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 we are farfalle + Gally & Maddy + FB

MessageSujet : we are farfalle + Gally & Maddy + FB   Mar 2 Oct - 14:23
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Maddy Leone
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MOUNT SINAI HOSPITAL

Trois heures zéro cinq du matin dans le Mount Sinai Hospital. Pour un service d'urgences, les patients sont peu nombreux. En semaine c'était toujours moins important qu'en week end à croire que les New Yorkais savent rester sages uniquement du lundi au vendredi. Mais il est trois heures zéro cinq dans le Mount Sinai Hospital donc Maddy renifle, un peu trop longtemps. La silence est d'ordre hormis le ronronnement de la machine à café. Et ces reniflements. Il est trois heures zéro six, Maddy penche sa tête en arrière et la lumière l'aveugle. Elle cligne des yeux tout en se chatouillant le nez. Il n'est que trois heures zéro six. L'appareil qui se trouve à sa taille se met à biper alors elle s'empresse. Elle utilise son index humide pour éponger les restes avant de les étaler sur sa gencive supérieure, de gauche à droite. Un claquement de langue et la voilà repartie. Il n'est même pas trois heures zéro sept.
Elle contemple son reflet dans l'ascenseur en guise de derrières secondes de répit. Sa blouse est un blanc éclatant et elle est tellement large que Maddy nage dedans. Elle la changera, si elle a le temps. Mais si elle a le temps, elle ira certainement faire quelques U.V. Un patient à l'humour nerveux lui avait fait remarquer que c'était de mauvaise augure de se faire soigner par une croque-mort. Quel bâtard superstitieux… Mais elle le reconnaît : elle est blanche. Si les résidus de son accent italiens ne survenaient plus sur les L et les R anglais, personne ne se douterait de ses racines italiennes. A la bonheur. Les portes s'ouvrent à trois heures zéro huit à la manière des rideaux au théâtre. Maddy bombe légèrement la poitrine et change de regard. Ce n'est plus du désespoir, c'est de l'assurance. Ce n'est plus de la détresse mais de la confiance. Elle fait face à son public. Un festival de couleurs : des tenues roses, vertes, blanches, noires de gauche à droite, du fond vers devant. Mouvements rapides, mouvements lents. Détendus ou stressés. Un chaos de bruit : des téléphones qui sonnent, des bipeurs, des rires, des pleures, des sirènes et des roulettes. Ca roule beaucoup et partout : des fauteuils, des brancards, des chariots, des ambulances... Si Michel Ange peignait des ballets, il se serait inspirée de ce spectacle. Maddy s'y sent comme un poisson dans l'eau et son rêve, c'était de passer de ballerine à premier rôle.

« Où? »

Luisa, infirmière d'un mètre cinquante, a toujours des difficultés à tenir le pas pressé de Maddy. Maddy, elle cerne le pas de Luisa comme une vulgaire mélodie. La mexicaine de quarante ans maintenant n'a jamais su si c'était un pouvoir ou un talent inné. Maddy a ces capacités d'anticipation, de concentration, d'observation… surhumaines. Elle tend toujours une main derrière elle pour attraper plus vite le dossier de son patient comme si Luisa, la simple mortelle, était trop lente.

« Cellule 106, jeune fille qui -- »

«  Anesthésiant locale pour le bras, ça sera de la suture deux. »

Luisa perd son challenge, celui de formuler entièrement les informations. Maddy les lit trop vite et parce que l'assistance la considère comme une héroïne, elle pardonne son manque de politesse et sa froideur digne d'un coup de scalpel.

Luisa était déjà partie pour voir la réaction de Maddy, cela aurait atténuer les mythes autour de l'interne. Elle s'arrête en plein corridor quand elle voit GALLY LEONE sur le papier. Luisa aurait su qu'elle ne lisait pas tout en un millième de seconde. La jeune fille qui s'est faite ramassée dans la rue une demi heure plus tôt, qui a des lésions au visage et le bras tranché au couteau sauvage, c'est sa sœur jumelle. Si elle avait su, elle n'aurait pas pris de crack à trois heures zéro cinq car maintenant, elle a envie de lui éclater le deuxième œil. Tout cascade dans cette chimie cérébrale et tout s'analyse. Cette rancune devenue meurtrière, ce coup de fil culotté, cette trahison. En même temps, Maddy admire ce ballet et se dit que le moindre coup donné à Gally reviendrait à provoquer sa propre chute. Et Maddy, elle ne lui laissera pas ce plaisir.

Tout en se dirigeant vers la cellule 106, Maddy calcule. Si je m'en sors super bien, elle se casse d'ici dans deux heures et ciao. Mais voilà, elle tire le rideau pour un autre spectacle. Sa violence s'évapore à la vue de sa sœur défigurée. La rancune en revanche persiste. Quand les jumelles se regardent dans les yeux pour la première fois depuis cinq ans, la sensation est indescriptible. La face de glace résiste.

« Bonsoir. »

Maddy a la réaction prude et elle fait bien. Gally, c'est juste une fille qui lui ressemble, qui s'est échouée entre l'Upper East Side et Harlem pour finir dans les bras du Mount Sinai Hospital un mardi soir, à trois heures zéro neuf du matin.
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MessageSujet : Re: we are farfalle + Gally & Maddy + FB   Sam 6 Oct - 19:00
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Gally Leone

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Le métal du banc reste froid. Morbide de glas. T’es qu’un gibier qui attend l’heure d’ouverture de cette putain de chasse infernale. Trop sage ; crocs terrés comme si ils laissaient présager le danger conjugal. T’as les cuisses qui tremblent. Elles pèsent pas lourd et tu le sais. Tu le sens. Tu ressens. Tu ressens la peine en ton sang. Tu ressens tes veines comme un bang.
Bang. deuxième bouteille éclatée au sol ce soir. Un éclat passe pas loin de ta peau de carrare. Tu souffles. Tu souffres. Tu t’engouffres. Tu trembles. Tu sembles. Tu sembles t’intéresser à la musique à crever ; qui ferait à peine mouiller une latina désabusée. Tu fais peine en fait, Galila Leone. T’as ton vieux legging noir décoloré par la lessive bas de gamme du quartier d’en face. T’as ton sweat pourpre envolé depuis Naples de l’Italie dévergondée dégelasse. Ben Brody hoche la tête sur les saccades de la musique à gerber. Il crache dans le cendrier en cristal. Tu penses à avant. Tu penses au vieux temps. Tu penses à l’entraîneur sophistiqué. Tu penses à son putain de charme embué. Tu tousses. Il tire une douille sur son vieillard de canapé. Et toi tu préfères rester sur le banc. T’as la gueule baissée ; yeux verts gouttant au verre transpercé. Béton froid. Murs gris. Poutres avachies. Une ou deux vitres rayées. Peinture craquelée. Le loft de Ben Brody n’a plus rien du charme envoûtant d’y a cinq ans ; cinq ans. Y’a cinq ans le lambris luisait vernis de la veille. Y’a cinq ans la peinture était encore blanche sans écailles sans pareil. Y’a cinq ans Ben Brody se tenait là debout derrière les cordes d’un ring. Héros de ta vie. Héros de ton envie. Y’a cinq ans Ben Brody tenait debout.
Y’a cinq ans tu tenais debout toi aussi.
Avec Maddy.
Maddy.

« Sacrée soirée hein ! » qu’il crie dans son loft pourri. T’as les mirettes au sol. Solitude. Et lui il rigole. Il rigole. Et tu deviens folle. La fumée opaque sur sa silhouette intacte. « Tu sais que t’as été ma muse. » ouais t’as été sa muse. Sa muse à l’italienne. Il te chope par le menton de ses doigts trop doux pour son état trop flou. Tu lui craches un sourire ; comme il te crache son fou rire. Envie de mourir. Envie d’en finir. Dans cette harlem trop fade. Trop pâle. Faible fantôme moire vague d’un Bronx trop morfale. Son haleine empeste ces rats crevés sur les bords de route. Ces mafieux encrassés sans vague à l’âme sans doute. Il susurre quelques mots à ton oreille. Muse. Museuse. Menteuse. Il te cerne comme tu l’as cerné cet enfoiré ; quand il a choisi de te larguer comme un bâtard au pelage avarié. L’ambiguïté s’est installée comme une tumeur qui ronge ces cerveaux ankylosés. Il t’aime peut-être. Il t’a aimé peut-être. Il se penche. Il glisse ses doigts le long de tes hanches. Tremblants. Tentants. Mais t'es pas tentée. T’as peur Gally. Tu souffles. Tu souffres. Tu t’engouffres. Tu trembles. Tu trembles de peur quand il recule. Il recule. Au bord du gouffre supermassif. Il hurle. Il tend les bras comme ce sauveur qui t’as jamais sauvé. Cartilages campés autour d’une bière qu’il éclate sur le mur. Il se tourne. Il avance. Il avance. I se penche. Au bord de tes lèvres mordues en pleine chair. T’as des crampes à te crisper ; souffle coupé manque d’air. Il t’aime.

