Il est frais notre poisson calendrier de l'avent ! Venez vous y inscrire !

Partagez | 

 Emotionally unstable. | Dante

MessageSujet : Emotionally unstable. | Dante   Dim 9 Sep - 23:42
avatar
Sam Kavanagh

posts : 614
points : 768
feat : garrett hedlund.
crédits : Hermèssito.
Âge : 34
logement : old lady.


Il y a dans l'atmosphère une substance supplémentaire, comme une fumée invisible qui lui pique aux yeux et l'empêche de respirer. Il y a sur les murs des posters translucides qui le ramènent à ce que deux années de relation peuvent faire sur trente-quatre ans de vie. Maël s'applique dans le silence de sa chambre. Son chat le regarde, perché sur un meuble ; ses yeux bleus le toisent pour faire l'état des lieux de son coeur. Lorsque son maître fait le linge, c'est qu'il n'a rien d'autre pour combler les vides dans sa tête. Quand le chaos prend une telle ampleur dans son monde, il essaie de remettre un peu d'ordre en rangeant ses armoires pleine de vêtements. Il a beau vivre dans un petit appartement miteux, ses dressings restent immenses. Un tas repose sur son lit défait : les vêtements de Dante qui attendent depuis deux ans de retourner chez leurs propriétaires. Son t shirt porte toujours l'odeur de Baldassare et ce malgré les machines qu'il leur a fait subir pour se débarrasser de cette saveur qui englobe toute la chambre. Alors qu'il repasse sa chemise avant de la plier, elle lui rappelle une sortie au cinéma. Ce pantalon là le ramène à leur première rencontre. Cette veste qu'il avait abîmé avec sa clope et qu'il avait fait réparer le lendemain, honteux de l'avoir brûlé. Même ce gros pull en laine lui rappelles ces longs jours d'hiver à l'enfiler parce que le chauffage de son appartement ne fonctionne plus et qu'il n'a jamais trouvé le courage de le faire réparer. Vivre des journées de froid avec Dante lui paraissait presque agréable mais depuis leur rupture, Maël n'a plus touché à ses affaires.

Il ne sait pas pourquoi aujourd'hui spécialement. Dimanche, jour de la semaine où rien ne se passe, où tout est au ralenti alors que lui continue d'être aussi ardent. Maël éteint le fer à repasser, attrape une valise dans laquelle il fourre les vêtements un à un, une douce odeur vanillée se dégage des tissus tandis qu'il la ferme. Un énorme poids lui tombe dessus lorsque lui revient en tête la semaine la plus difficile de sa vie : celle de la rupture que venait d'annoncer Dante. Il avait fouillé au fond de lui pour savoir ce qu'il avait fait, ce qui aurait pu pousser cet homme là à le quitter alors qu'il était serein dans leur histoire. L'ego avait parlé le premier, violent, colérique. S'en était suivi le désespoir, presque pathétique. Jusqu'à l'indifférence. Et quelques reprises de service de l'ego.

Quitter quelqu'un, c'est être certain d'ouvrir des portes fermées à clés jusque là en sachant qu'une fois déverrouillée, elles n'apporteront que de la douleur. Ou plutôt des questions (c'est en réalité un synonyme lorsqu'elles n'ont pas de réponse). Le problème de Maël n'était pas de se demander s'il était assez mais plutôt qu'il était trop. Tellement que n'importe quel homme ne peut trouver le courage de le porter, de le canaliser dans le minuscule empire qu'est l'amour.

Sam ne remarque pas qu'il s'applique plus en s'habillant, ne réalise pas qu'il se coiffe plus longtemps, qu'il attarde son regard sur les traits que lui offre son miroir pour effacer au mieux toutes les plaies qu'il s'inflige en se droguant et en dépassant les limites qu'une vie normale impose. Il se passe à plusieurs reprises de l'eau sur le visage, tente de chasser la tristesse de leur rupture dans différentes parties de son corps alors qu'il l'avait dissimulé jusqu'ici dans ses rides prématurées et ses poches sous les yeux. Sa tristesse, vieille amie qu'il ne comprend pas, avec qui il pense rompre souvent mais avec qui il termine toujours par se réconcilier. Si Maël se penche sur le lavabo, c'est pour s'envoyer une dose, une minuscule, un rien du tout que Dante ne devrait pas remarquer. Le courage, tu ne peux plus l'avoir quand tu fais face à celui que tu as perdu. Le cran non plus n'est pas là, il est en train de marcher dessus parce que cet idiot a dégringolé dans ses chaussures, pile sous ses talons.

Le ciel est gris quand il traverse la rue pour se rendre jusqu'à son appartement. Pourtant il ne pleuvra pas aujourd'hui encore, l'air se contentera d'être étouffant sans jamais se fondre en larmes.

Il toque enfin, la valise traînant derrière lui. Sam ressemble a un représentant commercial. Lorsque la porte s'ouvre et que ses yeux se fondent sur Dante, il y a un silence qui les malmène. Le silence obligatoire que l'on subit après des semaines à ne plus se voir. Le silence qui relève du rituel et qui laisse aux deux hommes le temps de décider sur quel pied danser : la colère ou l'indifférence. Maël le salue avec une distance qu'il s'impose, marque autour de lui un périmètre de sécurité qui les protégera tous les deux d'éventuelles frictions. J'ai tes affaires. Sa voix, d'abord, amère mais raisonnée. Puis sa main bouge, ramène la valise à l'avant, entre eux, comme un pare choc de ce qui renaît à chaque fois que les minutes s'alanguissent sur l'agonie de ce qui n'existe plus.
Les regrets n'ont pas de saveur ni même de forme mais travaillent à grignoter la consistance qu'ont les sentiments. Ce sont des ouvriers qui ne prennent jamais de jours de congés.



Toutes mes déclarations d'amour
arrivent soit trop tôt, soit trop tard.
Parce que je ne dis je t'aime que
pour séduire ou rassurer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t117-sam-kavanagh-garrett-hedlu
MessageSujet : Re: Emotionally unstable. | Dante   Lun 10 Sep - 0:50
En ligne
avatar
Dante Baldassare
questions in a
world of blue

posts : 142
points : 219
feat : ferran calderon
crédits : vainglorious
logement : The homewrecker, dans un des plus petits appartements, ceux au prix encore (relativement) abordable.
sexy santa

was it me ? was it you ? questions in a world of blue.

Face au miroir, le script à la main, le voilà, à s'entrainer, le beau, le fabuleux, le majestueux Dante. Même le dimanche, ses cheveux sont soigneusement coiffés. Alors que certains s'évertueraient à profiter de cette belle journée au temps (certes, morne, mais tout de même) doux et apprivoisable, lui s'entraine à réciter ses répliques. Comme tout jour ordinaire, somme faite. Les mots que sa nonna, paix à son âme, lui avait offerts tant d'années auparavant ne se sont jamais effacés de ses pensées, au contraire :

Il futuro appartiene a coloro che si alzano presto.

Alors, tous les matins, à sept heures et demie, il se réveille, sans cérémonie. Selon le temps, il part courir dans le park local, le temps d'une petite heure ou deux. Les jours pluvieux, c'est à la salle de sport qu'on le retrouve, en train de travailler sur ses biceps, ses triceps et ses abdominaux. Dante n'a jamais eu la prétention de vouloir devenir bodybuilder, s'exerçant davantage par plaisir et par soucis de bonne santé physique que pour attirer les regards sur son corps à la musculature tonique. Après sa course matinale, il se récompense à l'aide d'un café, la seule « drogue » avec laquelle il se permet véritablement de danser. Maintenir un rythme de vie aussi exigeant et soutenu que celui qu'il a choisi de s'imposer nécessite un peu d'aide, et là où certains auraient pu choisir un assortiment de poudres ou de pilules d'origines douteuses, lui préfère la constance rassurante de la caféine. Généralement, la première tasse ne lui suffit d'ailleurs pas. Il cherche toujours à changer cette fâcheuse manie, se promettant que ce matin-ci, il n'en prendra qu'une, et une seule, et puis ce sera tout, tout en sachant pertinemment au fond de lui que cette promesse est vaine. Sa seule consolation est de se dire qu'il y a de pires afflictions. En sa défense, quatre ans auparavant, il n'avait pas besoin de boire autant de café. Il faut croire que ses nerfs ont fini par avoir le meilleur de lui.

Après cette routine matinale (et une bonne douche pour bien entamer sa journée comme il se doit) se trouve l'heure administrative, comme il aime tant l'appeler. C'est une heure, ou deux, ou trois, ou parfois même cinq, selon les circonstances, pendant lesquelles il s'occupe de tous les détails techniques de son quotidien : lecture de courrier, réponses d'emails, paiement des factures, relevés de compte, démarchage de théâtres ... Ainsi que des coups de fil parfois nécessaires à la gestion de ces tâches monotones.

