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 an evening with mister darcy. [jephté]

MessageSujet : an evening with mister darcy. [jephté]   Mar 11 Sep - 23:50
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Dante Baldassare
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Vendredi soir. Une journée comme une autre. Longue, stimulante, enrichissante et épuisante. Lorsque Dante arrive enfin chez lui, c'est en soupirant qu'il laisse ses clés tomber sur la commode près de la porte d'entrée. Avant de s'installer confortablement sur son canapé, cependant, l'américain doit s'assurer que la porte d'entrée est bien verrouillée. Il en profite pour fermer l'entrebâilleur, comme il le fait tous les soirs. L'on pourrait se demander si Dante agit de la sorte par peur de cambriolages ou d'une entrée impromptue de Samaël. En réalité, lui-même ne sait pas quel scénario l'inquiète davantage, ce qui explique pourquoi il maintient sa vigilance tous les soirs, quelle que soit l'heure à laquelle il rentre.

Maintenant qu'il est enfin posé chez lui, il peut s'autoriser le luxe de décompresser un peu. Il délace ses chaussures avant de les ranger soigneusement près de la porte. Dante enlève ensuite sa veste, qu'il pose sur la chaise la plus proche, conscient qu'il serait amené à la réutiliser le lendemain, ou peut être le Lundi, selon ses projets du weekend. À contre-coeur, il avait accepté d'aller diner dehors avec certains autres membres de la troupe. Il détestait ces évènements sociaux, où tout le monde continue de jouer des rôles alors que la représentation est terminée et où le brouhaha environnant (surtout par un Vendredi soir) engloutit inévitablement toutes les voix inintéressantes des uns et des autres. Malgré tout, en tant que bon joueur d'équipe, il savait pertinemment quelle était l'importance de (tenter de) consolider ses liens avec les autres membres de la troupe et, potentiellement, en tisser avec les nouvelles arrivées, et c'est pour cela qu'ils s'étaient tous rendus au restaurant.

Manque de chance pour lui, la troupe avait choisi de s'agglutiner au premier restaurant italien qu'ils avaient su trouver – et bien entendu, comme son nom semble italien, tout un chacun s'était empressé de lui demander son opinion sur les options de la carte et de leur fournir son avis d'expert sur le décor, le service et la prestation générale. Et bien entendu, afin d'éviter toute question embarrassante, irritante (et tout simplement déplacée) sur les raisons pour lesquelles sa mère ne l'avait jamais emmené en Italie ni rapproché de ses origines latines, l'Américain se retrouve contraint de jouer un rôle, lui aussi : celui de Dante, le charmant italien à l'Anglais impeccable qui est retourné tous les étés en Italie afin de rendre visite à sa nonna. Un Dante qui sait tout sur tout dans la culture italienne, est fanatique de l'Opéra et sait faire ses propres pizzas. La réalité, c'est que sa grand-mère venait à eux, lorsqu'elle pouvait encore se le permettre. La vérité, c'est que Dante déteste l'opéra, qu'il trouve incroyablement bruyant et mélodramatique pour pas grand chose ... Et la vérité, c'est que Dante n'a jamais fait une seule pizza de sa vie.

Autant dire que sa soirée a été aussi éprouvante qu'épuisante. S'affalant sur son canapé, l'américain remet ses lunettes en place avant de se tourner les pouces, quelques instants, le temps de décider comment occuper le reste de sa soirée. En vérité, il pourrait aller se coucher – il était après tout vingt-deux heures quarante, une heure plus que convenable pour rejoindre les bras de son cher et tendre Morphée et s'envoler vers le pays des rêves. Le seul problème, c'est que Dante n'a pas envie de dormir. Ou plutôt, Dante n'a pas envie d'arriver au lendemain. Pas tout de suite. Il ne veut pas se réveiller et commencer sa routine quotidienne pour se rendre compte qu'il est enfin Samedi, et qu'il a quarante huit heures à tuer avant de recommencer sa semaine habituelle. Il n'a pas envie de se retrouver seul face à la solitude de son propre silence, et l'absence du bonheur qu'il avait chassé de chez lui plusieurs années plus tôt. Il n'a pas envie de se réveiller seul, encore une fois, lorsque Morphée se sera fatigué de lui et serait parti rejoindre ses autres amants, de l'autre côté du globe, pour les aider, eux aussi, à trouver le sommeil. Non. Dante veut veiller, ne serait-ce que l'espace d'une heure ou deux, afin de pouvoir trouver du réconfort dans le confort de son appartement. Il aimerait pouvoir oublier, également, toute la fatigue de la soirée, si telle chose est possible.

