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 soffrire e tacere (ebbe)

MessageSujet : soffrire e tacere (ebbe)   Jeu 4 Oct - 16:46
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Gally Leone

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soffrire e tacere
(EBBE & GALLY)

T’as peur Gally.
Tu frappes Gally.
Elle tourne. Et tu tournes.
Elle a les tresses plaquées sur ses tempes ; nœuds qui tâchent sa vraie façade. Mèches crépues. Pointes fourchues. Pas assez de fric pour aller se les faire défriser au coiffeur afro de la rue d’à côté. Pas assez de fric ; pas assez cotée. Dans cette cage nid saccagé de starlettes trop rongées. Dans cette cage ravagée avalée par tous ces parias du business de vos chicos dégommés. Elle se bat pour se payer une nouvelle coupe peut-être. Elle se bat pour nourrir sa famille peut-être. Elle se bat peut-être. Peut-être pour les mêmes raisons qui font que tu te bats contre elle. Elle se fait appeler Inaya. Toi tu te fais juste appeler Galila. Parce que Galila c’est ce que t’es. C’est ce que t’as. Tout ce que t’as.
Inaya elle te rappelle toi. Elle te rappelle la foi. La voix. L’émoi. Inaya elle tremble comme toi. Aujourd’hui vous avez rien. Vous avez juste vos poings et les enchères montent et montent. Pas de protection ; trop de fric trop de tentation excès d’ennui à se corrompre. Corrompre l’âme sans état d’âme quand tu sais que la battre te blinderait les poches jusqu’au cou. Baise-là Gally. Baise-là. tu t’attardes sur ses tresses qui flottent comme un corps en détresse. Tu regardes ses cernes et tu te dis que t’as les mêmes. Vous êtes pareilles ; vous êtes les mêmes. Mêmes guerrières en haleine pour coups et blessures à la merveille. Paresse de vivre la gueule cassée pour quelques billets qui schlinguent le mauvais sexe et la corruption mièvre. L’orgueil d’une satiété qui fait crever les mirettes de l’essence esseulée qui creuse ces côtes sans plus respirer. Creuser. Creuser. Sans jamais rien trouver. Ouais vous vous battez. Car t'es dans le manichéisme de ces rats nommés escrocs qui vous hurlent dessus comme deux clébards en arène. T’es le pitbull sans ses chaînes ; escroquée de plein fouet quand les crocs affilés pénètrent dans ta viande ; comme une putain baisée sans senteur sans saveur sans envie sans attendre. Mal-léchée Gally. T’es toujours la victime du manège impuni. Mais Gally t’es pas la seule gosse dans l’envie ; y a elle aussi. Y a Inaya aussi.

T’as peur Gally. T’as peur. Gagner ou perdre. Tu gagneras jamais face à ce rat volontaire. Brody t’attend. Il t’attend là-dehors parmi ces vermines qui te crient qui t’injurient qui s’égosillent. Quand tu la fous à terre.
Boom.
150 BPM.

Punch au corps. Une de ses tresses se démêle. Elle nage dans la sueur de sa peau d’ébène.
Tu vois plus rien. T’entends plus rien. Sinon le chronomètre dans ta tête.
Tu repenses à ce viol qui aurait pu être. Ne pas être. Foutu paraître.
L’arbitre compte. L’arbitre siffle. L’arbitre tonne. Flash dans la gueule. Des gens qui crient. Des mains qui prient. Sur ton corps sali. Tu penses à tous ces billets Gally. Tu penses à la fortune Gally. Tu penses à Inaya Gally. Tu penses à ce putain de Ben Brody. Il est là-dehors ; tu le sais. Il traîne sur ton corps ; et tu saignes. Tu pousses la foule que tu vois plus. Tu chiales la sueur par tes pores ; t’en as sur le visage sur le corps. Et tu pars. Tu pars par la porte à côté ; là où la fête n’a jamais existé. Tu les entends encore hurler. Tu t’affales sur ce banc. T’arraches les gants. T’arraches les bandages ; le protège-dent. Et t’attrapes la gourde qu’on te tend.

« Ciao bellezza. » tu souffles à Ebbe ; la môme qui te soigne quand ta sorrella le peut pas. Elle est l’Italie comme toi. Une marmaille au plus bel accent du monde et de tous ses toits. « T’as vu j’ai gagné ce soir. » t’avales une gorgée. l’eau est chaude. l’eau est dégelasse en fait. Mais tu t’en moques bordel. Tu souris. « On va pouvoir s’en foutre plein les panses. Pizza ciné shopping. » tu fixes tes gants usés. Rouge sang. Rouges usé. Rouge décoloré. Comme les cheveux gras de ces bouffonnes qui se disent punk à chien ; mais qui n'ont ni chien ni paire de couilles. Tu lui parles toujours en italien à Ebbe. La dolce vita comme tu la hais peut avoir un aura qui te déplaît. Mais vous avez réussi a cracher de ces gouffres hantés de passé ; de gueules froissées ; de misère souillée ; ouais vous avez réussi à cracher de cette merde quelque chose de plus vert. Pas le bonheur à l’état pure mais la chaleur qui fait cramer ces cœurs pleureurs d’italiens râleurs. « Je te paye une pizza ? » tu la regardes la princesse à la belle âme. Plus belle que toi. Plus fraîche que toi. Mais bordel plus frêle que toi. T’essayes de te lever mais t’as mal. Muscles happant la mort ; la salive s’évade à tord. Coups et blessures ouais ; à main gantée. No pain no gain. tu choppes ton portable dans tes affaires. T’appelles tu commandes deux pizzas. Tu veux pas sortir de là. Quand Ebbe est là tu lui demandes toujours de rester avec toi. Rester là auprès de toi. Jusqu’à la nuit. Plus tard des fois. Jusqu’à ce que s’embourbe dans vos chairs le froid. Froideur d’une ombre qui te fait peur. Glas du nom de la folie fièvre de terreur. Tu te terres comme les bêtes la nuit à craindre les prédateurs en sursis. Tu te terres car t’as beau battre la terre poussière de cette peine altière ; il te fait peur. Toujours peur. Toujours autant peur. Ben Brody.



