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 But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison)

MessageSujet : But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison)   But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison) EmptyVen 14 Sep - 22:58
Clint Goodnight
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But I'm tired of hope with nothing to hold 10 septembre 2018 - 21h30 - @Addison Richards

Il était trop tard pour qu’il ai encore pu retenir Cola sans avoir trop de remords. Malgré les derniers mois qu’ils avaient passé ensemble, il ne savait pas vraiment s’il l’empêchait d’avoir une vie déjà commencée, si elle était attendue par quelqu’un chez elle ou si la nuit il ne dérangeait personne à l’extrémité du lit lorsqu’il faisait vibrer son portable par rafales de pensées insomniaques. Il savait bien qu’il en demandait trop, à cette petite, tout autant qu’il savait que maintenant qu’il s’était habitué à avoir une épaule sur laquelle se reposer un peu, il n’arriverait pas à retourner au rythme d’enfer qu’il tenait avant. Avant. Comme s’il ne travaillait toujours pas trop maintenant, sourit-il quand la pensée lui effleura l’esprit alors que la nuit était tombée depuis quelques instants déjà, mais la rue était encore active de ceux qui sortaient tard du travail ou étaient revenus y errer à la recherche d’un fast-food moins dégueulasse que celui de la veille, pour espérer le digérer cette fois. Il n’avait pas encore fermé la boutique, même s’il n’y avait plus personne devant la caisse puisqu’il était dans l’atelier situé derrière, mais un gros trou dans le mur, tel une fenêtre sans vitre, lui permettait de voir toute la boutique. Il avait imaginé la pâtisserie comme ça dès le début, pour que les clients puissent le voir pâtisser, aient un œil sur les produits frais et leurs bonnes odeurs dès qu’ils sortaient du frigo ou étaient mis au four, et si au début ça avait donné un peu de charme à l’endroit, les gens s’y étaient vite habitués pour que ça ne soit plus une curiosité. Puis quand il devait les servir, il n’avait pas le temps de rester à l’atelier pour travailler les fruits, faire les crèmes, alors tout de suite, ça perdait en charme. Puis même si Cola l’aidait bien maintenant, il restait toujours à fouiner un peu dans l’espace client, comme s’il n’assumait jamais vraiment de mettre la main à la pâte quand les clients étaient trop nombreux. C’était une vieille cicatrice qui avait du mal à se refermer, qui datait du lycée, mais c’était comme si son esprit y avait été formaté, qu’il n’arrivait pas à se dire qu’à New-York, c’était plus conventionnel que le contraire, mais à Abbott, c’était un truc de gonzesse. Et il aimait pas ça, se faire traiter de gonzesse. Pourtant ce soir, la boutique était déserte, et l’application qu’il mettait pour faire sortir la crème de fraise du siphon en tourbillons identiques réussissait à chasser les quelques pensées qui lui trottaient trop souvent dans la tête. C’était l’avantage à être un peu idiot, parfois, peut-être qu’il ne comprenait pas tout au monde et ses mécaniques sombres, mais il lui fallait juste un peu de d’application pour le distraire de tout. Jusqu’à ce que la cloche de la porte d’entrée ne sonne, et, tel un chien bien dressé, qu’il ne dépose ses jouets pour aller s’accouder dans l’ouverture du mur, voir ce qui allait être sa nouvelle maîtresse le temps d’une vente. Le client est roi, c’était ce qu’il n’arrêtait pas de répéter à Cola quand lui n’en supportait presque aucun, mais il fut presque soulagé en voyant la trentenaire à l’allure timide s’approcher de la petite vitrine où restait quelques gâteaux et autres douceurs invendus de la journée. Il se souvenait d’elle, déjà venu quelques fois, bien qu’elle n’ait rien fait pour, mais ici quelques formules de politesse et une voix douce suffisait à Clint pour qu’un client entre dans ses bonnes grâces, parce que tous les autres étaient tellement exécrables. « Bonsoir. » Il s’avança un petit peu, comme s’il était prêt à dégueuler de la fenêtre pour venir s’étaler dans la boutique. « Quelque chose vous tente ? » L’odeur de la rue arriva enfin jusqu’à lui, mélange bizarre d’odeurs âcres de pollution, et celles, plus douces, du parfum de la cliente, qui se mariait en des saveurs étranges avec les quelques notes des gâteaux trop sucrés pour qu'on arrive à les penser réels.




