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 warm hands, cold heart (robin)

MessageSujet : warm hands, cold heart (robin)   Lun 15 Oct - 15:57
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Orso Morello
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warm hands, cold heart
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août 2018 - ruelle
La nuit colle à la peau, voile de satin qui s'accroche à l'épiderme. Orso trop son t-shirt encombrant. Ses épaulent tirent le coton lourd d'humidité ambiante, comme deuxième peau trop serrée. Monstre d'encre, il gronde sous la couverture de la nuit, son profil insondable. Le sommeil se heurte à ses phalanges. La mère supérieure lui rappelle qu'il est damné, chaque fois qu'il ose fermer les yeux. Elle est enterrée à des milliers de kilomètres, mais sa voix rugit en italien des passages du nouveau testament, possédée par quelque chose de divin. Orso peut encore invoquer sa voix, sorcière de la croix. Il chasse son image en gravant la ville au fond de ses orbites.

Le quartier n'est pas fréquentable. Les hommes ont la colère aux poings. Toute cette civilisation a renié le droit au sang. Cette animalité, ce besoin de briser avec ses mains. Les dernières semaines ont été tranquilles, la saison chaude bouffant le crime. Orso est impatient de retrouver son maître, de se faire ordonner des horreurs, de faire ce qu'il doit et de revenir en rampant. Ça le démange, cette inaction.

Des voyous à deux sous semblent miauler un peu plus loin. Orso a envie d’aboyer, pour les regarder se disperser comme des rat. Il s'approche, rôdeur. Ses pas d'ours le trahissent, il ferait trembler la terre. Huit perles sombres scintillent à à la lumière des réverbères. Pris en flagrant méfait. Ils la tiennent, cette petite chose, cette blanche colombe, prêts à lui briser les ailes. Elle doit sentir la disruption dans l'air. Deux prunelles bleues s'ajoutent à la ribambelle de regards qui s'accrochent à l'ours aux ongles acérés.

Orso expire un ricanement désabusé. vraiment ? à trois contre une, c'est risible. que crachent ses yeux. Il fera de la pâtée de ces misérables. Il cherchait un endroit où enfoncer ses poings, voilà qu'ils lui en servent une sur un plateau d'argent. Orso pourrait porter le manteau du preux chevalier, mais il n'en a rien à faire. Il ne fait pas ça pour la colombe aux plumes échevelées, non. C'est pour l’exhalation qu'il fait claquer ses jointures contre la gueuler du misérable le plus proche. Il hurle raisonnablement. Le second semble rouler sur la connerie, s'accrochant au dos d'Orso, comme si ça allait le faire tomber à la renverse. Le géant se contente de le secouer jusqu'à ce qu'il rejoigne le pavé, tête première. Le troisième moins que rien ne doit pas avoir plus de seize ans, il tremble dans ses baskets, mais il a le courage de sortir une lame. Orso rigole, bruyamment, vexant le gamin, qui plonge. Carnivore, l'italien capte sa proie d'une seule main, serrant son poignet, causant une grimace de douleur sur son visage poupin, attendant le bruit caractéristique du métal contre l'asphalte. La montagne se débarrasse du pantin, l'envoyant valser contre la brique. Un air de mécontentement se propage sur la gueule de l'ours. Il n'a pas vu la couleur écarlate de la vie qui coule. Les voyous de fonds de ruelle ne sont pas à la hauteur. Le quatrième en profité pour filer. Les deux premiers tentent de tenir leur place, mais c'est peine perdue. Leur égo les empêche de déguerpir. Orso reçoit un poing en plein ventre, ça chatouille. Deux, trois coups, une esquive, six semelles qui claquent contre le béton dans une symphonie qui sonne la victoire.

Orso laisse tomber ses bras à ses flancs, ses jointures sont rougies. L'atmosphère est toujours aussi lourde, les derniers moments n'ont fait qu'exacerber sa faim. Ses prunelles de glace tombent enfin sur la colombe sur le pavé. Elle devrait s'envoler. ouste, petite chose ailée. murmure son silence.
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MessageSujet : Re: warm hands, cold heart (robin)   Lun 15 Oct - 19:07
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Robin Parker
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“warm hands cold heart.” & Maman sera toujours là promis juré ma douce, promis juré. Pourtant ce soir la promesse a un goût de cendre dans sa bouche. Maman n’est pas là, maman n’est plus là, maman est dans une bulle d’hôpital, branchée à trop de machines qui n’arrêtent pas de sonner. Elle n’a pas tout compris Robin, les mots compliqué des médecins, la façon dont ils l’ont traité avec un peu trop de gentillesse, lui demander si papa sera bientôt là. Mais papa n’est pas là, papa est parti, papa est mauvais, il ne pourra rien faire. Elle a secoué la tête Robin, faisant voler ses jolies boucles blondes, sourire plaqué sur le visage en disant qu’il n’y a qu’elle, elle et le révérend qui viendra surement demain pour prier. Elle a signé où il fallait signer, avant de quitter l’hôpital, sans vraiment savoir où aller. Rentrer à la maison peut-être, mais la maison est trop loin, des rues qu’elle ne connait pas qui se succèdent alors qu’elle marche un peu trop lentement, les mains dans les poches de sa jupe, qu’elle essaye de chantonner pour éloigner la mauvaise humeur, ramener un brin de soleil. Ca marche pas vraiment, y a les bip des machines qui reviennent sans cesse, y a le visage de sa mère qui se tord aussi, le bruit de la tasse de thé qui se fracasse par terre alors qu’elle chute, corps sans vie, marionnette dont on a coupé les fils. Votre mère a fait un AVC, d’après les médecins, elle comprends pas vraiment tout, elle a déjà lu le terme quelque part, dans les nombreux livres qui peuplent les murs de l’appartement trop vide. Elle est dans le coma, on ne sait pas quand elle se réveillera. Au fond c’est un peu comme la belle au bois dormant, sauf qu’elle n’a pas eu besoin de se piquer sur le fuseau pour tomber dans un sommeil trop profond. Y a une note qui lui échappe, lui force à relever la tête, à sortir de ses pensées aléatoires. T’es perdue gamine qu’elle entend une voix ricaner au fond de son crâne. Encore plus que le petit poucet, comme une idiote elle n’a pas pensé à disperser des cailloux derrière elle pour retrouver son chemin. Et soudain ça la prend à la gorge, la bouffée de panique, les larmes qui montent un peu trop vite, alors qu’elle s’accroupit par terre, se roule en boule pour se protéger, essayer de ne plus voir les ténèbres qui l’entoure. Oiseau hors de sa cage, on lui a pourtant coupé les ailes trop jeune, aujourd’hui elle ne sait pas voler pour retrouver son chemin.
T’es perdue ma belle ? une voix qui lui fait lever la tête : ils sont quatre autour d’elle, quatre trop grands, des garçons, ceux dont sa mère lui a toujours dit de faire attention. « Non. »  qu’elle réussit à articuler en secouant la tête, se redressant un peu trop vite, essuyer les larmes sur ses joues trop pâles. T’es sur ? t’as pas l’air bien. Viens avec nous on peut t’aider tu sais. Vraiment ? Pendant un instant elle y croit presque, puis les mots de sa mère qui reviennent comme une tempête dans son crâne, Robin qui essaye de se grandir du mieux qu’elle peut, secoue de nouveau la tête, se faufile dans un espace pour se libérer.  « Non merci c’est gentil mais on m’attend »  c’est faux. Terriblement faux. Personne l’attend ce soir. Mais le dire à voix haute l’aide à croire autrement, alors qu’elle marche un peu plus vite, retient sa respiration.
Ca ne leur suffit pas.
Je crois que t’as pas bien compris. Alors qu’une main se referme autour de son bras, le souffle qui lui manque quand elle se retrouve propulsée contre le mur, les quatre contre elle, et elle qui n’a plus rien à dire. Plus de mots. Juste de la peur. Beaucoup trop de peur. On dit oui, merci. Pas un son, rien, elle sent ses jambes qui menacent de se dérober sous elle, le cœur qui bat trop vite, trop fort. tais toi mon cœur. Elle sent la crise arriver, elle sent l’air qui vient à manquer, les lumières qui dansent en points devant ses yeux alors qu’elle commence doucement à basculer. Y a plus rien pour elle ici. Y a jamais rien eu. Elle aurait jamais dû partir de chez elle, rester à l’hôpital, se cacher, pas quitter sa mère.
Et y a comme un rire tonnerre qui éclate dans l’air.
Elle comprend pas bien ce qui se passe Robin, la nuit qui l’empêche de comprendre, la panique aussi qui le voile les yeux. Soudain y a plus de pression. Soudain y a plus rien contre elle, juste du vent. Et à quelques mètres ça explose, violence qu’elle ne distingue d’abord pas, puis petit à petit, cinquième homme arrivé dans la rue, il revoit les autres à un rôle de gamin un peu trop fragile. Collée contre son mur elle ne bouge pas, pas un muscle, pas un souffle, regarde la scène qui se déroule devant ses yeux ébahit, le rouge carmin qui s’étale un peu dans le noir, sur les poings de l’homme, le cri des enfants, qui ne font pas vraiment le poids. Ils finissent par disparaitre, filant aussi vite qu’ils le peuvent pour garder un semblant de vie, la laissant seule face à son sauveur. Sauveur qui n’en a pas grand-chose, pas d’armure étincelante comme dans les contes de fée, pas d’épée ni de couronne, juste du rouge sur les phalanges et l’impression qu’il pourrait continuer encore toute la nuit.
Le silence est lourd, un peu trop, quand leurs regards se croise elle sent son cœur manquer un battement, rongée par l’envie de partir en courant, elle cherche de l’air maladroitement, incapable de détourner son regard. « Attend »  qu’elle finit par réussir à bafouiller, la main tendue, les doigts qui tremblent.  « Aide moi ? » plus hésitante, pas certaine que ça soit le bon choix, son cerveau qui la traite d’idiote là où son cœur se rappelle de toutes les histoires fantasques, quand Belle était surement bien plus en sécurité auprès de la Bête. Robin qui se concentre, avance un peu plus, s’approche maladroitement de l’homme, inconsciente gamine, qui confond rêve et réalité. « Je sais pas où aller » qu’elle finit par lâcher, à quelques centimètres de lui, elle discerne ce qu’elle ne voyait pas de loin, la peau couverte d’encre, les muscles, les griffes. Ca hurle prédateur et comme une idiote elle tend le cou, pour qu’il y plante ses crocs.
 