Ce n'est qu'après tout ce rituel qu'il peut se permettre de réciter ses répliques, lorsqu'il n'a pas besoin de se rendre à une répétition. Celles-ci se déroulent souvent le soir ou les weekends, par ailleurs, afin d'accommoder au maximum les emplois du temps des uns et des autres. Lorsqu'il nettoyait encore des maisons pour gagner sa vie, cela l'arrangeait bien particulièrement. À présent que ses revenus de comédien lui suffisent (de justesse) à assurer son indépendance financière, cela lui importe peu. Habitué à ce rythme dans lequel il s'était retrouvé des années durant, il ne voyait aucun mal à poursuivre sur la même lancée.

Ainsi commence ses entrainements. Il relit une première fois ses textes afin de bien se les remettre en tête. Puis, il les relit une deuxième fois, pour se rafraichir la mémoire. Ce n'est qu'après ces deux lectures qu'il se positionne calmement face au miroir avant de se regarder dans le blanc des yeux. Il se racle ensuite la gorge, et commence à articuler ses premières phrases. Lorsqu'il perd le fil de ses pensées, il se réfère au script. Lorsqu'il hésite, ou pense avoir fait une erreur, il se réfère au script. À la fin d'une scène, il la relit en entier, afin de s'assurer qu'il l'avait correctement mémorisée, jusqu'à la moindre virgule. Ce processus peut aisément durer des heures, tant et si bien qu'il lui arrive souvent de déjeuner à heure tardive. Cela lui importe peu : quand on aime, on ne compte pas.

Ce dimanche, la pièce qu'il répète l'inspire particulièrement. Il s'agit d'une interprétation d'un classique italien, une oeuvre qu'il avait pu lire, une fois ou deux, lorsqu'il était encore jeune et insouciant. Le fait de pouvoir donner vie à ces lignes qui le rappellent à son enfance est un privilège à ses yeux, et si sa routine de répétition semble particulièrement corsée de manière générale, elle ne le sera que doublement à présent. C'est pourquoi après une légère pause déjeuner (tardive, bien entendu, et pendant laquelle il s'autorise un demi avocat, une omelette et quelque cuillerées de taboulé), Dante décide de s'y remettre de plus belle au lieu de profiter de la pause lecture quotidienne qu'il chérit pourtant tant. Dernièrement, il s'était mis en tête de (re)découvrir tous les classiques littéraires mondiaux, qu'ils soient britanniques, russes, italiens ou français. L'oeuvre qu'il garde actuellement sur son chevet est signée Tolstoy, et se nomme Guerre et Paix. Il en est à la page 231. Cela ne fait que trois jours qu'il l'a entamé.

La suite ne sera cependant pas pour tout de suite. Dante inspire profondément avant de se mouvoir vers la chambre. Remettant en place une mèche rebelle ayant décidé de sortir de ses rangs, le voilà sur le point de se racler la gorge lorsqu'il se retrouve interrompu par la sonnette. Interpellé, le voilà qui se recoiffe une dernière fois avant de se diriger, doucement, avec toute la grace et la légèreté d'une colombe, vers la porte d'entrée.

Un instant s'il vous plaît ! annonce-t-il, le temps de faire le tour de son petit appartement et d'atteindre la porte d'entrée. Il se demande bien quel excentrique pourrait bien chercher à déranger la quiétude de son appartement par un samedi après-midi. Le facteur ? À seize heures ? Impossible. La voisine, peut être ? Ou un mystérieux inconnu, beau et ténébreux ? On peut bien rêver. C'est probablement la voisine. Trop confiant, trop désabusé, il ne prend pas la peine de se servir du Judas pour épier son visiteur. Lui qui, pourtant, a la réputation de murement étudier chaque parole et chaque action semble agir de façon plutôt impulsive, à présent – une impulsion qu'il se retrouve presque immédiatement à regretter. La porte s'ouvre subitement, laissant face à un visage qu'il ne connait que trop bien, et qu'il ne reconnait même plus.

Ah ... C'est toi. Difficile à dire si sa voix semble déçue ou agacée. Un mélange des deux, sans doute. Avec désinvolture, ses yeux survolent le minois de Samaël, qu'il reconnait malgré lui, et surtout, malgré les ravages que toutes les cochonneries qu'il peut bien consommer ont fait à son corps. À l'heure actuelle, il se demande si Samaël est toujours véritablement présent, ou s'il n'y a qu'une coquille vide là où autrefois trônait un Homme. Il se demandait bien pourquoi ces dernières semaines avaient été si délectables et agréables, sans la moindre interruption de la part de ce fantôme de son passé. Un instant, il s'était même demandé si celui-ci n'avait pas succombé au baiser fatal de la mort, avant de se convaincre que si ç'avait été le cas, son frère se serait bien empressé de l'en informer. Force est de constater que Samaël n'est pas mort, bien qu'il soit le seul à être assez perché pour penser que cela durera encore longtemps. Dante n'est pas dupe. Plus maintenant.

Il s'apprête à refermer la porte sans lui demander son reste lorsque le texan lui dit quelque chose qui l'interpelle.

J'ai tes affaires.

Un instant, Dante se demande bien ce que ces mots peuvent vouloir dire, avant de voir la valise qu'il brandit et lui tend, comme un rameau d'olivier.

... Effectivement. Je ... Il s'apprête à dire quelque chose de sec et de cinglant, avant de se retenir. En vérité, Dante sait exactement ce qu'il aimerait dire. Il a toujours su quels mots il aurait aimé que Sam comprenne dans ses nondits, les paroles qu'il aurait du voir au travers de ses actions pour comprendre la plaie profonde qui avait gangrené leur histoire. Mais le moment n'avait jamais été propice, les circonstances non plus et au final, Dante était resté sur ces non-dits de l'amertume, ces mots qui pourrissaient tout espoir qu'il aurait pu avoir d'un jour vivre autre chose, de plus beau, de plus fort, de plus pur. Au lieu de cela, il se contente de soupirer.

... Merci, c'est gentil.

Il ne se permet pas de dire que c'est trop peu et trop tard, que sa garde-robe a depuis bien changée et qu'il l'a déjà réapprovisionnée à multiples reprises. Il ne se permet pas non plus de l'inviter, comme au bon vieux temps lorsque l'amour et les ardeurs dominaient encore leurs échanges et qu'ils étaient incapables de passer vingt quatre heures sans se voir ou communiquer. Il ne se permet pas non plus de lui claquer la porte au nez comme un malpropre, car Dante a plus d'élégance et de prestance que ça. Alors il reste là, comme un imbécile, la valise à la main, le regard baissé pour éviter, à tout prix, de se noyer dans les iris ravagées du texan. Ce n'est pas la première fois qu'ils se revoient depuis ... Personne ne parle plus vraiment de ce jour où ... Enfin, c'est dans le passé à présent. Ce n'est donc pas la première fois que leurs chemins se recroisent, depuis, mais le véritable harcèlement dont il a été victime ne lui a pas permis de véritablement apprécier ces échanges. Il ne faut pas croire qu'il n'a aucune part de responsabilité dans toute cette affaire : c'est bien lui qui a pris la décision de rester dans les parages alors qu'une ville entière s'ouvrait à lui. Entièrement lui. Parce qu'il n'y a aucun meilleur compagnon que les ingrédients de sa propre perdition. Samaël a choisi les drogues. Lui a choisi Samaël.

La gorge nouée, il laisse le silence l'envelopper tel une armure, s'installant entre eux avec toute l'autorité d'un chaperon.

Tu ... Tu veux du thé ? Se permet-il finalement de demander. Une question qu'il regrette sitôt qu'il l'a formulée. Il ne veut pas voir Samaël. Il ne veut pas passer une minute de plus avec Samaël. Mais il ne peut pas se passer de Samaël: Samaël, c''est son addiction.




le mystère de l'absurde,
théâtre du somptueux.


comme
la main
de midas.





Samsam a écrit:
Dante est une adolescente qui ne veut plus de leur amour, sa froideur est leur pilule du lendemain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: Emotionally unstable. | Dante   Mar 11 Sep - 2:16
avatar
Sam Kavanagh

posts : 614
points : 768
feat : garrett hedlund.
crédits : Hermèssito.
Âge : 34
logement : old lady.