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MessageSujet : Re: But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison)   But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison) EmptyVen 21 Sep - 13:18
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But I'm tired of hope with nothing to hold 10 septembre 2018 - 21h30 - @Clint Goodnight

Cliquetis des talons sur le pavé abîmés, le sac bien serré sur l’épaule, un vol arrive plus rapidement qu’il n’y paraît. Ma cheville vrille, et je manque de me fracasser sur le sol, les quatre fers en l’air tout ça à cause d’un trottoir mal fait. C’est dans ce genre de moment que Manhattan me manquait, le besoin constant que tout soit flambant neuf, du goudron au marquage du sol, pour accueillir les touristes des quatre coins du monde, sans jamais ternir l’image lisse d’une ville aux multiples visages. Encore une journée passée avec les différentes branches légales de l’entreprise, à prendre des notes, à écouter des témoignages tout en répondant aux questions des agents dépêchés au bureau. De vraies sangsues, toujours à errer dans les couloirs, dérangeant les employés, suivant le moindre de mes mouvements. Coincée, épiée. J’étais devenue un produit expérimental, comme si tout cette histoire n’était qu’un complot visant à observer les résultats de la chute d’un empire économique et ses conséquences sur la famille du sujet. Je peux en témoigner moi, de ces retombées. Des enfants m’appelant plusieurs fois par semaine, des messages froid venant du mari, une volée de plomb qui tombe dans l’estomac à chaque notification. Et malgré la glace qui se répand peu à peu au milieu de l’âme, finir dans le Bronx me procure une certaine quiétude, une sorte de tranquilité que je n’ai jamais réussi à obtenir à Manhattan. Trop de bruit, de lumière, de gens. Toujours les même odeurs, klaxons, et même les inconnus des foules avais commencé à me paraître familier. Alors que le Bronx, personne ne me connaissait au Bronx, je n’étais rien d’autre qu’une enième tête blonde dans la marée humaine. Et puis surtout, la presse ne vient pas me dénicher jusque ici. Abandon de famille, c’est ce que mon mari avait balancé au travers de la chambre conjugale. J’abandonne mes enfants en décidant de quitter le foyer, selon lui. Mais moi, je sais très bien que ma « fuite » a bel et bien servit à les protéger. Désormais, les journalistes et autres photographes de pages à scandales ne me suivaient qu’au bureau, au lieu de se poster à l’entrée de l’immeuble où ma petite famille vivait. Pourtant ce soir j’ai un nœud dans l’estomac. Les semaines défilent, des jours se ressemblant désormais comme deux gouttes d’eau, je traîne des pieds alors que je suis sur le chemin du retour. Les têtes blondes de mes enfants me manquent, leur rire aussi. Leur insouciance surtout.

Je pousse machinalement la porte, la cloche retentit dans le silence environnant. Un tintement bizarrement empli d’une vague de réconfort que je m’empresse d’accueillir d’un sourire léger. La chaleur familière, les odeurs qui assaillent chaque particule d’oxygène, mettant un point d’honneur à venir occuper l’espace. Le sucré se mélange à ses propres nuances, du fruit au chocolat, un plaisir pour les sens, un havre de paix que j’avais découvert un peu par hasard. Un soir où je cherchais à m’abriter d’une pluie violente. La boutique semble déserte, aucun signe d’une quelconque âme dans les parages. Pourtant, c’est bel et bien ouvert, non ? Resserrant la prise de mes doigts contre la hanse de mon sac, j’observe lentement les vitrines. Une voix fend le silence, voix d’homme, et je sursaute un peu, relevant la tête face au timbre grave s’échappant de la fenêtre. « Oh, bonjour. » Sourire léger, et je me retrouve devant cet homme aux traits si familier sans pour autant être capable de mettre le doigt dessus. Il a un espèce d’air négligé, le genre qui fait s’hérisser les poils de mes avants bras tandis que les alarmes s’allument dans la tête. En alerte constante, juste au cas où qu’elles me soufflent. Non, il est du côté cuisine, c’est qu’il travail ici, n’est-ce pas ? Ou alors… ? Soupire léger, et je décide de lui accorder le bénéfice du doute, répondant plutôt à sa question. « Je ne sais pas vraiment à vrai dire...Vous vendez du réconfort en fourchette ? » Rire triste et malgré la légereté de la phrase, les mots au sarcasme poids plume qui s’envolent, j’ai l’impression qu’une benne remplie de plomb vient de se décharger dans mon estomac. Comme un appel à l’aide, lancé à qui voudra bien l’entendre. Je détourne rapidement le regard, choisissant de continue à observer les différents produits, consciente que ce n’est pas en les fixant intensément que mon choix se fera.

