Partagez | 

 GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace

MessageSujet : GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   Lun 3 Sep - 0:07
avatar
Gary-Adam Lewis
posts : 6
points : 10
feat : Lee Pace
crédits : Tina (avatar)
Âge : 41
logement : 51st and Fifth Avenue ; mon loft à Manhattan. Louant un appartement dans le Bronx pour Rob.


Gary-Adam Lewisfeat. Lee Pace
Hysteric Faggot - Tommy - 25 ans
( Ton personnage est...? ) Inventé
( Comment est-ce que tu as trouvé le forum ? ) J'étais sur DC, alors forcément... !
( Pourquoi avoir choisi de t'inscrire ? ) J'étais triste que DC ferme ses portes, et je tenais à tester ce nouveau forum avec mon unique et fidèle Gary.
( Quelles sont tes disponibilités ? ) Dispo régulièrement, mais en général plutôt le soir et la nuit, en dépend de mon énergie (vu que je bosse sur mon bouquin à côté).
( Si tu devais définir ton style, quel genre de joueur es-tu ? ) Plutôt timide, gentil et respectueux ! Je suis un peu chiant néanmoins quant au réalisme de mes rps ; très à cheval là dessus (tout en adorant évidemment les situations complexes et biscornues). J'ai tendance à écrire beaucoup ; un mélange de trash, de gerbe émotive, de poésie rythmée au milieu des culs et des bites.
( C'est quoi ton dinosaure préféré ? ) Le tripotanus (c'est hilarant, je sais)
( Un dernier petit mot ? )  I love you
Carte d'identité
Âge et date de naissance : 40 ans, né le 19 septembre 1977.
Lieu de naissance : New-York, au Lenox Hill hospital.
Origine et nationalité : Origines Anglaises, côté paternel, et écossaises côté maternel.
Job ou occupation : Diplômé de la Juilliard School, je fus acteur de théâtre de mes 23 à 28 ans, avant de me lancer dans l'enseignement à ma trentième année. J'ai enseigné à l'American Academy of dramatic arts de New-York, puis à l'université d'Harvard à Cambridge, pour finir à Columbia, de nouveau New-York. Les années et les tribulations s'accumulant, j'ai quitté mon travail à l'université pour créer ma propre école qui, à ce jour, n'aura jamais eu l'occasion, finalement, d'ouvrir ses portes. La poussière s'entasse à l'intérieur du bâtiment, tandis qu'aujourd'hui, je m'occupe de Rob à temps plein ; ma priorité.  
Orientation sexuelle : Pédé, ascendant tarlouze.
Mensurations : 1m96 pour 90 kilos environ, chaussant du 45.
Son de sa voix : Agréablement grave, chaude, variant de tons langoureux, posé, aux tons puissant.
Statut civil : En couple.
Crédits : Tumblr + moi

Caractère : ▲ Accroc maladif quant aux effluves aphrodisiaques de la chair. Ces pulsions physiques et lubriques qui me possèdent ont toujours eu raison de ma liberté, de mon bonheur, d’une accalmie pourtant désirée. Mon esprit est malade, au fond je le sais. Sans cesse rappelé à l’ordre par mes désirs sexuels ; je suis prédateur, en chasse continuelle. Faible, face à l’appelle de la luxure, face au musc de minets en rut ; enivré, exalté par la débauche pornographique. Assoiffé de culs, de foutre chaud et de bites, ouais… J’ai cette envie de m’abandonner en chaque corps masculin, ce besoin de dévorer de nouvelles carcasses, celles qui croiseront mon chemin. Pouvoir oublier mes affres et mes tourments à travers de violents coups de boutoir et finir par m’évaporer en une traînée de plaisir. Même amoureux. Et c’est ça, c’est précisément cela qui a tout foutu en l’air.

▲ Je manipule, je mens comme je respire. Obsédé par la maîtrise et le contrôle de soi, le contrôle des autres. J’observe, j’analyse et agis en conséquence afin d’obtenir ce dont pourquoi je m’intéresse à autrui. Si je m’y intéresse, car oui ; susciter mon attention n’est pas donné à tout le monde, non. Ce n’est pas donné à n’importe qui. Et je me fiche de n’importe qui, n’importe quoi, pourvu que je sois le centre de l’attention, pourvu que ce soit moi. Juste moi, putain. Et pas un autre. La fourberie est mon mode de fonctionnement. Prêt à tout, prêt à l’acharnement. Je décide, je dirige, je domine. Moi et mes costumes, moi et mon image, ce masque, ce déguisement crée de toute pièce depuis la mort de maman. Telle une tornade, je brise tout ce que je touche. Et je touche tout ce que j’aime. Et je l’aime, lui, le seul et l’unique, l’homme de ma vie. Ma merveille, ma passion, mon ultime obsession. Seul Rob est capable de me comprendre, est capable de m’apaiser, de faire ressortir l’homme bon et aimant, généreux, protecteur, mais... la came l’empoisonne. Sa dope l’emprisonne et troque l’être divin contre un reflet léthargique. Il ne reste que les méandres d’une insupportable douleur. Dantesque, colossale ; fruit d’une psychose électrisant ma raison, mon esprit, mon moi tout entier.  

▲ Névrosé, instable, à part. Véritablement à part, même. Porteur de l’hépatite B, je ne prends que rarement la peine d'enfiler de foutues capotes ; chacun demeure responsable de son propre fion. Ne me parlez pas même de la PrEP ; cette nouvelle arme conçue par la police du cul. Soumis à mes obligations judiciaires, je suis contraint d'être présent à chaque rendez-vous annuel avec le juge s'occupant de mon dossier, ainsi qu'avec mon psychiatre attitré ; Mr Jones. Quoi qu’il en soit, toute cette confusion mentale me possédant ne me fait pas lésiner sur la bouteille ; l’on me dira alcoolique. Oui, l’on me dira beaucoup de choses. Et c’est exactement pour cette raison que je m’obstine à ne montrer que la façade de mon âme, ou du moins ce qu’il en reste. La sournoiserie n’a pas de limite ; je suis le personnage principal, vous, les figurants. Et tandis que je dégueulasserai vos mémoires et vos souvenirs, vous ne serez qu’une poussière de plus à balayer. La conscience ? C’est comme les tâches, putain. Ca s’essuie. Et pourtant… tous les spectres de ma vie me hantent. Ils me rendent fou, dingue, complètement cinglé, même. Il m’arrive de céder aux cris, de céder à la démence qui me ronge et que j’essaye coûte que coûte d’étouffer. J’étrangle, je hurle, je pousse, je casse… et, parfois, dépasse les limites de l’acceptable. Mon passif n’a rien de doré et j’ai écorché la seule perle que la vie m’a donné. Je n’ai plus de rêves ni d’ambitions, si ce n’est de l’aider. Si ce n’est de tout faire pour qu’il se soigne, qu’il redevienne… lui. Mon lui. Quitte à harceler, agresser. Quitte à espionner, maltraiter tous ceux qui participent à son suicide progressif. Je l’ai perdu une fois. Je l’ai perdu deux fois. Plus que tout, nom de Dieu, je veux faire l’exception du “jamais deux sans trois”.



je suis un voisin
insupportable
je possède un appartement plus ou moins rangé dans le homewrecker


Raconte ta vie
Une petite dizaine d'anecdotes ou manies  

13 novembre 1991 : Maman
Je n’ai jamais su qui elle était. Je n’ai toujours vu que son ombre, son simulacre. Noyée sous ses larmes et cachée par ses draps. Maman. Je n’ai jamais su ses goûts et n’ai pu qu’en deviner quelques uns ; conséquences de plateaux repas trop maintes fois délaissés dans leur totalité, jusqu’à ce que certains aliments furent consommés plus que d’autres. Alors je savais. Que maman aimait les poires sans leur peau, je savais. Que maman appréciait les tomates, à condition qu’elles soient cuites. Futiles et dérisoires. Des banalités, qui me donnaient l’impression de la connaître. Maman. Mais force est de constater que je ne connaissais que la maladie, s’abreuvant d’un cocktail médicamenteux journalier. Pancakes matinaux saupoudrés de tercian, xanax et prozac, pour les beaux jours. Infirmières et perfusions pour les pires. J’essayais. De faire de mon mieux. J’espérais. Pouvoir la sauver. Elle restait. Dans sa chambre, dans le noir. Baignant au milieu d’effluves morbides, dans l’attente de le voir, lui. Adam. Mon père. Mon père, qui ne l’a jamais aimé. Mon père, qui ne l’a jamais aidé. Mon père, qui n’a fait que la tromper. Encore et encore. Toujours et plus fort. Sous mes yeux d’enfant effacé et invisible. Si invisible, qu’il ne cherchait pas même à se cacher. J’ai vu. J’ai su. Et je savais. Par dessus tout, plus que jamais, qu’elle l’aimait. L’adulait. Ne vivait qu’à travers lui, qui n’était jamais là. Lui, qui ne cherchait qu’à… fuir, loin, le plus loin possible de cette pseudo famille qu’il avait créé par véritable maladresse. Une femme. Un mariage. Et comme une catastrophe n’arrive jamais seule ; un enfant. Tout ça, sous la pression de son géniteur ; mon grand-père. Pour qui les valeurs morales et traditionnelles demeuraient primordiales ; rejetant par conséquent le comportement d’Adam, qu’il tenait par les couilles grâce à son fric. La tune. Le blé.

Tout ça l’a tué. Elle. Ma mère. Maman.

A mes quatorze ans, maman. Tu t’es donné la mort. Une lettre d’une des putains du monstre en perpétuelle cavale a planté le dernier clou du cercueil dans lequel tu as pourri. En rentrant du collège, j’ai vu. Les pompiers, les voisins. Agglutinés, tous, devant notre grande maison familiale de l’upper east. C’était ta fin, et le début de mon rôle. Le début de mon règne intoxiqué, intoxiquant. Ta fin, comme celle de ma pureté. Et plus jamais, depuis ce jour, non, plus jamais je ne l’ai appelé “papa”. L’enflure, l’odieux. Celui qui ne méritait pas l’amour séraphique que tu lui portais, et qui n’a fait que le bafouer. Maman. Je n’ai jamais su qui elle était, pourtant… je sais. Qu’elle me comprendrait, je sais. Car j’aime, autant qu’elle a aimé.

30 septembre 2007 : lorsqu'il m'est apparu
Un vide. Un rien. Véritable paralysie cosmique. Une existence, dénuée de but. Un gouffre abyssal en lequel je me complaisais ; usant et abusant des seules choses qui semblaient un temps soit peu combler ma vaine de vie. Le sexe, ouais. Le cul. La débauche et son incandescence ; sniffant plus de raies que de rails et buvant, avalant aussi bien alcool que miasme de jus de fiottes. Tel un clodo affamé, je me jetais sur ces plaisirs ; l’astuce, pour m’échapper de ma propre conscience. Pour feindre une raison d’être et m’auto-persuader que ma routine n’avait pas qu’un abominable arrière goût de merde. Je jouais. Avec multiples minets, multiples profils, je m’amusais. A manipuler. A humilier, attiser, chez eux… ces sentiments auxquels je ne croyais pas. Comme fasciné que de les voir tous, les uns après les autres, reproduire ce même schéma et tomber dans mes filets barbelés. A prétendre aimer, alors qu’ils n’aimaient qu’une image. A pleurer, insulter, pour un attrape-couillon humanoïde. Moi. Leurs crises et leurs pleurs réussissaient à susciter, en moi, autre chose qu’un gargantuesque néant interne. C’était ma came. Et comme toute drogue, j’attendais qu’elle me tue. Ennuie mortel et aphatie, bourbon, poppers et giclées. Le luxe, le vice, la décadence… et la solitude. Une affreuse, ho, une atroce solitude. Celle qui vous nécrose de l’intérieur. Celle qui vous fait vivre l’effroi, ouais, la peur… d’une inutilité complète et indéniable, quant à votre présence sur terre.

Et un jour, il est arrivé. Sans que je ne m’y attende, il m’est apparu. Rob.

Des mois passés à m’observer. Moi qui analyse, scrute, surveille mes arrières ; je ne l’ai jamais remarqué. Pourtant, lorsqu’il m’a fait face, il m’a illuminé. Lorsqu’il m’a vu, ce jour précis, tandis que j’embrassais l’apogée de ma turbulence psychique. Tandis que je perdais pieds, suite au trop plein d’afflictions qui s'entassaient sur ma carcasse. Il est venu, m’a approché, alors qu’il ne faisait que toiser, encore, comme il me l’a, plus tard, avoué. Oui, de loin, il me regardait ; lui qui m’avait aperçu, pour la première fois, à l’université dans laquelle je commençais tout juste à donner quelques cours. Rob n’était pas étudiant, mais simple visiteur ; à se faufiler, parfois, dans les amphis des cours auxquels il aurait bien voulu participer, si sa classe sociale le lui avait permis. Mais, marmot des rues, fils d’une épave alcoolique quittée par son mari alors qu’il n’avait que trois ans, Rob était promis à la même pauvreté que celle qui l’avait mis au monde. Sa curiosité l’a mené jusqu’à moi. Sa gentillesse et sa bonté l’ont poussé à me venir en aide. Et depuis ce fameux jour, la passion indéfectible et immuable qu’il provoque en mes tripes ne m’a jamais quitté. Exponentielle, elle est… infinie. J’ai su qu’il était mon unique raison d’être. Le seul, capable d’enflammer mon péricarde. Mon obsession. Mon trésor.

Alors j’ai su que l’immense majorité de cette foutue populace capitaliste et hétérocentrée salissait le joyau le plus resplendissant que la vie pouvait nous offrir. Le fruit d’Eros, pour ses érastes, ses éromènes. L’amour. L’authentique et le plus clair.