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MessageSujet : Re: warm hands, cold heart (robin)   Lun 15 Oct - 19:43
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août 2018 - ruelle
Suspendu dans l'air, un fil rouge relie leurs prunelles, intangible. Orso attrape son souffle, reprenant sa composition. La jolie colombe devrait crier, s'envoler, battre des ailes. Orso cherche une étincelle de peur dans le bleu de ses yeux, un fragment de conscience. Ses épaulent grincent contre son t-shirt, ses muscles roulent sous la peau amochée. La colombe aux boucles claires regarde le monstre au visage caché sous quelques années de barbe. Elle ne voit pas la mâchoire serrée, celle qui cache toutes les horreurs d'une vie à coup de mensonges silencieux. La semelle de ses bottes racle le plancher. Demi-tour amorcé. Vers les profondeurs, vers la noirceur.

« Attend »  l'empêche de partir une petite voix. Ça sonne comme des clochettes, comme des grelots, comme le vent dans du verre brisé. Orso ne devrait pas se retourner. Il devrait continuer, s'échapper, dégager de sa vie avant de mettre le feu à ses plumes blanches. Elle tends des doigts tremblants, comme des ondes imperceptibles à tous qui se coincent dans ses sens bestiaux à lui. Il dit rien, il tends pas la main. « Aide moi ? » qu'elle demande, ne sachant pas qu'elle s'adresse à un damné. On ne demande pas d'aide des enfers si on tient à son âme. Elle est trop jeune pour ça, pour ce danger, pour sa proximité. Orso voudrait la mesurer, à coup de violence, voir combien elle peut endurer avant de supplier pour ses parents. Le nombre de mots coupants qu'il faudrait pour faire naître des larmes aux coins de ses yeux. « Je sais pas où aller » qu'elle avoue. Orso tait le rire cynique qui habite sa gorge. Si elle savait, à quel point il serait facile de la mettre en morceaux, de la faire crier. Personne ne saurait, ce qui est arrivé à la jolie blonde qu'on a laissé s'envoler de sa cage. Perdue dans le béton, perdue dans la pire des compagnie. '' c'est pas mon problème. '' gronde la voix basse de l'italien, avec cette ombre d'accent dont il n'arrive pas à se défaire. Il devrait lui dire, qu'il ne l'a pas sauvée, qu'il avait les poings qui démangeaient, qu'il cherchait où les fracasser.

Elle a pas bougé, avec ses grands yeux qui ressemblent au paradis. Orso ne veut pas y voir son reflet. Il veut ressentir quelque chose, qu'on lui rendes cette rage qui ne quitte jamais son ventre. Il veut avoir mal pour oublier. On pourrait apprendre à compter avec les cicatrices qui ornent sa peau, en trouvant de nouvelles chaque fois qu'on cligne des yeux. La présence de l'ours est dérangeante, quelque chose est désaligné chez lui, n'importe qui peut le voir. Ce quartier n'est pas reconnu pour être sécuritaire, mais la colombe aux plumes de soie ne devrait pas se frotter aux bêtes sauvages. '' dégages ou la nuit va te bouffer. " tente de l'effrayer Orso. Il y a une innocence troublante dans sa présence. Comme si elle ne savait pas, comme si elle avait oublié de se méfier. Le loup bouffe la gamine et sa grand-mère, les histoires ne terminent bien que dans les livres. Elle est encore là, elle tire son âme vers la surface. Orso voudrait courir, mais il est déjà trop tard.
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MessageSujet : Re: warm hands, cold heart (robin)   Lun 15 Oct - 20:03
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“warm hands cold heart.” & C’est tangible, entre eux deux, ça la prendrait presque à la gorge si elle n’était pas aussi éloignée, ailleurs, entre deux. aide moi. Ca pulse dans l’air, sa détresse, son besoin de se raccrocher à lui, la main tendue que pourtant il ne prend pas. Prend là qu’elle voudrait supplier, un contact humain, une poignée de main, échanger quelque chose comme un brin de chaleur, lui rappeler qu’elle n’est pas entrain de rêver.  c'est pas mon problème. Qu’il tonne, ça gronde, ça la fait trembler. Il a la voix qu’elle imaginait, la même rugosité que dans les films, de ces dangereux qu’on préfèrerait éviter. Alors pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’elle s’attache Robin ? Pourquoi est-ce qu’elle s’accroche ? Incapable de détourner son regard, comme hypnotisée par ses prunelles trop sanguines. dégages ou la nuit va te bouffer. Un rire étrange qui lui échappe, qui la secoue un peu, lui permet de reprendre pieds un instant. « Ce n’est pas déjà le cas ? » le rouge qui virera au bleu sur son poignet, là où l’autre a serré un peu trop fort, sa peau trop pâle qui se colore de multiples couleurs pour un premier égarement dans la ville. Elle ne sait pas imaginer pire Robin, enfance aseptisée, sa mère qui l’a bien gardé de lui montrer la réalité, préférant cacher le dehors avec des rideaux décorés, que la Bible pour lui dire de se méfier.
« Aide moi »  qu’elle répète une nouvelle fois, plus sérieuse, la main qui vient retrouver sa place dans la poche de sa jupe. Robin qui se redresse un peu plus, plus droite, se grandir même si ça ne sert à rien vis-à-vis de la montagne qui lui fait face. Il en faudrait trois comme elle pour pouvoir peut être prétendre lui arriver à égalité. Et encore. Y a le désespoir qui pulse dans sa voix, la solitude aussi, oiseau balancé hors de son nid par un coucou malveillant, elle sait pas retrouver le chemin. « Tu me dis de dégager mais où que j’aille ça sera la même » les mains vides, les poches vides, pas même une adresse pour se rappeler, les clés oubliées dans la précipitation, juste une poignée de dollars qu’elle a attrapé dans le cendrier de l’entrée. Comme une illumination, elle lui tend les billets froissés, c’est pas grand-chose, surement que ça le fera marrer, mais elle n’a aucune idée du prix pour un homme pareil. Alors elle tente.  « J’ai de quoi payer. »  alors qu’elle fait un nouveau pas en avant, la main  qui tremble quand elle appuie la liasse de billet sur la poitrine de l’homme. « Dis pas non » qu’elle finit, alors qu’elle n’arrive pas à cligner des yeux, toujours lui et elle, c’est étrange, l’impression qu’elle fait quelque chose de mauvais, ça sonne dans son crâne, comme une alarme, sa mère qui lui supplie de rentrer. Pour rentrer où maman ? t’es plus là, tu m’as laissé. Et ça lui prend la gorge, l’image de sa mère allongée, le masque pour l’aider à respirer. Pleure pas colombe, pleure pas. Des souvenirs de la voix de son père, qui la berçait quand elle était trop jeune, les larmes le long des joues, la douleur plein le cœur.