Un instant, le désir de bouquiner l'anime, avant qu'il ne se rende compte que sa vue n'est pas particulièrement coopérative, ce soir. La presbytie. Un véritable fléau. Il a toujours eu une vue normale, pourtant, jusqu'au matin où il s'est réveillé et où elle ne l'était plus. Et maintenant, Dante est presbyte. De loin, il voit parfaitement. De près ... Ce n'est pas la même affaire. Sa vision se trouble particulièrement lorsqu'il essaie de lire, ce qui complique l'affaire lorsque sa carrière dépend entièrement de sa capacité à lire. Souvent, il est d'ailleurs affligé de migraines qui l'empêchent de réellement se concentrer sur les mots, qui se confondent sur la page. Mais Dante est coriace, et Dante est persévérant : ce n'est pas une vue défaillante qui l'empêchera d'apprendre ses lignes. Cette méthode lui permet certes à effectuer son travail dans les temps, mais nuit à son état de fatigue sur le long terme – ce qui explique pourquoi ce soir, les pages lui sont complètement illisibles.

Il pourrait écouter un brin de musique, mais après avoir passé la soirée entière dans un restaurant noyé sous des mélodies pseudo-italiennes, Dante n'en a pas l'envie. Alors, il ramasse la tablette qu'il s'était offerte à Noël dernier, avec l'argent qu'il réservait habituellement pour ses proches avant de se rendre compte qu'il n'avait plus réellement de proches à qui faire des cadeaux, et décide d'ouvrir Netflix. Il se demande ce qu'il pourrait bien mettre comme émission pour le divertir, sans être particulièrement convaincu qu'il trouverait son bonheur : la journée avait été mauvaise, pourquoi cela changerait-il à présent ? Il feuillette un peu les titres sans grande énergie avant de se résoudre à regarder le dernier Bridget Jones, accompagnant cette décision d'un haussement d'épaules. Il savait déjà de quoi parlait le film : d'une femme insupportable qui aurait besoin de faire son choix entre deux hommes désespérés à l'idée de la conquérir, et du bonheur qu'elle trouverait inévitablement à la fin en choisissant l'élu de son coeur. C'est simplement la même histoire, encore et toujours, recyclée à toutes les sauces pour vider davantage les porte-feuilles des gens ordinaires comme lui. Mais soit. Ce n'est pas comme s'il avait mieux à faire, et il pourrait au moins trouver satisfaction dans le fait que Bridget Jones aura une vie sentimentale épanouie, elle. Après tout, si une femme aussi banale finissait par trouver le bonheur à force de persévérance, pourquoi son destin en serait-il autrement ?

Compte tenu de la longueur du film, Dante se décide cependant à se préparer pour aller dormir afin de ne pas être pris au dépourvu lorsque Morphée pointera inévitablement le bout de son nez. Il part donc se mettre en pyjama (ayant décidé que sa douche nocturne habituelle serait reportée au lendemain matin) avant de saisir son ordinateur et d'aller se poser dans son lit. Armé du fil dentaire, le comédien profite du générique de début pour nettoyer sa dentition, consciencieux que son sourire était l'un des points de vente les plus importants de son jeu de comédien. Une fois ceci fait, le voilà qui se faufile sous les draps afin de profiter de son navet pendant deux bonnes heures. Malheureusement pour lui, les évènements de la journée le rattrapent, et voilà qu'il commence à somnoler. Baillant aux corneilles, il tente tant bien que mal de suivre les premières minutes du film avant de se rendre à l'évidence : il n'y comprend strictement rien. S'avouant vaincu, l'américain rabaisse l'écran de son ordinateur et part se brosser les dents. Il s'apprête alors à partir se coucher lorsque la sonnette retentit à travers son appartement, manquant de le faire tomber à la renverse d'étonnement. Consultant rapidement sa montre, Dante fronce des sourcils en se rendant compte qu'il est onze heures et demie passées. Qui peut bien venir le déranger à pareille heure ? Il espère sincèrement qu'il ne s'agit pas de Samaël. Dans le doute, il se recoiffe rapidement face au miroir de la salle de bains, histoire de, avant de se diriger vers la porte d'entrée. Entrouvrant la porte grâce à son merveilleux entrebâilleur, le voilà pleinement éveillé de nouveau.