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MessageSujet : Re: But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison)   But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison) EmptyJeu 25 Oct - 13:19
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But I'm tired of hope with nothing to hold 10 septembre 2018 - 21h30 - @Addison Richards

Il n’eut pas l’automatisme de lui rendre son sourire quand elle le dévisageait – il avait encore du mal à être ce parfait petit esclave prêt à tout pour servir, même s’il savait que c’était ce qu’il fallait devenir pour ne pas faire fuir tout le monde, que ses doigts de fées n’étaient pas vraiment assez pour contrebalancer son allure de rustre. Il pouvait bien voir au fond des yeux de l’inconnue gourmande qu’elle se demandait ce qu’il faisait là, pourquoi une brute à la barbe mal taillée venait envahir la cuisine de ses grosses mains vulgaires quand on y attendait quelqu’un de raffiné empli de délicatesse. La fatigue de la journée le laissait plonger un peu trop profondément dans ses délires et ses insécurités dont il était sans doute le seul à se soucier, et le duel de regards silencieux se termina bien vite pour en revenir à ce qu’il restait derrière les vitrines, autant dire pas grand-chose. « Oh, pas qu’en fourchette. En cuillère, à la main, à la paille quand la température se prête aux jus frais. » Il restait terré dans la cuisine, la moitié de son corps seulement en sortant, mais ses deux pieds eux y  semblaient profondément ancrés, comme impossible de se détacher du sol, mais il essayait tant bien que mal d’apparaître sympathique. Il avait simplement l’air fatigué. Il aurait dû fermer la boutique il y a plus d’une heure, être présentement rentré chez lui, affalé sur le canapé à regarder des conneries   à la télé, mais il avait voulu prendre de l’avance pour le lendemain, qui serait sans doute trop chargé  lui aussi. « Le réconfort, c’est la spécialité de la maison. » Il en vendait à la pelle et sous toutes ses formes jusqu’à n’en plus tenir sur ses deux jambes, l’ironie de la chose était trop belle pour ne pas être pointée du doigt. Mais il n’avait pas vraiment choisi ce métier pour ce que cela pouvait apporter aux autres, plus pour ce qu’il lui procurait à lui-même, dans l’idée en tout cas, ou dans l’euphorie du début, puisqu’à présent il était plus noyé dans un océan de stress et de pression que les quelques rochers de calme auxquels il arrivait à s’accrocher permettaient tout jute de le laisser respirer pour ne pas qu’il se noie. « Si rien ne vous tente, j’ai quelques trucs dans l’atelier. » Sans même attendre de réponse, il disparu l’espace d’un instant, laissant échapper de l’espace de cuisine quelques bruits qui indiquaient qu’il fouillait ci et là, dans un placard, un frigo, un four, avant, au bout d’une minute ou deux, de réapparaître derrière le comptoir par l’intermédiaire d’une porte dissimulée dans le décor. Il déposa le plateau de friandises presque sous le nez de la trentenaire, alignant le cocktail  couleurs pour lui donner un semblant de symétrie, d’ordre, avant de venir le déranger en attrapant un petit chou fourré surmonté d’une framboise pour le manger. D’arrêter de travailler pour penser aux choses du monde lui firent se rendre compte qu’il n’avait toujours pas mangé, et son ventre d’un coup lui rappela qu’on l’avait délaissé en se tordant dans tous les sens. « Ce sont des prototypes, je suis pas sûr de ce que va donner. » dit-il tout en s’essuyant les mains sur son tablier tâché, restant planté devant sa cliente comme pour l’observer scrupuleusement, oubliant tout des règles du commerce. Ca n'avait même pas de prix, ces petites choses là, ça attendait juste qu'on s'en délecte ou qu'on les recrache, qu'on en dise du bien ou du mal pour savoir si la recette était à garder ou non.  



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MessageSujet : Re: But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison)   But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison) EmptyMer 21 Nov - 16:37
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But I'm tired of hope with nothing to hold 10 septembre 2018 - 21h30 - @Clint Goodnight

Sourire qui s’étire sur mes traits lorsqu’il me répond, rebondissant sur ma question tel un parfait commercial. Pourtant son speech ne fait pas travaillé, rien de faux, de préparé dans ses mots. Sa maladresse crève les yeux, comme s’il n’avait pas vu d’autres humains depuis des années lumières. Mais il y a quelque choses dans sa voix, une aura de confiance qu’il dégage, une honnêteté déconcertante qui tire la chaleur contre mes lèvres, fait remonter un peu de soleil dans mes yeux. Une sorte d’admiration s’installe en moi, et j’écoute attentivement ses paroles, dévorant du regard les différents produits présentés en vitrine, n’osant pas interrompre la passion contenue dans les syllabes, ayant presque peur de briser l’éclat de chaleur qui vient de se loger dans la poitrine. Après tout, c’est que la nourrice avait l’habitude de me dire, qu’une bonne pâtisserie suffit parfois à réparer la pire des plaies. Un conte de fée pour enfant, sûrement, mais pourquoi se priver ?  

« Si rien ne vous tente, j’ai quelques trucs dans l’atelier. »Mes yeux se relèvent, mais le vendeur est plus rapide que mes lèvres, disparaissant avant que je n’ai eu l’occasion de lui répondre. Et voilà qu’avec sa disparition s’éteint les flammes de réconfort, cette impression de ronronnement paresseux au fond du cœur. Présence réconfortante qui devient un tas de cendre fumantes, éteintes à la va vite d’un seau d’eau gelée. Palpitant à nouveau lourd, frappé d’un coup sans retenue lorsque mon regard s’arrête sur le gâteau favori de mon aîné. Rien qu’un énième rappel de la situation, l’impression d’être dans une mer de sable mouvants, coincée jusqu’à la taille sans rien pouvoir y faire. Avec mes enfants d’un côté et le mari de l’autre. Comme si les deux ne pouvaient plus communier.

J’avais réussi à briser la seule famille que j’avais connue. Celle que j’avais construite, brique par brique, années après années. Une famille belle et parfaite, digne des feuilletons télévisées, celle où l’herbe est d’un vert pomme tandis que la palissade est couleur blanc immaculé. L’ironie de la chose reste quand même que ma carrière est la seule responsable du carnage, et ça aurait dû suffire à gommer la culpabilité des mois passées en compagnie des mensonges et des secrets. Pourtant, la culpabilité était là, présente, accrochée telle une sangsue sur les parois du myocarde, se gavant nuit et jour de la moindre particule qu’elle pouvait corrompre.

Le brun revient, un plateau rempli de couleur entre les mains. Des prototypes ? J’observe les différentes pièces recouvertes de crèmes, fruit et autres nappages tous plus colorés les uns que les autres et le puzzle fini par se résoudre de lui même. Voilà que celui que j’avais pris pour un simple vendeur – ou pire un cambrioleur – se trouve être le pâtissier lui même. « Vous avez fait tout ceci ? » La question m’échappe et sa réponse plus qu’évidente me nargue dans un coin de la pièce, et je ne peux qu’ajouter un demi-sourire, espérant que ma maladresse passera pour une réelle interrogation. Parce que malgré mes quelques connaissances culinaires, jamais je n’aurais eu la patience ou tout simplement les idées nécessaires à confectionner autant de pièces différentes.