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MessageSujet : Re: soffrire e tacere (ebbe)   Dim 14 Oct - 23:46
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Ebbe Bartolotti
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soffrire e tacereOctobre - une heure, un lieu ... - @Gally Leone
J’essayais de comprendre pourquoi ces personnes sur le ring s’infligeaient de telles souffrances, ou encore comment les spectateurs pouvaient retirer un semblant de plaisir à voir deux femmes se frapper à sang. Je sursautais à chaque coup, je grimaçais à chaque goutte de sang et je fermais les yeux dès qu’un cri se faisait entendre par l’un des deux combattantes. Qu’importe le nombre de fois que je vienne ici, je ne comprenais pas, et je ne m’habituais toujours pas à cette barbarie moderne. Et je ne cherchais pas à l’être.

Et Gally Leone gagne. Ses supporters criaient de joie. Les autres boudaient. Je me contentais de sourire, par amabilité. J’étais heureuse qu’elle gagne, mais bien moins quand je replaçais cette victoire dans le contexte ou lorsque je la voyais salement amochée. Cependant, je ne la jugeais pas du regard, ou des paroles : d’une, c’était sa vie et de deux, je n’étais pas douée pour les expressions. C’était ma sœur jumelle qui savait mener le monde sur le bout de sa baguette avec son minois – curieux de se dire que nous avons les mêmes traits, mais que l’une savait mieux maîtriser ces derniers que l’autre. A nouveau, je ne suis qu’une ombre qui suit la gagnante, en allant que dans le sanctuaire de ces combattants, un lieu plus ou moins silencieux mais clairement loin de la folie ambiante.

- Ciao Gally. Si … j’ai vu. Bravo !

Nous ne parlions qu’en italien – même si quelques mots anglais m’échappent, par moment. Aussitôt, elle promet pizza, ciné et shopping. A Nouveau, j’offre un sourire léger et faible, me concentrant davantage à tapoter son visage – avec douceur – ou à bouger quelques membres, cherchant à voir s’il y a quelque chose de cassé, fracturé ou tordu. En dehors d’une montagne de bleus – ou potentiels bleus -, je ne voyais rien d’alarmants. Alors, je me contente du strict minimum. Quelques patchs de froids, d’autres plus chauds, ou encore des crèmes pour calmer une quelconque inflammation ou encore cicatriser quelques petites déchirures d’épidermes.

- Tu t’en es bien sortie, ce soir
, soufflais-je. Veux-tu t’allonger, pour un massage ?

Mon massage n’avait rien de doux, pas comme les films. J’appliquais les méthodes d’un médecin chinois et dans cette culture, le massage devait libérer le corps de ses tensions, et le mener droit vers le bien-être. Un chemin bien rude, qui nécessitait son lot de douleurs. Cependant, avec le temps, le corps s’habitue et les tensions sont moins importantes, dès lors, la douleur moins importante. Je n’étais pas aussi forte que Gally, et pourtant je savais mettre la bonne force dans ce massage, posant ma main au nerf exacte, en y mettant le poids de mon corps. Deux choses suffisantes pour dominer une situation, ou un corps, qu’importe sa musculature ou sa corpulence.

- Vingt minutes, le temps que la pizza arrive. Si tu as mal, dis-le moi.

La pizza, c’était un tantinet mon gagne-pain certains soirs. Je ne venais pas la guérir « gratuitement », mais je n’exigeais clairement pas les frais exorbitants de ce médecin chinois, et n’a nullement un tarif fixe. Un bon repas, ou alors un peu d’argents de poche – me suffisait, et me faisait même plaisir. En effet, le salaire de mon père venait d’une maison de passe, et le salaire de mon oncle d’une activité tout aussi frauduleuse … autant dire, les repas perdaient trop souvent de leurs saveurs dès qu’on y pensait. Or, tout repas obtenu grâce à ce genre de petits services honnêtes était bien plus délicieux, et je ne disais jamais non.

- Tu veux vraiment aller au cinéma ? demandais-je, ne sachant si ce n’était qu’une façon de parler, ou alors de la sincérité.





*(en italien).



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MessageSujet : Re: soffrire e tacere (ebbe)   Ven 2 Nov - 1:45
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Gally Leone

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Elle est là ; cette perle à la langue rebelle. L’Italie vénus charmeuse vêtue d’un voile vétuste. Princesse des abîmes aux détresses d’une rime ; la rime sonne une comptine maladive. L’Italie guerrière aux flammes altières qui engloutissent sous une lave suave l’empire qu’elle a été. Ebbe a cette habitude ; rappeler le passé. Marquer le bitume ; feindre la gaîté. Peindre la beauté. Les doigts agités d’une poupée maquillée se nouent d’amour soldat pour un corps malfrat. Tendresse paria. Mauvais aura. Mauvais oracles. Pour les bleus qui hurlent. Pour les veines qui brûlent. Milles feux. Milles vœux. Les poches pleines. La panse pleine.
Le corps à nu.
Les nerfs à vif.
L’esprit accru.
Malheur chétif.