19 septembre 2010 : rupture
Aujourd’hui, je me demande comment ais-je pu ne pas appréhender cette rupture. Il y avait tout. J’avais tout, et ne donnait rien. De ma personne. Rien. De ma fidélité. Je n’l’étais pas, fidèle. J’étais tout sauf fidèle. Et lui. Lui, m’a tout offert. Il m’a ouvert… les yeux. L’âme. Il a fait naître mon âme, lui. Il a aspergé de couleur mes contours gris. Il a… fait sauter les barrières. Disons le franchement ; il a tout explosé. Cette carapace. Il a… désagrégé l’amertume qui régnait sur mes sens. Il les a libérés. Il m’a appris à aimer. M’aimer. Peut-être un peu trop. Confiance, trop… de confiance, j’avais… j’étais… au sommet d’une montagne auquel je ne croyais même pas. Le bonheur. La félicité. La divine passion qui a germé en moi et qui, depuis ce jour, n’est jamais partie. Elle n’a fait qu’accroître, de seconde en seconde. Elle continue toujours. L’amour. L’amour, l’amour, l’amour. Pourtant, j’ai tout gâché. Les promesses cachant des mensonges par milliers. Ces leurres, qui devenaient de plus en plus grossiers. Tant de condescendance, tant de mégalomanie, je pense, et puis… l’incapacité à imaginer, ne serait-ce qu’un seul instant, mon quotidien redevenir aussi stérile qu’avant. Il n’y avait pas deux choix. Il n’y avait que celui là ; Rob, et moi, à jamais. Ha, jamais… je n’aurais pu oser penser à autre chose, que cet avenir à deux. Un avenir où ni lui, ni moi, n’aurait relevé l’inavouable. Ces choses, qui seraient restées là où elles s’étaient fini. Tous ces types, ces minets, garçons, hommes… qui ont consommés ce dont mon trésor pensait être le seul à pouvoir cajoler. Je le pensais aussi. Qu’il était le seul à pouvoir le faire. Mais ce n’était pas son avis, au corps. Mon corps, ce corps qui… ne laissait rien entendre, si ce n’est la mélodie lubrique de mes couilles claquant le cul d’un autre. J’y allais. Sans réfléchir. A me mentir. J’y allais. Je fermais… les écoutilles. Ma raison balayée par les pulsations de ma queue en manque. Et par ce besoin. De jouer. Manipuler. Tout ce que j’avais bien pu faire, avant de le rencontrer, mon Rob. Tout ce qui avait rythmé ma routine. Une routine ; je pensais d’ailleurs qu’il n’avait toujours s’agit que de ça. Mais j’ai compris à quel point je m’étais trompé, lorsque j’ai réalisé ne pas pouvoir m’en détacher. L’addiction à la perfidie, au sexe crade, au sexe hard, sans glamour ni niaiserie. Celui qui pue, celui qui suinte, celui qui coule, celui qui pisse, celui qui frappe, celui qui hurle, celui qui écrase, celui qui crache, celui qui tire, celui qui insulte, celui qui inflige, celui qui reçoit, celui qui récolte, celui qui gerbe, le sexe… que je ne réservais qu’aux impulsions démesurément orgiaques, qui réussissent à me transformer en intégralité. Rob et moi, ensemble, faisions des étincelles, au pieu. Il m’avait toujours manqué l’ingrédient primordiale à la jouissance absolue et ultime, lors de mes multiples sauteries d’antan. L’amour. Encore et toujours. L’amour. Amoureux. Être amoureux m’avait offert l’aboutissement de ce que peut être en réalité un orgasme, sous toutes ses formes et ses définitions, ses sensations. Il n’y a qu’avec Rob que j’ai pu, et ce à travers toute mon existence, vivre l’absolutisme orgastique. Alors pourquoi ce besoin compulsif d’aller voir ailleurs ? Je… n’ai jamais vraiment su l’expliquer. Je n’ai jamais vraiment compris. Malgré la perfection passionnelle, j’y retournais. Et ce sujet m’étais tabou, pour moi et moi seul. Je ne m’autorisais pas à y faire face. Toujours est-il que mon infamie si peu dissimulée vers la fin de notre deuxième année de couple fut fatale pour celui-ci. Notre couple. Ma merveille y a mis un terme, pour la toute première fois, le jour de mon anniversaire, en 2010. Le 19 septembre. Ayant ce jour en véritable horreur, je n’avais rien prévu d’autre que rentrer après mon travail - j'enseignais, alors, à l’American Academy of dramatic arts de New York-. Une soirée comme les autres en prévision ; du moins, c’est ce que j’avais en tête. Lui, moi, naturels en notre petit train-train, à manger tous deux un dîner que j’aurais préparé, comme d’habitude, non pas à table mais sur le canapé, car Rob a la fâcheuse manie de becter devant l’écran, et nous aurions regardé un film, que j’aurais critiqué tout du long pour lui démontrer à quel point je suis intelligent, mais aussi, je dois bien l’avouer, pour le faire râler. J’aimais l’entendre râler. Puis le faire rire. Puis l’embrasser. Le voir sourire. Le câliner. Jusqu'à s’unir. Nous exalter. Jusqu’à en jouir. Se murmurer… je t’aime.

A la place, j’ai rencontré le silence. Le vide. Une atmosphère… si lourde, pesante, qu’elle m’a rendu livide.

J’ai appelé. Je l’ai appelé. Rob. Je t’ai cherché. Et même là, je n’me doutais pas. Jusqu’à la dernière seconde, je n’m’y attendais pas. Lorsque je suis entré dans ma chambre, qui était devenu la nôtre. Lorsque, sur le lit inhabituellement fait, j’ai vu un petit coffret emballé, puis une enveloppe. Con, j’ai pensé à une surprise. Con. Je le croyais planqué. Con. J’ai ouvert le paquet ; des photos. Toutes les photos que nous avions pu prendre, mais qui étaient restées sur l’ordinateur. J’ai souris. J’ai observé. Con. J’ai attrapé. Cette enveloppe. L’ai ouverte. Con. J’ai commencé à lire. Puis, peu à peu, il s’est effacé, il est retombé, ce sourire. Con. J’ai lu. J’ai su. Tout était terminé. Gloria, tout était... de sa faute. Gloria, une salope parmi tant d'autres, dont je n'avais jamais entendu parler. Et son nom, soudain, écrit. Son nom, assimilé à terminé. Alors, bien sûr, je n’y ai pas cru. Je n’ai pas voulu. Y croire. J’ai… tenté. D’appeler. Sur ton téléphone, j’ai essayé, puis essayé, et réessayé. Panique. J’ai attendu. En transe, en sueur. La peur… qui s’est installée en mes boyaux. Qui a contractée mes poumons. Je suis… devenu… dingue. Je suis devenu dingue. Une crise. Un ouragan. J’ai renversé tout mon logement. Mot pour mot et concrètement. Tout est tombé. Tout a volé. Tout s’est brisé. Il n’y avait plus que la chambre, tandis que le reste croulait sous les ruines. Et puis… j’ai bu. Ha, j’ai  bu. J’ai picolé. Des jours durant. Et j’ai pleuré. Hurlant, criant. A me griffer, me mordre, à me cogner, me tordre, à me frapper… la tête… par terre. Je t’ai cherché. Pitoyable, lamentable. Délirant, siphonné. Je t’ai cherché. Dans la ville, toute la ville et ses quartiers. En bagnole puis à pieds. Le queens, brooklyn, manhattan, le bronx… ha, le bronx. Chez ta mère, Rob. J’ai sonné chez ta mère. Tu m’as toujours défendu d’y aller, tout comme je t’ai fait promettre de ne jamais chercher à rencontrer Adam. Un pact. Le seul que j’avais vraiment tenu. Alors je l’ai vu. Une serpillère, plus qu’une femme. Une odeur acide de transpiration ; la puanteur d’une carcasse peu entretenue et imbibée d’alcool bon marché. Des cheveux long et gras, une chemise de nuit dont le blanc demeurait imprégné de tâches diverses. Mais derrière toute cette décrépitude humaine, j’ai reconnu tes traits. J’ai vu le bleu de tes yeux dans les siens. Et par dessus tout ; la misère. Celle que je n’aurais pu imaginer, d’où je viens. Lorsqu’elle m’a demandé qui j’étais, j’aurais fièrement pu lui dire que j’étais l’homme qui t’avais tiré de ce carnage mais… la réalité m’a fait prétendre à une erreur. Tu étais parti. Tu m’avais quitté.

10 octobre 2010 : carnage
Presque un mois. Sans toi, presque un mois. Si brutalement. Sans un mot de plus. Et juste mes membres pour trembler, juste ma gorge pour se rincer, juste ma voix pour sangloter, juste mes couilles à vidanger, et juste mes yeux. Mes yeux, pour pleurer. Mes yeux, pour lire. Lire, lire et relire. Cette lettre. Cette note. Celle où tu t’expliques. Celle où tu racontes. Celle où tu dévoiles. Incapable, j’étais. Incapable. De sortir, de penser, de réfléchir, de parler, de dormir, me laver, me nourrir. Incapable. Obsédé. Par le besoin pressant de te retrouver. J’avais. Appelé les bureaux de la NY investigation. J’avais. Pris contact avec l’un des agents, l’un des détectives privés, s’occupant de la section des personnes disparues. Wallace Davis. Moqué, ho, qu’il s’était gaussé, l’enflure. A me prendre de haut, moi qui était si bas. A m’expliquer que je m’étais trompé d’individu ; qu’il valait mieux voir ça avec sa collègue s’occupant des adultères et autres problèmes de couples ; qu’il était ridicule de déployer de grands moyens pour un adulte de vingt-sept ans, étant parti depuis une dizaine de jours sans donner de nouvelles, après rupture. Puis il s’est arrêté de rire. L’odeur du pognon a enivré ce sac à merde ; le triple du montant, pour qu’il prenne cela au sérieux. Et comme tout bon rat d'égout qui se respecte, ce chèque suffit à le convaincre. Privilège, que d’être plein aux as. Le seul, et le plus délétère. Alors Wallace se mit au boulot, une fois les formulaires et autres formalités remplies. Il est le seul à avoir pénétré en mon loft, pendant cette affreuse période. Et bien que l’image ai toujours demeuré le point central de mon attention, mon état aussi hagard qu’incohérent, aussi léthargique que dément, annihilait le reste du monde. Rob. Retrouver Rob. Le mien. A moi. Il n’y avait que ça. Et c’est le neuf octobre 2010 que Davis est repassé au milieu des débris en lesquels je me décomposais. Déjà ivre mort, à 17h00 ; je l’ai reçu. Bam. Son dossier sur le marbre de l’îlot central de la cuisine. Il est parti aussi vite qu’il n’était arrivé, accompagné d’un ferme “J’ai votre homme” en guise d’au revoir. Nul n’avait besoin d’être devin pour appréhender la nouvelle crise qui allait suivre, lorsque j’allais découvrir les faits. Prénom, nom, adresse ; Gloria Howell, 42 Ralph Avenue, Bed-stuy, Brooklyn. Puis des photos. Le visage de cette vermine, allant pour ouvrir la porte d’un immeuble suivi de… mon merveilleux… trésor. Mon seul et unique. Rob, Milkshake en main, et sa dégaine éternelle.

Une douleur… ha… cette douleur. Elle a gravé mon esprit, imprégné mon coeur. En miettes, il était, ce coeur. Déchiré, lacéré. Alors… les bouteilles se sont vidées. J’ai avalé, avalé, ingurgité, noyé. Ma raison, je l’ai noyé. Et mes derniers neurones s’en sont allés. Tard, le soir, j’ai titubé. Déambulé et enjambé les meubles et gravats formant comme un parcours du combattant en mon logement. Whisky en main, la morve au nez, les cheveux gras, ébouriffés, l’haleine puante, yeux défoncés, je suis parti. Le corps asséché que d’avoir trop chialé. La voix chevrotante et rouillée, que de m’être égosillé. Je suis parti. Photo en poche. Sans plan, sans astuce, j’ai décidé. De conduire. D’y aller. De me rendre à cette adresse, pour aller le chercher. Encore aujourd’hui, je ne me souviens aucunement de la route. Un black-out total. Toujours est-il que je suis arrivé entier, du moins… physiquement. En pleine nuit. Ce n’est qu’au petit matin, sur les coups de 9h00, que je me suis réveillé. La gueule enfarinée, toujours assis, face au volant.

Mes yeux se sont ouverts, mais ma vision encore voilée. Tout comme mon esprit ; totalement embrumé. Puis la fenêtre qui toc, ha… je voulais qu’ils me laissent. Ces fantômes, ces gens. Deux ou trois, peut-être ? Je n’sais plus. Sur le moment, je n’comprenais juste pas. Ils s’en sont allés, en me voyant réveillé et non mort, comme ils le pensaient visiblement. Il ne m’a fallu que quelques poignées de secondes pour tout remettre en place. Pour me souvenir du comment du pourquoi j’avais atterris ici. Pas totalement désaoulé. Les vêtements tâchés de gerbe, ouais. Le futal humidifié d’alcool, l’alcool… la bouteille ; à mes pieds. Et recouvrant la flaque, la fameuse photo, qui me fit presque aussitôt tiquer ; je me trouvais en face. Juste en face de ce putain d’immeuble. La rage et le désespoir remontant aussi violemment qu’une nausée subite, j’n’ai pas pris le temps de tergiverser ; soumis à cet amas ravageur nécrosant chaque parcelle de mon organisme. Mais les infos, derrière le bout de papier, étaient presque toutes effacées ; impossible d’y entrer, seul. J’ai donc attendu quelques minutes, en ce même état cadavérique. Le palpitant, en sueur. Et des taches noires, partout, obstruant ma vue. A me tordre le col de ma chemise. A me ronger les ongles. A me gratter frénétiquement. Les mains. Le cou. Le visage. A me foutre des calottes. A couiner, gémir. Faire les cents pas. Personne ne m’a approché. Les passants m’évitaient. Je pense. Jusqu’à ce que la porte s’ouvre ; une vieille peau sortant du bâtiment. J’ai attendu qu’elle descende les quelques marches, avant de me précipiter sur l’entrée. Clac. Affolé, j’n’étais plus en capacité de raisonner. Plus aucune logique. Juste la confusion mentale, et la démence. Automatisme ; j’ai gravis les étages, un à un, en lisant chaque nom sur les sonnettes. C’est au troisième et dernier étage que j’ai enfin vu. Gloria Howell. Et mon lui, était chez elle. Rob. Rob, Rob, Rob. Ca clignotait en ma psyché déréglée. Alors j’ai frappé. Espérant lui faire face, espérant pouvoir… le supplier. A genoux. A me rouler par terre, comme un fou. Tout. J’aurais tout fait, tout.

Mais c’est elle qui a ouvert. Nez à nez avec la succube. La voleuse.

