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 But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison)

MessageSujet : But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison)   Ven 14 Sep - 22:58
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Clint Goodnight
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But I'm tired of hope with nothing to hold 10 septembre 2018 - 21h30 - @Addison Richards

Il était trop tard pour qu’il ai encore pu retenir Cola sans avoir trop de remords. Malgré les derniers mois qu’ils avaient passé ensemble, il ne savait pas vraiment s’il l’empêchait d’avoir une vie déjà commencée, si elle était attendue par quelqu’un chez elle ou si la nuit il ne dérangeait personne à l’extrémité du lit lorsqu’il faisait vibrer son portable par rafales de pensées insomniaques. Il savait bien qu’il en demandait trop, à cette petite, tout autant qu’il savait que maintenant qu’il s’était habitué à avoir une épaule sur laquelle se reposer un peu, il n’arriverait pas à retourner au rythme d’enfer qu’il tenait avant. Avant. Comme s’il ne travaillait toujours pas trop maintenant, sourit-il quand la pensée lui effleura l’esprit alors que la nuit était tombée depuis quelques instants déjà, mais la rue était encore active de ceux qui sortaient tard du travail ou étaient revenus y errer à la recherche d’un fast-food moins dégueulasse que celui de la veille, pour espérer le digérer cette fois. Il n’avait pas encore fermé la boutique, même s’il n’y avait plus personne devant la caisse puisqu’il était dans l’atelier situé derrière, mais un gros trou dans le mur, tel une fenêtre sans vitre, lui permettait de voir toute la boutique. Il avait imaginé la pâtisserie comme ça dès le début, pour que les clients puissent le voir pâtisser, aient un œil sur les produits frais et leurs bonnes odeurs dès qu’ils sortaient du frigo ou étaient mis au four, et si au début ça avait donné un peu de charme à l’endroit, les gens s’y étaient vite habitués pour que ça ne soit plus une curiosité. Puis quand il devait les servir, il n’avait pas le temps de rester à l’atelier pour travailler les fruits, faire les crèmes, alors tout de suite, ça perdait en charme. Puis même si Cola l’aidait bien maintenant, il restait toujours à fouiner un peu dans l’espace client, comme s’il n’assumait jamais vraiment de mettre la main à la pâte quand les clients étaient trop nombreux. C’était une vieille cicatrice qui avait du mal à se refermer, qui datait du lycée, mais c’était comme si son esprit y avait été formaté, qu’il n’arrivait pas à se dire qu’à New-York, c’était plus conventionnel que le contraire, mais à Abbott, c’était un truc de gonzesse. Et il aimait pas ça, se faire traiter de gonzesse. Pourtant ce soir, la boutique était déserte, et l’application qu’il mettait pour faire sortir la crème de fraise du siphon en tourbillons identiques réussissait à chasser les quelques pensées qui lui trottaient trop souvent dans la tête. C’était l’avantage à être un peu idiot, parfois, peut-être qu’il ne comprenait pas tout au monde et ses mécaniques sombres, mais il lui fallait juste un peu de d’application pour le distraire de tout. Jusqu’à ce que la cloche de la porte d’entrée ne sonne, et, tel un chien bien dressé, qu’il ne dépose ses jouets pour aller s’accouder dans l’ouverture du mur, voir ce qui allait être sa nouvelle maîtresse le temps d’une vente. Le client est roi, c’était ce qu’il n’arrêtait pas de répéter à Cola quand lui n’en supportait presque aucun, mais il fut presque soulagé en voyant la trentenaire à l’allure timide s’approcher de la petite vitrine où restait quelques gâteaux et autres douceurs invendus de la journée. Il se souvenait d’elle, déjà venu quelques fois, bien qu’elle n’ait rien fait pour, mais ici quelques formules de politesse et une voix douce suffisait à Clint pour qu’un client entre dans ses bonnes grâces, parce que tous les autres étaient tellement exécrables. « Bonsoir. » Il s’avança un petit peu, comme s’il était prêt à dégueuler de la fenêtre pour venir s’étaler dans la boutique. « Quelque chose vous tente ? » L’odeur de la rue arriva enfin jusqu’à lui, mélange bizarre d’odeurs âcres de pollution, et celles, plus douces, du parfum de la cliente, qui se mariait en des saveurs étranges avec les quelques notes des gâteaux trop sucrés pour qu'on arrive à les penser réels.