 
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MessageSujet : Re: warm hands, cold heart (robin)   Lun 15 Oct - 20:06
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La ruelle a un air de prison, ses murs qui accumulent les ordures, le lampadaire qui grésille, la senteur rance qui remonte pas la  bouche d'égouts. Orso ne bouge plus, les échos de sa voix hantant encore les lieux. Les mots, ce sont pas ceux de son enfance, ce sont ceux de sa nouvelle vie. Cet anglais qui ne colle pas au coeur, cette langue de tueur. « Ce n’est pas déjà le cas ? » qu'elle réplique, petite étoile dans l'immensité du firmament. Colombe candide qui ne sais pas l'étendue de la gangrène qui ronge cette ville. C'est un cancer qui se propage sans discrimination. Balayer de ses prunelles une scène interdite, ça force les monstres à répliquer, exécuteurs précaires. Ce soir n'était qu'un avant-goût. On fait aux blanches maries de rouges sévices quand elles se promènent seules la nuit. Ses paroles sont ignorées par l'ours, déjà les sens ailleurs.

« Aide moi » qu'elle répète, comme un disque brisé. « Tu me dis de dégager mais où que j’aille ça sera la même » elle a qu'à rentrer, pense le monstre sous son voile de sauveur. Il comprends pas pourquoi elle est toujours là, moineau des beaux quartiers avec sa jolie bouille ronde de jeune femme qui n'a pas encore totalement quitté l'enfance. Orso devrait être ailleurs, avec sa gueule au fond d'un verre, trouver une jolie silhouette sans visage pour distraire sa connerie. S'enfoncer dans les frissons d'une beauté trouvée, d'une beauté achetée, ça n'a pas d'importance.

« J’ai de quoi payer. »  commence la colombe, poussant contre son torse des billets sans valeur. Orso fait un pas vers l'arrière, comme s'il s'était brûlé. Comme si l'affront était un fer rougis dans les flammes de l'enfer. Il sait le bon choix, celui où il se préoccupe de cet oisillon aux réflexes troublants. Sauf que l'aider, c'est la laisser s'approcher. Elle est quelque chose qu'il comprends mal. Orso a les mains trop grandes pour les billets trop légers, trop fins. « Dis pas non » qu'elle continue, avec un trémolo dans la voix. Ses yeux ont des marées qui menacent d'inonder ses joues. La faible lumière danse dans le reflet humide de ses yeux clairs. C'est qu'une gamine, qu'il se dit. Qu'une enfant. Orso tends le bras et lui agrippe le poignet pour forcer ses doigts ouverts et lui enfoncer ses billets dans la paume. " je veux pas de ton argent. " qu'il crache. L'italien a des liasses d'argent sale éparpillés aux quatre vents, dilapidées en amour acheté, en épiderme encrée, en verres vidés. Elle, si petite, dans la nuit, elle va se faire bouffer. Et Orso ose s'inventer un coeur, pour quelques heures.

Un pas qui résonne contre l'asphalte, fleuve urbain. Sa haute silhouette surplombe celle de la blonde aux grands yeux humides. " alors, tu fous quoi ? tu viens, ou pas ? " qu'il demande, agacé. S'il faut tout lui dire, il va pas s'en sortir. Faut lui dire de mettre le pied droit, puis le pied gauche, et de recommencer ? L'ours décide qu'il a pas la patience, et même son faux coeur ne semble pas assez solide pour ces conneries. Alors il fait quelques pas pour les mener vers la rue. Elle peut suivre ou pas, c'est pas son problème.
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“warm hands cold heart.” & Pars maintenant Robin, pars vite, va autre part, chercher un policier, une église, un endroit plus sain, plus sûr qu’ici. Pars maintenant Robin, il est pas encore trop tard, il n’a pas encore dit oui. Mais elle n’en fait rien. Manque de réflexes de survie, un peu comme un joli chien de banlieue lâché en pleine nature, qui se laisse crever sur le bord de route car personne n’est là pour lui donner sa pâtée. Oui. C’est un peu l’image. A suivre le premier qui lui tend la main, qui l’appâte avec quelque chose qui sent bon, qui brille, qui est chaud. Rassurant. Comme lui avec ses muscles, lui avec ses poings, la façon dont il a joué au chevalier sans qu’on lui ai rien demandé. Fidélité qui se forme à une vitesse ahurissante, alors que Robin essaye de ne pas trembler, quand elle le provoque, le supplie de la garde.
Juste un soir
Oui voilà, c’est ce qu’elle se dit. Juste un soir, essayer de rassembler les pièces du puzzle, reprendre son souffle pour comprendre ce qui se passe. Elle veut pas laisser place à la panique Robin, se dit que c’est un test comme un autre, comme cette fois où papa était parti, où maman avait trop pleuré, des semaines durant à se laisser crever dans sa chambre enfermée. C’est un peu pareil voilà, placer des billets froissés pour payer un passage vers la lumière, pour qu’il lui offre un peu d’élan, de quoi remonter vers le haut. je veux pas de ton argent. Elle ne peut pas s’empêcher de sursauter quand il lui attrape le poignet, ses doigts qui prennent la place de ceux qu’il a fait fuir, l’espace d’un instant elle se revoit, quelques minutes en arrière, contre le mur, les doigts qui serrent, serrent, serrent. Mais il lui rend juste son argent, surement que c’est pas assez, ou peut être qu’il veut autre chose. Peut être. Peut être. Mais elle ne sait pas Robin. Elle ne sait pas comment les gens de l’extérieur fonctionne, vie parcheminée de sermons de Bible et de romans moyenâgeux, elle voudrait être dans Ivanhoé pour savoir comment se comporter. Mais c’est jamais le cas
Elle essaye de ne pas laisser la déception se lire sur son visage, alors que ses doigts se referment lentement sur les billets, qu’elle range précieusement dans sa poche. L’argent elle connait, elle sait qu’il fait tourner le monde, qu’il fait pleurer sa mère, quand elle regarde les factures. Et puis l’homme qui tourne les talons, tourne le dos, s’en va. Du moins c’est ce qu’elle pense imaginer, quand elle relèvera la tête il sera déjà loin et elle restera dans le noir.
Faux
alors, tu fous quoi ? tu viens, ou pas ?La voix qui tonne, la prend par surprise alors qu’elle sort bien vite les mains de ses poches pour le dévisager. Y a comme une lueur d’impatience dans son regard, ça elle connait, le sourire qui met quelques instants à s’étaler au milieu de la constellation de tâche de rousseurs qui fleurit sur son visage. « Attends-moi » alors qu’il a déjà fait trop de pas, qu’il est déjà bien en avant, elle qui court maladroitement derrière pour combler le vide. « Merci » qu’elle continue une fois à son niveau, l’impression pendant un instant que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Elle profite de la lumière d’une rue pour mieux le regarder, fronce les sourcils quand elle voit l’encre qui s’étale de partout sur son corps, comme ceux que sa mère foudroie du regard quand elles sont ensemble dehors. Il est différent, différent de ceux qu’elle croise à la chorale, qu’elle croise à la messe. Pendant un instant elle l’imagine à lire la bible et à chanter ave maria, l’image lui donne envie de rigoler, elle fait semblant de tousser pour ne pas se faire attraper. « Ca fait pas mal ? » les mots qui lui échappent quand même, alors qu’elle montre du bout du doigt tous les dessins, les mots, les symboles gravés à même la peau. « Maman dit que ça donne le cancer » haussement d’épaule, au fond elle en sait rien, elle n’a lu aucune étude là-dessus. « Si ça donnait le cancer j’pense qu’on en ferait pas autant depuis autant d’années » guerriers pictes, aztec, pirates, soldats. Des pages de papiers glacés, magazines découpés, sur l’histoire de la Terre, à défaut d’aller à l’école à cause de sa santé dévorer les connaissances avec avidité. « On va où ?» qu’elle finit par reprendre, candide, innocente, elle préfère parler, parler, parler, cacher le reste au fond de sa gorge, de sa poitrine, cacher les larmes, la fatigue. L’impression qu’elle ne s’est pas posée depuis ce matin, le ventre qui commence à gronder, pas grave, elle à l’habitude, pas la première fois qu’elle est privé de dessert.

 
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août 2018 - ruelle
Son pied tape contre le sol, giflant le béton avec agacement. Il ne sait pas pourquoi il a dit ça, pourquoi il s'est retourné. Elle est comme une luciole dans la nuit, enseigne en néon pour les prédateurs. L'ours devrait la mordre, moustique. Ses sens lui disent de tout lâcher, de partir bien loin, de ne pas se retourner. Ça n'est pas par excès de conscience, il se sait un mauvais homme, sans scrupules et sans remords. Il a encore sous la langue le goût de plomb de son propre sang, mais pas seulement. Sous ses ongles se crame l'adn de plusieurs hommes, victimes dictée par le corbeau, racaille comme ce soir, adversaires convenables qui lui ont rendu ce qu'il a donné. C'est de la folie, de croire qu'il peut prendre un oisillon entre ses paumes cornues, sans l'écraser, sans l'étouffer, sans le briser en morceaux. Quelque chose ne tourne pas rond chez cette blonde aux grands yeux, demoiselle des grandes terreurs qu'il ne peut abandonner seule, au fond de la nuit.

Elle sourit, étirant sa bouille de grande gamine, comme si elle avait reçu le monde en cadeau. « Attends-moi » qu'elle piaille, courte sur pattes, colombe, pas cigogne. Orso voudrait lui dire que si elle marche pas plus vite, c'est pas la peine de suivre. Elle est si petite, oisillon, à peine tombée du nid que le monde est prêt à la bouffer, volatile dans l'antre de l'ours. « Merci » qu’elle ajoute, comme si c'était normal. Orso tente de se débarrasser de l'armure de chevalier qui lui colle à la peau, mais c'est qu'une illusion. Les belles valeurs, c'est que des conneries pour les gens bien, pour leur donner raison.

Orso imagine plusieurs plans pour abandonner la colombe qu'il a trouvée. Il a qu'à lui louer une chambre au premier hôtel qu'ils croiseront et lui laisser retrouver son chemin une fois le matin venu. Il n'y pensera pas deux fois, une fois qu'il aura retrouvé le confort bancal de son appartement. Sauf qu'elle ouvre la bouche, pour s'agripper de ses mots. « Ca fait pas mal ? » qu'elle demande, pointant sa peau. Orso se retient de demander si elle veut dire les tatouages ou les cicatrices. Il hausse les épaules, l'air de dire que non. « Maman dit que ça donne le cancer. Si ça donnait le cancer j’pense qu’on en ferait pas autant depuis autant d’années » Orso trouve ça drôle, de penser mourir du cancer. Il verra pas ses vieux jours, alors pourquoi penser à cette fin du monde qui ronge de l'intérieur. L'ours préfère croire qu'il sera flingué, un soir, et que ça sera tant mieux. '' Autre chose va me chopper avant le cancer, je m'en fais pas pour ça. " qu'il tente de la rassurer, réalisant si peu que ses propos trempent dans le morbide. Au moins, elle a une mère, Orso lui demandera demain où elle habite, la poussera dans un taxi, filant assez au chauffeur pour qu'elle se rendes à bon port. Une fille comme ça devrait pas être seule la nuit. Une fille comme ça, devrait pas être avec un gars comme lui. « On va où ?» qu'elle demande enfin, comme on demande le temps qu'il fait dehors, comme si c'était hors de son contrôle, comme si c'était pas bien grave. Orso expire une bouffée d'air épais. Il fait chaud, ça lui colle à la peau. '' Chez moi. Tu devrais pas être dehors à cette heure. '' qu'il l'accuse, sans vraiment réfléchir. C'est sa faute, après-tout. Tout le monde sait qu'il faut pas traîner par ici, que le diable rôde une fois le soleil couché. " Tu pourras dormir sur le canapé. '' qu'il ajoute avant qu'elle ne s'invente des plans catastrophes où il tente d'abuser d'elle. Orso se demande s'il arrivera à fermer les yeux, avec une étrangère sur les lieux. Elle semble pas bien méchante, colombe du matin, colombe de chagrin. L'italien évite de lui dire qu'elle devra quitter le lendemain, certain que personne ne voudrait rester, dans cet appartement à la fois trop grand et trop étroit, avec lui, grand et maladroit.