Elle pressentait qui j’étais. Elle m’a de suite répondu de partir. Qu’il n’était pas là. Puis c’est quand elle a voulu refermer que je l’ai poussé. Elle. Elle est tombée, elle. Je l’ai appelé, Rob. Il… n’a pas répondu, il… n’était pas présent. Elle tentait de se redresser. A beugler de me tirer. C’est à… partir de cet instant précis que j’ai… définitivement perdu la boule. Disjoncté. Aspiré par les abysses d’une souffrance innommable.

J’ai étranglé. Au sol, j’ai étouffé. Avec mes mains, j’ai serré. Avec mes doigts, j’ai appuyé. Puis j’ai soulevé. Sa gueule, son crâne. Pour mieux le fracasser contre son parquet. Une fois. Boom. Deux fois. Boom. Je me souviens. Je me souviens. J’ai punis. Avec ma queue, j’ai punis. La maintenant ainsi. Un bras contre son cou, une paume sur sa bouche. Elle a griffé. Elle a mordu. Elle a saigné. Son cul, son scalp, ses lèvres, son nez. Je punissais. Et je punissais. Et je poussais. Et je chialais. Et elle chialait.

Puis d’un seul coup, ça s’est arrêté. J’ai relevé mon visage tuméfié, trempé. J’ai croisé son regard, à lui. Lui, qui venait d’arriver. Lui… figé, horrifié. Je… me suis retiré, je… me suis reculé, j’ai… tenté d’expliquer, balbutié… tandis qu’il s’occupait d’elle. Téléphone contre son oreille. 142, Ralph avenue, troisième étage, vite. Une agression. Des coups, du sang, un… un viol. Mon dos a épousé le sol. Seul, je me suis… allongé. Choqué. Absent. L’oxygène manquant. Les tympans pulsant. Je n’saurais dire combien de temps s’est écoulé. Rob s’est ensuite précipité. Sur moi, il a… cogné, cogné, cogné. Cogné. Cogné. Cogné. Puis les flics, puis les pompiers ont déboulés. Puis tous ces hommes l’ont remplacé. Ils ont frappé, frappé, gazé, menotté. Je me rappelle m’être débattu, contre eux. Débattu, pour pouvoir rester. Avec lui. Pour toujours. Qu’il me défigure, peu importe, mais qu’il soit là. J’ai hurlé que je l’aimais. Aveuglé de lacrymo, abîmé par les poings, les matraques. J’ai hurlé que je l’aimais. Jusqu’à ce qu’ils m’assomment. Boom. J’aurais préféré mourir. Et quel supplice. Quelle géhenne, désolation, que de me réveiller en cellule, chez ces affreux ripoux de flics. Des plaintes furent évidemment déposées à mon encontre ; pour harcèlement, violation de domicile, agression et viol. J’étais… vidé de toute âme. Si sale. Un crève-coeur fulgurant. Car, malgré ce que j’avais bien pu commettre, il n’y avait que l’absence de mon trésor qui possédait mes songes. Rien d’autre. Rien. Et qu’importe celles et ceux qui m’ont humiliés publiquement, au centre de police. Qu’importe la maltraitance. L’idée de passer le restant de mes jours sans ma raison de vivre était bien plus dolent que tous ces mauvais traitements physiques que l’on a pu m’infliger. Je suis alors tristement et banalement devenu un pauvre type de plus, parmi tous ceux croupissant en même temps que moi en ces boxs de béton, dans l’attente d’être transféré. Tout droit en taule, sans repasser par la case départ, en l’attente d’un procès.

20 décembre 2010 : libre mais plus bas que terre
Si seul, mais constamment entouré. Si seul, sans pouvoir exploser. Sans mes outils pour apaiser l’effroi ; aucune intimité pour chialer, crier, me branler, casser, cogner. Sans pouvoir picoler. Condamné à l’ultime conscience, l’ultime présence, en plein enfer. Aucun répis, et l’obligation de porter un masque, un déguisement ; psychique comme physique, et ce en permanence. J’avais peur. Qu’ils me savent gay, j’avais peur. Qu’ils me tabassent, j’avais peur. Dès le départ, j’ai compris que la moindre faiblesse affichée serait comme une corde à mon cou. Car si certains attendaient la liberté, d’autres savaient qu’ils ne l’auraient jamais. Jamais… je n’avais été face à de tels personnages. Négationnistes ; fiers d’affirmer qu’il n’y avait jamais eu de camps de la mort, lors de la seconde guerre mondiale. Fiers d’exprimer leur dégoût et leur haine envers toutes minorités, tout ce qui n’est pas blanc, hétérosexuel, chrétiens et valides. Des néo-nazis affirmés. Des fascistes, crânes rasés. Des pas fins, types écervelés bovins. Et des gangs. Des camés. Pédophiles et autres saletés. Quelle… putain d’horreur. Ouais, j’avais peur. Peur de finir comme ceux qui se faisaient constamment racketter, emmerder. Peur de devoir me soumettre à n’importe quelle vermine. J’ai d’abord pensé à sodoyer des matons, mais j’ai vite renoncé lorsque j’ai vu que beaucoup étaient aussi pourris que ceux qu’ils étaient censés surveiller. En taule, les privilèges n’ont rien à voir avec ceux de l’extérieur ; mesurer presque deux mètres et demeurer riche comme crésus n’étaient pas gage de sécurité. Alors j’ai usé jusqu’à la moëlle ma compétence en matière d’illusion. J’ai dissimulé la moindre de mes émotions. J’ai silencieusement pleuré, la nuit, à retenir mon souffle, mes sanglots. J’ai appris à chier et m’essuyer le cul dans la même pièce qu’un autre. J’ai appris à retenir certains tics de langages, certaines manières, catégorisées comme efféminées. J’ai joué le mâle alpha, bandant devant n’importe quelle paire de mamelles dégueulasses. Ravalant le plus puissant des chagrins et flirtant avec mes pulsions morbides. Appelé par le suicide, mais trop lâche pour m’y atteler. Deux mois. Soixante-six jours, exactement. Jusqu’à ce qu’on m’annonce ma liberté prématurée. J’ai d’abord pensé à une erreur, puis à une mauvaise blague. Mais j’ai compris que ce n’en n’était pas une, lorsque l’on m’a guidé pour reprendre mes affaires ; celles avec lesquelles j’étais arrivé. Mes vêtements cradossés de vomi, d’alcool, de sueur, de morve et de sang. Puis on m’a rapidement expliqué que l’on venait de payer ma caution. Et j’ai compris de suite ; Adam. Il avait finalement appris ce que j’aurais pu lui cacher jusqu’à sa mort. Moi qui, depuis celle de maman, n’avait jamais pu lui dire en face le fin fond de ma pensée le concernant. Trop soumis. Pris au piège mentalement par son joug, que j’évitais à tout prix. Lui qui n’avait toujours agis que par fourberie. Lui que je n’avais pas revu, depuis plus de deux ans. Lui qui n’a jamais accepté sa tarlouze de fils. Lui qui n’a toujours fait que me mépriser, m’humilier, me rabaisser. Le seul que je craignais véritablement. Lui, son jugement. Allez savoir pourquoi… traumatisme d’une jeunesse chaotique. Toujours est-il que c’est lui, qui m’a sorti du Rikers correctional center. Et tandis que je quittais l’enfer du mitard, je retrouvais celui de ma réalité. Adam m’attendait ; glacial et vipérin comme jamais.

Le silence, d’abord. Une tension qui vous retourne le bide. Il ne s’agissait que de quelques secondes, avant que ça n’détonne. Des reproches, évidemment. Des regrets, que d’avoir hérité d’un tel fils. Sodomite, sans talent, sans mérite, et maintenant criminel. Et qu’allait-il faire de moi ? Et qu’en était-il de sa réputation ? Avais-je donc pensé à lui ? Avais-je donc pensé à… ma mère ? Le mot de trop. Ma mère. Alors, pour la toute première et dernière fois de ma pauvre vie, je lui ai dis. Je lui ai dégueulé une vingtaine d’années de paroles étouffées. Je l’ai mis face à ses échecs. Face à ses erreurs. Ses horreurs, immondices. Je lui ai hurlé que c’est lui. Lui et lui seul, qui l’avait tué. Maman. Qu’il était non pas seulement un criminel mais un meurtrier, Adam. Meurtrier, assassin. Père indigne, bon à rien. Appâté par le fric, le fric, LE FRIC ET LE FRIC. Qu’il n’avait jamais aimé. Et que moi, MOI, j’aimais. MOI, j’en étais capable. Qu’il s’agissait d’un homme, oui, que j’aimais sa queue, son foutre, son cul, mais par dessus tout son coeur. Son lui tout entier. Et qu’il pouvait dire et penser ce qu’il voudrait, ça ne changerait jamais. Je lui ai dis… je lui ai dis. En larmes. Enragé. Prêts, tous deux, à nous égorger. Silence. Silence, à nouveau, à se fixer. Avant. Qu’il ne parte. Avant. Qu’il ne me laisse. Qu’il ne me dise “j’ai fais ce que j’avais à faire. Maintenant, je ne veux plus jamais entendre parler de toi”.

Seul. Sur le trottoir. Je suis resté. Seul, sur le trottoir, je me suis écroulé. Seul. Si seul.

En poches, j’ai retrouvé mes clés. Mes clés, puis… cette photo. Celle qui m’avait mené jusqu’à lui, à brooklyn. Éploré, je l’ai observé. Éploré, je l’ai embrassé, avant de la jeter. Puis, sans argent ni carte bancaire, c’est à pieds que j’ai entamé le chemin du retour ; sortant de Rikers Island. Découvrant l’atmosphère de Noël, ses décorations comme ses chants, en ville. Environ deux heures et demi à me traîner jusqu’à Manhattan et sa cinquième avenue, pour retrouver mon loft. J’étais libre, oui. Mais à quel prix ?...

28 janvier 2011 : interdiction de territoire
La dépression. Le retour au néant, après avoir goûté au paradis. Voilà ce qui m'attendait en rentrant, en plus du carnage que j’avais laissé au sein du loft. Les débris, meubles et autres affaires en morceaux, décorés de mon sang à quelques endroits, par ci, par là, étaient une belle métaphore de mon état. Je n’ai rien rangé. Je n’ai rien remis en place, non. A quoi bon. Ma maniaquerie quant au désordre et au sale avait laissé sa place au je-m’en-foutisme parfait ; symptôme de l’anéantissement général que je ressentais. Impossible, pour moi, de me projeter dans l’avenir ; qu’il s’agisse d’années, de mois, de jours ou même d’heures. Impossible. Flou, tout était… si indéniablement flou. Et j’ai repris mes bonnes vieilles habitudes, pour faire taire les souvenirs. L’alcool, la baise, pour repousser les mémoires vives et oppressives. Je n’prenais pas la peine de draguer ou de me déplacer ; faisant venir des minets vendant leur cul sur divers sites, que je niquais dans le salon, ou du moins ce qui était censé l’être à la base. Plus bas que terre et sans gêne. Plus rien à perdre à part ma peine. A outrance, j’ai baisé. Parfois sans même gicler. Si quotidiennement saoul. A me laisser embourber dans les sables émouvants de ma détresse. En lambeaux. A cauchemarder, chaque nuit. A me réveiller en sursaut, à le chercher, mon lui ; ne trouvant qu’une froideur à sa place. J’ai réessayé de le joindre, même après tout ça. Mais j’ai rapidement constaté qu’il avait changé de numéro. Alors j’ai écris. De nombreuses lettres, je lui ai écris. Envoyées chez sa mère, mais demeurées sans réponse. Le séjour en prison et la possibilité d’y retourner après mon procès m’a convaincu de ne rien faire de plus ; m’empêchant d’errer dans les coins où j’aurais pu le trouver. Au fond, j’espérais qu’il revienne. J’espérais entendre la porte s’ouvrir et entendre sa voix. Dans mes rêves, il m’aurait pardonné. Dans mes rêves, il m’aurait compris, comme il me comprenait si bien, toujours. J’aurais aimé qu’il me dise que tout allait bien se passer. Mais évidemment, c’était tout bonnement impossible. Je n’ai pas ressenti ne serait-ce qu’une once de remord, face à ce que j’avais pu faire à cette fille. Et aujourd’hui, encore, j’en reste incapable. Toujours est-il qu’un jour, je suis finalement descendu prendre mon courrier. Pubs diverses, factures, mon licenciement, bien sûr, puis… une convocation. Une convocation, le 28 janvier, dans le bureau du délégué du procureur général ; composition pénale, autorisant la présence d’un avocat.

Je n’savais pas vraiment à quoi m’attendre. Beaucoup d’argent à donner, sûrement. Encore et toujours. Qu’importe. J’étais néanmoins rassuré ; il n’y aurait pas de procès. Le manque de moyen, probablement, pour engager de plus grosses poursuites. Alors, accompagné de mon avocat, Gordon Stanford, aux fortes compétences, je m’y suis rendu. Et bordel, comme mes dents ont grincées lorsque ce foutu délégué grassouillet m’a accueilli d’un “le portrait craché de son père” ; rictus vicelard aux lèvres, tandis que les miennes se forçaient de s’étirer. J’avais tout intérêt de me la jouer suce boules, en dépit de ma révulsion interne. Ce sombre connard était, bien entendu, l’un des innombrables faux amis d’Adam ; j’ai alors aussitôt senti la perfidie nimber la pièce d’un voile invisible mais bien présent. Comme l’on avait pu me conseiller avant cet échange, il m’était préférable de ne pas nier ma culpabilité quant aux faits reprochés. Coupable, oui. Pour la première fois, aux yeux de la loi. S’en suivit de formalités orales, de questions intrusives aux réponses toutes préparées, pour mieux brosser le porc dans le sens du poil. “Êtes-vous prêt à réparer les dommages, et dans quelle mesure ?”. Mon avocat, ponctuant la conversation à plusieurs reprises, prit la parole en assurant que j’étais donc prêt à dédommager la victime du montant proposé. Mais, de fil en aiguille et sans que je n’ai vraiment eu le temps de réaliser… “Et voici l’établissement des limites de la zone géographique”. J’ai regardé la carte dévoilée sous mes iris paniquées. Paniqué, oui, c’est bien le mot, lorsque j’ai compris l'intégralité de la peine. Car il ne s’agissait pas seulement de blés, mais bien d’une interdiction de résidence sur terrain délimité. Et le terrain en question n’était autre que ma ville, dans sa totalité. Je me suis tourné vers mon avocat, avant de toiser l’autre porcelet. J’ai pris sur moi, j’ai… feins, avec autant de charisme possible, une certaine incompréhension censée traduire mon mécontentement en toute subtilité. J’ai demandé si il n’y avait pas d’autres alternatives à celle-ci, sous le regard ahuri de Stanford. L’alternative, m’a-t-on dit, n’était autre que la taule, si j’osais faire la fine bouche. Car si ce fameux et putain de délégué du procureur pouvait faire une fleur à mon père en m’évitant de trop salir son nom, mon refus d’obtempérer aboutirait au procès redouté, et ce qui s’en suit. A nouveau, Gordon m’a fixé avec insistance, m’assurant qu’il valait mieux que j’accepte. Uppercut. Boom. J’ai acquiescé, sans en avoir vraiment le choix. La boule au ventre et la gorge nouée. Je n’avais donc plus qu’à attendre la décision finale du procureur de l’état New Yorkais.

