pute ? Le sourire qu'il lui offre est complice, un peu comme avant lorsqu'il s'autorisait à se marrer avec elle. Si tu simules aussi bien que tu brasses d'l'air à longueur de journée, ça s'peut ouais ... Ses yeux dégringolent sur elle, il les laisse glisser sur son corps, sans arrière pensée, par simple nostalgie. Il se souvient encore du temps où ses doigts traînaient sur sa peau comme un navire perdu. Quand les paroles qu'Alto vient de prononcer lui reviennent en tête, le blond a la sensation d'avoir été encore une fois trop dur avec elle, comme s'il était plus capable de que de ça ces derniers temps. Avec Joan ou même le reste du monde. C'est ancré en lui, en train de le fossiliser dans son corps fatigué d'être sans cesse sur la défensive pour huit. En grandissant, c'est à lui qu'on a refilé le rôle de père sans qu'il s'en rende réellement compte. Sauf maintenant, là, en regardant Joan et en se disant qu'il ne dirait pas non à la retrouver, lâcher prise et revenir dés le lendemain, reprendre son rang de gardien des Sisters.

Comment ça s'fait qu'tu te sois jamais trouvé de mecs ? T'es lesbienne ? Les cheveux courts, l'allure garçonne, p't'être qu'il l'avait libéré en la plaquant quelques temps plus tôt. Il se doute bien que ses pensées ont quelques années de retard, qu'il ferait mieux d'ouvrir un peu son esprit mais impossible de se changer quand t'as connu que cette éducation là. Bizarrement, cela le rassure de ne l'avoir jamais vu aux bras d'un autre, de jamais n'avoir eu à accepter cela : sa nouvelle histoire. Le genre de trucs égoïste quand on sait que lui a fait un môme à une autre à l'abris des regards.


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MessageSujet : Re: Set fire to the rain. [ Joan   Mer 28 Nov - 21:21
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Joan Carter
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Set fire to the rain
Elle a l’habitude des coups, la brindille. Elle sait se tordre, esquiver, parer pour ne plus les sentir ni les entendre : la morsure d’Alto n’a plus vraiment d’effet sur elle. Lui moins que tout autre en réalité : elle l’a bien trop provoqué au fil des jours pour savoir que c’est mérité et qu’elle ne doit plus s’en formaliser. Les premières attaques l’avaient laissé en sang mais avec le temps, elle avait compris qu’il pardonnait toujours, qu’il ne le pensait pas vraiment. Que derrière le butor se cachait encore un homme, et que comme tous les hommes, il était juste formidablement con.
Rien de plus, pas de tare en vue. Il était juste lui. Et elle le méritait sans doute un peu. Alors cela glissait comme l’eau sur ses épaules fragiles et noueuses.
Et puis, il n’avait pas tort : elle brassait effectivement beaucoup d’air. Elle n’avait rien de concret, ne possédait rien et se contentait de parler pour gagner sa pitance. Parler, jouer à l’intermédiaire, fouiner pour les autres et répondre à certains. Elle était le moulin à parole numéro un du Bronx et elle ne s’en cachait pas : c’était ce qu’elle faisait de mieux. A sa manière, elle prenait la remarque d’Alto comme un compliment de plus : son esprit dérangé inversait l’ordre, transformait l’attaque en caresse. L’habitude, là aussi. Le besoin d’en faire abstraction. De le garder encore un peu intact dans son cœur vide, référence au gamin d’autrefois et illusions d’enfance.
Elle tire une latte sur le cigare, aspire cette fumée toxique avec l’ivresse qui caractérise les addicts alors même qu’elle n’a jamais vraiment aimé ça. Elle copiait les grands quand elle était petite, elle se rajeunit en simulant alors qu’elle vieillit. Elle aime juste le geste, cette grâce innée dans la main qui flirte avec les lèvres et cette sensation étriquée de raccourcir le monde autour de ce cigare. Le plaisir de l’en exclure également, le temps d’une bouffée de nicotine vénéneuse.
Et puis, c’est le cigare autour duquel il a posé ses lèvres d’homme. C’est une communion par interfaces interposés, une grivoiserie d’adolescente.
Ses yeux se lèvent, elle garde le cigare entre ses doigts et rejette la fumée en l’air avec l’espoir fou d’arriver à faire des ronds, pour une fois dans sa vie. Ce serait tellement amusant…
Mais il ramène la conversation au centre, alors que pour une fois, elle ne trouvait aucune grâce à papoter : avec lui, tout revêtait une ambiguité parfois subtile, parfois désespérée, et elle n’aimait pas jouer au chat et à la souris avec des émotions ignorées. Elles étaient bien là où elles étaient, ces sales chiennes, et mieux valait ne pas les déterrer.

- A trop brasser de l’air, j’dois les enrhumer.

Elle ricane, elle explose de cette joie un peu lugubre qui semble désespérée. Ou résignée. Subitement son corps tombe sur les draps, elle s’affale sur la couchette pour mieux s’abîmer dans la contemplation du plafond, et oublier l’homme assis à quelques mètres d’elle.