Elle masse sans trépas cette chair aux émois. Tu clos les paupières fatigue. Et tu penses tu penses, Gally aride. Môme acide. Acerbe sans envies trop faciles sans ennuis difficiles. Le bout des doigts joue un concerto sur cette peau qui n’est plus rien d’autre ; autre que piano. Douleurs putrides ; saveurs avides. Avides des tensions qu’Ebbe fait valser ; fait guincher. Elle n’est plus que la douce muse étoile d’une putain amochée. T’as envie de pioncer là. Dors Gally. Dors.

« Vingt minutes, le temps que la pizza arrive. Si tu as mal, dis-le moi. » les notes perlent sur le carrare comme la peur d’y voir trop noir. Les notes perlent parlent épellent aux mauvais paillards ; la haine d’une vilaine tare. Tu gagnes Gal, tu gagnes et elle perd. Tu perds, tu perds et elle gagne. C’est la loi de ce foutu Darwin la loi des ancêtres et des sceptres. Cette fille rentrera le ventre qui crache la haine d’un feu. Cette fille rentrera seule les rêves gris bleus. Cette fille rentrera. Et c’est déjà ça. « Tu veux vraiment aller au cinéma ? » t’ouvres une mirette. Juste une ; pour voir Ebbe. Juste une ; pour l'admirer. Ebbe Bartolotti c’est cette déesse italienne au péché perpétuel. Venin d’élixir anodin. Beauté taillée comme l’ébène d’une éternité. Bétail aux années trop jeunes fatalité. Sagesse aux reflets sans banalité. Elle est belle Ebbe. Elle est belle comme toutes les dames d’Italie ; soleil aux cheveux ; palet mélodieux. Ouais elle est belle ; elle est belle comme ta madre.
Comme Maddy.
Beauté sans pareil.
Pourtant les mêmes.
Mais le vilain de l’âme déteint les écailles. Guardati, Gally. T’as les cheveux tout emmêlés. T’as les vêtements chiffonnés. Et cet œil… où tu t’es battue encore ? Santo cielo j’espère qu’un jour tu deviendras une femme ! c’est ce qu’elle te disait mamà. Mamà elle disait ci et ça. Mamà elle voulait qu’on se brosse les cheveux à l’argan. Mamà elle voulait qu’on se maquille qu’on soit ardentes. Mamà elle voulait qu’on se marie. Qu’on ait pas sa vie pourrie. Mais mamà elle t’a rien appris. Tu passes l'index contre tes mèches. Elles collent. Elles picolent ; elle gobent cette sueur qui affole. Que tu raffoles. Tu gémis une fois ; une fois quand ses doigts s’échouent sur cette nuque de glas.

« Sì. T’aimerais voir quoi ? Des films de fille ? » que tu poses. Comme si elle avait cinq piges. Comme si t’avais trente piges. Comme si le temps était vestige. Comme si son temps était prestige. Tu te tournes sur le dos. Tu la fais reculer un peu. Les doigts caressent les tempes bousillées. Tes doigts à toi cette fois pâles de haine inavouée. Peine inachevée. Tu regardes le plafond. Il est moche. Il est vieux. Mais c’est un luxe dans ce Bronx miteux. « Fais attention à toi bellezza. Pas attention à tes arrières, attention à tes manières. » t’as l’air grave. T’as l’air blâme. Blafarde comme une nuit sans étoile. Et tu te redresses. Tu te mets à rire. Et tu la regardes. « Ma mère elle me disait tout le temps ça. » et tu ris encore. « Et regardes-moi aujourd’hui, si elle me voyait elle me gronderait. Et tu connais les femmes italiennes. » t’as les yeux qui pétillent. Malice incomprise. Malice intrépide. Alors que tu dévoiles cette partie de ton corps qui te fait chialer. Qui te fait brailler. Môme infidèle à ses manières. Môme parjure aux milles larmes méditerranéennes. Mais tu ris. Tu ris pour pas souffrir. Tu te tais pour pas souffrir. S'ouvrir pour pas souffrir. S’offrir pour pas souffrir. Soffrire et tacere. Obligée devise de ces femmes invétérées ; qui vendent leur cul aux bordels pour milles richesses dévouées. « Elle me dirait : mets tes cheveux comme ci, mets ta robe comme ça. Fais-toi belle et tais-toi. » les gestes flanchent à la maudite cadence des mots. Tu mimes ce que mamà te forçait ; tous ces maux. « Elle me disait d’être belle. Je me disais d’être forte. Et regarde-moi maintenant. J’aurais mieux fais d’être belle... » le timbre il crame. Il flambe en bataille. Tu te perds. Tu t’opères. Tu souffles un coup ; yeux brillants aux lueurs de ton écran de téléphone. Cinq minutes encore pour les pizzas. ça démange. Ça dérange. Ça arrange satan qui vient gober jusqu’à l’honneur de ta victoire. L’horreur dérisoire. Cette goutte qui revête la pommette défaite. Tu la sèches d’un revers. Et tu souris sans sincère. « Et toi, ta mamà elle te disait quoi ? »
Joli minois ; douce aurore. Ouvre ta boite de pandore miroitant des trésors.



(*en italien aussi  PLOP )


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MessageSujet : Re: soffrire e tacere (ebbe)   Mar 6 Nov - 23:23
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Ebbe Bartolotti
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soffrire e tacereOctobre - une  heure, un lieu ...  - @Gally Leone
- Plus ou moins les mêmes choses, soufflais-je.

La vérité était tout autre. Mama faisait bien des recommandations similaires mais davantage pour ma sœur jumelle, bien plus éblouissante et réceptive que moi. Je n’étais que cette tête de mule qui s’entêtait à s’habiller comme un sac de patate, qui rasait les murs en baissant la tête et qui cachait sa belle crinière de lion dans une casquette haute ou en les attachant en bataille – qui avait davantage l’apparence d’un chignon raté, qu’une chevelure coiffée sciemment.

- Elle avait raison pour les manières, ta maman. On doit toujours faire attention à ses arrières mais ce n’est pas une surprise. Ce sont souvent des événements ponctuels ou des personnes de passage. Alors que les manières, elles deviennent une part de nous. Elles octroient un statut, mais il est aussi bon de ne pas avoir de trop bonnes manières. Nous risquons d’attirer la jalousie. Surveiller ses arrières, et avoir des manières simples mais bonnes… voilà la bonne philosophie.

Je repensais à toutes ces brutes rencontrées par le passé et, étrangement, ceux qui m’avaient le plus marqué étaient ceux qui avaient des manières civilisées. Par leurs gestes, leur ton, leurs paroles et leur prestance, ils étaient semblables à des dieux vengeurs, ou à des personnes bien plus civilisées et bien plus intelligentes que sois – au point de « presque » leur donner raison dans leur escroquerie. Encore aujourd’hui, une personne en particulier arrivait à m’arracher des frissons.

- Je ne sais pas, Gally. J’ai toujours eu peur de la beauté. Elle n’attire rien de bon, aussi.

Je n’étais pas hypocrite dans mes paroles. La beauté me faisait peur. Ironie du sort, je me trouvais belle – enfin, je trouvais ma sœur belle et donc, par transfert, moi-même.

- Je connais des femmes très belles mais qui n’assument pas ce cadeau. Et j’en connais d’autres qui savent l’utiliser à bon escient, pour ne jamais avoir mal. C’est comme la force, Gally. Si tu ne sais pas l’utiliser à bon escient, l’instant où tu as besoin de frapper fort, tu ne pourras pas…


Je me tus, me replongeant dans mon passé. Etrangement, le visage de mes parents était flou. Par contre celui de ma grand-mère ou encore de ma tante étaient clairs comme de l’eau de roche. Comme leurs paroles.

- C’est ma grand-mère qui m’a surtout élevé, indiquais-je, faisant volontairement abstraction du sujet de ma mère, refusant de dire à haute voix encore aujourd’hui que nous ne sommes qu’une chair indésirée pour elle. Du moins, à l’époque. Elle disait qu’une femme ne devait pas montrer au monde sa beauté, mais attendre patiemment qu’un homme observateur voie et vienne à toi. Tel un trésor, il voudra te chérir et te préserver que d’autres te voient si belle aussi. Elle disait aussi qu’une femme ne devait pas être trop intelligente : elle serait vite brisée par l’idiotie des hommes. Enfin, une femme devait être forte, pour accepter les règles chaque mois, pour mettre au monde un enfant, pour supporter les coups durs de la vie … Elle disait qu’un homme est un pilier mais un pilier qui peut être reconstruit s’il tombe. Alors qu’une femme, c’est la vie et il est difficile de ranimer une vie morte.

Je me rendais compte que je parlais beaucoup – chose très rare. Cependant, je ne considérais pas ces paroles comme les miennes. Elles appartenaient à ma grand-mère. Je n’étais dès lors qu’un perroquet qui répétait stupidement ce qu’on lui avait donné. A ma façon, je me cachais encore dans l’ombre d’autrui, dissimulant mes rêves, mes souhaits, mes peurs et mes désirs.





*Toutes les paroles sont en italien.




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MessageSujet : Re: soffrire e tacere (ebbe)   Lun 19 Nov - 1:04
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Gally Leone