Une valise. Pour contenir deux ans de relation. Une valise, rien que ça, pas besoin de plus, pas besoin de moins. Chaque pli dissimule un sourire ou une crise de larmes. La chaleur du fer à repasser représente les jours d'éclaircis tandis que l'ordre général qu'elle renferme les ramène à ses jours d'absence. Maël n'était pas un bon compagnon. Comme il n'a pas été un bon ex. Les mois qui ont précédé ce moment sont encore chargés de ses crises de colère, de ses incompréhensions, de ses insultes parfois, toujours alimentées par cet abandon qu'il supporte mal. Croiser chaque jour les vêtements de Dante lui rappelle qu'il a échoué sans même le réaliser. Ce n'est que maintenant, planté devant lui derrière cette fichue valise-mémoire que Sam ressent l'ampleur des dégâts. Sa main resserre son emprise sur la poignée, s'attache à l'unique bouée qui pourrait tout aussi bien le détruire. Il inspire, salement, fortement. Sa tête le fait souffrir et lui rappelle que la coke restera malgré toute la douleur son premier choix. On s'étend toujours plus sur des marées de sang que des nuages de coton.

La gorge nouée, ce n'est qu'au son de sa voix que Sam se réanime et retrouve de sa fougue. S'il veut du thé ? Il boirait même de l'éther si cela pourrait le faire rentrer dans son appartement, fouiller de ses propres yeux la moindre trace de recommencement. Maël ne supporterait pas de le voir se reconstruire autant qu'il se conforterait dans l'idée de savoir que Dante stagne depuis leur rupture. J'ai pas trop le temps m'enfin ... ouais. Le mensonge est une grande baraque au mur bétonné dans laquelle on se cache pour faire croire à l'autre que tout va bien à l'intérieur. Il suffirait d'ouvrir la porte pour se rendre compte que rien n'y est en ordre. C'est plus fort que lui, pourtant, de jouer au fier, de dresser le menton, prendre cet air détaché/agacé et de mettre un pied dans l'appartement. Sam abandonne la valise dans l'entrée, ne signalera pas à Dante qu'il y a passé quelques heures et que tout est mis en place pour lui montrer sa bonne volonté. A croire qu'un repassage pourrait balayer des heures de chantage affectif. Son arrogance est le maquillage le plus efficace contre les infections dont son âme est victime. A trop vouloir se saigner, on finit toujours par ne plus savoir se guérir.

Maël plonge ses mains dans ses poches, traverse la pièce de son regard, note l'ordre qui les entoure tandis que son propre appartement n'est que chaos à l'image de sa tête qui ne tourne plus rond. Ses pupilles terminent à nouveau sur Dante qu'il n'hésite pas à regarder de haut en bas peut-être dans l'espoir de le mettre mal à l'aise, dans l'idée de lui montrer qu'il ne cessera jamais de le trouver beau. Il y a tant de mots doux à dire que l'acteur aurait prononcé sous l'effet de la came mais aujourd'hui la dignité reste de mise. Puisqu'il se doute que le thé ne se fera pas sur le champs, que Dante ne l'attendait pas de l'autre côté de la porte depuis des jours, Maël reprend la parole. Sa voix a du mal à retrouver sa puissance après les excès de la semaine. Il n'y a pas de week end où faire la fête dans son monde, seulement des jours à consumer avec le plus d'intensité possible.

T'as l'air d'aller bien. (mieux ?) Un constat pour tenter de se rassurer, de le rassurer, de les rassurer. Quelques mots qui s'éteignent au bord de ses lèvres parce qu'ils n'ont tout simplement plus rien à se dire depuis ce fameux jour qui les hante encore quoi qu'ils puissent faire croire. Il y a des passages dans la vie d'un homme qui restent ancrés, qui restent dans un coin pour s'allumer parfois, lui rappeler que tout n'est pas gagné d'avance, que les choses peuvent être là un jour et disparaître dés lors qu'elles l'ont décidé. Dante peut être si propre et lisse en apparence, se cache derrière ses traits tirés des secrets que Sam ne connaîtra certainement jamais. S'il l'aimait, il n'a aussi jamais su prendre le temps de lui poser les bonnes questions, celles qui auraient pourtant pu les sauver. La résignation de Sam est telle qu'elle le fait presque vaciller. Du moins, c'est elle qu'il accuse mentalement et non pas ses comportements à risque, ceux qui le poussent à sauter trop de repas et utiliser la came comme alimentation principale. Sa main se pose sur le meuble le plus proche de lui pour se retenir. Maël ferme les yeux un instant, cligne les paupières plus lentement. Son organisme ne s'inquiète même plus de ses chutes de tension, habitué à ses vertiges dont il est l'unique responsable.

Le boulot, ça se passe comment ? Quitte à être là en toute simplicité, autant rester dans le conventionnel, ne pas creuser plus loin que la surface qui se trouve déjà être urticante.
Ce qu'il y a de suicidaire dans le calme de Sam, c'est que lui-même se surprend à y croire. A cet instant, alors que les affaires de Dante reposent dans sa valise, qu'ils sont sur le point de partager un thé : il est persuadé que toute sa colère est muselée.
Maël comme a son habitude ne réalise pas le fléau qu'est son essence.



Toutes mes déclarations d'amour
arrivent soit trop tôt, soit trop tard.
Parce que je ne dis je t'aime que
pour séduire ou rassurer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t117-sam-kavanagh-garrett-hedlu
MessageSujet : Re: Emotionally unstable. | Dante   Mar 11 Sep - 16:23
En ligne
avatar
Dante Baldassare
questions in a
world of blue

posts : 142
points : 219
feat : ferran calderon
crédits : vainglorious
logement : The homewrecker, dans un des plus petits appartements, ceux au prix encore (relativement) abordable.
sexy santa

La gorge nouée, le cou tendu. Les mains moites, le regard ferme. Dante a déjà mis les pieds dans ce territoire, maintes et maintes fois. Samaël aura même eu la chance de le voir dans ses moments d'introspection, qui n'ont fait que de se multiplier depuis ... Personne ne parle plus de ce moment, en vérité. Du coin de l'oeil, il enregistre la présence de la valise (qui n'est, bien entendu, pas la sienne), tentant vainement de se remémorer ses contenus tout en sachant pertinemment que cela ne servirait à rien. Son cerveau fait constamment le vide pour créer de la nouvelle place. En tant que comédien, l'importance de ses lignes n'est pas à prendre à la légère. S'il était acteur de cinéma ou de télévision, peut être que les choses seraient différentes. Mais il ne l'est pas. Dante est un comédien, et un comédien sérieux : il est de ceux qui passent leurs journées à répéter pour offrir à son public une représentation sans failles. Chaque ligne se doit d'être mémorisée, jusque dans les moindres détails, car nuit après nuit, le voilà sur scène, à se livrer, à s'ouvrir, à se mettre à nu, à offrir sa vulnérabilité à une foule d'inconnus qui n'en feront qu'une bouchée s'il venait à faillir.

Alors non. Les contenus de la valise, il n'a pas cherché à se les remémorer. S'il lui avait manqué un col roulé, il s'était racheté un col roulé, depuis. S'il lui avait manqué quelques slips et des chaussettes longues, il les avaient également remplacées dans sa penderie. Pour tout dire, il n'est même pas sûr qu'il lui reste la place (ni même l'envie) de réintégrer ces souvenirs oubliés à son train train quotidien. Samaël a beau être face à lui aujourd'hui, il a beau avoir le luxe de le voir sortir de son immeuble depuis sa fenêtre, lorsque Dante avait fait la décision de lui tourner le dos, il s'était promis que ce serait décisif et que le passé resterait dans le passé. Une part de lui désire brûler la valise et ses contenus afin de l'oublier à tout jamais. Une autre part a envie de s'enfermer dans sa chambre et de les toucher, de les sentir, car il s'imagine que Sam a dû passer des nuits entières à dormir avec ses chemises ou à porter ses pulls lorsqu'il avait froid une fois l'hiver. Une autre part de lui, encore, désire vider la bagage afin de pouvoir le lui rendre sur le champ et passer à autre chose. Il y a également l'envie de la garder, jusqu'à ce que le temps soit propice, non pas par désir de se venger, mais afin d'avoir un prétexte bien pratique pour s'infiltrer de nouveau dans sa vie, ne serait-ce que le temps de quelques minutes (comme Samaël vient tout juste de le faire, d'ailleurs). Et puis, il y a l'indifférence, ou plutôt, l'indolence. Celle qui ne se manifestent que chez les personnes engourdies par la souffrance, incapable de réfléchir sur le tas et d'être impulsives tant leurs sentiments conflictuels les tirent dans des directions divergentes.

Dante sait qu'il ne devrait pas inviter Maël, ne serait-ce que pour prendre le thé. Il sait qu'il ne devrait pas lui tendre la main et lui dire "viens, attrape la et entre dans ma vie". Pourtant, cela ne l'empêche pas d'agir avec toute la sottise d'un enfant de cinq ans qui reste persuadé que le père Noël viendra s'il attend toute la nuit au pied de l'escalier, dans le noir. Il se doute que le parasite s'étouffera sur chaque détail de sa demeure afin de s'en construire une copie conforme dans ses souvenirs, histoire de pouvoir revenir aussi souvent qu'il le désire, aussi longtemps qu'il le souhaite. Il sait que tout aspect de sa vie sera passé au peigne fin : comment elle semble plus calme et plus ennuyante, sans lui pour l'animer. Comment elle semble plus froide et triste, dans ce petit F2 pourtant somptueusement décoré. Un coin de sourcil s'arquera en tombant sur des choses qu'il ne s'attendrait pas à trouver là, telles que les capsules de café qu'il avait commencé à stocker depuis leur séparation ou encore les lunettes posées sur le bout de son nez, un symbole de sa vue défaillante et des ravages que le temps ne tarderait pas à faire sur son corps, comme il le faisait avec Samaël actuellement, comme il l'avait fait avec sa mère, il n'y a pas si longtemps. Le temps est une véritable enflure.

À la réflexion du brun, la condescendance dissimulée dans la réponse de Dante est à peine masquée. C'est parfait: moi non plus, donc ce sera rapide. Son soulagement n'est qu'égalé par sa peine. Il aimerait bien que ce moment s'éternise. Mais il ne faut pas que ce moment s'éternise. Sur ces mots, Dante jette un dernier coup d'oeil désinvolte à la valise avant de se diriger vers sa cuisine, avec toute la fluidité et la légèreté de mouvement qu'on attribue si facilement à l'élégance de sa corpulence. Fréquents sont ceux qui le méprennent pour un danseur tant son corps exude une mélodie silencieuse au rythme de laquelle il semble se mouvoir, bien qu'il n'a jamais vraiment compris pourquoi. (Force est de constater que Dante, malgré toutes ses qualités, danse comme un pied.) Il choisit d'ignorer le regard de Sam, qui le suit à la trace, le toise de haut en bas, le dévore intensément. Il sent les brûlures de chaque nouveau coup d'oeil mais les cache entre chaque inspiration, consciencieux de ne pas retomber dans les démons passés. Depuis leur rupture, leur passion n'a jamais été ravivée, pas une seule et unique fois. Dante a bien pris soin de ne laisser aucune porte ni fenêtre ouverte à Maël, qui, il le savait, se serait servi de la moindre opportunité qui lui était présentée pour se frayer un nouveau chemin vers le coeur du comédien. Et Dante ne pouvait pas laisser cela arriver

Une fois arrivé à la cuisine – ouverte sur le salon, comme sa mère en avait toujours rêvé – Dante active la bouilloire qui se met à gargouiller et à gronder avec violence. Ce n'est qu'alors qu'il se retourne vers Maël, une main posée de chaque côté du plan de travail pour s'apporter un appui. C'est pour bientôt, elle est étonnamment rapide. déclare-t-il doucement. Deux ans de séparation, deux ans passés à se côtoyer avec politesse et courtoisie (du moins ... la plupart du temps), et toujours, Dante se surprend à empirer en matière de conversation de comptoir. Lorsque Maël reprend la parole, le comédien se surprend à immédiatement regretter la conversation de comptoir, beaucoup moins maladroite et inconfortable que les tentatives désespérantes (et désespérées ?) que Samaël fait pour communiquer avec lui.

Merci. J'aimerais pouvoir t'en dire de même. Mais nous savons tous deux que ton état s'empire de jour en jour et que bientôt, tu ne seras plus que le fantôme de tes erreurs passées. Brutal ? Peut être. Glacial ? Assurément. Cruel ? Un peu. Mais faux ? Absolument pas. Dante n'est pas un menteur. Il a passé une vie entière à décoder ceux d'une mère trop amoureuse de ses bouteilles pour avoir le courage de s'en séparer. Lorsqu'il a tenté, en vain, de l'inciter à arrêter de boire, ça avait marché, quelques temps ... Du moins, c'était ce qu'il croyait avant de ne se rendre compte qu'elle lui avait menti et s'était simplement contentée de déménager ses bouteilles de l'étagère au dessous de son lit.

Ses sourcils se froncent légèrement, creusant davantage de rides dans son front autrefois si lisse et soyeux (un des autres composants de la fameuse liste de raisons pour lesquelles leur relation était vouée à l'échec, à savoir que les tendances autodestructrices de Sam ne se contentaient pas de dévorer sa jeunesse et sa santé, mais également de ronger Dante avec l'inquiétude et, parfois, la peur, que son ancien compagnon avait su éveiller en lui. Et Dante n'aime pas les rides. Du tout.), lorsqu'il se rend compte que Sam se cramponne à une commode. Il ne sait pas quel appel est le plus fort, entre le désir de lui coller une paire de claques et celle de le prendre dans ses bras et de l'aider jusqu'à une chaise. Face à tous ces sentiments conflictuels, la réaction qu'il choisit est l'ignorance : agissant comme s'il n'avait rien vu, cela fait un moment qu'il se fait violence pour ne pas trop s'impliquer dans la vie de Sam. C'est mieux ainsi. Évidemment que cela reste douloureux, mais c'est toujours mieux ainsi. Pourtant, malgré tous ses efforts, il ne peut pas se forcer à oublier l'inquiétude qui, même depuis leur séparation, continue de le ronger quotidiennement. Celle de rentrer d'une représentation, un soir, pour découvrir Jephté, en larmes, sur le seuil de sa porte. Dante s'est toujours dit que le jour où cela arriverait serait le jour de la mort de Sam. Un jour qui lui semble toujours tellement plus cruellement proche qu'il ne l'est véritablement ... Du moins, c'est ainsi qu'il cherche à se le rationaliser, mais ça ne le convainc pas particulièrement, lui non plus. Ce n'est que lorsque Maël a l'audace d'agir comme si de rien n'était que l'irritation de Dante revient au galop – son caractère fantasque est l'un des rares héritages de sa culture italienne – avant qu'il ne la bride, à nouveau, comme toutes les autres fois. Un jour, peut être qu'il ne parviendra plus à la contenir.

Très bien, merci. Il se retourne alors, les mains toujours appuyées contre le comptoir de cuisine, toujours pour se soutenir. Le visage face aux briques blanches en acrylique du mur, il cherche à contenir tous les mots qu'il brûle de dire à cet instant précis. Ce n'est ni le temps, ni le moment pour de tels excès de passion, il le sait. Ce temps et ce moment n'ont jamais existé (et n'existeront probablement jamais). La bouilloire gronde une dernière fois, comme pour l'avertir qu'elle ne peut plus l'aider longtemps, avant de s'éteindre dans un déclic sec.

C'est bon. souffle-t-il finalement, tentant de rassembler ses esprits, tant bien que mal. Il ne prend pas la peine de lui demander quel genre de thé il désire, conscient que Sam n'a jamais été réellement en état de savoir lequel choisir. Il sait également que les rares fois où le texan retrouve un brin de lucidité, il reste incapable de choisir, et Dante s'était donc habitué à faire tant et tellement de choses sans son aide. C'est peut être l'une des reproches les plus profondes qu'il ressent à l'égard de son ex : le fait de toujours s'être senti si seul et effrayé dans leur relation, le fait de ne jamais avoir l'impression d'avoir quelqu'un avec qui ... Partager. Il sait maintenant que cette relation n'était qu'une (des nombreuses) manifestations du complexe de sauveur que sa mère lui avait involontairement offert dès sa plus tendre enfance, mais cela ne rend pas la pilule plus facile à avaler. Sortant deux tasses du placard, le voilà qui dépose un sachet de bergamote dans chacune d'entre elles. Le thé que Dante boit semble exquis et prétentieux, mais n'est en réalité rien de plus qu'un produit industriel acheté dans un magasin un brin plus chic que le supermarché du coin. Se dirigeant vers la table basse blanche, il pose les deux tasses sur un dessous de verre avant de s'installer sur une chaise, laissant le canapé à la disposition de Samaël.

Je ne m'attendais pas à ce que tu viennes. avoue-t-il finalement, davantage pour se parler à lui-même que pour communiquer avec Sam. Une part de lui aurait préféré qu'il ne vienne pas. Quelles sont donc ces palpitations qui animent son coeur ?

Et toi ? La vie ? Le travail ? La famille ? Les amours ? Ce ne sont pas réellement des questions importantes, dans la mesure où Jephté lui aurait probablement raconté tous les détails de la vie de Samaël de manière plus lucide qu'il en semble capable, mais quitte à avoir une conversation de comptoir, autant l'avoir jusqu'au bout.




le mystère de l'absurde,
théâtre du somptueux.


comme
la main
de midas.





Samsam a écrit:
Dante est une adolescente qui ne veut plus de leur amour, sa froideur est leur pilule du lendemain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: Emotionally unstable. | Dante   Jeu 13 Sep - 2:20
avatar
Sam Kavanagh

posts : 614
points : 768
feat : garrett hedlund.
crédits : Hermèssito.
Âge : 34
logement : old lady.


Un nombre incalculable de personnes sur terre, un vaste étendu de coeurs et de découvertes et Sam se retrouve tout de même ici, dans les effusions de non-dits et de thé. Heureusement que la bouilloire est là pour faire un peu d'animation parce qu'alors, tout tomberait forcément à l'eau et Maël s'en irait. Comment peut-on en arriver là après deux ans de relation et de confiance ? Comment peut-on simplement se laisser aller à la fuite ? Même leurs regards ne s'affrontent plus. Il y a un fossé infranchissable que leurs sentiments creusent avec avidité. La tranchée est urgente. L'eau a déjà coulé, débordant sur leur amour pour les noyer dans toute leur insolence. Aujourd'hui il faut drainer, gérer les flux. Sans ça, leurs poumons finiront par boire la tasse. Celle de thé semble agréable, chaude, réconfortante, mais celle de l'âme, c'est une autre histoire. Un poison pur.

Pendant que l'eau frémit, Maël observe avec insistance ce qu'il reste de Dante. Il y a son corps, présent, palpable mais il suffit de s'y perdre un peu pour se rendre compte que tout cela n'existe déjà plus, qu'il n'est un rêve. Il a la sensation d'être arrivé trop tard, c'est bête. A moins qu'il n'existe tout simplement de bon moment pour venir se faire pardonner d'avoir été idiot ? Idiot, enfin, Sam le présume. Aujourd'hui encore ce serait mentir de dire qu'il comprend la position de l'homme qui se tient debout face à lui. L'Irlandais nage dans un océan d'incertitudes et cet appartement ne fait que renforcer tout ce qu'il appréhendait. Tout y est si bien rangé et à sa place qu'il ne laisse rien paraître. Telle une fille maquillée, tel un mur repeint, ne reste de ce monde que la surface. Sam est formellement interdit de chercher à gratter. Dante le lui a fait comprendre à plusieurs reprises que ça ne servirait jamais à rien. Le silence face à ses supplications, l'ignorance de ses messages par centaine et ses appels en disent plus long que n'importe quelles vérités. Parfois, ce qui ne fait pas de bruit est aussi ce qui nous assourdit.
Une part de lui se doutait que Dante finirait par partir. C'était un sentiment là, perpétuellement enfoncé au fond de lui, une évidence, une emprunte sur ses tripes. A la seule différence qu'il avait préférer fuir.
Fuir leur appartement.
Fuir leurs affaires mises en commun.
Fuir les yeux amoureux mais défoncés de Sam.
Que voit-on en premier dans ses pupilles ? La coke ou les sentiments ?

Il voudrait pouvoir l'attraper par les épaules, le secouer, effacer cette peinture invisible qu'il s'est mis sur le visage pour être insensible mais n'en fait rien. Si Sam fait un pas en avant, c'est pour attraper sa tasse et s'asseoir sur le canapé parce qu'il a la tête qui tourne et qu'il attendait que ça depuis le début. Il a pas l'habitude de sortir les dimanche. D'habitude il ne fait rien. En réalité en dehors des films, des soirées pour ses performances, Maël ne fait plus rien. Dante était le seul à pouvoir le raccrocher à la réalité, lui mettre un coup de pied et le rendre un peu normal. Maintenant c'est terminé, il n'a plus de passion en dehors de la came, même sa bite ne le fait plus rêver. Tout le monde la connaît, c'est une star plus que lui. Elle lui vole la vedette. Fin non, la pensée est exagérée.
Le thé lui brûle la langue et Sam grimace. S'il garde la tasse entre ses doigts, c'est pour tenter de se réchauffer. D'abord les phalanges, ensuite le coeur, qui sait ...
Dépit.

Qu'importe son visage, ses traits creusés, ses joues qui réclament à manger et son estomac qui rejette tout d'un bloc, Dante continue sur le même chemin. La froideur entre eux ne lui ressemble pas. Lui, le volcan, lui l'adrénaline ; Sam a besoin de s'en prendre plein la gueule. Il aime ce qui est violent, ce qui fait tellement mal qu'on s'en souvient même des années plus tard. La preuve, il est là, dans sa belle chemise, à boire un thé face au seul homme l'ayant rayé de sa vie sans essayer de se justifier. Rien de plus normal au fond, on devrait tous avoir le droit de se détacher ce qui nous brise. Sam est comme une gangrène, pour l'empêcher de prendre du terrain, on l'ampute. Il essaie de reconquérir un terrain vierge dans toute sa douceur et ses conventions. Le canapé est confortable. Maël s'allongerait bien dedans, Dante dans ses bras à regarder des émissions sans vraiment les suivre. Lui finirait par s'endormir. Le brun râlerait de l'entendre ronfler dans ses oreilles. Aussi simple.

Tu demandes vraiment ? Un brin d'agressivité. Non, d'exaspération. Pourquoi jouer sur ce terrain là en sachant qu'il ne mènera nulle part. Et si c'était ce que Dante désire justement : arriver nulle part, se perdre, s'échouer le plus loin possible de lui. Sam se sent soudainement nerveux. Certainement l'effet de la drogue qu'il s'est enfilé avant de venir. Il atteint le summum de l'excitation neuronale. Son rythme cardiaque varie, monte en puissance pour retomber, comprimer ses organes par moment aussi. L'Irlandais a l'habitude, ne laisse rien paraître si ce n'est son pied droit qui tape légèrement le sol. Si t'arrêtais de me regarder comme si j'étais un inconnu, tu crois pas que ça rendrait les choses plus faciles ? Je suis pas venu pour te pourrir la vie si ça peut te détendre. T'es pas non plus le centre du monde. Acerbe. Sam n'a pas de filtre, une technique totalement différente de celle du brun pour tenter de dissiper le malaise. Une part de sa raison se doute que Dante ne veut tout simplement pas de lui mais il ne réalise pas que cette froideur est un bouclier. Lui qui préfère se consumer pour arriver à bout des choses que rester dans un bloc de glace.
L'appartement lui semble soudainement si minuscule qu'il peine à respirer.
Sam plante son regard dans son thé, tente de se calmer pour effacer de ses traits cette colère lancinante.
On ne peut pas en vouloir à quelqu'un d'avoir tourné la page, si ?



Toutes mes déclarations d'amour
arrivent soit trop tôt, soit trop tard.
Parce que je ne dis je t'aime que
pour séduire ou rassurer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t117-sam-kavanagh-garrett-hedlu
MessageSujet : Re: Emotionally unstable. | Dante   Sam 15 Sep - 5:34
En ligne
avatar
Dante Baldassare
questions in a
world of blue

posts : 142
points : 219
feat : ferran calderon
crédits : vainglorious
logement : The homewrecker, dans un des plus petits appartements, ceux au prix encore (relativement) abordable.
sexy santa

Les regards insistants que Samaël lance en sa direction s'abattent sur lui comme des coups de poing. Il aimerait pouvoir échapper à ces yeux vitreux sous le microscope desquels il devient tant de choses à la fois. Dante, l'énigme. Dante, l'erreur. Dante, le rescapé. Dante, le briseur de coeurs. En vérité, cela fait bien deux ans que Dante ne parvient plus à soutenir le poids du regard de Samaël, si ce n'est plus. Il y a trop de souffrance et de douleur dans ces iris pour qu'il puisse trouver le courage de s'y aventurer. Au lieu de cela, Dante se contente de regarder ses souliers, comme si ceux-ci pourraient essuyer l'océan de regrets qui le noient dès que Samaël revient au galop. J'aurais dû être plus ferme et mettre fin à tout ça définitivement. J'aurais dû partir plus loin, j'aurais dû m'échapper. J'aurais dû être plus honnête, j'aurais dû dire la vérité. J'aurais dû davantage essayer.

Suffit. Si Dante voulait se ressasser le passé, il se serait acheté un magnétoscope. Alors il déglutit et il assume ces regards qui ne font que le mettre mal à l'aise. C'est sa punition pour la faiblesse dont il a fait preuve. Celle qui justifie son incapacité à essayer davantage avec Maël, ou l'incomplétude de la rupture qui s'ensuivit. Mais lorsque par chance, Sam se retrouve à ne pas le lorgner, c'est au tour de Dante d'observer son ancien amant. Ses yeux s'arrêtent toujours, bien évidemment, sur ce visage ravagé par les saloperies auxquelles il se rend victime. Dante n'a rien besoin de demander à Maël : son visage parle de lui-même, lui donnant toutes les réponses aux questions qu'il aurait bien pu avoir. En vérité, s'il avait véritablement eu envie de savoir, il aurait pu remarquer très rapidement que quelque chose n'allait pas chez le texan irlandais. Certes, il y a quatre ans, sa liaison dangereuse avec sa neige empoisonnée n'avait pas encore marqué son territoire comme au fer rouge, mais les signes avaient toujours été bel et bien présents. Avec du recul, Dante a pris conscience que Maël semblait un peu trop souvent être enrhumé, avec ces fameux reniflements intempestifs qui avaient le don de mettre le comédien hors de lui. Mais enfin, c'est si difficile que ça d'agir comme n'importe quelle autre personne civilisée et d'aller te moucher ?, lui avait-il souvent reproché. Sa naïveté d'antan lui semble bien sotte, à présent.

Lorsque Sam se rapproche pour attraper le thé que Dante lui avait si négligemment préparé, l'italien ne peut s'empêcher de constater la maigreur de "l'acteur". Il se demande comment d'autres parviennent à être si aveugles (le sont-ils réellement ?) face aux tendances auto-destructives de Samaël. Il ne sait pas si cela l'impressionne davantage que ça ne l'écoeure. En ce qui le concerne, le voile qu'il s'était collé sur la face s'est effacé il y a bien longtemps, lorsque le confort de l'amour de Samaël avait été remplacé par l'éventualité d'une éternité à ses côtés. Car au final, malgré tous les problèmes sous-jacents de leur relation et tous les mondes qui les séparaient, Dante avait fini par supporter les excentricités de Sam et par les traiter comme moins graves ou sérieuses qu'elles ne l'étaient réellement. Peut être avait-il besoin de se sentir valorisé, après une vie passée à soigner une mère qui ne remarquait même pas son existence. Peut être avait-il aimé cette impression de se sentir vu, et désiré, et désirable. Peut être avait-il eu besoin de sauver quelqu'un d'autre, aussi, à défaut d'avoir pu sauver sa mère. Peut être voyait-il en Samaël un échappatoire : la riche vedette de l'industrie des films X capable de concrétiser tous ses rêves en le tirant de sa misère héréditaire.

Au final, quelles qu'étaient les motivations l'ayant poussé dans les bras de Samaël, celles qui l'auraient empêché de partir pouvaient se résumer par un simple concept : celui de l'habitude. Si Dante avait offert deux années entières de sa vie à Maël, c'était par habitude. Habitué à l'odeur de sa sueur, les matins en été, à la chaleur de son corps, les nuits en hiver ; habitué au goût de ses lèvres, à la forme de son sexe, au son de sa voix et à la chaleur de son sourire, si espiègle et, pourtant, si chaleureux, Dante avait su se convaincre que les défauts de Sam étaient compensés par les qualités qu'il avait su lui révéler. L'on dit bien que nul n'est meilleur acteur que celui qui parvient à se leurrer lui-même. Dans tel cas, Dante est probablement le meilleur comédien ayant jamais mis les pieds sur terre.

Mais toute comédie se doit d'avoir une fin, et la tragédie finit toujours par prendre le dessus. Lorsque Samaël lui avait ouvert la possibilité d'un "toujours", à ses côtés, la vigueur de ses bras ne rimait plus qu'avec les abus que ceux-ci seraient capables de faire si Dante se refusait à coopérer et à se soumettre aux moindres lubies du texan. Son sourire ne rimait plus avec ce quelque chose de rassurant qui rappelait toujours le foyer, ce fameux endroit qui nous ramène toujours à lui pour nous ressourcer de l'intérieur, mais avec ses rires et ses cris de fanatiques, lorsque la cocaïne prenait la mainmise sur sa vie et lui dictait tout un tas d'inepties dont il ne se souviendrait plus le lendemain. Tout à coup, l'idée d'une éternité aux côtés de Samaël ne lui semblait pas improbable : elle lui semblait tout simplement impossible.

Malgré tout, le brun lutte tant bien que mal avec cet attachement féroce qui se refuse à partir. Ce sentiment de bienveillance à l'égard de Maël refuse de mourir en lui, et pour cela, il l'en tiendra toujours responsable. Il l'attribue à la naïveté du caractère de Maël, celle qui explique pourquoi il reste persuadé que Dante a tourné la page car il s'était lassé de lui et désirait trouver mieux : une conclusion qui n'était pas fausse, en elle-même, mais qui rendait Dante l'unique responsable de l'échec de leur relation : aux yeux de Sam, il n'avait rien à se reprocher, après tout. Du moins, c'est l'histoire que Dante se plait à se rappeler. Celle qui lui permet de mieux avaler la pilule afin de pouvoir avancer. Sauf que contrairement à Samaël, les pilules qu'il avale ne sont que métaphoriques, et, de plus, ne rendent pas euphoriques. Au contraire, elles engourdissent ; enveloppent son coeur dans une armure et le rendent imperméable. Elles le ferment au monde afin de soigner la plaie si profondément ancrée qu'elle n'a aucun véritable espoir de pouvoir un jour se résorber.

En remarquant l'air contrarié de Samaël lorsque celui-ci porte la tâche à ses lèvres, Dante se rappelle qu'il a oublié de le mettre en garde.

Attention, c'est brûlant. J'aurais dû te prévenir. constate-t-il finalement, non sans amertume. Il se demande si Samaël cherche volontairement à confirmer pour lui toutes les raisons pour lesquelles ils n'étaient vraiment pas faits l'un pour l'autre : en se cherchant un homme, il ne lui serait jamais venu à l'idée de devenir sa mère. Pourtant, parfois, il se demande bien comment Samaël le percevait : était-il son égal, ou une pseudo-figure maternelle dont il avait besoin pour assouvir ses névroses ? Plus souvent que le contraire, Dante s'était retrouvé à s'occuper de Sam. Il lui bandait la main lorsqu'il se coupait distraitement avec un couteau trop aiguisé. Il lui massait le cou et les omoplates après une journée de tournage trop intense. Il lavait sa vaisselle sale, rangeait son linge propre et nettoyait son appartement lorsqu'il quittait le logis. Samaël devait probablement se dire que son appartement s'entretenait comme par magie. Aux yeux de Dante, c'est en tous les cas le genre de pensées dont il serait capable. Dante préfèrerait mourir que d'aspirer cette infâme poudre blanche. Il n'en connait pas les effets, au delà de ce qu'il a pu lire lors de ses recherches approfondies sur le sujet. Mais ce n'est pas pareil. Ce n'est jamais pareil. Alors il se contente de se dire que Samaël est devenu débile. Ça lui permet de ne pas avoir trop de regrets. Ça lui permet de panser la douleur lorsqu'il se surprend à penser à lui avec trop de tendresse et de langueur. Plus que tout, ça lui permet de se consoler lorsqu'il se demande pourquoi le texan n'a pas fait ce qu'il avait à faire pour le garder. Sam lui avait toujours laissé penser qu'il était la meilleure chose qui aurait jamais pu lui arriver. Il s'était tellement engagé à perpétuer cette illusion qu'il avait même cherché à lui demander sa main en mariage. Après le refus, toutes ces belles paroles auraient bien pu être prononcées dans le vent. Certes, le comédien est un peu sévère avec cet ex qui n'a jamais cessé de le harceler de messages vocaux, écrits, et de visites impromptues. Mais ce n'était jamais assez pour l'homme qui avait été blessé dans son amour par l'incapacité de l'autre à comprendre tous ses besoins.

Lorsqu'il tente de poursuivre leur conversation lamentable, tant bien que mal, Dante se heurte à l'attitude réfractaire de Samaël. Il y a encore quelques mois, l'ignorance du texan aurait pu lui sembler attendrissante. À l'heure actuelle, elle lui donne simplement envie de lui coller trois paires de baffes. Est-il ironique lorsqu'il affirme ne pas être venu pour lui pourrir la vie, ou est-il simplement trop con (et narcissique ?) pour réaliser que chaque pas de plus qu'il fait vers Dante est un pas qui le tire vers le fond alors que tout ce qu'il cherchait, c'était à désespérément se hisser hors du marécage brumeux que représente leur histoire à ses yeux ?

En tous les cas, Dante ne sait comment réagir. Se cramponnant à sa tasse pour masquer les frissons qui lui parcourent les doigts, du pouce à l'annulaire, en passant par l'index et le majeur, l'Américain tente de garder le contrôle sur ses émotions qui menacent d'explorer comme une bombe nucléaire. Son regard, figé vers le sol, n'est qu'une façade vitreuse derrière laquelle il se cache, le temps de réagir. La temps lui paraît long. Interminable. Le silence pèse comme du plomb. Il se sent oppressé dans sa propre demeure, et ça lui déplait. Alors, Dante fait la seule chose qui lui semble rationnelle : au lieu d'ouvrir le dialogue, il se renferme, comme à chaque fois. En ce qui le concerne, pour lui et Samaël, le temps aux paroles était terminé depuis bien longtemps à présent.

Ok, je pense que c'est bon pour aujourd'hui. déclare-t-il finalement, en se levant soudainement. S'enfuyant vers la cuisine, il part vider sa tasse dans l'évier, tout en continuant de s'expliquer, à un volume audible : Je te remercie pour ta visite et pour mes affaires, c'était très gentil de ta part. Et merci également d'avoir pris tant de temps pour le faire, petit con. Sur ce, je te souhaite une excellente fin de journée. Je te rendrai ta valise quand je n'en aurai plus besoin, ne t'en fais pas.

Si Samaël pensait pouvoir s'immiscer chez lui pour l'agresser, Dante ne se priverait pas de lui laisser savoir où il pouvait aller se fourrer son doigt, que ça lui plaise ou non. Il avait autre chose à faire que de gérer les crises paranoïaques et les caprices infantiles de son ex. Si Samaël cherchait la guerre, il n'avait qu'à regarder son propre reflet.




le mystère de l'absurde,
théâtre du somptueux.


comme
la main
de midas.





Samsam a écrit:
Dante est une adolescente qui ne veut plus de leur amour, sa froideur est leur pilule du lendemain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: Emotionally unstable. | Dante   Mer 19 Sep - 1:54
avatar
Sam Kavanagh

posts : 614
points : 768
feat : garrett hedlund.
crédits : Hermèssito.
Âge : 34
logement : old lady.


Il sait que c'est une chance pour lui d'être ici mais Sam ne peut s'empêcher de la ruiner. Comme tout ce qu'il touche, l'Irlandais fait un pas en avant pour en faire dix en arrière. C'est sa façon de fonctionner : celle de toucher du bout des doigts Dante pour mieux s'en éloigner et ne pouvoir s'en prendre qu'à lui-même. Il aurait pu se taire mais cela ne lui ressemble pas. On ne peut pas se résoudre au silence lorsqu'on est un volcan. Ses mots sont de la lave avec des explosifs cachés dedans qui sautent à tout moment. Sam avait prévu de laisser couler, de rendre à ses veines leur sang fait de sa consistance liquide et douce mais le regard de Dante embrase tout. Il inspire dans la douleur d'être rejeté et ressent dans l'air un poison qui anesthésie une fois de plus sa raison. Maël se cherche déjà des excuses pour normaliser son comportement. En regrettant demain, il n'aura qu'à se dire que le brun le regardait de haut, qu'il le méprisait derrière sa tasse de thé. Il pourra aussi accuser la coke. Tout sauf lui. Impossible de retourner l'arme contre lui-même alors qu'il s'est déjà brûlé les ailes.

Ce qui le dépasse, c'est cette retenue que détient Dante, cette force qu'il met en oeuvre pour ne pas déborder. Sam sent que le sol est en train de tanguer sous ses pieds. Et s'il ne ressentait réellement plus rien du tout ? S'il avait rencontré quelqu'un entre temps ? Son cerveau entre en panique, son regard cherche des indices. Pas de traces dans son cou. Pas de bague à son doigt (sauf l'imaginaire qu'il lui a mis quelques années plus tôt). Pas de photos. Rien. Les indices lui manquent mais la froideur de Dante est un élément déclencheur à toute sa colère. Maël voudrait pouvoir se gérer, parvenir à ne pas sombrer dans la faille qu'est son âme mais lorsqu'on est recouvert à 90% de crevasses, difficile de ne pas se prendre les pieds sur les pièges de son propre corps. Sam déglutit difficilement et pose sa tasse de thé sur la table basse. Est-ce lui où ses os sont en train de se refermer sur ses organes ? Ses poumons sont sur le point de se percer. Son bassin aussi lui fait un mal de chien. Et sa tête est en train de rendre son cerveau à l'étroit sous son crâne.

C'est bon pour aujourd'hui ? Non, c'est pas bon justement. L'incompréhension et la douleur écorchent ses mots. Après l'avoir insulté et supplié des milliers de fois de le récupérer, il sent qu'une nouvelle porte s'ouvre en lui : celle des questions. Si jusqu'ici Maël s'était contenté de tout laisser tourner autour de sa douleur, son cerveau accepte aujourd'hui d'aller plus loin, de chercher des réponses sans employer encore une fois les bonnes techniques ou les bons termes. S'il se lève, c'est pour avoir plus de poids, essayer d'effrayer Dante alors qu'il ne lui lèverait jamais la main dessus. Il se sent plus puissant pourtant, ça marche. C'est certain. Des postillons quittent ses lèvres et ses yeux donnent l'impression de vouloir quitter ses orbites alors que ce sont juste ses larmes de rage qu'il retient et qui tapent là derrière. C'est toujours comme ça que les choses se passent après tout non ? Dante décide de venir passer la nuit chez Sam, Sam se plie. Dante décide de larguer Sam par sms sans la moindre explication et ce connard de Sam doit accepter en fermant sa gueule. Sam ramène les affaires de Dante et Dante le fout à la porte. Un rire mesquin quitte ses lèvres pour l'aider à tenir le choc face à ce qui le traverse, à l'ampleur des dégâts qu'a causé la fin de leur relation. Si Maël avait mis fin à cette histoire lui-même lorsqu'il le désirait, les choses seraient différentes. Il a le rôle facile, finalement, celui de l'homme abandonné tandis que Dante doit dealer avec celui du type ayant pris la fuite. Qu'importe ses raisons, cela fait de lui un coupable, un être indigne.

Comment tu veux que je te foute la paix si tu ne dis jamais rien ? Elle est là, la réelle question, celle dont il aurait du accoucher depuis longtemps. Les démons les plus douloureux sont ceux que l'on peine le plus à exorciser. Sam le réalise lorsque ses lèvres lui piquent d'avoir balancé cette haine du fond de sa gorge. Tu me ruines Dante. Je suis pas devin putain. Tu fais chier. Son prénom a une consonance étrange lorsque Sam se dirige vers la porte d'entrée pour récupérer la valise et la poser sur le canapé. Il l'ouvre, prêt à balancer les habits dans la pièce et partir de façon théâtrale et exagérée comme tout le reste de sa vie, l'essence même de son existence. Les yeux rouges, le coeur au bord des lèvres, Sam s'efforce de se concentrer sur sa respiration pour ne pas aller plus loin, mettre à feu et à sang cet appartement qu'il ne supporte pas sous prétexte d'abriter l'unique être pour qui il se pensait prêt à tout, même à au mariage. Son refus le hante encore lorsqu'il lève les yeux au plafond pour inspirer un air frais qui n'existe pas. L'atmosphère est si épaisse qu'elle devient rugueuse.
A partir de quel moment doit-on baisser les bras ?
Une hémorragie ne se guérit pas toute seule, lécher ses plaies superficielles lorsque les plus profondes sont laissées à leur agonie ne fait qu'empirer les choses. Dieu qu'il lui en veut, sa vue est floue, son âme embrouillée.



Toutes mes déclarations d'amour
arrivent soit trop tôt, soit trop tard.
Parce que je ne dis je t'aime que
pour séduire ou rassurer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t117-sam-kavanagh-garrett-hedlu
MessageSujet : Re: Emotionally unstable. | Dante   Mar 9 Oct - 4:29
En ligne
avatar
Dante Baldassare
questions in a
world of blue

posts : 142
points : 219
feat : ferran calderon
crédits : vainglorious
logement : The homewrecker, dans un des plus petits appartements, ceux au prix encore (relativement) abordable.
sexy santa

Comme d'habitude, Samaël est incapable de rester quelque part plus de cinq minutes sans trouver une façon de tout gâcher. Que ce soit en débarquant en retard à un mariage, les yeux complètement injectés de sang et les veines complètement irriguées de coke, en frappant à sa porte en plein milieu d'un rendez-vous galant ou là, aujourd'hui, en l'agressant pour aucune raison, il creuse lui même la tombe dans laquelle il cherche désespérément à les pousser tous les deux, alors que tout ce que Dante avait toujours voulu, c'était qu'il prenne la main qu'il lui tendait, tout simplement, et qu'il la saisisse pour se sortir du gouffre dans lequel il s'était terré. Depuis, il avait cessé de tendre sa main au vide et s'était contenté de se hisser, seul, hors du trou. Mais Samaël tient bon. Une main autour de l'ourlet de son pantalon, il le tient par le cheville, le menaçant d'une chute qui se voudrait fatale si le Baldassare se retrouvait à retomber au fond de son piège.

Mais la patience de Dante n'est plus ce qu'elle était par le passé. Stoïque, il l'est toujours, certes. Malgré tout, il ne s'autorise plus à subir le caractère de Maël en silence, sans broncher, en restant là, dans un silence des plus mélancoliques et réfléchis, à se questionner sur le sens même de sa vie. Si son naturel italien s'était retrouvé profondément enfoui au fond de ses entrailles, il l'avait retrouvé au détour d'une indignation, un jour, et ce naturel n'était jamais reparti depuis. Ce jour là, Samaël avait été particulièrement cru et désobligeant, tant et si bien que Dante avait été incapable de se retenir de lui donner sa première gifle de sa vie. Si cela ne s'est jamais reproduit depuis, la poigne ferme avec laquelle il s'est promis de gérer leur relation n'a pas disparue, ce qui explique pourquoi il est si expéditif à essayer de le chasser de chez lui. Lorsque Samaël se lève, le rythme cardiaque de Dante s'accélère. Il n'est cependant pas animé par la frayeur, mais bien par la colère. Il ne l'avouerait jamais à personne, certainement pas à lui-même, mais il en voudra toujours énormément à Samaël de lui avoir coûté la plus belle histoire d'amour de sa vie. Il avait toujours su que c'était lui, l'homme pour lui. Celui qu'il aimerait, jusqu'à en perdre le souffle, jusqu'à en mourir, s'il le fallait, et ce, jusqu'à son dernier souffle. Il l'avait toujours su, dès lors que Samaël lui avait effleuré la main pour la première fois, un geste si innocent, et pourtant, si chargé de sens, sans perdre de sa douceur, qu'il n'y aurait pas d'autre homme pour lui. Il l'avait dans la peau depuis ce premier contact fatidique. Samaël, c'est comme la deuxième moitié de son essence même. Le yang à son yin, la lune à son soleil, l'hiver à son été. Sans lui, son existence même ne fait plus sens ; sans lui, le voilà condamné à une vie absurde, sans finalité certaine et sans aucune possibilité d'un jour retrouver le bonheur. Et si Dante n'ose pas se l'avouer, ne serait-ce qu'à voix basse, il ne peut pas s'empêcher de ressentir de la rancoeur envers cet homme à l'égoïsme sur-dimensionné. Pendant des mois, il s'était même demandé s'il n'était pas la cause du problème : s'il n'était pas assez clair, assez ferme, ou tout simplement, assez. Il s'était mis à se remettre en question. À se demander s'il n'était peut être pas trop mince au goût de Dante. S'il n'était pas assez beau, ou trop cultivé pour lui. Peut être étais-ce l'âge ? Peut être avait-il fini par passer sa date d'expiration ? Ou alors, peut être que sexuellement, il ne parvenait pas à le satisfaire correctement ? Ça aussi, ça avait tôt fait de le complexer : l'idée de ne jamais pouvoir être à la hauteur d'un homme qui était littéralement payé pour faire passer un bon quart d'heure à son ou sa partenaire du jour, et à tous leurs spectateurs. Pendant longtemps, il s'était demandé où il avait faillé, où il n'avait pas su être suffisant. Car quelle autre explication pouvait-il y avoir à l'egoisme de Samaël ? Pourquoi donc se serait-il permis de gâcher sa vie s'il le respectait et s'il le valorisait, ne serait-ce qu'un minimum ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Tellement perdu dans ses pensées, Dante ne se rend même pas compte qu'il parle à voix haute. Ses ruminations le happent, l'absorbant dans cette spirale infernale qu'il déteste tant et qui le dévore toujours un peu plus à chaque fois qu'il fait l'erreur de retomber dedans. Pourquoi est-ce que tu te sens toujours obligé de tout gâcher ? Pourquoi es-tu incapable d'être normal, ne serait-ce qu'une fois dans ta vie, le temps d'une heure, ou même, juste, cinq minutes ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu n'es qu'une épave, pourquoi est-ce que tu me tourmentes, pourquoi, pourquoi, pourquoi, bordel de putain de merde, pourquoi est-ce que tu me tues à petit feu ? Et étrangement, Samaël lui explique pourquoi. Pas le pourquoi qu'il recherchait, mais son pourquoi à lui. Un pourquoi dont il avait déjà conscience, tout simplement parce que Dante s'était bien expliqué d'un jour lui répondre parce que. Il se surprend parfois à se demander s'il avait pris la bonne décision, avant de se rappeler que Samaël serait incapable de changer, malgré tous ses efforts et malgré toutes ses supplications. Alors il se tait et il se contente de laisser les choses se faire, en silence. Il vit déjà avec la culpabilité de ne pas avoir su sauver sa mère. Si Samaël désire s'auto-détruire, ce serait sans lui. Dante ne survivrait pas à un deuxième échec de la sorte. Dante n'y survivrait tout simplement pas.

Samaël continue de s'énerver, et Dante pourrait facilement retomber dans le piège d'antan, celui de riposter, de rétorquer, d'hausser le ton de sa voix et de lancer des attaques dans le vent, aveuglément, sans se rendre compte qu'il a été heurté de partout par celles de Samaël. Dante n'est plus comme ça. Il se contente de dresser son bouclier, et d'attendre que la douche de flèches enflammées ne se termine, comme elle le fait, à chaque fois. Il aimerait pourtant pouvoir lui dire que s'il sortait sa tête de son propre cul quelques fois, il parviendrait peut être à comprendre de lui même toutes les erreurs qu'il avait pu faire dans leur histoire. Sam continue sur sa lancée, le tenant responsable pour tous les maux du monde, comme à chaque fois, parce que c'est plus simple de lui reprocher, à lui, d'être un lâche, que d'accepter qu'il a un sérieux problème et qu'il se noie littéralement dans l'océan de ses addictions. Dante ne dit rien. Il se contente de fusiller l'homme pour qui il aurait auparavant tout sacrifié du regard, sans dire un mot de plus. Face à ce silence, Sam s'agite d'avantage. Le voilà qui brandit la valise. Dante s'attend presque qu'il sorte un briquet de sa poche pour y mettre le feu, avant de l'enfermer dans cet appartement, les condamnant à brûler, éternellement, l'un en face de l'autre. Mais Dante ne rentre pas dans petit jeu infantile et mesquin. Il avait depuis longtemps appris à prendre du recul et de la distance sur la situation, et c'est ce qu'il comptait faire jusqu'au bout, quitte à y perdre la vie. Il laisse Samaël méditer quelques secondes qui lui semblent interminables sur le sort de la valise, avant de se décider à intervenir de nouveau. Je te le dis, maintenant. déclare-t-il d'un ton plus froid que la Sibérie. Glaciaux, ses yeux bleus se plantent dans le regard de Sam, un gage du fait qu'il ne plaisante absolument pas. Autrefois, Dante se serait contenté de murmurer quelques vaines protestations en regardant les semelles de ses chaussures. Ce Dante là était mort, Samaël l'ayant tué. N'en restent que des vagues souvenirs, des échos lointains et oubliés au plus profond du nouveau Dante d'acier qui a émergé des cendres de cet amour raté. Il est temps de partir, Samaël. Pas Sam. Pas Maël. Juste Samaël. Parce que tant qu'il n'apprenait pas à chercher les réponses qu'il cherchait correctement, il pourrait continuer de les chercher longtemps. Dante, ce n'est pas son problème. Il avait passé une vie entière à essayer d'être parfait, et au final, cela ne lui avait rien apporté de plus qu'une mère morte, des ailes brûlées et un ex drogué. Depuis, il a décidé d'envoyer la vie et les valeurs chrétiennes paître. S'il veut être mesquin et rancunier, il se permettrait de l'être. Et avec Samaël, il est certain qu'il ne veut plus avoir le moindre effort à faire. Ses yeux regardent la porte d'entrée avec insistance, l'invitant, non, lui ordonnant, à le laisser retourner à ses occupations. Le concernant, cette visite est terminée, et si cela déplaît à Samaël, ce n'est certainement pas son problème.




le mystère de l'absurde,
théâtre du somptueux.


comme
la main
de midas.





Samsam a écrit:
Dante est une adolescente qui ne veut plus de leur amour, sa froideur est leur pilule du lendemain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: Emotionally unstable. | Dante   

Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Les miens
» Le pasteur Kutino vient de faire une crise d'AVC qui aurait provoqué une paralysie partielle!
» "Discussion autour de la Divine Comédie avec Dante"

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
BETON ARME :: LA VIE, LA VRAIE :: The Homewrecker :: Les Appartements-
Sauter vers: