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 lost it to trying (sam)

MessageSujet : lost it to trying (sam)   Mer 5 Sep - 21:39
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Jephté Kavanagh
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Alors que le producteur du film sur lequel ils sont en train de bosser ne cesse de faire les cent pas d’un bout à l’autre du plateau, Jephté essaie de ne pas se laisser contaminer par l’agacement général qui s’est emparé de toute personne actuellement présente dans le studio. A ses poings serrés et son visage tordu par la colère, le caméraman peut facilement deviner que Jorden est à deux doigts de mettre le plateau à sac d’énervement. Il ne le juge pas parce qu’il serait certainement dans le même état que lui si l’acteur principal figurant dans absolument toutes les scènes pour lesquelles ils avaient bloqué la journée décidait de ne pas se pointer. Personne n’aime avoir à payer ses employés pour se tourner les pouces et autant dire qu’ils sont un paquet à s’être déplacé pour rien, à attendre les bras croisés sur leur poitrine que la grande star fasse son apparition en poussant des soupirs à outrance. Si Sam n’a jamais été à cheval sur la ponctualité, d’ordinaire, il essaie au moins de faire en sorte de ne pas dépasser la demi-heure académique qu’il s’octroie la plupart du temps. Pas aujourd’hui. Et ça ne peut vouloir dire qu’une chose : il est forcément retenu ailleurs. Jephté n’a pas à chercher bien loin pour se faire une idée de la coupable en question. La cocaïne, sa partenaire fétiche, celle à qui il ne posera jamais de lapin, la seule à pouvoir le détourner à ce point de ses obligations professionnelles. Passablement irrité par la tension omniprésente qui électrise l’atmosphère, le jeune finit par se lever de sa chaise en toile et enfiler sa veste hors de prix. Je vais le chercher.Cette décision de sa part était si attendue qu'elle est presque acclamée par une standing ovation de la part de l'équipe qui n'ignore pas les liens qui le nouent à Sam.

Jephté n’a pas besoin d’arpenter le secteur bien longtemps avant de repérer la silhouette de son frère, étalée à même le sol. C’est qu’il les connaît par cœur à force, ces ruelles dépravées où le grand Kavanagh a pour habitude de venir se ravitailler. Le brun ne cherche même pas à trouver une place libre pour se garer, se contente de laisser sa voiture mordre le trottoir et de tirer le frein à main avec violence avant de s’extirper du véhicule et foncer comme un beau diable sur un Sam à moitié conscient. Ca fait trois heures qu’on t’attend. Trois heures putain Maël ! Malgré tous les efforts déployés pour essayer de garder son calme, le voilà une fois de plus en train de perdre ses moyens. Il le sait pourtant, que l’agresser ne servira à rien, ou tout au plus à empirer les choses mais il ne peut pas s'en empêcher. Il s’était promis, pourtant, de ne plus s’inquiéter pour Sam, de le laisser mener sa vie comme il l’entend mais il est décidément incapable de regarder ailleurs alors que son frère est en train de se suicider à petit feu. Excédé, le jeune passe une main dans ses cheveux en pagaille et se baisse au niveau de son aîné pour attraper son avant-bras sur lequel il exerce une légère traction, juste de quoi l’inciter à se mettre debout. Bien sûr qu’il a remarqué que plusieurs passants se sont déjà figés à distance autour d’eux, le regard rivé dans leur direction. Jeph sait pas trop si c’est à cause de l’état de larve humaine du plus vieux ou alors parce que sa veste holographique monopolise toute la lumière du soleil et éblouit tout le quartier mais ça l’empêche pas de leur aboyer de passer leur chemin. Ca le dérange pas d’être au centre de l’attention, c’est pas ça, mais des groupies des tragédies prêtent à dégainer leurs portables à la moindre trace de drame est la dernière chose dont ils ont besoin. Ca le rend déjà assez malade comme ça de savoir que les failles infectées par les microbes du vice de son frère sont maintenant d’ordre public. Allez, lève- toi, tout le monde nous regarde. Il se doute bien que la vedette du sexe n’est pas vraiment en état de performer et que Jorden devra encore patienter un peu mais c’est le dernier de ses soucis. Actuellement, sa motivation principale est surtout d'emmener Sam loin de ce trou à rats, là où il pourra redescendre en paix.


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MessageSujet : Re: lost it to trying (sam)   Dim 9 Sep - 15:04
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Sam Kavanagh
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Il s'est réveillé au coeur d'un jour sombre où son cerveau n'est plus capable de raisonner son âme. Une matinée froide à errer dans son lit en sachant qu'on l'attend ailleurs. Sam jubile de savoir qu'on puisse le désirer, faire les cent pas sans savoir s'il viendra ou non. Etre le centre de l'attention dans son absence lui donne cette puissance qui le pousse à déconner. Il s'est tout juste sapé d'un jogging informe et d'une chemise luxueuse pour descendre s'échouer dans les squats les plus crasseux du Bronx. Rien ne lui fait peur, même pas les regards vides des sdf qui le maudissent de pouvoir se droguer sans avoir peur de finir en rade. Il est suffisamment friqué pour ne manquer de rien, surtout pas de came. Ses joues sont creusées. Il n'a rien rien avalé depuis la veille si ce n'est de la coke, directement enfoncé dans les narines et du vide qu'il avale à chaque fois qu'il se tourne dans ses draps froids. Il pourrait se rendre chez Bart, chercher ce dont il a besoin sans même en connaître le nom et en repartir, revitalisé, apaisé.
La facilité lui refile la nausée. Sam ne désire pas s'extasier pour le regard d'un autre. Une part de lui, sauvage, indestructible, subsiste même dans l'horreur de ses addictions.

Trois. Le nombre d'heures qu'il a perdu à partir du moment où il quittait son appartement jusqu'à celui où Jephté tente de le ramasser. Sam fait le double de son poids, n'y met pas du sien lorsque son frère lui fait part de sa honte et de sa colère. Dis-lui d'aller se faire foutre, j'veux plus faire son film. Vision déformée par la came. Sam passe souvent par ces moments lugubres où plus rien ne lui fait envie, même pas l'idée de se faire une blinde en baisant des femmes seulement capable de gémir comme lui le fait. Sa main se pose sur la nuque de son frère pour fixer son regard, nager dans la grandeur de son autorité qui ne fait pas le poids face à son état. J'ai mal à la jambe. Qu'il marmonne en tentant vainement de se redresser. Son regard s'échoue sur ses chaussures blanches où un filet de sang coule de sa cuisse. Son pantalon est déchiré ; il ne se souvient même plus de comment il s'est fait ça et grimace un peu. La douleur existe, prend en puissance au fil des minutes où Sam réalise qu'il s'est fait mal, probablement en tombant dans un coin. C'est cet élan de vérité qui parvient à le porter et le redresser, toujours attaché au corps de son frère qu'il tient comme bouée de sauvetage.

Arrête de t'inquiéter, ça va. Sam ne réalise pas que ses yeux sont rouges, son teint gris. Son corps aussi peine à tenir debout mais l'élan que lui donne son frère lui fait croire qu'il peut marcher seul, qu'il n'est pas si atteint dans sa démence. Le plus vieux boitille jusque dans la voiture, côté passager, lâche un soupir de soulagement à ne plus avoir le rebord du trottoir en guise d'oreiller. Vachement belle ta veste ... Ses doigts caressent le tissu. Qu'importe que Jephté soit son frère, Sam ne peut s'empêcher d'user de son charme pour tenter de l'avoir dans sa poche.



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MessageSujet : Re: lost it to trying (sam)   Dim 9 Sep - 20:56
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Dis-lui d'aller se faire foutre, j'veux plus faire son film.
Si Jephté attrape son téléphone, ce n’est bien évidemment pas pour envoyer chier Jorden mais bien pour le prévenir qu’ils prennent tous les deux leur après-midi. Il peut facilement s’imaginer le producteur hors de lui maudire les frères Kavanagh, particulièrement le plus jeune pour s’être laissé une fois de plus berner par les beaux airs de son aîné mais le brun n'en a rien à faire. Il est hors de question pour lui de laisser Sam tout seul dans cet état, même si ça signifie donner encore une fois gain de cause à son frangin en restant à ses côtés. De toute façon, le patron finit toujours par lui pardonner ses bavures, à tous les coups. Quand on détient l’un des acteurs porno dont le nom est l’un des plus recherchés mondialement, on ne le laisse pas filer pour un simple manque de respect. Silencieux, Jeph escorte Sam jusqu’à son véhicule en lui prêtant son épaule pour lui éviter de se vautrer lamentablement au sol à la vue de tous. S’il ne pipe pas mot, c’est uniquement parce qu’il n’a pas envie que le grand aille s’imaginer que l’ardoise est effacée alors que Jephté lui en veut plus que jamais. La preuve, il ne réagit même pas aux compliments factices de son frère concernant sa veste qui l'auraient fait sourire, en temps normal. Certainement parce qu'il sait qu'ils sont proférés uniquement dans le but de lui frotter la manche et qu'il n'est pas d'humeur à se laisser amadouer si facilement. Le brun se contente donc de lui offrir un regard appuyé qui en dit long sur sa pensée. T’es vraiment pas possible, Maël. C’est ce que ses yeux lui disent alors qu’il se penche par-dessus le corps du blond pour ouvrir la boite à gants et en sortir sa trousse de secours. Hypocondriaque notoire, celle-ci est presque aussi bien équipée qu’une pharmacie. Il a beau lui faire la tête, c’est pas une raison valable pour le laisser se vider de son sang; quand même. Allez, fais-moi voir. Sans attendre qu’il s’exécute, le jeune sort le nécessaire et commence déjà à découper le pantalon aux ciseaux pour permettre à la plaie de respirer.

Les paroles pseudo-rassurantes de son aîné lui soutire un rire nerveux. Ca va. Vraiment ? C’est pas l’impression qu’il lui donne, pourtant. Jeph a juste la sensation de côtoyer une coquille vide, un vaisseau de chair inhabité mais à part ça, ça va ouais. Alors pourquoi ça a pas l’air d’aller ? Il prend une grande inspiration et tend le bras pour abaisser le miroir et l’inviter à se contempler dedans. Je veux dire, regarde-toi, t’es plus que l’ombre de toi-même. Concentré sur sa tâche, il continue de nettoyer la plaie en prenant soin de ne jamais croiser les yeux rieurs d’un Sam qui se fiche de tout, qui doit certainement trouver ça absurde de le voir se ronger les sangs à ce point. Tu sais, ça m’amuse pas plus que toi de jouer les frères moralisateurs mais j’ai pas envie qu’on m’appelle un beau jour pour m’annoncer qu’on t’a retrouvé crevé dans une de ces ruelles crasseuses, tu peux le comprendre ça ? Et le revoilà à s’adresser au grand Kavanagh comme il parlerait à un gamin de quatre ans. C’est qu’il a tendance à oublier, le jeune, que son frère est défoncé, pas con. Il faut vraiment être aveugle pour ne pas comprendre que ça le mine de voir Sam marcher sur le fil du rasoir sans rien pouvoir faire pour l’empêcher de sombrer dans le vide abyssal de sa débauche. Il a beau avoir cherché comment s'en défaire, y a aucun remède à cette inquiétude qui lui tord les boyaux à chaque fois qu’il quitte l'acteur en sachant pertinemment bien où sa carcasse va aller s’échouer. Pour la première fois depuis qu’ils ont embarqué dans sa vieille chevrolet, le brun lève les yeux pour les ancrer dans ceux du plus vieux. Sérieusement, c’est quand tu vas arrêter ces conneries ? J’ai besoin de mon frère. Et pour être sûr que ses mots soient bien entendus, il pose une main à l’arrière du crâne du plus âgé pour l’obliger à le regard sans détourner la tête et faire mine de ne rien avoir entendu. Il insiste alors une seconde fois pour être certain que ses paroles se fraient un chemin jusqu’à son cerveau anesthésié et pourquoi pas, lui donner l’électrochoc qui le ramènera peut-être à la raison. T’entends ? J’ai besoin de toi. Il s’en fiche pas mal, Jephté, de passer pour un de ces mélodramatiques qui dégueulent ses sentiments à tout va. D'ailleurs, Sam est bien le seul avec qui il s’autorise ce genre de débordement émotionnel sans même chercher à les canaliser.


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MessageSujet : Re: lost it to trying (sam)   Mar 11 Sep - 1:15
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Sam Kavanagh
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Sa vie se transforme en fête foraine où les attractions ne ménagent pas son coeur. La veille il avait pourtant l'impression d'être heureux, plus vivant que jamais puis ce matin, il était si bas dans l'estime de lui-même que la coke ne suffit pas à le relever de ce coup que vient de lui mettre sa confiance. Son propre corps le trahit, tente vainement de lui faire comprendre qu'il faut des moments de pause, des journées à ne rien faire si ce n'est traîner dans un lit, lire un bouquin, regarder la télévision et manger des aliments sains. Tout en lui réclame la paix où seule la guerre subsiste. Une bataille qui prend en puissance à mesure qu'il tente de la faire taire, une histoire interminable qu'il revit chaque jour en se réveillant sur une terre désolée qu'il a lui-même brûlé. Sam est une tribu qui aurait elle-même déracinée la forêt qui l'abritait, un orque qui aurait vidé tous les océans afin d'agoniser au milieu des coquillages. Il est son unique incendie, sa seule forme de destruction tandis qu'il cherche le coupable là où il n'existe pas.
Il est toujours difficile pour quelqu'un d'accepter que le mal est au fond de lui quand tout autour semble avoir le visage du plus beau fautif.
Rares sont ceux à avoir le courage de s'amputer d'une part d'eux.

Les ciseaux le font grimacer mais si Sam ne dit rien, c'est qu'au fond de lui trône encore des restes de son rôle de grand-frère. Pas celui qu'il est maintenant mais celui que Jephté a connu, encore suffisamment sobre pour prendre soin de lui, le défendre lorsqu'un connard le traitait à l'école. Ce frère là, qu'il arrive à Sam de chérir dans son agonie mais dont il sent chaque jour inévitablement les battements de son coeur s'espacer. Bientôt, il est certain qu'un deuil s'opérera en lui. Ses yeux seront les plaques du cercueil qu'est son corps. Jeph pourra se recueillir au nom de ce frère qui n'existe plus.

Un voile sombre se pose sur son regard.

Si j'avais besoin d'une mère, je serais resté au Texas tu sais. Cassant, Maël a besoin d'avoir le dessus, de former autour de lui une carapace impénétrable qui dissimule comme un chef ses failles et ses douleurs. L'addiction, il ne fait plus mine de la contrôler. Ce qu'il cache à Jeph pourtant, c'est cette réalité accablante : il ne pense plus savoir s'en séparer un jour, elle aura sa mort à moins que ne ce soit sa cousine avec la même terminaison en Ine et au prénom pourtant si avenant. Ses doigts derrière son crâne, il l'oblige à regarder l'image d'un frère voyant s'éloigner chaque jour son unique ami ; elle est d'une tristesse déroutante. Le coeur de Sam se crispe alors qu'il lâche le premier le regard du plus jeune pour se focaliser sur le poste éteint. Pas de musique pour combler son manque de réaction.

Si la détresse devait avoir un visage il arborerait celui d'un homme mince portant une veste holographique et les traits de Jephté.

Ses instincts de violence se calment alors que Sam arrache sa tête de l'emprise de son frère pour retrouver de son aplomb. Ramène-moi chez moi, s'il te plaît. Rare formule de politesse qu'il utilise pour compenser son manque de promesse. Si Maël est un manipulateur invétéré, il lui est impossible de mentir à son frère. Lui donner sa parole concernant la came, ce serait creuser soi-même un fossé entre eux, déchirer le maigre lien d'affection qui les attache l'un à l'autre. Déterminé à chasser le malaise, Sam lui arrache des doigts les ciseaux et attache sa ceinture. Même défoncé jusqu'à la moelle il y a des réflexes d'aîné qui ne disparaissent pas.



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MessageSujet : Re: lost it to trying (sam)   Ven 14 Sep - 22:15
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Si Jephté s’était préparé à se heurter à un mur de béton en tirant sur la corde sensible de son aîné, jamais il ne serait attendu à faire face à un mur d’enceinte de prison, trop haut pour être escaladé sans se faire mal et surmonté de barbelés électriques qui vous électrocuteraient n’importe quel malheureux qui oserait s’y frotter, ce qui ne manque pas d’arriver. Les mots haute tension de Sam court-circuite la discussion, paralysent Jeph qui ne trouve plus quoi répondre. Un grésillement puis plus rien. Bien sûr que ça l’attriste de voir Sam réagir de la sorte, d’ignorer ses supplications comme s’il n’était pas une raison suffisante pour lui donner au moins l’envie d’essayer de s’en sortir, quitte à échouer. Le jeune Kavanagh est maintenant sûr d’une chose : quelle que soit l’issue que tout ça prendra, l’un des deux sera irremédiablement condamné à finir en manque. Alors que celui de Sam sera psychologique, que chaque cellule de son corps réclamera sa dose pendant quelques semaines tout au plus, celui de Jephté sera affectif et un peu plus définitif, parce que son idiot de frère aura fini par se retrouver dans une urne ou entre quatre planches de bois. Le brun a du mal à comprendre ce qui le pousse à s’autodétruire comme ça parce que ça relève de l’impossible pour lui d’admettre que Sam puisse se complaire dans ce train de vie-là, encore plus de s’avouer que personne ne l’a forcé et que les premiers rails qui l’avaient mené tout droit à cette satanée addiction étaient parfaitement délibérés de sa part. Même s’il le voulait, il ne pourrait pas se mettre à sa place pour la simple et bonne raison qu’aucune particule plus nocive que l’oxygène n’a jamais visité ses narines. Il se contente simplement de mettre le contact et de jeter un dernier regard à Sam. S’il se trouve juste à côté de lui, Jephté a pourtant l’impression de l’avoir définitivement perdu. Ca fait tellement longtemps qu’il est porté disparu que son affaire aurait déjà dû être classée depuis un bail si le brun ne se fatiguait pas à essayer désespérément de le ramener.

Les yeux rivés sur la route qui les rapproche de leur immeuble, Jephté catalogue silencieusement tous les mobiles qui auraient pu pousser son aîné dans les bras de la belle blanche. Il sait qu’il devrait passer à autre chose mais ça le dépasse, il a jamais été habitué à ce qu’on lui refuse quelque chose. Et comme il ressortait toujours avec le paquet de bonbons convoités étant enfant, il entend bien ne pas laisser Sam s’en sortir sans investiguer un tant soit peu. C’est le boulot, c’est ça ? Le problème avec Sam, c’est qu’il est aussi opaque que ces vitres teintées qui ne laissent absolument rien transparaître. Il parle que très rarement de lui ou de ce qui le taraude et ça ne laisse pas d’autres options à Jephté que celle de procéder par élimination. Le blond n’a jamais fait partie de ces gens qui s’extasient devant leur boulot, alors peut-être qu’il a tout simplement besoin de cette merde pour continuer à tenir le coup, comme un peu près tous les acteurs réguliers que Jorden engage. Il suffit de voir le nombre de kilos de cocaïne qui circulent sous la veste dans les coulisses pour comprendre que succomber à ce fléau est certainement une nécessité pour tourner les scènes parfois douteuses qu’on les incite à accepter pour quelques centaines de dollars en plus. On est pas obligés de continuer. On est pas des tocards, on trouvera bien autre chose. Il se sent capable, le gosse, à tout recommencer à zéro, exactement comme ils l’avaient fait tous les deux à leur arrivée dans le Bronx. Bien sûr que ça sera plus difficile pour Maël de se dégoter un emploi qui paie aussi bien, ou même un emploi tout court maintenant qu’on ne peut plus voir son visage sans l’associer à ses attributs mais si ça ne tient qu’à ça, Jephté est prêt à trimmer pour deux plutôt que de continuer à regarder son frère dilapider des sommes astronomiques d’argent dans la poudreuse. Une fois à l’arrêt devant le Old Lady, le brun se tourne finalement vers son aîné. Il a pas franchement envie de l’abandonner sur cette note négative, c’est bien pour ça qu’il se décide à rendre les armes pour aujourd’hui. C’est quand la dernière fois que t’as avalé quelque chose de consistant ? Question rhétorique. Il sait pertinemment bien que son frère a cette fâcheuse tendance de se nourrir uniquement quand il y pense. On peut casser la croûte chez moi si ça te dit, j’ai des restes au frigo. De repas à moins de 200 calories chacun, principalement, mais il a bien prévu de lui faire cuire le steak qu’il avait acheté pour Divine s’il venait à accepter. Il en saura rien.


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MessageSujet : Re: lost it to trying (sam)   Mer 19 Sep - 0:21
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Sam Kavanagh
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Il se trouve ignoble de faire subir à son frère ses excès et de l'inquiéter durant ses heures de défonce. Sam voudrait pouvoir disparaître une bonne fois pour toutes, couper le cordon pour le laisser respirer mais vivre sans Jephté le rendrait encore plus malheureux qu'il ne l'est déjà. Détruire la personne que l'on aime le plus, un paradoxe ce qu'il ajoute à sa longue liste qui lui pèse déjà sur la conscience. Ne pas se comprendre est une histoire difficile qu'il n'acceptera certainement jamais. Le moteur de la voiture gronde et lui fait mal à la tête. Sa main se pose sur son front alors qu'il ferme les paupières. Ses yeux se teintent d'une couleur rosée, celle des larmes retenues et de la fatigue qu'il accumule de ne pas savoir tenir le cap. La drogue le rend con, met sans cesse son corps en alerte. Il vit dans la crainte de ne pas avoir sa nouvelle dose et dans celle de ne plus savoir résister à plus fort. Son addiction est un monstre insatiable dont il sent la présence en lui à tout moment. Même là, alors qu'il vient de passer une journée entière à la ramasse, il se sent déjà prêt à s'envoyer une nouvelle fois en l'air. Sa cage thoracique se soulève doucement mais là-dessous, son coeur fait la révolution. Les paroles de Jeph lui donnent envie de chialer parce qu'il sait que même en se pliant en dix, son frère ne parviendrait jamais à le faire décrocher. Parfois, Sam se dit qu'il est simplement né comme ça et que toutes les molécules existantes ne suffiront jamais à lui enlever cette part de lui, si vide, si destructrice, si écorchée vive dans son besoin de se sentir vivante quitte à effleurer la mort pour parvenir à ses fins. Son coude se pose sur le rebord de la la fenêtre qu'il descend pour mieux respirer. La gorge nouée, les lignes blanches de la route lui donnent la nausée lorsqu'il ouvre les fixe trop longtemps. Elles lui rappellent la coke, celle qui les ruine tous les deux.

Le boulot ? Il pense à Jorden, à son appartement, à tout ce qu'ils ont construit ensemble. Maël a envie de lui dire : tu sais, si j'avais été comptable ou même photographe, ce serait la même, je suis né pour me briser, pour m'éparpiller en mille morceaux parce qu'il n'y a qu'en étant partout à la fois que je parviens à me supporter. Il assimile difficilement qui il est, tout ce qu'il représente, tout ce qu'il a gâché. A petite dose, c'est le seul moyen qu'il a trouvé de se digérer, de s'accepter.

Je suis bon qu'à ça, Jeph, tu le sais.
L'un des meilleurs, et ce ne sont pas seulement les magazines à la con qui le disent. En plus de l'expérience, Maël dégage ce quelque chose qui attire l'oeil, ce petit plus qui le tue autant qu'il le met en lumière. Je veux pas me retrouver à faire un travail qui en plus de ne pas me plaire ne m'apportera rien. Il inspire, les lèvres tremblantes. Ses épaules deviennent lourdes. Il s'affaisse sur son siège comme à chaque fois qu'il réalise qu'il est en train de merder et qu'il ne pourra jamais rien contre ça. Sa voix reste malgré tout grave et consistante. Hors de question de s'effacer totalement et effrayer son frère au passage. A l'arrêt sur le parking du old lady, il se détache et hausse les épaules. En silence, Sam accepte le repas même s'il certain qu'à peine rentré chez lui, celui-ci terminera au fond des toilettes.

Ce n'est qu'une fois dans l'appartement de son frère que Sam parvient à reprendre un peu du poil de la bête. Dans son regard, on peut lire cette folie à longueur de temps, ce surplus d'énergie qui ne demande qu'à sortir, qu'importe sa forme. Pourquoi tu te rends malade pour moi ? J'ai jamais rien fait pour toi, je suis un frère tellement merdique putain. Il jure contre lui en se laissant tomber sur son minuscule canapé d'où le chien fuit en le voyant débarquer. Le chihuahua blanc n'a jamais supporté la présence de l'acteur qui ne s'offusque même plus des grognements de la bête. Grelottant dans ses vêtements, Sam s'allonge sur le côté et fixe de ses yeux humides la télé éteinte. Si Jeph ne lui avait pas proposé de venir chez lui, certainement qu'il l'aurait fait de lui-même pour trouver refuge dans l'atmosphère de celui qu'il aime plus que tous les autres. L'esprit embrumé, sa voix se casse lorsqu'il se hasarde à lui demander une bassine mais qu'il est déjà trop tard. Ses doigts tremblants se posent sur sa bouche alors que ses yeux fixent le canapé mais aussi le sol où il vient de vomir l'alcool qu'il a ingurgité lors de la journée. Le bruit que fait sa gorge est écœurant.
Ramener Sam chez lui lorsqu'il est dans cet état, c'est prendre la responsabilité de supporter un corps qui ne demande plus que de l'aide.



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