- J’suis la cinglée du coin, tu le sais Alto. On me met dans son lit mais on me garde pas, j’suis une denrée périmée. J’dois filer la gerbe… Et non, pas de gonzesses à mon répertoire.
Ce même sourire, collé aux lèvres, si beau et si clair alors qu’elle énonce calmement les mots. Tout cela ne l’affecte pas vraiment, voilà un moment qu’elle s’est faite une raison : le monde était pourri, elle était folle et l’un dans l’autre, mieux valait qu’ils ne se côtoient pas trop pour ne pas déteindre l’un sur l’autre.

- Mais tu peux parler, toi l’éternel solitaire ! J’vais pas pousser l’plaisir jusqu’à te demander si t’es gay…
Elle tourne sa gueule d’ange, lui sourit, accroche son regard avec une espièglerie de gamine qui fait semblant de ne pas mesurer l’affront qu’elle lui lance au visage. Mais la taquinerie danse dans ses yeux.

- Mais y en a qui commencent à se demander si t’es pas rentré dans les ordres. Tu sais qu’il y a même des nanas qui m’ont demandé si tu recherchais de la compagnie ?





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MessageSujet : Re: Set fire to the rain. [ Joan   Jeu 29 Nov - 15:48
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Il pourrait lui balancer les pires horreurs à la tronche que Joan aurait les épaules de le supporter. Sa petite stature n'est qu'un leurre. Elle est plus solide que la plupart des types ici présents. C'est peut-être pour ça qu'il la regarde avec cet air étrange du connard distant mais tout de même admiratif. Il sait qu'elle est pas de ces nanas dépendantes et qu'elle se sortirait de tous les filets, même des siens. Surtout des siens. Il est évident que Joan ne souffre plus de ce qu'ils ont vécu et même lui ne sait plus comment se positionner vis-à-vis de tout cela. Souvent, il agit comme si ça n'avait pas existé mais son corps est en réalité un mémorial. Sa peau se souvient d'elle, de ses lèvres, de son odeur, de son contact. Lorsqu'il dort, son organisme continue de s'imprégner de cette expérience comme de toutes les autres. Alto fixe ses mouvements, son corps s'échouer sur les draps qui en ont vu tellement d'autres avant d'elle. Cette pièce porte tellement de souvenirs et de d'odeurs qu'elle n'a finalement plus la moindre personnalité en dehors de celles des filles qui la décorent et l'alimentent de fantasmes.

Il la trouve dure dans ses paroles, intransigeante avec elle malgré ce sourire qu'elle affiche. Alto se redresse un peu, reste tout de même à sa place alors que son regard caresse sa silhouette au milieu des draps, se rappelle à quoi elle ressemblait nue, se demande à quoi elle se résume maintenant, sans fringue. Joan doit avoir des cicatrices en plus, des détails dont il ne se souvient plus et d'autres qui se sont certainement rajoutés à trop vouloir jouer des poings et des grandes gueules avec les mauvaises personnes. Il se demande encore comment elle n'est toujours pas morte, elle, la fouine, partout et nulle part à la fois. On l'entend, bien évidemment qu'on l'entend mais la brune est un fantôme, beaucoup de bruits pour peu de résultats. Sa trace et celle d'une chaussure sur le sable, un coup de vent, la caresse d'une vague et il n'en reste rien. T'es dure avec toi. Qu'il balance, un peu pensif avant de revenir les pieds sur terre lorsqu'elle s'attarde sur sa solitude. Que pourrait-il faire d'une nana ? Il n'a rien à offrir, à personne. Ses frères passent avant le reste, même son propre fils. Alors à quoi bon ? Les perdre lui ont causé suffisamment de mal. Que ce soit Joan, la mère de sa fille ou même Freyja. Il n'est clairement pas à la hauteur de tout ce merdier et ce surprend à être ce genre de con incapable de baiser sans avoir une once de sentiments à l'encontre de sa partenaire.

Non mais c'trop facile ça. J'cache juste bien mon jeu. Un soupir quitte ses lèvres alors qu'il s'enfonce à nouveau dans son siège. Bien cacher son jeu : avoir été avec une femme suffisamment longtemps pour lui faire un môme et finalement la voir partir avec ce même gosse sous le bras. Tu crois franch'ment que j'ai le temps pour une nana ? J'suis déjà marié à ce bar. Ce saloon qu'il affectionne plus que tout, son point d'ancrage mais aussi sa cage. Jamais Alto ne pourra partir parce qu'alors, il aurait sur la conscience la perte de cet endroit devenu un îlot magnifique pour certains perdus du Bronx.
Puis t'as bien vu de quoi j'suis capable. Avec les nanas, avec elle, avec tout le reste. Il avait pas su gérer leur histoire, ce lien qui les reliait au point de le couper brutalement, de jouer au lâche pour finalement se retrouver ici, à discuter d'un célibat ou plutôt d'une solitude sévèrement ancrée dans leur existence. Mal installé, Alto termine par quitter sa chaise pour s'allonger aux côtés de Joan. Là, son visage se tourne vers elle, se perd dans son regard sombre et plein de fougue malgré la barrière qui les sépare depuis tout ce temps. C'est vrai qu't'es à gerber. Qu'il ajoute, accompagné d'un sourire provocant.


