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 Two brains, one empire - Alba/Ario

MessageSujet : Two brains, one empire - Alba/Ario   Mer 19 Sep - 16:18
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Ario Bartolotti
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Two brains, one empire19/09 - 22h45 - @Alba Bartolotti
La flamme surgit du briquet et t’allumes tranquillement ta énième cigarette de la journée, assis dans ce foutu fauteuil qui est en passe de devenir ton meilleur ami ces derniers jours. T’es plutôt un homme d’action toi, la branlette et la paperasse n’ont jamais été ton fort : très vite, les pensées dégénèrent, les idées s’égarent et tu refais le monde à vouloir tout changer, tout améliorer, tout éliminer. De la manière forte s’il le faut. Tu fais pas dans la dentelle, c’est pas ainsi que vous arriverez à redresser les affaires familiales. Beaucoup vous prennent pour des guignols d’un autre monde et surtout, d’une autre époque : ils rient quand ils savent que les Bartolotti sont de retour.
Vito avait laissé un très mauvais souvenir. Et même si le Moine fonctionne et que les petits deals d’Hermès commencent à devenir rentables, t’es loin d’avoir réussi une quelque chose dans le Bronx actuellement. Tu patauges un peu, entre investissements flous, petits rackets sans ambition et une impression de refaire les erreurs qu’avant. Vito était tombé si vite, pour si peu…. Certes, il n’avait pas le génie des affaires et encore moins le charisme d’un leader : les hommes l’avaient suivi par tradition. Et tout le monde savait que par tradition, on commettait inévitablement des conneries.
Toi aussi. Au début, tu les avais accumulés d’ailleurs : tu avais arrêté de compter le nombre de fois où tu avais tout foiré, par orgueil, préjugés ou mauvaise intuition. Depuis, tu avais appris à calmer tes élans et restreindre tes coups de sang. S’ils t’étaient indispensables en combat, tu avais vite compris que tu avais surtout besoin de neurones et de jugeote dès qu’il s’agissait des affaires : tout cela, tu l’avais trouvé dans la seule personne digne de confiance de toute la famille Bartolotti.
A vrai dire, tu lui faisais même davantage confiance qu’à Hermès, sans doute parce que ce petit con passait son temps le nez dans la poudre. T’aimais pas l’idée qu’il ne se contrôle jamais totalement, qu’il soit capable de conneries aussi grosses que lui juste parce qu’il n’était plus maître de lui-même. Et t’aimais encore moins l’idée qu’il se foute en l’air avec ta bénédiction : ses affaires rapportaient gros, tu crachais pas sur cet argent mais… quelque part, tu consentais à ce qu’il continue ses bêtises.
Avec Alba, tout était différent : plus posé, plus serein aussi. Plus agréable aussi, il ne fallait pas se le cacher : il n’y avait pas de combat de coq à mener avec elle, aucune testostérone à affirmer. Elle se contentait de t’écouter – sagement, si sage ta petite Alba – et hocher la tête quand elle jugeait l’entreprise intéressante, ou choisir alors avec application les mots qui te pousseraient à revenir en arrière. Elle n’utilisait pas ses poings mais tu savais qu’elle aurait pu te mener à la baguette si elle l’avait voulu, sans doute parce qu’elle était bien trop maligne comparé à toi : tu ne devais un semblant de maîtrise que grâce au fait qu’elle était ta sœur et ne semblait pas vouloir chasser de l’estrade ce grand frère qu’elle avait toujours admiré.
L’amour des femmes les empêchait toujours d’être aussi salopes que les hommes. C’était ta seule garantie.
Et c’est parce qu’elle t’aimait que tu lui étais gré, reconnaissant au-delà des mots qu’elle ait ce sentiment sans rien exiger de toi en retour. Toutes ne l’étaient pas. Aucune en réalité, sauf elle.

La fumée de ta cigarette s’élève dans l’atmosphère pesante de ton bureau : en-dessous de toi, tu imagines ces hommes et ces femmes, ces corps enchevêtrés qui s’amusent de manière interdite. Tout l’argent qui en découlera.
Moins les frais. Logement des putes, nourriture, taxes aussi, inévitablement. La petite mort et les taxes, ce satané dicton que ton comptable vérifie tous les jours.
La paye des hommes. Les pensions versées aux veuves italiennes. Les pots de vin. Les petites enveloppes sous le bureau. Les fournitures pour Hermès. L’argent pour clouer le bec aux mouchards. Celui pour en payer d’autres qui te rapporteront les informations voulues…
Des clopinettes qui te resteront. Si peu pour construire un empire de sable.

La porte s’ouvre, tu redresses la tête et accroche aussitôt le regard de ta petite sœur. Devenue femme déjà. Tu aimerais continuer à la considérer comme une gamine mais les jeux sont faits depuis longtemps et Alba a perdu l’innocence de sa jeunesse. Plus forte que toi, sans aucun doute.
Tu éteins ta cigarette dans le cendrier avant de te relever pour aller l’embrasser, contournant ton bureau :  y a des tâches de sang que tu n’as jamais réussi à faire totalement disparaître. Des relents de votre ascension difficile.
- Salut toi. Ca va ?
La famille avant, les affaires après.





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MessageSujet : Re: Two brains, one empire - Alba/Ario   Mer 19 Sep - 22:16
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Alba Bartolotti
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Un talon après l’autre dans les escaliers qui la mènent jusqu’au sommet de leur tour d’ivoire, dont les tapisseries usées et l’odeur persistante de la fumée froide rappellent à l’ordre – tout est encore à prouver, à monter. La musique est assourdissante quand bien même elle est au-dessus de l’étage du bar, traversant à contrecœur les couloirs où les chambres s’alignent, les portes en bois seules gardiennes des secrets dont les murs étaient témoin. Or, elle ne juge pas, Alba, ce n’est pas sa place; elle compte l’argent, contourne les lois sans les briser, brouille les pistes. C’était naïf de croire qu’elle pouvait tout changer, et c’est pourquoi elle s’était depuis longtemps concentrée à pousser son aîné vers le sommet. Elle serait le trône et il serait le roi, faute d’être la reine, et ça lui convenait parfaitement, l’ombre plus attrayante que la lumière dans ce monde où la pitié était une vague notion que tous s’entêtaient à oublier. Un autre talon qui aurait claqué, mais qu’un sifflement strident de mâle éméché étouffe. Alba n’aimait pas le soir au Moine, mais le travail était ce qu’il était, et elle n’aurait jamais eu l’idée saugrenue de se plaindre.

On ne s’invitait pas dans le bureau d’Ario Bartolotti sans être annoncé, sans frapper, à tout le moins : pourtant elle entre, le pas léger, passant sa tête par l’embrasure pour constater la présence de son frère. Son visage s’illumine aussitôt, son sourire égayant des traits quelque peu fatigués, aussitôt revigorée par le simple fait de poser les yeux sur lui. Elle pose ses mains douces sur le visage de son frère, déposant un baiser sonore sur sa joue. « Parfaitement bien », fait-elle, tirant le bras pour refermer la porte derrière elle. Malgré l’épuisement, elle est sincère, et ça se voit dans le sourire radieux qui éclaire toujours son visage. « Comment tu te portes? As-tu mangé? J’ai monté des sfogliatelle », se souvient-elle, une main levée dans la surprise, extirpant de son sac à main un plat de plastique rempli à craquer de pâtisseries italiennes. « Zia Susanna les a laissés chez m’man, mais elle essaie de surveiller sa ligne. » Elle s’avance vers le bureau, posant son tribut sur un coin libre, ignorant volontairement les traces foncées qui le bariolaient. Elle n’avait pas besoin de savoir pourquoi elles étaient là, ni comment elles en étaient venu à être produites.

Alba se sert un verre d’eau avant de reprendre, s’appuyant contre le meuble où était posé l’arsenal liquide de son aîné. « C’est rare que tu me fais monter jusqu’ici à cette heure. C’est rien de grave, j’espère? » Elle ose finalement ouvrir la porte à la véritable raison de sa présence, consciente que ça n’était certainement pas pour le plaisir de la voir – il ne l’aurait pas invitée ici, là où il sait qu’elle n’est pas particulièrement à l’aise, pas comme lui; une méduse, gracieuse et éthérée, presque invisible dans une mer de requins et d’horreurs sans noms qui se tapissaient dans le noir. Il fallait chercher, pour l’apercevoir, il fallait être vigilant, mais quand on la distinguait, il y avait de quoi être fier, de quoi s’extasier quand on parvenait à l’approcher. Ario aurait pu la maintenir dans l’ignorance, la laisser invisible, mais il avait besoin d’elle, et il n’aurait pas plus lui faire de plus beau compliment qu’en la sollicitant par nécessité, et non par obligation.




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MessageSujet : Re: Two brains, one empire - Alba/Ario   Mer 10 Oct - 21:24
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Ario Bartolotti
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Y a un peu d’Italie qui entre avec elle dans ce bureau, un peu plus de Bartolotti pour en bouffer tout l’oxygène vital. Et son baiser est de celui qui réveillerait les morts, héritage de la Mama : il n’y a qu’Alba pour être aussi chaleureuse, aussi parfaite quoi qu’elle tente. Du moins à tes yeux.
Tu crèveras ceux des individus qui oseront le penser et se croire autorisés à tout à cause de cela.
Il y a son accent, délicieusement chaleureux, ces pâtisseries familiales et ces nouvelles qui tombent : elle t’emmène à des lieux de ton bureau, te ramène chez votre mère dans le quartier italien. Elle est bonne Alba, si bonne qu’elle arrive à en oublier la noirceur de ton âme à toi, corrompue par trop d’ambition. C’est encore ta petite sœur chérie, devenue femme trop vite mais d’une manière si belle et si flamboyante que t’arrives à le lui pardonner. Du moment qu’elle-même ne s’en rend pas compte, cela te convient.
- Sacré Susanna…
Tes doigts effleurent le plat. Ta voix est rauque et ton sourire n’atteint pas tes yeux : ils te manquent tous, même si tu les vois bien trop souvent à ton goût. Ils te manqueront toujours parce qu’ils sont toi et que tu es eux. T’éloigner d’eux, c’est respirer, mais un air sirupeux et corrosif. Paradoxe italien.

Sa question te réveille de tes souvenirs, tu relèves la tête et cilles, reprenant contact avec la réalité. Et le présent te frappe de plein fouet : taxes, coûts, intérêts, profits… Oui, c’est vrai, la vie continue et la tienne n’a fait que commencer encore : tu as tant à réaliser et si peu d’aide.
- Rien de grave mais j’ai besoin de ton aide. Viens par ici.
En quelques pas, te revoilà devant ton bureau et surtout, dans ta peau d’homme d’affaire. Véreux ou pas, le business reste le business. Tu attrapes le cahier de comptes et le fait tourner vers elle, pointant du doigt le résultat final, bien en-dessous de tes espérances et de toute prétention à une reconstruction de votre empire.
- Trop bas.
Elle sait que tu parles du montant, elle connaît presque par cœur tout ce qu’il y a derrière ce constat amer. C’est elle qui aide à la comptabilité, elle qui sait… Mieux que quiconque, sans doute plus qu’Hermès, tout l’argent qui coule derrière le Moine. Ses fondations sont en sable et ses parois en billets verts. Le reste n’est que fumée.
- Alors j’ai peut-être une idée pour faire remonter tout cela, mais je veux que tu me fasses avant une estimation et un calcul précis pour savoir si ça en vaut le coup.
T’as capté son attention, ta chère petite sœur a toujours l’œil qui pétille dès qu’il s’agit de chiffres et pour cela, tu ne l’en aimes que plus.
- Qu’est-ce que tu penserais si on se lançait dans les paris illégaux ?






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MessageSujet : Re: Two brains, one empire - Alba/Ario   Jeu 18 Oct - 21:59
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Alba Bartolotti
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Même le nez plongé dans des livres de comptes noircis de métaphorique poudre à canon, Alba n’arrive pas à voir son frère négativement. Pour elle, c’est un entrepreneur, un traditionnaliste; certes, la fin ne justifie pas toujours les moyens, mais il arrivait à demeurer humain. Elle y croyait, sincèrement, et même si elle avait quelque opposition au projet, elle ne pourrait que céder face à la pression familiale et contribuer sa juste part. Le verre d’eau entre ses doigts délicats, elle s’approche alors qu’Ario feuillette les pages, lui présentant finalement une série de chiffres qui n’étaient visiblement pas satisfaisants pour lui. C’était son calcul, conservateur; elle savait exactement pourquoi elle en était arrivée à ce nombre et se doutait désormais de la raison de sa présence. « Ça monte lentement », souligne-t-elle. Elle savait que ça n’était pas suffisant, mais elle avait envie de mettre en lumière le fait qu’au moins, la tendance était à la hausse, et pas l’inverse. Certes, ce n’était pas une courbe impressionnante, mais avec un peu d’efforts, ils y arriveraient.

Elle jette un coup d’œil aux chiffres en écoutant Ario, qui prononce finalement les mots magiques qui attiraient inévitablement l’attention d’Alba. Calcul précis, c’était encore mieux que lui dire « sandwich au capicollo » ou « pizza magherita », c’était la passion, la soif des mathématiques qui prenait le dessus sur tout le reste. La question de son frère, elle ne pouvait pas y répondre, pas tout de suite, pas sans savoir exactement, mais en terme de secteur d’affaires, elle aurait eu tendance à dire que le risque était faible. Silencieuse, elle contourne le bureau, s’installant dans la chaise d’Ario et se saisissant du premier calepin sur lequel elle pose la main, gribouillant quelques mots-clés. « Je me pencherai sur les chiffres plus tard, mais déjà, il faut voir les détails. Des paris sur quoi, les courses de chevaux? Le baseball? Arts martiaux mixtes? » l’interroge-t-elle sans relever les yeux de son carnet. « Dans tous les cas, la façon la plus simple de faire est de réfléchir à des paris à cote fixe, même si c’est moins rentable sur le court terme. Les cotes variables – celles qui changent en fonction des mises reçues – sont plus rentables et plus faciles à manipuler pour un profit maximal, mais ça demande plus de travail en amont et pour le calcul des gains. »

La pointe de son stylo continue à gratter le papier à une vitesse fulgurante, comme si elle craignait d’oublier un détail pour ses calculs futurs, n’attendant pas particulièrement de réponse. « C’est sûr qu’en faisant payer les gens d’avance, c’est une certaine assurance; l’argent est dans les coffres et s’ils perdent, tant pis. Prendre les mises sans garantie, c’est possible aussi, mais là on risque de se retrouver avec plus de problèmes à cause de ceux qui arrivent pas à payer. Je déconseillerais. Dans tous les cas, il faudra sûrement dépêcher quelques solliciteurs, des gens de confiance qui prendront les paris, à qui il faudra payer un pourcentage des paris, même si je m’occuperai de calculer les cotes, ça nous sauvera un peu de sous… » fait-elle, rédigeant encore quelques mots avant de s’arrêter abruptement et de lever la tête vers Ario, les lèvres pincées. « Pardon, je m’emporte. »




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