Trois semaines plus tard, le verdict tombe. Crochet du gauche. C’est un K.O. Interdiction de territoire New Yorkais jusqu’à nouvel ordre, avec, en plus, l’obligation de soins à travers un suivi socio-judiciaire. Un psychiatre attitré, en somme, en dépend de mon nouveau lieu de résidence, qui déterminera à son bon vouloir si je serais apte, un jour, de rentrer. A mes yeux, le pire. Le pire, que de devoir abandonner mon unique stabilité ; mon chez-moi. Le seul. Devoir abandonner la scène de toutes les plus belles choses que j’avais pu vivre. Et, par dessus tout, devoir délaisser son odeur. Devoir délaisser la surface qu’il aura imprégné de par ses rires, ses gémissements, ses mots doux, ses paroles réconfortantes, son humour, ses humeurs, même ses cris, même ses pleurs, devoir… abandonner les dernières choses auxquelles me raccrocher. Abandonner l’espoir de le croiser par hasard. L’espoir de recoller les morceaux, non pas qu’avec le temps mais surtout la proximité. Le pire. Je n’avais qu’un mois, pour m’organiser. Un mois, pour me décider. Car mon avocat se devait d’informer ces scélérats, pour mieux pouvoir me pister. Pour mieux pouvoir m’obliger à me contraindre à cette peine. Alors j’ai finalement choisi ; Boston.

Août 2014 : apathie d'un nouveau quotidien & hépatite B
On dit que lorsque l’on aime, on ne compte pas. Mais moi, j’ai compté, moi. Les heures. Les jours. Les mois. Les années. Tout ce temps sans lui, j’ai compté. Je n’ai jamais arrêté. Et les maux, ha… jamais ils ne se sont apaisés, ces maux. En apnée continuelle. A bouffer le fardeau, sans interruption. Il m’a tant manqué, putain. A en crever, il m’a manqué. Mon corps et mon coeur l’ont tellement réclamé. Rob…

Bien forcé de me recréer un semblant de quotidien. Prisonnier d’un sinistre présent qui n’avait jamais été aussi exécrable. Paralysé dans l’ennuie le plus mortel, accompagné d’un malaise indiscontinu. Souffrance. Torture. Dénué de goût, tout était si… insignifiant. Inconsistant. Sans valeur, sans harmonie. Dolent, ha… tellement, tellement dolent. Si long, interminable, ce temps. Je ne me suis jamais habitué au supplice ; ce contexte, son absence et le reste, non… je n’m’y suis pas habitué. Je n’ai fait qu’endurer. J’ai appris à vivre sans air. J’ai appris à vivre avec ces épines enfoncées dans mon corps, mes mains, mes pieds. J’ai appris à vivre avec ces plaies sanguinolentes, impossibles à cicatriser. La puanteur pestilentielle de ce train-train journalier me rendait en permanence nauséeux. Ca, et ces foutues visites obligatoires chez le psychiatre. Ce foutu suivi socio-judiciaire, censé m’analyser et me décortiquer sous toutes mes formes. Je suis d’abord resté muet. Refus catégorique de m’écorcher à vif pour le bon plaisir de ces voyeurs professionnels, seulement… j’ai évidemment compris que ça ne me porterais que préjudices ; je devais parler, leur prouver que j’étais sain de corps et d’esprit afin de retourner à New-York. Alors, bien sûr, j’ai mentis. Bien sûr, j’ai joué un rôle. J’ai dit… ce qu’il voulait entendre, j’ai dit… tout ce qui pourrait me rendre… blanc comme neige. Mais ça n’a pas marché. Il me savait acteur, il me savait falsifié. Deux-mille onze… douze… treize… quatorze… à batailler. A essayer. A être forcé, parfois, de cracher quelques bribes de vérité, par ci, par là. Et ces années m’auront rendu incroyablement vil. Plus que je n’l’avais été, jadis. A me goinfrer du malheur des autres, que je me plaisais à provoquer, de nouveau. A punir le monde pour m’avoir enlevé le mien. A me venger, à sanctionner ; ces garçons, ces minets, pour ne pas arriver ne serait-ce qu’à la cheville de celui qui obsédait mon âme nuit et jour. Et ces saletés, ces… insectes ; ces femmes ;  cis ou trans, blanche, métis ou noire. Je n’en n’ai épargné aucune. Ho, rien de physique, non ; je n’les toucherais pas même avec un bâton. Mais je prenais n’importe quelle occasion, pour les humilier. Pour les blesser. Les empêcher… d’atteindre leurs buts, leurs rêves, même, à travers ma profession. Embauché à l’université d’Harvard, à Cambridge, pour y enseigner les arts dramatiques. Pour y enseigner mes talents, mes atouts -ou du moins les prémices de certains-. Ouais… je me fichais bien de l’avenir ou du potentiel théâtrale de ces jeunes. Les plus chanceux finissaient dans mon pieu, ou dans les tréfonds de mon indifférence.

Jusqu’à ce que le karma se remette à frapper. J’ai, un soir, fait un coma éthylique ; tout droit, direction l’hospice, et ce qui s’en suit. C’est lorsque j’ai repris connaissance que le personnel médical est venu me voir. Après une batterie de tests sanguins effectués, les médecins ont découvert que j’étais porteur d’un virus ; l’hépatite B. L’on m’a ainsi demandé si j’étais toxicomane, si il y avait eu échange de matériel, si j’avais des piercings ou tatouages récemment fait, ou si j’avais une activité sexuelle à risque. Et j’ai su. J’ai su, que c’était ça. Quoi d’autre, sinon ? La baise, ouais. La baise, à l’excès. Saunas, backrooms, clubs, partouzes mais surtout bareback. Le bareback, dont le principe est d’exclure toutes protections, toutes barrières au frottement de la chair. Je n’ai jamais eu peur de tomber malade. Même avec Rob, je l’avoue non sans honte, à l’époque, je n’y pensais pas. Que j’aurais pu, mon Dieu, que j’aurais pu… lui refiler toutes les pires saloperies du monde. Et c’est à cet instant précis que j’en ai pris conscience. Pour la première fois depuis notre rupture, j’ai remercié le ciel de ne pas avoir été, dernièrement, à ses côtés. L’hépatite B... l’hépatite B. Alors on m’a expliqué. Un virus souvent indétectable, de par son absence de symptômes dans la majorité des cas. Un virus pouvant devenir chronique, et attaquer le foie. Cirrhose… cancer… la mort, dans le pire des cas. Qu’il était néanmoins traitable, à l’aide de plusieurs médicaments. Mais que malgrés ceux-ci, qu’ils ne pouvaient me garantir la guérison assurée. Que cela pouvait s’étendre en années. Des années, ouais, à devoir me bourrer de médocs. A devoir faire des aller-retour en centre de soin adapté, pour évaluer ma charge virale. Contraintes, contraintes et contraintes. Et les Dieux qui s’acharnent.

Février 2015 : retour à New York
Puis un jour. Un jour, j’ai reçu ce coup de téléphone. “Monsieur Gary-Adam Lewis ?” Oui. “Docteur Curtis du Lenox Hill Hospital de Manhattan. Êtes-vous disponible afin que l’on puisse discuter ?”. Oui. J’étais à l’université. Il était quinze heure. L’on m’a appris la nouvelle. Adam avait un cancer de la putain de prostate. “Vous n’étiez pas au courant ?”. Non. Non, je n’l’étais pas. Et j’étais alors incapable de savoir si j’aurais voulu l’être. Avant. Et même maintenant que l’on me l’annonçait. Je n’savais pas ce que je ressentais. Adam, mort. Adam. Mort. Deux sons, ensemble, qui me paraissaient à la fois si loin et irréel. Juste deux sons. Un nom, puis un mot. J’avais seulement l’impression de, soudain, tourner une scène au sein d’une série aussi clichée que stupide. Mais il n’y avait néanmoins aucune caméras. Aucun maquilleurs ni autres professionnels, autour. Aucun public. Rien, qui puisse alors me conforter au factice de la situation. J’ai compris qu’il me fallait avoir l’air triste, ou quelque chose du genre. J’ai compris que c’était à cet instant, pile à cet instant, que j’étais censé réaliser à quel point il me manquait, à quel point, finalement, je l’aimais. Mais je n’ai ressentis qu’un immense vide. Dantesque et colossal. Un immonde puit sans fond. C’est précisément ce qui m’a tourmenté, tandis que je répondais à mon interlocuteur. “C’est terrible, oui”, terrible.

Je me suis alors attendu aux autres coups téléphoniques de ses divers connaissances. Divers grosses têtes de son parti politique Républicain, de différents groupes, différentes compagnies, avec qui mon très cher père entretenait quelques affaires, légales comme officieuses et bien plus sombres encore. Je l’avais toujours sû. Il ne s’était jamais vraiment caché, sous mes yeux, d’être un homme de corruption et de pouvoir. Le pouvoir… pour finalement clamser dans la pire des solitudes, et dans le plus grand des mépris. Ce funeste salopard, à crever lamentablement. Seul. Manqué de personne,  et à ne laisser derrière lui que souffrance et désolation. Douleur et déceptions. Sa trace sur terre avait été aussi puante et crade qu’une trace de pneu collée à la porcelaine d’une cuvette. Et pourtant… nouvel appel. Le délégué du procureur, lui-même. Celui s’étant occupé de mon dossier, pour mon jugement. Ce même petit bout de gras putréfié qui m’avait assuré la ressemblance frappante entre Adam et moi. Celui qui m’avait bannis de ma propre ville et ôté ce qui me restait alors, cinq ans plus tôt. Visiblement assez chagriné, l’enflure, de perdre celui qu’il considérait, m’a-t-il dit, comme un ami proche. Comment pouvait-on être ami avec un tel mécréant, sinon de partager ses traits de personnalité vomitif ? Qui sait ce que gras du bide avait donc fait avec mon père ; tromper bobonne avec pupute aux gros nichons et dont le QI frôle celui d’une mouche à merde, à maintes répétitions. Ou encore piller les plus pauvres, les plus nécessiteux, pour renflouer les poches de ses potes pleins aux as, ouais… qui sait ce que les deux avaient bien pu faire, ensemble. A maugréer contre les folles et les pédales, mais à se mater le zgueg dans les strip-clubs touche pipi. Putain… toujours est-il que c’est à ce moment qu’Adam me fit, bien malgré lui, la plus belle fleur qu’il n’aurait jamais pu m’offrir de son vivant. “Il me serait si impardonnable de ne pas donner à son fils l’occasion d’un ultime salut”. Je me serais moqué, oui, Diable comme j’aurais ris, si je n’avais pas été si surpris. Inespéré, c’était… fou. Le porc me disait mot pour mot qu’il avait, de lui-même, contacté mon psychiatre afin de conclure au levé de l’interdiction de territoire, dont il s’occuperait personnellement avec le procureur général en charge de l’affaire. Et qu’en attendant que la demande soit envoyée, qu’il m’accordait une autorisation provisoire dans l’attente du verdict qui n’avait aucune raison d’être refusée. Beaucoup. Beaucoup d’informations en si peu de temps, oui, en l’espace de deux jours. En mourant, Adam me permettait de revenir. Revenir à New York. Revenir, ce qui disait peut-être, un jour, sur un malentendu, volontaire ou involontaire, de revoir Rob. Mon Rob, que je n’avais pas vu ni entendu depuis presque cinq années consécutives. Déjà. Déjà, mais à la fois si longues, ces années qui, s’additionnant, diminuaient drastiquement l’espoir d’avoir cette chance ; retrouver l’amour de ma vie, ma raison d’être.

J’ai donc sauté sur l’occasion. Aussi rapidement et soudainement que possible, j’ai donné ma démission à Harvard et rendu clés et préavis du logement que je louais, à l’agence. J’ai pris mes bibelots, mes vêtements, livres et autres affaires personnelles ; laissant le reste, du jour au lendemain. Je ne pensais plus même à mon défunt père, à cet instant. Mon coeur enflammait son péricarde à l’idée de me retrouver dans le même espace, si grand soit-il certes, que mon trésor. Je priais intérieurement pour qu’il y soit encore. Manipulateur, j’avais demandé au délégué du procureur, singeant une simple curiosité, si les deux personnes qui avaient portées plaintes contre moi seraient mise au courant de cette décision, lui indiquant qu’il serait peut-être préférable que ce soit le cas. “Pour éviter les mauvaises surprises, des deux côtés”, ouais. Tu parles. Je voulais qu’il sache. Qu’il sache qu’il pouvait me retrouver, si il le souhaitait. Qu’il sache que j’étais chez moi, à l’attendre. Et savoir, soutirer des informations, au cas où il avait quitté la ville. “Très bien, dans ce cas je m’en chargerais”. Merci bien, mon bon connard. On se retrouvera certainement en enfer.

L’enterrement, ha. Après le néant vint peu à peu la rage. De puissantes, de violentes remontées d’une haine viscérale et caverneuse. Une bile acide et foudroyante... face à son lit de mort. Lorsque je me trouvais finalement devant sa carcasse blafarde et maquillée, vêtue d’un smoking mortuaire. Les apparences, au delà de la mort. L’image, avant qu’elle ne soit rongée par les verres. J’ai explosé. Des larmes et des injures. “Fils de chien”. A lui postillonner une sincérité tranchante. “Je te déteste”, “je te hais”. D’être parti ainsi, je l’ai haïs. D’avoir pu s’enfuir sans un seul pardon. Sans un seul. Putain. De pardon. A tout jamais. A jamais.  