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MessageSujet : Re: Set fire to the rain. [ Joan   Dim 2 Déc - 19:36
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Elle n’est pas dure Joan, elle est juste pétrie d’un réalisme encore plus poignant que tous les mélodrames du monde. Elle vise juste, elle vise bien, sans fioritures : elle sait et ce n’est pas donné à tout le monde. Alors elle en profite, elle crache à la gueule du monde cette réalité qui se dévoile à travers leurs regards et leurs mots, mais qu’ils tentent de dissimuler. Cela ne lui fait ni chaud ni froid, bien au contraire : elle pleurera quand elle sera morte, pour tous les regards et les remords accumulés. Mais en attendant, elle vit comme elle l’entend. Comme elle peut aussi, avec ce cœur brisé et cette silhouette de brindille cassée. Son moteur à elle, son ricanement de hyène désespérée, fonctionne toujours à plein régime, il n’y a pas de souci. C’est le jour où ses fossettes cesseront de se creuser dès qu’elle en a envie qu’il faudra s’inquiéter.
Le reste n’est que philosophie.

Elle sent le matelas s’affaisser sous le poids du mâle Sisters : visiblement il ne supporte pas d’être éloigné de sa dose de tabac quotidienne. Elle ne peut lui en vouloir, le cigare est vraiment bon : il serait digne d’être de ces cubains qu’on vénère juste parce qu’ils sont illégaux. Elle a entendu ses mots, les a bu comme tout ce qu’il dit : ils ont glissé sur elle mais elle en a retenu l’essence principale.
Alto est marié à son putain de saloon. A sa fratrie ingrate. A cette solitude qu’il s’est érigé parce que tout était plus facile ainsi : c’est un lâche mais ça, elle le savait déjà. Elle a cessé de l’idolâtrer quand il a cessé d’être égoïste. C’est pourtant la plus belle tare du monde, l’égoïsme : un brin de liberté sur une vie bien rempli, une fenêtre ouverte quand toutes les portes se sont fermées. Sauf pour cet imbécile de cow-boy, qui avait volontairement barricadé les volets pour être sûr de ne plus jamais avoir cette tentation.
Elle compatit parfois, quand la nuit est trop noire et l’alcool trop chouineur. Elle se dit qu’il mène une vie de merde et qu’en fin de compte, elle est sans doute mieux sans lui. Ca réchauffe pas ses draps mais au moins, elle a le luxe de se gaver d’égoïsme à s’en écœurer. De ne vivre que pour elle, et elle seule. Alto ne connait plus cette ivresse depuis trop longtemps.
Leurs regards se croisent mais ne se parlent plus autant qu’autrefois : ils ont perdu le fil de leur conversation à eux, de cette complicité qui leur appartenait et qui s’est envolé avec leurs adieux. Ses yeux à elle ne mentent pas, jamais. Il y a trop de vie dans ces deux iris sombres, trop d’amusement aussi devant les coups tragiques du destin. Elle fait un pied de nez à la vie depuis si longtemps qu’elle ne sait plus vivre autrement. C’est un clown qui n’a plus rien de tragique : elle n’en a préservé que la beauté de l’instant, éphémère. Instinctivement, parce qu’il est mâle, parce qu’il est là et surtout – oui, surtout – parce que c’est Alto, elle se mordille la lèvre inférieure dans un sourire mutin.
C’est pas de la provocation, elle a toujours adoré se moquer de lui.

Et y a son sourire à lui qui revient. Enfin. C’est comme respirer de l’air frais quand on a été dans les bouchons toute la journée. Un incendie au creux de ses reins de femme et son palpitant qui s’affole bêtement. Juste parce que c’est Alto, et qu’il aura à jamais ce pouvoir étrange sur elle. Elle se loverait à jamais dans ce regard-là, se vautrant dans le plaisir infime de savoir qu’il lui sourit à elle…. A cause d’elle.
C’est pas Kasia qu’il regarde. Ni Mariposa. Ni une de ses filles.
C’est elle.
Elle en ronronnerait comme une vieille bagnole tout juste bonne à aller à la casse, mais elle se contente de mordiller un peu plus sa lèvre inférieure. Tentée par la sucrerie que représente le cow-boy.

- J’le savais.
L’instant est trop beau pour ne pas être brisé. Elle y sombrerait corps et âme.

Alors elle pivote : sa jambe vient passer par-dessus le Sisters, et elle s’assoit sur ses hanches à lui, se redressant pour mieux le surplomber, son cigare revenu entre ses lèvres. Et le regard qu’elle pose alors sur l’homme sous elle est souverain, absolu. Ses cuisses sont posées contre lui, ses genoux bien enfoncés dans les draps usés et elle s’autorise à relever le nez juste pour recracher la fumée du cigare au-dessus d’eux, laissant l’atmosphère s’épaissir.

- Pourquoi tu l’as pas laissé me frapper, hum ? J’l’avais cherché. J’l’ai insulté. Provoqué. J’ai joué à la conne. J’ai été…

Y a un sourire qui se forme sur son visage d’alien et elle murmure le dernier mot comme on savoure une friandise.

- … odieuse.


Elle l’observe un instant avant d’ajouter, prenant le cigare pour le déposer délicatement sur ses lèvres à lui, le laissant en aspirer une bouffée comme une reine abuse de la patience de ses loyaux sujets.

- Je l’avais mérité.






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MessageSujet : Re: Set fire to the rain. [ Joan   Dim 2 Déc - 20:55
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Alto Sisters
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Il se sent pourrir de l'intérieur lorsque Joan reste un peu trop longtemps dans la même pièce que lui. Alto est là, allongé, puis y a son sourire pétillant, son regard encore plus coloré alors que lui est vide, fade. Comme si c'était elle qui avait tout gagné et lui tout perdu. Pourtant, il se souvient, de son odeur ce jour là, encore recouverte de leur amour nocturne. Il se remémore la rue, elle aussi faisait la gueule alors qu'il portait sous son bras quelques affaires qu'il avait pris avec lui. Partir, il savait pas que ce mot là pouvait avoir un goût pourtant Alto le garde au bout de la langue depuis ce jour. Terrible et torride. Jamais il n'avait autant pris son pied que cette nuit là, jamais il ne s'était autant fait mal que ce jour là. C'était comme se tirer une balle dans le pied. Enfin il imagine à peu près la douleur. Les sabots du cheval qui lui avait piétiné le bras est une souffrance qui le hante même s'il ne sait plus vraiment sa portée sur tout son corps. La mémoire est belle, elle nous fait oublier le degré de douleur que peut avoir le physique mais n'altère jamais le mental.

Il en a rien à foutre le cow-boy, que Joan soit une tarée notoire. Il en a vu d'autres, il en supporte chaque jour des pires que elle. Sa dévotion pour ses frères témoigne à elle seule comme il ne s'attarde pas sur les détails. Peut-être à cause de son quotidien de merde. Le colosse est habitué aux dingues et aux paumés, ça le fait plus frissonner ni même poser de questions. Il accepte parce que sa vie est faite de ça : d'élan de haine, d'instabilité dangereuse. Joan se fond bien dans cet univers là, un peu sale mais bienveillant, comme elle. Pas comme lui. Non lui, il ne l'est pas. Dans une autre vie il devait être un chef de guerre capable de sacrifier ses hommes pour avancer. Ici, même histoire, le spectre de son fils le hante parfois. Celui de Joan aussi mais ce soir, la voilà plus vraie que nature. Son souffle contre son visage, il la laisse l'enjamber, le surplomber sans réagir. Son regard accuse ses lèvres d'être trop belles pour ne pas le laisser insensible. Il avait oublié ce que c'était le désir, ce truc étrange qui te fout des fourmis dans le bide et te rend un peu con. Ce même cancer qui consume les autres Sisters alors que lui se contente de les fixer. Ses bras restent sur les draps même si le corps de Joan lui donne envie de prendre les choses en main. Il lui accorde le bénéfice d'avoir le dessus, l'écoute, aspire la fumée en la gardant au fond de sa gorge. Alto se concentre pour balancer quelques mots, toujours si froid, toujours si sûr de lui malgré ces barrières qu'il ne parvient pas à laisser tomber. Un vrai type ne frappe pas une nana.

Sa main solide remonte le long de son dos alors que sa prothèse reste étendue sur le matelas. Lorsqu'il sent ses cheveux courts entre ses doigts, Alto les saisit, les serre brutalement dans une force qui le fait frémir. Il y met suffisamment de puissance pour rapprocher son visage du sien, lâcher l'épaisse fumée du cigare avant de reprendre. J'ai sept clébards là pour m'aider à m'débarrasser d'un cadavre. Dis-moi ce qui m'retient d'être là pour toi. Pas de sentiments dans son regard ni même dans sa voix. Sa nature la plus profonde, celle qu'il dissimule reprend le dessus lorsque la sécurité de Joan entre en jeu. Sa poigne possessive se resserre alors qu'il lie ses lèvres aux siennes. Il l'effleure simplement, profite de sa chaleur sans essayer de retrouver sa saveur. Son souffle se mélange au sien avant que sa tête ne retombe plus brutalement au milieu des coussins et qu'il relâche enfin les cheveux de la brune. Si Kasia a une place particulièrement dans sa vie et dans son coeur, si les filles de la Mariposa peuvent compter sur lui, aucune ne peut se vanter de le rendre aussi con que Joan.
Il n'a rien de sage. Tout ça n'est qu'une image.


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MessageSujet : Re: Set fire to the rain. [ Joan   Mer 5 Déc - 21:41
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Joan Carter
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Set fire to the rain
Un vrai type ne frappait pas une nana.
Ses yeux y croient, sa bouche est dure quand il prononce ces mots et pourtant… Une part d’elle, ignorée, se brise. Parce que la douleur peut prendre de multiples formes, et qu’on fait bien plus mal en se contentant de se détourner qu’en levant la main. Elle l’a expérimenté tant de fois : Alto n’a pas été le seul. Il n’en a été que le premier d’une très longue liste, si longue qu’elle a fini par s’essouffler de vouloir la lire en entier : elle en a perdu le fil et a laissé couler, simplement.
Il y a eu les sourires désabusés de sa mère, oubliée dans les tréfonds d’un appart qu’elle n’a plus jamais franchi. Les haussements d’épaules las de certains clients. Le refus de prendre un verre avec elle d’un homme, peu après Alto. Les rires sournois de certains mômes quand ils la surprenaient en train de chialer dans les escaliers de l’immeuble après sa rupture. Les verres encore à moitié remplis et l’invitation à se coucher, pour passer plus vite à ce qui les intéressait réellement. Les réveils moroses et solitaires.
Un vrai type ne frappait pas une nana, mais elle avait subi bien plus de blessures continuelles et profondes de leur part qu’elle savait qu’une de plus ne lui ferait plus rien du tout. Qu’elle soit physique ou psychologique.
Mais elle l’écoute avec cette déférence qui pourrait donner l’impression à n’importe qui que ses paroles comptent vraiment à ses yeux. Elle a toutes les facettes des acteurs, des plus superficielles aux plus involontaires : elle ne s’en rend même plus compte, pour elle il s’agit juste de répondre à la situation présente. Sans que cela la mette trop en danger.

Le geste qui suit est nouveau : déroutant entre eux, surgit d’un passé qui n’existait plus que dans ses rêves. Elle entrouvre la bouche quand il attrape ses cheveux et la douleur est salutaire : elle chasse les faux-semblants, ce rôle de reine qu’elle s’inventait et qui s’effrite quand les lèvres d’un homme touchent les siennes.
Elle aurait ronronné à ses paroles, par pure suffisance, mais elle s’abandonne au baiser par égoïsme, aussi court et léger soit-il. Personne n’a besoin de plonger sa main au milieu des braises pour savoir qu’elles sont brûlantes… Et dangereuses. Et pourtant, l’attrait de cette chaleur nouvelle lui fait battre le cœur plus vite et pétrit son regard sombre d’une faim incontrôlable. D’un appel au secours aussi, comme seule Joan sait le faire avec les yeux : trop de questions, trop de désespoir dans deux iris qui devraient pourtant avoir déjà tout vu. Elle arrive encore à surprendre son monde en révélant quelques faiblesses de temps en temps, comme en cet instant un peu hors du temps.
La revoilà devenue gamine entre ses bras, avec le goût subtil de sa bouche sur la sienne.
Et le revoilà de nouveau homme, plus inaccessible et dangereux que jamais. Il est son poison, l’a toujours été. Et elle, sotte imprudente, elle replonge dans ses travers. L’appel au secours dans ses yeux s’efface déjà, la femme revient ventre à terre protéger le peu de territoire qu’il n’a pas encore conquis et ses iris se voilent d’un reproche muet.

- Ce qui t’retient, c’est que j’ai pas besoin de toi.

Voix nasillarde qui s’élève, moqueuse sans réussir à l’être vraiment, provocante sans le montrer. Avec les années, elle a gagné des armes, Joan. Et elle sait s’en servir. Elle sait jongler avec le feu sans s’y brûler désormais.
Alors elle se penche, volontairement. Sentant son souffle effleurer l’épiderme du mâle, elle ne fait pas mine de s’enfuir. Ce n’est pas uniquement de la provocation : dans ses yeux qui se plantent dans ceux du cow-boy, on y lit toute la promesse d’un combat à venir. D’une guerre sans merci, aux tons de velours et aux accents faussement sensuels. Elle entrouvre la bouche, penche légèrement la tête et se pare d’un sourire de triomphe mal placé, si mutin qu’elle en devient soudain plus femme qu’elle ne l’a jamais été.

- Et toi, t’as pas b’soin de moi.

Elle reste là, à quelques millimètres de son visage, l’étudiant avec un calme qui est démenti dans son regard. Mais peu importe, il lui suffira d’une invitation pour qu’elle déclare pour de bon la guerre.
Sa main apparaît soudain, effleure le cou puissant de l’homme d’un effleurement subtil, avant de remonter sur sa joue, comme prête à le griffer.

- N’est-ce pas ?







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MessageSujet : Re: Set fire to the rain. [ Joan   Jeu 6 Déc - 1:23
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Alto Sisters
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Un point pour elle. La balle au centre. Alto réagit à peine à ses paroles, laisse ses pupilles traîner sur ses lèvres en silence alors que son souffle se coupe. Il apprécie la chaleur de cette scène, la cruauté que dégage Joan à leurs souvenirs mais aussi à leur situation actuelle. Son sang s'épaissit dans ses veines, peine à alimenter son coeur alors que son corps se consume petit à petit d'un désir remontant du plus profond de ses chaînes et ses silences. Sa main contre son cou, ses jambes de chaque côté de son épaisse carcasse et leurs bassins dont il ne reste presque rien pour s'emballer. Sent-elle qu'il n'est plus maître de lui-même ? Est-il possible de deviner que le cowboy laisse tomber des barrières qu'il prendra soin de remettre sur pied une fois ce moment terminé ? Est-ce une évidence ? Ou une subtilité ?

Ses mains se posent sur ses hanches, sa gauche la serre instinctivement de toutes ses forces, se saisit de ses formes et de sa peau qu'il devine sous son pantalon.
N'est-ce pas.
Le cigare tombe au milieu des draps.
Il répète d'un ton plus grave et plus chaud qu'elle, ses griffes si proches de son visage, Joan est une chatte qui pourrait le défigurer et à qui il ne dirait presque rien. Non pas par faiblesse mais tout simplement parce que tout chez elle déclenche des signaux plein de bestialité et d'érotisme. La porte de la chambre est à peine fermée, n'importe qui pourrait les surprendre, ne pas comprendre ce qu'il se passe entre eux mais Alto occulte cette réalité dont il entend le son étouffé à travers le bois. Le lit craque brutalement lorsque la bête échange les rôles, écrasant de sa présence la silhouette de la brune tout en aspirant au passage son souffle.

Joan l'a connu dans ses plus sombres souvenirs, se souvient de la férocité d'Alto entre les draps, bouffé par la passion, animé par le besoin de la sentir gémir contre lui. Il n'a pas changé durant tout ce temps, a la sensation de replonger des années plus tôt. Ici, il a simplement des rides en plus, des coups de plus à l'âme et tout un tas de conneries pour brouiller les signaux. Le cowboy ne fait pas attention à ses vêtements, déchire de ses mains le haut de Joan afin d'atteindre plus facilement ses seins, d'embrasser son décolleté comme si elle était une divinité. Son bassin brûle alors qu'il se cale entre ses jambes, l'obligeant à écarter celles-ci pour lui donner une place contre elle, s'y plaquer avec une force envahissante. Un grognement quitte sa gorge alors qu'il se redresse légèrement afin d'ouvrir sa braguette, libérer son érection et baisser le pantalon de Joan, remontant à nouveau brutalement ses jambes fines et douces pour l'enlever plus rapidement, laissant suivre sa petite culotte au passage.

Pressé et féroce dans ses mouvements, ses lèvres se concentrent sur son cou alors qu'il réalise avant de la pénétrer qu'il n'a pas de préservatif. Les stocks de capotes du saloon sont mis sous clés pour éviter que les frères les ruinent en tapant dedans pour leur consommation personnelle Le colosse fronce les sourcils, incapable d'attendre plus longtemps alors qu'une nana d'une telle beauté lui fait face. Les choses se sont si vite déroulées qu'il soulève son bassin poids plume pour la pénétrer sans ménagement, envoûté par l'aura qu'elle dégage et les liens affectifs qui les lient l'un à l'autre malgré la rancœur et le silence accumulés toutes ses années. Son premier coup de bassin est salvateur alors qu'il part vers l'avant pour l'embrasser sans réellement se rendre compte de ce qu'il est en train de faire. En transe, une part de lui, minuscule, encore lucide, acceptera de la prendre par derrière si elle s'oppose au manque de préservatif. Brut, le cowboy a la sensation d'être à nouveau en Arizona où il couchait avec ses premières filles après une soirée rodéo où tous les adultes étaient complètement pétés et elles, naïves et éperdument amoureuses de son sourire qui ne leur offrait au final que des coups de reins à l'abris des regards. Là-bas les types étaient les premiers à lui dire qu'il n'avait qu'à arrêter au bon moment son ébat pour ne pas les mettre en cloque. Joan porte cette odeur là, cette nostalgie délicate qui le fait renouer au plaisir charnel. Elle a aussi ce goût d'inachevé réveillant ses instincts les plus primitifs.
Parce qu'au delà de tout, Alto n'est rien de plus qu'un cowboy, une brute épaisse dont peu de femmes peuvent accepter cette fibre machiste qui se réveille plus que jamais lorsqu'une d'elles ne le laisse pas insensible.


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MessageSujet : Re: Set fire to the rain. [ Joan   Jeu 6 Déc - 19:37
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Joan Carter
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Set fire to the rain
Et son monde bascule.
Le passé redevient présent dans une amertume si délicate qu’elle s’en enivre. A le sentir sur elle, subir son poids l’écraser entre les draps, elle sent son propre palpitant perdre la mesure.
Dans ses yeux, nul doute : l’absolue certitude que ce soir sera juste différent. Et si familier qu’elle en pleurerait bêtement comme une orpheline retrouvant son foyer. C’est la seule note de pathos qu’elle s’autorisera ce soir, ce geignement muet et transi de sentir son cœur se briser encore une fois. Pour lui.
Oui elle l’avait aimé. Oui, il l’avait brisé. Et évidemment, elle avait appris à vivre avec – à défaut de savoir comment s’en remettre. Et ce soir, à remettre le couvert avec lui avec la provocation dansant au creux de ses prunelles, c’était comme commettre une irréparable bêtise et un fantasme inavoué, l’ensemble formant ce que toute sa conscience avait toujours résolument chassé.
Elle n’avait jamais voulu de ça, tout comme elle en rêvait depuis des années.

Alors elle le laisse faire, son corps se tend vers ses baisers brûlants et ses yeux se ferment sur l’interdit de cette scène tant de fois jouée, jamais si délicieusement ressentie. Son corps trop frêle, quintessence de femme se révélant sous des atours qui lui sont arrachés, frémit d’anticipation. Parce qu’elle sait qu’il va arracher une à une toutes les protections qu’elle avait érigé entre elle et son propre plaisir, entre la raison pragmatique et l’orgasme nostalgique. Elle n’aurait dû être à jamais qu’un alien perdu parmi les adultes et il la massacre sans pitié, la rejetant au sol de ses désillusions comme quoi, elle n’était finalement qu’une gosse paumée de plus parmi celles qui avaient dû lui céder.
Mais elle cède, parce qu’elle en meurt d’envie et parce qu’elle aura le temps de lécher ses blessures le lendemain, quand l’odeur persistante du cigare et la chaleur de son corps à lui auront fini d’enivrer sa méfiance.

La gamine d’autrefois a fait place à une femme : peut-être pas plus passionnée, mais en tout cas plus exigeante. Elle lui avait fait l’amour à ce moment-là avec la peur qu’il lui échappe un jour. Ce jour étant arrivé, elle s’offrait désormais avec l’assurance qu’elle n’avait rien à perdre… et c’était bien plus libérateur que toute autre chose.
Ses membres fins se meuvent, sa peau effleure celle du cow-boy : elle y laisse une traînée brûlante qui lui coupe le souffle. C’est à peine si elle entend ses grondements de fauve en rut : y a son sourire à elle qui trahit qu’elle est ivre de l’instant et qu’elle ne compte plus émerger. Ses reins se creusent à son intrusion, son buste se relève et elle vient l’agripper : ses griffes se plantent dans sa nuque pour mieux le retenir et l’empêcher de lui enlever le plaisir qu’elle compte lui voler. Et son rire, d’abord silencieux, puis léger, et enfin aguicheur, se mêle de soupirs indécents. Elle répond trop bien au plaisir, petit corps qui n’imaginait plus qu’on lui ferait de nouveau aussi bien l’amour. Du moins, pas comme elle l’aimait : il avait été le premier, l’avait façonné à apprécier sa brutalité et sa sauvagerie. Elle avait retenu les leçons dévoyées du cow-boy et y avait pris goût, avant d’en être éloignée de façon définitive. Dans les bras des autres, elle n’avait eu que de pâles copies, des essais non pertinents et des tentatives pathétiques. Il lui était arrivé de simuler. Il lui était arrivé de pleurer quand elle avait compris à quel point Alto avait été cruel en l’initiant à ce plaisir-là.
Et comme toute camée, elle avait fini par se résigner à garder l’esprit clair.

Mais là, alors qu’il est en elle et que ses cuisses à elle se referment autour de son corps puissant, qu’elle l’aspire avec volupté, elle décolle de nouveau vers un paradis venimeux. De ceux qui nécessiteront des litres d’alcool avant d’être de nouveau considérés comme inaccessibles.
Alors elle sait qu’elle n’a que cet instant pour en profiter, avant la désillusion.
Une seconde d’éternité avec lui en elle. Et elle sous lui.

Ses hanches lui répondent avec gourmandise, son corps explose de sensualité à son contact même si ses coups de butoir sont empreints d’une violence mal contrôlée. Elle s’en fout. Elle n’a vraiment plus rien à perdre. Alors elle s’abandonne tout en s’accrochant, gestes lascifs et griffes sorties.
Elle a dû le mordre, elle n’arrive plus vraiment à s’en souvenir mais il y a la marque de sa rage à elle imprimée sur sa peau à lui, quelque part. Et ses cuisses s’ouvrent de plus belle, elle ne se soumet pas totalement mais le laisse prendre la part du lion, maître incontesté de leur folie. Parce que c’en est une.
Et puis, elle finit par se mordre la lèvre inférieure, retenant ses cris. Sa figure se pare de grimaces de plaisir et sa voix finit par poindre, d’abord retenue, grognée, grondée… puis libérée par une poussée plus violente que les autres. Ses talons s’enfoncent dans les draps alors qu’il la pousse toujours plus loin dans ses retranchements.

Ca ne devrait rien avoir de grandiloquent : deux corps qui s’emmêlent, deux plaisirs qui se satisfont mutuellement. Rien d’autre. Une scène classique.
Mais que ce soit lui, que ce soit elle, cela change beaucoup de choses.
Tout, probablement.







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MessageSujet : Re: Set fire to the rain. [ Joan   Mar 11 Déc - 13:22
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Elle ne le rejette pas, il le sent de suite, les corps parlent, leurs peaux se réclament. Il y a un chant, ou non, plutôt des ultrasons qui les font roucouler ensemble d'un passé qu'ils ont vécu et que personne ne pourra leur arracher. Joan porte la saveur de sa jeunesse et de sa fougue, la violence de leur séparation mais surtout la torture de leur silence. Il avait regretté, des heures durant sans jamais faire demi-tour pour le lui dire, quitte à se mettre à genoux et lui demander pardon, poser sa joue contre le bas de son ventre sans oser la regarder dans les yeux. Alto ne pourrait expliquer pourquoi elle, pourquoi pas Kasia, pourquoi pas la mère de son enfant, pourquoi pas les autres. Peut-être parce qu'elle était inaccessible par son jeune âge à l'époque et qu'aujourd'hui il y a sa rancoeur pour mettre des barrières. Il se doute bien que Joan ne lui offre pas tout, qu'elle garde le contrôle et que lui se nourrit du peu qu'il aperçoit. Ses cordes vocales vibrent, grognent, cherchent un issu pour ne pas condenser tout son plaisir en un seul corps.
Dîtes à un homme qu'une femme qu'il a aimé est de retour et vous pouvez être certain qu'il s'effondrera. Les brutes dans son genre, ce n'est que du blindage ; elles restent toutes tapissées au fond de son âme, ces chimères qui lui ont volé un petit quelque chose. Alto se damnerait pour un baiser de plus de Joan mais à la place de cela, ce qu'il ressent, ce sont ses dents sur sa peau. La morsure de son désir mélangée à celle de sa colère. Il en gardera la trace pour les jours à venir, comme la preuve irréfutable que le moment est réel et qu'il continuera de la consumer encore.

Ses coups de reins s'intensifient, la bête reprend le dessus sur l'homme. Le lit les supplie dans un grincement d'y aller plus doucement alors que la musique du Saloon résonne entre les murs et fait vibrer le parquet. Ses soupirs sont longs et chauds alors que ses cheveux retombent sur son visage. Sa tignasse blonde pour accompagner sa barbe plus longue que d'habitude. Alto se laisse aller, comme s'il savait que quelque allait lui tomber sur la gueule. Ses doigts serrent son sein, descendent sur son ventre pour profiter un peu plus de sa peau jusqu'à atteindre l'apogée de son plaisir. Son bassin se plaque plus violemment au sien pour lui offrir le coup final sans se poser de questions. Joan n'est plus une gosse, entre temps, certainement qu'elle s'est familiarisée avec la pilule. Son visage se perd dans son cou alors qu'il profite un instant de son odeur. Mais surtout de ce moment là, juste après l'orgasme, cette minute de paix totale où le cerveau ne pense plus à rien et que tes muscles deviennent mous comme de la guimauve. Poids mort contre la carcasse de Joan, plus petite que lui. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes qu'Alto se redresse. Il passe sa main dans ses cheveux pour les plaquer vers l'arrière, admirer une dernière fois le visage de la brune. Elle sent bon le sexe, elle est féline, terriblement désirable. Il pourrait lui quémander un second round s'il n'avait pas à reprendre son rôle.

Alto enlève sa chemise, retire son t shirt blanc pour le tendre à Joan en compensation de son haut qu'il a déchiré. Il se doute bien que si une nana comme elle descend torse nu en bas, les types seront ingérables. Et puis il supporterait mal de voir des connards poser son regard sur cette femme alors qu'elle porte encore l'odeur bestiale de son plaisir. Il pourrait rester avec elle, discuter encore mais le colosse devient plus froid. Il se referme, conscient de sa bêtise, quitte le lit pour remettre ses vêtements un à un. Le bruit de sa braguette qui se referme le calme alors qu'il ne prend pas la peine de boutonner sa chemise. On a une douche s'tu veux. Au fond du couloir. Cette même douche que les filles utilisent après s'être prostituée toute la soirée. Alto ne remarque pas la parallèle, le traitement identique qu'il offre à Joan. Alors qu'il quitte la chambre pour descendre les escaliers, encore transpirant, les cheveux en bataille, le cowboy peut déjà entendre les remarques salasses de ses amis et de ses frères. Sérieux, il rejoint le bar en l'oubliant déjà pour ne pas se laisser berner par quelque chose de plus grand.


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