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« Plus ou moins les mêmes choses. » et ça t’étonne pas Gally. Ça t’étonne pas la chaleur du pays la froideur du fracas. La palpeur de l’envie. La fièvre et l’émoi. L’envie et le trépas. Les mamàs à l’italienne elles en avaient dans la voix. Elles en avaient dans leurs formes. Elles en avaient dans leur soies. Elles en avaient dans leurs hommes. Hommes soumis aux pieds de déesses de cette mer ; méditerranée brûlante d’âmes d’amours et d’amer. Tes darons sont chiants. Tes darons sont agaçants tes darons sont lassants. Mais en dépit ; ta mamà à toi elle est tirée d’un film à la scarface. Tony montana version femme du sud. Tu te souviens maddy qui fume son joint. Tu te souviens maddy dans Manhattan. Tu te souviens maddy qui crève crève tout ce qui peut lui comparer. Se comparer. Comparaître face à ces richesses altières d’une terre de fièvre et de bonnes chairs. Poudre au nez. Claque fracassée. Bam. Et tu ris de ton passé ; sensuel torturé conflictuel manigancé. « Elle avait raison pour les manières, ta maman. » t’hoches la tête et tu souris en dérision. elle avait raison. Trop souvent. Trop latent. Cramer les rêves. Cramer les peines. Cramer sur scène. Éblouie par le soleil. Ebbe elle continue de parler. Les vents changent de camp ; et la sagesse les raffole. Ebbe elle raconte sans semblants. Ebbe elle chante cette vie entre cigales haletantes et récifs flambants. La dolce vita qu’on nous à tous promis. Comme l’El Dorado de l’Amérique. Sauf que c’est faux. C’est toujours faux. Partout. Pour tout. Toujours. Tu l’écoutes sans plus rien dire. T’es allongée face au vide ; face aux énigmes. Face aux périples. Face aux hématomes que tu t’infliges. Face aux gênes que tu rédiges. Et ebbe elle chante encore. Elle chante la beauté elle chante la bonté ; elle chante encore. T’es allongée sur ce récif fictif aux âmes instinctifs. La beauté n’a jamais sauvé le cul de quelqu’un Gally. Quoi que. Toutes ces putes au miel botox elles se font bien mal baiser pour survivre. Et après ? Tu la veux cette vie ? Vie de shlague. Destinée à muer. Jamais renée. Et ebbe elle dit la vérité. Ebbe est belle même sans sa beauté. Ebbe est vraie. « C’est ma grand-mère qui m’a surtout élevée. » tu lâches le vieux gris du plafond saccagé ; et tu marches le fond bleu sans vieux gris de ses yeux à elle vénus trop domptée.

« Comment elle a pu te faire ça ta mamà... » indigne indignée. dieu flingue toutes ces âmes damnées qui dévient des perles de miracles. Dieu crève-les. Seigneur.« En tout cas elle est drôle ta nonna heureusement... Elle a tellement raison sur les hommes. Sois fière d’être une femme. Belle ou pas on s’en fout. » tu ris. Et tu te redresses. Tu la regardes. Sans maladresse. Sans égards. Sans écarts. Enchanteresse. Ben Brody est un fils de pute. Ben brody cette ordure qui doit t’attendre dehors. Tous ces hommes. Tous ces maux. Toutes ces plaies qui plient sous tes genoux amollis. Qui cicatriseront jamais. Jamais le fléaux. « Regarde comment je me suis battue ce soir, je suis sure que peu d’hommes peuvent le faire. Et pourtant, je peux te jurer qu'ils sont beaucoup à juger ma force à mon sexe. » talent poison. Talent frisson. Amour horizon. Ben brody. peur qui ne meurt jamais. Sois sure princesse que les hommes sont des pourris.
Mauvais adversaire.
Tu prends son visage entre tes doigts douleurs. « Je suis désolée que t’aies pas eu de mamà digne de toi Ebbe. La mienne est vraiment chiante, mais tu le mérites. Tu sais y a que des rats pourris dans ce quartier, y a vraiment pas beaucoup de gens à qui on peut faire confiance ou même parler normalement. Si tu peux, quand tu grandiras, pars d’ici, avec ta nonna, embarque-là. Reste pas là bellazza, c’est pas un bon endroit. T’es vraiment belle, à l’intérieur et à l’extérieur, tu mérites tellement mieux que tout ça. » tu la lâches et tu souris. Tu fouilles ton sac; tu brosses tes cheveux noirs ; noirs sans éclaircis. Débris péris. Tu les glisses derrière tes oreilles. Manie maladresse. Mauvaise princesse. « Si t’as des soucis un jour ou si quelqu’un te touche, appelle-moi. Je peux défoncer qui tu veux, et j’ai pas besoin d’un ring ni de mes gants pour ça. » et ton téléphone sonne. Les pizzas. Ben brody qui rôde là. Tu sors la liasse d’argent sale. Et t’en tires un billet. « Tu veux bien aller les chercher ? » tu lui tends ces putains de dollars éclats. Dollars fracas. Fracassés comme le nez comme les poings comme les paupières ; combat vain.


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MessageSujet : Re: soffrire e tacere (ebbe)   Dim 25 Nov - 16:21
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Ebbe Bartolotti
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soffrire e tacereOctobre - une  heure, un lieu ...  - @Gally Leone
- Comment elle a pu te faire ça ta mamà...
- Elle n’allait pas bien et … ma jumelle et moi … nous n’étions que des…


« Poids ». Le mot restait coincé dans ma bouche, rebondissant sur ma langue, refusant de sortir et ainsi admettre à haute voix ce que mon cœur comme mon esprit me susurraient depuis neuf ans. Encore aujourd’hui, j’attendais toujours d’avoir son approbation sur mes actions et mes projets, de la voir fière de ce que j’étais ou serais ou encore – folie, je le savais – d’être enfin prête à être à nouveau mère et à nous vouloir à ses côtés. Cependant, pour ce dernier, vouloir ne signifiait pas que je m’y plierai. Père comme mère brillaient pour une absence continuelle. Savaient-ils ce que je faisais à cette heure-ci ? Connaissaient-ils mes talents et mes travers ? J’en doutais fortement.

- Je t’envie, Gally. Tu sais te défendre. Personnellement, en dehors de savoir me servir d’un taser ou de donner un coup de pieds dans les parties génitales, je ne sais rien faire d’autre
, avouais-je, un tantinet gênée.

Ma famille paternelle trempait dans des affaires louches et il n’était pas rare que j’ai droit à des regards sous-entendus – menaçants ou intrigués, je ne saurais dire. Lorsque les Bartolotti étaient au plus bas – notamment quand mon père avait été en prison – j’ai eu droit à un aperçu du quotidien. Brimades, moqueries et souveraineté imposés par de parfaits inconnus. A ce jour, j’avais toujours réussi à fuir. Cependant, qu’arrivera-t-il le jour où je ne le pourrais pas ?  

La suite me laissa perplexe. A la fin de sa tirade, je ne lui offrais qu’un sourire faible, le regard amer. Cependant, la sonnerie du téléphone coupa court à la conversation. Il fallait aller chercher les pizzas. Je m’exécute, sans trop discuter, heureuse de pouvoir laisser mes poumons respirer un air frais – quoique pollué – plutôt que cet air saturé de transpirations. Je paie, je reviens.

- Trois dollars et vingt cents, dis-je tout en lui tendant monnaie et ticket. Cette manie de tendre la preuve de paiement amusait certains de mes amis. Eux ne se gênaient nullement pour mentir un tantinet sur le prix, et empocher un ou deux dollars supplémentaires. Ils considéraient cela comme une « commission » pour service rendu. J’appelais ça du vol.

Je m’assois sans tarder et picore déjà dans un des cartons carrés. Je mangeais lentement au plus grand dam de ma famille. J’étais souvent celle qui était encore à la moitié de son assiette quand tout le monde désirait passer au dessert. Alors, pour ne pas impatienter davantage, je prétendais ne pas avoir faim et suivais le mouvement. Autant dire, après quelques années, j’avais l’estomac d’un petit oiseau. Je ne finissais un plat que si la personne en face avait suffisamment de patience. Gally faisait partie de ces personnes. Elle ne me pressait pas, à mon grand bonheur.

- Tu veux bien m’apprendre à me défendre, un jour ?
demandais-je timidement. Je n’ai pas envie de le demander à mon père, je ne veux pas qu’il s’inquiète, qu’il croit que je suis en danger ou je ne sais quoi. Juste quelques mouvements, je n’aspire pas à devenir une experte comme toi.

Je me tais, finissant ma part de pizza. J’essayais de m’imaginer un court instant avec des gants, et la vision m’arrachait un sourire amusé. Je me trouvais ridicule : trop légère, trop petite, trop faible.

- Pourquoi tu t’es mise à la boxe, Gally ? Est-ce parce que t’en avais envie, ou parce qu’il le fallait, que tu n’avais pas d’autre choix ?


J’essayais vainement de comprendre pourquoi elle continuait ce sport où elle se pétait poing et figure. Si aujourd’hui, je demandais quelques cours, c’était pour apprendre à me défendre. Mais Gally, qu’est-ce qui la motivait autant ? Qu’est-ce qui l’animait d’une telle fureur une fois sur le ring ?





*Toutes les paroles sont en italien.






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MessageSujet : Re: soffrire e tacere (ebbe)   Dim 2 Déc - 16:31
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Gally Leone

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soffrire e tacere
(EBBE & GALLY)

La pièce est vide la pièce est froide. La pièce est grise et ta chair blafarde. Poupée fatiguée du miroir à frapper. Battre s’entêter. S’enfiévrer. S’endiabler. Sans blâmer. T’es assise et tes sens dansent ciel en latence sang sans cadence. Six pieds sous terre le sol s’enterre. Six pieds sous terre tu erres. Tu penses à Ebbe. Tu penses à l’idée. Je t’envie Gally. Comment aime-t-elle l’envie qui prêche sur tes terres. Comment aime-t-elle l’ennui qui crève sur tes plaines. Plaies pleines. Veines vaines. Gorge sèche corps qui s'assèche. Trop de questions trop d’intentions. Sans sensation. Perdre ou gagner ; gagner ou perdre à l’acmé. Qui pour parier. Qui panse les plaies. Qui pour rugir qui pour frémir qui pour périr qui pour pétrir.
La pièce est livide la pièce et carrare. La pièce est crédible et ta chair froussarde. Une perle d’eau givrée s’éclipse tout contre le sein d’un sol trop malsain. Le bâtiment est désaffecté. Le bâtiment est désemparé. Y avait un lavabo là-bas. Aujourd’hui il n’est plus là. Et pourtant l’eau fuit toujours. Et pourtant on vit toujours. C’était un gymnase. T’as jamais regardé plus loin. Les gens y passent et on y vient. On y vit on s’y tient. Chœur sans paisible. Brouillard d’une masse qui s’égare. Brume de fric et de sueurs hagards.

« Trois dollars et vingt cents. » tu vois cette fille jolie. Tu vois ces billets salies. Tu vois sans avenir tu vois sans coup férir. Tu vois tu blâmes tu crois tu transpires le trépas d’une âme en péril. quelques perles qui brillent sur une chair qui ne brille. Quelques schnaps qui crient sans mentir. Tu dis merci tu ranges l’argent et vous mangez. « Tu veux bien m’apprendre à me défendre, un jour ? Je n’ai pas envie de le demander à mon père, je ne veux pas qu’il s’inquiète, qu’il croit que je suis en danger ou je ne sais quoi. Juste quelques mouvements, je n’aspire pas à devenir une experte comme toi. » une experte. Une belle perte. Ton père aurait graisser mille fois la patte d’une reine pour que jamais plus jamais Gally un gant vienne souiller les paumes devenues peu lisses. Devenues à risque. Déchue d’un trône de papier mâché. Briseuse de rêves incendiés. Bileuse en société. Pilleuse à l’or amoché. Alors tu ris tu ris Gally. Tu ris car la foi. Tu ris car l’émoi. Tu ris d’émotion tu ries d’érosion. Tu ries d’éclosion. Délice agacé que seule la marmot ratée a su goûter. Tu ries car Ebbe. Tu ries car la beauté. Tu ries car la famiglia l’amore la muerte. Tu ris et tes yeux se plissent. Avoir une mère plus qu’une autre. Un père apôtre. rêver d’une fratrie qui comprendrait ; rêver d’une patrie qui plaideraient. Rêver d’un rêve maladie que des gens inaccomplis ont craché. Craché à la gueule d’une gosse trop belle dans ses desseins ; dans ses dessins. Dans le ciel et l’instinct. Dans le miel et le ricin. Dans les huiles de ta mamà dans les livres de ta sorella dans les chiffres de ton papà. Et si seulement. Si seulement une autre mamà avait été là. N’avait pas été las ; las de toi las de ta voix las de tes choix.
Et pourtant.
D’autres gamines n’auront de mère.
Et pourtant.
D’autres gamines n’auront la bonne mère.

Et pourtant tu ries car tous ces sens sont ensevelis ; tu ries car tous tes sens sont amortis. T’hoches la tête. Et tu lui dis « Oui Ebbe si tu veux. »
« Pourquoi tu t’es mise à la boxe, Gally ? Est-ce parce que t’en avais envie, ou parce qu’il le fallait, que tu n’avais pas d’autre choix ? » elle demande elle s’intrigue ; tu souris t’es fatigue. Tu prends une serviette t’essuies tes doigts tu fermes la boite à pizza.

« Non c’était mon choix. » Tu penses que j’ai fait le mauvais Ebbe ? Tu penses comme Maddy comme ma famille comme ces gens encombrés. Tu penses que t’as fait le mauvais choix Gally. Tu penses que t’es une bonne fille. Tu penses. Corps en vacances. Âme en errance. Itinérance. « Je savais faire que ça en fait. J’étais nulle en maths, nulle en lettre nulle en sciences, et même nulle en art. » tu te lèves les gants traînent par terre. « Au début je me suis dit que si je savais faire que me battre et deux trois pompes, c’était un signe, tu sais, il destino. » tu prends les gants. Trois tours dans le sang. T’approches d’Ebbe ; furie de muscles en destinée. Tu t’assois devant elle et tu prends sa main gauche gringalette et sans paraître. T’enroules le bandage contre son pouce et les quatre autres doigts disparaissent à leur tour. La main droite suit ; ballerine travestie. Douceur envahie. « Après avec le temps je me suis rendue compte que si j’étais la meilleure en sport c’est que j’aimais ça. » t’expliques en nouant le dernier bandage. Malheur d’un âge. Bonheur volage. « J’ai dû arrêter car je n’avais pas d’autres choix et j’ai dû me retrouver là car je n’avais pas d’autres choix. J’aurais tellement préféré que tu me rencontres au plus fort de ma vie, et non… così. » tu sers les gants. Scratch. Tu la tires à toi poupée de soie. Tu la tires à toi chute en fracas. Scratch. le deuxième gant. « Tu connais Rocky, les films ? » traits adoucies d’être enfin un maître dans l’existence putrescence de Gally Leone. Traits assagis d’une barbie reflet cassure reflet blessure de Gally Leone. « Et ben, on va faire pareil. J’espère que t’as pris assez de force, même si les pizzas ici valent pas les vraies d’Italie. » tu recules de deux pas et demi. Tu respires deux fois la malice en vie. Et les deux mains suintantes levées devant ton visage et ses cheveux souillés sa peau souillée ses lèvres souillées la silhouette gercée. « Alors frappe le plus fort possible ! »
Frappe. Et bats ces petites frappes d’un Bronx qui s’y croit.


(*en italien aussi  KEUR KEUR SUR DANTE )


Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, quand tout est noir, quand tout est noir. Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, j'fais que douter d'moi quand tout est


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MessageSujet : Re: soffrire e tacere (ebbe)   Dim 9 Déc - 0:33
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Ebbe Bartolotti
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soffrire e tacereOctobre - une  heure, un lieu ...  - @Gally Leone
Je m’interdisais de juger les choix de vie de chacun. J’aurais peut-être pu prétendre à ce droit si j’étais née dans une famille conventionnelle et dans un environnement paisible et stable. Sauf que ce n’était pas le cas : ma famille paternelle trempait dans un trafic peu prestigieux et interdit par les lois et ma famille maternelle n’était qu’une poignée avec qui j’avais à peine des contacts. J’étais une enfant à la dérive, qui tentait de garder les pieds sur terre et la conscience vierge de toute culpabilité – quoique, une erreur venait entacher ce tableau vierge. Je soupire. Gally n’avait initialement pas fait un mauvais choix, au regard de la loi. Sauf que maintenant, il était question de paris trop dangereux ou trop fous et non régulés par des lois. Ou de combats dont la violence n’était tout simplement pas acceptable à mes yeux.

- Qu’as-tu arrêté exactement Gally, et pourquoi ne peux-tu pas y revenir ? Je veux dire, tu arrives à te battre maintenant. Pourquoi ça ne marcherait pas ailleurs ?
demandais-je naïvement, la laissant bander mes petites mains.

Je ne pouvais pas m’empêcher de sentir la différence entre ses paumes et les miennes. La vie s’était marquée sur ses mains en rendant ses dernières rudes et sèches, alors que les miens étaient encore vierges de toute expérience ou de tout regret. Un court instant, je me demande comment pouvait-on reconnaître les mains d’un chimiste ? Des brûlures suite à des expériences ratées, ou des cicatrices car nous avions fait de mauvaises manipulations avec des lamelles de verres ?

- Tu connais rocky, les films ?
- Tout le monde connait Rocky.


Rocky, qui bat son adversaire suite à un entraînement intensif, l’homme à la volonté d’acier qui ne plie devant aucune difficulté, l’homme qui court sur un fond « Eyes of Tiger ». S’il fallait chercher un point commun entre cet homme et moi, je ne vois que deux choses : je sais courir longtemps et vite, et surtout il est difficile que je fléchisse une fois une idée bien implantée dans mon esprit.

Par contre, Rocky avait eu le temps de manger quelque chose. Pour ma part, j’avais à peine entamé la seconde part et je ne l’avais grignoté qu’à moitié. Cependant, je fais taire cette demi-faim encore présente et me concentre sur les deux mains relevées de Gally. J’hésite mais qu’un court instant : elle ne risquait pas d’avoir mal, car elle savait encaisser et que je ne savais pas taper.

Je fais le vide dans ma tête et pense à toutes les choses ou personnes détestables de mon existence, et imagine qu’ils sont tous concentrés là, dans deux paumes rougies et suintantes par l’effort. Et je balance mon gauche sur la main droite. Il y a six ans, un type m’avait montré à taper entre les jambes ou à la mâchoire. Entre temps, il a fini en prison et entre temps je me suis plongée dans mes études. Je n’ai plus rien pratiqué. Mais voilà mes seules notions.

Finalement mon poing rencontre la main. Le bruit qui en résulte est minable et c’est à peine si j’avais ébranlé ce bras tendu fermement. Je dirais que la petite vibration qui en résulte remonte davantage dans mon propre bras, et m’offre un désagréable sentiment. Je suis définitivement celle qui est capable de se faire du mal en voulant se protéger …

- Je suis plus douée pour courir
, commentais-je.






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MessageSujet : Re: soffrire e tacere (ebbe)   Mar 11 Déc - 23:48
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Gally Leone

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soffrire e tacere
(EBBE & GALLY)

Crochet droit inaccessible. Faux minois irascible. Tristes émois insensibles.
Crochet droit sans reculer sans salive avalée sans pensif dévoilé.
Crochet droit ; elle ne frappe pas. Elle ne frappe pas Ebbe elle bat ; elle se bat contre ce faible qui l’encercle ce frêle qui l’étrangle lui sert le cou. Crochet droit ; elle ne frappe pas. Et elle parlait Ebbe et elle gueulait Ebbe. Elle gueulait sans son sans soin elle clamsait la vérité qui claque Ebbe. Elle claque. Elle ne frappe pas. Elle te frappe. Tu arrives à te battre maintenant. Pourquoi ça ne marcherait pas ailleurs ? Pourquoi Gally pourquoi ici et pas ailleurs. Pourquoi tu fuis et t’as plus de valeur. Tu arrives à te battre maintenat Gally. Maintenant. Pression puissante soupçon d’encens. Incendie incendiaire ; la maladive tempête de guerre. La guerre du corps de l’âme de ces flammes. La guerre des sens aisance des larmes. Des larmes ; des larmes ; couffin du pâle parloir.
Tu arrives à te battre maintenant.
Ouais Gally.
Alors bats-toi putain.


« Je suis plus douée pour courir. » elle a le visage retord de celle qui bat pour la première fois ; de celle au cœur en trépas ; de celle aux couleurs attentats. Alors tu passes derrière elle ; elle puis t’attrapes ses deux bras. Ils longent les tiens et un moment tu penses ; tu repenses battements en latence. Blessures en décadence dans ce corps en trans. Corps qui brûle brûle. Carcasse façon écumes façon brumes. Brises légères rites balivernes. Plaie qui brûle qui crame sans mesures. Ce putain de poignet qui t’as larguée. Ce putain de Brody qui t’as violée. Ce putain de périple qui t’as flinguée.

« Faut que tu frappes comme si tes bras étaient en béton. Comme si ton corps était indestructible et que personne ne pouvait t’atteindre, te battre ou te foutre à terre. » penchée derrière elle ; abaissée face à ses mèches. Tu serres tes poings sur ses os maigres. Tu frappes l’air ces fantôme d’artillerie altière ; ces ombres qui découlent ce robinet qui coule. Tu les frappes tous. Tous à terre. Tous. T’es guerrière. La larme fuit perle sans vacarme qui s’ennuie. Tu panses ces plaies gabardines ; tu penses ces maux indocile. Douleur narcissique ; douceur colérique. Envie de vomir. Mais t’en fais rien et tu renifles. « Lo sai Ebbe, tu te rendras vite compte que se battre dans la vie, c’est pas avec ses poings. È con la forza interiore. » Tu te lèves. Et tu t’achèves. T’as la force t’as les poings t’as pas la tête. Maddy elle a pas la force elle a pas les poings et putain elle a la tête. « Tu préfères courir ? Alors on va courir. Tu te souviens je t’ai promis un ciné. » tu balances les cartons à la benne.
Cours poupée.
Cours à te brûler.
Tu arrives à te battre maintenant.
Tu le sais maintenant.
Il était temps.


(*en italien aussi  KEUR KEUR SUR DANTE )[/i]


Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, quand tout est noir, quand tout est noir. Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, j'fais que douter d'moi quand tout est


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