Qui c'est ? demande-t-il finalement, en regardant à travers l'entrebâillement de la porte d'un oeil curieux.




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MessageSujet : Re: an evening with mister darcy. [jephté]   Dim 16 Sep - 21:15
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Jephté Kavanagh
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Vous savez Monsieur, la plupart des adultes qui disparaissent le font volontairement.  

Jephté n’est pourtant pas du genre à laisser ses mots dépasser sa pensée, donne toujours le meilleur de lui-même pour répondre avec le plus de retenue possible mais il ne peut s'empêcher de s’emporter légèrement face au manque de délicatesse de ce fait que lui balance à la figure la policière chargée de son cas. Ses vociférations lui valent bien sur d’être escorté gentiment vers la sortie par ses collègues masculins mais le brun ne regrette rien. Jamais il n’autoriserait personne à tirer des conclusions hâtives concernant Sam et l’insigne qu’elle arbore ne changerait rien à ça. Son frère n’est pas un déserteur, c’est tout, c’est comme ça. Mais c’est ce que devaient aussi penser les proches de tous ces évaporés dans la nature auxquels elle a fait allusion, n’est-ce pas ? En proie à une crise d’angoisse imminente, le texan s’empresse de se réfugier dans l’habitacle de sa vieille DeLorean où Divine l’accueille en jappant allègrement. Il essaie vainement de laisser la joie de sa chienne le contaminer, de récupérer un semblant de contenance mais ça semble être peine perdue. Il est à deux doigts d’ouvrir les vannes et de laisser les larmes noyer ses joues puis se rappelle bien vite qu’un Kavanagh, ça ne pleure pas. Même pas en rêve. Il parvient à se ressaisir de justesse mais peut sentir ses nerfs le lâcher doucement à l’idée que l’absence de son frère qu’il jugeait temporaire jusque maintenant puisse être plus définitive. Il ne peut plus écarter la possibilité que cette femme puisse avoir raison de son esprit, même s’il a toujours autant de mal à croire à ces balivernes. Sam ne l’a pas délaissé derrière lui en quittant ses parents, quelques années plus tôt, alors pourquoi est-ce qu’il l’abandonnerait maintenant ? Non, c’est forcément autre chose. Les pires scénarios possibles et imaginables se jouent alors en boucle dans sa tête. Et s’il s’était fait agresser pour son argent ? Sa notoriété n’est plus un secret pour personne et dans ces milieux malfamés où la pauvreté est omniprésente, on pourrait facilement en vouloir à sa richesse. Ou alors est-ce sa grande gueule qui aurait pu le plonger dans une merde noire qui aurait mal tourné ? Plus que possible. Tétanisé, Jephté se force à prendre une grande inspiration et à ne pas s’imaginer le pire. Sam pourrait tout aussi bien être en train de se faire un marathon de la défonce avec un ami, après tout.

Les mains tremblantes, la clé de sa voiture s’obstine à manquer le contact pendant plusieurs minutes avant qu’il puisse enfin démarrer. Il pourrait décider de rentrer se coucher pour tenter de rattraper les deux nuits qu’il a sautées mais au lieu de ça, il trace sa route jusqu’au Old Lady devant lequel il immobilise son véhicule pour mieux lui tourner le dos et traverser la rue pour rejoindre l’immeuble opposé. C’est tout naturellement qu’il gravit les escaliers qui le mènent jusqu’au deuxième étage, Divine à bras. Une fois arrêté devant l’appartement numéro 203, il pose  le petit animal glapissant au sol. Dans un premier temps, il s’acharne sur le bouton de sonnette de l’Italien, avant d’y aller du poing lorsqu’il remarque qu’aucun bruit de pas ne s’élève de l’autre côté de la porte. Son tapage, suffisamment retentissant pour réveiller au moins tout l’étage, finit par porter ses fruits. La porte s’ouvre et la voix de Dante fuse dans les airs. Divine ne lui laisse pas le temps de répondre à sa question que déjà, elle se faufile en conquérante par l’interstice laissé entre la porte et le chambranle pour aller faire la fête au comédien qui est probablement la seule personne sur terre en dehors de Jephté qu’elle tolère. Complétement chamboulé par les événements de ces derniers jours, le caméraman oublie de s’introduire, passe le bonsoir à la trappe et ne prend même pas la peine de lui demander s’il le dérange, certainement parce qu’inconsciemment, il redoute une réponse affirmative de sa part. Il n’a pas vraiment envie de se voir planté sur le pas de la porte, même si Dante serait tout à fait dans son droit de le faire, surtout à une heure pareille.

Pas une seule seconde Jephté ne se dit que ce n'est peut-être pas l’idée du siècle de débouler chez l’ex de son frère à la tombée de la nuit, pour le mêler aux conneries de ce derniersalors que ça fait deux ans que l’Italien essaie de s’en émanciper, par-dessus le marché. C’est qu’il ne parle pas à grand monde, le jeune Kavanagh, alors forcément la première personne qui lui vient à l’esprit quand il se retrouve en détresse émotionnelle, c’est Dante avec qui il a gardé de bons rapports et qui a toujours été un vrai support moral dans sa guerre contre les démons de son frère. Dis-moi qu’il est avec toi. La panique qui teinte sa voix est un indice suffisant pour laisser deviner à Dante de qui il parle sans qu’il n’ait à le stipuler. C’est sans parler des cernes violacées qui auréolent ses yeux et indiquent clairement qu’il n’a plus profité d’une bonne nuit depuis un moment, par crainte de manquer un appel important juste parce qu’il a le sommeil un peu trop lourd. Non, vraiment aucun doute là-dessus : il n’y a définitivement que son aîné qui puisse le plonger dans des états pareils. Ca fait trois jours qu’il est pas rentré. Si les raisons de sa disparition restent un mystère absolu, Jephté est persuadé qu’il n’a manqué aucun passage éclair de Sam à l’immeuble entre temps.  Il le sait parce qu’il a dû s’infiltrer dans l’appartement du grand Kavanagh en passant par la porte du balcon qu’il ne prend jamais la peine de verrouiller pour aller nourrir son chat hurlant de faim et absolument rien n’a bougé sur ces trois derniers jours.  Sans être certain que Dante prête encore oreille à la chronique des malheurs de Jephté, le jeune ne prend même pas la peine de respirer avant de poursuivre. Personne n’a eu de ses nouvelles depuis, je sais vraiment plus quoi faire. Que Sam ignore les appels de Jephté et ceux de son producteur est monnaie courante quand il n’a pas envie de se faire remonter les bretelles parce qu’il est complètement déchiré. Par contre, qu’il ne réponde pas à ceux de ses fréquentations beaucoup moins recommandables dont Jephté avait fait la tournée alors qu’il les fuyait comme la peste en temps normal, ça, c’était un peu moins habituel.  En désespoir de cause, il avait même téléphoné à tous les hôpitaux du coin et aux commissariats où Sam passait régulièrement en garde à vue mais rien, silence radio. S'il se trouve devant la porte de Dante à une heure aussi tardive, c'est parce qu'il est sa dernière lueur d’espoir et qu'il espère de tout coeur ne pas la voir s’éteindre trop vite.


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MessageSujet : Re: an evening with mister darcy. [jephté]   Dim 7 Oct - 4:32
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Dante Baldassare
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En vérité, il n'y a pas trente six mille solutions. À heure pareille, rares sont ceux qui auraient gain de cause à venir perturber la quiétude de son humble demeure. Autrefois, sa mère aurait probablement été la suspecte idéal. Cette possibilité n'est cependant plus une option, paix à son âme. Serait-il un voisin insupportable, les locataires d'en face auraient bien raison de venir le réprimander, mais Dante n'est pas un voisin insupportable, loin de là. S'agit-il, alors, de Samaël ? Les tambourinements qui proviennent de l'autre côté semblent démontrer que oui, ce qui pousse Dante à soupirer. À tous les coups, il est ivre, ou drogué, ou les deux, et à tous les coups, ça va encore gâcher son weekend. Il pourrait prendre la décision de ne pas répondre, de feindre l'ignorance ou le sommeil, mais l'insupportable cocktail de sonnette et de coups de poings contre sa porte d'entrée le forcent à se lever par culpabilité : car s'il ne fait rien, il est évident que ses voisins risquent de lui lancer des regards noir le lendemain matin. Enfilant ses pantoufles, il se précipite vers la porte avant de l'entrouvrir, marmonnant un simple « Qui c'est ? » protocolaire, et plutôt inutile puisqu'il est évident que Samaël ne peut qu'être l'auteur de ce tapage nocturne.

Quelle est donc sa surprise lorsqu'il se retrouve nez à nez avec ...

Jephté ?

Les yeux grands écarquillés, voilà que ses pensées lui jouent des tours, fusant à mille kilomètres heure. Car si Samaël n'est pas de l'autre côté de la porte, il est évident que cela ne pouvait qu'être Jephté. Et pour que Jephté puisse se permettre de le déranger à heure pareille, sans préavis, c'est que ... Non. Dante ne veut pas y penser. Il a vécu ce jour mille et une fois en songe, mais l'idée qu'il soit finalement arrivé lui est impossible à digérer. Cela doit être autre chose. Cela ne peut qu'être autre chose. Jephté veut probablement juste lui dire qu'il avait oublié son téléphone chez lui, ou autre chose de tout aussi urgent, mais de pas aussi urgent que ... L'alternative. Tandis que ses pensées le distraient, Divine jappe avant de jaillir hors des mains de son propriétaire pour se glisser dans son appartement. Voilà qu'elle se met à sautiller en boucle autour du Baldassare, qui, désorienté, se retrouve à tourner dans tous les sens pour essayer de la suivre du regard. Ce n'est que lorsque Jephté lui demande si « il » est avant lui que son sang se glace et que son coeur manque un battement.

Le jour qu'il avait toujours redouté, ce jour fatidique et pourtant, si cruellement inévitable, venait enfin d'arriver.

Dans les iris de Jephté se plantent celles de Dante, emplies d'un mélange d'espoir, d'incrédulité, de terreur et de souffrance.


Il devrait ouvrir la porte, mais le couinement canin qu'il entend de l'autre côté ne le rassure pas énormément – alors, l'américain prend une seconde pour calmer sa respiration avant d'entrouvrir la porte pour mieux confirmer ses soupçons. Dante sait qu'il devrait faire quelque chose, refermer la porte pour libérer l'entrebâilleur et ainsi permettre à son « ami, ancien pseudo-beau frère » d'entrer chez lui mais en réalité, il en est tout simplement incapable. Pétrifié par le choc et la stupeur, ses jambes manquent de le lâcher. Il avait naïvement pensé que vivre ce jour mille et une fois dans sa tête suffirait à l'y préparer. Quel cruel mensonge. Atroce, atroce illusion.

Comment ça ? se contente-t-il finalement de demander, le regard vitreux, toujours protégé de l'autre côté de sa porte. Un bouclier si solide qui, pourtant, ne semble que faible puisqu'il n'a pas su le protéger contre les schrapnels qui viennent de se loger dans son coeur. Et alors que Divine aboie dans le fond et que Jephté doit très probablement être sur le bord d'une crise de nerds dans le couloir, Dante se perd dans les dix mille pensées qui se succèdent dans sa tête.

Il est mort. Il est mort. Il est mort.

Bon, en vérité, il ne s'agit que d'une seule et unique affirmation, répétée dix mille fois. Et Jephté ne fait rien pour améliorer la situation. Voilà qu'il lui informe que cela fait trois, pas un, ni deux, ni même deux et demi, mais bien trois jours que Samaël a disparu. Disparu. Envolé. Sans laisser de traces. Comme s'il n'avait jamais existé.

Un instant, une vision terrible du passé lui revient. Il se remémore ce jour où il avait retrouvé sa mère et où ... Il porte une main à ses lèvres. Samaël ... Non ... Aurait-il réellement osé lui faire ça ? Leur histoire avait beau s'être terminée il y a un beau brin de temps, l'orgueil et la naïveté de Dante l'avaient tout de même toujours poussé à espérer que l'égoïsme de Maël n'était qu'une façade et qu'une part de lui, profondément enfouie, certes, mais pas inexistante pour autant, tiendrait suffisamment à lui pour ne jamais oser l'abandonner de la sorte. Qu'il se sent sot, à présent. Mais Jephté ressent tout de même le besoin d'en rajouter une couche. Évidemment que personne n'a eu des nouvelles de Sam. Ç'aurait été bien trop facile, sinon. Heureusement pour Dante, son naturel revient au galop, et voilà que tout le désarroi et la détresse qu'il avait pu momentanément ressentir se retrouvent (contrairement à ceux de Jephté) chassés par son pragmatisme naturel qui n'hésite pas à s'imposer pour reprendre le contrôle de la situation.

Refermant la porte, il défait l'entrebâilleur afin de pouvoir l'ouvrir, véritablement, cette fois-ci, et inviter le frère de tout ce qui pose problème à sa vie s'infiltrer dans son appartement. Et lui qui avait fui pour éviter d'être happé dans ce genre de spirales infernales ... Le voilà sacrément bien gâté.

Entre, entre. décrète-t-il calmement. Les sourcils froncés, son visage ne manque pas d'afficher toute sa contrariété. Son inquiétude, elle, cependant, a été remplacée par de la colère, à présent – une émotion qui fait fureur en son sein, faisant appel à tout son héritage culturel. La détresse est une émotion difficile à contenir. La rage, quant à elle, est comme le breuvage avec lequel ses ancêtres avaient pu se désaltérer, par le passé. Comme un carburant, ou l'huile d'un moteur, elle permet aux italiens de canaliser son énergie pour trouver la force d'agir.

Une fois que Jephté était entré, Dante s'empresse de refermer la porte, prenant bien soin à ce que Divine ne soit pas à risque de s'échapper avant que cette issue ne soit entièrement scellée. Il referme la porte à clé, mais ne remet pas l'entrebâilleur en place cette fois-ci, car Jephté ne restera probablement pas toute la nuit ... Si ?

Voilà qu'il regarde le frère de Samaël, sans vraiment savoir quoi lui dire. En vérité, Samaël est probablement juste complètement shooté, quelque part. Il faut vraiment qu'il arrête de laisser son imagination lui jouer des tours comme elle sait si bien le faire, il en a conscience. Il aimerait bien poser des questions à Jephté pour tout comprendre de la situation, mais celui-ci, comme frénétique, est trop occupé à frétiller d'inquiétude pour vraiment l'écouter. Dante se permet donc de mettre une main sur son épaule et de lui dire quelques mots dans un ton étonnamment calme. Peut être un peu trop.

Jephté, Jephté, calme toi. Reprenons depuis le début. Qu'est-ce qu'il s'est passé, exactement ? Il n'avait pas répondu à la question de Jephté, au final, mais son interrogation est une réponse en elle même – car s'il est évident que Samaël ne serait pas chez Dante, et s'il est conscient que Jephté le sait, au fond de lui-même, il est également clair et net que si ça avait été le cas, Dante n'aurait nul besoin de lui demander des explications sur la situation. Divine continue de courir, le grelot attaché au collier qu'elle porte autour du coup frémissant ça et là dans l'appartement. Mais Dante n'y prête guère attention. Ce qui l'intéresse, c'est de retrouver Samaël, mort ou vif. Préférablement vif, pour qu'il puisse avoir la satisfaction de le tuer de ses propres mains.




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MessageSujet : Re: an evening with mister darcy. [jephté]   Mer 5 Déc - 13:23
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Les minutes défilent et cette fichue porte qui ne s’ouvre toujours pas. Au summum de l’angoisse, Jephté en vient même à se demander si Dante a l’intention de lui ouvrir un jour ou s’il compte bien le laisser se liquéfier de panique à même son seuil. Il se doute bien que l’Italien doit simplement être en train de prendre le temps d’accuser la nouvelle, à l’abri de sa barrière de contreplaqué, histoire de ne pas laisser tomber le masque en s’exposant dans tous ses états à la vue du frère du principal intéressé. Depuis qu’ils ont renoué contact, Jephté a bien remarqué que Baldasse avait tout mis en oeuvre pour refouler ces quelques années partagées avec son frère au plus profond de lui-même mais il n’a même pas eu besoin d’en parler avec lui pour comprendre qu’il n’a jamais vraiment fait le deuil de leur relation et que si Sam est bel et bien mort à ses yeux, il est hanté en permanence par son fantôme dont même le plus talentueux des exorcistes ne parviendrait pas à l'en débarrasser. Aspiré par le vortex de ses pensées, c’est la question du brun qui finit par le ramener brutalement à la réalité. Il hausse les épaules, par dépit sûrement. Je sais pas, je comprends pas plus que toi, il a jamais fait ça. Pas à lui, tout du moins. S’il savait son aîné capable de laisser ses coups d’un soir ou même ses relations plus sérieuses sans nouvelles, Maël avait toujours pris soin de lui écrire un message -incompréhensible bien souvent- pour le prévenir qu’il ne rentrait pas, qu’importe les substances sous lesquelles il se trouvait.