Juin 2015 : son retour
Tout comme le premier jour, tout comme notre rencontre ; je n’savais pas. Que ça allait me tomber dessus, je n’savais pas. Et pourtant, je l’attendais. Depuis mon retour à New York, je l’attendais. Et bien qu’ayant récupéré un semblant de forces en ce renouveau, sans Rob, plus rien n’avait vraiment de sens, non.

Avant qu’il ne revienne, je me suis substitué. D’abord un jeu, un simple amusement, que de faire tourner en bourrique celui qui refusait mes avances. Celui dont l’homophobie héritée de sa patrie et de son entourage existentiel se retrouvait donc systématiquement victime de mes plans fourbes et mesquins, dans le seul et unique but de le manipuler, pour mieux arriver à mes fins ; le sauter, lui, Van. Une connaissance de comptoir que j’avais connu des années auparavant, prétendant être tout aussi hétéro que lui pour mieux pouvoir l’approcher, mieux pouvoir le mater. Ce n’est qu’en recroisant sa route en 2015, dans un strip-club tout ce qu’il y a de plus beauf, que j’ai décidé d’attaquer. Premier essai, premier échec d’une longue liste, accompagné d’un crochet du droit ma foi tout ce qu’il y a de plus douloureux. L’enflure. Ce… putain de russe, qui s’est enfuit au moment où j’avais le plus besoin de lui, début 2017. Toujours est-il que Van était devenu ma nouvelle cible. Mon nouveau jouet. J’ai tissé ma toile, il s’est pris dedans. Je me suis pris dedans. On s’est tous putain de pris dedans, nom de Dieu. Et notre relation avait déjà bien avancée, pour le meilleur comme pour le pire -surtout le pire-, lorsque Rob est revenu.

Lorsqu’il m’est revenu, putain.

Les vacances. Le soleil. La foule. Et le bonheur des autres qui m’aspergeaient la gueule tel de l’acide sulfurique, tandis que je continuais de marcher à reculons sur le chemin de l’allégresse. Fin d’après-midi, je rentrais en bagnole, sur le parking de mon immeuble du midtown. Un jour d’une neutralité étouffante, du moins… c’est ce que je pensais. Car lorsque je suis sorti de ma caisse… “Gary”. Dos à lui, mon coeur s’est arrêté. Cette voix, je l’ai reconnue. Cette voix… aussitôt, j’ai su. Qu’il était là, derrière. Qu’en me retournant… il serait là. Figé. Paralysé. Effrayé, à l’idée que ce ne soit que le fruit de mes songes, le fruit d’un esprit obsédé, déréglé, affligé par le manque, ce manque… de lui. Lui. Alors, lentement, je me suis tourné. Lui. Il était là, lui. Mon lui. Toi. Toi, bébé, chéri, t’étais… là. Le ciel, qui me tombe sur la tête. Une torgnole, avant la caresse. Bouche bée, statufié. Et les yeux qui, instantanément, se sont remplis. Les sinus qui, d’un coup, d’un seul, se sont mis à piquer. Le coeur tambourinant contre sa cage d’os contractée. Une fuite pulmonaire, qui se vide de son air, qui me laisse… ahuri. Hébété. Comme frappé en plein ventre. Coup de pieds dans les couilles. De surprise. D’émotion. Cinq ans. Cinq ans, Rob. J’ai, peu à peu, avancé. Un pas hésitant… toi qui restait fixe, qui… maintenant, je le sais, était tout aussi choqué. Tu prenais sur toi, pour ne rien montrer. Mais tes yeux ronds si expressifs et ta déglutition répétée ne mentaient pas. Deuxième pas, ébranlé… je me suis rapproché. Ma main s’est relevée. Je me suis effondré. A tes pieds. Pathétique. En public. A ne pas oser, d’abord, te toucher. Paumes levées, à avancer, reculer, à ne… pas savoir quoi faire, à ne… pas savoir comment agir. A chialer. Sangloter. Hoqueter, bordel, comme un chiar, un môme. A répéter ton prénom. A psalmodier ce “Rob”, “Rob, Rob…”. A genoux, par terre. Puis, à ton tour, finalement… après un long silence, rythmée par mes pleurs, tu t’es accroupis, tu t’es… mis à ma hauteur. Tu te retenais. Tu te retenais d’exploser, à contrario de moi qui me suis soudainement retrouvé dépourvu de filtre. “Je suis là”. Et, à ces mots, je t’ai enlacé, je t’ai… serré. Fort. Fort, fort, dans mes bras, contre moi, j’ai… senti, j’ai… humé… ton odeur, à toi. Ton parfum, rien qu’à toi. Rêve éveillé. Grelottant, pétrifié. A m’excuser, m’excuser. Encore, et encore, et encore. Tandis que tu restais muet, muet… déchiré entre l’envie de me tuer ou celle de m’aimer. Tu tremblais, toi aussi, et j’ai alors senti, dans ta voix, ta réponse… à quel point tu te contenait. “Je… j’peux pas”. Me pardonner. “J’peux pas”.

On est restés ainsi, toi et moi. L’un contre l’autre. Doucement, l’une de tes mains sur mon dos, l’autre contre mon torse à me repousser quelque peu. A servir de barrière, sans pousser pour autant. Et peu à peu, tu t’es redressé. Tu m’as entraîné à faire de même. J’ai voulu te dire je t’aime, mais… “Non. S’teuplaît, ne… … non”. Complètement déglingué, soumis à mes émotions en fusion, j’étais… là, à te dévisager. Là, à te lover d’un regard rouge et gonflé. Si démuni, si coupable, si… triste et amoureux. “Je suis juste venu te voir, mais… je dois repartir, maintenant” - “N… non, ho… non, non”. J’ai supplié. Transi, empli d’effroi. Dans mes prunelles, tu l’as vu, n’est-ce pas ?... mais après tout, tout faisait parti de ton plan, bébé. Ce plan dont je ne me suis jamais douté. Ce plan que tu as pourtant pensé abandonner, lorsque tu es finalement monté. Lorsque nous nous sommes embrassés. Lorsque nous nous sommes cajolés, ensemble. Mais ta confiance était si fragile, si… légitimement fragile.

On s’est parlés, avant de fusionner. Et tu m’as dis qu’elle s’était suicidée. Gloria. J’ai… feins. Le choc. J’ai… utilisé tout cet amas émotif, celui causé par ce retour, pour démontrer ma culpabilité quant à cette révélation. Mais la vérité, c’est que je n’ai jamais ressenti autre chose qu’un soulagement. Un ignoble, un immense soulagement. Et je me suis promis, intérieurement, de te chérir, d’être… le plus irréprochable. Tu m’as demandé si tu pouvais revenir. Et tu as fais de moi, à cet instant, l’homme le plus démesurément heureux sur toute la surface de notre terre. Moi, qui n’avait aucune idée qu’il s’agissait du début d’une vengeance à mon égard. Moi, qui était prêt à subir tout et n’importe quoi, pour te garder. Cette vendetta aurait pu être évitée, si je n’avais pas eu cette relation avec Van. Tant de choses, tant… de putains de choses. Mais au final et malgré l’horreur de ces tribulations, notre amour demeure et reste exponentiel. Liés à jamais, toi et moi. Une âme commune, et deux coeurs pour s’aimer.

Juillet 2015 : L'île de Kauaï et ses conséquences

24 décembre 2015 : demande & chaos

Janvier à avril 2016 : traumatisme et fatalité

16 avril 2016 : second départ

( C'est comment, chez toi ? ) décrire son appart, son mode de vie, comment ça se passe avec la famille Quid enim tam absurdum quam delectari multis inanimis rebus, ut honore, ut gloria. ( L'immeuble d'en face, la rivalité tout ça, tu en penses quoi ? ) Si il avait fallu tenir compte de c'que j'en pense... Du secondaire, futile, dérisoire. Un point d'ancrage ; l'unique stabilité. Il aura choisi, ce il ; mon lui. Et lui, est originaire du Bronx. Lui, ne pense désormais que par la came ; son héroïne. Il ne faut pas être devin pour comprendre que ces deux immeubles et leurs alentours baignent en un sordide purulent et infect. C'est infect, ouais. Antonyme du luxe, du confort. Fief de la vermine, tout ce qu'il y a de plus poisseux. ( Tu penses finir ta vie ici ? ) Je me refuse d'imaginer autre chose qu'un avenir meilleur. Un avenir à deux, dénué de tribulations. Dénué de dope, de poison. J'aimerais... non ; je veux ; non ; j'exige. J'exige que tout finisse par s'arranger. J'exige que Rob accepte de se soigner. Qu'il se détache des opiacés. Et moi, moi... loin de tout ce qui déclenche mes peurs. Loin des démons, ceux qui provoquent les pulsions. J'espère... m'enfuir à ses côtés, définitivement, de cette ville nécrosée. Que l'on puisse enfin profiter de cette allégresse tant méritée, nom de Dieu. Toi et moi, bébé. Juste nous deux, à parcourir les plus beaux paysages que le monde peux nous offrir. Plus qu'un rêve ; une nécessité. Sans ça, nous finiront par pourrir dans les tombes que l'on creuse depuis déjà trop longtemps.

En bref, ça donne quoi ?
gif
Si tu devais résumer le personnage en quelques mots ? "An orgasm is better than a bomb"


Béton armé




Because I want you
Well, I've seen you suffer, I've seen you cry for days and days. So I'll be your liqour, demons will drown and float away.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   Lun 3 Sep - 0:07
avatar
Gary-Adam Lewis
posts : 6
points : 10
feat : Lee Pace
crédits : Tina (avatar)
Âge : 41
logement : 51st and Fifth Avenue ; mon loft à Manhattan. Louant un appartement dans le Bronx pour Rob.


Unruly boysBarbarism begins at home


Manhattan, 19h00

Feu rouge.

Cinquième appel.

Directement, je tombe sur le répondeur. Encore.

Plus les secondes défilent, plus la pression accroît. Tous les soirs, la même angoisse. Tous les soirs, la même sensation asphyxiante comprimant mes poumons, nouant ma gorge, tendant mes muscles. Le coeur, qui déraille. Le péricarde, qui s’enflamme. Les tics, qui reviennent ; mes canines mordant l’intérieur de ma joue, les ongles raclant, griffant les contours du volant. Paumes moites et sueurs froides. Kit mains libres installé ; en alerte permanente.

Feu vert.

Je redémarre. Roule. L’impatience me rongeant les nerfs, tel un clébard affamé. Mon esprit qui ne veut pas se taire ; devenu théâtre des pires scénarios pouvant être imaginé. De nouveau soumis à la dictature de la peur, dont je suis esclave. Vite… plus vite, allez. J’klaxonne. Ca stagne. Sur mon siège, j’trépigne. Et ça sonne. Comme un fou, j’décroche. Sans vérifier. Sans regarder… le numéro. L’espace d’une seconde, rempli d’espoir. Tremblant, vibrant d’émoi ; prêt à entendre ta voix.

Inspirant…


— Monsieur Lewis ?

Expirant.
 

Ascenseur émotif. Torgnole psychique. Désillusion instantanée, accompagnée d’affliction. C’n’est pas toi. Rob, ce n’est pas toi. Confus, sonné, je n’réponds pas. Je suis… prostré. Mon sang-froid piétiné.

— Monsieur Lewis ? L’inconnu réitère.
— … Oui. Réponse brisée. Evaporé.
— Docteur Curtis, du centre méthadone de l’East Harlem. Je vous rappelle suite à votre message vocal de ce matin.



Les pupilles braquées sur la route, je me redresse subitement ; plus vif, le dos droit, axant toute mon attention sur ce coup de téléphone intempestif.

— Ow ; oui, bien sûr ! L’intonation plus claire, je m’impose tout aussitôt sans lui laisser un temps de réplique, écoutez, j’ai bien compris notre échange lors de notre rendez-vous. Mais vous devez comprendre ; Rob a réellement besoin de ce traitement. Il n’est pas en état de venir le chercher, mais je vous assure qu’il y met de la bonne volonté. Vous savez à quel point l’addiction déforme sa réflexion, mais je vous assure, il ne s’agit que d’une, ou peut-être deux fois, et il reviendra le chercher lui-même par la suite, docteur. C’est…
— Monsieur Lewis, me coupe-t-il, nous avons déjà eu cette conversation trois fois cette semaine, et ce n’est que par pur politesse que je prends le temps de vous rappeler. Rob est le seul à pouvoir faire la démarche de soin, à pouvoir se faire délivrer son traitement méthadone. Nous ne pouvons légalement pas proscrire d’opiacés substitutifs aux non consommateurs, comme j’ai pu vous l’expliquer. Et tant que Rob ne se présente pas à…

Mes poings se serrent. Mes oreilles bourdonnent. Acouphènes, sciant mes tympans, tandis que je me tue à ravaler cet amas cataclysmique désespéré, enragé. Ces charognards. Ces charlatans, dont le gagne-pain se fait sur le dos des laissés pour compte. Je les exècres, tant ils me répugnent. Eux, comme tant d’autres. Gangrène de notre sacro sainte société, déjà amputée de son humanité. Ne restent plus que ces fielleuses rapaces, ces rats, autoproclamés sauveurs d’un monde à l’agonie. Et mon monde à moi se résume à lui. Rob. Mon Rob. Bébé. Intoxiqué par l’une des pires nécroses sociétales existant ; la dope, et ses effets dévastateurs.

Rembobine. Marche arrière.

Lorsque nous avons décidé, ce soir là, de quitter New York, la vipère. Une décision prise sur le tas, et peut-être la meilleure. Nous venions tout juste de nous retrouver, après notre deuxième rupture. Il me fallait tenter le tout pour le tout, après tout ce temps lacéré par la solitude et son vide, nom de Dieu, ce vide… qui vous destitue de toute identité. Dont le silence est plus assourdissant que n’importe quel vacarme incessant. J’étais tel un aveugle, retrouvant la vue. Mettant fin à cette apnée continuelle, sous les eaux d’un chagrin aliénant. Te revoir, ouais, avoir cette chance, m’insufflait d’une nouvelle force vivifiante. Alors je t’ai proposé. Incapable de me résoudre à te laisser repartir. Incapable de me contenter de seulement quelques heures, avant de retrouver le gouffre et sa chute libre névrotique. Oui, je t’ai proposé de fuir. De filer, ensemble, n’importe où, mais pas là. Surtout pas là. Toi dont le corps était déjà si fatigué. Si abîmé, ho, mon coeur… par tous ces ingrats, ces miséreux, payant pour l’acte sordide qu’est de souiller ta pureté à coups de buttoirs sans ardeur, sans amour. Ca m’écœure, ça… m’emplis d’une folie meurtrière. Ton cul, pour quelques cailloux bruns. Et mon âme déchiquetée en lambeaux.

Il fallait que ça cesse. Et putain, bébé, ça a cessé. Ca a marché. Enfin. Le nirvana. Pas un mirage. Le vrai bonheur, comme nous l’avions tant mérité, après toutes ces années à porter le fardeau de nos spectres. De mes spectres. Nous les avons abandonné en nous échappant, direction ailleurs. Pas un faux pas. Pas une erreur. Aucune autre bouche, aucune autre queue, aucun autre trou ni tentation d’asperger de mon foutre de quelconques et insignifiants garages à bites. J’ai étranglé le satyriasis, chérissant ta présence. Me laissant fantasmer sur notre renouveau, cause de notre toquade amoureuse immuable et guerrière. J’y croyais dur comme fer, tu sais. J’y croyais.

— William, je souffle, nettement moins cordial, c’est votre prénom, n’est-ce pas ? Je peux vous appeler William ?
— Je...
— Parlons franchement. De quoi avez-vous besoin, mh ?… Hirsute, je me sens vibrer de véhémence ; à la fois menaçant et sérieux. Allez-y, Willson.
— William.
— Peu importe. Dîtes-moi. Est-ce que votre voiture n’est pas trop vieille, docteur Curtis ? L’enflure parle par dessus mes dires agités, sans que je ne l’écoute, continuant tandis que ma férocité prend de l’ampleur, Oh, ou peut-être est-ce votre femme ! Est-ce votre femme, docteur Curtis ? Votre femme est-elle trop vieille ?…
— Vous êtes malade, ma parole ! Cette conversation ne…
— Je vois. Donc c’est vous. Un bon coup dans l’fion, bien placé, est-ce que ça vous plairait, William ? Ma voix s’élève, je postillonne. Hein ?! Qu’est-c’que t’en penses, petite pute ?! Frappe. Je frappe le volant. Les traits rougit, mon rythme cardiaque déchainé. Vous n’êtes qu’un immonde et pathétique connard !! Mon Rob est en train de crever pendant que vous sucez vos supérieurs !! Enflure !! Enf…

Brusque. Rouge. Alerte rouge. Le feu est rouge. Je fonce. Dans une caisse, en diagonale. Ca klaxonne, derrière, à côté, partout. Et je freine. Le pied, pressant à fond. Les pneus crissant. Accroché au volant.



…

Hyperventilation. Grelottant, en sueur. Vertige, bouffée de chaleur. Une faille temporelle. Le monde, qui a failli s’arrêter. Immobile, à quelques centimètres à peine de la bagnole d’à côté. Son conducteur, furieux, m’insultant de par sa fenêtre ouverte. Et les injures du médecin, continuant dans l’oreillette. Bloqué. Paralysé. Regard rond, écarquillé. Laissant cette foutue voiture passer. Impression sous-marine. Les veines qui pulsent. Le sang qui boue. L’esprit qui vrille.

M’arrêter… je dois… m’arrêter.

La pompe contre la pédale, pour rouler. Pour m’extraire du trafic, me garer, quelques mètres plus loin, au rebord d’un trottoir.

— … et je vous préviens ; la prochaine fois que j’ai à faire à vous…

Mes doigts pincent le bouton du kit, pour raccrocher. Faux calme, hébété. Moteur coupé. Torse comprimé. Transpercé par ce trop plein sensitif insupportable. Je… me sens sombrer. Je… m’sens imploser. Cible du carnage interne, brouillant mes fonctions cognitives. Me transformant en atome défectueux explosif. Prêt à détonner.

Tout me semble flou. Ma vision tâchée de petites flaques noires ; des fourmillements contractant l’intégralité de ma carcasse ; la respiration grondante, haletante ; dans l’incapacité de raisonner. Le geste maladroit, déstabilisé, je défais ma ceinture, avant de rester ainsi, cloué au fond de mon siège, assailli de pars et d’autres par ces tribulations émotives et externes. Lentement, mes mains viennent contre mon visage. Lentement, fermement, elles glissent, le déforme. Griffent. Dévalent, le long de mon cou. Le ligote. Serrent. Fort. Plus fort. M’étouffe. Encore. Puis lâchent. La bave, au coin des lèvres. La morve, qui coule du nez. Attrapant mes cheveux, de chaque côté. Puis tirant. Tire. Tire. Tire. Criant. Cogne. Cogne. Cogne. Hurlant.

Tout a si vite basculé. Sans que je ne puisse même l’appréhender. Comment ?! Comment aurais-je pu ?!

Après une année à se faire du bien, à s’aider. Une année, toi et moi, à se revigorer. S’aimer. J’ai suivi mon injonction de soin, pour que tu acceptes de suivre un traitement. Un nouveau quotidien, du donnant-donnant. Tous deux, à être respectivement notre mur porteur, comme nous l’avions toujours désiré. A profiter de ce que la vie pouvait nous offrir de mieux, à s’écouter sans devenir le jouet de l’autre -bien que je ne m’extasie qu’en répondant aux moindres de tes désirs-. Ca me fait si mal de réaliser, chaque jour en ce nouveau bagne, avoir perdu cette stabilité primordiale pour notre présent, notre avenir. L’avenir, ouais… ne demeure plus qu’une vague d’espoir au loin, qui, à chaque nouvel instant ayant passé le seuil de la porte de ton logement, semble finalement s’échouer sur la rive des rêves avortés.

C’était censé être si rapide, si simple. Revenir à New York, pour quelques devoirs administratifs, protocolaires. Entre autre, mon rendez-vous annuel chez le juge ; cette putain de mise au point concernant l’évolution de mon injonction de thérapie, dans l’espoir d’être libéré un jour de mes contraintes judiciaires. Je n’y serais pas allé, si je n’en n’avais pas l’obligation. Si mes années de sursis ne risquaient pas la métamorphose en prison. Car même lorsque nous tournons tous deux le dos à ce qui nous aura tant meurtri, la sainte pseudo justice se fait un malin plaisir à nous rappeler ce que nous tenons tant à oublier. Laissez-nous l’oublier, bordel. Vous, les détestables. Vous, les orduriers. Tous… vous tous. Qui que vous soyez. Putain, cinq jours. Il n’a fallu que cinq jours à la populace, pour enrayer le mécanisme de notre euphorie. Pour provoquer tes faiblesses et même titiller mes démons. Cette fois, j’ai résisté. Pour nous, pour toi, je l’ai fait. En passant dans ce vicieux Hell Kitchen, frôlant les bars et les clubs, dont le mélange odorant de foutre, pisse et transpiration masculine éveillait mes sens à m’en gonfler les couilles et m’en faire durcir la béquille. Et toi, toi… c’étaient ces rues, ces lieux que l’on a pourtant évité. Mais un numéro de téléphone trop souvent composé ne s’oublie pas, non.

" Juste une fois "
" Bébé, juste une fois, s’teuplaît "

Essoufflé, la gueule écarlate. A déglutir. A me souvenir… avant d’apercevoir l’heure. Quinze minutes, déjà, que je devrais être arrivé. Quand bien même si je les aurais probablement passé à toquer, sonner. Peu importe, car si la vie m’a bien appris quelque chose ; c’est qu’il suffit d’une fois.

Bronx, 19h35

Clac.
Bip.


Mercedes garée, fermée. Sur ce parking, elle fait tâche. Une tâche de luxe, ouais, parmi la crasse. Et tous les jours, je m’étonne de ne pas la retrouver saccagée. Resterait-il un peu de dignité à ceux qui la vendent justement sur la place publique ? Au fond, ça m’est totalement égal. Qu’ils la bousille, la dégomme, si ça leur chante. Ce n’est que du matériel sans valeur, éphémère, remplaçable par millier. Je préférerais nettement qu’ils s’acharnent contre mes biens, au lieu de s’acharner à convaincre mon trésor de se perdre corps et âme en les méandres de la came. Le pas pressé, la mine encore marquée par les mauvais traitements, infligés moi-même précédemment, je déambule en direction de l’entrée. Un large sac de course empoigné.

— Hey, mec !...

J’ignore. Continuant de marcher.

— Mec !... Monsieur, excusez-moi !

Mais, bien sûr, un gueu me suit et me rattrape. Il n’est pas si tard, seulement ;  la ville ne dort jamais. L’instinct alarmé, je me doute déjà du caractère houleux de cette approche. Alors, le soupir lourd de sens et les prunelles arrogantes, je m’arrête et pivote vers l’individu en question. Menton relevé, accentuant mon air hautain et l’écart de taille dû à mon mètre quatre-vingt seize.  

— Vous habitez là ?

Qu’est-ce que ça peut lui foutre, au gringalet ?

— Si on veut. Pourquoi ?
— Ha, heu… nan, comme ça, pour faire la discut’ !

Je m’impatiente. Distinctement agacé.

— Et bien tu va devoir te trouver un autre compagnon, dis-je, m’apprêtant à repartir.
— Hey hey… attend, deux s’condes ! L’énergumène attrape ma veste au niveau du coude, avant de la délaisser en croisant mes yeux débordant de hargne. Contrit, il se recule, presque embarrassé. Dis… tu, t’aurais pas quelques dollars à dépanner, à tout hasard ?

J’observe. Détaille avec précision. Ce pourrait être Rob, demandant la même chose à un quelconque personnage puant la tune. A cette pensée, mon coeur se pince. L’expression plus douloureuse, harassée. Du fric, hein. Qui serait probablement dépensé d’une façon similaire, à savoir dans une dose de plaisir empoisonné. Définitivement, mon visage se refroidit ; mauvais, sévère, hostile, plus que je ne me sens réellement, actuellement. Et cela semble suffir pour le dissuader d’insister, tandis qu’il s’excuse et tourne rapidement les talons. Me laissant ainsi, seul. Fixant le vide.

Ascenseur.

Ce putain d’ascenseur.

J’appuie. J’attends. Ces vieilles effluves de tabac froid serpentant en mes narines, et augmentant cette nausée continuelle tord-boyaux, dès que je pénètre en ces lieux. Bien loin de l’upper east, ouais. Bien loin de mon immeuble, et encore moins de mon école ; depuis le temps, la poussière a élue domicile sur toutes surfaces. Mon grand projet, qui n’a jamais vraiment pu démarrer. Et ce n’est certainement pas maintenant que je compte m’y consacrer, non… je n’en n’ai ni l’énergie, ni l’esprit. Il n’y a que Rob. Il n’y a que lui. Ma priorité.

Les portes métalliques s’ouvrent enfin. J’entre et croise mon reflet. M’y attarde, tandis que j’appuie, du bout de mes doigts, sur l’étage auquel je me rends.

1…2...

Combien d’années ?... Combien d’années, Rob ? Dix, onze ans, désormais. Nos deux êtres tout entiers demeurant parsemés de ces stigmates existentiels. Des cicatrices aussi bien physique que psychique. Pour chaque instant mirifique, nous avons dû en payer le prix. Le double, le triple, en conséquences désastreuses, assassines. Ouais, ça nous assassine, bébé. Progressivement, ces affres nous fragilisent. Longuement, j’en soupire ; toisant cette image, la mienne. Quarante ans, quelques rides en plus, toujours et lamentablement à la poursuite d’un Eden, notre paradis. Et tout ce que nous avons n’est qu’un arrière goût de trop peu, aujourd’hui.

3...4…

Machinalement, de ma main libre, je m'attèle à replacer quelques mèches de mes cheveux bruns. Sauver les apparences, comme ils disent... L’apparence, hein. Mon naturel, excessivement soucieux de l’image renvoyée à cette foutue masse ordinaire uniforme. Dépouillé de toute vitalité, je me suis néanmoins poussé à exécuter le minimum, ouais. Car même enterré sous le plus profond des gouffres abyssales, mon ego ne cesse de tirer les ficelles ; moi qui lui suis assujetti contre vents et marées. Lavé, parfumé, rasé de près ; à croire que je m’obstine à faire perdurer ce déguisement fielleux, en dépit des emmerdes qu’il aura tant occasionné. Rob l’a en horreur, et il n’est pas le seul.

5…

J’espère. Qu’il est bien là, j’espère. Qu’il est rentré, qu’il n’ère… pas n’importe où. Je n’sais où. Avec qui. Je n’sais qui. J’espère… ne pas avoir à me servir du double. Que de lui même, il m’ouvre. Qu’il soit… heureux, de me voir, moi. Et non pas juste les billets que je lui apporte, comme toujours. Il me manque. Mon Rob, mon félin, mon vrai, l’authentique. Il me manque. Cette crapule nonchalante et clownesque, à la fois mature mais frivole. Mon ange, mon irrésistible filou guindé, dont le charme résulte de sa franchise et non pas, comme moi, de sa fausseté. Il me manque. Ce lui, qui me rassure. Ce lui, qui m’réconforte. Ce lui, mon antidote, ma cure, et non pas l’ombre intoxiquée qui le possède en ce moment. Car de nous deux, Rob était le plus stable, le plus fiable. Le plus fort et courageux, qui m’insufflait le goût de vivre, me permettait d’éloigner mes maux, mes pulsions. J’l’ai dans la peau. J’t’ai dans la peau, chéri. Alors, même si j’en souffre, même si j’en chie…

6

Je t’aiderais.

Coûte que coûte, je t’aiderais. Mon bijou, mon âme-jumelle. Je m’en fais la promesse ; tu y arrivera. A te soigner, à te défaire de tout ça.

L’organe vital qui tambourine, la déglutition difficile, c’est sous mes iris soucieuses que se dévoile le couloir de l’étage. Sans plus attendre, je me dépêche de me rendre devant sa porte. Eternellement angoissé, terrorisé, à l’idée qu’il lui soit arrivé quelque chose. A l’idée qu’il ai pu faire une overdose, ou qu’il se soit fait agresser. Tabasser. Tuer. Et j’ai beau rembourser toutes ses dettes, subvenir à ses besoins, passer à l’appartement tous les jours, à la même heure, mais ça ne suffit pas pour apaiser mes frayeurs.