En silence, je le regarde prendre un des chou pour le manger et du bout des doigts je l’imite, séparant la framboise pour la manger en première. Mes paupières se ferment tandis que les saveurs explosent, et c’est un sourire léger qui se niche contre mes lèvres. Une crème riche sans être écœurante, des notes fruités ici et là, et ce chou si léger qu’un deuxième pourrait aisément trouver sa place dans l’estomac des plus affamés. « C’est vraiment délicieux. Merci de partager vos prototypes avec moi. » Sincérité dans les mots, j’ai l’impression d’avoir poussé la porte d’un coin de paradis caché. C’est presque avide d’en découvrir plus que je reprends une seconde bouchée du délice, et j’en oublie pendant un instant le nombre d’années qui pèsent sur les épaule, remontant les aiguilles jusqu’au temps où l’insouciance régnait encore parmi les rayons d’un soleil qui me semblait éternel.






That girl with a broken heart, she’s worth more than she realizes, there’s a galaxy hidden behind her tired eyes, when she smiles, she draws you in like a black hole, the tears that spill from her eyes fall like shooting stars, the anger in her soul flares like a supernova, and, oh, that heart, it loves as harshly as the sun burns. - k.s
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MessageSujet : Re: But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison)   But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison) EmptyJeu 28 Mar - 21:00
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But I'm tired of hope with nothing to hold 10 septembre 2018 - 21h30 - @Addison Richards

Elle semblait plutôt déstabilisée quant à la démarche de Clint – après tout, il devrait être le seul du coin à demander aussi directement l'avis à un client, surtout à cette heure-ci. Faut dire que dans le quartier, il y avait surtout des petites chaînes de restaurations rapides pas trop dégueulasse non plus vu que ça visait dans le jeune cadre dynamique qui sort des tours, mais pas du haut de gamme non plus puisque ça restait le Bronx. Et puis au milieu il était là, le petit indépendant prêt à se faire bouffer par les grandes chaînes et les impôts, et un peu par lui-même aussi. « Oui. » Il avait répondu du tac au tac à sa question, pas vraiment le temps, plus vraiment la force de se prendre la tête, se contentant de tendre un peu plus le plateau qu'il portait. Ce n'était pas lui le sujet de la discussion, c'était les prototypes. Prototype, le mot lui arracha presque un rire maintenant qu'il l'entendait de la bouche de quelqu'un d'autre. On aurait dit que c'était quelque chose d'important, un prototype, c'est comme un début de robot, un truc dans le genre. Lui il n'avait fait que de travailler un peu de la crème, de la pâte. Ça lui semblait être un trop grand mot pour ce qu'il faisait, lui qui portait pourtant la pâtisserie à un si grand égard, ce qu'il présentait là c'était de vulgaires brouillons, il était incapable de se dire que ça tenait la route, elle allait sûrement tout recracher et lui dire de recommencer. Quoi qu'elle avait l'air trop bien élevé pour être aussi direct. Elle sourirait sans doute poliment, sans tout avaler, elle en cacherait un peu dans sa joue et elle finirait par trouver une poubelle dehors pour s'en débarrasser, mais elle lui dira juste merci, un seul ça suffit, et qu'elle est attendue quelque part. Mais non. Elle eut ce petit clignement des paupières qui fit se relâcher la tension dans le corps de Clint, le laissa respirer à pleins poumons à nouveau, comme s'il venait de passer une épreuve qu'il s'était improvisé lui-même. Elle en reprenait même une bouchée, presque gourmande, oubliant quelques instants qu'elle était une belle dame dans un lieu qui essayait d'être chic et avec lequel Clint faisait un contraste fou. Il laissa échapper un sourire, sincère, laissant découvrir les quelques rides de fatigue et de soucis qui lui creusaient le visage à cette heure-ci. « Ah, merci. » Ça n'avait pas vraiment de sens, de la remercier, pourtant il n'avait pas pu s'en empêcher, il avait ce sentiment de gratification propre à l'enfant qui a bien fait ses devoirs. « Ça me rassure, que ça vous plaise. J'avais peur que vous soyez déçue. » Il se rendait compte qu'il allait peut-être effrayer cette inconnue, à lui parler comme si elle était une grande pâtissière reconnue dont il attendait la reconnaissance, et non une simple inconnue venue craquer sur un bout de sucre. Il essaya de se rattraper, maladroitement, comme à son habitude. « Enfin ce que je veux dire, c'est que... Enfin, vous avez l'air de connaître les bonnes choses. De manger dans les beaux quartiers, des trucs raffinées. » Elle était emplie des bonnes manières, rehaussée par de belles chaussures, habillée par ce qui semblait être de belles marques. Elle sentait la daronne friquée habituée des délices des bons quartiers, et il aimait à se dire qu'un jour sa petite boutique serait là-bas.



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MessageSujet : Re: But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison)   But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison) EmptySam 11 Mai - 16:04
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But I'm tired of hope with nothing to hold 10 septembre 2018 - 21h30 - @Clint Goodnight

Il répond rapidement, pressant, me poussant presque le plateau sur les genoux pour que j’obtempère à sa demande. Je le fixe, m’attarde un peu trop sur la barbe mal rasée, sur la lumière qui vacille dans ses prunelles, sur cet espèce de sourire fatigué qui peint son visage, l’illumine sans réellement l’ensoleiller. Il mange, et je me permets à mon tour d’attraper un des choux présents sur le plateau. Les saveurs explosent contre mes papilles, faisant fondre en un instant la tension nichée au creux de mes omoplates, venant réchauffer le cœur, tirant même un sourire sur mes traits fatigués. Mais la gâterie se termine plus rapidement que je ne le voudrais, et c’est avec un embarras à peine dissimulé que je tends le bras pour me resservir. Crème fouettée accrochée au coin des lèvres, j’oublie un instant où je me trouve, concentrée sur le sucre qui fait s’éveiller l’âme d’une enfant égarée.

L’inconnu me remercie, et je découvre une sorte de soulagement sur son visage, il semble être moins inquiet d’un coup, plus posé, plus calme et apte à discuter. Je remue la tête, ne sachant pas vraiment comment lui répondre. C’est moi qui devrait le remercier, après tout, c’est une sorte de privilège de pouvoir goûter aux créations d’un pâtissier avant même que les gâteaux ne soient approuvés, prêts à être commercialisé, en ligne dans la vitrine, à la portée du moindre passant, du premier client qui sera assez attiré par les couleurs pour craquer en acheter toute une douzaine, sans le moindre regret. N’est-ce pas ? Je ris un peu face à ses mots, rire léger, aérien, l’éclat éphémère qui s’envole pour disparaître au loin en laissant des notes d’amertumes sur mes lèvres, en laissant des perles de sel contre ma gorge qui se serre un peu, malgré elle. « Je vois que je suis démasquée. » Haussement d’épaules, fausse défaite que je reconnais et j’ai les yeux qui s’accrochent sur le bout d’une cerise au rouge profond. « Vous savez, les beaux quartiers, c’est rien qu’un tas de trucs pourris de l'intérieur avec la seule prétention de bien savoir le couvrir. Le cacher. » Distraite par mes propres pensées pendant un instant, je laisse les mots qui s’égarent, sans réellement me soucier de cette vérité qui pèse lourd contre mon cœur, la formulant pour la première fois à haute voix. « Je crois que je me sens mieux ici que là-bas. » Sourire triste, et je retrouve les yeux du pâtissier, m’avance un peu, m’appuie contre le comptoir qui nous sépare avant de céder à la tentation et de venir attraper la cerise qui me fait de l’oeil. J’y croque à pleine dent et les saveurs me frappent immédiatement, créant un demi-sourire sur le coin de mon visage. L’indulgence a du bon, et c’est peut-être quelque chose que je devrais faire plus souvent. Me laisser aller, me pardonner de ressentir cet étouffement permanent, mettre de côté la culpabilité pendant un instant et juste souffler un peu.

Juste un peu, pas trop longtemps.

« Ça fait longtemps que vous êtes installé ici ? Et la pâtisserie, ça vous est venu comment ? Une évidence depuis le début ou bien vous avez juste décidé de changer votre vie en un claquement de doigts en vous levant ? »







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MessageSujet : Re: But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison)   But I'm tired of hope with nothing to hold (Addison) EmptyVen 7 Juin - 9:45
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But I'm tired of hope with nothing to hold 10 septembre 2018 - 21h30 - @Addison Richards

Elle laissa échapper un rire, prouvant que Clint avait sans doute visé juste. Et comme toute cible atteinte, l'impact faisait un peu mal. « Bah, c'est mieux que dans les quartiers pauvres où même l'extérieur est pourri, en plus de l'intérieur. » La plupart des riches essayaient de donner une sorte de bonhomie aux pauvres, un sens moral ou de loyauté lié à leur condition, l'honneur des pauvres que certains appelaient ça. Une façon pour eux de se donner bonne conscience de tout l'argent qu'ils gardaient pour eux, d'après le bon avis de Clint. Les pauvres, les riches, c'était exactement la même chose, certains avaient juste le choix de finir le mois autrement qu'avec des pâtes aux beurres. Pour un compte en banque bien rempli, Clint aussi voulait bien inventer des maux aux riches et envier les pauvres. « Des fois on est mieux dans la vérité que dans un mensonge, faut dire. C'est l'avantage, on s'embête pas à faire semblant dans le coin. » Il aurait bien dit le fond de sa pensée, que les cons, il y en avait partout pour nous pourrir la vie, mais ça aurait moins bien sonné que sa petite tirade. Il avait beau dire ce qu'il voulait, lui aussi, il essayait de se cacher derrière une façade mal rafistolée, essayait de passer pour plus éduqué qu'il ne l'était, intimidé par la belle nana des beaux quartiers. Pourtant il ne devrait pas autant s'embêter, il semblait l'avoir conquise en lui présentant simplement quelques délices, ce qui pouvait le mieux parler pour lui, sans doute. « Ça commence à faire. » Il se tordit les lèvres tout en pensant à tout ce temps qui était passé, tellement vite, depuis qu'il était parti d'Abott. « Ça va faire dix ans que je suis à New-York, et que je suis pâtissier. » Enfin, qu'il est rentré dans le métier, plutôt, qu'il a trimé en tant qu'apprenti avant de réussir à valoir quelque chose. « Et ça là, » il agitait son doigt dans un mouvement de poignet pour montrer toute la pièce, « ça va faire cinq ans que c'est ouvert. » Cinq ans de nuits agitées à penser à tous les papiers, les frais, les trucs à acheter. Cinq ans à s'en faire pour attirer des clients. Cinq ans à vivre la vie dont il s'était mis à rêver depuis qu'il était au lycée. C'était un vrai cauchemar. Mais, au fond, il aimait ça. « C'était un peu des deux. Je viens d'un trou perdu où mes conneries de gosses me suivaient, ma mère était difficile à supporter, alors y a eu un jour de trop où j'ai pris la caisse puis bah j'ai tracé. » Il manquait des détails à son histoire, mais elle était tellement banale que la cliente pourrait boucher les trous de son récit toute seule. Vol de voitures, dégradations de biens publics, ruptures violentes, pour sa part, sans doute aidé par sa mère rendu incapable par les anti-dépressifs et l'incompétence des assistantes sociales qui s'étaient succédées. « J'aime bien la pâtisserie. Faut se concentrer et penser à rien quand on pâtisse. J'aime bien penser à rien. » Mettre son cerveau en sourdine, ne pas se laisser avoir par les pensées noires qui se ressassaient inlassablement sinon.




❝ wild beasts wearing human skins❞ Love never dies a natural death. It dies because we don't know how to replenish its source. It dies of blindness and errors and betrayals. It dies of illness and wounds; it dies of weariness, of witherings, of tarnishings.
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