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MessageSujet : Re: But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison)   Ven 21 Sep - 13:18
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Addison Richards
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But I'm tired of hope with nothing to hold 10 septembre 2018 - 21h30 - @Clint Goodnight

Cliquetis des talons sur le pavé abîmés, le sac bien serré sur l’épaule, un vol arrive plus rapidement qu’il n’y paraît. Ma cheville vrille, et je manque de me fracasser sur le sol, les quatre fers en l’air tout ça à cause d’un trottoir mal fait. C’est dans ce genre de moment que Manhattan me manquait, le besoin constant que tout soit flambant neuf, du goudron au marquage du sol, pour accueillir les touristes des quatre coins du monde, sans jamais ternir l’image lisse d’une ville aux multiples visages. Encore une journée passée avec les différentes branches légales de l’entreprise, à prendre des notes, à écouter des témoignages tout en répondant aux questions des agents dépêchés au bureau. De vraies sangsues, toujours à errer dans les couloirs, dérangeant les employés, suivant le moindre de mes mouvements. Coincée, épiée. J’étais devenue un produit expérimental, comme si tout cette histoire n’était qu’un complot visant à observer les résultats de la chute d’un empire économique et ses conséquences sur la famille du sujet. Je peux en témoigner moi, de ces retombées. Des enfants m’appelant plusieurs fois par semaine, des messages froid venant du mari, une volée de plomb qui tombe dans l’estomac à chaque notification. Et malgré la glace qui se répand peu à peu au milieu de l’âme, finir dans le Bronx me procure une certaine quiétude, une sorte de tranquilité que je n’ai jamais réussi à obtenir à Manhattan. Trop de bruit, de lumière, de gens. Toujours les même odeurs, klaxons, et même les inconnus des foules avais commencé à me paraître familier. Alors que le Bronx, personne ne me connaissait au Bronx, je n’étais rien d’autre qu’une enième tête blonde dans la marée humaine. Et puis surtout, la presse ne vient pas me dénicher jusque ici. Abandon de famille, c’est ce que mon mari avait balancé au travers de la chambre conjugale. J’abandonne mes enfants en décidant de quitter le foyer, selon lui. Mais moi, je sais très bien que ma « fuite » a bel et bien servit à les protéger. Désormais, les journalistes et autres photographes de pages à scandales ne me suivaient qu’au bureau, au lieu de se poster à l’entrée de l’immeuble où ma petite famille vivait. Pourtant ce soir j’ai un nœud dans l’estomac. Les semaines défilent, des jours se ressemblant désormais comme deux gouttes d’eau, je traîne des pieds alors que je suis sur le chemin du retour. Les têtes blondes de mes enfants me manquent, leur rire aussi. Leur insouciance surtout.

Je pousse machinalement la porte, la cloche retentit dans le silence environnant. Un tintement bizarrement empli d’une vague de réconfort que je m’empresse d’accueillir d’un sourire léger. La chaleur familière, les odeurs qui assaillent chaque particule d’oxygène, mettant un point d’honneur à venir occuper l’espace. Le sucré se mélange à ses propres nuances, du fruit au chocolat, un plaisir pour les sens, un havre de paix que j’avais découvert un peu par hasard. Un soir où je cherchais à m’abriter d’une pluie violente. La boutique semble déserte, aucun signe d’une quelconque âme dans les parages. Pourtant, c’est bel et bien ouvert, non ? Resserrant la prise de mes doigts contre la hanse de mon sac, j’observe lentement les vitrines. Une voix fend le silence, voix d’homme, et je sursaute un peu, relevant la tête face au timbre grave s’échappant de la fenêtre. « Oh, bonjour. » Sourire léger, et je me retrouve devant cet homme aux traits si familier sans pour autant être capable de mettre le doigt dessus. Il a un espèce d’air négligé, le genre qui fait s’hérisser les poils de mes avants bras tandis que les alarmes s’allument dans la tête. En alerte constante, juste au cas où qu’elles me soufflent. Non, il est du côté cuisine, c’est qu’il travail ici, n’est-ce pas ? Ou alors… ? Soupire léger, et je décide de lui accorder le bénéfice du doute, répondant plutôt à sa question. « Je ne sais pas vraiment à vrai dire...Vous vendez du réconfort en fourchette ? » Rire triste et malgré la légereté de la phrase, les mots au sarcasme poids plume qui s’envolent, j’ai l’impression qu’une benne remplie de plomb vient de se décharger dans mon estomac. Comme un appel à l’aide, lancé à qui voudra bien l’entendre. Je détourne rapidement le regard, choisissant de continue à observer les différents produits, consciente que ce n’est pas en les fixant intensément que mon choix se fera.

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MessageSujet : Re: But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison)   Jeu 25 Oct - 13:19
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But I'm tired of hope with nothing to hold 10 septembre 2018 - 21h30 - @Addison Richards

Il n’eut pas l’automatisme de lui rendre son sourire quand elle le dévisageait – il avait encore du mal à être ce parfait petit esclave prêt à tout pour servir, même s’il savait que c’était ce qu’il fallait devenir pour ne pas faire fuir tout le monde, que ses doigts de fées n’étaient pas vraiment assez pour contrebalancer son allure de rustre. Il pouvait bien voir au fond des yeux de l’inconnue gourmande qu’elle se demandait ce qu’il faisait là, pourquoi une brute à la barbe mal taillée venait envahir la cuisine de ses grosses mains vulgaires quand on y attendait quelqu’un de raffiné empli de délicatesse. La fatigue de la journée le laissait plonger un peu trop profondément dans ses délires et ses insécurités dont il était sans doute le seul à se soucier, et le duel de regards silencieux se termina bien vite pour en revenir à ce qu’il restait derrière les vitrines, autant dire pas grand-chose. « Oh, pas qu’en fourchette. En cuillère, à la main, à la paille quand la température se prête aux jus frais. » Il restait terré dans la cuisine, la moitié de son corps seulement en sortant, mais ses deux pieds eux y  semblaient profondément ancrés, comme impossible de se détacher du sol, mais il essayait tant bien que mal d’apparaître sympathique. Il avait simplement l’air fatigué. Il aurait dû fermer la boutique il y a plus d’une heure, être présentement rentré chez lui, affalé sur le canapé à regarder des conneries   à la télé, mais il avait voulu prendre de l’avance pour le lendemain, qui serait sans doute trop chargé  lui aussi. « Le réconfort, c’est la spécialité de la maison. » Il en vendait à la pelle et sous toutes ses formes jusqu’à n’en plus tenir sur ses deux jambes, l’ironie de la chose était trop belle pour ne pas être pointée du doigt. Mais il n’avait pas vraiment choisi ce métier pour ce que cela pouvait apporter aux autres, plus pour ce qu’il lui procurait à lui-même, dans l’idée en tout cas, ou dans l’euphorie du début, puisqu’à présent il était plus noyé dans un océan de stress et de pression que les quelques rochers de calme auxquels il arrivait à s’accrocher permettaient tout jute de le laisser respirer pour ne pas qu’il se noie. « Si rien ne vous tente, j’ai quelques trucs dans l’atelier. » Sans même attendre de réponse, il disparu l’espace d’un instant, laissant échapper de l’espace de cuisine quelques bruits qui indiquaient qu’il fouillait ci et là, dans un placard, un frigo, un four, avant, au bout d’une minute ou deux, de réapparaître derrière le comptoir par l’intermédiaire d’une porte dissimulée dans le décor. Il déposa le plateau de friandises presque sous le nez de la trentenaire, alignant le cocktail  couleurs pour lui donner un semblant de symétrie, d’ordre, avant de venir le déranger en attrapant un petit chou fourré surmonté d’une framboise pour le manger. D’arrêter de travailler pour penser aux choses du monde lui firent se rendre compte qu’il n’avait toujours pas mangé, et son ventre d’un coup lui rappela qu’on l’avait délaissé en se tordant dans tous les sens. « Ce sont des prototypes, je suis pas sûr de ce que va donner. » dit-il tout en s’essuyant les mains sur son tablier tâché, restant planté devant sa cliente comme pour l’observer scrupuleusement, oubliant tout des règles du commerce. Ca n'avait même pas de prix, ces petites choses là, ça attendait juste qu'on s'en délecte ou qu'on les recrache, qu'on en dise du bien ou du mal pour savoir si la recette était à garder ou non.  



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