Ils sortent enfin des ruelles sinueuses pour rejoindre la grande route. Il aura besoin de laver ces conneries de sa peau, un mélange de sueur et de mauvaises idées. Elle devrait pas faire grands fracas, s'il la laisse seule un instant. Orso a encore les jointures lancinantes. Il aime se croire de roc, mais son corps adore lui prouver le contraire. Peut-être qu'il se fait vieux pour cette vie, peut-être qu'il aurait dû y passer, déjà. " on y est presque. la deuxième tour à droite. " qu'il lance, pour la prévenir, qu'elle peut encore faire demi-tour, qu'il est pas trop tard pour s'échapper. Orso fouille au fond de ses poches pour en extirper un porte clé qui scintille avec le bruit du métal qui s’entrechoque. Le ciel n'en a rien à faire, de ces deux âmes oubliées qui voguent sous sa voie lactée, cachée sous quelques nuages paresseux, le ciel jamais bien clair en ville.
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MessageSujet : Re: warm hands, cold heart (robin)   Lun 15 Oct - 20:33
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“warm hands cold heart.” & Les pas qui s’enchainent, les mots aussi, curieuse, terriblement curieuse, alors qu’elle fait de son mieux pour pas perdre le rythme, ne pas se laisser abandonner une nouvelle vois, se raccroche à l’homme tant bien que mal, lueur discutable dans la nuit trop sombre. Elle ne sait pas son nom, elle oublié de lui demander, maintenant ça lui semble un peu stupide, elle attendra après, une autre fois, alors qu’elle tendra sa main très sérieusement en déclamant un moi c’est Robin, yeux dans les yeux, comme une grande personne. Mais pour le moment c’est d’autres mots qui lui échappent, les yeux rivés sur les trainées d’encre qui se dessinent sur sa peau, de ce qu’elle peu voir avec le peu de lumière, ce qu’elle devine.
Autre chose va me chopper avant le cancer, je m'en fais pas pour ça. Elle fronce les sourcils un instant, pas sur de comprendre vraiment, peut être qu’il est malade, condamné, qu’elle a soulevé un point trop sensible. Bravo Robin, essaye encore.    « Je suis certaine que non, t’as vu tes muscles, on dirait que t’es fait en béton »  qu’elle bafouille sur un ton de la plaisanterie, jamais très douée à ça non plus, la communication et elle ça fait deux, encore plus quand c’est un inconnu à la mine trop sombre qui lui sert de partenaire de discussion. Mais elle essaye. Elle essaye. Chasser les restes avec les mots, se rassurer en essayant de le rassurer lui, faire semblant que tout va bien. Tout va bien gamine.

On va où qu’elle demande de façon un peu trop innocente, curieuse, elle ne s’inquièterait pas plus s’il lui répondait la France ou la Chine, prête à aller au bout du monde si ça lui permet de fuir un instant ce qui lui serre un peu trop fort le cœur. Chez moi. Tu devrais pas être dehors à cette heure. Il gronde, entre homme et fauve, l’image un instant de ces hommes qui fusionnent avec les esprits des animaux : ours comme totem, à ne pas en douter. Elle baisse les yeux Robin, secoue la tête.    « Je ne devrais même pas être dehors de toute façon »  qu’elle marmonne tout bas, l’engouement qui retombe un instant, l’impression de sentir la reproche brulante sur sa peau. Tu pourras dormir sur le canapé. il continue et elle essaye de replacer son sourire maladroit sur le visage, hoche la tête, de toute façon canapé ou bout de moquette, l’habitude de dormir tout sauf dans un lit, trop souvent sa mère qui la retrouve roulée en boule dans le placard, les vêtements de son père comme un nid douillet pour la protéger du reste du monde.   « Canapé. Ca me va. J’aime bien les canapés. C’est quoi comme canapé ? »  un dépliant, un en L, un en cuir, en velours, rose, rouge, bleu ? Elle se mord la langue pour ne pas le harceler de questions inutiles, parait qu’elle parle un peu trop, sa mère lui dit que c’est pas bien, qu’il faut éviter d’embêter les gens.

Soudain ils émergent des profondeurs de la ville, rues plus larges, de l’air et des étoiles, elle cligne des yeux quand elle reconnait les décors. Ca hurle maison, les deux tours jumelles, celles qui ont constitué le papier peint de sa vie depuis sa naissance, comme une boule dans le ventre quand elle se demande si elle ne devrait pas le laisser là, rentrer chez elle, faire comme si de rien n’était. on y est presque. la deuxième tour à droite. Pas besoin de suivre le doigt pour savoir de laquelle il parle, celle voisine, d’en face. Celle qu’elle observe un peu trop souvent de sa fenêtre barricadée, rêvant des vies qui se dessinent derrière les rideaux, les volets.   « C’est haut »  qu’elle siffle tout bas comme pour se donner un genre, alors que pas tant que ça, minuscule tour au milieu des géantes de New York. Elle sautille en avant, le dépasse dans la rue, le pas plus assuré, le chemin qu’elle connait, sauf qu’au lieu de tourner à gauche, c’est à droite qu’elle prend. Menteuse ça lui ronge le ventre, la culpabilité d’abuser de lui pour étouffer ses caprices, mais elle ne peut pas. Tout simplement. Rentrer dans cette appartement vide, froid, les clés oubliées sur le meuble de l’entrée elle ne sait même pas comment elle pourrait franchir la porte.   « Désolé »  qu’elle finit par murmurer alors qu’elle attend devant la porte, en haut des marches elle fait presque sa taille, ça la fait sourire.    « demain je serais partie promis » qu’elle essaye de promettre, même si son ventre se serre un peu trop, l’envie de pleurer qui grimpe, air désolé qui se peint de façon éphémère sur son visage constellé.

 
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MessageSujet : Re: warm hands, cold heart (robin)   Lun 15 Oct - 20:43
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Orso a la mort qui tourne autour de ses cheville comme un chat de ruelle attiré par un sandwich au thon. Son départ des vivants se fera certainement avec fracas, mais ensuite, quand le sang aura séché, il ne restera personne à qui manquer. Le vide de son quotidien est comblé par de l'affection achetée, par une auto-haine qu'il entretient comme une plante verte, l'arrosant deux fois par semaine, arrachant les feuilles mortes au besoin. Sa valeur est dans sa loyauté. Celle qui le garde au pas, comme un chien, comme un bâtard qu'on a jamais désiré. Couché, assis, tire sur la cachette, c'est du pareil au même. La blonde aux doigts ailés qui virevoltent au bout de ses poignets, elle sait pas, elle a les prunelles vierges des horreurs qui le hantent chaque soir. « Je suis certaine que non, t’as vu tes muscles, on dirait que t’es fait en béton » qu'elle déclare, bien certaine de son jugement. Orso se sens parfois de pierre, rocher martelé par l'érosion de ses propres sentiments, pas plus forts qu'une pluie de printemps.  

Elle devrait pas être dehors, non, encore moins avec quelqu'un comme lui. Il est l'heure où la violence transforme les gamines en femmes, trop tôt. Plus personne n'a d'horloges aux aiguilles qui dansent. Plus personne ne voit le temps passer. Les enfances sont de plus en plus courtes, tragédies. Être jeune et insouciant, c'est maintenant un luxe réservé à une poignée de chanceux. « Je ne devrais même pas être dehors de toute façon » confirme la colombe. Orso ne demande pas où sont ses parents, s'ils s'inquiètent, pourquoi elle était toute seule, comme ça. Il ne demande pas, parce que les réponses le forceraient à ramener ce qu'il a emprunté. Petite douceur ramassée au milieu de la nuit, à coup de poings.

L'idée de poser son sommeil sur le canapé d'un inconnu ne semble pas la troubler. Gamine mais pas princesse, emballée par l'idée. Orso pense à son appartement. Il n'y emporte rien de suspect, mais il y a tout de même une lame collée sous son côté du lit, du whiskey pour une armée, des vêtements abandonnés un peu partout, une tasse ou deux dans l'évier de la cuisine. Orso cherche dans sa mémoire s'il a une seconde serviette à lui prêter, si elle veut se laver. L'hospitalité, c'est pas dans sa nature, son appartement, c'est son terrier, sa cave. « Canapé. Ca me va. J’aime bien les canapés. C’est quoi comme canapé ? » demande la colombe, comme si c'était une question de la plus haute importance. L'ours hausse un peu les épaules, se demandant comment qualifier son mobilier. " uhm, je sais pas, un trois places ? " demande l'italien, pas certain que sa réponse soit satisfaisante. Une fois étend, ses pieds à lui dépassent, mais pour elle, ça devrait pas être un problème, frêle oiseau aux plumes bien placées.

Elle lève les yeux vers le ciel, comme si elle voulait s'envoler. « C’est haut »  qu'elle dit. " t'en fais pas, je suis au premier. " qu'il répond, comme si ça arrangeait tout. La demoiselle aux grands yeux monte les marches, se retournant en ayant atteint la plus haute. « Désolé, demain je serais partie promis » qu'elle murmure à la nuit. Désolée, pourquoi, Orso ne saurait prétendre qu'il peut lire dans le coeur des filles. Il n'y a rien à voler chez lui, et c'est pas une petite plus comme elle qui pourrait lui faire du mal. L'ours cligne deux fois des paupières avant de la rejoindre en haut, enfonçant sa clé dans la serrure, s'enfonçant dans le couloir aux néons grésillants. Sa porte est la troisième, une seconde clé est pigée au trousseau, puis enfoncée dans le trou de la serrure. Ça ne grince pas, quand Orso pousse la porte. Les clés sont jetées dans un petit bol sur la table du salon dans un fond de pièces de monnaies, vidant ses poches chaque soir pour éviter ce bruit de métal clinquant à chaque pas. Il entre en premier, allumant les lumières une à une, pour pas qu'elle ait peur. C'est pas très grand, relativement propre, on voit bien qu'il est le seul à hanter les lieux. " entre, c'est pas bien grand, mais c'est chez moi. " commence l'italien, encore confus sur ce qu'elle fait ici et pourquoi il a dit oui.

Orso allume la télévision, pour leur garder compagnie. Les nouvelles du soir jouent en reprise, le son presque sur muet. Il garde ses bottes, ne les enlevant que pour dormir, toujours prêt à filer, jamais certain qu'il est là pour rester. Ça fait pourtant dix ans, qu'il est installé. " tu peux dormir là. si t'as faim, tu fouilles dans les armoires. " qu'il déclare, ayant un paquet de craquelins, quelques conserves, des noix en tous genres, un tas d'ingrédients secs qu'il faut cuisiner. Le réfrigérateur contient quelques steaks, des légumes, des pommes de terre, un peu de fromage. Il est pas équipé pour recevoir. Un carton de pizza prends toute la place, avec quelques pointes restantes. Orso pourrait dormir sur une planche de bois, il pense pas à fouiller pour un oreiller ou une couverture à lui prêter. La montagne d'homme ne sait pas vraiment où se mettre, il a un t-shirt propre étendu sur le dossier du canapé, il ne pense même pas à lui offrir quelque chose de plus confortable dans lequel dormir.  
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MessageSujet : Re: warm hands, cold heart (robin)   Lun 15 Oct - 23:10
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“warm hands cold heart.” & uhm, je sais pas, un trois places ? C’est pas beaucoup comme information, elle voudrait en savoir d’avantage, de quoi combler son imagination, bourrer son cerveau de fausses indications pour oublier le plus important, qu’elle suit un inconnu dans la rue sans se méfier un instant, que si sa mère la voyait comme ça, elle ferait un deuxième arrêt cardiaque, bien plus sévère que le premier.  « Un trois place c’est bien, c’est mieux qu’un deux places » merci Robin pour cette participation fort éclairante, on repassera quand t’auras trouvé un truc plus intéressant à raconter, et la jeune fille qui soupire doucement quand l’homme ne la regarde pas, voudrait porter la main à son front, désespérée par sa maladresse. Finalement la gène se dissipe quand ses yeux reconnaissent le quartier, les deux tours jumelles, la douleur dans la poitrine et la peur pendant un instant, persuadée qu’il va lui demander de rentrer sagement.
Mais non.
Il ne dit rien. Ou presque. Pas vraiment bavard, l’impression qu’elle comble pour deux, pour trois, avec ses paroles en l’air. t'en fais pas, je suis au premier. Pourtant ça ne l’aurait pas dérangée, habituée des hauteurs, habituée des sommets, à rechercher toujours plus, l’envie de pendre les pieds dans le vide, de sauter et de s’envoler. Mais elle ne peut pas. Alors elle reste sagement derrière les barreaux de sa cage, chantonne sur ses rêves d’envolées brisés. Pâle sourire qu’elle lui offre comme si c’était pas bien grave, les excuses qui se bousculent un peu trop vite sur ses lèvres, mélancolie tenace qui s’installe au creux de sa poitrine alors que la nuit avance.
Elle revient sur terre Robin. Douloureusement, quand la porte s’ouvre, et que l’homme l’invite à entrer dans l’immeuble, pas après pas, elle sent sa gorge qui se serre un peu plus. Silencieuse elle ne dit rien, première fois depuis le début surement qu’elle reste plus d’une minute sans piailler comme un poussin mais elle n’y arrive pas. Elle n’y arrive plus. Fatigue et tristesse, déboussolée, dépaysée, une vague de sentiments qui la frappent quand elle se rend compte pour la première fois de la soirée ce qui s’est vraiment passé. entre, c'est pas bien grand, mais c'est chez moi. Il lui fait redresser la tête, la tirant de ses pensées alors qu’elle se faufile à sa suite, curieuse, les yeux qui se posent sur l’appartement, au final pas si différent du sien, un peu plus sombre, un peu moins rose, un peu moins de dentelles et d’icones affichées au mur. Par réflexe elle enlève sagement ses chaussures, les ranges dans un coin de l’entrée, sans vraiment savoir où les poser, alors elle imagine que c’est comme chez elle, que c’est comme ça qu’il faut faire.
Il allume la télé et elle commence à regarder un peu autour, les yeux qui suivent les murs trop vides, les meubles solitaires dans le salon, voudrait être une petite souris et fouiller fans les tiroirs, inventer une histoire sur le personnage avec les quelques indices laissés là, qui trainent sans qu’elle ne sache vraiment pourquoi. tu peux dormir là. si t'as faim, tu fouilles dans les armoires. Pendant un instant elle l’avait oublié, la voix qui la fait sursauter alors qu’elle se retourne pour le regarder. « Moi c’est Robin »  laché de but en blanc, elle a les yeux attirés vers le carton de pizza, l’attrape sans vraiment se gêner avant de l’apporter dans le salon, la poser sur la table, préférer le sol plutôt que le canapé, vieille habitude que sa mère n’a jamais réussi à lui enlever. « Ou Magdalena. » concentrée sur les restes de pizza, qu’elle observe, trop longtemps qu’elle n’en a pas eu, on dirait que c’est presque noël, son ventre qui gronde soudain et elle se rend compte qu’elle n’a rien avalé depuis ce matin, pas même un verre d’eau ou un morceau de sucre. « Mais je préfère Robin. Magdalena ça me va pas. Je trouve. Sale histoire tout ça. » Magdalena et Jésus, un caprice de son père qui avait toujours eu une fascination pour les personnages marginaux de la Bible, sa mère qui n’avait pas réussi à lui décrocher l’idée. Elle hausse les épaules avant de commencer à découper un bout de pizza du bout de ses doigts, morceau après morceau qu’elle avale en regardant l’écran de la télévision, son presque muet, pas grave, elle a toujours été douée pour imaginer ce qui se disait. « C’est la première fois que je dors pas chez moi » qu’elle finit par lâcher avant de s’attaquer à une nouvelle part, comme si de rien n’était, comme si sa voix ne tremblait pas, comme si son cœur ne pleurait pas.