Toc toc toc.

Pression écrasante. La tension à son comble. Frénétiquement, sous l’emprise du stress, mon pied droit tapote le sol. Les secondes passent, s’additionnent, et je n’ai évidemment aucune réponse. Alors je réessaye. La phalange qui toque à nouveau. Ce putain de schéma qui se répète. Bon Dieu, je fulmine. Peste, seul ; finissant par sortir mes clés, et appuyant sur la poignée avant de déverrouiller la serrure. Mais, à ma surprise, la porte s’ouvre. Etonné, je reste sur mes gardes ; peut-être est-il avec quelqu’un d’autre ?... merde, ne me dîtes pas qu’il se fait sauter. Je tuerais. Oh, je le tuerais, celui qui ose. D’un pas, je m’avance, discret, en silence. Le silence… pas un bruit, non. Rien. Peut-être a-t-il simplement oublié de fermer. L’expression froncée, méfiante, je continue de marcher en refermant doucement derrière moi ; déposant mon sac de courses. Le parquet grince sous mon poids, quand bien même si je me dirige à pas de loup vers le salon. Et c’est en arrivant à l’entrée de celui-ci que j’aperçois, après l’avoir brièvement balayé du regard, une touffe blonde à l’extrémité gauche du canapé, et des pieds nus à sa droite. Sans pouvoir me contrôler, mes commissures s’étirent en un large sourire.

Il est là. Le voilà. Mon adorable.

Au vu du silence régnant en maître, je me doute que mon vaurien dort profondément. Les opiacés et leurs effets soporifiques… malgré tout, une indescriptible chaleur m’envahit aussitôt, quant au fait de le savoir ici, en sécurité. Rassuré, oh, tellement rassuré. Un poids qui s’efface et se désagrège dans les courants de mon allégresse, de ma sérénité. Mais pour combien de temps ?...
Béat, un peu nigaud, je me déplace avec malice ; trop mièvre, trop gâteux pour ne pas agir de la sorte, seulement, en arrivant devant Rob après avoir contourné le sofa, mon rictus retombe lentement. Prostré, peu à peu déconfit face à cette scène si malheureuse, si… désespérante. Désespéré, oui, je suis… dépité. De le voir ainsi, allongé, une feuille d'aluminium sur lequel se trouve de grosses gouttes marrons durcit et leurs traces, posée sur son buste ; une paille buccale servant à aspirer la fumée d’héro, encore accrochée à ses lèvres entrouvertes. Le bras dans le vide, son poignet touchant le sol et tenant en sa paume ouverte un briquet.

J’expire. L’observe. Muet, coupé brutalement dans mon élan enthousiaste. Frappé par la réalité qui m’explose en pleine tronche. Evidemment, ce n’est certainement pas la première fois que je le vois de la sorte, que je le retrouve en cette posture. Je devrais être habitué, même, mais la douleur et l’affliction persistent. C’est d’ailleurs la raison première pour laquelle je ne suis pas resté vivre avec lui dans cet immonde taudis. Assister à ce carnage, sept jours sur sept, H/24, de manière indiscontinue, était tel un acide balancé sur mes plaies sanguinolentes. Je n’pouvais pas ne rien faire. Au départ, Rob était même d’accord pour que ce soit moi qui gère sa consommation. Nous avions décidé d’un gramme par jour -bien qu’à mes yeux, cela paraissait déjà énorme-, consommé en sniff ou fumé, et non en shoot ; j’étais censé lui donné 0,2g, minutieusement pesé sur sa balance, toutes les deux heures. Le but était de réduire sa consommation, de la diminuer, pour finalement l’arrêter en se contentant de méthadone. Malgré cette descente aux enfers, Rob avait encore un minimum de raison et de volonté ; je me suis persuadé qu’il ne s’agissait que d’une petite rechute, que l’on règlerait ça comme nous l’avions déjà fait l’année passée, pour notre départ. Mais malgré ses bonnes intentions, l’addiction a rapidement pris le dessus, occasionnant des crises, des larmes, des coups, même, de sa part. J’ai encaissé. Éternellement amoureux, j’ai encaissé. Sa paranoïa compulsive, lorsqu’il avait déjà tout terminé. Ses mots si durs, cruels, lorsque j’ai commencé à refuser de payer. Mais je n’avais pas le choix, non ; je n’ai pas le choix, que de continuer à le faire. Car si ce n’est pas moi qui lui donne cet argent, il le trouvera de lui-même, par tous les moyens. Et bordel, je me refuse. Je me refuse de l’envoyer tapiner. Car ça serait de ma faute, pas vrai ? Il le dit, il le dit, il… “Tu veux qu’je suce des queues, comme avant ?! C’est ça, hein ?! Hein, Gary ? Tu va laisser des gros dégueulasses m’enculer, alors que t’es bourré d’pognon ?!”.

Je voulais rester. Nettoyer, lui préparer à manger, m'acharner à travers ne serait-ce qu'un simulacre de règle, pour ne pas définitivement laisser la porte ouverte à la plus profonde des déchéances. Je voulais rester, ouais. Mais, comme le reste, il a fini par ne plus le supporter. Supporter son propre reflet, à travers mes pupilles noyées sous une épaisse couche de détresse. Supporter mes conseils, mes supplications. Il s'est senti étouffer. Sa seule solution pour me faire partir était de me menacer. Il sait. Irrémédiablement, il sait l'actionner, la peur, l'effroi. En abordant un nouveau départ, une fuite. Alors, je n'ai plus insisté.

Mais qu’est-ce que je peux faire ? Qu’est-ce que je peux faire, mon Dieu ?! Je me sens tellement impuissant. Pire ; d’une façon ou d’une autre, j’ai l’impression de creuser sa tombe.

Doucement, je m’accroupis. Triste. Inconsolable, à ses côtés. A le regarder, le contempler. Mon coeur…

Tendre mais peiné, je lui retire sa paille de la bouche ainsi que sa feuille d’aluminium de son torse, avant de glisser mes doigts sur sa peau. Sa joue. Une caresse amoureuse, en dépit de mon hémoragie interne sentimentale. Puis, je me rapproche. Genoux à terre, brisant l’écart le plus possible. M’appuyant sur les rebords du fauteuil, le haut de mon corps au dessus du sien, à proximité, le frôlant sans le toucher… passant mes prunelles sur chaque millimètre de son épiderme, de sa bouille. Tu ne réalises pas, bébé. Tout ce potentiel, le tien. Celui que tu sabotes volontairement, suite au manque de confiance qui te vampirise depuis toujours. Depuis… ce temps, ces jours, où je n’ai fais que t’amocher ; écorchant ton self-estime, tailladant ta psyché.

Je sais, Rob ; tout est de ma faute.

Des picotements désagréables envahissent mes sinus. Ma gorge… elle se noue, ma gorge. D’autant plus. La carcasse crispée, devenant tremblotante. Accablé… par ce nouveau quotidien sinistre, atomisant les fondations de notre sphère sacrée, divine. Pinçant mes ourlets de chair, les sourcils froncés et les muscles de mon visage sautant, je me force, ouais, m’efforce de ne pas m’effondrer. Intérieurement coléreux, révolté. La vision troublée d’un voile translucide, s’épaississant malgré ma volonté à rester digne. Besoin, j’ai… tellement besoin de toi, trésor. De ton attention, de tes gestes remplis de passion. Alors… je me penche, supprime la distance pour venir embrasser ton front ; expirant lourdement en fermant mes paupières, tandis que deux larmes s’échappent inévitablement pour perler sur ma peau. Je sens mon rythme cardiaque s'accélérer ; profitant de ce contact, pourtant minime, pouvant paraître anodin mais à travers lequel j’exhale mon engouement immortel.

Mais c’est alors, au même moment, que je le sens remuer, accompagné d’un très léger grognement ensommeillé. Aussitôt, je me recule ; séchant mes larmes en restant néanmoins à ses côtés. Peu importe le contexte ; je ne cesserais de l’admirer, lui et ses caractéristiques comportementales. Lui et ses mimiques. Je le regarde s’étirer, souris, même, lorsqu’il emet un bâillement des plus bruyant. L’un de ses bras derrière son crâne, mes doigts reviennent chaudement caresser celui surplombant son ventre. Et enfin, enfin, tu ouvres les yeux. Enfin, nos regards se soutiennent silencieusement. Un instant, en lequel je me délecte de me fondre en cette atmosphère, encore calme et romanesque. Comme j’aime lorsque tes perles bleues claires me dévisagent et m’inspectent de la sorte, avec ferveur et accalmie. Si seulement cela pouvait perdurer.

— … Bien dormi, félin ? Dis-je à voix basse, pour ne pas risquer d’interrompre cette connexion entichée.
— Ouais… Son timbre enroué, presque inaudible, il m’offre un petit sourire avant de tendre son bras pour atteindre mon cou qu’il cajole affectueusement. T’as encore des marques, là…
— Je sais…

Je souffle, contrarié. Depuis le temps, Rob a évidemment appris à repérer les séquelles résultant d’une crise ou perte de contrôle. Cela me laisse à la fois un sentiment de culpabilité, tout comme un certain soulagement. Car en dépit de son état végétatif journalier, ce genre de choses ne lui échappent guère. Et j’aime. Je suis devenu tellement désemparé que j’aime, lorsqu’il semble s’inquiéter. Lorsqu’il semble se soucier un temps soit peu de moi, ne serait-ce que quelques minutes. J’en viens souvent à penser que de plus grosses blessures, de plus grosses lésions l’alarmerait, l'exposerait à une peur qui lui rendrait la lucidité qui lui manque à présent. Qui sait…

— Viens là. Me fait-il, en tendant ses bras pour m’inciter à l’enlacer.

Sans hésitation, je me réfugie. Pathétique, à tirer profit, à me faire plaindre, tel un môme esseulé. Humant son odeur, m’enivrant, m’exaltant contre lui. Contre toi, chéri. Trop avide de ton touché, à m’en faire vibrer, à m’en faire bander, putain. Frissonnant, lorsque tes ongles grattent mon scalp, montent et descendent. Attisant les braises de mon incandescence passionnée, lorsque tu frottes le haut de mon dos, ouais… rien que ça, rien que ça… me rend dingue. Sans réfléchir ni penser, sans prendre la peine de me modérer, je m’abandonne rapidement à cette effusion de sens, porteuse de délices. Roulant ma tête, mon visage, au creux de son cou, que je viens titiller de mes lèvres voraces. Et je monte. Trop gourmand. Baisant l’angle de sa mâchoire, tandis qu’il se détend. Je le sens. Je te sens. Dévoué, haletant. Remontant. Encore. Face à face. Nez contre nez. Nos iris, mutuellement, à se lover. S’désirer. Dis-le. Dis-le moi, que tu me désires. Qu’on va s’en sortir. Se tirer, partir, retourner… loin. Loin d’ici.

J’embrasse. Echevelé, boulimique, je t’embrasse. Mes paumes enveloppant tes traits, les pouces chérissant tes commissures, alors que tu m’offres ta langue, ta salive. Je m’en gave ; la gueule ouverte, bouffant la tienne non sans ardeur. Tremblant d’excitation, de hâte, d’émotion. Fébrile, et déjà triqué à mort, bordel, sous mon futal. Je veux profiter. T’aimer. Avant que l’on ne parle, avant que nos spectres maudits nous persécutent.

—… Bébé… Il souffle, entre deux baisers.
— Je t’aime, putain… Je t’aime.

Je me perds, j’me paume en ce maelström sensoriel, exquis. Touchant, palpant, léchant, m’emparant de sa bouche, encore et encore.

— G… Gary, att…
— J’ai envie d’toi… Je fais la sourde oreille. Je ne veux pas attendre, non. Je ne veux rien entendre, je…
— Gary, merde !!

Il cris, me repousse. S’asseoit, s’écarte. Me laisse si... brutalement.

— Je… j’t’ai dis d’attendre un peu, mince à la fin… qu’il reprend pour se justifier, d’un ton moins hargneux mais mal aisé.

Atterré, je n’dis rien, non. Trop sonné par ce changement de comportement soudain. Assis sur mes talons, ravalant ma salive tandis qu’un goût amer imprègne mon palais. Ce goût que je reconnais, désormais. Cette putain de came. Ce foutu poison.

— Bon, heu… tu… tu m’as apporté quelqu’chose, aujourd’hui ?

Pire qu’un coup dans l’bide, je déguste cette demande avec tristesse et animosité. Le visage fermé, glacial, je me relève alors, sans un mot, sans réponse ; regard dans le vide, droit devant moi. Tourné, pour ne pas avoir à rencontrer le sien, que je devine posé sur ma silhouette.

—… Allez, géant… fais pas la gueule, dis…

Et ça me brise le coeur, bordel. Ca écartèle les fragments de mon âme décomposée. Soupirant, me frottant fermement la tronche sous le coup des nerfs.

— T’étais où, hier ? Je rétorque finalement, lui faisant face. Je t’ai attendu toute la nuit, j’étais mort d’inquiétude. Et bien sûr, ton téléphone est encore éteint.
— … j’ai pas vu l’heure passer, excuse… j’étais chez des potes, j’ai pioncé chez eux… Rob marmonne, la tête baissée. Tout pour me faire culpabiliser, m’attendrir, ce qui rend la tâche d’autant plus douloureuse. J’mettrais mon tel’ à r’charger, promis.
— Donne. On va le faire maintenant. Prenant sur moi pour rester strict et ferme.
— Heu… ouais, nan mais j’sais pas où il est, là… j’f’rais ça plus tard, juré.

Les mains sur les hanches, mes tics nerveux réapparaissant, je le fixe. Lui, qui n’a jamais su mentir. Ou du moins, pas dans cet état. Nom de Dieu, ouais, je vois. Je devine, encore une fois. Remuant négativement la tête, totalement sidéré. Oppressé par cette tension revenant ligoter mon estomac, mes tripes.

— Tu l’as encore vendu, hein ?... Ancré en un mutisme révélateur, il demeure en sa posture embarrassée, grattant machinalement la peau de ses doigts déjà bien éraflés. Je reprends, c’est ça, pas vrai ? Tu l’as vendu, Rob.

Brusquement, il se lève. Debout, furieux, à seulement quelques centimètres d’écart.