« Ben arrête... » tu murmures. Derrière toi le mur chagrin de tes peines. Devant toi la folie inhumaine trahie par trois grammes dans les veines. Il insiste il souffle dans ta nuque. « Arrête Ben. » tu trembles dans ton gosier asséché à ne plus vouloir sentir son odeur trop gâtée. Qu’est-ce que tu peux faire gally ? Tu l’as cherché. Tu l’as trouvé. t’as toujours su que ben brody allait finir comme ça mal loti mal rasé abruti. ses doigts brûlent effleurent la peau de ta paume ; avant de faire geindre tes épaules. Une larme fuit les mirettes asphyxiées ; mains moites déesses d’animosité. Embastionnée désenchantée châtiée. Bouffonne piégée.« Lâche-moi ! » cette fois tu cries. Tu cries mais pas plus que lui Gally. La réalité te bouffe te bute. Quand la carcasse de Ben est trop abrupte. Il a dépassé la quarantaine maintenant. Trois têtes de plus que toi ; casse-tête chinois. Le flou se noie de l’eau qui fuit de toi. Tu clignes tes paupières et les perles amères s’en vont guerrières. Tu hurles Gally. Mais Ben il hurle encore plus. Tu le pousses. Il bouge à peine. Alors tu pleures encore encore encore un peu plus car y a que ça que tu sais bien faire. Tu hurles son nom. Il murmure le tien. Il parcourt tes angles de son velours taquin. Fuis sous les tissus couvrants. t’es mise à nue. Tu t’agites. Il s’excite. Tu t’effondres à terre et tu rampes. Tout va vite. Tout va vite et tu te perds. Tu te relèves. T’as mal partout. T’as mal à tout. T’as mal. Mal et tu souffres. Tu cours et tes nike se paument dans une altère. Mais t’accélères. T’accélères Gally.
T’accélères.
Et t’arrives dans la rue.
L’air bat tes mèches sales dégelasses nouées à l’épiderme.
Il fait noir. Et y a juste trois réverbères. Tu cours. Tu t’arrêtes dans la ruelle coléreuse cents mètres après. Tu t’enfonces anxieuse derrière une benne qui suinte la détresse du quartier. Tu renifles à bout de souffle  ; la tête claquée contre la tôle froissée. Tu chiales et t’effaces avec tes manches les traces de mascara délabrées. t’aurais dû l’entendre le clébard gally. T’aurais dû entendre l’aridité amnésie. Ils sont deux. Ils sont trois peut-être. Il fait noir. Il fait froid. Il faut croire. T’as plus la foi. Des menaces ; un rott qui te crache la salive à la gueule ; la chaîne étrangleuse. Il happe. Les crocs claquent. Qu’il te prenne la gorge putain. qu’ils te prennent à mort putain. tu te défends même plus. Du fric t’en as pas. De l’estime t’en as pas. De la fierté t’en as pas non plus. Les première couleurs vives arborent tes pommettes. Les secondes viennent saccager tes genoux. T’es déjà à terre t’es bousillée. Tu bouges plus t’es altérée. T’attends de crever désaltérée. Et t’espères que Maddy s’en voudra à l’éternel. À l’éternel de ton hérésie inhumaine. Hérésie aérienne. À tel point que t’existes plus. « Ton fric » qu’ils te crient à l’affût. Mais tu préférerais faire valser ta rose chair en arnaque corporelle. t’as à peine de la force pour sortir deux trois syllabes. Vas te faire enculer. le gars encapuchonné altéré. Altéré son égo démesuré. Qui te vaut de sa poche sa plus belle lame affûtée. t’es à terre pute austère. Tu bouges plus crevant dans la boue dans les ordures. Et les ligaments craquellent dans le bras. Les nerfs crachent leur lave inconscients ; et le bras crie d’un choc trop ingrat. Les cartilages frêles cherchent les coutures de ton pull. Souffrance suture sans armure. Tu le trouves. Mais tu peux plus rien branler. Et tu frappes ton portable mais rien ne répond rien de ton corps esquinté. Ton corps frappé. Frappé comme t’as pas frappé ces putain d’enculés. Inconscience.
Somnolence.

Ils foutent le camp quand tu réponds plus à rien. Plus à rien. Même plus à un coup de godasses dans les reins. À rien. À rien. Dormir. Rêver. Mourir.
C’est l’odeur qui te rappelle que t’es pas morte. Le goût de la pureté. Pureté pas assez bien gagnée pour une Leone qui arrive pas à batailler. Perdue. Esseulée. Oubliée.Vaincue. tu respires. T’es où putain Gally? perdue dans tes putains de pensées. Putains de pensées annexées. Perdue seule seule seulement pour la vie entière. T’ouvres pas les yeux car t’y arrives pas. Tu respires. Tu t’entends respirer. Tu te sens pas respirer mais tu crois que tu respires.
Tu respires Gally.
à l’odeur t’es dans un hôpital. Putain Gally qui va payer ça ; t’as pas de fric. T’as plus d’abri. T’as plus Ben Brody. Tu repenses à ces foutus caïds de la nuit et leur furie de rottweiller. C’est la faute à Ben. tu détestes Ben. Mais tu penses à Ben. Humain. Sauvage. Infaillible. Défait. Un héros de guerre qui se décline. Ben Brody se décline en un feu d’artifices aux spectres de lumières. T’ouvrir une paupière t’arraches un cri. Si seulement t’avais pas l’habitude des douleurs. T’aimes les douleurs Gally. T’aimes les douleurs que tu t’infliges. Mais t’aimes pas les douleurs qu’on t’infliges. T’aimes pas qu’on te corrige. Ta torpeur torride t’hurle à la gueule. Tu vois du blanc d’abord. Et après une pièce blanche. Juste blanche. Des bips ici. Des bips plus loin. t’oses à peine remuer de ton cauchemar tu veux plus t’évader. Gally. Gally Leone.
Tu la voyais dans tes sentences. Sentences qui te chantent les mauvaises paroles de sorcière prêcheuse. Tu la vois la sentence d’une précieuse silhouette ; un spectre familier. Qui te crache le masculinité d’un lointain « Bonsoir. »

« Maddy. » un souffle. Un soupir. Un reproche. Une parole idiote que bien du monde aurait dit dans ton cas. t’essayes de bouger pour elle. Contre elle. Pour lui prouver qu’en dépit du débris perpétuel que tu lui traînes comme présence t’es pas qu’un débris. t’es gally. Une meuf plein d’erreurs plein de terreurs plein d’horreurs. l’italienne qu’elle a prise pour sa sœur. l’italienne qu’elle a prise en aigreur. Alors t’essayes de bouger pour elle. Contre elle. Mais ça t’arraches le deuxième cri de la nuit. Les larmes s’ouvrent à un céleste d’étoiles enlaidies. Traits marqués sur la face tordue comme ils le sont parfois sur celle de maddy. Maddy. Maddy. t’as envie de la flinguer. Et bordel que t’as envie de l’adorer. « Maddy... » ta déraison te marmonne d’arrêter. Mais y a les faits. T’as rien d’autre à dire. Plus rien d’autre. Plus d’attraction plus de compassion plus la passion du dénouement. T’as plus l’âme d’être celle qu’elle aime quand elle a choisi de te malaimer te malmener. Te maltraiter. C’est plus Ben Brody le problème. C’est Maddy. Ça a toujours été elle. « J’ai vraiment pas envie de me faire sauver par celle qui m’a infligé ça. » t’essayes de bouger le crâne mais même le squelette a péri des entrailles d’abîmes malhonnêtes. Tu la cribles de ta haine car t’as plus que ça. t’as même plus de corps. Tu brûles. Tu brûles de l’intérieur.
Tu crames Gally. Tu crames et ça s’arrêtera qu’à la fin. La toute fin.


Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, quand tout est noir, quand tout est noir. Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, j'fais que douter d'moi quand tout est


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MessageSujet : Re: we are farfalle + Gally & Maddy + FB   Ven 12 Oct - 16:12
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Maddy, Maddy, Maddy. Ils ont écrit son prénom sur des lettres d'amour, des courriers officiels et même des journaux. Maddy ? Maddy ! Maddy… Ils l'ont cherchée, ils l'ont trouvée, ils lui ont demandé ou supplié. Demandé de l'existentiel, de l'aide, des conseils, du sexe, des rires, des règlements, des blagues, des ordres, des interrogations ou même des bagarres. Mais en un quart de siècle, elle n'a jamais entendu ce Maddy là, son Maddy. C'est un Maddy injuste qui fait trembler les morts entre ces quatre murs. Il fait soulever son rythme cardiaque, transforme sa tête en animalité. Ces quatre murs tapis de vert ou de blanc délavé ont vu plus de souffrants qu'en a vu un soldat dans sa vie. Pourtant, il est impossible de savoir si ces mêmes quatre murs ont assisté au soin d'une rancune putride et une sororité venimeuse. Maddy. En voilà un canon de fusil pointé sur elle. Les reproches en sont la poudre et le culot en est le plomb.  La poupée se passe la langue nerveusement sur les gencives, à la recherche de poudre. Cela fait trois minutes qu'elle est dans la même pièce que sa traîtresse de jumelle mais elle l'a regardée dans les yeux durant trois secondes seulement. Son envie de la gifler la démange mais son devoir professionnel la ronge plus fortement. Alors elle ignore, se concentrant sur ses papiers ou sur ce corps abîmé. C'est une patiente, rien de plus. Et elle se calme, retrouve en un éclair le sang froid des adultes pour anesthésier sa haine enfantine. Luisa entre dans la pièce avec tout le bordel pour sauver Gally.

-Merci Luisa, mais partez.

Partez car elle a dit « infligé ». Maddy se gratte la tempe sans porter attention à sa sœur et à ses mots meurtriers. La porte claque, le rideau retombe et les revoilà en coulisses. La chirurgienne hurle intérieurement les injures du monde mais aux propos de la fille du peuple, elle répond par le silence. Soit, qu'il en soit ainsi. Capricieuse, ingrate… Gally n'arrange pas son cas avec les années. Cinq ans sont passés et elle semble toujours aussi pourrie de l'intérieur.  Elle enfile des gants pour ne pas tromper Hippocrate, elle en profite pour être dos à sa patiente. Ce silence grave ne devrait survenir. En fait, il fallait que Maddy lui pose quelques questions : comment tu t'es faite ça, où étais-tu, fais attention la prochaine fois… Des questions qui rassurent les gens frôlant la mort, faisant passer le médecin pour un parent plus qu'un savant.  Est-ce que Gally mérite cette attention ? Certainement pas. Car c'est injuste. Elle préfère parler aux papiers que se défoncer le coeur avec cette voix mélodieuse.
Maddy chasse la bulle d'air de la seringue.

- Je vous anesthésie le bras pour éviter que vous ayez mal.


Elle ne fera pas plus d'effort pour aider sa sœur. Aucun baume et aucun être sur cette planète n'a pu panser les maux de cette fille sacrifiée.  L'amour ça se gagne et les soins ça se paye.  Il est temps que Gally comprenne que le devoir, ça marche dans les deux sens. Elle va payer le prix d'être partie en catimini pour une Italie armée. Elle désinfecte son épaule, retire surtout les traces de sang. Aucune tendresse, aucun contact à croire que Gally était la fille la plus répugnante de la Terre. Puis elle pique sans crier garde. Maddy observe le liquide disparaître, comme par magie. Paf.  Elle n'a pas cherché à être rater la piqûre puisqu'elle a, d'une certaine manière, réussi. Aux grands maux, les grands remèdes. Quoi de mieux que une ignorance exagérée et un vouvoiement déplacée pour marquer ses distances. En clair, Maddy ne connaît pas Gally.
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MessageSujet : Re: we are farfalle + Gally & Maddy + FB   Mar 16 Oct - 4:32
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La tempête est d’abord de ces pertes insatiables qui ensevelissent ces mauvais cœurs inlassables. Impensables. Imprenables. Inconsolables. Toi t’es inconsolable Gal. Mais Maddy elle ; elle est imbattable. Inratable. Elle est la juvénile gosse d’un peuple centenaire qu’on oublie qu’on perd qu’on altère ; battue par la vie altière ; battue par la nuit calvaire ; battante en furie. Elle est la pécheresse crevant sous le sein de détresse entêtée. Elle est l’ouragan d’un lac avarié. Résidu d’enfants endiablés. Maddy c’est la force. La mauvaise force. Force à tord. Force detox. Maddy c’est la haine. Haine de chienne. Haine femelle. Maddy c’est l’amer. Amer d’une vilaine terre. Amer croquant craquant aguichant les crevures peu sincères.
Maddy c’est la fièvre.
Maddy est guerrière.
Et Maddy elle te saigne.
Sans lame sans flamme sans plaie ni torsion d’âme.
Blessure propre. Coupée à l’amour propre. Rature sale. Raflée en rafales.
T’as craché le reste de venin et le velours de ta peau flambe le chagrin. Perverti. Chouinement d’une putain au guet d’un viol lourdée aux ravins. Ouais t’as craché le reste de venin Gally ; et maintenant il te reste plus rien. T’es au gouffre d’un volcan à peine chatouillé assez fort pour qu’il tousse sa rancœur sans effort. Pâleur de ton corps en douleur ; et là dans ces murs trop neutres pour se faire aimer il y a la froideur.
Tempête.
Orbite.
Défaite.
Bad trip.


« Merci Luisa, mais partez. » la voix au penchant excité d’une Italie faite de costumes de coutumes de fièvres alléchées. Elle chante malgré la haine qui la déjante. Jumelle démente. Sorelle déviante. La voix qui la démange ; seulement quand ses aigreurs la dérange. Gally tu sais pas tu sais plus t’es perdue. Esseulée aux émois d’un drap déchu angoisse déçue. La peur clichée. L’humeur fâchée. Tu sais plus qui regarder de l’ombre amusée ou de l’ombre agacée. Tu vois l’ombre amusée sortir. Et l’ombre agacée périr. Là tout tout au bout de ces neuf mètres carrés ; comme si seulement un univers entier pourrait venir vous voiler. La voie lactée Gally. ses couleurs engagées ; ses trompes-l’œil détrompés ; les paillettes clandestines ; et les étoiles qui mythonent sans chichi. Elles se terrent pour crever leur lueur vieillarde. Et elles ne le dévoilent que quand leur bonne heure sonne faiblarde. Combien de temps elles mettent ces perles de l’univers atrophiées de leur lumière ? Cinq ans peut-être. L’ombre agacée s’attarde loin. Loin tu la regardes ; floue effacée désintéressée elle sert les poings. Elle est silence ; t’es latence. Et l’ombre agacée elle parle. « Je vous anesthésie le bras pour éviter que vous ayez mal. » et la tempête devient tornade. Nuages d’orages. Distance qui fait mal. Sang royal qui fait rage. Le ton est là ; le ton est lourd. Le ton te fait suer à chaque seconde. Coquasse élocution loquace. Quand le tourbillon d’un monde sauvage vous saigne comme deux vulgaires pétasses. Elle avance elle lève l’aiguille et elle se penche. Toi tu vois un visage ; le même que toi en moins amoché. Moins saccagé. T’as la gueule profanée et elle te crachote cette vieille rancune eczéma mal soigné. Tu fermes les paupières qui hurlent la douleur de se faire enfiévrer par cette chimère d’amour acerbe. Comme l’amer qui suinte sur les lèvres bouffées à sang à la fièvre algèbre. Tu vois plus. Et tu sens même pas l’aiguille immerger dans le corps submergé ; déchet faussement guéri sans raison ; guéri sans façon. Sinon la plus professionnelle. La moins personnelle. L’anesthésie tu la sens pas ; car en fait t’es anesthésiée depuis le réveil. Dans ta tête c’est les cent pas.
Anesthésier l’anathème.
Anesthésier le cœur fauché du corps bohème.


« Non hai più alcun valore Madonna ! » tu sers les dents et tu lui craches ce chuchotement à la gueule. Son des cigales en leur linceul. Son de l’hérésie de l’hystérie à vif à vide acide qui te berce dans ton cercueil. Les adieux n’ont jamais été prononcés comme ces vœux infidèles. Mais ils auraient du rester des adieux quand même. Pérennes sans manie et sans retour à la vie. Et tu chiales. Tu chiales Gally. T’ouvres même pas l’œil enflé qui te ferait jurer couteau à la gorge d’arrêter de chialer.  « C’est drôle... j’aurai cru qu’avec le temps ça allait être moi la mal élevée... Faut croire que papa et mama ont bien foiré ton éducation en fait. » tu reprends lentement l’anglais mal travaillé qui te fait perdre tes moyens ; dans l’accent des plus moyens. T’as envie de rire. T’as envie de périr. Tu veux lui sauter à la gorge aussi. Tu veux t’enfuir d’ici. T’enfouir ici. Sans elle. Sans plus jamais elle. Et t’as mal et tu cries et tu chiales et tu pries. Tu pries pour qu’un jour la douleur insoumise lui brûle la bouche dédoublée de milles péchés insoupçonnés. Tu pries Gally tu pries pour un jour mériter ce prix. Le prix de la liberté qu’elle pourrait te livrer si elle n’avait pas ce dégoût infantile. Elle ne peut te pardonner ce que tu lui reproches. Parce que Gally tu peux pas lui pardonner ce qu’elle te reproche. « Tu devrais peut-être arrêter de te faire des piqûres anesthésiantes Maddy, tu vas finir par tout oublier... » que tu souffles dans un dernier souffle de souffre. T’essayes de t’essuyer les mirettes trop mouillées de douleurs invétérées. Mais le bras est achevé. Le corps est achevé. Tu renifles tu gardes les yeux fermés. Tu mouilles tes pommettes tes joues ; tes narines empestées. Tu mouilles ta chair ton âme ta peine. Tu te rends à ces nuages mirages poussières de l’âge.
Et la tempête n’est plus devenue tornade.
Elle est devenue cauchemar.


Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, quand tout est noir, quand tout est noir. Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, j'fais que douter d'moi quand tout est


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MessageSujet : Re: we are farfalle + Gally & Maddy + FB   Mer 17 Oct - 16:51
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Maddy, elle a le sourcil qui s'arque légèrement quand elle est contrariée, mimique certainement héritée de son père. C'était leur façon à eux de dire aux autres que, même s'il était question de silence, leur réponse était haute en couleur. Maddy voit d'un rouge si passionnel qu'elle en est aveuglée. Elle laisse ses doigts danser à leur accoutumée pour soigner cette blessée. Est-ce que le coeur y est ? Pas cette fois. Elle n'aime pas trop les retrouvailles en effusion, elle préfère les réjouissances en infusion. Malgré ses lèvres cousus et ses yeux grands ouverts, elle est absente. Luisa, merci mais partez. Evitez la tempête, évitez le chaos. Maddy elle n'est pas qu'actricede ce spectacle exécrable, elle est sa propre spectatrice. Et des fois, elle se souvient qu'elle est aussi le maître du jeu. Comme là par exemple, quand elle plante l'aiguille pour engourdir son bras meurtri. Penser que sa jumelle est sur son terrain de jeu à elle, la rassure. Cela penche en sa faveur et ça lui donne du pouvoir. Son terrain, ses règles. Elle essuie l'hémoglobine maculée en salvatrice désemparée. Elle n'a pas le choix mais est-ce que le coeur y est ? Peut-être… Et puis Gally, elle se met à parler en italien. Cela en revanche, ça venait du coeur, ça venait des tripes, ça venait de partout sauf du monde de Maddy. Elle écoute cette mélodie assonante qui a fait plus de révolutions que la langue du rock'n'roll. Cela faisait plus de cinq ans qu'elle n'avait pas entendu un tel son et ça la fait frissonner. Est-ce que le coeur y est ? Ecoeurée alors sans doute. Maddy voulait oublier cette langue et elle s'est efforcée à s'obtempérer. Puis sa double débarque et crache de ce millésime européen. Les sens de la néo-new-yorkaise s'accaparent et imbriquent les mots. Elle comprend malgré elle. Elle déglutit tout en prenant les pinces pour vérifier la profondeur de la plaie. Si cela a touché une veine, une artère ou le tendon, elle devra se mettre à jeun puis passer au bloc dans huit heures. Elle est émue pour une fois d'ausculter cette chair car elle est à 94 % composée de manière identique à la sienne. Même le Madonna insolant ne la fait pas sourciller. Elle réagit guère à croire que tout ce massacre entre ces doigts l'apaise. C'est une belle entaille, juste une belle entaille. Faite au surin, juste au beau surin. Mais dans quoi tu t'es encore fourrée Gally. Elle pense ça comme une mère verrait son gamin faire une énième connerie. Elle ne formule rien, pourquoi ? Le coeur n'y est sûrement pas… Jusqu'à ce que sa patiente ouvre encore sa bouche pour déterrer certains démons du passé. Des démons devenus pastels ou feutrés, comme un vieux papier peint bourré d'histoire dans un appart' fraîchement aménagé. Faut croire que maman et papa ont bien foiré ton éducation en fait. Un léger sourire se dessine sur son visage impassible. Maddy elle a tout de la statue grecque. Celle qui exprime ni joie ni douleur. Une statue digne de la Grande Bellezza. Amen avec son rire étouffée mais échappé dans ce silence quasi abyssal. Maddy pivote le torse mais pas les pieds pour se saisir de l'aiguille enfilée puis du ciseau. Une éducation foirée ? Mais regarde-toi soeurette, les yeux pétées et le bras à sec. Et les élucubrations encore et encore d'une démence harcelée et d'un désespoir clairsemé. Le premier point en croix est fait, clic coup de ciseaux.

- Si tu te bas comme tu me parles, pas étonnant que tu perdes tes combats.

C'est ce qu'on appelle un crochet droit bien placé. Maddy répond d'une voix aussi douce que celle de sa jumelle, pour cette fois. Et là, on peut dire que ça venait du coeur. C'était sa façon calme de dire « ferme ta gueule, Gally. Tu vois bien que je travaille là. »

- Continue de me contrarier alors que je te recouds le bras, tu pourrais revenir me voir plus souvent que prévu. Et toi et moi on veut pas ça, hein ?

Clic, les ciseaux. Le quatrième point en croix. Finalement Gally s'en sortira avec sept points. Et pendant que Maddy se charge des derniers, elle donne un… deux comprimés à sa sœur.

-Ton œil va doubler de volume demain matin.

Maddy retire ses gants dans un bruit de plastique froissé. Elle prend un ustensile sur le chariot, une bombe qu'elle secoue.

-Mais je vais te mettre ça pour que ça n'empire pas.

Ca n'empire pas, ça s'améliore. Le vous se mue en tu. Le silence se change en dialogue. Le chrysalide se métamorphose en papillon. Ainsi elles sont farfalle. Et clic.
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MessageSujet : Re: we are farfalle + Gally & Maddy + FB   Lun 22 Oct - 23:42
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Le temps est renversé comme ces villages naufragés. Comme ces bêtes enragées. Comme ces mères ravagées. Terres bataillées. La guerre a vu des hommes tomber. Hommes braves. Hommes enclaves. Hommes épaves. Hommes barrages. Des hommes qui chialent. Des hommes qui blâment. Des hommes qui braillent. Des hommes qui baillent. Un à la cervelle écervelée au grand pardon de ses péchés. Un aux penchants humides chaleur sans douceur ou candeur invétérée.
Hommes à terre. Hommes mortem. Hommes poussières.
Et deux femmes altières.
Deux femmes guerrières.

Deux marmots qui ne dictent que ce que l’autre devrait faire.
Mais l’autre ne veut jamais faire.
T’apprends jamais Gally.
Terre de feu bousillée au seul sang de ses nerfs de vilain enfant. Trop laide peut-être. Trouée peut-être. Cage thoracique acérée comme une lame qui vient percer la plaie vénusté d’une môme qui n’en a rien. Venus ; c'est l’autre. L’âme brasier le cœur limier le corps limé. Noirceur ruinée aux ombres incendiées de reflets encrassés. Une est belle de péchés ; rédemption avariée. L’autre est rédemption sans son milliard de péchés désavoué. l’une chiale l’autre se tait. Elle se tait d’une peine abyssale ; horreur animal ; peur bohème ; haine hautaine. Salive ravalée au goût altéré ; artères gâtées qui te font suffoquer.

« Si tu te bas comme tu me parles, pas étonnant que tu perdes tes combats. Continue de me contrarier alors que je te recouds le bras, tu pourrais revenir me voir plus souvent que prévu. Et toi et moi on veut pas ça, hein ? » mise à nue par le fil que tisse la madonne de ta vie. Mise à nue comme un vers avili qui s’enfuit. Crade abjecte infecte impolie ; digne d’une putain sans paresse. Folie démunie ; fruit bâtard de mère maîtresse. Ses doigts araignées sèment leur venin sur ton pelage irrité. Infecté. Infesté ; d'effroi d’orgueil d’émoi de deuil. Volcan en éruption. Sens en irruption. Touché violation. Pensées invasion. T’es engloutie sous ce lit où milles autres vilains cercueils ont dû clore. Chimère qui dans une nuée de roses va éclore. Chimère artifice. Chimère Artémis. Chausseuse de déshonneurs devant la plus accomplie des deux sœurs. Unique clone mais déjà trop quand à l’aube tu fais l’aumône désapprouvée par cette beauté plus belle que ton carrare amoché. Quant à l’aube qui répercute sur tes âcres paumes le reflet à vif d’un soleil bûcher en supplices ; il n’est plus. Il s’abandonne au crépuscule d’une torture majuscule. Maddy. Maddy attaque mais ne s’attaque jamais à elle. Maddy vermeil. Maddy merveille. Maddy complexe. Maddy perplexe. Maddy sœur rubis solitaire d’une napolitaine aux éclats belluaires. Gladiateur cousant ses blessés de l’arène. Mais toi t’étais pas dans l’arène ; t’étais dans la rancune vendue éternelle. Trésor araignée qui crache ses fils d’or sur ton corps terreur multicolore. Lacérée vulnérable gosse esseulée. Face à cette jumelle qui empeste la gloire titillée. Elle te flingue et elle te répare. Elle te coud et elle te découd. Elle te froisse et te repasse. Uppercut. Knockout. Fin du match. « Ton œil va doubler de volume demain matin. Mais je vais te mettre ça pour que ça n’empire pas. » sorella occupée par l’amour que lui porte sa traînée de sœur. Sorella amusée de voir défiguré le pourri de son cœur. T’ouvres à peine les yeux quand le glacé sorbet t'épouse ; mais t’arrives pas. Cils collés. Nez qui coule. Joues enflées. Sourire qui se voulait. Gueule tabassée. Crevure sous la peau de serpent ; raclure qui se décolle en suintant. T’avales ce qu’elle te donne. Tu réfléchis pas ; pourvu que ce que Maddy donne fasse venir le trépas. T’entends qu’elle enlève les gants. Elle enlève cette couche artifice qui séparait les deux chairs haletantes. Ta larme elle perle ta peau céleste. Dieu suce pour toute cette merde que tu fais sur Terre. Ouais Dieu suce dans ton Vatican de merde. colère amère. Paix passagère. t’as envie qu’elle t’aime. t’as envie qu’elle te vénère comme tu la vénères. t’as envie qu’elle glisse ses doigts similaires dans tes cheveux similaires. Là ; claquées à ton front ces mèches naufragées. Ces mèches empestées. Ces mèches sales comme tes doigts comme ton visage ; comme ta mort sale qui aboie. t’aimerais qu’elle frôle ton crâne collant gluant happant la mort ou tout ce qui s’en suit ; t’aimerais qu’elle se donne à ces phalanges éméchées qui tâtent à la recherche de baisers de bonté d’être aimées d’être flattées. Non désirée ; goût acerbe qui n’arrive jamais. Mais Maddy elle s’occupe. Maddy elle s’occupe pour t’éviter. Pour pas regarder. Pour pas parler. Pour pas toucher. Maddy elle s’occupe pour pas aimer. Et ça te fait encore plus chialer.
Survivre comme maddy.
Périr comme gally.
Amerrir l’amnésie.
Atterrir la fantaisie.
Tout flinguer.
Tout valser.
Partir.
S’enfuir.

Mais maddy elle t’ignore. Maddy elle s’occupe. Et toi tu t’enfonces. Gouffre tremblant aux sens urticants couleur ronces. Toi tu t’enfonces désert aride avide couleur rance. Aucune rançon pour l’attache perdue vaincue sur ces terres devenues champs de guerre. Combien de têtes sont tombées ? Combien d’années écoulées ? Combien de guerres approuvées ? Mais maddy elle s’occupe. Maddy la guerrière sagesse finesse. Toi la rudesse sans hardiesse. Pétasse aux balafres méritées. Tu repenses à Ben Brody. Ben Brody l’insoumis. Ben Brody que t’as fui. Ben Brody qui t’aime ; pas comme cette sœur conflictuelle. Sœur anathème. Pardon impossible. Aigreur invincible. Pudeur incompréhensible.

« J’ai fait aucun combat ce soir Maddy... » ta vaillance de lionne en fureur se mue se tue accrue en murmure ; puanteur de détresse candeur. Danse pantin de douceur. Maddy tends-moi la main s’il te plait. Ti imploro. Dis-moi de pas avoir peur de vivre. Dis-moi de pas avoir peur de ces masculins délits putrides. Dis-moi juste de pas avoir peur. Tu renifles. T’as plus la foi ; douleur d’entendre sa voix. La même que toi. Accent moins prononcé ; effacé ce foutu bordel de passé vulgaire à errer. Chien abandonné. Rampant boitant martelés de coups abandonnés par l’égo démesuré. Tu penses Gal, tu penses à ces rafales attardées détrempées tachées des crimes immortels. Rivière trop salie trop pleine de poison pérenne. Brody te retrouvera. Peut-être Brody te violera. Peut-être le rott te feras goûter ses deux crocs. Peut-être le voyou te feras goûter son couteau. Peut-être. Peut-être. Paraître. Mal-être. Parasite factice comète aux milles plaisirs de coups roués à même le corps ; moins supportables que sur le ring.
Dehors y a plus rien. Dehors t’y crèveras demain. Tu vois trouble. Tu vois flou. Tu vois encore. Tu vois à tord. Et alors. T’essayes de te relever mais t’en crèves. t’en crèves de toutes ces plaies tatouées ; mauvaises herbes. Mauvaise graine. Mauvaise germe. Une plante verte.
Et puis t’es confuse. Tu te refuses. Tu t’amuses. t’es sa muse. qu’il te disait Ben. Et s’il savait. S’il te voyait. Tu la serais encore sa muse à l’italienne ? Sa muse américaine. Sa muse aux mirettes à double tour sous des brouillards alentours. Tu t’effondres mise à mal. Sûrement trop pâle. Encore plus dégelasse qu’il y a une heure. Heure de fièvres de viles ardeurs. Crevant mauvaise pécheresse en fervente ferveur. Disgraciée châtiée bannie sans même plus de noms sur qui compter. Sans même plus de noms à épeler. A épauler. Tu te sens t’enfuir alors que t’entends plus Maddy. Panique d’une panique enchaînée endiablée en décadence dégradée. Absence de guérilla. Silence paria. Heurts maladroits. T’as plus tes pensées mais si tu t’endors ils vont te dégager à coups de pieds. Bouge bouffonne, bouge de là. Aller ! Aller. Mais même la  vieille force s’est affalée. Inondée. T’es fatiguée. T’es essoufflée. Trop tard. « Maddy, Maddy c’était quoi ces cachets ? C’était quoi ces putains de cachets ? » tu te redresses possédée. Enragée. Furie. Furieuse. Tu dois partir d’ici. Partir du Bronx de New-York et même de l’Italie. Tu cries. Tu hurles. Toujours les yeux brouillés. Mirettes broyées par l’ennui des autres ; l’envie des autres. L’attrait de ton corps apôtre. Tu cries mais tu sembles murmurer. Souffle coupé. Pensées bouleversées. Crâne fracassé. T’aurais dû la voir venir. Mais t’aimais maddy. t’aimais les raisons pour lesquelles t’aimais maddy. « Maddy protège-moi… je t’en supplie. Je dois partir d’ici. » A jamais.
Et puis tu sombres. Décombres.
Le cœur succombe.
Zéro bpm.


Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, quand tout est noir, quand tout est noir. Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, j'fais que douter d'moi quand tout est


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MessageSujet : Re: we are farfalle + Gally & Maddy + FB   Ven 2 Nov - 1:58
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Il n'y a rien de plus beau que dix doigts délicats sans égo qui traversent une chair mutilée pour tout recoudre, ou du moins, tout réparer. Maddy, elle aime les malades, elle aime l'hôpital. Les âmes sombres ou lumineuses, secrètes ou franches, les putes ou les cadres, les saints ou les démons se rejoignent tous dans cette église dans une vérité exquise : celle de la nécessité, celle de l'appel à l'aide. Quand on finit aux urgences c'est parce qu'on a besoin des autres. Il y a cette échine courbée de ces êtres arrogants de vivacité  face à ces individus puissants, les médecins, chirurgiens. Il n'y a pas de jeu chez les malades car leurs corps disent tout. Outre le ballet infernal qu'est l'entreprise médicale, il y a quelque chose d'admirable et de révélateur sur la condition humaine. Voir sa jumelle en milles fracs revient à percevoir un esprit en sale état. Comment vous dire, Maddy vacille un peu à cette idée, celle de la savoir du côté de ces insectes affreux plutôt que chez les dieux merveilleux. Elle secoue cette bombe qu'elle applique sur ces yeux. La voilà partiellement aveugle, Gally. Lui ôter un sens n'en rajoute pas à sa propre vie. La haine est insatiablement âpre et son pardon, quant à lui, est inconditionnellement âcre. Gally a le nez qui coule et les joues qui mouillent. Quelle enfant, quelle innocence. A se justifier, avoir des remords et prendre conscience du manque de prudence.

Je sais Gally, je sais.

Le corps parle bien de lui même. Ce n'est pas un combat, ce n'est pas de la boxe, ce truc inventé pour amuser le peuple. C'est de l'acharnement, une gangrène sociétale, un truc qui créé de l'abcès plus que de l'amour abyssale. Gally ne lui dit pas tout et c'est mieux comme ça car elle en fait autant. Il n'y a que des enfants, des femmes et des sœurs qui possèdent des jardins secrets. Dès qu'elle finit, Maddy remplit ses documents qu'elle donnera à la secrétaire – ou la compta, on ne sait plus – on ne sait pas. Puis dans une gestuelle molle mais toute aussi déterminée, Gally se raidit, Gally veut s'échapper. Elle ne fait rien à part crier brièvement des quasis injures ou un total questionnement. La chirurgienne se mue en un silence en guise de réponse. A quoi bon. Parler à la folie, c'est comme parler à un mur, à part s'entendre on ne reçoit rien. Le supplice de la toute fin, cette prière… Maddy s'arrête pour la regarder sombrer et se taire. Même dans le pire elle a le culot. Elle succombe à vitesse folle et quand elle sent que la respiration et le rythme cardiaque de sa patiente se stabilisent, que tout cadence au tempo sans crise, Maddy soupire avant de quitter la pièce. Elle croise Luisa qui s'apprête à récupérer le chariot puis choppe le dossier du prochain patient. Les heures tournent. Sa sœur plonge dans le coma morphiné quand elle travaille. Ses cernes la tirent, le début de la descente de crack. Ses dents grincent nerveusement quand elle annonce à une gamine qui s'est ouverte le genou qu'elle devra passer au bloc. Elle se rend compte que cette confrontation avec Gally la perturbe plus qu'elle ne l'aurait pensé. Incapable de se concentrer malgré la prise, il lui reste toute fois une heure avant de finir le service. Elle arpente les couloirs comme ses collègues fantômes, allant d'une salle de consultation à une salle d'attente. Elle fera une trentaine de points de suture au final, retirera des particules de verre, rasera des crânes qui iront au bloc… une routine qui reste néanmoins perturbée par le poids de la culpabilité. Maddy se doute que les premiers rayons du soleil percent la nuit, il est 6H40 et pour sa relève est arrivée. Elle descend au -1, l'état des coulisses pour troquer sa blouse contre une parka et signer un chèque d'un montant inférieur à son vêtement Burberry. Elle commande un taxi puis remonte au 0, l'étage des vivants, pour se rendre au secrétariat -ou la compta, on sait toujours pas – pour donner son papier.

Je règle pour Gally Leone.

Le mec lui demande si c'est sa sœur et Maddy hoche de la tête. Elle lui emprunte d'ailleurs un fauteuil roulant, pas l'un de ces sophistiqués qu'on met à la vente mais l'un de ceux qu'on utilise en interne pour soulager d'un poids les patients et leur énergie rare. Maddy se rend entre ces quatre mur couleur neutre pour titrer sa sœur bras dessus, bras dessous. Elle sent leurt différence dans la sculpture de leurs muscles. Gally a plus de muscles et si elle avait la cervelle moins fragile, elle ferait des étincelles. Bordel, lâche-t-elle. C'est peut-être Maddy qui est trop fragile mais n'oublions pas que l'inconscience est plus lourd que le reste. Maddy aurait peut-être du attendre qu'elle soit en fauteuil avant de la bourrer de cachetons. La voilà entrain de traîner sa sœur comme un cadavre jusqu' au fauteuil. L'animée fait attention au bras de l'inerte, on est jamais à l'abri d'un point qui pète. Son téléphone sonne dans son sac à main mais elle ne peut y répondre. Elle se doute qu'il s'agisse du cab alors elle presse un peu le rythme. Elle slalome doucement entre ses collègues pour rejoindre la sortie dès qu'elle finit d'installer sa sœur. L'audi noire est en warning sur le great boulevard. Maddy appelle le chauffeur pour qu'il aide tout en priant que Gally ne se vautre pas sur le bitume. Elle n'en serait pas à son premier coup sur l'enclume mais Maddy ne tient pas à retourner parmi les mourrants. L'air frais la ravive et lui procure une joie incroyable malgré la situation des plus improbables. Le chauffeur porte Gally pour la mettre sur la banquette arrière pendant que Maddy plie le fauteuil pour le mettre dans le coffre. Le chauffeur reprend ses fonctions, la fille s'installe à côté de sa jumelle pour caler la tête de cette dernière contre la vitre et pour l'attacher. On dicte une adresse précise dans le Manhattan chic et la voiture démarre. Maddy menace de dormir suite à cette sensation d'apaisement. Elle ne remarque pas les regards futils du chauffeur dans le rétro. Le genre de regards qu'on reçu deux sœurs jumelles côte à côte. Une impression de voir double mais voir deux copies originales. Peut-être que le chauffeur était intrigué par l'état massacré de Gally ou peut-être qu'il voyait en Maddy une néo meurtrière glamour et fatiguée. Peut-être qu'il cherchait un sens à leur histoire et comment pourrait-il en trouver un puisque les Leone elles-mêmes n'y comprennent rien. C'est un simulacre sans nom, un récit sans âge. Il n'y a rien d'Americain dans cette affaire, à la grande déception de Maddy. C'est le réel, le vrai et le pur.

Son appartement est cosy. Quarante cinq mètres carrés d'american way of life. Le métal se mêle au bois, l'urbain au rustique. Du bon goût ? Maddy aimerait en avoir. Il y avait de la rouille mêlé à du vert sombre sans fantaisie. Son appartement aurait pu faire la une d'Ikea s'il n'y avait pas eu tout ce bordel. Maddy a calculé, elle passe en moyenne vingt-trois heures par semaine chez elle. Elle ne peut profiter de son canapé deux places couleur tabac, de son écran plasma ou de son lit queen size. Tout ce qui est italien dans ce décor américain impersonnel, c'est la vaisselle céramique commandée sur amazone. Maddy n'a jamais su estimer le prix de son appartement ainsi que de son mobilier. On parle peut-être de six chiffres. Il a été aisément trouvé par un de ses amis, elle a juste payé le reste grâce à son premier prêt. Le second a servi en partie à fournir sa garde-robe. Même les vêtements constituant son dressing semblent sortir d'un rayon barbie bourgeoisie. Les gens seraient surpris d'apprendre que Maddy ne possède aucune demeure dans les Hamptons.

Après avoir largué Gally dans le lit, Maddy s'est roulée un joint. C'était un rituel pour annoncer toute rupture avec le travail. Elle sait qu'on ne l'appelera pas d'ici trente-cinq heures au moins. Huit heures trente du matin, elle est trop décalée pour pouvoir dormir et la coke graille toujours son cerveau. Il faut qu'elle rechute un minimum avant de pouvoir s'allonger. En attendant elle bédave en s'étirant puis elle guette du coin de l'oeil sa jumelle paisible. Le manque de mouvement ne l'inquiète pas, elle a abusé de la quantité de somnifères. Elle se répète qu'elle n'a pas eu le choix sinon elle continuerait à parler. Est-ce que Maddy préfère le silence au bruit ? Absolument. Agréable habitude obtenue par la solitude. Pour elle, les plus beaux silences sont ceux à deux, deux en harmonie ou sur la même longueur d'ondes… ce genre de conneries. Malgré la gueule fracassée, Maddy trouve Gally très belle dans ce soïcisime imposée.

Elle met du son en fond pour activer certaines synapses de son cerveau, la stimulation est importante pour créer un épuisement du corps. Ca ne vaut pas le sexe mais David Bowie fera l'affaire. Bouffe chinoise réchauffée au micro-onde, le pilon ne lui donne pas faim mais elle doit prendre des forces, se ménager. La nutrition et les calories l'obsèdent, ça permet de camoufler cette quantité masse inspirée de poudre blanche. Personne ne voit le carnaval qu'elle mène et personne ne comprend son obsession démesurée pour la santé. Déformation professionnelle diront certains. C'est comme ces cardiologues qui fument des cigarettes pendant leur pause, leur drame est d'être attiré par ce qu'ils condamnent. Ainsi Maddy tenterait l'hygiène saine malgré les heures minimes, l'acid infinie ou le sommeil infime. Bouffe chinoise rechauffée mais il lui faut une quantité de protéines pure et rien ne vaut quelques œufs durs. A table, elle croise les jambes et son dos est droie. Bowie tourne et tout en piquant dans son assiette, elle feuillette le journal de la veille. Derrière ce masque serein se cache une grande angoisse : celle de voir sa sœur emménager à ses côtés. Alors elle cherche une solution entre la page people et les résultats du soccer.
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MessageSujet : Re: we are farfalle + Gally & Maddy + FB   Jeu 8 Nov - 1:08
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Elle dort Gally. Elle dort ; enfant. Elle dort, oublie. Elle dort ; perles de semblant. Rejeton d’une nature absurde aux pastels séduisantes. Elle dort Gally. Elle dort elle vit elle oublie ; elle s’oublie Gally. Rejeton d’une ville trop rude aux rues médisantes. Ouais elle dort l’enfant qui n’est plus rien d’autre qu’un faux semblant. Elle dort l’enfant des champs urticants. Toile pourrie ; navet à l’écran. Crevure d’insomnie ; serment absent. Elle dort ; nue de tout péché ; nue de toute hantise ; cœur délavé cœur mitigé cœur accablé ; en toute franchise. Faveurs des dieux si ce n’est des lumières. Tempêtes des cieux ; des terres guerrières. Elle prétend beaucoup cette italienne à l’âme sensible. Elle prétend pas mal cette hyène aux poings victimes. Elle frappe souvent Gally. Elle frappe souvent. Elle ment souvent Gally. Elle ment souvent. Elle en fait des choses ; elle en dit des choses. Marmot perdue ; marmot vaincue. Mais là dans ce fantôme latent de sens et d’envies elle est sans. Sans ce mensonge qui lui hurle aux lèvres. Sans ces louages qui enivrent les peines. Sans ces coups qui fulminent les veines.
Fantôme latent.
Je sais Gally, je sais.
Fantôme. Celui de maddy. Fantôme. Celui de Gally. Qui des deux est la pire. Qui des deux sait mieux mentir. Qui. Qui des deux figures sans style sait vivre. Qui. qui des deux jumelles a su répandre la lumière. A défaut de la haine. Qui est soldat. Qui est la foi. Qui Gally, qui?
Putain.
Le tamisé devient nu. Le tamisé devient cru. Le tamisé devient dure. l’éclair de la métropole te tue. Putain Gal, réveille-toi. Réveille toi. mais Gal tu bouges pas. Les paupières elles, elles bougent. Les paupières elles, elles coulent. Suintement d’une tristesse maladresse ; crachement d’une déesse en faiblesse. Tu feules d’abord dans ta tête. Sans douceurs sans perles sans candeurs. Sans amour de sœur. Vagabonde des souvenirs ; piquant à l’orgueil ; pissant des faux rires ; flinguant la tumeur.
Gally tu méprises la vie. Gally tu rêves la vie. Gally tu crèves la vie. Gally tu te réveilles sur une vilaine mélodie. Salie désaccordée comme la pénitence de ta lâcheté ; la peine immense de deux sorelle. Mélodie mélancolie mal garnie mal habillée ; comme un gamin fauché. Comme ses souliers mal cirés. Comme ses Nike arrachées. Comme des fleurs avariées. Elixir débauché. Plaisir razzié. Vandale sans ailes ; infâme infect. Les notes à l’arrache battent les paupières. Paupières pâles ; paupières sales. Peau algèbre. Sinueuse serpent venin indomptée indomptable. Déguisée en corps malade. Malade d’être ; malade de paraître ; malade de mal-être. Être une sœur en vain ; une famille enclin. Haine ; laide dégaine. Cheveux en pagaille. Peau vermeil. Œil au beurre noir. Mal-être. Mal-être.
Mal-être.
Réveil difficile.
Réveil amnésique.

Les notes valsent vaines. Les si s’accumulent ; les ré enchaînent. Dans ton crâne tout est merveille. Réveil de reine. T’es mal Gally, mais t’es une reine. Reine d’un monde façonné à peu de choses. Peu s’impose. Une sœur souvent absente. Une boxe souvent haletante. Une existence souvent tremblante. Qui Gally, qui. Tu passes les doigts dans tes cheveux branlant ; bouclant l’humide de tes ossements. Crasseux collants. Et les doigts glissent d’eux-même ; comme si cette fois eux-même avaient pris le contrôle de ta peau de ses maux et de ses fléaux. Battements qui s’emballent. Corps en rafales. Guerre qui se blâme. Mèches qui s’égarent. Et les doigts dansent dansent dansent sur cette chair en trans. En nuance. En errance. En offense. Espiègles ils dansent. Ils dansent. Et tu t’éveilles. Autre univers. Froideur d’hiver. Et le qui remplace le où. Où t’es Gally. Et les notes montent en gravité. Échelons fraudés.
Maddy. Où t’es ? Maddy. Endroit bordélique. Ça te rappelle le loft pourri de Ben Brody. Putain. Et Gally tu paniques. Prison putride. Poison limpide. Ben Brody. T’es avachie dans un lit. T’hésites entre fuir et mourir. Et quoi choisir. Quoi dire. Quoi mentir. Quoi hurler. Quoi voler. Quoi violer. Les doigts si tendres pianotaient encore sur les pommettes saillantes. Mais là il se lancent dans un concerto assaillant. Maddy. Tu sais pas. Tu sais plus. Tu crois pas. Tu crois plus.
Et puis la musique. La musique elle vit. Elle vit dans le réel. Dans le concret. t’observes ; alors que ton corps lutte pour s’évader. Esprit embastionné. Manque à combler. Manque de confiance. Manque de déviance. Mise à terre. Par une môme pas si altière. Maddy. Fumée du diable au bec. Fumet du diable à sec. Elle feuillette un journal. Elle crève l’écran de milles flammes. C’est Madonna. Elle a toujours crevé qui voudra. Madonna. Elle t’as crevée toi. Sans ring. Sans gants. Sans match. Sans clan.

« Maddy... » parole pudique. Parole futile. Déjà dite un milliard de fois. Déjà trop crevée ; encore cette fois. T’es hébétée. Tu restes là. Las. De glace. Face à l’inconnue qui bédave en lisant son journal. D’elle tu sais plus ; tu te rappelles plus. Tu te souviens plus. « Maddy. » tu répètes ; sans rien apprendre de moins bête. Tu t’assois. Tu vois. Tu te noies. Tu regardes ; c’est chez elle. « T’as préféré me laisser vivre à la rue au lieu de ce palace en plein New-York. » tu chuchotes frêle. T’espères qu’elle entende pas ta colère soudaine. Sa musique vous perce et elle perce tes conneries. Ahurie. Pénurie. Tu baisses les mirettes. Tu baises sa broderie coquette. Tu cherches tes pompes. Tu cherches tes fringues. Tu les brûleras sûrement. Tu pleureras sûrement. Mais pas maintenant Gally, pas maintenant. tu trouves ton pantalon au coin, et ton sweat. T’as mal. T’as mal. Mais tu pries pour feindre la dureté. Feindre encore la sûreté. Après t’iras chialer. Après. « Ecoute, je vais te payer pour l’hopital. Et je vais rentrer. » tu dis au-dessus de la musique. Tu clignes des yeux trois fois. Tu broies du noir quatre fois. Tu gémis en silence cinq fois. Surtout quand tu bouges le bras. Tu fais semblant de chercher de l’argent. Mais y en a pas. Y en a pas. « Je… j’en ai pas là. J’irai déposer ça à l’hopital à ton nom. Ce sera plus simple. » t’enfiles une basket. Et la deuxième. Mais tu craques. Tu craques car c’est maddy. Tu craques parce que Brody. Tu craques parce que ta sale gueule. Et parce que t’as plus l’orgueil. Tu regardes tes pieds. T’as plus de fierté. Après une nuit sans anges ; sans étoiles. La nuit démange ; tendre brutale. On t’a battue Gally. On t’as abusée Gally. T’as plus de toit Gally. T’as pas de thune Gally. T’as plus rien. T’es plus rien. tu te répètes ça. En boucle. tu te répètes ça. En boucle. Et en boucle. « En fait je… j’ai plus trop d’argent en ce moment. Ni de logement d’ailleurs. » et tu te dis des choses bien trop jolies. Des choses bien trop embellies. Tu te dis que maddy elle est là pour toi ; maddy elle t’as vue pour toi ; maddy elle t’as soignée pour toi ; maddy elle t’as ramenée pour toi. Pour toi.
Toi.
plus rien.
Rien.
Rien sans maddy.
Mais tout avec maddy.
Maddy et Gally.
Gally et maddy.
Équation résolue.


Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, quand tout est noir, quand tout est noir. Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, j'fais que douter d'moi quand tout est


bleu noir
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MessageSujet : Re: we are farfalle + Gally & Maddy + FB   Lun 12 Nov - 15:57
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Maddy Leone
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Une sensation sereine se dégage de la pièce. Maddy n'a rien d'admirable mais il est aisé d'admirer cet aura calme. Le silence envahissant l'appartement n'a rien de comparable avec la gravité gênante de l'hôpital. La bouffe n'est ni succulente ni détestable : elle convient. L'effluve si épaisse et si opaque comble leur odorat, Bowie habille leurs oreilles. Et pour finir, ses yeux glissent sur le papier du vieux journal. Maddy aurait angoissé à la lecture des différents progrès techniques, ceux qui lui rappellent d'une potentielle entrée historique. Aujourd'hui c 'est différent car son escapade, elle le doit à ces banalités sublimées. Elle le veut à cause de sa sœur qui pionce dans son lit. La chirurgienne savoure sa lecture : « Un Robot peut composer des chansons des Beatles », «Pittsburgh : une synagogue explose », «Le tigre blanc est-il vraiment éteint ? », « Découverte d'une vie extra-terrestre par deux astronautes Russes »… Elle adorait ça Maddy, cette destruction de vie ou cette création de mort condensées dans ce bout de papier qui vous permet de faire le tour du Monde. Elle n'a jamais eu cette audace, du moins, ce désir de vouloir faire la une des pages culturelles. Sa vie est misérable et elle le sait. Aujourd'hui est pire qu'hier mais mieux que demain sans doute. Il faut profiter, hein. Ce proverbe ne s'applique pas en tout lieu et en tout temps. Son universalité vient d'être contredite par le retour de Gally dans sa vie. Elle craint qu'avec elle, le demain soit pire qu'aujourd'hui.

Maddy elle est tellement absorbée à présent par les annonces d'appartement, qu'elle ne voit pas apparaître sa sœur face à elle. Quel reflet amoché et imposé. Rien à voir avec le glam arraché de ses sacrifices d'éméchée. Assise, elle n'a pas d'autre choix que de lever les yeux. Le joint se pince entre ses lèvres qui demeurent cousues malgré cet intrus. Elle réussit à sourire de toutes ses dents à ce pic.  Un nuage de fumée sort de ses narines.  « T'as préféré laisser vivre à la rue au lieu de ce palace en plein New-York. » Elle ricane presque avant de retourner sur ses annonces à croire qu'elle vient d'entendre les balbutiements futiles d'un bambin ou les prémotions infondés d'une folle en liberté. Bien sûr qu'elle l'a laissé dans sa rue plutôt dans dans ses exploits. Gally devait comprendre qu'on avait pas tout sur un plateau. On ne pouvait pas effacer le pire tout en reprochant aux autres de ne pas leur faire profiter du meilleur. Les plaies laissent des cicatrices, c'est comme ça. Et pourquoi elle lui donnerait le meilleur quand Gally lui a  fait subir le pire ? Mettre en avant les liens du sang n'arrangent rien. Et c'est un fait : disparaître ces cinq années-là, ce n'est pas anodin. C'est une jeunesse atrophiée, des promesses déformées mais qu'un seul coeur en gueule-cassé. Pourquoi Maddy se couperait en quatre pour une sœur qui ne l'estime pas ?

Elle regarde sa sœur mimer et tenir encore des paroles vaines. De l'argent, de l'argent… Rires dans l'assemblée, ça crève l'oeil que Gally n'en a pas. Et cette manie de crier «  à l'aide Maddy » pour pouvoir mieux se retirer. Ce j'te paye et je rentre ne lui fais aucun effet. C'est le même disque qui se raye depuis des années. Puis Gally enfile ses fringues comme ses coups d'un soir, en speed et sans regard. Maddy elle est habituée mais elle demeure ahurie. Elle ne sait pas si c'est un manège ou si c'est la vérité. Dans le pire des tragédies, peut-être que Gally a fait exprès de se retrouver à l'hôpital pour la revoir, pour obtenir ce qu'elle veut. Et si c'est le cas, eh bien ce n'est plus sa sœur. Il faut que Gally comprenne que la vie c'est pire qu'un boomerang. Plus tu pars loin et longtemps et plus ça te retombe dans la gueule avec violence…
Maddy cendre dans une canette de coke zero et se lève.

Assieds-toi.

Elle jette la poubelle de son repas chinois et attrape quelques ustensiles  (encore neufs pour la plupart) afin de préparer une omelette.  Si ça avait été quelqu'un d'autre, Maddy se serait certainement excusée pour les œufs.  Puis elle disparaît tout en crapotant, un sillon de fumée se forme derrière elle. Au bout de quelques secondes, Madonna revient avec une tenue et des chaussures. Elle jette d'une pichenette son mégot dans l'évier et tends les affaires à Gally.

Tiens.

C'était un survêtement Adidas et des Nike, des marques qu'elle ne porte plus  et qu'elle a obtenu à faible prix.

T'habiteras pas ici Gally, c'est pas possible.

C'est un royaume bâti sur les terres de son absence. La laisser vivre ici serait provoquer son écroulement. Gally seule n'est pas une catastrophe mais elle avec Maddy pourraient provoquer une forme d'apocalypse.  L'omelette atterrit dans de la vaisselle italienne. On pose l'assiette et Maddy s'assied pour allumer une cigarette cette fois. Bowie est parti mais un autre artiste le remplace lamentablement.  Maddy pianote sur son téléphone, ses yeux font la navette entre l'écran et le journal.

Je veux pas de ton argent et je veux pas que tu reviennes à l'hôpital. Je veux que tu partes comme tu sais bien le faire. Allô ? Je vous appelle pour savoir si l'appartement est toujours disponible ?

Maddy lui sourit et pour une fois, c'est sans rancune.  
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MessageSujet : Re: we are farfalle + Gally & Maddy + FB   Aujourd'hui à 17:11
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Mirettes au loin. Mirettes en bas. Mirettes sans teint sans lendemain. Froideur de glas. De glace les yeux se lassent. Le spleen s’entasse. L’envie se tasse. L’agonie se marre. A poil devant Maddy. A poil sans alibi. Nue danse petit cafard déchu en latence. Pénitence. Rédemption. Désillusion. Désolation.
Tendresse décadence. Malchance corpulence. Gally Leone tu regardes tes pieds. Ils ont couru ils ont marché. Ils ont lutté ils ont chuté. Ils sont crevés. Enragés agacés ankylosés. Martyres sans liberté à conquérir. Marcheurs sans terres à parcourir. Gally Leone tu succombes. T’es sous tombes. Et tu succombes ; ouais à ce baiser caressant du ciel sacré. A l’amère gorgée d’un orgueil trop salé. Et Maddy Leone elle te gifle. Elle te grille comme son bédo bien fini. Elle te pique à l’infamie de tes crises. Elle te pique à la vénusté tanée d’un vilain pays. Elle te pique. Rancune allergique. Ombre fantomatique. Idole fanatique. Babiole fantastique. Les mèches entre ces doigts qui tremblent. Cheveux poussiéreux de folie qui flambe. Poussière aussi sur la peau sur les cernes sur les os dans les veines. Poussières sur ces cils que tu frottes. Poussières sur l’exil d’une gosse sotte. Poussière.
Maddy te donne des fringues neufs. Maddy veuve. Veuve de cette sorrella qui l’emportait jusqu’aux dieux. Maddy fatiguée de cette sœur partie aux mauvais cieux. Essoufflée de cette conne partie sans adieu. Elle se laisse lire peut-être. Sur son visage elle marque le mal-être. Elle se laisse lire peut-être ; ou peut-être qu’elle ne le nie. Tu te changes tu t’habilles tu te blottis dans ces odeurs de riche. Tu dresses ton corps des tissus de soie spectre de velours esprit tu te niches. Tu te niches dans son estime. Comme une courbette à la cours royale. Comme une môme à la rue les genoux sales. Tu t’habilles Gally. Tu t’habilles mais tu gardes tes pompes. Tes pompes salies. Tes pompes délavées tes pompes agressées. C’est tes pompes. Le reste tu t’en foutais.

« T'habiteras pas ici Gally, c'est pas possible. » sueurs d’une sœur. Malheur d’une peur. Froideur d’un heurt. Choc dans la tête. Mal dans la tête. Moite aux mains. Poings en vain. T’habiteras à la rue Gally. C’est ta place. La seule place que tu mérites. Que tu médites. Maddy elle lui tend une assiette. Elle a fait une omelette. La gamelle d’une chienne. Et tu te sers. Tu t’insères ; sur cette chaise aussi altière qu’une sœur  en colère. Tu te sers ; t’es sa chienne Gally. T’es sa chienne. Et Maddy retourne à son grand jeu. Son grand Je. Elle valse comme une danseuse en noir casque de fer. Elle valse comme ces crevasses qui cernent les bêtes routières. Elle a son téléphone contre l’oreille. La même que la tienne Gally. Mais pas la même tête Gally. Trop remplie chez Maddy. Trop vide pour ta vie. Vidée par ces années. Vidée profanée. Vidée enragée. « Je veux pas de ton argent et je veux pas que tu reviennes à l'hôpital. Je veux que tu partes comme tu sais bien le faire. Allô ? Je vous appelle pour savoir si l'appartement est toujours disponible ? » regard vif ; et la fourchette tonne sur l’assiette.

« Pardon. » tu chuchotes ; oppressée. Comme si t’avais violé l’être des bourgeois new-yorkais. Mal élevée à la table d’une grande. Mal redressée à la table ; esseulées cendre. Tu poses la fourchette. Ça devient gênant. les jambes se tortillent. Les hanches se tortillent. Les hanches elles oublient. Elle oublient ben brody son haleine putride ses doigts putrides. Infanticides. Tu te ressers un peu plus sur ta chaise. Maddy s’éloigne et t’entends plus. Tu fixes l’assiette. Ton premier attrait c’est chialer. Encore chialer. Chialer déglutir et pleurer. Pleurer déglutir et chialer. La larme coule dans l’omelette. T’y vois ton reflet imaginaire. Beauté imaginaire. Bonté imaginaire. De fautes de péchés de regrets. De perles de frêle de brèle. Tout ébranlé. Mais la terre elle-même s’en branlait. Putain. Putain Gally. Gally réveille-toi. Gally redresse-toi. GALLY PUTAIN! Tu lèves les armes ; t’essuies tes larmes. Revers de manche. Manche déjà cradossée ; infortune trop incrustée. T’y touches plus à la bouffe. T’y touches plus à la table. T’y touches plus à ses fringues. Gally aller, réveille-toi. Et Maddy elle revient. Maddy un éclat. Maddy le divin. « Merci. » que tu dis plus fort.
Merci à une sœur. Merci à cette sœur.
Merci d’être là. L’ardeur en émois. Les plaies en éclat.
Vermeil à l’écart. Cernes de fêtard.
Vie de merde. Vie de chienne.

Mais vie à deux. Due Leone. Due farfalle.


Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, quand tout est noir, quand tout est noir. Je sais pas si j'y crois, mais j'aime bien y croire, j'fais que douter d'moi quand tout est


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