C’est toujours plongé dans un état second que le jeune Kavanagh finit par s’engouffrer à l’intérieur de l’appartement sur l’invitation de l’Italien. Il reste un instant planté au milieu de la pièce principale, le regard dans le vide, avant que la main du plus vieux sur son épaule ne vienne le faire sursauter légèrement . Sa bouche s’ouvre grand pour répondre à son interrogation mais aucun son n’en sort dans un premier temps. C’est vrai ça, que s’est-il passé ? Pour quelle lugubre raison Sam a-t-il décidé qu’il ne rentrerait pas ce soir-là ? Jephté en avait de suite sauté à la conclusion qu’il lui était arrivé un accident ou une erreur de junkie mais l’hypothèse que sa disparition pouvait être volontaire ne lui avait même pas effleuré l’esprit. J’en sais rien, il m’a rien dit. Frappé de stupeur, Jeph est tout bonnement incapable de lui fournir une explication qui tient la route, préférant s’exprimer à coup de phrases déconstruites à la place. Et s’il ne revient pas ? Eventualité qui lui glace le sang. Il a peur, subitement, que Sam ait décidé de tout plaquer pour s’offrir une nouvelle vie, ailleurs. C'est pas improbable, ça s’est déjà vu par le passé. Et si cette fois-ci c’était du petit frère qu’il décidait de s’alléger ? L’envie de courir comme un démené jusqu’à l’appartement de Maël pour vérifier que son sac de voyage se trouve toujours dans son dressing le prend soudain aux tripes. Qu’est-ce qu’il deviendrait, lui, si Samaël venait à disparaître du paysage ? Il s’est déjà posé la question des milliards de fois, sans jamais y trouver de réponses satisfaisante. C’est d’ailleurs cette peur de le découvrir qui le plonge dans des états pareils lorsque son frère fait le mort. C'est qu'il est pas comme lui, Jeph, à considérer ses semblables comme des accessoires de mode qu’on finit par ranger dans un tiroir et remplacer par d’autres quand on s’en lasse. Il a besoin d’un brin de stabilité pour pouvoir s’épanouir correctement.  

Le poids de la fatigue qu’il se trimballe depuis trois jours maintenant se rappelle subitement à lui et ses jambes cotonneuses qui menacent à tout instant de se dérober sous lui l’implorent de gagner le canapé de l’Italien pour s’y échouer mollement et essayer de retrouver un semblant de contenance. Il voudrait faire bonne figure devant son ami, lui montrer qu’il a des épaules aussi larges que les siennes, assez fortes pour supporter les sévices de Sam mais son jeu d’acteur laisse à désirer, contrairement à celui des comédiens dont il s'est entouré. Face au désarroi de son maître, Divine n’hésite pas un seul instant à braver les interdits de Dante qui lui refuse pourtant catégoriquement l’accès au canapé pour rejoindre Jephté et tenter timidement de faire disparaître les larmes qui ont soudainement envahi ses joues à grands coups de langues. A son affliction déjà présente vient rapidement s’ajouter la culpabilité de venir ressasser les vieux souvenirs douloureux du Baldassare. Dante ne devrait pas avoir à assister à sa défaillance émotionnelle. C’est ce qu’il se répète inlassablement alors que ses nerfs continuent de lui faire faux bond. C’est précisément pour fuir ces drames à répétition que l’Italien avait décidé de prendre le large et malgré ça, Jeph continuait à lui faire vivre les déboires de Sam par procuration. Exténué par cette situation, le jeune prend une grande inspiration. Je suis désolé, j’avais promis de plus te mêler à nos histoires. Il est pas du genre à se faire passer avant les autres, pourtant, mais c’est une des rares promesses à laquelle il avait un jour failli. Ses yeux rougis se lèvent brièvement sur l’Italien alors qu’il fouille dans sa poche pour en sortir son téléphone portable qui a rendu l’âme à force d’être un peu trop sollicité. Jeph est persuadé que c’est ce moment précis que va choisir Sam pour donner signe de vie. La batterie est morte, ça te dérange si j’essaie de l’appeler avec le tien ? Naïvement, Jephté se laisse croire que voir le nom de Dante s’afficher sur son écran le poussera peut-être à décrocher plus vite. Son frère sait aussi bien que lui que l’Italien ne l'appellerait jamais de son plein gré s’il n’avait pas une raison importante de le faire, alors avec chance peut-être que ça jouera en leur faveur, qui sait.


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