— J’t’avais dis, putain d’merde !!! J’t’avais dis qu’tu m’avais pas filé assez d’tunes, la dernière fois !!!
— Bon sang, Rob ! Mais regarde-toi !! Tous deux à vif, répétant le genre de scène rythmant notre nouvelle routine. J’en crève, de t’voir comme ça !! D’assister à.. à… à ce suicide progressif et ralentis !! Tout c’que j’veux, c’est qu’tu t’en sortes, bordel !! Qu’est-c’que tu comprends pas, hein ?! Y a quoi dans cette putain d’tête ?!

J’accompagne mes dires en tapotant vivement sur son crâne, ce qui s’apparente à jeter de l’huile sur le feu. Virulent, il me pousse ; ayant pris la sale habitude d’en venir aussitôt aux mains, par manque de répartie.

— C’qui y a dans ma putain d’tête, tu dis ?!! Attend voir… Ha ! Ouais, deux ans d’ma vie à m’faire cocufier !! Les mensonges, les r’proches, ta méchanceté !!
— Ho, arrête, un peu !! On est passé au d’là, c’était y a dix ans, merde !! Tout est pour te victimiser !!

Il cris par dessus mes paroles, moi qui commence également à perdre patience, à rentrer dans son jeu ; inévitablement atteint par la véracité de ses mots.

— Me victimiser ?!!
— J’crois qu’j’ai assez payé pour ça, nan ?! Avec tout c’que tu m’as fait subir ensuite ! Tu l’as eu, ta putain d’vengeance, c’est bon !! Là, j’veux juste que tu te soignes !! Que t’arrêtes de toucher à cette saloperie, merde !!
— C’est toi, la saloperie !! T’es la pire saloperie qu’j’ai jamais touché !! C’est à toi, d’te soigner !! C’est toi, l’taré !! La faute à qui, si on est revenu ici, hein ?! Hein, Gary-Adam Lewis ?! Qui a une injonction d’soin obligatoire ?! Qui pique des crises de démence, d’folie furieuse ?! Qui a putain d’violé une meuf, par jalousie, pour..pour.. punir !! Pour la punir d’avoir essayé d’m’éloigner d’toi !! On est passés au d’là, hein ?! Mon cul !! Tu l’as tué, avec tes conneries !! C’est à cause de toi qu’elle s’est foutue en l’air !! Toi !! Toi, toi, toujours toi !!

Silence.

L’air, qui ne passe plus.

Mortifié sur place. Touché, coulé.

Il m’a eu. Droit dans le coeur, il m’a eu. Je n’peux plus… rien dire. Ni rien faire. Paralysé par la souffrance infligée par son venin verbal. Rudement, violemment, il les a dépassé, les limites. Il le sait. Je peux lire en ses billes écarquillées, son expression horrifiée. Trop tard. Beaucoup trop tard. Et, sans un bruit, il se rapproche. Sous le choc, presque autant que je peux l’être. Choqué. Stoïque, je le laisse. Poser son visage contre mon poitraille, et ses poings. Je le laisse. S'agripper à ma chemise, grelotter. Les bras ballants, abasourdi.

— Gary… mon Gary… Chuchotements et sanglots. Plus fort, il se blottit. Excuse-moi… J’t’en supplie, excuse-moi… Frottant son minois contre mes pectoraux. C’est affreux… c’est pas moi, c’est pas moi… Et pleurant à chaudes larmes.  

Peu à peu, je reviens à la vie. Sa voix se frayant un chemin en mon conduit auditif bourdonnant. Je n’y arrive pas. A lui en vouloir, je n’y arrive pas. Mais drastiquement, redoutablement, je m’en veux, à moi. Tous deux, traumatisés par mes propres abominations d'antan. Le fait est qu'aujourd'hui, je reste encore assez imprévisible pour ne pas affirmer que ce genre de choses ne se reproduira jamais. Lorsque la dépersonnalisation rentre en jeu. Que tout élément externe devient comme irréel. Que je ne suis plus que spectateur des actes produit par mon corps et mon esprit. C’est vrai, mon coeur ; tu as tellement subit.  

Lentement, l’une de mes mains se niche à l’arrière de son crâne tandis que l’autre bras s’enroule autour de sa taille. Ma joue posée au dessus de son front, tout en le serrant amoureusement contre moi.

— Je sais… Je sais, mon coeur. Ce n’est pas toi. Tendre baiser, déposé sur son scalp.
— J’t’aime… tu l’sais, hein ? tu l’sais, putain, hein ?

J’acquiesce d’un signe de tête, en même temps que nos corps se balancent tendrement. Le climat s’apaise ; un mélange souffreteux mais alangui planant autour de nos deux enveloppes lovées ensemble.

— Reste avec moi… m’abandonne pas… j’vais faire des efforts, j’vais m’battre, j’vais…

Je le coupe en lui relevant le menton, pour mieux capter ses pupilles en tête d’épingle.

— Regarde-moi, hey… je n’irais nul part, sans toi. Jamais. Tu l’sais mieux qu’n’importe qui. Mes ourlets se pressent contre ses pulpeuses humides et salées, avant de reprendre sur ce même ton se voulant rassurant, instinctivement protecteur, j’ai confiance en toi. Tu l’as déjà fait, tu peux, tu va le refaire. Mais il faut que tu me laisses t’aider, bébé.
— D’accord, oui… souffle-t-il, harassé. Je sais…
— Tu va y arriver. On va y arriver.

Je te le promets, Rob. Je te promets.





Because I want you
Well, I've seen you suffer, I've seen you cry for days and days. So I'll be your liqour, demons will drown and float away.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   Lun 3 Sep - 0:10
avatar
Al Kelley
- administrateur -
ROI DES BRANLEURS

posts : 360
points : 507
feat : Callum Wilson
crédits : loudsilence. (ava) ASTRA (sign)
Âge : 17
logement : #101 (TOL)


Bienvenue parmi nous !
ça me fait plaisir de revoir ton grincheux parmi nous ! Hâte de voir la suite de ses aventures ! LOVE


ENFANT DU BRONX
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t59-al-kelley-callum-wilson En ligne
MessageSujet : Re: GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   Lun 3 Sep - 0:11
avatar
Gary-Adam Lewis
posts : 6
points : 10
feat : Lee Pace
crédits : Tina (avatar)
Âge : 41
logement : 51st and Fifth Avenue ; mon loft à Manhattan. Louant un appartement dans le Bronx pour Rob.


Héhé I love you merci ! J'attendais impatiemment de voir ce nouveau forum héhé



Because I want you
Well, I've seen you suffer, I've seen you cry for days and days. So I'll be your liqour, demons will drown and float away.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   Lun 3 Sep - 15:23
avatar
Hermès Bartolotti
- administrateur -
Poudre aux yeux nez

posts : 270
points : 412
feat : Joel Kinnaman
crédits : moi même (ava + sign)
Âge : 33
logement : The Homewrecker #602 avec Ario et ses deux nièces


Beau choix de dinosaure Laughing Laughing
J'aime tellement ton personnage ! Ta fiche m'a faite rire à de multiples reprises, j'suis fan ! Laughing

Je viendrais certainement causer lien héhé

Bienvenue par ici !


I praise the Lord, then break the law
I take what's mine, then take some more
Too fuckin' cocky, baby, I'm so fuckin' cocky
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t61-hermes-bartolotti-joel-kinn En ligne
MessageSujet : Re: GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   Lun 3 Sep - 20:54
avatar
Gary-Adam Lewis
posts : 6
points : 10
feat : Lee Pace
crédits : Tina (avatar)
Âge : 41
logement : 51st and Fifth Avenue ; mon loft à Manhattan. Louant un appartement dans le Bronx pour Rob.


Haha, merci, merci EUH ?!! c'est le meilleur dino du monde n'est-ce pô EUH ?!! hem...

En tout cas avec plaisir pour un lien ! Dealer de médoc ; c'est précisément un des liens les plus importants que je recherche héhé

Now, faut que je termine ma fiche ; go go go UP



Because I want you
Well, I've seen you suffer, I've seen you cry for days and days. So I'll be your liqour, demons will drown and float away.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   Lun 3 Sep - 22:23
avatar
Bartholomeus Wellington
posts : 32
points : 94
feat : Pierre Niney.
crédits : myself (ava + gifs) - wiise (code sig)
Âge : 28
logement : The Homewrecker - F2 (#801)


Oooooooooooooooohhhhhhhhhhhhhhhh PLEASE
Lee Pace.
Et le perso proprio d'une école qui prend la poussière ça me parle, j'aime, j'aime, j'aime. J'me dis que y'aura moyen de trouver un lien avec Bart who knows ?
En tout cas bienvenue dans le coin EMO


I don't recognize these eyes. I don't recognize these hands. Please believe me when I tell you that this is not who I am.
by wiise
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   Mer 5 Sep - 11:21
avatar
Aaliya Abelson
posts : 54
points : 101
feat : Priyanka Chopra.
crédits : smmg (avatar), anaëlle (signature).
logement : The Old Lady -F2, n°803, 8ème étage. ça paye pas de mine, mais c'est son chez elle.


Bienvenuuuuue CUTE
ça fait plaisir de te revoir dans le coin. CUTE Ton Gary est toujours aussi renversant. PLEASE Hâte de lire ses nouvelles aventures ! Exclamation
Have fuuuun ! CUTE



--- who am i ?
Sometimes, I think you run away just so someone will come looking for you.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t106-aaliya-abelson-priyanka-ch
MessageSujet : Re: GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   Mer 5 Sep - 11:45
avatar
Ario Bartolotti
posts : 154
points : 296
feat : Tom Hardy
crédits : Wiise
Âge : 35
logement : #602, Homewrecker


Ce perso toujours aussi incroyable et ta plume dont je raffole. Rebienvenue parmi nous, je vais suivre de près les aventures de Gary ici ! I love you


....
C'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   Mer 5 Sep - 23:31
avatar
Gary-Adam Lewis
posts : 6
points : 10
feat : Lee Pace
crédits : Tina (avatar)
Âge : 41
logement : 51st and Fifth Avenue ; mon loft à Manhattan. Louant un appartement dans le Bronx pour Rob.


Bartholomeus : Merci !! et oui, Lee Pace I love you PLEASE (qui m'a serré dans ses bras cet été à NY d'ailleurs, quand je lui ai donné une lettre après sa performance au théâtre, j'dis ça, j'dis rien sisi #commentjmelapèteolala ) avec plaisir pour se trouver un p'tit lien quand le moment sera venu, sinon !

Aaliya : Olala comment c'est chou -je ferais passer le mot à Gary mais il risque de prendre la grosse tête, hem- PLOP merci pour l'accueil, en tout cas !

Ario : Touah I love you I love you ça me fait toujours autant plaisir lorsque tu me dis de si gentilles choses PLEASE content de te retrouver ici aussi, héhé.


Bon, ça avance de mon côté NERV lentement mais sûrement, l'oiseau fait son nid (comment ? c'est pas ça l'proverbe ? shhh). Non plus sérieusement, je me dépêche de compléter ma fichette. C'est un très bon exo, que de résumer des anecdotes, d'ailleurs EUH ?!!



Because I want you
Well, I've seen you suffer, I've seen you cry for days and days. So I'll be your liqour, demons will drown and float away.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   Jeu 6 Sep - 21:26
avatar
Clint Goodnight
PUCEAU DU CUL

posts : 105
points : 176
feat : Shia Labeouf
crédits : rusty nail (avatar) astra (signature)
logement : #204 à l'Old Lady




Pardon j'étais obligé Laughing . Ca fait plaisir de te revoir en tout cas, bienvenue sur BA I love you !


❝ wild beasts wearing human skins❞ Love never dies a natural death. It dies because we don't know how to replenish its source. It dies of blindness and errors and betrayals. It dies of illness and wounds; it dies of weariness, of witherings, of tarnishings.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t81-clint-goodnight-shia-labeou
MessageSujet : Re: GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   Jeu 6 Sep - 22:38
avatar
Edwin Allen
posts : 71
points : 121
feat : Jonathan Whitesell
crédits : Lydie (Avatar)
logement : Au #105 Du Old Lady, avec d'autres employés du Moine


Bienvenue PLOP
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t120-edwin-allen-jonathan-white
MessageSujet : Re: GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   Sam 8 Sep - 8:00
avatar
Gary-Adam Lewis
posts : 6
points : 10
feat : Lee Pace
crédits : Tina (avatar)
Âge : 41
logement : 51st and Fifth Avenue ; mon loft à Manhattan. Louant un appartement dans le Bronx pour Rob.


@Clint Goodnight a écrit:


Pardon j'étais obligé Laughing . Ca fait plaisir de te revoir en tout cas, bienvenue sur BA I love you !

Laughing Forcément... ! Merci (à toi et Edwin) pour l'accueil I love you héhé

Je commence enfin à voir la lumière au bout du tunnel GNOE La fichette se termine, I know I can do it Twisted Evil



Because I want you
Well, I've seen you suffer, I've seen you cry for days and days. So I'll be your liqour, demons will drown and float away.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   Lun 10 Sep - 23:36
avatar
Mirény Sevestre
bad romance

posts : 39
points : 70
feat : Charlotte McKee
crédits : Ava; DΛNDELION


Bienvenue chez les fous Cool
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet : Re: GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   Mar 11 Sep - 22:41
avatar
Al Kelley
- administrateur -
ROI DES BRANLEURS

posts : 360
points : 507
feat : Callum Wilson
crédits : loudsilence. (ava) ASTRA (sign)
Âge : 17
logement : #101 (TOL)


T'aurais pas oublié quelque chose ?PS: on parle de ta fiche !

Ton délai pour rédiger ta fiche est terminé ! Heureusement pour toi, il te reste encore un petit délai de sept jours supplémentaires mais au terme de ces quelques jours, ta fiche sera archivée (et toi supprimé, sorry not sorry). Si tu as besoin d'un délai supplémentaire, merci de me prévenir directement dans ta fiche (avec un petit tag de préférence) pour que je l'ajoute dans le titre !



ENFANT DU BRONX
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beton-arme.forumactif.com/t59-al-kelley-callum-wilson En ligne
MessageSujet : Re: GARY-ADAM LEWIS ▸ Lee Pace   

Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
BETON ARME :: LES VIEUX SOUVENIRS :: Les Archives :: Les Fiches Abandonnées-
Sauter vers: