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 Boire tes paroles (ALT#4)

MessageSujet : Boire tes paroles (ALT#4)   Lun 22 Oct - 23:17
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Art de la Rose
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“avaler de travers” &
Al ? Al, qu’est-ce tu fais ?
Bah rien.
Mais, tu… tu viens d’l’embrasser.
Bah ouais. Ça t’dérange ?

Tu le regardes, fronçant les sourcils. Si ça me dérange ? A quoi tu joues ?
Mais à rien wesh, t’es relou. J’embrasse Mily si j’veux putain.

Tu comprends pas. Tu comprends rien. On t’embrasse dans le cou. Alwin…
J’te l’avais dit… Il est pas pour toi. Viens. Il te murmure à l’oreille.
Il te tire vers lui. Tu regardes Al. Qui s’en fout. Qui continue de l’embrasser. Elle.
Al pourquoi tu me fais ça ? T’as les larmes qui te viennent. Pourquoi à moi ?!
Alwin te tire toujours vers lui, tu sens son torse contre toi. Al s’éloigne. Il ne te regarde plus. Il ne t’entend plus. Vous vous êtes dit des je t’aime pourtant. Pourquoi il te fait ça ?
Et c’est Alwin qui t’embrasse.

Tu te réveilles en sursaut.
Joue écrasée contre le flan d’Al, son bras qui te tient tout contre lui. Jambes entremêlées. Tu lèves les yeux vers lui, l’soleil qui s’écrase contre ses lèvres, visage endormie, parait innocent, parait enfant. T’es torse nu contre lui, peaux chaudes qui s’collent, qui font connaissance. Tu glisses hors de ses bras, à rouler jusqu’à ta table de chevet improvisée, téléphone que tu déverrouilles pour y voir l’heure. 9 heures 40. Tu te frottes les yeux, pars chercher ton haut, pars te cacher. T’as fait un cauchemar. Il t’a fait douter, il t’a montré tes peurs. C’pas la première fois. C’est peut-être pas la dernière. T’oses pas le regarder, tu le revois l’embrasser, s’en foutre, t’envoyer balader, te jeter comme un vulgaire déchet, un vulgaire jouet. Tu avales ta salive. Tu manques de t'étouffer.
Tu le sens bouger dans ton dos, venir t’entourer les hanches, te tirer près de lui pour pas que tu t’habilles sûrement, pour pas qu’la nuit se termine. Mais tu cherches à te dégager, tu veux pas de sa tendresse. Il te ment. Tu le sais. T’es pas con. Il l’a sûrement revu Mily, peut-être plusieurs fois. Il t’a rien dit. Ça te fait mal. Tu pousses ses bras loin de toi et tu remets ton t-shirt. « Tu comptais me parler quand de Mily ? », tu te tournes pas encore vers lui, tu le vois déjà soupirer, s’cacher sous les draps pour faire semblant de dormir.
Me mens pas, Al...
 
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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Mer 24 Oct - 11:43
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Tu avais toujours profondément redouté le moment d’aller se coucher, trop de sales choses arrivaient une fois les lumières éteintes et les rideaux tirés. Les monstres, tu savais très bien qu’ils n’étaient pas sous les lits mais bel et bien dedans, attendant sagement que les surveillants tournent le dos et ferment les yeux. Avec Art, pour la première fois, tu ne craignais plus d’éteindre la lumière et baisser ta garde. Avec lui, tu avais appris à apprécier chaque instant pas qu’à l’heure actuelle, c’était les seuls que vous pouviez passer ensemble, sans mentir, sans comédie. Votre chambre, c’était le seul endroit où tu osais l’aimer sans te heurter à la moindre frontière.
Le mouvement de sursaut d’Art contre toi te fit grogner dans ton sommeil et quand il se dégagea pour s’éloigner, tu grognais plus franchement pour marquer ton mécontentement. Pourquoi est-ce qu’il te laissait seul, hein ? Pourquoi il te privait de la chaleur de sa peau ? Tentant de le rattraper comme d’habitude, tu te fis repousser et ça, c’était suffisamment surprenant pour que tu te redresses dans le lit, prenant appui sur tes coudes. Sauf qu’Art te tournait le dos et quand soudain la question tomba, tu soupirais en te laissant retomber dans les draps, un bras à travers les yeux. « p’tain » soufflais-tu d’une voix étouffée, inaudible. « Y’a rien à dire » finis-tu par répondre, sachant très bien qu’il ne se contenterait pas de si peu. « Art, y’a vraiment rien à dire, okay ? Reviens te coucher maintenant allez » tentais-tu sans réellement y croire même si tu espérais quand même qu’il se contente de si peu. « En plus, c’est toi qui l’a vue, non ? »


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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Dim 28 Oct - 0:59
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“avaler de travers” &
Tu casses la bulle. L’sommeil d’amour, l’sommeil d’amants enlacés que tu brises d’un cauchemar railleur, vicieux à tes oreilles. Y’a Mily. Y’a Mily. Toujours là, la jolie. Dans un coin de ta tête, t’essaie de pas la voir, elle et le problème, t’essaie de faire semblant, d’faire briller tes espoirs. Mais non. L’inconscient qui te crache à la gueule. Arrête avec tes rêves, l’amoureux. Ça et tous tes propres mensonges que tu peines à laisser dans l’ombre. Toi non plus, tu lui parles pas du fantôme qui est revenu, revenu d’entres les souvenirs. Vivant. Tu lui dis pas, les menaces en roses rouges et les mises en garde en ombre que t’as reçu, que t’as senti. Au final, t’es pas aussi mieux que lui.
Et Al, il pensait vivre le même matin qu’hier, à s’réveiller tout contre toi, toi qui viendrait déposer tes lèvres dans son cou, ta main qui prendrait encore et toujours le même chemin sur son ventre, son nombril… Le réveil est dur aujourd’hui. Sans chaleur. Sans regard. Un cauchemar qui vient tout bousiller. Qui vient tout saccager. Arrêtez vos conneries, vous êtes pas le couple parfait.
« Y’a rien à dire », tu te mords la lèvre inférieure pour pas exploser. Pour pas te retourner vers lui, lui lancer un regard glacial, lui dire qu’effectivement revoir son ex, c’est rien à dire, que te le cacher c’est rien à dire. Que tu m’épuises à toujours fuir, Al. Tu prends une grande inspiration, le laisse reprendre la parole, tu lui donnes cette chance, cette seconde chance, pour reformuler ses propos, les entourer de béton armé, mais il ne fait que les répéter. Idiot. Tu soupires, tu fermes les yeux, tes jambes que tu laisses tomber hors du lit, déjà prêt à te lever. Ok, Al, tu sais quoi ? Ok. Prends-moi pour un con. Qu’il se rendorme tout seul, toi t’as plus sommeil, et tu veux plus le toucher.
« En plus, c’est toi qui l’a vue, non ? », et il se tire une balle dans le pieds. Tu tournes le visage vers lui, les traits durcis, l’regard froid. « Donc tu sais qu’elle est revenue », échec et mat. Silence. Al, il se cache, allongé comme un chien mort au milieu des draps, à vouloir se fondre au tissu blanc cassé, seul problème y’a pas d’issus de secours. Et toi, tu prendras pas de détour. Tu lui coupes la parole avant qu’il ait eu le temps dans placer une, la voix calme, la voix proche d'un murmure parce que tu sais que ça le déstabilise toujours, « donc tu revois ton ex, tu ne m’en parles pas, et tu pensais que je n'allais pas réagir ? Je suis censé le prendre comment ? La prochaine étape, tu m’annonces- enfin non. Je découvre que tu l’as embrassé ? », y’a la jalousie qui mord tes lèvres, la colère qui grouille dans tes pupilles bleutées face à l’impuissance, la frustration d’pas pouvoir contrôler. C’est moche, c’est un défaut que t’arrive pas à cacher, eh ouais Art, il est pas parfait. Il a peur que tu te casses Al, il a peur que ça recommence. Qu’la solitude revienne frapper : eh j’t’ai manqué ? Ouais. Lui aussi, il s’est barré.
Parce qu'Art, il arrive jamais à suffire pas vrai ? Il est lassant.
Putain.
 
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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Dim 28 Oct - 20:08
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Pourquoi il faisait ça, Art ? Pourquoi est-ce qu’il te lâchait une bombe comme ça au réveil, quand t’étais ni prêt, ni même assez réveillé ? Puis pourquoi il s’était barré pour parler de ça plutôt que de rester contre toi ? Vous auriez très bien pu parler sans vous lâcher, sans avoir à jeter un froid dans la chambre. Là, tout ce qu’il était parvenu à faire, c’était de poser une barrière entre vous, mettre une distance qui n’aiderait pas du tout à ce que la conversation se passe bien. Puis même, ça te soulait déjà, ce ton dans sa voix. C’était quoi son problème ? Pourquoi est-ce qu’il te balançait ça comme ça, comme si t’étais coupable ? T’avais rien fait de mal putain !
Le bras posé à travers ton visage, tes yeux, c’était un peu comme une forteresse dans laquelle tu te sentais bien. Limite, tu avais envie de remonter la couverture sur toi et lui tourner le dos juste pour lui faire comprendre que t’avais pas envie de parler, pas comme ça en tout cas. Ça te démangeait de le faire. Tant pis si tu passais pour un connard, autant qu’il s’habitue toute de suite à tes humeurs parce que ça n’irait pas en s’arrangeant.
Dans un effort, tu répondis à sa question mais sans fournir le moindre effort ni bonne volonté. Y’a rien à dire. Parce que tu n’avais rien fait de mal, vous vous étiez juste revus. Une première fois au Parking et une autre fois à la marche. C’était pas criminel quand même, si ? Sans le regarder, tu l’entendis soupirer. Ça t’énervait plus encore. Reprenant sans bouger, tu notais qu’il était au courant de toute manière. Alors pourquoi faire le choqué, hein ? Il savait qu’elle était de retour, t’étais supposé lui dire ? Lui non plus ne t’avait rien dit. C’était presque un accord implicite, ça. Non ?
Arrachant ton bras des yeux, tu te redressais à sa conclusion mais il ne te laissais même pas parler. C’était quoi ce bordel ? Il lui arrivait quoi ? « Ouais et après ? Tu vas pas peter les couilles pour ça putain ! » feulais-tu le regard vif, l’expression féroce. T’étais comme ça, profondément impulsif et surtout, braqué pour un rien, pour un mot de trop, un regard de travers. Et le mot de trop, il était prononcé alors qu’il sous-entendait que t’étais fautif, que t’allais forcément merder. Et ça, t’avais du mal à l’accepter. « Mais merde je fais encore ce que je veux ! Si j’ai envie de la voir je la vois, tu crois quoi ! » grondais-tu en te retournant pour attraper le paquet de cigarettes jonché au sol, en tirant une pour l’allumer aussitôt. « J’ai rien fait alors pourquoi tu me soules, sérieux ? » tu soufflais la fumée, cigarette entre le pouce et l’index. « Tu fais chier putain, je l’ai déjà lâchée pour toi, tu veux pas non plus que je lui crache à la gueule ? »


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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Sam 3 Nov - 9:47
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“avaler de travers” &
T’as comme un sentiment de brûlure dans la poitrine. Une flamme qui finie en incendie. Ça fait des semaines que c’est en feu, y’a personne pour l’éteindre, surtout pas Al, tous les doutes, toutes les questions qui rajoutent de la braise et Al qui gueule -forcément qu’il gueule-, à pas vouloir comprendre ce que tu veux lui dire, juste gueuler pour que tu la fermes. Tu lui tournes le dos. T’aurais dû rien dire. T’aurais dû te lever en lui balançant une excuse à la volée pour partir sur le toit te calmer. T’aurais dû fermer ta gueule comme toujours, t’aurais jamais dû penser qu’avec Al, ça aurait pu être différent.
Il allume ces cigarettes, tu regardes la porte, la fenêtre. Tu veux te casser, le laisser en plan là, lui dire que de toute façon il comprend pas, que t’en as marre des infidèles, que t’as peur qu’il en devienne un. Sans jamais rien dire bien sûr. Sans jamais penser à ce que toi, tu pourrais ressentir. Si ça te ferais mal. Tu veux partir, aller faire un tour ou partir pour toujours, tu ne sais pas. Peut-être qu’Al est trop jeune, peut-être que ça marchera pas. « Mais tu penses pas que peut-être… il voudrait te revoir ? » Tu l’avais dit à Mily avec l’envie de vomir, l’envie de tout envoyer chier à l’idée que ce soit la vérité.
C’est la vérité.
« Tu fais chier putain, je l’ai déjà lâchée pour toi, tu veux pas non plus que je lui crache à la gueule ? » silence. « Non… » silence. Qu’est-ce qu’il vient de dire ? De belles paroles. De très belles paroles et est-ce qu’elles sont vraies ? Est-ce que c’est pas simplement pour t’éloigner ? Tu restes silencieux, assis sur le lit, à regarder tes pieds, tellement de choses à lui dire, à lui expliquer. Mais sûrement qu’il ne veut pas t’entendre. Pas t’écouter. Tant pis. Tu te donnes une dernière chance, allez. « Al… Tu réagirais comment si je revoyais mon ex ? »
T’es pas sûr de toi, qui sait, peut-être qu’il s’en fout, peut-être qu’il voit pas où tu veux en venir. Bah c’est cool ? « Moi, je réagis mal parce que je ne veux pas que tu m’échappes. J’ai peur parce que je me dis que votre histoire n’est pas finie, et que vous devez ressentir encore quelque chose l’un pour l’autre… » silence.
Ça fait mal. Parce qu’Al ne dit rien, Al ne te rassure pas. Tu fermes les yeux parce que le coup est dur à encaisser. Le coup qui te dit wow t’as deviné ! Tu prends une inspiration, tu te lèves pour aller te réfugier ailleurs. Aller te préparer un chocolat chaud, noyer tes larmes dedans. La vérité blesse tellement... Fait chier.
Pourquoi ça ne peut pas être aussi beau que les contes de fée ?
 
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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Dim 4 Nov - 11:21
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Tu détestais être ainsi mis sur le banc des accusés alors que tu n’avais même pas encore ouvert les yeux, alors que vous vous étiez couchés la veille comme tous les soirs, l’un contre l’autre. C’était quoi son problème alors, aujourd’hui ? Il ne t’avait certainement pas mis dans de bonnes conditions pour te donner envie de te confier à propos de ton ex même tu voyais bien, à quel point il était à fleur de peau. Insécure aussi, sans doute. Ouais d’accord, il était sensible mais merde, c’était quand même pas une raison pour t’engueuler comme ça et tu ne te gênais pas pour le lui faire comprendre, à ta manière.
Te redressant finalement, tu attrapais ton paquet de cigarettes pour en coincer une entre tes lèvres avant d’attraper un jogging gisant au sol. Puisqu’il avait ruiné ton sommeil et le réveil en amoureux, t’allais pas traîner au lit à attendre qu’il ait terminé ta crise. Ta dernière remarque cinglante eut néanmoins le mérite de ramener le silence. Sans doute pas le calme. Merde quoi, il voulait quoi au juste ? Que tu changes de trottoir en la croisant ? Que tu l’insultes alors que tu l’avais quittée toi, de manière réglo qui plus est ?
Te retournant finalement, tu levais les bras de part et d’autre de ta hanche, la clope coincée entre tes dents. « Alors quoi ? » demandais-tu avec une moue sur le visage, l’air de dire « Qu’est-ce que tu attends de moi ? » N’obtenant pas de réponse tout de suite, tu te levais pour enfiler le vêtement avant de venir frapper la cigarette contre le rebord du cendrier. A sa question, tu tournais le visage pour l’observer par dessus ton épaule. « C’est l’cas ? » Demandais-tu le ton froid. C’était sur que tu n’aimerais pas mais globalement, tu ne faisais pas ce que tu disais.
Puis enfin, Art se décida à parler et s’exprimer. Au moins l’un de vous deux, capable de mettre des mots sur ses émotions. Tu l’écoutais donc sans l’interrompre. Tu comprenais mieux ce qu’il avait sur le coeur et tu étais tenté de lui dire que tu n’étais pas du tout en train de lui échapper mais sa dernière phrase laissée en suspend attendait une négation que tu ne pouvais lui donner. Evidemment que tu ressentais encore quelque chose pour Mily, tu ne cesserais jamais de l’aimer même si vous n’étiez plus ensemble, même si tu aimais Art. Tu ne pouvais pas lui dire que c’était faux et dans ton silence, il tira les conclusions qu’il voulait.
Te mordant la lèvre, tu le regardais prendre la fuite, la nuque raide.
Poussant un soupire, tu te passais la main sur le visage avant de poser ta clope sur le cendrier pour aller le rejoindre non sans jeter un coup d’oeil sur la porte de Casey, elle était ouverte, il était probablement déjà à la fac. Tu allais alors rejoindre Art en venant te coller à son dos, passant ton bras autour de sa poitrine, le visage posé dans le creux de son cou. « Mily sera toujours importante pour moi Art, j’peux pas juste te dire ce que t’as envie d’entendre. Mais c’est avec toi que je suis là, non ? » Tu l’embrassais doucement dans le cou, le serrant un peu davantage contre toi. « Pourquoi tu flippes comme ça ? »


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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Dim 4 Nov - 16:07
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Tu secoues la tête à son ton froid, question posée à la volée, précipitée, soudainement effrayé de l’éventualité. Non. Non, tu revois pas ton ex, toi. Toi, tu veux pas le revoir. Apparement ça lui plairait pas non plus, et tu pourrais presque rire si ton humeur ne s’était pas barré avec ta naïveté débile de gamin aveuglé. Et la chute va faire mal, la chute va te casser les os. Pire que le semblant peut-être, pire que s’il te mentait.
Parce qu’il y a le silence et juste la cigarette qui brûle à ses lèvres quand un peu tu dévoiles le voile. Une infime partie, celle à peu près visible à la surface, celle qui cache un continent entier de glace. Tu dis pas que t’as plus la force pour ces choses-là, pour partager quand tu ne veux pas, tu dis pas que tout ça, ça te rappelle des souvenirs noirs et épuisants, qu’il suffit que t’en revive un instant pour lui dire que c’est fini. Que toi et lui, c’était une connerie. Alors oui, il n’a rien fait, mais pour combien de temps ?
Parce qu’il y a le silence et juste le bruit sourd de son vêtement sur ses jambes quand tu veux qu’il te dise, qu’il te jure que y’a que toi Art. Y’a pas que toi. Y’a jamais eu que toi. Y’a toujours eu les autres. Ces autres mieux que toi sûrement, parce que tu suffis pas, jamais. Tu dis rien de plus. Tu couines pas quand le poignard s’enfonce dans ton dos, aucune larme qui coule quand elle ouvre ton cœur en deux. Tu saignes mais tu te lèves, tête haute, pas une plainte, pas un aïe. Tu pars et t’aimerais qu’il reste là, dans cette chambre, à continuer de fumer son paquet parce que toi, tu veux plus l’entendre. T’en sais déjà trop. Et l’cœur qui s’essouffle, le dague  qui le massacre.
Dans la cuisine tu pars chercher une brique de lait dans le frigidaire, comme si ce matin était le même qu’hier, que l’apocalypse ne venait pas d’exploser sur les draps. T’es tout calme, tout silencieux pourtant dans ta cervelle, c’est le bordel comme un ouragan, un continent entier qui sombre dans un océan. Tu prends une casserole, la pose doucement sur le feu, t’as un peu la main qui tremble, t’arrêtes pas de cligner des yeux. T’as envie de pleurer, encore, tu fais vraiment pitié, doit en avoir marre Al de te voir chialer. Alors bébé fait le bonhomme. T’allumes le gaz, tu verses le lait dans ta casserole, putain quelle vie de merde, tu renifles. T’es vraiment trop émotif.
Al se glisse derrière toi, ses bras que tu vois s’entourer autour de ta poitrine et t’es mal à l’aise, tu veux pas qu’il te touche, tu veux lui enlever ce droit. Va retrouver ta Mily, connard. Et il murmure au creux de ton cou, ça y est, il gueule plus, les mots te font des milliers d’entailles mais tu restes fort. Allez, c’est pas grave. C’est pas grave. Tout ça c’est rien Art, laisse, reprends un peu de ton cœur entre ses mains, il mérite certainement pas tout ça. Tout cet amour, trop puissant, trop violent.
Oui, il est avec toi, Art, c’est vrai ! Pourquoi tu rends tout ça compliqué ? Allez réjouis-toi. Saute au plafond, souris-lui, dis-lui je t’aime, dis-lui oui tu as raison c’est moi qui suis con ! Son baiser dans ton cou te donne un frisson, et tu veux qu’il s’éloigne. C’est trop facile. Et t’en as marre de toujours pardonner. Les hommes savent pas s’en servir, ils piétinent toujours ce que t’as à leur dire.
« Pourquoi tu flippes comme ça ? » parce que j’ai pas confiance en moi, Al ! Parce que je t’aime et à chaque fois, ça finit mal, à chaque fois j’ai mal. Et puis regarde la… Regarde moi…
Tu hausses les épaules, « …parce que je me dis que tu préférerais être avec elle plutôt qu’avec moi… Parce que c’est une fille, parce qu’elle est jolie, et que moi je fais chier avec mes humeurs à la con, je ne sais pas, …Tu n’arrives même pas à m’assumer devant Casey. Parfois je me dis que tu as honte de moi, et au final je ne sais même pas si je peux te croire, si tout ça c’est vrai, si y’a vraiment un nous solide » tu secoues la tête, clignes des yeux, « et que tout ça c’est pas juste un rêve qui va me faire horriblement mal quand il sera terminé », tu t’arrêtes là parce que ton lait est chaud. T’éteins le gaz, te retires de ses bras pour aller prendre un mug (surtout pour le fuir), prendre du chocolat en poudre, sans jamais lui adresser un regard.
Il aime toujours Mily.
Tu te mords la lèvre, tu clignes des yeux.
 
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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Dim 4 Nov - 22:13
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C’était ton grand truc ça, ne rien tolérer des autres alors que tu ne te gênais pas de le faire la même chose de ton côté. C’était totalement injuste vis à vis d’Art mais t’étais comme ça, jaloux au possible et profondément attaché à ta liberté. A peine pas contradictoire comme mec. C’était passé avec Mily, pas dit qu’Art en fasse de même et il aurait parfaitement raison de te balancer tes incohérences à la figure. Ceci dit, pas dit que tu apprécie la douche-froide.
Tu comprenais pourtant son sentiment de jalousie, de possessivité. Tu la ressentais bien trop souvent toi aussi, même avec Casey alors que le pauvre n’y pouvait rien. Et avec Jacek, ça avait été pire que tout, tu surveillais le moindre de ses gestes, persuadé qu’il en avait encore après Art. C’était moche d’être comme ça mais tu ne pouvais t’en empêcher alors même si ça t’énervait, tu comprenais ce que pouvait ressentir Art. La jalousie, combien de fois t’avait-elle fait câbler ? T’étais déjà pas simple comme mais mais une fois rendu jaloux, tu devenais le pire des connards, prêt à fracasser tes meilleurs amis pour un regard trop prononcé.
D’un soupire, tu abandonnais ta cigarette à moitié consumée pour aller le suivre dans la cuisine. Tu ne pouvais pas le laisser comme ça, sur cette demi-teinte. Art, vous aviez beau passer toutes vos nuits l’un contre l’autre, tu ne le connaissais pas vraiment encore, tu ne savais pas lire dans ses pensées mais si tu savais bien une chose, c’est que les silences ne signifiaient certainement pas le calme. Le problème c’est qu’Art, il ne disait pas grand chose, il se contentait de penser, sans partager ses émotions. Et toi, tu devais deviner. C’était drôle parce que tu n’étais pas beaucoup mieux, tu taisais beaucoup de choses, beaucoup de craintes et émotions mais à la différence de ton amant, toi tu ne t’attendais pas à ce qu’on te comprenne à travers ces silences. Si tu ne disais rien, c’est que tu ne ressentais pas le besoin de te confier. Tu n’avais jamais vraiment eu d’oreille à qui chuchoter tes secrets, les pires. Même Badz ne savait pas tout.
Le rejoignant, tu tentais de l’amadouer à le serrer contre toi, ton souffle sur sa peau. T’aimerais avoir les bons mots, connaître à l’avance ceux qui résoudraient tout mais en même temps, t’avais jamais été doué pour ça. Les mots, tu ne gérais pas. Tu aimais à travers tes câlins, tes gestes. Les paroles, ce n’était bon qu’à faire des erreurs. Posant la question fatidique, tu déposais un baiser dans son cou, rapidement chassé d’un haussement d’épaule. Tu fermais un instant les yeux, sourcils froncés, prêt à entendre ses quatre vérités. Et ses mots trouvèrent un écho désagréable dans ton esprit. Tu aurais aimé pouvoir le contredire, lui dire que tout ça, c’était des conneries mais ce n’était pas aussi simple. Art, malgré ses silences obstinés, avait comprit ce qui te rongeait.
Tu ne t’en mordis que plus fort encore la lèvre alors qu’il te repoussait avant de te fuir pour te laisser seul et planté là, sur le banc des accusés sans que tu ai pu préparer ta défense. Tu n’avais pas mis de pull, tu aurais du parce qu’un désagréable frisson te remonta le long du dos. Celui qui ne présageait rien de bon. Celui qui accompagnait les grandes discussions et décisions qui parfois, faisaient beaucoup trop mal.
La peur te tordait les tripes et tu quittais la cuisine pour aller t’assoir sur le canapé, en tailleur, mal à l’aise. « Et pourquoi tu te dis ça putain…pourquoi tu te fais des films comme ça alors qu’on est bien tous les deux ? Sérieusement Art ? J’suis pas bien avec toi ? » soufflais-tu, ne comprenant pas pourquoi il tirait de telles conclusions alors que vous aviez échangé votre premier baiser près de six mois plus tôt et que vous ne vous étiez plus lâchés depuis.
C’était la partie la plus facile, tu le savais parfaitement. Te passant la main sur le visage, tu changeais de position pour ramener une jambe devant ta poitrine, l’entourant d’un bras comme une muraille. Tu n’avais pas envie de parler de ça mais tu ne pouvais pas non plus l’ignorer, hein ? « Art…j’ai pas honte de toi. C’est avec moi que j’ai un problème… » commençais-tu en posant ton pouce sur ta lèvre, ongle coincé entre tes dents. « Tu sais pas d’ou j’viens Art, t’es pas le seul à avoir vécu des sales trucs même si chez moi ça se voit pas. Devenir PD, c’est le pire qui pouvait m’tomber dessus parce que ça me rend…j’sais pas, par moment je me sens comme eux. » prononçais-tu sans oser le regarder, sans oser affronter son regard et le mal que tu pouvais lui faire. « J’ai du mal à être OK avec ça mais ça change rien au fait que j’suis dingue de toi, t’y peux rien si t’es un mec et j’sais pas, quand on est juste tous les deux, j’oublie tout ça parce que c’est toi, c’est moi, c’est nous… » commençais-tu avant de relever les yeux sur lui. « Tu te souviens la fois où on a volé une bagnole ? Le mec qui s’en est pris à toi ? Je te jure, je l’aurais tué pour avoir osé te toucher. T’as pas idée de tout ce que je pourrais faire pour toi… »


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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Mar 6 Nov - 23:02
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“avaler de travers” &
Tes mots te font mal, comme des fusils à pompe braquer sur ta propre cervelle. C’est la vérité qui sort de tes lèvres. La douloureuse, la malheureuse. Celle qui vous tourne autour, que t’as pas voulu voir, que t’as continuer d’ignorer. Mais aujourd’hui, t’étouffes, t’agonises, les doutes qui te submergent, les mêmes pensées qui t’achèvent. Toujours les pires, celles où la fin est jamais bien, où ça fait toujours mal, quelque part, dans l’cœur, dans l’âme.
Tes mots te font mal. C’est comme te cracher à la figure ta stupidité, tout ça t’as pas voulu le voir sale con. C’est comme avouer simplement, froidement, que tout ça, ça marche pas, c’est rayé, c’est rouillé, ça veut pas démarrer. C’est comme lui dire que peut-être vous vous êtes trompés, que toi, tu t’es encore planté. Qu’Al c’est pas l’homme de ta vie. L’cœur qui manque d’air. T’étouffes, t’agonises. Peut-être que c’est toi le problème. Peut-être que c’est toi l’engrenage rouillé qui fait tout péter. Peut-être qu’au final, t’es vraiment un jouet cassé. L’genre qui déconne tout le temps, l’genre qu’on laisse par terre au bout d’un moment.
T’es pas une fille. T’es pas Mily, t’es pas joli. T’es un amant secret que personne connait, qu’est même pas sur l’affiche au ciné. Pourquoi ? Pourquoi lorsqu’on te dit je t’aime on veut jamais l’montrer au monde entier ? A croire que c’est la honte de t’aimer. Ouais sûrement que c’est la honte. Après tout tu le sais bien, t’es pas parfait, t’es pas très beau, tu serais pas joli sur les photos.
Tout ça, ça te fait mal. Mal, putain. Al s’casse sur le canapé, et tu regardes ton chocolat. Il commence à parler. T’aurais du prendre de la vodka. De la tequila. Faire un mélange, vider toutes les bouteilles. T’aurais pas eu à l’écouter, t’aurais pas eu à t’en préoccuper. Ah ? On est bien tous les deux ? Tu crois, Al ? Moi je crois qu’on pourrait être mieux encore. Mais j’en demande trop je suppose. Tu hausses les épaules, « je ne sais pas, à toi de me le dire », simplement, le chocolat que tu apportes à tes lèvres. C’est dur sûrement, cette manière de le dire, cette manière de remettre son amour en cause. Toi, jamais sûr de rien. C’est vrai que pas pouvoir se blairer dans un reflet, ça aide pas à croire les autres. Ouais. C’est sûrement toi le problème.
« Art…j’ai pas honte de toi. C’est avec moi que j’ai un problème… »
Tu comprends pas.
Et puis tu tombes de haut. Wow.
La chute te casse le dos.
Tu poses ta main sur ta bouche.
Qu’est-ce que tu fous avec lui ? Question brutale à ton esprit.
Tu fermes les yeux quand tu sens l’chagrin monter. Hors de question. Tu vas pas pleurer. Tu reprends ton chocolat chaud, même plus les mots pour lui dire d’arrêter, simplement rendu muet. C’est injuste parce qu’il te dit des choses tellement belles ensuite, qu’il t’aime, que nous existe.
Il a pas le droit de rendre ça si compliqué.
Tu croises son regard. Y’a une émotion dans ses pupilles, comme un dernier espoir, et dans les tiennes, c’est toujours aussi indescriptible, toujours aussi flou. C’est la peur, la frayeur, c’est l’amour trop gros des gamins orphelins, de Jared. Tu hoches doucement la tête au souvenir, comment l’oublier ? Comment l’effacer ? Gravé dans ton cœur qu’elle est cette soirée. Cette soirée où ça t’a frappé quand tu la regardais, où t’a compris qu’Al, tu l’aimais.
Ses mots t’achèvent, tu fuis son regard, tu te tournes, à regarder ailleurs, la main toujours sur tes lèvres comme si le moindre mot prononcé pouvait te briser en mille. Tu fronces les sourcils, à retenir les larmes comme un forcené, fixer un point loin de lui avant de fermer les yeux, de secouer la tête.
Tu ne sais pas quoi dire. Pour la première fois, t’as plus les mots. Tu le regardes à nouveau, lèvre mordue.
« Même si tu ne me connais pas ? »
 
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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Mer 7 Nov - 0:24
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Tu ne comprenais définitivement pas ce qui ne tournait pas rond chez lui ce matin. Qu’il soit jaloux de Mily, tu pouvais le comprendre, si tu étais à sa place, tu serais dingue à l’idée qu’il revoit son ex même si tu n’avais rien à te reprocher. Le truc, c’est qu’il ne s’agissait pas seulement de ça, il n’y avait pas que de la jalousie dans l’air, Art était en train de tout remettre en question. Tu détestais cette manière qu’il avait de te fuir, d’éviter ton regard et même rejeter ton contact comme s’il s’était réveillé d’un mauvais rêve, se rendant compte que ce cauchemar était en fait la réalité. Tu ne comprenais pas à quel moment tu étais devenu un cauchemar pour lui. Pire encore, tu ne te rendais pas compte du mal que tu lui faisais, de la souffrance qui le rongeait peu à peu sans qu’il n’exprime rien.
En même temps, était-ce vraiment surprenant ? Tu faisais du mal à tous ceux que tu touchais et qui avaient le malheur de s’attacher à toi. T’étais pire qu’un poison, un venin mortel qui s’infiltrait sous tous les pores, qui contaminait et détruisait tout sur son passage. Leo, Mily, Badz, Jacek et bientôt Art. Est-ce qu’un point final sera un jour apposé à cette trop longue liste ? Tu voudrais tellement que ça s’arrête. Mais rien ne prenait jamais fin avec toi, pas vrai ? Quand tu pensais avoir touché le fond, tu trouvais toujours moyen de creuser encore un peu. Tu ne pensais pas recommencer avec Art. C’était tout le contraire en fait et tu t’en rendais tout juste compte.
Mais t’arrivais pas à lâcher prise. T’arrivais pas à arrêter avant que tout soit fichu. Est-ce que ça l’était ? Tu ne comprenais rien au message qu’Art tentait de te faire passer et la sensation de froid ne cessait de te poursuivre. Tu détestais cette situation et dans tes mots, ton attitude, la nervosité commençait à te gagner. Les trop longs silences d’Art ne t’aidaient pas.
Sa remarque dit d’un ton égal, comme si tu étais supposé connaître les réponses ne fit qu’accentuer un peu davantage la nervosité qui grimpait de plus en plus malgré ton calme apparemment. Te passant la langue sur la lèvre, tu le regardais comme si tu espérais trouver la solution notée quelque part sur lui, gravée dans sa peau peut-être même.
« Si t’es en train de me jeter, dis-le Art. » finis-tu par demander, la gorge sèche, soudain la peur au ventre. La peur que ce soit vrai. La peur que tu ai tapé juste. Tu ne savais plus quoi penser tu finis par te relever du canapé, tournant en rond dans l’appartement, en proie à milles émotions contradictoires. Tu n’oses même plus le regarder. T’envisages même un instant de claquer la porte, partir loin, ne pas l’entendre te confirmer qu’il ne voulait plus de toi. Sa question te fit pourtant tes cesser allées et venues et écarter les bras de ton corps. « C’est pas ce que je fais depuis l’début ? »



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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Mer 7 Nov - 18:58
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“avaler de travers” &
T’es perdu. A pas savoir quoi penser, à pas savoir quoi dire. Juste le regarder, en attendant que tes neurones arrivent à se relier, en attendant que ta raison te sauve pour cette fois-ci, qu’elle finisse de t’achever en décidant de la sentence. Entre nous, c’est fini. Elle prend de la place dans ta cervelle cette connasse, elle laisse pas l’cœur s’exprimer, à le piétiner pour le taire, le piétiner par terre. Après tout, ton cœur c’est toujours celui qui finit par te tuer, à te condamner au cauchemar, à la souffrance dans le total noir, cette fois-ci, faut court-circuiter tous les battements passionnés avant qu’ça te fasse couler. Regarde toi, Art… T’as déjà mal quelque part. T’es perdu à pas savoir quoi faire, dans cet entre-deux où il n’y a rien, aucune réponse, juste une expression douloureuse sur le visage, une guerre dans tes yeux clairs. Al, c’est pas le bon. Qu’elle continue cette putain de raison, elle a pris du poids tu crois et puis t’as juste mal à la poitrine. Comme si on y avait planté un poignard sans un regard et qu’on t’avait laissé là. En plein milieu d’un champ de bataille, à te laisser agoniser dans la terre, à sombrer en enfer.
Qu’est-ce qu’il se passe ?
Pourquoi tout est noir ?
Pourquoi tout est si triste ?
Art, c’est pas le bon j’te dis ! Elle est plus féroce, et la peur qui s’immisce dans tes veines. C’est pas le bon, c’est pas le bon. Alwin c’était pas le bon. T’as l’impression que le monde autour s’effondre, que la tête te tourne. Tu prends ton visage entre tes doigts, soupire. Arrêtez tout ça, putain.
« Si t’es en train de me jeter, dis-le Art. »
« Non ! », le cœur qui hurle dans le silence, qui se jette à corps perdu dans le vide. C’est plus déchirant encore lorsque c’est lui qui le dit. Lorsque c’est lui qui parle d’un fini. Le myocarde qui se cogne dans tes côtes, se cogne comme s’il voulait sortir d’ici, là où il n’a plus le droit de parole, venir le rejoindre lui, lui dire que c’est pas vrai, que tu fais juste n’importe quoi, qu’c’est pas simple faut dire quand on est toi. Non. Non, tu veux pas le lâcher. Tu veux pas le laisser partir.
Faudra pas pleurer quand il viendra te brûler.
Ta gueule.
Tu fronces les sourcils, à t’approcher vers lui avant de changer d’avis, avant qu’Al se résigne. C’est pas ce que tu veux. C’est pas ce que vous voulez. Tu lui prends le visage, tes mains sur ses joues, ton regard vitreux qui s’plante dans ses yeux bleus, mais tu pleures toujours pas, tu craques pas. Tu secoues la tête, et tu ne sais toujours pas quoi dire. Quoi dire pour éviter l’explication, pour que tu n’es pas à dire tous les souvenirs, ta plus profonde pensée qu’a décidé de venir tout saccager. Oh oui parce que ça fait longtemps que ça turbine là-dedans, mais t’as toujours fait semblant. Semblant que tout allait bien, que toi, t’étais pas paralysé par les monstres du passé.
C’est faux.
T’es paralysé.
T’as le cœur qui pulse trop fort, l’impression de bientôt couler face à toute l’histoire cachée qui ressort.
« Je suis désolé… C’est moi, je suis désolé… », tu secoues la tête, les yeux fermés. Tu veux pas parler, tu veux pas dire tout ça, pourtant t’es obligé. Sinon il comprendra jamais. C’est peut-être qu’un mauvais moment à passer, le temps d’une piqure, le temps d’une coupure.
« J’ai peur, j’ai tellement peur de revivre… la même histoire. Où tout est parfait au début, où je vis les meilleurs jours de ma vie parce que le reste est juste une succession de déception. Où je veux tellement me sentir aimé que je donne tout, tout mon cœur parce que de toute façon… bah personne d’autre en veut », t’es coupé par un rire nerveux, la brutalité d’un fait qui rend ta vision floue, orphelin qui ne sent est jamais remis, désespoir de solitude, « où je donne mon corps et où… où le rêve se transforme en cauchemar. En un cauchemar tellement mais tellement douloureux que je ne sais même plus qui je suis. Où il me coupe la peau sans cesse, où il m’oblige à m’auto-mutiler parce que j’ai osé aller contre son sens avec un putain de couteau de cuisine. Où il me brûle la peau. Où il… », tu fermes les yeux, mains sur tes lèvres. Tu trembles. A pas vouloir laisser une larme, à vouloir te protéger sans y parvenir. Tu te perds dans tes mots, à replonger dans les souvenirs, le voir lui, la lame, les draps rouges. Peut-être qu’Al ne te croira pas. Que tout ça, tu l’inventes, que c’est pas possible. Que tu peux pas être brisé à ce point.
« Je sais que tu n’es pas lui mais c’est plus fort que moi… J’ai beau vouloir aller vers toi, dès qu’il faut donner plus, je bloque juste. Et dès que quelque chose ne va pas, je suis terrifié. Mais je ne veux pas te perde, Al… Je suis amoureux de toi. Je sais juste pas quoi faire pour me débarrasser de ça, pour arrêter d'avoir peur... »
Tu n’oses même plus le toucher, tes bras ramenés contre ta poitrine, tu parais tout fragile. Le regard baissé, la raison, même le cœur, muets. C’est la première fois.
C’est la première fois que tu parles de tout ça. De toi.
 
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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Jeu 8 Nov - 22:55
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Tu ne comprenais pas trop ce qui était en train de se passer, à quoi menait cette conversation. Vous étiez en train de vous disputer ? Alors pourquoi t’avais l’impression que c’était perdu d’avance ? Qu’Art avait cessé de se battre avant même que tu n’montes sur le ring ? Pourquoi est-ce qu’il agissait aussi bizarrement. Il avait fumé un truc ? Il te tapait un bad ? T’avais envie de lui prendre les épaules et le secouer comme un prunier pour qu’il se réveille, qu’il arrête de se comporter comme un zombie pas tout à fait vivant mais pas mort non plus. Putain. Au lieu de ça, tu restais posé sur le canapé, à te les peler d’un mauvais pressentiment qui te faisait dresser l’épiderme. Tu te bouffais l’ongle du pouce auquel il ne restait plus grand chose, nerveux. Flippé.
Ouais, tu craignais qu’il ne prononces ces mots fatidiques, qu’il se détourne de toi et te dise que tout ça, c’était fini. Qu’il en avait marre de toi, qu’il avait peut-être trouvé mieux, pour ce que t’en savais toi…Tu n’avais pas pour habitude de le questionner sur ses journées, il te racontait ce dont il avait envie et toi, tu le croyais sur parole sans rien remettre en cause. Parce que c’était Art, parce que c’était toi, c’était vous. Tu lui faisais une confiance aveugle. Et tu jugeais coupables tous les mecs qui pouvaient l’entourer. Parce que c’était forcément eux les fautifs, s’ils ne pouvaient pas résister à sa gueule d’ange et son regard d’animal sauvage. Ce mélange de fragilité et de tranquille ironie qui te rendait dingue, putain. Surtout quand il te souriait, pas qu’avec ses lèvres mais aussi avec ses yeux, son coeur. Bordel, tu résistais pas. T’étais pas PD hein mais pour lui, t’étais foutu. Le pire c’est qu’il ne s’en rendait même pas compte à quel point tu lui courrais après. T’étais là, à ses pieds comme le dernier des crevards et lui, il pensait que c’était l’exact inverse. A d’autres, tu savais très bien que c’était faux. Même si c’était lui qui finissait chaque soir à genoux devant toi, toi tu savais très bien qu’il suffirait d’un mot, un geste pour que tu le suives comme un chien, que tu lui manges dans la main. Il te rendait dingue et ça te crevait un peu de l’admettre mais ouais, ça n’en était pas moins vrai.
Alors s’il fallait négocier, argumenter, lui courir après…ben t’étais prêt à le faire mais encore, fallait au moins savoir qu’il était l’heure de sortir le grand jeu. Nerveux, tu t’étais levé sans même t’en rendre compte, marchant dans l’appartement qui te semblait soudain beaucoup trop petit, usant le plancher d’allées et venues sans queue ni tête. Peut-être qu’à force de tourner en rond, tu ne l’entendrais pas te dire qu’il ne voulait plus de toi.
Son Non fendit soudain le silence de l’appartement et tu fis volte-face pour le regarder comme pour t’assurer qu’il ne se foutait pas de ta gueule. C’est lui qui se chargea de réduire l’espace entre vous, ses mains autour de son visage, son regard fou dans le tien. T’attends qu’il dise quelque chose mais y’a rien qui vient. Il est complètement paumé Art et tu commences à croire qu’il est vraiment défoncé. Tu posais une main par dessus la sienne « Arrête ça putain.. » arrête de me faire peur, arrête de douter de tout quand tout te semblait si clair. Arrête de te faire du mal…Mais Art, il n’arrêtait rien du tout, Art avait besoin de parler et tu n’avais d’autres choix que de l’écouter. Tu n’étais pourtant pas sur d’avoir envie de savoir, c’était trop dur d’imaginer le calvaire qu’il avait vécu. Tu ne voulais pas l’entendre mettre des mots sur son histoire, tu n’avais pas les épaules pour ça. « j’suis pas lui… » mais il n’écoutait pas non plus, il avait besoin de vider son sac. Tu serrais des dents avant de finalement le serrer contre toi, fort, comme si tes bras devenaient murailles autour de lui. Tu n’avais pas idée de quoi lui dire, tu l’entendais mais que pouvais-tu répondre à ça ? Comment faire face à cette détresse ? « Art, ne te mets par la pression s’te plait, tu vas y arriver okay ? On prendra l’temps qu’il faudra si tu veux mais panique pas… » tentais-tu en enfouissant son visage dans ton cou, qu’importe ses bras croisés et sa nuque raide. « on fait ça ensemble ok ? On va y arriver » soufflais-tu sans trop savoir de quoi tu parlais, te reculant un peu pour essayer de croiser son regard et déposer un baiser sur ses lèvres.


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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Mar 20 Nov - 22:44
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Tes mains sur ses joues, t’essaie de le retenir, d’lui dire que c’est pas vrai, que tu veux pas le quitter, pas du tout. Que la vérité, c’est que tu ne te vois plus sans lui, avec toi, contre toi. Un repère en pleine pénombre, celui à chaude lumière, qui fait sourire, qui réchauffe. Tu ne sais pas ce qui t’as pris. De douter de lui d’un seul cauchemar qui vous a pourri la nuit. Ou un cauchemar qui en cache des milliers d’autre, l’inconscient qui se charge de te montrer ce que tu ignores depuis trop longtemps. Tes peurs les plus enfouies. Peur de l’abandon, peur de souffrir, peur de revivre un passé que t’aimerais enterré. Un passé moche qui ne doit pas gâcher ce présent qui parait si parfait. Mais c’est peut-être juste ce que tu es en train de faire, de reposer tes craintes sur ses épaules, de l’accuser pour ne pas admettre, d’imposer la distance comme une faible protection. Mais ça va peut-être trop loin, sûrement. Tu doutes et il le voit bien ou le ressent tu ne sais pas, cet arrière gout qui dit que rien ne va.
Alors tu gardes tes mains sur ses joues, t’essaie de le retenir oui, parce que tes démons n’ont pas le droit de tout foutre en l’air, de tout contaminer, de tout faire exploser. Non tu ne veux pas le quitter, non Al n’est pas Alwin, c’est vrai. Mais tu ne peux pas t’empêcher de comparer, de guêter le moindre mouvement brusque, main levée, regard noir. Comme un putain d’homme battu.
Tu parles, enfin, t’éclaires une part d’ombre et pourtant t’en dis si peu de chose. Dans la tentative veine de le préserver, tu te doutes bien que certaines choses ne doivent pas être dites, c’est pas joli, c’est pas humain, ferme ta gueule, c’est pas possible tout ça. Un putain de réfugié qu’on veut pas croire. On t’a torturé ? Non, c’est pas possible ! Dans la vraie vie c’est pas possible !
T’aimerais bien toi.
Mais dans la vraie vie, c’est pas comme ça.
Y’a pas de roses, y’a rarement de blanc. En fait, t’as souvent vu que du noir et pourtant t’as rarement perdu espoir. Peut-être ça qui t’a maintenu en vie. Ce rêve qu’un jour tout soit fini. Et ce rêve est peut-être enfin arrivé. T’aimerais y croire, Al te donne envie d’y croire. Alors quoi ? Qu’est-ce qui ne va pas ?
Al t’attire contre lui, te sert dans ses bras, et toi tu es surpris, à cligner des yeux, à rester immobile. C’est pas la première fois qu’il le fait, c’est toujours aussi doux, toujours aussi apaisant, l’impression d’être soudainement protégé de tout, d’avoir une moitié, d’avoir quelqu’un sur qui compter. Ça te surprend toujours, sûrement parce que tu n’y as jamais été habitué. Faut tout réapprendre avec lui. Tu fermes les yeux.
Et il parle.
Il pose ta tête contre son cou et tu te laisses faire.
Al il est fort. Presque aussi fort qu’un super héros parce qu'il arrête la tempête avec de simples mots. Tu hoches la tête, crois ses mots de toutes tes forces, essaies d’éloigner les doutes le plus loin possible de vous. Juste croire. Croire. Croire. Faire confiance. Tu peux le faire, c’est sûrement pas si dur. Al n’est pas Alwin. Faire confiance. Lorsque vos lèvres se touchent, tu gardes les yeux ouverts sur son visage comme s’il fallait l’enregistrer, supprimer tous les vieux fichiers. Faire confiance. « Je suis désolé… » parce que tu vois bien que tu l’as boulversé et tu t’en veux, tu passes tes bras autour de lui, repose ta tête contre son épaule, tu veux pas le lâcher. Tu laisses de longues secondes filées avant de reprendre la parole,« Il m’a toujours dit que j’étais remplaçable. Comme un jouet… Je pense que j’ai du mal à ne plus le croire » c’est timide. Mais c'est vrai, ça fait du bien d'en parler. Tu resserres ton étreinte, enfonces ton nez dans son cou. « Mais je vais essayer. »
J’ai peur de plein de chose, c’est vrai.
J’ai peur que tu te lasses de moi, j'admets.

 
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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Lun 26 Nov - 23:58
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Tu ne l’avais pas vue venir, cette matinée de crise et maintenant que tu avais prononcé ces mots, tu réalisais l’horreur de la chose. En fait, t’étais terrorisé à la seule idée qu’il puisse effectivement vouloir te quitter alors que tu n’avais rien fait de mal pour une fois. Mais il ne s’agissait pas toujours d’être responsable d’une situation. Parfois, les choses arrivaient juste comme ça, sans réelle raison, sans signe avant coureur non plus. Un soir tu te couches et tout va bien…et le lendemain ? Tu te réveilles en te rendant compte que l’amour avait disparu. Etait-ce ce qui était arrivé pour Art ? Est-ce qu’il avait simplement cessé de t’aimer ? Juste comme ça ? Sautant sur la première bonne excuse pour te jeter ?
Et qu’est-ce que tu ferais s’il te disait oui ? Qu’il préférait que vous en restiez là ? Les dents serrées, t’en fuyais son regard alors qu’il posait ses mains sur ton visage. Tu n’avais pas envie de l’écouter, de le regarder non plus. En fait, tu avais presque envie de jouer à l’enfant à t’en boucher les oreilles en hurlant. Blablabla. Heureusement que tu ne le fis pas parce qu’Art, il ne voulait pas te jeter, c’est du moins ce qu’il tentait de te faire comprendre mais tu n’en étais pas encore complètement certain. Tu avais cette désagréable sensation qu’il y avait réellement songé. Que l’idée ne lui était pas complètement étrangère. Mâchoires vibrantes sous la peau tendue de tes joues, tu ne voulais toujours pas le regarde et cette fois, tu envisageais à ton tour de te dérober. De te reculer de son emprise, déstabilisé par le flot constant d’émotions contradictoires qui te prenaient de court. Tu n’avais jamais été très bon pour gérer tes émotions en plus et là, tu ne savais même pas ce qui dominait. T’avais horreur de ça. Mais dans le lot, l’idée de le perdre te paraissait la pire alors tu ne pouvais pas le repousser, ni lui gueuler dessus. Tu ne pouvais que baisser les armes, hein ?
Au moins temporairement. Parce qu’il avait l’air au moins aussi perdu que toi, pour d’autres raisons. Mais comme toi, il était hanté par des démons qui le dépassaient et qui faisaient de sa bien un enfer même si tout semblait aller bien…à la surface. Si tel était le cas, vous seriez un couple épanoui, un couple qui ne craignait rien, ni dans la rue, ni dans la chambre.
Son visage dans ton cou, tu finis par parler, la respiration lourde. Vos lèvres se joignirent un court instant avant qu’il ne prenne la parole à son tour, s’excuse, te serre à nouveau contre lui. Vous deviez avoir fière allure ainsi, tous les deux, serrés l’un contre l’autre comme si vous craigniez vous voir vous évaporer. « T’es pas un jouet, ok ? » soufflais-tu. Tu ne savais pas ce qu’il convenait de dire, tu ne savais pas gérer les blessés de guerre, tu ne gérais rien du tout en réalité même si tu ne préférais pas l’admettre. Tu n’avais pas les mots pour le rassurer, pas les bons mots à placer au bon moment. La vérité, c’est que tu te sentais au moins aussi perdu que lui, tu refoulais simplement plus fort pour qu’il ne s’aperçoive de rien. Il avait besoin de pouvoir compter sur toi. « ça va aller… » soufflais-tu, faute de mieux. « Viens, on y retourne, on se rendort et on quand on se réveillera, tout ira mieux » lui-proposais-tu, traçant des sillons dans ses cheveux coupés courts. Et tu aurais aimé que ça fonctionne juste comme ça, se réveiller d’un mauvais rêve comme si rien n’était arrivé. « Vas-y, j’arrive »


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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Lun 3 Déc - 22:41
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“avaler de travers” &
Comme des électrochocs au cœur, parfois ça fait mal, parfois ça paralyse. T’as manqué de tout détruire, comme ça, d’un claquement de doigt. Même pas besoin d’Alwin. Y’a presque failli que de simples mots, un doute, persistant, envahissant. L’occasion pour les souvenirs poussiéreux de te couler, de t’arracher à la réalité, de t’égorger. Deux minutes à peine. Des putains de mots. Et t’as failli le perdre. T’as le cœur qui tremble. Alwin qui reste encré dans ta tête, qui disparait pas, qui continue de t’étouffer. T’en as marre. Quand est-ce que ça s’arrête ?
Comme une maladie incurable.
Comme la perpétuité. Condamné que t’es. T’as presque mal aux poignets, à sentir, sentir à nouveau, une chaine venir tout foutre en l’air. Même pas besoin d’Alwin. T’agis comme un petit soldat, comme une marionnette, même pas besoin de te menacer avec la cendre des cigarettes. Un joli pantin que voilà ! Alwin serait content, Alwin serait fier de toi !

T’étouffes.
Tu veux hurler.
Mais c’est comme une prison invisible, c’est comme crier dans le vide.

Alors tu le serres comme si tes lèvres étaient liées. Contre toi, voir si t’as l’cœur qui bat contre le sien, voir si ça tambourine pas de travers, qu’on t’a pas planté un couteau par derrière. Alors tu le serres, si fort, tu veux pas qu’il parte, tu veux pas qu’on te l’arrache. Non. Pas ça. Tout mais pas ça. Tu t’en veux, tu te maudis, tu t’excuses mais ça ne suffit. T’es le pire des petits-amis. Tu le sais, putain. Tu lui avais dit.
A la place de t’excuser plus encore, tu parles de ces conneries qui font peine à voir, qu’on peine à croire. Même Al, il y croit pas. « T’es pas un jouet, ok ? », tu lèves les yeux vers lui, puis finalement tu les dévies. Tu hoches la tête. Stupide automatisme. La vérité, c’est que t’as la cervelle encore endoctrinée, qu’elle a du mal à se mettre à jour, à redémarrer. Faudrait peut-être effacer la carte mémoire, tout débrancher sans culpabilité pour voir si ça marchera mieux après.
Tu hoches juste la tête. Pour lui donner raison, pour pas le froisser, pour qu’il te pardonne.
Toujours la même histoire.
Tu t’écrases.

Tu lui souris. Un peu tristement. Al, il est innocent. Suffit de retourner sous les draps et tout ira mieux qu'il dit. Et les vieilles manies reviennent, tu caches, tu hoches la tête. Si seulement Al. La vérité c’est pas ça. La vérité c’est que c’est pas aussi simple. Mais c’est jamais le bon moment pour le prévenir, pas vrai ? « Vas-y, j’arrive », tu t’éloignes alors un peu de lui, « tu ne pars pas hein ? », parce que tu comprends pas pourquoi il ne vient pas avec toi. Et tu dis pas.
Non, tu ne dis pas.
Alwin est revenu. Alwin est là.
T’es en danger, Al.
Je suis désolé.


Tu l'embrasses une dernière fois et tu retournes dans la chambre sans un bruit.
Tu lui avais dit. T’es le pire des petits-amis.
 
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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Ven 7 Déc - 16:57
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Tu n’en avais jamais réellement pris conscience mais plus que jamais, tu te rendais compte ce matin que l’histoire d’Art te dépassait. Tu n’avais pas la moindre idée de ce qu’il avait traversé mais les stigmates sur sa peau en étaient témoins. Tu n’étais pas certain de vouloir en apprendre davantage sur leur origine parce que tu détestais te sentir impuissant, incapable de l’aider ou le réparer. Vous ne pouviez pas changer le passé, passé que tu ignorais presque totalement en fait. Tu n’avais jamais vraiment demandé à ce qu’il te raconte sa vie, son histoire et comme toi, Art ne racontait rien sans qu’on le lui ait demandé. Autant dire que tu commençais à te rendre compte que vous ne saviez rien l’un de l’autre. Tout ce que tu savais, c’est que tu l’aimais lui. Tu aimais vivre à ses côtés chaque jour, tu aimais ses manières et son calme qui tempérait si bien ta propre impulsivité. Tu aimais t’endormir chaque nuit contre lui, sentir enfin la chaleur de sa peau contre la tienne et te laisser envahir par le calme qu’il dégageait. Avec lui, tu oubliais tout. Une fois la porte de votre chambre fermée, tu te sentais serein, apaisé même. Il n’avait pas le droit de foutre ça en l’air.
Sans les mots pour le réconforter, tu l’envoyais au lit comme s’il n’était qu’un enfant, ce n’était pas le cas mais tu avais besoin d’être seul un instant. T’avais besoin de laisser tes idées s’éclairer, tes émotions se dénouer aussi. « T’inquiète » fis-tu en hochant du menton à sa question, attendant qu’il ait tourné les talons, tu te dirigeais vers la petit cuisine, tendant l’oreilles pour t’assurer qu’il ne soit pas revenu sur ses pas, tu sortis une bouteille que tu dévissais discrètement, avalant directement au goulot plusieurs gorges de vodka. Ça t’arracha la gorge à t’en faire mouiller les yeux mais tu en repris deux avant de ranger la bouteille, t’essayant les lèvres d’un revers de bras. Attrapant la bouteille de coca entamée dans le frigo, tu écrasais l’odeur de l’alcool avec celle du coca-cola avant de revenir dans la chambre.
Ce n’est qu’une fois la porte refermée que tu revins sur le lit, sentant l’alcool remuer ton estomac. T’accueillis la chaleur qu’il te procurait avec un certain soulagement et même si l’alcool ne t’était pas encore passé dans le sang, tu pris garde à ne rien laisser paraître alors que tu rejoignis Art, passant ton bras autour de lui, les lèvres posées sur la peau de son cou. « Qu’est-ce que tu m’as fait Art hein ? Pourquoi j’suis accro à toi comme ça hein ? » Demandais-tu d’un ton plaintif sans cesser de l’enlacer, bien logé dans ton dos. C’était la vérité vraie, Art ne faisait pas tout à fait parti de ton style habituel mais tu aimais tout de lui, même son air tragique et torturé.


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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Dim 9 Déc - 16:27
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“avaler de travers” &
« T’inquiète. »
Y’a des milliers d’échos dans tes oreilles, le regret déjà lourd de ne pas lui dire, de ne pas lui faire confiance encore, de lui cacher encore. Encore. De penser qu’il faut le protéger à tout prix, qu’il a pas besoin de savoir, que tu peux régler tout ça, tout seul, que t’as besoin de personne toi, t’as jamais eu besoin des autres, hein ? T’inquiète. Ça va bien se passer. Y’a pas de raison. On est bien tous les deux. On s’couche, ça ira mieux. T’inquiète. Je gère.
Tu gères rien du tout.
L’danger est partout. Mais t’inquiète Al ! On l’a vivra notre histoire d’amour. Ça sera beau.
Promis…

Tu lui donnes une ombre de sourire, tu pars vite te réfugier là-bas, là où c’est facile de fuir. Impression que le cœur va exploser sous la pression, que tu merdes. Encore. Tu viens t’assoir de ton côté du lit, les draps défaits par la tempête qu’a éclaté, reste plus aucune chaleur, y’a tout qui s’est envolé, reste plus que l’odeur d’une clope qui vient noircir les murs. Tu soupires, visage dans les mains, coudes sur les genoux. L’boulet aux pieds qui t’épuise. L’océan d’émotions qui t’emporte toujours pour te faire chavirer de l’autre côté de la planète, loin de la réalité. Tu regardes ta table de chevet, tu te sens minable. Tu viens chercher ton carnet usé, les pas d’Al que tu entends avant de l’avoir trouver. Tu viens cacher tes pieds sous la couette, pas le courage d’enlever une nouvelle fois le tissu ample de ta poitrine, fait trop jour, fait trop beau dehors. Tu veux pas te voir. Tu te tolères que dans le noir. Ça aide pas, hein ?
Tu te détestes tellement que tu vois même pas ce regard qui crève les yeux, celui qu’il pose sur toi, celui fou amoureux. Il a envie de toi Al, il te trouve beau, il est foutu. L’voisinage entier qu’a dû le remarquer, à croire que t’es l’aveugle du quartier. A penser qu’Al peut t’échapper, à tout moment, dès que t’as le dos tourné, comme s’il attendait la première occasion pour s’en aller, qu’Mily c’est le danger, t’es vraiment le premier des cons. La vérité, c'est l'inverse et c'est toi qui fait tout bloquer.
Tu l’enlaces, viens recréer un semblant de chaleur, viens raviver les cœurs. T’es vraiment nul, t’as tout gâché, peut-être que t’as fait une fissure à l’intérieur de sa poitrine, qu’il est plus sûr de rien alors tu viens le noyer dans ton odeur. Mais non, t'inquiète Art. Les doutes c’est pour les peureux, c’est pour les faibles. Al il t’enlace, il pose ses lèvres dans ton cou comme si t’avais jamais lancé de pierre, comme si tout était clair. Que vous vous aimez, point barre.
Arrête de réfléchir, arrête.
Sa question a comme un gout de déjà entendu, la voix comme un minable, l’genoux à terre, toi en Roi, qu’est venu tout foutre en l’air à l’intérieur, qu’a colonisé toutes les terres, qu’a installé son Empire. Qu’la Mily, tu l’as jeté à l’eau, qu’Al s’est ton prisonnier particulier. Le tien. Tout entier. T’aimerais hein ? Peut-être que c’est vrai. Après tout il t'en a dit des belles choses. Dès t'es parfait, je t'aime, qu'la Mily il l'a lâché pour toi, qu'il est avec toi, qu'il est dingue de toi.
Tu ne lui réponds pas tout de suite, peut-être qu’il ne faut rien dire après tout.
Tu poses tes lèvres sur sa tempe, son corps que tu pousses contre le matelas pour y prendre le dessus alors que sa voix au creux de ton oreille a déjà vaincu toute ton armée, alors tu lui massacres la sienne par des baisers. Sur sa mâchoire, sur son cou. Tes mains que tu glisses sous le tissu, doigts contre ses côtes. « C’est toi aussi… Tu vends du rêve », tu lui souris, tu viens frôler ses lèvres, Al si tu savais. Un rêve de conte de fée, « jamais je te laisserais filer », tu l’embrasses, le gout sucré du coca qui se glisse sur ta langue avant que tu te recules, ton regard toujours dans le sien.
La chaleur qui revient.
 
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MessageSujet : Re: Boire tes paroles (ALT#4)   Lun 10 Déc - 0:13
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uand tu réfléchissais de trop, ça ne te réussissais pas. Tes pensées s’embrouillaient trop pour former un épais brouillard dans ta cervelle de moineau, asphyxiant tout ce qui pouvait s’y trouver. Art te savait impulsif mais il n’avait pas idée du bordel que pouvaient représenter tes pensées et émotions. Tu les minimisais, le reléguais au second plan mais tôt ou tard, elles finissaient toujours par remonter à la surface, décuplées. Tu n’avais pas envie que ce soit pour aujourd’hui alors quelques gouttes d’alcool feraient bien l’affaire.
Ce n’était pas une addiction, juste un coup de pouce pour t’aider à te gérer. Et gérer Art aussi.
Mais il valait mieux qu’il ne le sache pas. Il savait évidemment que tu gérais tes histoires de cette manière, ou plutôt, tu ne les gérais pas de cette manière. Tu te souvenais encore vaguement de ce jour où tu t’étais pointé au garage, complètement ivre. A cause de Mily, de votre histoire en dent de scie. Il avait été là, à te couvrir, t’aider alors que t’étais vraiment mal. Vous n’en aviez plus jamais parlé, il n’y avait d’ailleurs rien à dire de particulier mais par moment te revenaient ces bribes de souvenirs, de ta main sur son poignet, ce petit geste sans réelle signification qui prenait aujourd’hui tout son sens. Est-ce qu’à l’époque déjà tu l’aimais sans même le savoir ? Etait-ce vos âmes qui étaient tombées amoureuses sans songer à en avertir vos consciences ? Aujourd’hui, tu n’en douais plus. Ça ne rendant pas la situation plus facile pour autant.
Tu revins pourtant près de lui, l’entourant de tes bras après avoir grimpé sur le lit, sans rien dire. Pas tout de suite. L’instant était encore trop fragile mais toi, t’étais venu le consolider. T’avais trop longtemps vécu dans les ruines pour laisser cette histoire là s’effondrer, elle-aussi.
Ta question n’en était pas moins sincère. Tu ne savais pas ce qu’il avait de plus, ce qu’il avait fait précisément, pour te rendre dingue comme ça, prêt à changer de cap aussi brutalement. Mais là, seul face à lui, tu te fichais de la réponse.
De ses baisers en revanche, tu ne te fichais pas et docilement, tu le laissais te aller contre le matelas. En fait, cet angle de vue là te plaisais bien, tu aimais  voir son visage fendre la monochromie du plafond. Et plus encore ses baisers dans ton cou. Ou sa main sur ta peau ? Tu laissais un petit sourire étirer le coin de ta lèvres et passant ta main sur sa nuque, tu l’attirais un peu davantage à toi. Tu commençais à avoir chaud, à cause de l’alcool ? Ou d’Art ? Peut-être les deux ? « Ah ouais ? J’voudrais bien voir ça ! » Provoquais-tu d’un petit rire mais tu n’avais aucune intention de lui échapper. En fait, tu l’attirais même un peu davantage à toi, capturant ses lèvres des tiennes, le poing refermé sur le tissu de son vêtement. De joueur, le baiser se mua pourtant rapidement en quelque chose de plus intense, plus brûlant. Tu t’emballais, peut-être que tu cherchais les limites ? Qu’il te repousse ? Qu’il se défile ? Tu ne savais pas trop, tu ne préméditais rien, ni de ta respiration accélérée,  de ta main qui le tirait encore à toi, descendue jusqu'au rebord de son pantalon. A croire que t’essayais de l’absorber toute entier.


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