 
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MessageSujet : Re: warm hands, cold heart (robin)   Ven 19 Oct - 22:19
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Orso Morello
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La nuit cache bien des choses, voile sombre sur les vérités, glace déformée des bonnes intentions détournées. La nuit, elle gronde dehors, bête infernale aux dents qui claquent contre les corps abandonnés, mal-aimés. Orso ne sait pas pourquoi il a ouvert sa porte à la colombe, alors qu'il a passé tant d'âmes écorchées sans jamais sourciller. Il a causé son lot de malheur, rôdant dans les caniveaux, toujours prêt à sauter à la gorge des innocents. Peintre des galaxies sur les peaux louées, à coup d'argent ou d'affection empoisonnée. La colombe, elle regarde tout avec ses yeux grand ouverts, plumes qui lui caressent les joues quand elle bouge, pas encore ternie par la vie. Orso se tient loin, préférant ne pas s'approcher, contagieux d'une noirceur intérieure qui bouffe tout.

Il ne faut pas le dire deux fois, qu'elle a déjà les doigts partout et les yeux qui caressent tous les murs comme on apprivoise de nouveaux amis. Orso ne sait pas quoi dire, quoi faire. Les invités, ils sont inexistants dans sa vie. Les gens rencontrés, ils se font du mal ailleurs, jamais ici. Le corbeau est si proche, ça serait s'exhiber, de ramener des gens sous son toit. Mais la colombe, c'est que pour une nuit, elle sera partie au matin, les rideaux fermés, rien ne peut lui arriver. « Moi c’est Robin »  lance la jolie blonde, alors que les gens cherchent habituellement à se présenter avant de se laisser entraîner dans les boîtes de béton qui se ferment à clé. Robin, comme le volatile, Orso savait bien, qu'elle a des plumes au coeur. « Ou Magdalena. » qu'elle ajoute, la tête dans le réfrigérateur, la boîte de pizza coincée entre les doigts. Orso préfère Robin, mais c'est pas de ses affaires tout ça, il est qui pour juger celui ou celle qui a nommé colombe alors que sa propre mère ne lui a même pas offert un prénom. « Mais je préfère Robin. Magdalena ça me va pas. Je trouve. Sale histoire tout ça. » Les yeux d'Orso se froissent entre ses paupières, alors qu'il la regarde bouger, déposer des mots dans tous les coins, si vivante. Elle pense comme lui, sur ce petit détail, et ça toque quelques fois dans la cage thoracique de l'ours, quelques fois de trop. Elle a ses doigts dans la pizza et ses prunelles scotchées aux pixels de la vieille télévision. '' uhm, moi c'est Orso. " lui offre simplement la bête. Il lui doit bien ça, quatre petites lettres pour le qualifier. C'est tout ce qu'il a à donner.

« C’est la première fois que je dors pas chez moi » elle est parterre, devant la table basse, dans un recoin où Orso peut à peine poser ses jambes sans que ses genoux se cognent contre un meuble. Ses bras rongés de cicatrices viennent s'appuyer sur le dossier du divan, pour observer de plus près la créature, fasciné par la façon dont bougent ses doigts, dont ses paupières papillonnent avec entrain, sont son petit corps semble si bien s'insérer dans les crevasses de sa vie. La première fois, qu'elle dit. Les pensées de l'italien jouent en boucle, ne trouvant pas d'explication plausible, refusant de demander. Elle sera partie au matin, c'est pas la peine.

L'homme retourne vers la cuisine, certain de l'avoir inventée. Alors qu'il verse de l'eau dans la machine à café, qu'il mesure les grains moulu, il se convainc que c'est folie, que c'est la démence. Jamais un soleil pareil ne serait entré dans sa vie, ça défie toute logique. Quand il revient, sa tasse à la main, elle est toujours là. Plus il la détaille, moins il la comprends. Ça défait sa logique, décousue. Qu'est-ce que tu foutais, toute seule, dehors, à cette heure. finit par demander Orso, contre ses instincts, contre son orgueil, contre tous ses sens qui lui crient de se la fermer, de la laisser passer.  
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MessageSujet : Re: warm hands, cold heart (robin)   Sam 20 Oct - 1:19
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“warm hands cold heart.” &C’est toujours pareil, lorsqu’elle découvre un nouvel endroit, s’imprégner des odeurs, des saveurs, des couleurs. Tout rentrer dans son crâne, sa tête pour ne jamais oublier, même une fois retournée dans sa chambre, jolie prison dorée, loin du reste du monde. Alors elle retient tout Robin, mémoire affamée, entrainée qu’à ça durant toutes ces années. Les meubles un peu usés, primaires, simplicité de l’appartement, si différent du sien, pourtant tout aussi passionnant. Cuisine, salon, frigo. Puis chambre, salle de bain, toilettes, elle imagine, ne va pas fouiller tout de suite, attend sagement d’y être invitée. Peut être plus tard qui sait, pour se faire une image complète à retranscrire dans ses carnets qui s’empilent.
uhm, moi c'est Orso. qu’il lui offre en brisant le silence tout récent après sa tirade sur ses prénoms. Orso. Elle note ça aussi dans un coin, le sourire qui s’étale quand elle attrape l’information au vol. « Orso. Ca te va bien. » l’ours et l’oiseau presque une blague, deux animaux qui rentrent en collision un soir d’août. Ca fait un peu roman, épopée magistrale qui mes attendrait s’ils étaient des personnages de papier. Mais il ne le sont pas. Alors Robin lui offre un sourire vacillant avant de continuer son exploration d’Indiana Jones en carton, repartir avec la pizza comme trésor, la faim qui gronde dans son ventre, ça lui brûle les os.
Morceau après morceau, qu’elle découpe de ses doigts habiles, pas une grande mangeuse, elle apprit des tours pour rendre l’acte plus intéressant, quand sa mère lui tapait sur les doigts pour lui dire d’arrêter, d’utiliser des couverts comme tout le monde, de ne pas jouer avec la nourriture. Incapable de se contrôler, ça revient trop souvent, comme ce soir avec la pizza, alors qu’elle la réduit en lambeau avant de l’avaler, le fromage fondu froid qui se mélange à la sauce tomate un peu trop salée semble être la chose la plus délicieuse qu’elle n’ai jamais mangé.
Perdue dans son coin, les mots qui lui échappent un peu trop vite, elle ne sent pas qu’il est tout prêt, sur le canapé, le regard braqué sur elle.  Elle ne sent pas non plus qu’il s’en va dans la cuisine, l’espace d’un temps. Elle ne sent rien, trop perdue, dans le bruit de l’ambulance, les lumières blafardes de l’hôpital, les tuyaux reliés à sa mère. Perdue, perdue, perdue. Robin perdue. Colombe aux ailes fêlées, qui s’est échoué sur le mauvais rivage. Nouveau morceau de pizza, puis encore un, qu’elle accumule sans mâcher, manquerait plus qu’elle s’étouffe.
Qu'est-ce que tu foutais, toute seule, dehors, à cette heure. Ses paroles sont brusques, vulgaires, mais ont l’étrange mérite d’attirer son attention, de la forcer à tourner la tête de la télévision pour dévisager Orso, remarque enfin qu’il est là, le café fumant dans la main. « je peux en avoir un aussi ? » curieuse, trop curieuse, elle ne répond pas à la question, élude, se concentre sur l’odeur du café qui la rend étrangement nostalgique. Ca lui rappelle la chorale, seulement là où elle a le droit, quand sa mère ne regarde pas, que le pasteur lui glisse un gobelet brulant entre les deux, comme un secret à deux. « S’il te plait ? »  qu’elle ajoute, les yeux qui papillonnent sans vraiment qu’elle s’en rende compte, innocente, jolie gamine, au visage qui ferait céder le diable. Surement. Pour un instant.
« Je me suis perdue. Il était tôt, puis tard »  incompréhensible charabia qu’elle distribue mot après mot, ne sait pas vraiment si elle arrivera à dire la vérité, si elle-même comprend la vérité. « Je savais plus où était chez moi. Alors j’ai marché. Puis je me suis perdue. La suite tu la connais »  elle hausse les épaules comme si c’était évident, alors que pas du tout, Orso ne doit rien comprendre,  à ses demies vérités, à ses mensonges déguisés. Alors elle se concentre pour faire un effort, parce qu’il l’a mérité, à lui ouvrir les bras comme ça, sans rien demander. « Ils ont dit que maman était dans le coma. J’ai pas compris le reste, c’était trop compliqué, puis tu sais ils ont décidé que j’étais trop jeune pour écouter. » la façon infantile qu’elle a de parler de sa mère, une habitude agrafée à ses os qu’elle ne sait pas effacer. Alors on la sous-estime un peu trop, les 18 ans qui lui colle à la peau difficilement alors que parfois elle a l’impression d’avoir 100 ans. « j’ai plus personne » non plus personne. Et ça la frappe soudain. Comme une évidence. Ca la frappe soudain, en plein cœur. Ptêtre que y a les larmes qui coulent un peu, discrètes, sur ses joues porcelaines, alors qu’elle reprend la découpe de sa part de pizza, enlève les olives noires du bout des doigts, les pose sur un coin de carton, comme si ça allait corriger le reste.

 
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MessageSujet : Re: warm hands, cold heart (robin)   Mar 23 Oct - 23:00
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robin & orso

août 2018 - ruelle
Orso a les muscles qui craquent, enflammés par quelques coups dispersés, alors qu'aucune bataille n'a vraiment eu lieu. Son corps est fait pour la guerre, silhouette de roc, poings d'acier, sang explosif. Sa conscience modelée aux violences d'autrui. Orso n'est ours que parce qu'il existe un corbeau, c'est la loi de la nature, celle de sa nature. « Orso. Ca te va bien. » dit Robin, comme si c'était évident. L'intéressé ne s'est jamais arrêté sur le sujet, ses moments tranquilles occupés à faire le vide, à déverser ses souvenirs morbides dans les abîmes de son âme. Parfois, ça menace de le submerger, de casser quelque chose dans ses entrailles, de broyer ses organes. Parfois, le sommeil est morcelé, coupé au couteau par des rêves éveillés, par des prunelles qui s'éteignent.

Orso cache sa langue dans l'âcreté du café, noir comme son âme. La télévision est comme une fenêtre vers ailleurs, ouvrant un monde de pixels sur la réalité contrôlée. Alors qu'il examine la colombe échouée sur son plancher, ses pensées son ailleurs, dans un endroit où l'enfance n'existe pas. Orso tente de deviner son âge, mais il en connait autant sur les femmes que sur la peinture impressionniste; c'est à dire, absolument rien. Elle a de l'enfance dans les yeux, mais elle est grande, élancée. Une certaine beauté, objectivement, quelque chose de charmant caché à la commissure de ses lèvres, une maturité fleurissante entre les courbes de ses cils, assombrissant son regard clair. « je peux en avoir un aussi ? » qu'elle demande, pointant sa tasse. Orso ne sait que faire de sa politesse, moineau délicat qui ne fait pas de plis dans sa vie, accroupie entre le bordel déjà établit. Orso ne réponds à sa question par une de son cru. « uhm, je sais pas, t'as quel âge déjà ? » qu'il demande en fronçant les sourcils. Les femmes mentent souvent sur ça, leur âge. Mensonge blanc, mensonge transparent. Robin, elle pourrait avoir entre quatorze ans et vingt ans, et Orso a pas la patience de deviner.« S’il te plait ? »  demande la colombe, avec une moue à damner tout le clergé. Orso soupire bruyamment, détestant cette façon qu'elle a de tirer les ficelles, pantin inversé qui dirige le marionnettiste. Il fait quelques pas vers la cuisine, remplis une tasse de liquide sombre, fumant, et le lui apporte. « tiens. » qu'il jappe, loin de lui l'idée de lui offrir du lait ou du sucre.

« Je me suis perdue. Il était tôt, puis tard » à retardement, elle finit par répondre à sa question. Orso ne comprends pas vraiment ce que le temps a à faire dans cette histoire, alors il se tait, se demandant comment on peut se perdre dans les rues carrées du bronx. Il se souviens des rues pavées de son enfance à florence, rien de dessiné à l'équerre, toutes les allées sinueuses qui ne mènent jamais au même endroit. C'était l'endroit idéal pour semer les autorités après avoir fait une connerie. « Je savais plus où était chez moi. Alors j’ai marché. Puis je me suis perdue. La suite tu la connais »  continue la blonde, petite pie aux cheveux d'or. Oui, il était là pour les petites écorchures, pour faire dégager les raclures. « Ils ont dit que maman était dans le coma. J’ai pas compris le reste, c’était trop compliqué, puis tu sais ils ont décidé que j’étais trop jeune pour écouter. » Orso avale difficilement le café qu'il avait en bouche, quelque chose de coincé dans sa gorge. Il ne se souviens pas de ses vieux, il ne les a jamais connus. Orphelin, seul au monde, avec personne pour le rattacher aux vivants. C'est probablement pour ça que le corbeau s'est inséré sous sa peau, comme le lien de sang qu'il n'a jamais eu, sauf que ce sang là, ça n'est pas le sien. Le liquide, preuve de vie, qui s'échappe de ses victimes, celles qu'il renvoie au créateur, se creusant une place aux enfers. « j’ai plus personne » finit par lancer à voix haute la gamine, réalisation douloureuse de sa situation. Elle a de la tristesse qui lui coule aux joues, comme si la mer de ses yeux se déversait sur son visage. Orso voudrait cueillir ses larmes, les enfermer, les observer, petites douleurs humaines, tendres curiosités. Ses phalanges se serrent sur sa tasse, alors qu'il contourne le divan pour s'y poser, elle à ses pieds. « c'est pas grave, j'ai personne non plus. tu me vois pas pleurer pour ça. » grogne délicatement Orso, ne sachant pas comment on sèche les joues des demoiselles.

Ses mots, ils se veulent pas cruels, mais ils sont là, petites parcelles de vérité, enchevêtrement de non-dits. Le besoin d'appartenir, peu importe l'âge ou la provenance, il est dans chaque humain, et Orso se retient de lui proposer, à Robin, ce que jamais personne ne lui a offert à lui. Elle peut rester, le temps qu'il faut. Orso ne la jettera pas à la rue, petite colombe aux plumes coupées qui ne sait pas voler. Elle avait une cage, quelque part, Orso en est certain. Et les oiseaux de captivité, ils ont besoin de barreaux, c'est tout ce qu'ils ont connu. « y'a de l'argent dans le tiroir du meuble là, tu prendras ce que t'as besoin pour un taxi pour aller voir ta mère, quand tu voudras. » ordonne Orso, refusant qu'elle s'emmêle dans les rues comme ce soir. Si elle a encore un morceau de famille, même dans les limbes, c'est déjà mieux que rien. Orso et l'optimisme, ça fait deux millions, mais parfois, les gens se réveillent, on sait jamais. Peut-être que Robin a été une sainte dans une autre vie et qu'elle aura mérité un miracle.
(c) DΛNDELION


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