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 Wasted night and broken shoe (Isaac)

MessageSujet : Wasted night and broken shoe (Isaac)   Mer 17 Oct - 16:44
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Addison Richards
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Wasted night and broken shoe17 octobre 2018 - Vers 23h - @ Libre
Un verre de trop. Juste un de trop. Le verre de plus, qui claque sur le comptoir un peu trop brutalement, un peu trop violemment. Et l’alcool pique un peu plus que d’habitude lorsqu’il se faufile au travers de la gorge déjà anesthésiée. Il semble tanguer plus rapidement contre les rebords du verre, liquide ambré qui fait des vaguelettes, comme s’il allait s’échapper des barrières transparentes qui le retient. Mais la flamme est si agréable contre les entrailles, douceur infinie, acide tendre qui grignote l’intérieur, enfonçant ses griffes dans l’âme alors que l’esprit chavire. Le verre de trop, celui qui ne faut pas boire, celui qui fait dépasser la ligne entre deux états.

Je quitte le bar en titubant, aucun regret sur le bord des lèvres lorsque je manque de m’étaler sur le pavé dès le premier pas. Ce verre que je me suis convaincue d’avoir besoin, l’énième d’une soirée en face à face avec ma solitude. Boire entourée d’inconnu, ce n’est pas quelque chose dont j’ai l’habitude, préférant le confort d’un verre de vin et la familiarité de mon canapé, mais l’esprit voulait autre chose ce soir. Un anonymat au milieu des avinés, un sentiment corrompu de solitude inachevée. Un visage parmi les autres, une voix au centre des rires gras et des paroles incompréhensible. Le bar était plein, l’appartement désert, un choix facile à faire.

Le vent me cueille par surprise et je remonte le col de mon manteau, le trottoir est humide, il a dû pleuvoir encore. Temps automnal, les feuilles commencent à tomber, la nuit fait la course avec le jour et gagne d’un peu plus de seconde à chaque fois. Mes talons claquent sur le pavé, j’allume une cigarette au coin de mes lèvres. Autant empoisonner l’organisme un peu plus, non ? Une main contre le mur, je marche tant bien que mal, adrénaline qui pulse au travers des veines, la très nette impression de pouvoir briser des montagnes à mains nues. Sourire stupide aux lèvres, j’ai les pensées qui fusent, et je me vois parcourir la ville à pied pour y retrouver Manhattan, franchir la porte qui m’est désormais interdite et attraper mes enfants par la main. Prendre un avion, les emmener, disparaître, loin, loin, loin. Un plan parfait, jamais mon mari pourrait nous retrouver.

Une voiture klaxonne, des phares se rapprochent et je plisse les yeux, réalisant que je suis au milieu de la route, une voiture stoppée devant moi à attendre que j’avance. D’un signe de main je m’excuse, et continue à me traîner. Au moins, j’ai toujours la décence d’emprunter les passages piétons. C’est bien ça. High five mental et je choisis d’ignorer la partie raisonnable qui tape du poing dans le cerveau. Plus que consciente de mon état d’ébriété, je termine la cancéreuse, la piétine sur le pavé et continue à avancer. Poids sur l’âme qui s’installe, l’adrénaline redescend peu à peu, l’alcool change, sa danse devenant un peu plus une torture à chaque nouveau pas. Je glisse sur le bitume trempé, le talon claque, craque, fait un bruit bien trop fort pour un talon, si vous voulez mon avis. Moi je tombe. Comme une vulgaire poupée, une main en avant pour tenter de minimiser l’impact. Un cri ridicule m’échappe. Je ne peux empêcher la culpabilité de s’installer, même si c’est la faute de la pluie, bien évidemment, ce temps de merde qui a tout causé. Puis ces chaussures à la con aussi. Et le trottoir mal fait.

La rue reste déserte lorsque je regarde autour de moi. Je ramasse mon peu de dignité et reste assise sur le trottoir, une chaussure brisée entre les doigts. Le talon s’est envolé je ne sais où. Je me sens bien minable d’un coup, elles sont loin les montagnes et les envies de liberté. Geste rageur et je lance la chaussure cassée au loin, l’injuriant de tout les noms. Je gueule ma colère au ciel, comme si les nuages allaient m’écouter, sans réellement me rendre compte que la pluie n’a jamais commencé à couler mais que c’est bien moi, qui suis en train de pleurer. Elle est bien belle la demoiselle aux poches bien remplie, la presse à scandale s’en donnerait à cœur joie si elle pouvait me voir, elle écrirait même ses torchons sur mon dos, un bureau de qualité et l'occasion d'être à vif du sujet. Ricanement léger qui résonne parmi les lampadaires, pendant que ma dignité continue de s’émietter.

Le verre de trop je vous dis, c’est fatal selon les soirées.






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MessageSujet : Re: Wasted night and broken shoe (Isaac)   Dim 4 Nov - 10:51
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Isaac Taylor
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Il avait fini la soirée dans un bar comme de trop nombreuses fois, d’ailleurs. Toujours régi par ce besoin de tromper l’ennui par l’ennui, Isaac s’était, encore une fois, perdu dans les méandres de l’alcool. Le whisky lui faisait du bien, anesthésiait ses sens, lui permettait d’avoir un peu moins mal à l’âme et au cœur. En général, il vérifiait rarement où il s’engouffrait, qui s’y trouvait. Il se foutait dans un coin du bar et puis, il buvait sans jamais faire attention au nombre de verres, à ce qu’il y avait comme ambiance dans le lieu choisi. Il était loin de tout, enfermé dans sa solitude et dans ses regrets. Isaac, petit à petit, sombrait. Ça commençait toujours ainsi. Le refus d’assumer la majorité de ses erreurs ne l’aidait pas. Les souvenirs d’un acte violent revenaient sans cesse. Et l’alcool lui permettait de s’échapper dans un monde doucereux où il évoluait en spectateur indolent, qui ne se doutait de rien… Jusqu’au moment de la chute, où il atterrissait sur un sol froid et gelé, lui rappelant tout ce qu’il était devenu. Un moins que rien, un estropié qui refusait d’admettre ce qu’il était réellement, cette différence qui le rendait trop normal, ce besoin de l’Autre qui générait ce manque, après tout ce temps et à jamais. Et quand cette souffrance se réveillait, dans cette Chute, alors Isaac ressentait cette envie d’oublier, de se sentir bien. Et le verre apparaissait par magie, devant lui et la brûlure dans sa gorge l’aidait à s’endormir, à redevenir un être doté de si peu de douleurs. Un temps éphémère… Un temps où la nuit l’enveloppait… Là où les démons dansaient ensemble, chantant en chœur une insoutenable symphonie, écho à son cœur blessé.

Il sombrait lentement et inexorablement.

« Il m’faut un aut’ verre… » Bougonna-t-il à l’encontre du barman qui l’observait depuis un moment déjà. Les cadavres des verres de whisky se trouvaient devant lui. Isaac les buvait trop vite mais il appréciait cet état cotonneux dans lequel il se trouvait. Tout était engourdissement et anesthésie de tout. Même la musique lui paraissait plus lointaine. « Taylor, tu devrais rentrer chez toi. T’es imbibé là. » Il plissa les yeux, observant le barman. Avec un peu d’effort, il réalisa qu’il devait le connaître. « Toi… » Dit-il en fronçant les sourcils et le pointa d’un doigt vacillant. « On s’connaît ? » Oui, et d’où il le connaissait ? ça lui paraissait si difficile de se rappeler. Beaucoup de choses étaient compliquées à se remémorer de toute façon. Même son appartement. Il se trouvait où déjà ? Dans le Queens ? Sur Long Island ? Bon sang, ça devenait pitoyable à force. « Tu viens souvent ici, quand tu n’es pas bleu, nous avons souvent discuté. » Le barman le regardait presque avec un air de pitié, chose qu’Isaac ne supportait plus. La pitié des autres, le reflet de son âme qui le regardait avec consternation. De ce qu’il était en train de devenir, de ce qu’il avait été, autrefois. « De toute façon, t’as plus de frics sur toi. Tu te souviens même pas que tu bois gratuitement depuis quelques verres… Rentre chez toi, maintenant. » Se faire jeter comme un malpropre. Il aurait pu s’insurger, avoir un peu de dignité mais il sentit son monde tanguer quand il se leva de sa chaise. « ’te faire foutre… » Dit-il avant de rebrousser chemin et de sortir du lieu bondé. Il ne savait même pas où il se trouvait. La fraîcheur de l’automne lui fit du bien, lui remettant un peu les idées en place même s’il planait toujours, perdu dans les méandres de l’ivresse. Il marcha un peu, histoire de se dégourdir les jambes, ignorant les élancements de son épaule. C’est là qu’il remarque la silhouette au sol. Entre pleurs et ricanements, il ne sait ce qu’elle a et il s’approche d’elle, doucement. Un peu trop d’ailleurs, il pourrait presque faire peur et il le fait parce qu’il n’est pas certain de ce qu’il voit. Il plisse un peu les yeux et remarque qu’il s’agit d’une femme, aux cheveux blonds, visiblement en plein désarroi. « ’Scusez-moi… » Qu’il marmonne d’une voix hésitante. « Tout v’bien ? » Dit-il en sachant très bien que ça ne va pas. Mais il ne sait pas quoi dire d’autre. Tout est brumeux. Il aurait presque de s’asseoir à côté d’elle.

Ça tanguait tellement ce soir.
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MessageSujet : Re: Wasted night and broken shoe (Isaac)   Lun 5 Nov - 5:36
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Wasted night and broken shoe17 octobre 2018 - Vers 23h - @Isaac Taylor
Les doigts massent la cheville endolorie, les larmes tombent silencieuses et pourtant mon esprit embrumé semble les entendre s’échouer lourdement contre le coton de mes vêtements. Je dois être bien pitoyable à voir. L’alcool si réconfortant se transforme en ennemi, situation plus que familière me rappelant que peut-être, juste peut-être, il serait mieux de ralentir sur la bouteille. Du moins jusqu’à ce que le chaos de la vie se soit calmé. Sourire triste d’adressé à la rue, et j’attrape mon téléphone parcourant les quelques contacts enregistrés dans le carnet. Mes doigts s’arrêtent sur plusieurs noms, plusieurs conversations imaginaires se démarrent dans l’esprit. Je pourrai supplier le mari de venir me chercher, demander du réconfort au morceau de glace qu’est ma mère. Ou peut-être même tenter de retrouver le soleil au côté d’une brune à la tendresse brûlante. Soupir, le portable retombe dans mon sac à main. Ce soir, il n’y aura que la solitude qui m’accueillera de ses griffes empoisonnées.

Des bruits de pas se rapprochent et je passe mes mains sur mon visage d’un mouvement brusque, tentative vaine d’essuyer les dégâts salés et autres sillons noirs que le maquillage aurait laissé. Un homme se tient là, à quelques mètres, il s’avance, doucement, lentement. On dirait un dresseur de cirque qui cherche à calmer sa bête enragée. Le pauvre bougre n’a pas l’air au courant que l’animal devant lui n’est qu’une lionne esseulée, blessée, prête à laisser tout tomber. Il marmonne, mange les syllabes. « Tout v’bien ? » Je ricane, hausse des épaules. « Oui, oui, tout va bien. »Réponse mécanique, plus que consciente que mon visage dit le contraire. « Écoutez, si vous voulez me faire la peau, faites donc, mais faites vite, j’aimerai rentrer chez moi finir la soirée. » Les mots restent articulés, malgré la gorge sèche, la politesse automatique, c’est à cela qu’on voit que j’ai été éduqué par les masques d’apparences aux cous ornés de perles nacrées. Aucune méfiance, ni arrière pensée, je fais presque glisser mon sac vers lui, qu’il prenne ce qu’il veuille et disparaisse, ça me donnera une bonne raison de reprendre un verre en revenant à l’appartement. Pour calmer les nerfs comme m’a tant de fois répété la figure maternelle avant de vider un verre d’un seul trait. Souvenir impérissable dans mon esprit, la beauté vénusienne de celle qui m’avait porté, ses traits tirés, les joues bouffies, du venin plein les mots et un verre entre les doigts. « Ce n’est rien, ma chérie » qu’elle me murmurait à chaque fois avant de me presser à aller jouer ailleurs. Peut-être que je ne serai jamais un modèle de mère, mais au moins les angelots n’auront jamais à me voir ainsi.

C’est vrai que les abandonner, c'est tellement mieux.

Soupir, l’attention se reporte vers cet homme qui semble bouger dans tout les sens, dieu que j’aimerais avoir une bouteille sous le coude, là maintenant. « Et vous, ça va ? » Mouvement de menton vers lui, je l’interpelle, débute une conversation sans grande conviction. J’en ai plus grand-chose à faire qu’il me détrousse ou non. Ce soir le moindre prétexte est bon pour combler les plaies béantes que la Solitude a causé.  






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MessageSujet : Re: Wasted night and broken shoe (Isaac)   Mer 5 Déc - 6:17
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Isaac Taylor
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Il s’était approché doucement, presque craintif, vers cette femme au sol. Dans les ruelles du Bronx, tout pouvait arriver. Le loyer n’était pas cher mais il y régnait une insécurité constante. Isaac ne l’aimait pas mais il n’avait pas le choix, il faisait avec. Il avait quitté son précédent appartement par souci financier, parce que les rentrées d’argent, en arrêt, n’étaient plus les mêmes. Et puis, il y avait tous ces souvenirs. Ici et là… Ces souvenirs qui le dévoraient trop, l’empêchant d’avancer même si dans son appartement, au deuxième étage de cet immeuble miteux, ce n’était guère mieux. Il était dans une constante errance et ce soir, il rencontrait une personne ayant tout besoin d’aide. Du moins, le croyait-il. Il n’osait pas s’approcher, il avait conscience de ne pas être complètement lucide, la moitié de son cerveau inhibé par l’alcool. Pourtant, la femme lui répondit d’une voix assez sèche. Tout allait bien selon elle. Il s’apprêta à repartir aussitôt mais elle reprit la parole et ses mots le fit écarquiller les yeux. « Mais je… » Il se tut, abasourdi. Pourtant, il ne devait pas être surpris : il vivait dans le Bronx. Peut-être avait-elle vécu des horreurs terribles ici faisant qu’elle ne croyait plus en la bonté humaine ? Un peu comme ce soldat novice à qui l’on remettait une arme de guerre tout en l’envoyant dans un pays où le chaos régnait ? « J’vous veux ‘cun mal. » Marmonna-t-il en fermant les yeux, sa main venant s’échouer contre un lampadaire se trouvant à côté d’eux. « C’juste qu’ici… C’est pas très sûr… » Des viols, des larcins, de la criminalité à gogo, c’était le merveilleux monde de New York, l’envers du décor que personne ne révélait. Ici, on vivait, on crevait et l’on s’oubliait. Isaac s’en rendait bien compte en évoluant chaque jour, ici. En ayant que ça à foutre tout en attendant une issue heureuse à sa vie.

Il n’y avait pas d’espoir…



Il rouvrit les yeux lorsque la femme lui accorda plus de crédit à sa requête, demandant si lui allait bien. Il se surprit à sourire, restant fixé à son poteau lumineux, tel le mari s’accrochant à son phare en pleine tempête. « C’plutôt à vous qu’il faut demander. » Il prit le temps, cette fois-ci, de l’observer. Elle n’avait pas l’air d’être traumatisée. Certes, son visage éclairé par la lumière de la ville, laissait voir des sillons de larmes, un regard brillant … Mais point de traumatisme, pas d’éléments qui permettaient de croire qu’elle avait croisé l’Horreur. Peut-être une mauvaise chute ? Un malaise ? Mais que faisait-elle sur ce trottoir, ainsi, à porter le poids de la misère du monde sur ses épaules ? « J’ai cru que vous aviez été agressée. » Dit-il en faisant un effort immense pour paraître cohérent. Les pensées se bousculaient en lui, et l’envie de plonger dans un coma duveteux aussi. C’était au point de ne plus sentir l’extrémité de ses doigts, la sempiternelle douleur à l’épaule.

Et l’espoir dans tout ça ?



Isaac tenta de s’approcher d’elle pour lui tendre la main et l’aider à se relever. Mais le lampadaire était devenu un puissant allié. Il ne prenait pas le risque de tomber, tête la première, et de se faire mal. « J’ai trop bu. » Dit-il, soudain, sur un ton sonnant comme un aveu. « Mais le lamp’daire est mon m’lleur ami… J’crois qu’j’l’aime bien… » Dit-il avec un sourire en coin. Il fixa le regard de la blonde. « Mais sinon, z’êtes tombée ? Vous … Avez b’soin d’aide ? » Il se racla la gorge, s’intimant l’ordre de faire un effort pour articuler et paraître moins pitoyable. Il l’était de toute façon. Il en avait conscience chaque matin. Il regrettait ses excès et dès que la nuit faisait sa nouvelle apparition, il replongeait. « Vous pouvez vous r’lever ou… J’appelle un ambulance ? » C’était si étrange comme rencontre. Le hasard, un endroit miteux, un trottoir.. et Isaac qui restait là, accroché mais désireux d’aider celui qui en avait besoin.

A la voir ainsi, il pensait à cette éventualité que son cœur à elle soit aussi amoché que le sien.
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